Moi, Gilad Atzmon, musicien de jazz, israélien et humain du monde.
Par emcee le jeudi 15 janvier 2009, 01:21 - Moyen Orient - Lien permanent
Gilad Atzmon est un saxophoniste renommé.
Né en Israël dans une famille sioniste laïque, il réalise un jour le traitement
qu'inflige aux Palestiniens son propre pays. A partir de là, son souci sera
d'aller transporter ailleurs, à Londres, New York ou Paris, sa musique, son
humour et son pays, la Palestine.
Il finira par atterrir à Londres.
Ecoutez la musique de ses mots - enfin, ce que j'ai pu en tirer de mon saxo
rouillé.
Je vous ferai grâce d'une interprétation d'un de ses morceaux au saxo. Allez
donc plutôt écouter les originaux dont vous trouverez certains en lien en fin
de billet.
La musique a cela de magique qu'elle est universelle et n'a pas besoin d'être
traduite par des béotiens ...
(Merci à Pièce Détachée qui m'a permis de mieux connaître ce personnage attachant).

La primauté de l'oreille
De la musique à l'éthique
Introduction (extraits)
La même question revient fréquemment quand je suis interviewé par des médias
arabes: "Gilad, comment se fait-il que vous perceviez ce que beaucoup
d'Israéliens refusent de voir?".
Pendant de nombreuses années, je n'avais aucune réponse à apporter. Cependant,
j'ai réalisé récemment que cela a probablement un rapport avec mon saxophone.
C'est la musique qui a modelé ma vision du conflit israélo-palestinien et qui a
formé ma critique de l'identité juive.
Aujourd'hui, je vais vous parler du parcours de la musique jusqu'à
l'éthique.
La vie, on le sait, prend tout son sens quand on la passe en revue du moment
présent en remontant jusqu'à son origine.
Et c'est pourquoi, je vais tenter d'analyser ma propre lutte contre le sionisme
à la lumière de mon évolution en temps que musicien. Et vous parler des
blocages que je faisais naguère avec la musique arabe.
C'est, en quelque sorte, l'histoire de ma vie jusqu'à aujourd'hui (du moins
l'une d'elles).
***
J'ai été élevé en Israël dans une famille laïque et, disons-le, sioniste.
Mon grand père était un ancien terroriste, d'une poésie charismatique, ancien
officier supérieur de l'organisation terroriste de droite Irgoun. Je dois admettre qu'il a eu
une énorme influence sur moi quand j'étais jeune.
Sa haine de tout ce qui n'était pas juif était son inspiration majeure.
Il haïssait les Allemands, et donc, il avait interdit à mon père d'acheter une
voiture allemande. Il méprisait également les "Brits" parce qu'ils
avaient colonisé sa "Terre Promise".
Je suppose qu'il ne haïssait pas les Brits autant que les Allemands parce qu'il
avait autorisé mon père à conduire une vieille Vauxhall Viva.
Il était également plutôt remonté contre les Palestiniens pour s'être installés
sur des terres dont il était sûr qu'elles lui revenaient à lui, et à son
peuple.
Assez souvent, il disait, à propos des Palestiniens: "Ces Arabes, ils ont
des tas de pays, pourquoi faut-il qu'ils viennent se mettre juste à l'endroit
où nous voulons vivre?"
Mais plus que tout au monde, mon grand père détestait les Juifs de
gauche.
Cependant, il est important de noter que, dans la mesure où les Juifs de gauche
n'ont jamais produit de voiture, cette haine particulière ne s'est pas traduite
par des conflits d'intérêts entre mon père et lui.
Adepte de Zeev Jabotinsky, mon grand père, s'était rendu à l'évidence que la
philosophie de gauche et le système de valeurs juif étaient une contradiction
en soi.
Ancien terroriste de droite en même temps que Juif tribal sûr de sa
supériorité, il savait parfaitement que le tribalisme ne peut pas cohabiter
pacifiquement avec l'humanisme et l'universalisme.
Suivant les préceptes de son mentor, Zeev Jabotinsky, il croyait en la
philosophie du *"Mur de Fer". Il partait du principe que les Arabes
devaient être combattus avec bravoure et férocité. Citant l'antienne du Bétar,
il aimait à répéter :"Dans le sang et la sueur, nous construirons notre
race".
Mon grand père croyait en une race juive, moi aussi quand j'étais très
jeune.
Comme mes pairs, je ne voyais pas les Palestiniens autour de moi. Ils étaient
là pourtant, c'est sûr: ils réparaient la voiture de mon père pour moitié prix,
ils construisaient nos maisons, ils ramassaient nos ordures, ils trimbalaient
les cartons dans les petits commerces locaux, mais ils disparaissaient toujours
juste avant le coucher du soleil pour réapparaître le lendemain à l'aube. Ils
ne se mêlaient jamais à nos activités. Nous ne comprenions pas vraiment qui ils
étaient et ce qu'ils représentaient. La suprématie était, sans aucun doute,
infuse chez nous au plus profond de nos êtres et nous regardions le monde à
travers le prisme du racisme et du chauvinisme.
A l'âge de 17 ans, je me préparais à effectuer mon service militaire
obligatoire dans l'IDF (Israel Defense Forces). Adolescent bien bâti,
imprégné de l'âme sioniste et immergé dans le pharisaïsme, j'étais destiné à
être incorporé dans une unité spéciale de sauvetage de l'Armée de
l'Air.
Mais c'est alors que s'est produit l'imprévisible.
Dans une émission de radio tardive, j'ai entendu des morceaux de l'album "Bird
(Charlie Parker) with
Strings"
J'étais sonné. C'était, de loin, plus pur, plus poétique, plus sentimental
et cependant plus fou que tout ce qui m'avait été donné d'entendre jusqu'à
présent. Mon père écoutait Bennie Goodman et Artie Shaw, qui étaient tous deux
plaisants à écouter, et jouaient fort bien, ma foi, de la clarinette, mais
Bird, c'était une toute autre histoire. C'était une féerie jouissive d'esprit
et d'énergie à lui tout seul.
Le lendemain, je décidais de manquer l'école pour me précipiter à Piccadilly
Record, le plus grand magasin de musique de Jérusalem. Dans la section jazz,
j'achetais tous les albums de be-bop que j'avais trouvés dans les rayons (en
tout, deux albums, je crois).
