C'est le 9 mars: on remet le couvert!
Par emcee le lundi 9 mars 2009, 02:59 - L'info futile - Lien permanent
Un jour par an, la moitié de l'humanité consacre un peu d'attention à
l'autre moitié - l'hémisphère sud de la planète, en quelque sorte.
Les médias, tout ça, se fendent de quelques chiffres alarmants et jamais en
baisse, finalement.
Femmes battues, femmes violées, femmes seules avec enfants, femmes qui galèrent
avec un seul salaire de misère - et à mi-temps "flexible", siouplé - femmes
sans-abri, femmes aux restaus du cœur, femmes otages dans le monde, femmes
méritantes, femmes, femmes, femmes.
Journée Internationale des Femmes, je vous hais parce que
c'est encore l'occasion de débiter l'éternel inventaire à la Prévert. Avec les
femmes présentées sous forme de chiffres et de pourcentages.
Car les problèmes perdurent, qu'ils s'aggravent avec les crises et que les
avancées obtenues par les femmes finissent toujours par être remises en cause
ou supprimées progressivement, ou brutalement (cf. travail de nuit, avortement,
congé parental, etc.). Plus on avance, plus on recule.
Et que les problèmes ne s'arrangeront pas tant que les femmes au pouvoir, déjà
très peu nombreuses, feront du mimétisme masculin, dépassant même parfois leurs
"maîtres" (pas besoin de les citer, mais celles du gouvernement sont déjà des
exemples gratinés; suivez mon regard).
Mais pourquoi donc les filles, qui, en majorité, réussissent mieux à
l'école et à l'université que les gars finissent par constituer la majorité qui
galère?
Vous me direz: c'était pas les mêmes. Oui, mais
… Que devient alors la majorité des garçons qui ramaient, eux, à
l'école?
Alors, la journée des femmes, c'est déprimant.

Quand on ne nous bassine pas avec la journée de LA
femme.
Celle qui fera la vaisselle, le ménage, et les courses demain parce
qu'aujourd'hui son conjoint est arrivé avec une rose et qu'il l'emmène manger
une pizza chez Emilio, sorte de remake de la Saint Valentin (eh! deux fois
en moins d'un mois, tout de même. Tu vas finir par
me coûter cher, toi!), encore un truc venu des
anglo-saxons avec halloween, comme si on n'était pas assez malins pour se
trouver nos propres commémorations.
C'est fou ce que j'ai vu comme pub pour la journée de LA femme (les parfums,
les photos souvenirs, les soins du visage, etc. Y avait pas de robot-mixer, ni
de table de repassage, mais cela ne veut pas dire qu'ils n'ont pas
osé).
C'est pour toutes ces raisons (et, surtout, le fait que mon billet était en
souffrance, faut dire), que je vous en remets une louche aujourd'hui.
En toute illégalité, bien sûr, puisque nous sommes déjà le neuf mars, comme le
temps passe.
Alors, voyons quelles sont les nouveautés rayon femmes, cette
année.
Ce qui me vient en premier, c'est le raid sur le Planning
Familial.
Ca, le Planning, ça ne leur a jamais plu, aux adorateurs de tout ce qui est
extraterrestre, vendu en pack avec paradis et enfer.
Les femmes, Dieu l'a dit, sont impures, sauf ma mère qui est une sainte
femme.
Faut qu'elles paient, donc.
Et si ça continue, ils vont finir par imposer le créationnisme dans les écoles,
sous prétexte que l'évolutionnisme, de toute façon, c'est pas plus
prouvé.
DANS TA TETE DE MALADE, OUI!
Mais, je m'égare.
Et puis, il y a le congé parental: la ministre de la
justice, porte-drapeau de la régression sociale sur ce coup-là, ayant quitté la
maternité et repris le "boulot" (de sape) peu après sa césarienne, toutes les
femmes de France se doivent de suivre un si bel exemple, évidemment.
C'est vrai, ça, qu'est-ce qu'elles font à feignasser alors que leur place,
c'est au boulot pour "redresser la France" – qui sombre, ça on le
sait.
Et là, je voudrais vous raconter brièvement un fait divers récent
qui m'a interpellée.
Une femme de 36 ans a poignardé la semaine dernière sa fille de 10 ans dans
un accès de colère, incitant ensuite son fils de 5 ans à dire que c'était lui
l'auteur.
Travaillant la nuit, elle a été réveillée brutalement dans la matinée par une
dispute entre le frère et la soeur, le ton est monté et la mère s'est servie du
couteau malencontreusement à portée de main.
Voilà grosso modo, l'histoire.
Cette femme, qui vit seule avec ses deux enfants, a réussi à se débarrasser du
père parce qu'il était violent. Elle est contrainte de travailler la nuit,
probablement parce que ça paie un peu plus, et ses enfants encore jeunes sont,
évidemment, livrés à eux-mêmes dans la journée, allant à l'école tout seuls,
quand ils y vont.
La mère a été mise en examen pour « violences aggravées »
(là, normal) et « manquement à ses obligations éducatives
».
Elle a été placée sous contrôle judiciaire.
A sa sortie de l’hôpital, la petite fille sera placée dans un foyer, comme
l’est déjà son petit frère. La mère, elle, encourt jusqu’à dix ans de
prison.
Probablement tout ce qu'elle voulait éviter en disant – naïvement - à son fils
de s'accuser à sa place.
Les services sociaux ont, quant à eux, déclaré qu'ils n'étaient pas au courant
de la situation.
Peut-être, et je ne veux accuser personne, mais des enfants (dont un de cinq
ans) qui vont seuls à l'école (probablement plus ou moins soignés) ou qui
manquent les cours, cela aurait dû mettre la puce à l'oreille de quelqu'un,
non?
A une époque où on fait le forcing pour traquer chaque enfant, en particulier
s'il est issu de l'immigration, l'attention ne se porterait donc que sur les
enfants dont les parents ne sont pas régularisés?
Et puis, à force de stigmatiser les faibles, ceux qui ne s'en sortent pas, qui
touchent les allocs, le RMI pour buller, et toute cette sorte de chose, il
n'est pas dit qu'une femme obligée de travailler la nuit ait envie de raconter
ses malheurs à quiconque.
« Manquement à ses obligations éducatives »: eh oui, elle aurait
dû prendre une bonne pour s'occuper des enfants, comme madame la ministre,
puisqu'elle insistait pour aller travailler. Des enfants, ça ne se laisse pas
seuls.
Vite une loi sur les mères excédées qui poignardent leurs filles et font
scandaleusement accuser un enfant pas encore en âge d'être condamné!
Mais mon intention de départ, c'était d'évoquer un des cas les plus banals
de la vie quotidienne et dont on parle peu, sauf à l'occasion d'un rare fait
divers retentissant. Je veux parler du harcèlement.
Parce que c'est le plus difficile à prouver, que les autres n'y voient pas
souvent malice - soit que c'est fait insidieusement, en privé, soit que les
témoins ne veulent pas s'en mêler, de peur que ça leur tombe dessus aussi, soit
qu'ils excusent le harceleur en disant: "Mais non, tu vois bien, il
plaisante".
Si dans les plaisanteries, les rieurs ne sont pas des deux côtés, c'est qu'il y
a bien quelque part volonté de blesser, voire de la cruauté, non?
Oui, le harcèlement est un fléau qui salit et détruit jour après jour la vie de
ses victimes.
Mais combien de victimes? Personne n'en a aucune idée parce que celles-ci ne
parviennent que rarement à se faire entendre. Il faut des PREUVES. Et les
preuves, il n'y en a pas beaucoup, justement. Et quand on ne peut pas vraiment
prouver, on a peu de chances face au juge.
Le harcèlement au travail est probablement le plus courant
et le plus aisé. Rapports hiérarchiques, rapports hommes-femmes, peur de perdre
son emploi et rencontres quotidiennes obligatoires. Le harceleur, tapi dans
l'ombre, guette sa proie sitôt le lundi revenu.
Et, là, je suis tombée par hasard sur une nouvelle forme de
harcèlement qui fait fureur aujourd'hui aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et
au Japon, en particulier.
Oh, ça a l'air anodin, comme ça, mais comme tout harcèlement, c'est en
apparence un jeu mais cela humilie et viole l'intimité de celle (ou celui) qui
en est victime.
Voilà, je ne sais si vous en avez entendu parler mais avec les téléphones
portables minuscules qui permettent de prendre des photos subrepticement, les
mecs ont développé un sport: l'"upskirting", c'est-à-dire
photographier sous les jupes des filles, ou le "downblousing",
faire des photos plongeantes de leur décolleté.
En bref, cela concerne toute partie du corps que l'on ne veut pas exposer, soit
pour ne pas tomber sous le coup de la loi, soit que cela ne regarde pas les
autres.
Et toutes ces petites culottes ou autres objets de fantasmes ou de fétichisme
se retrouvent sur Internet ou, au moins, dans l'ordinateur d'un sale voyeur,
satisfait d'avoir violé les recoins du corps qu'une femme ne voulait pas
montrer.

Source
Dans cet article du Guardian "I felt
completely violated" du 25 février 2009, Emine Saner raconte que ces
pratiques se multiplient et concernent des centaines de milliers de
femmes.
Les endroits les plus propices pour se livrer à ce genre d'activité sont les
escaliers roulants, les trains, les supermarchés, les arrêts de bus et autres
endroits publics anonymes.
Facile de passer incognito pour le voyeur: dans ces lieux, en général, personne
ne fait attention à personne. On est plongé dans ses pensées, dans un bouquin,
et les visages des inconnus qui se succèdent ne font pas spécialement l'objet
de notre attention.
On en oublie même qu'on peut être épié par une caméra de surveillance. Alors,
évidemment un type qui s'approche pour voler une photo éclair, comme un
pickpocket qui va vous bousculer légèrement pour attraper votre porte-monnaie,
on ne le soupçonne pas une seconde.
Et, en plus, il n'y a aucune preuve tangible, puisqu'il faut un hasard
incroyable pour tomber sur sa propre petite culotte dans l'océan des sites
Internet.
Pas vu, pas pris.
Cela met en joie ces pervers, qui étalent leurs exploits et leurs prises sur la
Toile et échangent des tuyaux pour piéger sans être vus.
Cette tendance s'est développée à cause de la quasi-impunité dont jouissent les
paparazzi, à l'affût de photos sulfureuses, avec parfois la complicité de
certaines "stars" cupides, stupides ou en mal de reconnaissance, et fort
prisées par les journaux et magazines pipole.
Ils attendent, en particulier que les vedettes féminines sortent d'une voiture
pour les photographier les jambes écartées.
Si certaines de ces femmes se prêtent volontiers à ces procédés ignobles,
d'autres en sont particulièrement choquées.
Ainsi, la vedette d'Harry Potter, Emma Watson, piégée le jour même de
son 18° anniversaire par un photographe (avant, il serait tombé sous le coup de
la loi) qui s'était littéralement allongé par terre pour prendre une photo sous
ses jupes, et qui a déclaré: "J'ai compris que j'étais devenue du gibier.
J'ai eu l'impression d'avoir été violée".
Que fait la justice?
La justice est désemparée par cette déferlante, les lois spécifiques étant,
en général, soit inexistantes soit inadaptées (quoique de nets progrès ont été
effectués ces deux dernières années).
Et en l'absence d'une législation relative à cette question, c'est un peu la
loterie.
Certains punissent pour voyeurisme, d'autres pour atteinte à la vie privée,
d'autres encore pour outrage à la pudeur, ou pour conduite obscène, d'autres
encore décident qu'on ne peut déclarer qu'il y a atteinte à la vie privée
puisque les photos ont été prises dans un lieu public (supermarché, rue,
etc.).
