Car les problèmes perdurent, qu'ils s'aggravent avec les crises et que les avancées obtenues par les femmes finissent toujours par être remises en cause ou supprimées progressivement, ou brutalement (cf. travail de nuit, avortement, congé parental, etc.). Plus on avance, plus on recule.
Et que les problèmes ne s'arrangeront pas tant que les femmes au pouvoir, déjà très peu nombreuses, feront du mimétisme masculin, dépassant même parfois leurs "maîtres" (pas besoin de les citer, mais celles du gouvernement sont déjà des exemples gratinés; suivez mon regard).

Mais pourquoi donc les filles, qui, en majorité, réussissent mieux à l'école et à l'université que les gars finissent par constituer la majorité qui galère?
Vous me direz: c'était pas les mêmes. Oui, mais … Que devient alors la majorité des garçons qui ramaient, eux, à l'école?

Alors, la journée des femmes, c'est déprimant.

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Quand on ne nous bassine pas avec la journée de LA femme.
Celle qui fera la vaisselle, le ménage, et les courses demain parce qu'aujourd'hui son conjoint est arrivé avec une rose et qu'il l'emmène manger une pizza chez Emilio, sorte de remake de la Saint Valentin (eh! deux fois en moins d'un mois, tout de même. Tu vas finir par me coûter cher, toi!), encore un truc venu des anglo-saxons avec halloween, comme si on n'était pas assez malins pour se trouver nos propres commémorations.
C'est fou ce que j'ai vu comme pub pour la journée de LA femme (les parfums, les photos souvenirs, les soins du visage, etc. Y avait pas de robot-mixer, ni de table de repassage, mais cela ne veut pas dire qu'ils n'ont pas osé).

C'est pour toutes ces raisons (et, surtout, le fait que mon billet était en souffrance, faut dire), que je vous en remets une louche aujourd'hui.
En toute illégalité, bien sûr, puisque nous sommes déjà le neuf mars, comme le temps passe.

Alors, voyons quelles sont les nouveautés rayon femmes, cette année.

Ce qui me vient en premier, c'est le raid sur le Planning Familial.
Ca, le Planning, ça ne leur a jamais plu, aux adorateurs de tout ce qui est extraterrestre, vendu en pack avec paradis et enfer.
Les femmes, Dieu l'a dit, sont impures, sauf ma mère qui est une sainte femme.
Faut qu'elles paient, donc.
Et si ça continue, ils vont finir par imposer le créationnisme dans les écoles, sous prétexte que l'évolutionnisme, de toute façon, c'est pas plus prouvé.
DANS TA TETE DE MALADE, OUI!
Mais, je m'égare.

Et puis, il y a le congé parental: la ministre de la justice, porte-drapeau de la régression sociale sur ce coup-là, ayant quitté la maternité et repris le "boulot" (de sape) peu après sa césarienne, toutes les femmes de France se doivent de suivre un si bel exemple, évidemment.
C'est vrai, ça, qu'est-ce qu'elles font à feignasser alors que leur place, c'est au boulot pour "redresser la France" – qui sombre, ça on le sait.

Et là, je voudrais vous raconter brièvement un fait divers récent qui m'a interpellée.

