Voilà, monsieur, c'est pour affirmer la dignité et l'égalité inhérentes aux êtres humains que des justes se sont mis autour d'une table et ont rédigé les trente articles de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, dont je vous rappelle certains passages:
Article premier
Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.
Article 3
Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.
Article 4
Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l'esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.
Article 5
Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
Article 9
Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé.
Article 11
Toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d'un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées.
Article 12
Nul ne sera l'objet d'immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes à son honneur et à sa réputation. %% Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes.
Article 18
Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion (…)
Article 19
Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions (…)
Article 22
Toute personne, en tant que membre de la société, a droit à la sécurité sociale ; elle est fondée à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité, grâce à l'effort national et à la coopération internationale.
Article 23
1. Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage.
2. