Terrible pénurie de nourriture à Gaza après la destruction de terres agricoles par Israël

Les autorités annoncent la "destruction de tous les moyens de subsistance " qui, après ces 3 semaines d'assauts, a dévasté l'agriculture de la région.

La population de 1,5 million d'habitants de Gaza risque d'avoir à affronter une crise alimentaire à la suite de la destruction d'une grande partie des terres agricoles au cours de l'invasion israélienne.
Selon le Programme alimentaire mondial (le PAM), l'organisme d'aide alimentaire de l'ONU, et les autorités palestiniennes, entre 35% et 60% du secteur agricole ont été détruits au cours des trois semaines d'agression israélienne, qui est survenue après deux ans de siège économique.
Christine van Nieuwenhuyse, la directrice du PAM pour le pays a déclaré:

"Nous apprenons que 60% des terres agricoles au nord (où l'agriculture était la plus intensive) pourraient ne plus jamais être exploitables. C'est, à mon avis, catastrophique. Et ce ne sont pas seulement les terres qui ont été touchées, mais les élevages de volailles également.
Quand nous avons distribué des rations alimentaires à Gaza, il ne s'agissait pas de rations complètes mais de compléments alimentaires. Maintenant, il va être pratiquement impossible à Gaza de produire les besoins en alimentation de la population pour les 6 à 8 mois à venir, en espérant que le secteur agricole pourra effectivement être reconstitué. Nous allons désormais distribuer des rations complètes."

La FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) estime que 13.000 familles qui dépendent directement des ressources de l'élevage, de l'agriculture et de la pêche, ont subi des dégâts considérables.
"Avant le blocus et l'agression armée", explique Ahmad Sourani, directeur de l'Association pour le Développement de l'Agriculture à Gaza, qui gère des programmes avec des organisations caritatives telles "Christian Aid" de Grande Bretagne, "Gaza produisait la moitié de l'ensemble de ses besoins en alimentation. Aujourd'hui, ce chiffre est tombé à 25%. En outre, un quart de la population tire ses revenus de l'agriculture. Ce que nous avons constaté dans de grandes parties de terres agricoles, c'est la destruction de tout moyen de subsistance".

Nous avons constaté qu'un processus effroyable s'était mis en place où les agriculteurs sont contraints par la coercition d'abandonner la bande de terres proche de la frontière entre Gaza et Israël.
Avant 2000, nous pouvions nous approcher jusqu'à 50 m de la ligne de démarcation pour cultiver la terre. Après l'évacuation des colonies par Israël en 2005, l'armée israélienne a imposé une distance de 300 m. Bien que ces dispositions ne soient pas formelles, il y a maintenant des endroits, selon la situation, où les agriculteurs ne peuvent pas s'approcher de leur exploitation agricole sans se mettre en danger de mort si elle est à moins d'un kilomètre de distance de la ligne de démarcation. Il s'agit là de confiscation indirecte par intimidation. Ma crainte, c'est que cette situation risque de devenir pérenne de facto. Il ne faut pas oublier que 30% des terres les plus productives sont concentrées dans cette zone interdite."