Une femme de 36 ans a poignardé la semaine dernière sa fille de 10 ans dans un accès de colère, incitant ensuite son fils de 5 ans à dire que c'était lui l'auteur.
Travaillant la nuit, elle a été réveillée brutalement dans la matinée par une dispute entre le frère et la soeur, le ton est monté et la mère s'est servie du couteau malencontreusement à portée de main.
Voilà grosso modo, l'histoire.
Cette femme, qui vit seule avec ses deux enfants, a réussi à se débarrasser du père parce qu'il était violent. Elle est contrainte de travailler la nuit, probablement parce que ça paie un peu plus, et ses enfants encore jeunes sont, évidemment, livrés à eux-mêmes dans la journée, allant à l'école tout seuls, quand ils y vont.
La mère a été mise en examen pour « violences aggravées » (là, normal) et « manquement à ses obligations éducatives ».
Elle a été placée sous contrôle judiciaire.
A sa sortie de l’hôpital, la petite fille sera placée dans un foyer, comme l’est déjà son petit frère. La mère, elle, encourt jusqu’à dix ans de prison.
Probablement tout ce qu'elle voulait éviter en disant – naïvement - à son fils de s'accuser à sa place.
Les services sociaux ont, quant à eux, déclaré qu'ils n'étaient pas au courant de la situation.
Peut-être, et je ne veux accuser personne, mais des enfants (dont un de cinq ans) qui vont seuls à l'école (probablement plus ou moins soignés) ou qui manquent les cours, cela aurait dû mettre la puce à l'oreille de quelqu'un, non?
A une époque où on fait le forcing pour traquer chaque enfant, en particulier s'il est issu de l'immigration, l'attention ne se porterait donc que sur les enfants dont les parents ne sont pas régularisés?
Et puis, à force de stigmatiser les faibles, ceux qui ne s'en sortent pas, qui touchent les allocs, le RMI pour buller, et toute cette sorte de chose, il n'est pas dit qu'une femme obligée de travailler la nuit ait envie de raconter ses malheurs à quiconque.
« Manquement à ses obligations éducatives »: eh oui, elle aurait dû prendre une bonne pour s'occuper des enfants, comme madame la ministre, puisqu'elle insistait pour aller travailler. Des enfants, ça ne se laisse pas seuls.
Vite une loi sur les mères excédées qui poignardent leurs filles et font scandaleusement accuser un enfant pas encore en âge d'être condamné!

Mais mon intention de départ, c'était d'évoquer un des cas les plus banals de la vie quotidienne et dont on parle peu, sauf à l'occasion d'un rare fait divers retentissant. Je veux parler du harcèlement.
Parce que c'est le plus difficile à prouver, que les autres n'y voient pas souvent malice - soit que c'est fait insidieusement, en privé, soit que les témoins ne veulent pas s'en mêler, de peur que ça leur tombe dessus aussi, soit qu'ils excusent le harceleur en disant: "Mais non, tu vois bien, il plaisante".
Si dans les plaisanteries, les rieurs ne sont pas des deux côtés, c'est qu'il y a bien quelque part volonté de blesser, voire de la cruauté, non?
Oui, le harcèlement est un fléau qui salit et détruit jour après jour la vie de ses victimes.
Mais combien de victimes? Personne n'en a aucune idée parce que celles-ci ne parviennent que rarement à se faire entendre. Il faut des PREUVES. Et les preuves, il n'y en a pas beaucoup, justement. Et quand on ne peut pas vraiment prouver, on a peu de chances face au juge.

Le harcèlement au travail est probablement le plus courant et le plus aisé. Rapports hiérarchiques, rapports hommes-femmes, peur de perdre son emploi et rencontres quotidiennes obligatoires. Le harceleur, tapi dans l'ombre, guette sa proie sitôt le lundi revenu.

Et, là, je suis tombée par hasard sur une nouvelle forme de harcèlement qui fait fureur aujourd'hui aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et au Japon, en particulier.
Oh, ça a l'air anodin, comme ça, mais comme tout harcèlement, c'est en apparence un jeu mais cela humilie et viole l'intimité de celle (ou celui) qui en est victime.
Voilà, je ne sais si vous en avez entendu parler mais avec les téléphones portables minuscules qui permettent de prendre des photos subrepticement, les mecs ont développé un sport: l'"upskirting", c'est-à-dire photographier sous les jupes des filles, ou le "downblousing", faire des photos plongeantes de leur décolleté.
En bref, cela concerne toute partie du corps que l'on ne veut pas exposer, soit pour ne pas tomber sous le coup de la loi, soit que cela ne regarde pas les autres.
Et toutes ces petites culottes ou autres objets de fantasmes ou de fétichisme se retrouvent sur Internet ou, au moins, dans l'ordinateur d'un sale voyeur, satisfait d'avoir violé les recoins du corps qu'une femme ne voulait pas montrer.

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Source 

Dans cet article du Guardian "I felt completely violated" du 25 février 2009, Emine Saner raconte que ces pratiques se multiplient et concernent des centaines de milliers de femmes.
Les endroits les plus propices pour se livrer à ce genre d'activité sont les escaliers roulants, les trains, les supermarchés, les arrêts de bus et autres endroits publics anonymes.
Facile de passer incognito pour le voyeur: dans ces lieux, en général, personne ne fait attention à personne. On est plongé dans ses pensées, dans un bouquin, et les visages des inconnus qui se succèdent ne font pas spécialement l'objet de notre attention.
On en oublie même qu'on peut être épié par une caméra de surveillance. Alors, évidemment un type qui s'approche pour voler une photo éclair, comme un pickpocket qui va vous bousculer légèrement pour attraper votre porte-monnaie, on ne le soupçonne pas une seconde.
Et, en plus, il n'y a aucune preuve tangible, puisqu'il faut un hasard incroyable pour tomber sur sa propre petite culotte dans l'océan des sites Internet.
Pas vu, pas pris.
Cela met en joie ces pervers, qui étalent leurs exploits et leurs prises sur la Toile et échangent des tuyaux pour piéger sans être vus.
Cette tendance s'est développée à cause de la quasi-impunité dont jouissent les paparazzi, à l'affût de photos sulfureuses, avec parfois la complicité de certaines "stars" cupides, stupides ou en mal de reconnaissance, et fort prisées par les journaux et magazines pipole.
Ils attendent, en particulier que les vedettes féminines sortent d'une voiture pour les photographier les jambes écartées.
Si certaines de ces femmes se prêtent volontiers à ces procédés ignobles, d'autres en sont particulièrement choquées.
Ainsi, la vedette d'Harry Potter, Emma Watson, piégée le jour même de son 18° anniversaire par un photographe (avant, il serait tombé sous le coup de la loi) qui s'était littéralement allongé par terre pour prendre une photo sous ses jupes, et qui a déclaré: "J'ai compris que j'étais devenue du gibier. J'ai eu l'impression d'avoir été violée".

Que fait la justice?

La justice est désemparée par cette déferlante, les lois spécifiques étant, en général, soit inexistantes soit inadaptées (quoique de nets progrès ont été effectués ces deux dernières années).
Et en l'absence d'une législation relative à cette question, c'est un peu la loterie.
Certains punissent pour voyeurisme, d'autres pour atteinte à la vie privée, d'autres encore pour outrage à la pudeur, ou pour conduite obscène, d'autres encore décident qu'on ne peut déclarer qu'il y a atteinte à la vie privée puisque les photos ont été prises dans un lieu public (supermarché, rue, etc.).
Les accusés répondent pour leur défense que, comme la personne n'était pas consciente qu'on la prenait en photo, que personne ne les a vus le faire et qu'on ne peut en aucune façon la reconnaître, il n'y a pas de victime.

Aux Etats-Unis, certains états, comme l'Oklahoma, devant la difficulté à condamner ces pervers, ont adopté une législation spécifique. Il en va de même en Australie.
Quant au Japon, c'était devenu le sport national. En réponse à cela, les téléphones portables vendus actuellement émettent, chaque fois qu'une photo est prise, un son qui ne peut pas être coupé.
(Alors, la prochaine fois qu'un car de Japonais débarque à côté de vous à la Tour Eiffel, ne les regardez pas de travers si cela déclenche soixante sirènes et klaxons en même temps. C'est pour la bonne cause).
Sasha Rakoff, une praticienne qui dirige Object, une association qui milite contre l'"objectisation" des femmes, dit que ce phénomène est symptomatique de l'idée reçue que le corps des femmes fait partie du domaine public.

"On voit des photos prises sous les jupes sur la première page du journal The Sport ou sur la couverture des magazines pour hommes, qui encouragent sans cesse le voyeurisme en publiant des photos des petites amies de lecteurs et des top models sexy dans leur intimité – comme, par exemple, quand elles sont sous la douche. Est-il étonnant que, dans ce cas, les hommes, équipés du tout dernier modèle de "spyware" mobile, bon marché et disponible immédiatement, se livrent à du voyeurisme dans la vie de tous les jours?
Même s'il existe des règles contre le voyeurisme, elles ont largement été outrepassées par les médias misogynes, et les hommes qui n'avaient déjà aucun scrupule vis-à-vis de cette pratique se voient constamment confortés dans leurs certitudes que cette attitude est acceptable".