Les accusés répondent pour leur défense que, comme la personne n'était pas
consciente qu'on la prenait en photo, que personne ne les a vus le faire et
qu'on ne peut en aucune façon la reconnaître, il n'y a pas de
victime.
Aux Etats-Unis, certains états, comme l'Oklahoma, devant la difficulté à
condamner ces pervers, ont adopté une législation spécifique. Il en va de même
en Australie.
Quant au Japon, c'était devenu le sport national. En réponse à cela, les
téléphones portables vendus actuellement émettent, chaque fois qu'une photo est
prise, un son qui ne peut pas être coupé.
(Alors, la prochaine fois qu'un car de Japonais débarque à côté de vous à
la Tour Eiffel, ne les regardez pas de travers si cela déclenche soixante
sirènes et klaxons en même temps. C'est pour la bonne cause).
Sasha Rakoff, une praticienne qui dirige Object, une association qui milite
contre l'"objectisation" des femmes, dit que ce phénomène est
symptomatique de l'idée reçue que le corps des femmes fait partie du domaine
public.
"On voit des photos prises sous les jupes sur la première page du journal The Sport ou sur la couverture des magazines pour hommes, qui encouragent sans cesse le voyeurisme en publiant des photos des petites amies de lecteurs et des top models sexy dans leur intimité – comme, par exemple, quand elles sont sous la douche. Est-il étonnant que, dans ce cas, les hommes, équipés du tout dernier modèle de "spyware" mobile, bon marché et disponible immédiatement, se livrent à du voyeurisme dans la vie de tous les jours?
Même s'il existe des règles contre le voyeurisme, elles ont largement été outrepassées par les médias misogynes, et les hommes qui n'avaient déjà aucun scrupule vis-à-vis de cette pratique se voient constamment confortés dans leurs certitudes que cette attitude est acceptable".
Dernier point: évidemment, ces violeurs d'images s'attaquent de préférence à
la chair fraîche et tendre, et donc aux mineures.
Là encore, il y a des lois plus strictes pour protéger les moins de dix-huit
ans.
Mais là encore, pas vu pas pris.
Pour en savoir plus sur le phénomène, en particulier aux US, lire ici
(en anglais): "Porn in a
flash"
Et:
Creative misogynists still unable to imagine letting go of the
hate
Et puis, à Londres, les centres d'accueil pour femmes victimes d'abus
sexuels promis par le maire ne pourront être créés, faute de crédits.
Rape centres in crisis

"Nous avons décidé de mettre tous les magazines qui offrent une image
dégradante des femmes hors de portée des enfants"
"Super. Et à partir de quel âge peut-on leur laisser voir les images
dégradantes pour les femmes?"
Et pour finir avec la France, ce phénomène ne semble pas
avoir déferlé sur l'Hexagone. Pourquoi? Je ne me lancerai certainement pas dans
une énumération de stéréotypes.
Mais il serait intéressant d'avoir l'avis de spécialistes.
En revanche, certain-es journalistes, eux, ne s'embarrassent pas de
scrupules, même quand ils ou elles écrivent dans des journaux de réputation
mondiale.
Par exemple, ici:
Womaniser? He's just French ("Coureur? Il est français, tout
simplement")
Sous-titre: DSK est très charismatique, très intelligent et a
énormément de charme. Pour le meilleur et pour le pire, son attitude fait
partie de notre culture.
Aïe! Le ton est donné.
La chroniqueuse française, Agnès Poirier, qui écrit régulièrement dans le
"Guardian" explique dans cet article que le n° 1 du FMI est un séducteur et que
c'est la french touch, quoi, alors que les anglo-saxons, eux, font les
prudes quand un homme et une femme ont une aventure extraconjugale sans
lendemain, et que ses fredaines avec une Hongroise qui travaillait avec lui,
nous, en France, on n'en fait pas un fromage, on en rigole, même.
Sauf que …
Sauf que c'était son supérieur hiérarchique et pas sur n'importe quel poste,
qui plus est.
Sauf qu'il avait jeté son dévolu sur elle, qu'il la poursuivait avec insistance
et qu'elle était coincée, quoi qu'elle fasse.
Sauf qu'il ne s'agissait pas de toute évidence d'une histoire d'amour fou, mais
d'un désir de conquête "là, maintenant, tout de suite", sans prendre
en compte les conséquences de cette situation pour cette femme.
Sauf qu'il ne s'agissait donc pas d'une simple liaison entre "adultes
consentants".
Alors, non, Madame, ce n'est pas un truc typiquement
français, ça, de cautionner les pulsions sexuelles de quelqu'un qui se
fiche pas mal de briser la vie d'une femme pour sa propre satisfaction
primaire.
Les Français ne sont pas tous tordus et obsédés par le sexe au point de faire
fi des sentiments de la dame. En tous cas, pas ceux qui sont sains
d'esprit.
Et si l'affaire n'a pas fait grand bruit, c'est qu'elle a été minimisée dans
les hautes sphères et dans les médias, peut-être parce que ce n'était pas le
moment pour les premiers d'avoir ce type dans les pattes et qu'il était bien où
il était à Washington – ou parce que les hommes de pouvoir sont solidaires,
dans ces cas-là, bien sûr.
Il faudrait, Madame, quand vous écrivez dans un journal aussi renommé que le
Guardian, que vous ne fassiez pas passer les Français-es ni le reste des
populations du monde par la moulinette de vos préjugés et que vous évitiez les
clichés éculés (du style: "français=séducteur") .
Moi, ce genre de type seulement guidé par son plaisir personnel et qui profite
de sa position et de son argent pour le satisfaire, il me dégoûte.
Et je ne crois pas me tromper en disant que nous sommes très nombreux-ses en
France à le penser.
Et à condamner ces pratiques. Parce qu'elles sont condamnables.
Par la loi.
Enfin, si on est un citoyen ordinaire.
Evidemment.
.................................................................................................................................................
Et enfin:
Cela n'a rien à voir:
En France, en revanche, on ne plaisante pas avec le droit à l'image, mais il ne
s'agit pas de photo pseudo-sexy, faut dire.
Jugée car
je photographie les arrestations de sans-papiers

Commentaires
Cette Madame Agnès Poirier a du retirer l'échelle sociale après l'avoir gravi,ou alors elle a couché pour arriver et elle trouve ça normal.
Et non madame je suis français mais pas coureur(allez avoue que t'es trop vieux maintenant!)les clichés m'emmerdent comme celui que j'ai moi même écrit au début de ce texte!
Dans le même ordre d'idées,les curés sont en pointe dans le machisme imbécile.
Les voila qui ont excommuniés la mère d'une fillette de 9 ans qui avait été violé par son beau père,pour l'avoir fait avorté,et pour faire bonne mesure l'équipe médicale dans son entier!
Le violeur?Ben pour lui tout va très bien,il reste membre du peuple de dieu et il n'a aucun problème,il peut allègrement continuer de violer la grande soeur de 14 ans handicapée,ce qu'il faisait d'habitude quoi!
Don José Cardoso archevêque est soutenu par le vatican et le panzer cardinal!
Quant est-ce que cette engeance va fermer sa gueule?
Oui, il y a une dizaine de jours, la chronique d'Agnès Poirier m'avait fait sursauter, moi aussi. Et de dégoût, sachant trop bien ce que ça me rappelait, de nouveau j'ai fui pour ME cacher. Un comble !
À J.-C. Goujat : «Le tout n'est pas d'avoir une jupe, c'est d'avoir quelque chose dans la tête.» (Mgr Vingt-Trois, archevêque de Paris, s'adressant sans doute aux fans d'upskirting...)
Est-ce que tout est fait pour nous rendre fous et folles de douleur, un couteau de cuisine à la main ?
P.S. broutilliste : dans le dessin, je lis ainsi la réplique de la femme — «Moui... Et à partir de quel âge est-ce qu'ils peuvent avilir les femmes sans problème ?»
P.P.S. Le dernier lien d'emcee concerne les malades de la photo-culotte. Pour la sale manie de photographier les arrestations de sans-papiers, voir
http://www.rue89.com/2009/03/04/jug...
@JCG: le pape, le prez francais, Berlu http://www.celestissima.org/chiens-policiers-dans-les-ecoles-en-italie-aussi/ les US, Israël, tout nous entraîne vers des états totalitaires. C'est effrayant.
@Pièce Détachée: cette chroniqueuse n'en est pas à son coup d'essai, dans le genre poncifs. Il y en avait également un autre bien gratiné du Guardian, John Henley, qui était correspondant à Paris et qui était odieux. Je crois qu'il n'y est plus. Mais certains Anglais sont friands de stéréotypes, même, on le voit, dans les journaux de qualité (parce que le titre et le sous-titre ne sont pas d'AP). Leur côté "British Empire", peut-être.
Si tu lis les com', tu verras que les Brits et les Américains, qu'elle a allumés bêtement se sont largement rebiffés.
Pour ce qui est de la trad du cartoon, ce n'est pas le mot à mot, mais c'est l'idée. "degrading women is all right" --> "à partir de quel âge le fait qu'on avilisse les femmes est-il normal""
Ah, merci, je me suis pris les pinceaux dans mes liens, apparement.
Je n'ai pas eu le courage de lire les commentaires sur le «texte» d' A. Poirier.
Re-broutille mais, ayant commis des traductions, je sais bien qu'il n'y en a pas deux pareilles. Et, même si c'est disproportionné pour ce cartoon, et complètement hors-sujet, je me permets de te faire goûter ceci (tu nous a si bien traduit Gilad Atzmon) :
«{Traduire} est un travail où l'on tâtonne, cherche, invente, ordonne et jette beaucoup — avec pourtant toujours le même résultat, après avoir fait le tour complet des possibilités, celui de se retrouver au point de départ : la meilleure façon de dire ce qui a été dit, c'est celle de l'auteur. Ne resterait alors plus qu'à recopier fidèlement le texte original — non pas de façon naïve mais en toute connaissance de cause — avec la conviction que l'on n'écrit que les seuls mots appropriés.»
— P. Deshusses, Avant-propos à sa trad. de Karl Kraus, Troisième nuit de Walpurgis, Éd. Agone, 2005, p.11.
Je suis bien d'accord sur les écueils de traduction. Le terme le plus lapidaire, et que j'aime bien, c'est: "Traduttore, tradittore". Un peu excessif, certes, mais finalement, le traducteur se substitue à l'auteur véritable et l'interprète, d'une part, et d'autre part, une langue n'étant pas le calque d'une autre, il faut donc trouver la façon la plus adéquate de rendre ce qu'a dit l'auteur sans prendre le dessus.
Je ne relis d'ailleurs que rarement mes anciennes traductions, parce que sinon, je trouve encore plein de choses à modifier.
Autant de mauvaise foi dans un seul post, j'avais rarement vu.
Qu'est-ce que ça peut bien te foutre que la ministre de la justice reprenne le travail quelques jours après l'accouchement? Le congé parental est-il devenu obligatoire pour que l'on jete à la vindicte populaire cette femme?
Quant à ton "enquête" sur le drame de cette mère de famille qui a poignardé un de ses enfants: tu devrais venir en aide aux services sociaux et à la justice expéditive!
J'espère qu'au moins, tu as un peu honte de ce que tu écris et que tout cela n'est que pour créer de l'agitation publicitaire pour recruter sur ton blog avec quelques copier-coller traduits à la hâte...
SUPPRIME!
Je commence à en avoir sérieusement marre que vous veniez m'emmerder ici. Votre insistance à vouloir absolument poster sur mon blog n'a d'égale que votre immense connerie.
Je vous ai dit que je ne voulais pas publier vos torchons et je le maintiens.
Alors, fichez le camp de mon paysage, votre opinion ne m'intéresse ABSOLUMENT PAS. Je ne discute pas avec les fachos.
Je laisse ce com' juste pour que les lecteurs puissent voir le modèle parfait de l'indigence intellectuelle.