La destruction massive d'exploitations agricoles, de serres, de bétail, d'élevages de poulets et de vergers a gravement affecté la production alimentaire, qui avait été déjà durement touchée par le blocus.
Une grande partie des constructions sérieusement endommagées au cours de l'opération "plomb durci" étaient des infrastructures agricoles. Le Ministère de l'Agriculture a été la cible de bombardements, la faculté agricole de l'Université d'al-Azhar à Beit Hanoun a été largement détruite et les bureaux des Comités palestiniens d'Aides agricoles à Zeitoun (qui distribuent des produits alimentaires à bas prix aux pauvres) a été vandalisé et mis à sac par les soldats qui sont partis en laissant des graffiti injurieux.
Même si les autorités internationales et locales n'ont pas encore dressé de bilan définitif, elles estiment actuellement que des dizaines, peut-être des centaines, de puits et de sources ont été endommagés et plusieurs centaines de serres ont été rasées, ainsi que 60.000 à 75.000 "dunums" sur les 175.000 dunums (22.000 hectares) de terres agricoles de Gaza ont subi d'importants dégâts.
Outre les dégâts matériels provoqués par les bulldozers israéliens et les divers bombardements, la terre a été contaminée par les munitions utilisées, parmi lesquelles le phosphore blanc, la destruction de canalisations servant à l'évacuation des eaux usées, les carcasses d'animaux et même l'amiante utilisé pour les toitures. Dans beaucoup d'endroits, les dégâts sont considérables. A Jabal al-Rayas, naguère petite localité rurale prospère, tous les bâtiments ont été détruits, et même le bétail a été tué et les carcasses abandonnées dans les champs.
A al-Atatra, Ahmad Hassan, 65 ans, régisseur d'un verger autrefois planté de centaines d'orangers et de citronniers, n'avait plus devant lui qu'une vaste étendue de terre rasée par les bulldozers. "Ici, il y avait le puits", dit-il, indiquant un amas de béton écrasé par un bulldozer. "Nous pouvons déblayer le champ en l'espace de deux semaines, mais après? Le puits n'existe plus. La pompe a été détruite. Et puis, où allons-nous trouver des arbres à replanter?
Van Nieuwenhuyse dit: "Déjà, le prix de la viande a triplé depuis le début de l'opération israélienne. Ce qui est plus inquiétant encore, c'est la situation concernant les légumes. Nous pouvons pallier le manque de protéines, mais avant cela, la population souffrait déjà de carences alimentaires. Maintenant, elle va devoir dépendre d'Israël".
C'est un point de vue que partage Hassan Abu Etah, le vice- ministre de l'agriculture à Gaza. "Il y a eu des dégâts énormes. Et qui affectent l'ensemble de la population, pas seulement les exploitants agricoles. Nous produisions une partie de nos besoins alimentaires. C'est à se demander si leur objectif n'est pas de transformer les producteurs de Gaza en consommateurs".
Dans le village de Khuza'a, près de Khan Younis, qui a été gravement endommagé, Salam Najar était chargé de la supervision de la zone interdite qui s'étend depuis les dernières maisons du village jusqu'à la limite où commencent les terres cultivées par les Israéliens. "La plupart des familles ici cultivaient les terres de ce côté-ci de la clôture. Plus personne ne se peut s'y rendre désormais à cause du danger que cela représente. Ils ont tout détruit".

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NB:
Je suis privée d'Internet depuis lundi 2 février (et toujours pas dépannée), par la grâce des incompétences cumulées, de la mauvaise volonté concernant le SAV, qui ne lui rapporte pas de pognon, de France Telecom, je répète: de FRANCE TELECOM. Ce billet, aurait dû être mis en ligne ce jour-là.
Je n'ai donc pas de nouvelles récentes (vu que je ne regarde pas la télé, ni écoute les radios d'Etat), et peut-être que, depuis, les choses ont évolué favorablement pour Gaza.
On peut toujours rêver.''__

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Note perso

Et voilà. A Gaza, ce n'est jamais fini. Le même cycle recommence.
A chaque nouvelle offensive, ce sont encore des pans du territoire des Palestiniens qui disparaissent. Les gens meurent, les maisons sont démolies, les infrastructures détruites. Il faut reconstruire sans savoir si ce qu'on vient de refaire va durer bien longtemps.
Va-t-on pouvoir garder sa maison ou bien sera-t-elle détruite au prochain bombardement ou par décision de l'Etat d'Israël sous prétexte qu'il n'a pas donné son aval à la construction?
Va-t-on pouvoir garder quelques souvenirs ou les bulldozers vont-ils tout raser à nouveau?
Et ces champs encore plantés d'arbres fruitiers ou de cultures diverses seront-ils saccagés, brutalement interdits d'accès ou seulement partiellement anéantis?
Combien encore de ces atrocités doivent-elles être commises avant qu'on parle de génocide?
Après le Hamas, quel épouvantail les pays occidentaux vont-ils sortir de leur chapeau pour justifier encore et toujours de ces assassinats?
Quoique. Il y a tout de même un petit frémissement, semble-t-il. Notre minisse des affaires étranges est fort vexé. La France, dans un effort de générosité, avait envoyé à Gaza une pompe à eau. Refus d'Israël de laisser passer la pompe française, qui a dû s'en retourner, penaude, d'où elle venait.
Colère du ministre qui a convoqué l'ambassadeur d'Israël.
Le gouvernement israélien doit avoir sacrément disjoncté pour oser se mettre à dos ses plus dociles serviteurs.
Une preuve de plus qu'il n'est pas là pour cirer les pompes.
Je ne connais pas la suite de cette affaire. Mais cela n'est sans doute même plus un incident diplomatique. Ceux qui plient l'échine devant les puissants et n'ont que mépris pour les faibles ont aussi la m"mémoire courte quand il s'agit des premiers.

Mais où est donc la gauche?

Quant à la "blogosphère de gauche", il y a eu, curieusement, beaucoup de non-dits concernant cette offensive. Entre ceux qui n'en ont pas du tout parlé et ceux qui ont parlé d'autres conflits, suggérant qu'on en faisait beaucoup trop sur celui-ci alors qu'il n'y avait qu'un petit millier de morts de rien du tout, ce fut très révélateur.
Cette gauche-là, s'indignerait-elle aujourd'hui du sort des Indiens d'Amérique, des massacres qui ont été perpétrés contre eux, puis de la lente destruction des survivants, confinés dans des réserves arides et dépendant de la loi de leurs exterminateurs? Des Indiens privés de la liberté de circuler sur leur territoire et de leurs moyens de subsistance, à savoir essentiellement la chasse et la pêche.
Il est vrai que pour eux non plus, on n'a pas parlé de génocide. On s'est même acharné pendant des générations à les montrer comme des êtres frustes, cruels, prêts à tout et adorant des dieux improbables.
La nouvelle gauche n'est-elle finalement préoccupée que de ses petits problèmes quotidiens et est-elle incapable d'intégrer autre chose que ce qui la touche personnellement?
Ce n'est pas la peine de s'offusquer de ce que dit et fait le minus ou un autre pitre de son clan si on n'est pas capable de voir que ce qui s'est passé à Gaza est, à échelle mondiale, le reflet (porté à son paroxysme) de la politique menée ici en France et que c'est autrement plus grave, car, contrairement à la Seconde Guerre Mondiale, il ne s'est trouvé personne parmi les dirigeants des pays occidentaux pour s'élever contre cette infamie, bien au contraire.
Un tel consensus pour des massacres commis sur une population parquée, traquée et sans défense est fort inquiétant.
Inquiétant de la part de ces gens qui nous gouvernent – et qui sont tous manifestement sans foi ni loi - inquiétant que les populations soient à leur merci et inquiétant pour l'avenir de la gauche en France qui en est toujours à couper les cheveux en quatre.
En se taisant, ceux qui ont accès à l'information (et auraient dû la diffuser) acceptent de facto que s'instaure un nouvel ordre mondial avec les forts dominant inévitablement les faibles, enterrant, de fait, les principes inscrits dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, rédigée à l'issue de la Seconde Guerre Mondiale à la suite des horreurs perpétrées dans d'autres camps de l'horreur.
Et si la gauche n'est pas capable de se rassembler autour de valeurs fondamentales telles que celles-là, elle ne sera capable de se rassembler sur rien (enfin, je dis ça, mais c'était déjà clair pour moi).
A bon entendeur…

Petit rappel:

C'était il y a soixante ans.

Article 1. Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.
Article 2. Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.
Article 4. Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude ; l’esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.

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Article 13. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat.

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Article 25. Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux …
Article 26. Toute personne a droit à l’éducation. L’éducation doit être gratuite au moins en ce qui concerne l’enseignement élémentaire et fondamental.
L’enseignement élémentaire est obligatoire.
L’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

J'en passe.