Epilogue (temporaire)

Malgré l'acharnement des médias pro israéliens mondiaux, malgré les mensonges, la désinformation, les omissions, les silences des responsables politiques de la planète, à l'exception d'Hugo Chavez au Venezuela (je répète: du Ve-ne-zue-la), d'Evo Morales en Bolivie (la Bolivie allant jusqu’à demander des sanctions pour crime contre l'humanité), des dirigeants de Maurice, du Quatar, de la Mauritanie, du Sénégal (et peut-être d'autres);
Malgré plus de 1300 morts à Gaza, et plus de 5.300 blessés, dont certains dans un état critique ou mutilés ou handicapés à vie, au bout de trois semaines de bombardements aériens intenses, d'attaques terrestres avec des moyens ultra-sophistiqués et "disproportionnés", comme ils disent (côté israélien, 10 militaires et trois civils sont morts durant la même période, victimes de tirs de roquettes sur le sud d'Israël ou tués dans les combats dans la bande de Gaza, certains par leurs propres troupes – c'est dire si leurs moyens de "défense" sont efficaces et s'ils n'ont besoin de personne pour jouer les Terminator);
Malgré tout cela, les Palestiniens ont, une fois de plus, résisté, le gouvernement israélien ayant décidé samedi 17 janvier d'un "cessez-le-feu unilatéral" (whatever that means).
Suivi, le dimanche, par l'annonce d'un cessez-le-feu, unilatéral également, par le Hamas.

Il y a quelque chose qui me chiffonne, toutefois. Je sais pas vous?
Otez-moi d'un doute: quand un boxeur retourne dans son coin et jette l'éponge, c'est bien lui qui est déclaré perdant, non?
Y a-t-il des cas où cela a été le contraire, surtout, me semble-t-il, si le boxeur en question, catégorie poids lourds, avait des gants bourrés de plomb et son adversaire, poids plume, se battait les mains nues, ce qui, déjà, en boxe doit être extrêmement rare, puisque, apparemment, ils s'efforcent de respecter les règlements de base (j'ai dit"de base", ne venez pas chipoter!)?
Et même si la boxe, c'est pas joli-joli au départ, comme idée.
Eh bien, là, non, apparemment.
Le boxeur aux gants de plomb annonce au monde entier qu'il arrête parce qu'il a "pratiquement réalisé ses objectifs" (ayant massacré au passage 65 à 80% du public venu applaudir "poids plume") - et la cohorte d'arbitres qui suivaient tous le match comme le lait sur le feu en répétant comme un leitmotiv "tut, tut, allons, voyons, pas sous la ceinture, on t'a déjà dit!", opine.
Pourquoi, vous voyez les choses autrement, vous?
Je récapitule.
D'abord, Pitre Numbeur Ouane s'est arrogé la direction des opérations, question de laisser croire qu'il est l'artisan de la paix. Postulerait-il pour le Nobel de la paix, comme Kissinger, Perez et d'autres bouffons ?

Profitant de la morte saison aux US (Bush, "canard boiteux", étant en instance de départ), il s'était précipité au MO, de sa propre initiative et sans légitimité aucune, sauf d'être redevenu le gouverneur de la province France, pour rencontrer le président égyptien Hosni Moubarak.
Et ça a donné quoi?
Outre l'appel conventionnel et incontournable à un cessez-le-feu et à un retour à la "raison" - de part et d'autre (évidemment, question de "neutralité"), le président égyptien aurait été poussé par le gardien de la paix hexagonal à s'engager à … rendre imperméable "le couloir de Philadelphie" (dixit ce dernier), qui marque la frontière entre l'Egypte et le sud de la bande de Gaza.
Car, l'"arrêt de la contrebande d'armes à destination du mouvement islamiste palestinien Hamas par cette frontière, via une série de tunnels, est une des garanties exigées par Israël". Eh, oui, le criminel "EXIGE" et on obtempère. Le nouvel ordre mondial, sans doute.
Le chef de l'Etat égyptien a également demandé l'arrêt des tirs de roquettes par le Hamas sur le territoire israélien.
On voit bien où sont les priorités.
D'ailleurs, le négociateur unilatéral autoproclamé s'est ensuite rendu en Israël pour raconter ses succès égyptiens aux dirigeants du pays, négligeant, évidemment de se salir les mains à aller rencontrer dans un trou à rat le Hamas, groupe illégitime, fruste et vulgaire.
Ah, oui, j'oubliais, un service minimum a aussi été assuré en faveur des Palestiniens: 3h de quasi-interruption des bombardements pour laisser passer l'aide humanitaire à Gaza.
Une grande victoire: les Gazaouis pouvaient, ainsi, ramasser à la va-vite ceux de la première fournée de morts (un peu plus de 500 à l'époque) et de blessés auxquels ils n'avaient pas pu avoir accès.
Hop, Hop! Juste à temps pour profiter à nouveau d'un bon déluge de bombes.
Ca, c'était autour du 6/7 janvier 09.
Mais tant qu'on gagne, on joue. Pas question de lâcher sa place devant la machine à sous.
Les bombardements et les attaques sur le terrain se poursuivront avec le même enthousiasme pendant près dix jours encore.
Au bout de 22 jours de ce traitement, un sommet international s’est tenu à Charm-el Cheikh, sous les cocotiers (c'est une image!), organisé par l'Égypte et rassemblant une demi-douzaine de dirigeants européens, le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas (Tiens? Qu'est-ce qu'il foutait là?), un représentant de la Ligue arabe et le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.
Une rencontre co-présidée par le président égyptien Hosni Moubarak et … le président français (encore lui… Grâce sans doute à sa précédente victoire éclatante. Le Nobel, je vous dis. Pas moins, sinon rien, ce serait mesquin).
Les trois grands pitres européens (Fr, GB et D) devaient ensuite s'en aller rencontrer Olmert (qui, je le rappelle ,est tout de même accusé de corruption et devait démissionner en septembre 2008, bah, une broutille, on va pas se fâcher pour ça).
Le Hamas? … Qui?
On ne parle pas aux terroristes, nous môssieur!