Allez ouste: Du balai! Pour les com' suivants, je ferai comme pour les autres: "SUPPRIMES"!
Les commentaires sont modérés pour l'instant.
J'en suis désolée, mais cette arapède insiste pour venir m'insulter et interpeller les autres commentateurs.
Je publierai tout autre commentaire dès que possible.
Merci de votre compréhension.
Bonjour emcee
Je vais pas parler des femmes.
J'ai lu ton texte, emcee et me suis arrêtée au 1° commentaire : ",ou alors elle a couché pour arriver et elle trouve ça normal.". Là, je peux plus continuer. Je peux plus
Moi, je suis une femme. Et en même temps , je suis pas une femme, je suis une lutte.
Et, je suis surtout une lutte.
Oui, Thé, je n'ai pas trop relevé cette expression de JCG, pensant que c'était du second degré maladroit.
Et cela l'est, Jean-Claude, fort maladroit. Je suis très étonnée de la part d'un militant de gauche convaincu.
Si tu passes par là, peut-être pourrais-tu expliquer le fond de ta pensée afin de nous ôter d'un doute affreux. Merci.
Bon allez, c'est moi qui m'y colle et pour défendre JCG, enfin défendre, cest pas le mot..... faut que je fasse un effort pour défendre JCG...! C'est plutôt générationnel D'ailleurs JCG, pointe lui même un cliché dans l'intro de son com n° 1, bon après...faut se démarquer de la blague..!!!
Bon, moi, c'est marrant, mais hier on pouvait pas écrire de coms sur ton billet..., alors j'ai gardé 2 trucs, à chaud, comme ça..La chanson de Souchon: "Sous les jupes des filles", ben oui, les fantasmes, les mecs, ça fonctionne pas tout à fait comme les nanas, ...et c'est plutôt vrai...la chanson.!
Et puis, aussi, cette image qui m'a sauté à la mémoire, c'est celle d'un des 1ers films de Rohmer, en 1970, je crois , "Le genou de Claire", avec Brialy et une affiche très suggestive...genre, plus les jupes sont courtes, plus les fantasmes sont...grands...!
Ce billet que tu cites, emcee, en provenance du Guardian, est symptomatique, même pas de la perversion, qui demande ...tout de même un certain raffinement, mais d'un voyeurisme primaire, dont Mary Quant, est tout de même en grande partie responsable, mais pas plus que les décolletés plongeants de l'époque de Molière, qui faisaient dire à Tartuffe : "Cachez ce sein que je ne saurai voir..."
Bon, les filles, sans vouloir faire de provoc, chez les mecs, le pantalon moule-burnes n'a eu qu'une existence ephémère... OK, je sors!
Sans vouloir/pouvoir expliquer la pensée de JCG, qui s'en chargera très bien lui-même, j'aimerais proposer la mienne quant à la partie incriminée de son commentaire. Je précise, car ici c'est pertinent, que Pièce détachée est une femme.
Oui, il y a des femmes qui trouvent très normal d'humilier (y compris elles-mêmes), d'écraser, et de coucher pour arriver à leurs fins. Le sexe de leurs partenaires n'importe pas : c'est l'efficacité de la stratégie qui prime. Ça marche plutôt bien, comme je l'ai constaté autour de moi avant de fuir pour éviter cette ordalie et/ou le suicide. L'apprentissage de la technique inclut ce type d'injonctions : quand on donne une conférence, porter un tailleur à jupe fendue derrière — pour cambrer avantageusement le mollet et le reste quand on tourne le dos à l'assistance afin d'écrire sa démonstration au tableau (écrire très haut : ça avantage le torse et la taille). On m'a reproché explicitement de ne pas le faire. La suite insistante de l'apprentissage est à l'avenant.
Ce que je décris est un FAIT (1) : on ne peut pas le gommer. Si on veut le combattre, il faut d'abord le reconnaître. On ne peut pas analyser, expliquer, combattre ce dont on commence par dénier la réalité avec des mines de vierge effarouchée.
Les soldates états-uniennes d'Abu Ghraïb humiliant et torturant des Irakiens, c'est aussi un fait (le cher Gilad Atzmon a écrit l'effroi que cela lui inspire, mais je n'ai pas le lien sous la main).
@ thé, qui écrit : «je suis une femme. Et en même temps, je suis pas une femme, je suis une lutte.» — Pièce détachée se reconnaît bien là-dedans, malgré ses envies sporadiques de tout fuir pour qu'on lui foute la paix...
___
(1) Je n'aime pas ces majuscules emphatiques ; comment fait-on pour avoir ici des italiques (et pendant qu'on y est, des crochets droits qui ne transforment pas leur contenu en lien URL) ?
L'article de Gilad Atzmon auquel je fais allusion ci-dessus :
http://www.gilad.co.uk/html%20files...
(en anglais; rien à faire, je n'en trouve pas de traduction, même chez l'excellent Tlaxcala)
Eh bien voilà des commentaires intéressants qui appellent une réflexion. J'ai tout lu, y compris le long texte passionnant d'Atzmon (merci pièce détachée, mais c'est très "unfair", parce que je vais devoir un jour ou l'autre m'y atteler
).
Pour régler rapidement les problèmes d'intendance: hier, comme je devais m'absenter, j'ai voulu modérer les com' - à cause du malade - et, hélas, mauvaise manip, je les ai fermés.
Pas de possibilité de mettre en italique (seulement côté administration) et pour les crochets, nous sommes toustes logé-es à la même enseigne: personne n'y peut rien.
Pour revenir au sujet, c'est en effet très complexe. Et les femmes, pas plus que les hommes, ne sont une entité homogène et monolithique. Ce qui rend les discussions à la fois riches et âpres.
VA: les fantasmes font partie de nous tous-tes, évidemment. Que les ados cherchent à regarder sous les jupes des filles, ma foi, je n'y vois a priori rien de bien répréhensible. Mais là, il s'agit d'y mettre les mains (virtuellement) et de s'approprier des parties du corps que les femmes ont délibérément couvertes. Il s'agit de concrétiser des fantasmes sans le consentement de la personne.
Quant à Mary Quant, elle a bon dos. Je ne sais pas si j'ai raison, mais la décision de découvrir les jambes des femmes était dans l'air (cette fameuse "libération de la femme" dont se sont servi de tous temps les marchands de mode), n'était-ce point une façon de "dés-éroticiser" les jambes pour passer à d'autres parties du corps?
Quant aux pantalons "moules-burnes", je pense que c'est un fantasme de mec. Parce que franchement ... :-D
Pièce détachée: Il me semble que c'est là la question cruciale: si la cause des femmes n'avance pas beaucoup, c'est que d'autres femmes, plus influentes, se font complices des abus faits aux autres femmes. Style: "C'est pas grave, tu en verras d'autres! " ou "Ce n'est qu'un mauvais moment à passer".
Et Dati, qui sort triomphalement de la maternité pour se remettre immédiatement au boulot en est un des exemples indécents.
Sitôt que les paysannes avaient accouché, elles repartaient travailler dans les champs avec leur bébé sous le bras.
Une des victoires des femmes a été de conquérir le droit au congé de maternité, non seulement pour elles-mêmes mais pour le bien-être de l'enfant.
Mais sur tous ces sujets, je suis sûre que nous aurions besoin d'avis de spécialistes qui ont mené une réflexion de fond.
Plein de trucs en vrac mais dans l'ordre chronologique de la lecture
« Et pour finir avec la France, ce phénomène ne semble pas avoir déferlé sur l'Hexagone » N'y'a plus de filles en jupe ;-))
« Les Français ne sont pas tous tordus et obsédés par le sexe au point de faire fi des sentiments de la dame. En tous cas, pas ceux qui sont sains d'esprit. »
Mais commettre des violences sexuelles (petites ou grandes) n'est pas le symptôme d'une maladie mais seulement un comportement d'agression toléré par la société qui entretient les inégalités. C'est un comportement social, pas une pathologie.
@JCG « Elle a couché et elle trouve ça normal » et après « les clichés m'emmerdent comme celui que j'ai moi même écrit au début de ce texte ».
Alors pourquoi tu l'écris ?
Aurais-tu ré-écrit le cliché « C'est un travail d'arabe » ?
Ou n'as-tu pas plutôt une tolérance plutôt grande au sexisme ?
@ pièce détachée Je ne comprends pas très bien tes arguments. Que les femmes doivent être pires que les hommes pour arriver au même position sociale et professionnelle me paraît évident. Après ce que tu décris, ça ne relève pas vraiment de coucher pour réussir, mais plutôt d'être prostituée (par d'autres, les injonctions dont tu parles) pour réussir.
Et oui des femmes peuvent être cruelles ou oppressives ou harcelantes.
Mais ça n'enlève rien à la réalité de l'oppression du groupe des femmes (et il est très probable que certaines femmes de pouvoir sont battues à la maison).
Pour les pantalons moule-burnes, bien d'accord. Aucun intérêt. Par contre une paire de fesses d'homme joliment moulée....
« si la cause des femmes n'avance pas beaucoup, c'est que d'autres femmes, plus influentes, se font complices des abus faits aux autres femmes. »
Certainement pas. Ce n'est pas l'influence de quelques rares femmes influentes qui peut nuire, à part très localement (sur des proches). Par contre, si toutes les femmes non influentes disaient une bonne fois « NON » à l'oppression, ce serait terminé.
Merci Christine pour toutes ces précisions.
Par "sains d'esprit" (mot malheureux), ce n'était pas au niveau pathologique que je parlais, mais plutôt au sens de "bien dans leur tête". Ou avec des valeurs, disons.
Otez-moi d'un doute, il y en a quand même, non?
Comportement social, certes, et on le voit bien avec ces affaires d'upskirting, mais dans les cas plus violents, il y a tout de même des lois qui indiquent bien que ce sont des crimes, non?
Maintenant, il est vrai que là, plus que dans d'autres cas, on a le sentiment qu'on ne risque rien.
Par influentes, je veux dire non seulement de pouvoir, mais également, justement, dans le cadre de la famille, des traditions, des religions etc.
En fait, je pensais à l'excision, qui est une atrocité que subissent les petites filles et qui est pourtant pérennisée avec l'aval de leurs propres mères.
Alors, je sais, on l'a vu justement sur ton blog, c'est très complexe et une discussion de vive voix serait bien plus adéquate, qui permettrait de mieux argumenter et de développer les idées.
Je comprends mieux ce que tu veux dire par influentes. Mais derrière les exciseuses il y a l'idée qu'une femme non excisée ne pourra pas se marier et ne sera pas une "vraie" femme, donc le pouvoir des hommes. Cependant si les femmes arrêtaient d'exciser, ce serait fini.
En fait, on est d'accord
Les femmes n'ont pas décidé celles des
oppressions dont elles sont le véhicule, mais elles auraient le pouvoir de les
faire cesser. Continuons à expliquer.
Ne sachant pas mettre les petits bonhommes rigolos,ça peu passer pour du machisme,mais non c'est du deuxième ou troisième degré!
Juste pour dire à la dame Poirier que dans la connerie on pouvait toujours faire plus fort que les autres!
C'est que c'est un domaine,la connerie,ou on peut tous exceller comme les poncifs du genre:
Les français sont tous des séducteurs
Les femmes couchent pour réussir
les auvergnats sont des radins
Les marseillais des galègeurs
les parisiens des grandes gueules
Les jurassiens des silencieux
En clair tous les poncifs absurdes dont nous gratifie la presse bourgeoise tout les jours
Ce qui ne dois pas m'empêcher d'avoir des réactions plus ou moins machistes sur la pouf qui me coupe la route,qui me bouscule sans s'excuser et autres joyeusetés du quotidien!
Le reflexe sera encore de traiter de poufiasse l'emmerdeuse,alors qu'on traitera de connard le bousculeur intempestif.Mais connarde ça le fait pas!
Ben oui c'est comme ça,parce que l'on peu pas se surveiller chaque minute.
Mais je fais un pari,la dame Poirier à eu le poste qu'elle a parce qu'aussi elle était capable de proférer des insanités comme celle la et que ça arrangeait bien les mecs qui l'entourent!
Je suis d'accord Christine.
) plus clair.
En plus je suis influencée par ma culture méditérranéenne, où je vois et, surtout, j'ai vu évoluer les femmes et les hommes dans des milieux plutôt fermés et leur rapport est très complexe. Bien plus qu'une situation dominant-dominé. Mais, là, c'est un bouquin qu'il faut écrire.
On en parlera un jour de vive voix, j'espère.
Bon, Jean-Claude, c"est (un peu
La prochaine fois que tu parles de femmes, mets les patins
Pour les bonshommes rigolos, deux exemples:
le clin d'oeil, c'est: espace + ; + - + ) tout attaché (sans les +) et encore espace.
pour le sourire : pareil, mais : au lieu de ;
Ca nous évitera les frayeurs
Christine : «Les femmes n'ont pas décidé celles des oppressions dont elles sont le véhicule, mais elles auraient le pouvoir de les faire cesser.»
Je suis on ne peut plus d'accord. L'ennui, c'est que celles qui ont suffisamment de pouvoir pour contribuer à que ça cesse ne le font que rarement. J'ai la très nette impression que, bien au contraire, une fois qu'on détient un pouvoir, on s'y accroche pour soi-même en repoussant tout ce qui s'y oppose — qu'on soit un homme ou une femme. On INCORPORE le pouvoir.
On incorpore aussi l'oppression dont on est victime. C'est même l'un des signes majeurs d'une oppression «réussie». Ce n'est que trop clair dans le cas des femmes (pour parler cru, Rachida Dati est pour moi l'incorporation, l'incarnation, d'une bite en robe de Dior — mais il y a bien pire encore : voir le texte de Gilad Atzmon dont j'ai donné le lien plus haut, comm. n° 16).
Le bouquin le plus fin que je connaisse sur le sujet (j'en connais peu) : P. Bourdieu, La domination masculine, Le Seuil, coll. Liber, 1998 ; en poche : Le Seuil, coll. Points Essais n° 483, 2002.
Il y parle justement, entre autres, des femmes «de pouvoir», «d'influence» : pour faire bref, elles sont toujours du côté du statu quo, parce que c'est ça — cette place-là, cette norme-là — ou pas de place du tout (ce qui explique la défense de l'excision par les mères). On couche parce que la norme, c'est normal.
Dans les sociétés non-occidentales, l'opposition hommes/femmes ne recouvre pas toujours l'opposition dominants/dominés ; emcee l'écrit pour la Méditerranée, on peut le dire aussi de l'Inde ou de la Polynésie. Bourdieu, justement, a écrit ses premiers livres sur la société algérienne (paysans, exode rural, structures sociales). Ça lui donne un regard «dénombrilisé» qui, conjugué à son regard de fils de paysans béarnais, me semble précieux.
Tout ceci dit un peu en vrac, quand je dois subir un individu stupide et méchant, je considère que j'ai le droit de le critiquer, voire de le haïr et de l'envoyer paître (ou de fuir), sans considération pour sa couleur de peau, son physique, son sexe, etc. Je ne vais pas le subir et, en plus, lui faire l'exégèse de son oppression. Même si c'est une femme.
(je n'aime pas les «binettes», mais s'il faut en mettre sur nos plaies à tou(te)s pour garder le sourire...)
Anna Novak : «Être une victime n'empêche pas d'être un salaud.» (Oui, je sais, je la répète souvent celle-là).
Pour appuyer les dires de pièce détachée!
J'ai travaillé pendant vingt ans dans une entreprise composée de 60% de femmes!Le temps que j'ai dû passé à expliquer aux hommes qu'ils étaient perdants de salaires féminins inférieurs au leur,que ça tirait les salaires,tous les salaires vers le bas et que le seul gagnant était le patron,est infini.
Mais tout aussi infini le temps à expliquer à des femmes qu'il était anormal qu'elles aient un salaire inférieur,quand elles me répétaient qu'il était normal que l'homme gagne plus!
Et le nombre de celles que je n'ai pas convaincu est conséquent.
Faut pas croire en 100 ans de luttes,on a du oublier un épisode,celui qui consiste à sortir l'idée de domination de la tête de celles qui sont le plus directement concernées.
C'était il y a un dizaine d'années,pas sur que dans certains milieux les choses aient beaucoup évoluées.
Quant aux mecs l'argument est simple:dans toutes les boites à forte présence féminine ou le principe à travail égal,salaire égal,promotion égale n'est pas appliqué,les salaires masculins sont en général inférieurs de 10% à la moyenne des salaires de la région!
Très intéressants, vos commentaires à tous les deux.
Et c'est vrai, pas si simple du tout, comme je l'ai déjà dit. D'autant que les hommes et les femmes sont, évidemment, présents dans toutes les classes sociales. Et que les cas de figure sont multiples.
Je me garderai de conclure. Affaire à suivre ...
Bonne journée.
très belle discussion
"Les femmes n'ont pas décidé celles des oppressions dont elles sont le véhicule, mais elles auraient le pouvoir de les faire cesser"
oui, mais tout est complexe, emberlificoté, névrotique...
pour arriver à une réelle égalité hommes femmes il faut patiemment détricoter les mailles de l'injustice.
Des penseuses et des penseurs l'ont fait et le font encore, c'est essentiel.
Et nous, nous devons toujours être sur la brêche, et ne rien laisser passer.
baci baci
Relisant ce billet et nos commentaires à tou(te)s, je souris de chacun(e) de nou(te)s, avec bonus auto-critique.