C'est une fois dans le bus, en rentrant chez moi, que j'ai réalisé que Bird
était noir, en réalité. Cela ne m'a pas totalement surpris mais c'était une
sorte de révélation: dans mon univers, seuls les Juifs étaient associés avec ce
qu'il y avait de bien sur terre. Bird, c'était le début d'une
aventure.
A l'époque, comme mes semblables, j'étais persuadé que les Juifs étaient
effectivement le peuple élu. Ma génération avait été élevée avec, à l'esprit,
la victoire magique de la Guerre des Six Jours, nous étions complètement sûrs
de nous.
Comme nous étions laïcs, nous associons chaque succès à nos qualités
toutes-puissantes. Nous ne croyions pas en l'intervention divine, nous croyions
en nous.
Nous croyions que notre force émanait de notre essence hébraïque
ressuscitée.
les Palestiniens, de leur côté, nous servaient docilement et il ne semblait pas
à l'époque que cette situation allait changer un jour. Ils ne montraient aucun
signe de rébellion collective. Les attaques sporadiques soi-disant
"terroristes" nous donnaient le sentiment d'être vertueux, et nous
enflaient du désir de nous venger.
Mais d'une certaine façon, au milieu de cette fantasia de sentiment de
supériorité, à ma grande surprise, j'avais quand même fini par réaliser que les
gens qui me procuraient le plus de plaisir étaient une bande de Noirs
américains. Des gens qui n'avaient rien à voir avec le miracle sioniste. Des
gens qui n'avaient rien à faire dans ma propre tribu sectaire et
chauvine.
Il ne m'a pas fallu plus de deux jours pour louer mon premier saxo. Le saxo est
un instrument dont on apprend vite les rudiments … si vous ne me croyez pas,
demandez à Bill Clinton.
Cependant, aussi facile qu'il soit d'en jouer, de là à jouer comme Bird ou
Cannonball, cela me semblait mission impossible. Je me suis mis à m'exercer
jour et nuit, et plus je jouais, plus je me sentais écrasé par la réussite
extraordinaire de cette famille géniale de musiciens noirs américains, une
famille que je commençais à bien connaître désormais.
En l'espace d'un mois, j'avais découvert Sonny Rollins, Joe Henderson, Hank
Mobley, Monk, Oscar Peterson et le Duke, et plus je les écoutais, plus je me
rendais compte que mon éducation initiale "judéo-centrique" était complètement
erronée. Au bout d'un mois passé avec le saxo vissé aux lèvres, mon
enthousiasme sioniste s'était complètement évaporé.
Au lieu de rêver de piloter des hélicos au-dessus des lignes ennemies, je
commençais à m'imaginer vivant à New York, Londres ou Paris. Tout ce qui
m'intéressait, c'était avoir une chance d'aller entendre les grands noms du
jazz, et dans les années 1970, il y en avait encore beaucoup dans le
circuit.
Actuellement, les jeunes qui veulent faire du jazz vont généralement s'inscrire
dans une école de musique, or, à mon époque, c'était tout à fait différent.
Ceux qui voulaient faire de la musique classique entraient dans un
conservatoire, mais ceux qui voulaient jouer pour le simple plaisir de faire de
la musique restaient chez eux et jouaient non stop. D'autre part, vers la fin
les années 70, il n'y avait pas de cours de jazz en Israël et, à Jérusalem, ma
ville natale, il n'y avait qu'un club de jazz.
C'était le Pargod, et il était installé dans les locaux d'anciens Bains Turcs
rénovés. Le vendredi après-midi, ils organisaient un bœuf, et pour mes deux
premières années de jazz, ces bœufs étaient l'essence même de mon existence.
J'avais, littéralement, arrêté tout le reste et ma seule activité consistait à
m'entraîner jour et nuit pour me préparer à la session suivante. J'écoutais de
la musique, je retranscrivais certains grands solos, il m'est même arrivé de
jouer en dormant.
J'avais décidé de consacrer ma vie à faire du jazz, acceptant l'idée qu'en tant
qu'Israélien et blanc, mes chances d'arriver au sommet étaient plutôt minces.
Sans m'en rendre compte, à l'époque, ma passion naissante pour le jazz avait
englouti mon sectarisme sioniste. Sans m'en rendre compte, je m'étais
débarrassé de ce truc sur "le peuple élu". J'étais devenu un être
humain ordinaire. Ce n'est que des années plus tard que j'ai compris que c'est
le jazz qui m'avait permis d'échapper à tout ça.
En l'espace de quelques mois, je me suis senti de plus en plus déconnecté de la
réalité qui m'entourait, me considérant comme le membre d'une famille bien plus
large et bien plus géniale.
Une famille d'amateurs de musique, une bande de gens adorables qui
s'intéressaient à la beauté et l'esprit au lieu de territoires et
d'occupation.
Mais, il me restait toujours à effectuer mon service militaire. Si les
générations suivantes de musiciens de jazz israéliens se soustrayaient aux
obligations militaires en s'enfuyant à New York, la Mecque du jazz, pour un
jeune garçon comme moi, d'origine sioniste à Jérusalem, il n'y avait pas
d'alternative possible, d'ailleurs, cette éventualité ne m'avait même pas
effleuré.
En juillet 1981, je me suis engagé dans l'armée israélienne, mais, je suis
fier de dire que dès le premier jour, j'ai tout fait pour éviter tout appel du
devoir.
Non pas que j'étais pacifiste, ni que je me souciais beaucoup du sort des
Palestiniens, ni encore que j'étais porté par une passion secrète pour la paix,
non, tout simplement parce que j'adorais me retrouver seul avec mon
saxophone.
Quand a éclaté la première guerre du Liban, cela faisait un an que j'étais à
l'armée. Pas besoin d'être un génie pour deviner la vérité, je savais que nos
dirigeants mentaient. Chaque soldat israélien se rendait bien compte que cette
guerre était une agression de la part d'Israël.