Dernier point: évidemment, ces violeurs d'images s'attaquent de préférence à la chair fraîche et tendre, et donc aux mineures.
Là encore, il y a des lois plus strictes pour protéger les moins de dix-huit ans.
Mais là encore, pas vu pas pris.

Pour en savoir plus sur le phénomène, en particulier aux US, lire ici (en anglais): "Porn in a flash"
Et: Creative misogynists still unable to imagine letting go of the hate

Un article en français

Et puis, à Londres, les centres d'accueil pour femmes victimes d'abus sexuels promis par le maire ne pourront être créés, faute de crédits.
Rape centres in crisis

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"Nous avons décidé de mettre tous les magazines qui offrent une image dégradante des femmes hors de portée des enfants"
"Super. Et à partir de quel âge peut-on leur laisser voir les images dégradantes pour les femmes?"

source

Et pour finir avec la France, ce phénomène ne semble pas avoir déferlé sur l'Hexagone. Pourquoi? Je ne me lancerai certainement pas dans une énumération de stéréotypes.
Mais il serait intéressant d'avoir l'avis de spécialistes.

En revanche, certain-es journalistes, eux, ne s'embarrassent pas de scrupules, même quand ils ou elles écrivent dans des journaux de réputation mondiale.

Par exemple, ici: Womaniser? He's just French ("Coureur? Il est français, tout simplement")
Sous-titre: DSK est très charismatique, très intelligent et a énormément de charme. Pour le meilleur et pour le pire, son attitude fait partie de notre culture.

Aïe! Le ton est donné.

La chroniqueuse française, Agnès Poirier, qui écrit régulièrement dans le "Guardian" explique dans cet article que le n° 1 du FMI est un séducteur et que c'est la french touch, quoi, alors que les anglo-saxons, eux, font les prudes quand un homme et une femme ont une aventure extraconjugale sans lendemain, et que ses fredaines avec une Hongroise qui travaillait avec lui, nous, en France, on n'en fait pas un fromage, on en rigole, même.

Sauf que
Sauf que c'était son supérieur hiérarchique et pas sur n'importe quel poste, qui plus est.
Sauf qu'il avait jeté son dévolu sur elle, qu'il la poursuivait avec insistance et qu'elle était coincée, quoi qu'elle fasse.
Sauf qu'il ne s'agissait pas de toute évidence d'une histoire d'amour fou, mais d'un désir de conquête "là, maintenant, tout de suite", sans prendre en compte les conséquences de cette situation pour cette femme.
Sauf qu'il ne s'agissait donc pas d'une simple liaison entre "adultes consentants".

Alors, non, Madame, ce n'est pas un truc typiquement français, ça, de cautionner les pulsions sexuelles de quelqu'un qui se fiche pas mal de briser la vie d'une femme pour sa propre satisfaction primaire.
Les Français ne sont pas tous tordus et obsédés par le sexe au point de faire fi des sentiments de la dame. En tous cas, pas ceux qui sont sains d'esprit.
Et si l'affaire n'a pas fait grand bruit, c'est qu'elle a été minimisée dans les hautes sphères et dans les médias, peut-être parce que ce n'était pas le moment pour les premiers d'avoir ce type dans les pattes et qu'il était bien où il était à Washington – ou parce que les hommes de pouvoir sont solidaires, dans ces cas-là, bien sûr.

Il faudrait, Madame, quand vous écrivez dans un journal aussi renommé que le Guardian, que vous ne fassiez pas passer les Français-es ni le reste des populations du monde par la moulinette de vos préjugés et que vous évitiez les clichés éculés (du style: "français=séducteur") .
Moi, ce genre de type seulement guidé par son plaisir personnel et qui profite de sa position et de son argent pour le satisfaire, il me dégoûte.
Et je ne crois pas me tromper en disant que nous sommes très nombreux-ses en France à le penser.
Et à condamner ces pratiques. Parce qu'elles sont condamnables.
Par la loi.
Enfin, si on est un citoyen ordinaire.
Evidemment.
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Et enfin:
Cela n'a rien à voir:
En France, en revanche, on ne plaisante pas avec le droit à l'image, mais il ne s'agit pas de photo pseudo-sexy, faut dire.
Jugée car je photographie les arrestations de sans-papiers