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Désinvestissement dans l'arme de destruction massive d'Israël

Par Stuart Littlewood

Dieu est venu murmurer à l'oreille de l'église anglicane et elle a revendu ses parts dans Caterpillar©.
Cette Maison de Dieu avait investi environ 2 millions et demi de livres sterling dans une entreprise qui fabrique une des armes de destruction et de désolation massives d'Israël. Après avoir déclaré pendant des années qu'ils n'y voyaient aucun problème éthique, les chefs religieux se sont finalement rangés à notre opinion à tous que le bulldozer D9 de Caterpillar©, qui est utilisé en Terre Sainte dans le but abominable de démolir des maisons des Palestiniens, de déraciner les oliveraies et de détruire des infrastructures civiles, tient davantage de l'arme sadique entre les mains d'Israël que du matériel de construction.
Caterpillar© ne fait simplement plus bon effet sur la liste des investissements de l'Eglise.
La destruction totale de maisons de Palestiniens et la participation de Caterpillar© ne date pas d'aujourd'hui. Au camp de réfugiés de Jenine en mars-avril 2002, les énormes bulldozers blindés (conduits par des réservistes de l'armée) ont été à l'œuvre pendant 3 jours et trois nuits non-stop. Plus de 300 maisons dans le camp surpeuplé ont été rasées. Les conducteurs de bulldozers devenaient des héros instantanément et étaient couverts de médailles pour récompenser leur bravoure.
Un de ces conducteurs n'a pas quitté la cabine de son engin pendant 75 heures d'affilée.

"Pendant trois jours, je n'ai fait que détruire, encore et encore, tout le quartier. J'ai démonté toutes les maisons d'où partaient les tirs. Quand j'en démolissais une, il y en avait plusieurs autres qui tombaient avec. Les soldats avertissaient les habitants par mégaphone, ils disaient qu'il fallait qu'ils quittent les lieux avant que je commence, mais je ne laissais sa chance à personne.
Je n'attendais pas. Je défonçais la maison avec la puissance maximale pour la faire tomber le plus vite possible. Je voulais m'attaquer aux autres maisons. Pour en démolir le plus possible. D'autres se sont peut-être retenus, ou du moins, c'est ce qu'ils disent. Qui va les croire? Ceux qui étaient là, en voyant nos soldats dans les maisons, comprenaient que c'était très dangereux. J'en avais rien à faire des Palestiniens, mais je ne détruisais pas sans raison. C'étaient les ordres.
Il y avait beaucoup de gens à l'intérieur des maisons que nous devions démolir.
Ils sortaient des maisons que nous faisions tomber. Je n'ai pas vu de mes propres yeux de gens mourir sous la lame du D-9. Et je n'ai pas vu de maison s'effondrer sur des êtres vivants. Mais s'il y en avait, je m'en fichais bien. Je suis sûr qu'il y a eu des gens qui sont morts à l'intérieur de ces maisons, mais il était difficile de voir: il y avait énormément de poussière partout et nous travaillions beaucoup la nuit. J'ai ressenti de la jubilation pour chacune des maisons qui tombait parce que je savais que mourir leur importait peu, ce qui leur importait, c'était la maison. Si on démolissait une maison, on enterrait 40 ou 50 personnes pendant des générations.
S'il y a quelque chose que je regrette, c'est de ne pas avoir détruit le camp tout entier."