Personnellement, je n'étais plus du tout attaché à la cause sioniste. Je
n'avais plus le sentiment d'en faire partie. Cependant, ce n'était toujours ni
la politique ni le sens moral qui me motivaient, c'était mon désir d'être seul
avec mon saxo. Faire des gammes à la vitesse de la lumière me semblait bien
plus important que de tuer des Arabes au nom de la rédemption des Juifs. Et
c'est ainsi qu'au lieu de m'évertuer à devenir un tueur patenté, je concentrais
tous mes efforts à essayer de me faire engager dans une des fanfares
militaires.
Il m'a fallu plusieurs mois pour y arriver, mais j'ai réussi à atterrir en
douceur dans l'orchestre de l'armée de l'air israélienne (Israeli Air Force
Orchestra - IAFO). Il n'y avait que deux possibilités pour intégrer l'IFAO:
soit on avait décelé en vous un musicien de jazz au talent prometteur, soit
vous étiez le fils d'un pilote mort en mission.
Le fait d'avoir été admis, sachant que mon père était encore de ce monde, m'a
pour la première fois conforté dans l'idée que j'avais peut-être du
talent.
A ma grande surprise, aucun des musiciens de l'orchestre n'était un passionné
d'armée.
Nous ne nous intéressions qu'à une chose: développer notre talent musical
personnel.
Nous détestions l'armée et il n'a pas fallu bien longtemps pour que je me mette
à haïr l'état qui avait une si grande armée avec des forces aériennes si
importantes qu'elle avait besoin d'un orchestre qui m'empêchait de m'exercer
24h sur 24 et 7 jours sur 7.
Quand on nous faisait venir pour jouer lors d'une manifestation militaire, nous
nous efforcions de jouer le plus mal possible de façon à ne plus jamais être
réinvités. C'est au sein de l'orchestre que j'ai appris à être subversif.
Comment détruire le système afin d'atteindre la perfection pure au niveau
personnel.
A l'été 1984, juste trois semaines avant de me débarrasser de mon uniforme
militaire, nous avons été envoyés au Liban pour une tournée de concerts. A
l'époque, le Liban était un endroit très dangereux et l'armée israélienne était
installée dans des bunkers et des tranchées profondément enfouis pour éviter
tout contact avec la population locale.
Le deuxième jour, nous sommes arrivés à Aszar, un camp de concentration
israélien de sinistre réputation installé sur le territoire libanais.
Et c'est l'événement qui a changé ma vie.
Il faisait une chaleur d'étuve en ce début de juillet. Un chemin de terre
poussiéreux nous a conduits jusqu'à l'enfer sur terre. Un immense centre de
détention entouré de barbelés. Pour aller jusqu'au quartier général du camp,
nous avons dû passer devant des milliers de détenus à la peau brûlée par le
soleil.
C'est difficile à croire, mais les orchestres militaires sont toujours bien
accueillis. Une fois arrivés devant le QG des officiers, nous sommes allés
faire un tour guidé du camp. Nous avancions le long d'interminables grillages
de barbelés et de miradors. Je n'en croyais pas mes yeux.
Qui sont ces gens?, ai-je demandé à l'officier-guide.
Ce sont des Palestiniens, m'a-t-il répondu. Ici, à gauche, vous avez les OLP et
là, à droite, les "Ahmed Jibril" (le FPLP, Front populaire de la Palestine),
ils sont beaucoup plus dangereux que les autres alors, on les isole.
J'ai regardé les détenus et ils avaient l'air totalement différents des
Palestiniens que je rencontrais à Jérusalem. Ceux que je voyais à Ansar étaient
en colère. Ils n'étaient pas vaincus et ils étaient nombreux.
En avançant le long des barbelés, je regardais fixement ces détenus et j'ai
alors réalisé l'atroce vérité: j'étais vêtu de l'uniforme de l'armée
israélienne. Alors que je pensais à mon uniforme, essayant de régler le
terrible sentiment de honte naissante, je me suis retrouvé sur un grand terrain
plat au milieu du camp. Nous nous sommes arrêtés là, entourant l'officier qui
nous servait de guide, et qui nous donnait d'autres informations, d'autres
mensonges sur la guerre en cours pour défendre notre havre juif.
Pendant qu'il nous ennuyait à mourir avec ses mensonges absurdes, j'ai remarqué
que nous étions entourés d'une vingtaine de blocs de béton d'environ un mètre
carré de superficie sur un mètre trente de hauteur. Il y avait une petite porte
métallique et j'étais horrifié à l'idée que mon armée avait peut-être décidé
d'enfermer pour la nuit dans ces constructions les chiens de garde. Mettant mon
"chutzpah" israélien en action, j'ai demandé au guide à quoi servaient
ces horribles cubes de béton.
Il a répondu aussitôt: "Ca? ce sont nos cellules d'isolement, deux jours
dans une de ces cellules et vous êtes plus sioniste que les
sionistes".
C'en était trop pour moi. C'est donc dès 1984 que j'ai réalisé que ma
relation avec l'état israélien et le sionisme était terminée.
Et pourtant, je ne connaissais pas grand-chose de la Palestine, de la Nabka ou
même sur le judaïsme et la judéité. J'ai seulement réalisé qu'en ce qui me
concernait, Israël, c'était pourri et je ne voulais plus rien avoir à faire
désormais avec ce pays.
Deux semaines plus tard, je rendais mon uniforme, j'attrapais mon saxo alto, je
prenais la navette pour l'aéroport Ben Gourion et je partais pour l'Europe
pendant quelques mois.
A l"âge de 21 ans, j'étais libre pour la première fois. En décembre, comme il
faisait trop froid, je suis retourné chez moi avec la ferme intention de
revenir en Europe.
Il m'a fallu attendre encore 10 ans avant de pouvoir quitter Israël
définitivement.
A cette époque, je commençais à en apprendre de plus en plus sur le conflit
israélo-palestinien, sur l'oppression. Je commençais à accepter le fait que je
vivais sur le territoire de quelqu'un d'autre. Je commençais à intégrer le fait
terrible qu'en 1948, les Palestiniens ne voulaient pas réellement partir de
leur plein gré, mais qu'ils avaient subi une épuration ethnique brutale de la
part de mon grand père et ceux de son espèce. Je me suis mis à réaliser que
l'épuration ethnique n'avait jamais rebuté Israël, simplement, elle prenait des
formes différentes. Je me suis mis à réaliser que le système judiciaire était
totalement raciste.