Qu'en est-il donc ressorti de marquant de ce sommet?
Qu'il fallait que les hostilités cessent. Bien.
Retrait des troupes israéliennes et arrêt des bombardements. Parfait.
Bon, ça, c'est pour l'enrobage. Service minimum. Israël en fera ce qu'il voudra.
D'ailleurs, au moindre bruit de roquette, attention, on revient!
"Nous allons garder le doigt sur la gâchette et le Hamas le sait. Si les islamistes relèvent la tête, nous agirons avec force", a déclaré Tzipi Livni, ministre des affaires étrangères.
Et puis : Israël refuse de se laisser dicter sa conduite en ce qui concerne le désenclavement de la bande de Gaza. "Nous stopperons la terreur et nous empêcherons le Hamas de se réarmer, sans aucun compromis", a fait savoir le premier ministre, Ehoud Olmert (le sursitaire). "Je ne veux aucune pression dans le temps et aucune pression internationale qui puissent nous empêcher d'atteindre ces objectifs. Je ne suis pas pressé", a-t-il ajouté. (oui, bon, là, il en fait un peu trop personnellement). Qu'est-ce que je disais, hein?
Israël a refusé la trêve d'un an renouvelable offerte par le Hamas, le retrait immédiat des soldats et la réouverture des points de passage afin de mettre fin au blocus de la bande de Gaza.
Message reçu cinq sur cinq.
Et ils auraient tort de se gêner puisque, comme l'a dit le nobélisable: "Mais les amis doivent se dire les choses", tout en dénonçant la "faute initiale" du Hamas, dont les tirs de roquettes contre Israël ont été l'élément déclencheur de la crise actuelle (au passage, vous l'aurez remarqué, dans ce sommet, que des "amis", enfin, des "amis" comme on le conçoit entre oligarques). Allez, la rengaine sur c'est le Hamas qui a commencé. Ne pas oublier de répéter les mensonges. Ils font plus vrais
Les autres dirigeants européens ont dit la même chose grosso modo et promis de contribuer à l'arrêt du trafic d'armes qui aurait lieu dans ces fameux tunnels qui sont finalement la cible privilégiée et quasi-unique de tous ces charlots, tout en invitant les dirigeants israéliens à lever leur blocus de la bande de Gaza.
C'était évidemment le plus urgent. J'espère qu'ils ont bien été reçus, au moins, chez Moubarak et que le repas était comestible et digeste.
Ce qui est tout de même l'essentiel quand on a fait un grand voyage.

"Toute l'Europe ne transigera pas sur le droit à la sécurité de l'Etat d'Israël", a déclaré à la presse Nobel number One en présence d'Ehud Olmert et des chefs de gouvernement allemand, britannique, espagnol, italien et tchèque, les benito-oui-oui.
Ah, et puis, enhardi par cette âpre et glorieuse victoire, Israël a trouvé une autre exigence:
Le porte-parole d'Ehoud Olmert, Mark Regev, a déclaré à la chaîne de télévision britannique Sky News que le blocus ne cessera pas tant que le soldat israélien Gilad Shalit, enlevé lors d'un raid transfrontalier en 2006, ne sera pas libéré par ses ravisseurs.
Il faut sauver le soldat Gilad, ça mange pas de pain et puis, le Hamas traîne sacrément la patte là.
Quid de tous les Palestiniens (dont des élus au parlement) emprisonnés arbitrairement en Israël, du franco-palestinien, Salah Amouri dont la France se fiche comme de sa première garde à vue?
Vous n'avez pas encore compris? Uni-la-té-ral qu'on vous a dit!
Allons bon! D'accord, mais ... à ce point!