Selon Amnesty International, cette orgie de destruction en une seule fois est la plus importante qui ait été réalisée par l'armée israélienne. Le quartier al-Hawashin avait été entièrement détruit et deux autres secteurs du camp de réfugiés avaient été partiellement détruits, jetant à la rue plus de 800 familles, c'est-à-dire environ 4000 personnes.
La démolition des maisons est depuis le début la pierre angulaire de la solution d'Israël au "problème arabe", et les bulldozers ont parfaitement bien rempli leur rôle pour démanteler la société palestinienne et disloquer les communautés. Le Comité Israélien Contre les Démolitions de Maisons palestiniennes (l'ICAHD) indique qu'entre 1948 et les années 1960, Israël a détruit systématiquement 418 villages palestiniens dans ce qu'est devenu aujourd'hui l'Etat d'Israël. Les villageois qui avaient dû fuir n'avaient plus le droit de revenir et leurs terres avaient été données aux Israéliens.
La commune israélienne de Sderot, pour laquelle le monde est censé éprouver de la compassion, est construite sur des terres volées appartenant à un village palestinien qui a subi une épuration ethnique et a été rasé. Au début de l'Occupation en 1967, les démolitions étaient effectuées en franchissant la Green Line et en pénétrant en Cisjordanie, dans Jérusalem-est et à Gaza.
Depuis, 12.000 habitations de Palestiniens ont été détruites, dont beaucoup étaient les maisons de ceux qui avaient fui les bulldozers en 1948.
Des dizaines de maisons anciennes ont été détruites dans le quartier Mughrabi de la Vieille Ville de Jérusalem pour faire place à la construction d'une esplanade devant le Mur des Lamentations.
En 1971, Ariel Sharon, qui était à l'époque commandant en chef du front sud (Southern Command), a fait raser 2000 maisons dans les camps de réfugiés de Gaza pour faciliter les contrôles militaires. Quand il est devenu premier ministre, en 2001, il a dirigé la démolition de 1500 maisons supplémentaires à Gaza.
Au moins 2000 maisons ont été détruites dans les Territoires Occupés dans le but de réprimer la première Intifada à la fin des années 1980, début 90. Près de 1700 maisons ont été également détruites par l'administration civile au cours du processus de paix d'Oslo (1993-2000).
Depuis le début de la Seconde Intifada en septembre 2000, l'armée israélienne a détruit entre 4000 et 5000 maisons de Palestiniens, entre autres à Jenine, Naplouse, Ramallah, Bethlehem, Hebron et d'autres villes de Cisjordanie, et plus de 2500 à Gaza. Des dizaines de milliers d'autres ont été rendues inhabitables. En tout, environ 50.000 personnes se sont retrouvées sans toit. Des centaines de magasins, d'ateliers, d'usines et de bâtiments administratifs, dont les antennes du ministère de l'Autorité Palestinienne de toutes les villes de Cisjordanie, ont été détruits ou rendus inutilisables.
Les chiffres montrent que 60% des maisons démolies dans les Territoires Occupés l'auraient été par des bulldozers dans le cadre d"'opérations de nettoyage", 25% pour avoir été construites "illégalement" (sans permis de construire) et 15% par mesure de punition collective.
D'après un rapport d'Amnesty International, plus de 3000 hectares de terres cultivées ont été rasés au cours de la même période. Les puits, les réservoirs d'eau et les pompes à eau qui servaient à la consommation d'eau potable, l'irrigation et aux autres besoins de milliers de personnes, ont également été détruits, en même temps que des kilomètres de réseaux d'irrigation.
Ces chiffres ne prennent pas en compte la destruction injustifiée et non mesurable engendrée par les bombardements intensifs et implacables de Gaza le mois dernier.
Quand des maisons sont démolies pour des "motifs militaires" ou pour servir de mesures de dissuasion et de punition collective, il n'y a pas de procédure légale (pas d'ordre de démolition formel, pas d'avertissement, pas de délai pour récupérer les meubles ou les objets personnels, et souvent à peine le temps de fuir le bâtiment qui s'écroule autour des victimes).
Les ordres de démolition, quand ils sont émis, sont distribués aléatoirement. Un inspecteur du bâtiment peut aller frapper à la porte de la maison et le remettre à celui qui lui ouvre, même si c'est un enfant en bas âge. Le plus souvent, il est glissé sous la porte ou laissé sous une pierre près de la maison. Les Palestiniens se plaignent fréquemment de ne jamais recevoir l'ordre avant l'arrivée des bulldozers, ce qui empêche tout recours légal.

Pourquoi l'église anglicane a-t-elle mis autant de temps à réaliser le scandale Caterpillar©?

Stuart Littlewood est, entre autres, l'auteur du livre: "Radio Free Palestine", qui raconte le calvaire des Palestiniens sous l'Occupation.

Lien:
Le sionisme rend-il légitimes tous les actes de violence et d’injustice ?
Par Gideon Levy
Haaretz, 12 février 2009

Note perso

Je n'oublie pas pour autant qu'ici, en France, la situation, tout en n'étant pas aussi désespérée, certes, est au bord du précipice par la volonté d'un barbare.
Et qui multiplie les attaques tous azimuts contre les institutions. De façon irréversible. A croire qu'il est en mission commandée, puisque rien ne le fait dévier de l'objectif qu'il s'est fixé (ses "réformes"). Ni l'avis des experts, ni les exemples flagrants de la faillite de cette politique, ni les résultats catastrophiques de la politique, menée, depuis quelques années déjà, sous sa houlette, ni la colère des millions de citoyens.
Voyez le congé parental, par exemple.
Pas étonnant venant d'un homme robot sans figure dévoré par une ambition démesurée et une idéologie puante et qui ne fait semblant de s'intéresser aux enfants que pour mieux les détruire et détruire leur vie familiale, leur équilibre, leur éducation, leur avenir …
Autre exemple: la décision de supprimer tout ou partie de la taxe professionnelle – qui enlèvera au minimum 8 milliards d’euros aux collectivités locales.
Qui devront prendre encore l'argent aux pauvres. Ou les priver de prestations vitales.
Puis l'Education abattue au bulldozer à tous les étages.
Et aussi, la Recherche. Discours mensonger, de toute évidence écrit par un de ses idéologues et qu'il ne cherche même pas à lire correctement, comme si c'était accessoire, comme s'il condescendait à venir parler à la plèbe, mais qu'il n'avait pas à le faire, qu'il avait mieux à faire.
Mépris d'un minable inculte au sommet de son incompétence, porté par des cons.
Quand je pense que, selon les sondages, il en resterait encore plus de 30% à trouver qu'il mène une bonne politique!
Quelques exemples et tout le reste. Et puis tous ces rebuts de l'humanité dont il s'est entouré pour lui servir de laquais.
Ces gens-là sont finalement à l'image du monde que nous leur avons laissé fabriquer, tout occupés que nous étions (et sommes encore) à régler des querelles intestines accessoires et dérisoires.