Un bon exemple en était le "Droit au retour", une loi qui encourage
les Juifs à revenir chez eux 2000 ans plus tard mais qui empêche les
Palestiniens de retourner sur leur terre et dans leurs villages après deux ans
d'absence. Et pendant tout ce temps-là, ma carrière de musicien évoluait.
J'étais devenu producteur de musique et musicien de jazz reconnu.
Mais, je ne m'étais toujours pas véritablement investi dans une activité
politique quelconque. J'avais étudié à la loupe le programme de la gauche
israélienne et j'en avais déduit qu'il s'agissait plus du programme d'une œuvre
sociale que d'une structure idéologique fondée sur une éthique.
Au moment des accords d'Oslo (1994), j'en avais assez vu. J'ai réalisé
que la paix pour Israël, c'était du pipeau. Elle n'allait pas conduire à une
réconciliation avec les Palestiniens, ni à remettre en cause le péché originel
des sionistes. Au contraire, elle était destinée à consolider l'existence de
l'état juif aux dépens des Palestiniens. Il n'était absolument pas question du
droit au retour des Palestiniens. J'ai décidé de quitter ma maison,
d'abandonner ma carrière. J'ai tout quitté, même ma femme, Tali, qui est venue
me rejoindre par la suite. Tout ce que j'avais emporté, c'était mon saxo ténor,
mon seul ami véritable.
Je me suis installé à Londres où j'ai suivi des cours de philosophie en
troisième cycle à l'université d'Essex. Et en l'espace d'une semaine à Londres,
je réussissais à me faire embaucher au Black Lion, pub irlandais
mythique dans Kilburn High Road. A l'époque, je ne réalisais pas la chance que
j'avais eue. Je ne savais pas combien il était difficile d'arriver à se
produire à Londres. En fait, c'est ce qui a marqué le début de ma carrière
internationale de musicien de jazz. En l'espace d'un an, j'étais devenu très
connu au Royaume Uni comme musicien de be-bop et d'après be-bop. Et trois ans
plus tard, je faisais des tournées dans toute l'Europe avec mon jazz
band.
Cependant, je n'ai pas mis longtemps à avoir la nostalgie du pays. A ma grande
surprise, ce n'était pas Israël qui me manquait. Ce n'était pas Tel-Aviv, Haïfa
ou Jérusalem. C'était, en réalité, la Palestine.
Ce n'était pas le chauffeur de taxi grossier à l'aéroport Ben Gourion, ni un
centre commercial à Ramat Gan, c'était le petit restau d'houmous à Yafo au coin
des rues Yesfet et Salasa. C'était les villages palestiniens qui s'étendaient
sur les collines entre les champs d'oliviers et les figues de barbarie. J'ai
réalisé que chaque fois que j'avais le mal du pays, je me retrouvais à Edgware
Road, où je passais la soirée dans un restaurant libanais. Et, quand je me
mettais à penser à Israël en public, il s'est vite avéré qu' Edgware Road était
ce qui se rapprochait le plus de mon pays natal.
Je dois admettre que quand j'étais en Israël, je ne m'étais pas du tout
intéressé à la musique arabe. Un colon ne s'intéresse pas à la culture
indigène.
J'ai toujours adoré la musique folklorique. En Europe, on me présentait comme
un spécialiste de musique klezmer.
Au fil des ans, je me suis mis à jouer de la musique turque et grecque. Mais,
j'avais complètement occulté la musique arabe et, en particulier, la musique
palestinienne.
Une fois à Londres, dans ces restaurants libanais, j'ai réalisé que je ne
m'étais jamais véritablement intéressé à la musique de mes voisins. Plus
inquiétant, je l'avais complètement ignorée, même si je l'entendais tout le
temps. Elle était partout autour de moi, mais je ne l'avais jamais réellement
entendue. Elle était là, à chaque recoin de mon existence. L'appel à la prière
qui venait des mosquées sur les collines, Oum Kalthoum, Farid El Atrash , Abdel Halim Hafez , étaient
présents à chaque recoin de ma vie, dans la rue, dans les petits cafés de la
vieille ville à Jérusalem, dans les restaurants. Ils étaient partout mais je
les avais, de façon grossière, totalement ignorés.
Vers l'âge de 34-35 ans, loin de ma terre natale, je me suis penché sur la
musique indigène de mon pays. Cela n'a pas été facile. C'était à la limite de
l'inaccessible. Autant le jazz, je m'en imprégnais aussitôt, autant la musique
arabe, cela m'était pratiquement impossible. Je passais un morceau et
j'attrapais mon saxo ou ma clarinette, j'essayais d'en saisir l'essence, mais
ce que je faisais avait des sonorités étrangères. J'ai vite réalisé que la
musique arabe était un langage totalement différent. Je ne savais pas par où
commencer ni comment l'approcher.
Le jazz est une création occidentale. Il a évolué au XX°s et s'est développé en
marge du secteur musical classique. Le be-bop, la musique avec laquelle j'ai
grandi, se compose de morceaux de musique relativement courts. Les airs sont
courts parce qu'il fallait les faire tenir dans le format de disque des années
40 (3 min.). Et la musique occidentale peut facilement se retranscrire sur
papier avec les notes et les accords.
Le jazz, comme toute forme artistique occidentale, est en partie numérique. La
musique arabe, en revanche, est analogique, elle ne peut se retranscrire. Une
fois retranscrite, elle perd toute authenticité. Et alors que j'avais atteint
suffisamment de maturité pour affronter la musique de mon pays, voilà que
c'était mes connaissances musicales qui constituaient un obstacle.
Je ne voyais pas ce qui pouvait bien m'empêcher de capturer les sonorités de la
musique arabe. Je ne comprenais pas ce qui clochait. J'avais beau y consacrer
du temps, à écouter et à m'entraîner, rien à faire, ce n'était pas ça.
Les critiques musicaux européens appréciaient de plus en plus mon nouveau style
et commençaient à me considérer à la fois comme un nouveau héros du jazz qui
avait su rapprocher les genres musicaux et comme spécialiste de la musique
arabe. Moi, je savais qu'ils avaient tort, même si je faisais tous les efforts
nécessaires pour "rapprocher les genres", je voyais bien que la musique que je
produisais était étrangère à l'essence même de la musique arabe.