Christine (comm. 18) parle avec appétit d' «une paire de fesses d'homme joliment moulées» — un commentaire qui ne serait pas passé sans cris d'orfraie s'il émanait d'un homme parlant des fesses d'une femme. Les gars ont-ils plus envie que les filles d'être évoqués en termes de culs moulés ? Comment se fait-il que ce commentaire passe sans problème, alors que JCG doit se justifier de la moindre incartade un peu rigolote (et réaliste), au point de devoir apprendre à adjoindre à chacune de ses phrases une pancarte d'excuse en forme de «binette» ?
Vieil anar (comm. 14) parle de fantasmes à jupette (Souchon, Rohmer). Quels qu'ils soient — moulés, jupettés ou autres, nous avons chacun(e) les siens, et ils sont instables —, je crois qu'emcee a raison (comm. 17) d'écrire que les fantasmes sont une chose, «y mettre la main» une autre. Par définition, un fantasme est fait pour rester en l'état ; le réaliser, c'est ce que les psychiatres appellent le «passage à l'acte», qui ne peut être que meurtrier, et là-dessus je crois qu'ils ont raison. Toute la magnifique littérature, de Simenon à Mankell, nous aide à le comprendre sans en effacer l'horreur. J'attends le jour, qui est peut-être déjà là, où circuleront des photos furtives de mecs en train de pisser dans un urinoir...
Pièce détachée (moi), comm. 23 : Rachida Dati, «une bite en robe de Dior». Quelle grossièreté, pour ceux qui en ont une (je ne parle pas de la robe), de confondre le sexe et le genre... Encore une fois, dans l'autre sens, ça ne serait pas passé. Pour désigner les oppressions, il va falloir que je trouve une autre métaphore, moins insultante que celles qui renvoient au sexe avec lequel on vit sans avoir choisi de naître avec. Je dois le dire, pour les hommes (mes amis, mon frère, ses fils) qui savent «découper des légumes sur une épaisse planche de bois» (et l'écrire), qui aiment et savent cuisiner en temps et en heure, choisir les draps, créer des bouquets, être à l'heure, laver la vaisselle sous un filet d'eau, rameuter toutes les sorcières pour les enfants et pour les vieux dans la forêt où il se trouve que, parce que je sais le faire et que je connais mon outil et l'endroit, j'abats des arbres à la tronçonneuse. Ça peut se faire autrement, selon la logistique du jour. Les questions du type «qui s'est soumis sans le savoir à la division sexuelle du travail ? » ne se posent jamais. On voit des mâles trisomiques qui n'en ont rien à foutre, et même des femmes — c'est dire — faire la vaisselle pour quinze. «Continuer à expliquer» ? (Christine) Pas besoin, le tri se fait tout seul, et les propos échangés ou non y gagnent, tandis que les travaux se font.
JCG (comm. 24) : très édifiant, et très logique. Mais comment se fait-il que les hommes ne râlent pas contre les femmes qui tirent les salaires vers le bas, alors qu'il sont tous prêts à repousser à grands cris le «plombier polonais» ? Parce que ce sont leurs propres compagnes qui bossent dans la même boîte qu'eux ? Lutte des classes, lutte des sexes...
Pour emcee, vastes bassines et zèle volant : c'est pour toi que le soleil se lève sur les monts du Morvan, et ce que je peux dire ici, je ne pourrais pas le dire ailleurs. Mais si ce commentaire est trop long, tu es ici chez toi.
Salut, Céleste, salut Pièce Détachée,
J'étais plongée dans mon nouveau billet et j'ai un peu de retard pour venir vers vous.
Il est peu probable que nous arrivions un jour à une "égalité hommes-femmes", ne serait-ce que de loin, parce que nous sommes tou-te-s différents-tes non seulement en genre, mais aussi en éducation et en caractère. C'est ce qui rend la chose si complexe et favorise, au moins, le statu quo. Et puis, une société où on passe son temps à épier l'autre au quotidien ne serait pas viable.
En revanche, il y a des progrès sociaux à (re)conquérir d'urgence. Parce que, mine de rien, ils sont remis en cause tous azimuts.
Les femmes aujourd'hui sont toujours celles qui gagnent les salaires les plus bas pour toutes les raisons que nous connaissons. La pire des situations, me semble-t-il, c'est une femme seule avec enfant(s) sans pension alimentaire et sans qualifications obligée d'aller bosser, ne serait-ce qu'à mi-temps, et s'occuper au quotidien de toutes les autres tâches. Et ce cas de figure n'est pas une exception, hélas.
Voilà: comment faire pour que cette femme puisse non seulement s'en sortir, mais également jouir d'une vie sociale, ou s'épanouir dans une activité qui lui plaise?
@Pièce Détachée: il ne faut pas confondre esthétique et "objectisation". Un gars qui a de belles fesses, est, après tout, agréable à regarder. Une fille avec une belle poitrine, nuque ou tout autre cas de figure, attire l'oeil. Ce n'est pas pour cela qu'on va leur sauter dessus, leur mettre la main dessus et voler des clichés pour en faire notre tableau de chasse.
Il y a un rapport à la séduction constant qui se fait dans la société, non seulement au point de vue physique, mais aussi intellectuel. Le tout, c'est que ces rapports ne soient pas motivés par la volonté de rabaisser l'autre, d'en faire une chose qu'on prend qu'on jette, etc.
Pour ce qui est de la "sexuélisation" des "insultes", bien difficile d'y échapper: elles y ont toutes un rapport à l'origine. Jardin écrivait dans un com' qu'à part deux trois expressions désuètes (dont "bachibouzouk", je ne me souviens que de celle-là), on tombait toujours sur des mots qui étaient relatifs au sexe.
Et comme dit JCG, si une nana en 4X4 en train de téléphoner me fait une queue de poisson, ma conscience "féministe" risque d'en prendre un sacré coup dans l'aile!
Mais il faut aussi pouvoir en rire sans arrière pensée. Les mots ont le sens qu'on leur donne sur l'instant et la façon dont on les dit.
Il est vrai, cependant, qu'entre ce qu'on dit entre amis et ce qu'on écrit à la vue de toustes c'est très différent.