Et les Palestiniens, me direz-vous, dans tout ça?

Bof, pour ce qu'il en reste! Et puis, ils avaient qu'à bien voter! Mais, ça, c'est pas récent, y avait pas il y a peu, d'autres dirigeants qui ont été baladés pareil? Non?

Tu la vois, ma main? Et mon pied, tu le vois, mon pied?

Eh, oui, vous l'aurez compris, ce qu'exige le Hamas, à savoir: fin du blocus et ouverture des points de passage, ça, ce n'est pas à l'ordre du jour.
Car, imaginez-vous que le Hamas s'est dit prêt dans un communiqué à «coopérer à tous les efforts, particulièrement ceux de l'Égypte, pour parvenir à un accord définitif qui satisferait ses revendications consistant en une levée permanente du blocus et l'ouverture de tous les points de passage».
Oulah! Autant dire des prétentions sans bornes ni limites, quoi!

Comment peut-on parvenir à la paix au Moyen-Orient sans ouvrir des discussions avec le Hamas ?
Le chantre hexagonal de la paix, de la liberté et de la justice nous donne l'explication, limpide : « Si on discute avec le Hamas maintenant, ça veut dire qu’on met le Hamas sur le même plan qu’Israël et alors le cessez-le-feu n’est plus possible », affirmant que : « les pays européens sont prêts à aider Israël et l’Égypte à lutter contre la contrebande d’armes pour recréer de la confiance en mettant à leur disposition tous les moyens techniques, diplomatiques et militaires, notamment navals ».
(Oui, oui, la contrebande. On sait, c'est horrible. Même si, vu le nombre de victimes côté israélien, on se demande si elles sont si terribles que ça, ces armes. Mais ne le dites pas, vous leur briseriez leur rêve aux émissaires de paix).
Et, à ses yeux, tout dialogue avec le Hamas équivaudrait à « tuer politiquement » le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.
Un hic, toutefois: c'est le Hamas qui a été élu en Palestine. Abbas, encore plus discrédité après tout cela, n'est qu'une marionnette destinée à laisser croire qu'on cherche à dialoguer avec quelqu'un.
Un détail de l'histoire pour notre démocrate national, qui est prêt à réécrire toute l'histoire, que ce soit de France ou du monde, à sa façon.
Mais, ils ne se foutraient pas ouvertement de notre gueule, des fois?

Des milliers de morts et de blessés palestiniens, des centaines de milliers de manifestants dans le monde entier plus tard, et tout ce dont ils ont accouché, c'est: surveiller que les Palestiniens ne puissent pas sortir de leur trou à rat et empêcher la "contrebande d'armes" dans leur rêve.

Fin du blocus? On va voir, si on veut, quand on veut, mais probablement pas.
Ouverture des points de passage? Vous rigolez? Retournez d'abord en prison et après on avise.
Si, toutefois, ça renâcle encore côté opinion internationale.
Des sanctions pour l'agresseur, peut-être? Pour l'empêcher d'aller à nouveau massacrer des familles entières juste pour tester ses armes?
Quoi! Des sanctions pour la plus grande démocratie du Moyen Orient? Vous n'y pensez pas!
Immobiliser les chars, les avions de chasse? Confisquer les bombes au phosphore et les missiles? Où donc avez-vous la tête, mon brave? Israël a le droit de se défendre et le fera jusqu'au bout.
Jusqu'à la mort.
Du dernier d'entre vous.

C'est bien ce que je disais: au jeu de l'oie de Gaza, la rue de la Paix n'a jamais existé.
Il n'y a qu'une seule case, d'ailleurs: la prison.

LIENS: A lire absolument:

Gaza : Une diplomatie internationale complice du carnage par Silvia Cattori

Guerre à Gaza - Choisir son camp
Extraits: "

Le gouvernement, relayé par les médias, en appelle, lui, à ne pas « importer en France » un conflit extérieur, pour éviter l'engrenage de la violence. L'UMP, de son côté, a mis en garde les responsables politiques « qui jouent aux apprentis sorciers en prenant fait et cause pour tel ou tel camp ».
"Voilà qui est clair : prendre parti, choisir son camp, ce serait prendre le risque de déclencher la violence... du moins quand on est solidaire du peuple palestinien. Le gouvernement est parfaitement hypocrite : malgré ses discours sur la paix au Proche-Orient, il est, de fait, du côté de l'État israélien dont il justifie la violence terroriste comme nécessaire à la protection de sa population. Au nom du refus de la violence, le gouvernement veut en réalité stigmatiser ceux qui protestent contre la politique israélienne et leur faire porter la responsabilité d'éventuels dérapages. Dans la foulée, il appelle à la rescousse tous les rabbins, imams et curés, soi-disant pour calmer le jeu, les présentant comme les interlocuteurs privilégiés des diverses communautés." … Sylvie MARÉCHAL (LO)

Et aussi:

Histoire de la Palestine