Et c'est alors que j'ai trouvé une astuce. Dans les concerts, quand je
cherchais à reproduire le style oriental, je chantais d'abord le vers d'un
chant qui me rappelait les sons que j'avais occultés au cours de mon enfance,
essayant de me remémorer les échos de l'appel à la prière du muezzin, qui,
depuis les vallées alentour, s'insinuaient dans les ruelles de la ville.
J'essayais de me remettre en mémoire la musique surprenante et obsédante de mes
amis Dhafer Youssef
et Nizar Al Issa
L'an dernier, alors que j'enregistrais un album en Suisse, j'ai réalisé que la
façon dont je jouais la musique arabe n'était plus un problème. En réécoutant
quelques morceaux, j'ai soudain réalisé que les sonorités de Jenine, d'Al-Quds
et de Ramallah jaillissaient tout naturellement des enceintes.
J'ai réfléchi à ce qui s'était passé, à la raison pour laquelle, brusquement,
j'avais réussi à produire un son authentique.
Et j'ai réalisé que j'avais laissé tomber la primauté de l'œil et que j'étais
passé à la prééminence de l'oreille. Je n'avais pas cherché l'inspiration dans
la retranscription, ni des notes, ni des accords. Au lieu de cela, j'écoutais
ma voix intérieure. Le fait que j'aie eu du mal avec la musique arabe m'a
rappelé pourquoi je m'étais mis à la musique initialement. En fait, je ne
regardais jamais Bird sur MTV, je préférais l'entendre à la radio.
J'aimerais terminer cette réflexion en disant qu'il serait temps que nous
apprenions à écouter les gens que nous aimons.
Il serait temps que nous entendions les Palestiniens plutôt de que nous référer
à de vieux manuels en lambeaux.
Il serait temps.
Ce n'est que récemment que j'ai réalisé que l'éthique intervient quand les yeux
se ferment et que les échos de la conscience forment un air au plus profond de
notre âme.
S'identifier à l'autre, c'est accepter la primauté de l'oreille.
Liens
europalestine
*Mur de fer
Quatre
Murs pour les enfermer tous
Texte traduit en français de Gilad Atzmon: Expérience juive, 10
juin 2008
Autres
textes traduits
http://www.tlaxcala.es/detail_auteu...
Musique:
Vidéo (concert à Jenine)
Gilad Atzmon - Cultures of Resistance: Jenin

Commentaires
Merci ! Superbe !... (pas la peine depublier, c'est justepour vous !)
Tiens! Et comment que je vais le publier!
Merci pour Gilad: j'avais vraiment envie de lui rendre hommage.
La plupart de ses textes sont traduits, d'ailleurs. Le lien se trouve en fin de billet.
Moi aussi, j'avais écouté après le lien de pièce détachée et bien sûr beaucoup aimé.
Il y a aussi ça que j'aime, dans un autre registre
http://fr.youtube.com/watch?v=Us-TV...
"When the night has come
And the land is dark
..."
Après l'obscurité, viendra l'aube, nécessairement
Quel plaisir immense d’entendre la musique du coeur percer les murs.
Merci emcee pour ce beau moment .
E.P
C'est un texte parfait, dans son genre, et je suppose que ta tradoc n'y est pas pour rien.
La violence de la pensée y est extrême puisque, in fine, Israël y est décrit comme un fait colonial (ce qu'il est, sans aucun doute, mais une colonie sans mère-patrie, ce qui complique les choses).
Et surtout, les arguments de l'antisémitisme s'en trouvent confortés, "peuple sûr de lui et dominateur" disait De Gaulle.
Or, sur ce point, je doute.
Il me semble que ce trait est celui de bien des peuples dans les périodes où l'Histoire leur sourit, et qu'il n'y a pas lieu d'en faire la caractéristique d'Israël.
Merci à tous.
@ gg, ce n'est pas moi qui le dis, c'est lui, c'est aussi ce qu'en dit Ilan Pappé. Je me garderais bien de faire des généralités sur quelque peuple que ce soit, et tu as raison, ceux qui sont du côté de la gâchette sont toujours plus arrogants que ceux qui sont tenus en joue.
Toutefois, ils ne parlent pas de tous les Israéliens comme d'un bloc, mais des sionistes qui se sont imposés depuis des décennies en Israël mais aussi dans le monde. Il n'y a qu'à voir les massacres successifs qui ont pu se produire pendant des décennies avec l'appui des pays les plus puissants, qui ont cautionné les mensonges évidents sur lesquels reposait leur excuse pour attaquer.
Quant à dire que ce sont des propos antisémites, c'est toujours la même chanson.
Cela fait partie de la propagande. Ce n'est pas innocent si ce terme s'applique exclusivement aux Juifs.
La distinction entre israeliens et sionistes me parait faible : être favorable à l'existence d'Israël, c'est cela le sionisme.
Il est bien naturel que la plupart des Israéliens soit sionistes.
J'ai la naïveté d'espérer que la plupart déplore les massacres, mais pas celle de croire qu'elle les condamne.
Je ne crois pas qu'il s'agisse de propos antisémites, mais ce sont les mêmes que ceux des antisémites, contraints à l'euphémisme par la loi.
C'est le problème, tu sais bien : souvent on ne dit rien à cause de cette ambigüité.
En l'occurrence, tant pis : il vaut mieux dire.
Dire qu'être "sioniste", c'est être favorable à l'existence d'Israël et que donc, les Israéliens sont sionistes, c'est un raccourci ridicule et simpliste. Et c'est faux.
Evidemment que les Israéliens sont favorables à l'existence d'Israël (qui ne serait pas favorable à l'existence de son propre pays, déjà constitué?). Ce n'est pas pour autant qu'ils sont "sionistes", qui est une idéologie bien précise. Voir ici: http://www.lalibre.be/index.php?view=article&art_id=298064
Si on expliquait aux Israéliens qu'on va arrêter toute expansion territoriale, toute agression, toute occupation et tout blocus parce que c'est stérile, qu'on chasse des populations de leurs terres et qu'on les massacre et qu'on va conclure un pacte durable: ils seraient certainement majoritairement tout à fait d'accord.
Mais, comme tous les peuples, ils sont manipulés et on leur donne une autre version depuis toujours, une version odieuse et mensongère. Que c'est Israël qui est agressé, qu'ils doivent se défendre parce qu'on veut encore les chasser,etc. A savoir, les maintenir dans leur rôle de victimes pour conserver le pouvoir sur eux.
Quant aux Juifs, il y a les caricatures agitées et outragées qu'on voit s'étaler dans les médias et les autres, ceux qui se battent (peu nombreux, hélas, parce qu'il faut du courage pour s'élever contre un système protégé non seulement en Israël, mais au niveau mondial) et tous ceux qui n'élèvent pas la voix, mais qui savent que le gouvernement israélien ment. Si on ne les entend pas, ce n'est pas qu'ils sont inexistants..
Bon, c'est un peu long à expliquer, parce qu'on part d'une base minimum. Je m'arrêterai là. Je te conseille toutefois également la lecture de cet article d'Eric Hazan: http://www.protection-palestine.org/spip.php?article6846. Et d'autres.
Bonne nuit.
voici la définition dans wikipedia :
Le sionisme (qui doit son nom au Mont Sion, colline sur laquelle fut bâtie Jérusalem) est une idéologie politique prônant l'existence d'un État juif en Palestine1.
Je n'ignore pas que le mot a d'autres acceptions, mais qui noient le poisson, je trouve.
Tant qu'on posera le problème en termes de bons et de méchants, on l'aggravera.
Il y a une injustice foncière à ce qu'Israël existe, car c'est un fait colonial, imposé de force.
Ce qui se passe à Gaza, c'est un résultat de ce rapport de force : des violences déclinées à partir de la violence originelle.
On ne peut à la fois déplorer les unes et accepter l'autre.
Mais plus le temps passe, plus il construit l'injustice symétrique qu'il y aurait à ce que les Israéliens soient à leur tour expulsés du pays.
Disons, en gros, emcee, que je suis favorable à une Palestine bi-nationale, et pas même fédérale : un seul et même territoire pour deux états.
Wow ! Quelle découverte que tu nous proposes là ! La force des mots, celle du chemin parcouru et celle de la musique !
C'est fou. Je découvre en ce moment des voix qui me font moins désespérer de l'humanité.
Les mots de Gilad Atzmon résonnent avec ceux de Nurit Peled-Elhanan et avec ceux d'André Nouschi.
Il nous faut absolument relayer ces mots pour qu'ils aient plus de force.
Merci à toi.
http://www.youtube.com/watch?v=NiFZ...
j'ai hésité entre celui-là et celui " peux-t-on vivre sans parler anglais ?"
Merci infiniment.
J'ai eu le privilège d'entendre G. Atzmon, de l'entendre jouer et raconter sa vie. On reste ébahi de sa virtuositéet de sa force morale. Asséner ce qu'il assène sans jamais être emphatique, et toujours avec humour…
maximum respect.
gg: voici un lien qui peut également être utile. http://www.tlaxcala.es/pp.asp?lg=fr&reference=4412
C'est justement Gilad Atzmon qui écrit sur le sionisme, etc.
Quant à dire: je préfère un ou deux états pour Israël-Palestine, je ne me prononcerai pas à la place des protagonistes. C'est déjà bien assez compliqué comme cela. Et puis, on le voit, on part souvent avec les meilleures intentions du monde pour que d'autres fassent terminer le beau rêve en bain de sang.
@ Birahima: Ah, Desproges! Ce qu'il disait sur les Juifs s'inscrivait à l'époque où la France était débarrassée de ses démons de culpibilisation d'après-guerre et où les Juifs faisaient partie intégrante de la population au même titre que les autres et avaient droit au même traitement, par l'humour et la dérision, s'il falleit. Je ne pense pas qu'aujourd'hui ce serait possible, tant ceux qui se posent en gardiens exclusifs de la judaïté sont dépourvus de tout sens de l'humour.
Coluche et Desproges sont restés figés (et pour cause) dans une époque. Que seraient-ils aujourd'hui? Nul ne le sait.
Quant à parler ou pas anglais: oui, on peut vivre sans, mais c'est tellement mieux de connaître des langues étangères pour communiquer (et pas seulement l'anglais, évidemment). Et cela évite de rester dans son microcosme franchouillard.
Quant à dire que c'est la langue de l'impérialisme, bof! Il y a en anglais beaucoup plus de mots français que l'inverse et en français des mots d'autres langues dont on a aujourd'hui oublié l'origine.
@ Exigeant: Merci.
je suis passée voir ton blog. Très intéressant. Il faut que j'y revienne. Je n'ai pas eu le temps d'explorer vraiment.
@Cobab: quelle chance! C'est son humour qui m'a attirée le plus dans ses écrits. Il dit des choses graves ou profondes, mais il ne se départ pas de cet humour qui rend les événements moins difficiles à supporter et plus faciles à entendre.
dans le genre franchouillard en tout cas, je vous présente un billet, pour repartir pas d'un bon pied lundi matin , mais en cadence
http://birahima2-ci.blogspot.com/20...
Merci pour le lien, c'était réellement intéressant.
L'état bi-national n'est pas une lubie.
C'est une idée défendue par l'extrème-gauche israélienne : Michel Warschawski, connu pour écrire à Siné-Hebdo, par exemple.
C'était celle, pour citer un grand nom, d'Hannah Harendt en son temps.
Je ne vois pas qu'elle soit contradictoire avec ce que les palestiniens proposent (et certains sont explicitement favorables à l'état bi-national).
Peu m'importe les idées de ce musicien mais sa musique est un véritable appel au suicide !
Dites-moi, Martine, cela fait deux fois que vous postez des commentaires désobligeants. Pourquoi donc venez vous traîner vos guêtres ici si vous n'avez rien d'intéressant à proposer et si ce qui est écrit vous indispose?
Oui, vous avez raison "peu importe". Peu importe votre avis. Alors, passez donc votre chemin, nous n'avons pas les mêmes pôles d'intérêt. La blogosphère est riche, ce serait dommage de venir vous faire du mal ici, pire encore, vous suicider à cause de la musique en lien!
Précision: je déteste perdre mon temps inutilement. Et là, vous m'avez obligée à le perdre. Ce sera la dernière fois.
Gégé, je ne réprouve pas la solution d'un état bi-national, je dis simplement que je ne suis pas apte à choisir une option plutôt qu'une autre. Et que chaque système ne peut être valable que s'il y a une véritable volonté de paix et d'égalité de traitement. Ce qui n'est sans doute pas pour tout de suite.
Quant à Michel W., je le connais: on trouve également pas mal de ses écrits sur le ouèbe. TB, d'ailleurs.
Excusez-moi emcee, je n'ai pas vu la charte de ce blog expliquant que seuls ceux qui sont en accord avec l'auteur peuvent s'exprimer.
Finalement, ce blog aurait pu davantage s'appeler "Ne partageons que mon avis !".
Emcee, extrait d'un de tes posts de juin 2008:
"Manque de pot, n'ayant pas des milliers de visiteurs, ceux qui viennent par hasard et ne peuvent accéder se découragent et ne reviennent plus."
... es-tu certaine que c'est la difficulté de connexion qui dissuade les visiteurs de revenir ?...
hey! on dirait que ça bouge!...
http://www.dedefensa.org/article-un...
@ machine: C'est clair que je décourage tous ceux et celles qui n'ont rien à dire d'intéressant, ni de critique constructive à apporter. Je ne vais pas poster des phrases lapidaires chez les autres, j'entends qu'on fasse de même ici.
Vos deux interventions étaient de toute évidence destinées à provoquer et non pas à apporter une réflexion contradictoire.
Or, il se trouve que je ne tolère aucun troll.
Je vous ai dit que je n'aimais pas perdre mon temps à des dicussions improductives. Et là, cela fait deux fois que vous me l'imposez.
Donc, passez définitivement votre chemin. J'effacerai tous vos commentaires suivants, de toute façon.
Salut, Ali,
Merci pour l'info.
Oui, ça frémit. J'en avais eu l'impression en voyant les manifs très fournies et fréquentes dans le monde. Cette fois-ci, cela ne passait pas. La crise? Le mensonge de trop? La sauvagerie de l'attaque? la transition aux US, où Bush s'en va sans gloire? Tout cela à la fois, sans doute ...
L'occident qui a mis la planète dans un sale état avec les spéculations et autres, avait déjà un sacré coup de balai à donner devant sa porte. Il n'avait pas non plus à régler la rage de conquêtes d'Israël.
Mais s'ils reculent, ça ne veut pas dire qu'ils vont s'avouer vaincus. Et Gaza risque d'en faire les frais ces deux trois jours, hélas.
Martine, ma chérie, si le coeur t'en dit....
Il n'y a plus beaucoup de problèmes de connexion avec le blog d'emcee. Si peu commentent, c'est parce que, souvent, les approches d'emcee sont très fouillées et on va pas tout le temps lui dire bravo, c'est bien. Moi, je lis tous ses textes et je commente pas souvent.
A un moment donné, on a quand même décidé à la place des Palestiniens .
En Palestine l’instabilité permanente dans cette région résulte de la contradiction entre le projet sioniste d’établir un Etat juif en Palestine et la présence sur cette terre d’un peuple autochtone refusant d’abandonner ses droits nationaux.
C'est tout de même la contradiction première.
Salut, Thé
Exact. Je sais que je dis beaucoup sur un même billet et que je laisse peu d'espace aux commentaires, c'est un peu le défaut de ce blog. Parce que j'aime bien apprendre de vous aussi.
Pour revenir à Gaza: tu as tout à fait raison. Beaucoup ont été chassés par cette armée surarmée, mais ils ont toujours relevé la tête, malgré les humiliations et les agressions.
Vous oubliez tout de même qu'un Etat juif est bien reconnu par le droit international depuis 1948 et qu'à ce jour, il n'y a toujours pas d'Etat palestinien.
"Quant à dire que c'est la langue de l'impérialisme, bof! "
à emcee
disons au sens où ceux qui parlent anglais de naissance font souvent peu d'efforts pour comprendre notre anglais.
Il est vrai que plusieurs étrangers qui se mettent à parler anglais pour se comprendre entre eux, se comprennent mieux que les anglophones ne les comprennent.
Ceci dans la suite du message ci-dessus donc(/1948...)
alors aussi pour rester dans mon domaine de sources :
http://www.dailymotion.com/video/x1...
Merci emcee, pour Gilad Atzmon, remarquable de sensibilité et de sonorité, vraiment.. ça fait penser à Albert Ailey ou à Lee Konitz; (tiens, que j'ai d'ailleurs entendu hier soir avec Petrucciani, il y a plus de 10 ans...!)...
Je ne ferai aucun commentaire sur Gaza, c'est trop à décourager du genre humain...!
tiens, on peut carrément jongler avec Gad Elmaleh qui se donne vocation à être récupéré
(phrase supprimée. merci de n'apostropher personne sur mon blog!)
http://www.youtube.com/watch?v=Q7qI...
très bien emcee
je ne le referai plus
affirmons ainsi notre volonté de LIEN SOCIAL
a bas le permissif
il faut leur interdire de faire ce qu'ils font
Ls mots resteront des mots, certes, mais les mots ont un sens, qu'apparemment vous ne connaissez pas.
J'ai posté ce com' par erreur sur ce billet. Je viens à peine de m'en rendre compte.Donc, nous nous en tiendrons là.
Désolée, Birahima, pour la confusion. Ces abrutis de trolls m'obligent à modérer les com' et je me mélange les pinceaux.(C'est d'ailleurs pour cela que je ne souhaite pas qu'on leur donne la réplique: s'ils ferrent le poisson, ils ne nous lâchent plus et je n'ai vraiment pas envie de lire leurs âneries. Ils n'ont qu'à se payer un psy).
est-ce à cela que vous fêtes référence emcee ?
http://www.lemonde.fr/opinions/arti...
Je n'en sais rien, le lien ne mène plus à l'article.
En général, je boycotte tout média qui ne laisse pas l'accès libre et infini à ses articles, préférant citer des liens pérennes qui continueront à faire leur chemin bien après leur parution, constituant une banque d'archives mondiale.
Et cela, on le voit, évite bien des déconvenues.
Merci quand même. A moins qu'il y ait une autre façon de récupérer le texte.
voilà l'horreur emcee ....
je sais vraiment plus qui doit prendre un dictionnaire...quoique ...
edito du Monde 13/01/09
"La France abrite l'une des plus importantes communautés musulmanes d'Europe. Elle abrite aussi la plus grande communauté juive du Vieux Continent. Il n'est évidemment pas besoin d'être juif ou musulman pour être atteint par la tragédie qui se joue à Gaza ; pas besoin d'être pro-ceci ou pro- cela pour prendre la mesure d'un drame dont la première victime est une population palestinienne déjà soumise, en temps "normal", à des conditions de vie misérables. Mais il est naturel que les musulmans de France, pour la plupart originaires du Maghreb, se sentent solidaires des Palestiniens. Et tout aussi naturel que nombre de juifs français aient à l'égard d'Israël des sentiments de solidarité privilégiée.
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Cela explique sans doute l'importance de la mobilisation de la communauté musulmane de France et des manifestations qui ont eu lieu les 3 et 10 janvier - et l'importance aussi des réactions des organisations de la communauté juive, qui craignent de revivre la vague antisémite qu'a connue la France, au début des années 2000, lors de la deuxième Intifada dans les territoires palestiniens.
Il faut saluer ici les modérés de tous bords, laïcs notamment, qui ont voulu se joindre à ces journées pour tenter d'en tempérer non pas la passion, mais l'expression. Car trois dangers guettent. Le premier, bien sûr, c'est l'importation du conflit du Proche-Orient en France - qui ne servirait, on s'en doute, ni le premier ni la seconde. Le deuxième, pas moins grave, serait de galvauder le sens des mots. Et quelque chose de fondamental se joue ici. Quelle que soit l'horreur de bombardements sur une population civile captive - les Gazaouis ne peuvent fuir -, ils ne constituent pas un "génocide" ni ne relèvent d'une "tentation génocidaire", comme on a pu l'entendre ici ou là. Dire cela, ce n'est pas vouloir en quoi que ce soit diminuer la férocité des bombardements israéliens ni le drame vécu par les Palestiniens. C'est préserver la singularité d'événements historiques bien précis qui, eux, ont été des génocides ; c'est refuser d'user de comparaisons qui empruntent au révisionnisme historique.
Le troisième danger, hélas déjà avéré, est la recrudescence d'actes antisémites en France. Là non plus, ce n'est pas l'affaire de telle ou telle communauté, c'est l'affaire de tous."
maintenant ceci apparait un peu moins pire :
http://bougnoulosophe.blogspot.com/...
choisir son camp : OUI
être prisonnier des dirigeants des deux camps qui partagent le monde : NON
l'arnaque continue
et ce n'est pas comme ça qu'on fera perdre Israël
Il faut rompre avec ces conceptions
voir les luttes réelles
et pas opérer un "transfert" de luttes via le "boy" cott
qui fait de nous des boys, toujours des boys
des dirigeants politiques anglo-saxons qui n'ont pas été démocratiquement élus comme on voudrait nous le faire croire...
le gouvernement et le peuple britannique sont confondus dans cet article
or, il ne faut certainement pas les confondre...
alors,je crache à la gueule de ces dirigeants
c'est pas à eux que je m'adresse si je veux qu'Israël perde
et j'assume
J'interviens tard, juste pour dire que ce texte, que j'ai enfin eu le temps de lire, est magnifique.
merci emcee de l'avoir traduit
J'interviens encore plus tard que Céleste, pour faire mon mea culpa : je ne connaissais pas le site Tlaxcala, et pour les traductions de G. Atzmon en français, je n'avais pas trop trop cherché...
À lire régulièrement ce blogue, je me doutais bien que ses textes allaient faire tilt, et particulièrement celui-ci.
La traduction en est superbe.
Merci, pièce détachée, je me suis appliquée parce que ses textes dégagent un humour et une émotion que je ne voulais pas massacrer. Même si "traduttore, traditore".
Pour ce qui est des textes , en fait, je n'ai trouvé que celui-ci qui n'avait pas été traduit.
C'est bien tombé. C'est un texte apaisant. Et puis, j'espérais qu'il serait sélectionné sur rezo afin de faire connaître Gilad. Ce qui fut fait.
Donc, 100% d'autosatisfaction
Et merci encore.
Merci pour cet espace,
c'est de l'art total, celui du cœur de l'oreille et des mots
une âme pleine quoi comme van gogh
jmt
Merci beaucoup emcee pour ce texte.
J'ai appris plein de choses. Je suis tres loin du conflit, mais c'est une histoire qu'il faut absolument connaitre.
Blog tres instructif . J'y retrournerai !
Bravo
Bonjour ! Je viens de lire ce texte bouleversant. Je suis fan de Jazz et complètement obsédée par le conflit IL/PL
Puis-je reprendre cet article sur mon blog en y indiquant bien sûr l'adresse d'origine et en recommandant d'aller lire les commentaires ?
Désolée, je n'avais pas vu votre com' avant aujourd'hui. Je ne sais pas pourquoi.
Evidemment, vous pouvez reprendre le texte, si vous mettez les références.
Merci d'être passée.
Bonjour,
C'est un article magnifique, merci de l'avoir traduit. Je l'avais trouvé sur alterinfo et l'avais mis sur mon blog avec la source (la vôtre et celle d'alterinfo), mais je viens de le retirer suite à votre commentaire.
J'ignorais qu'il y aurait un problème en citant la source (ce que je fais toujours bien sûr).
Désolée.
(vous pouvez supprimer ce message après l'avoir lu !)
En tout cas, bravo pour votre travail que j'apprécie grandement.
Cordialement,
Bridge
Merci, Bridge de votre compréhension.
Pas de problème, mais je tiens tout de même à ce que ce que je fais ne soit pas pillé au bénéfice de plus importants que moi.
Le Web n'est pas un self-service, comme certains aiment le croire.
Et je reconnais ceux qui sont de bonne foi et ceux qui ne le sont pas.
Bonne continuation
Houses and cars are expensive and not every person is able to buy it. Nevertheless, <a href="http://lowest-rate-loans.com/topics...">credit loans</a> are invented to support different people in such situations.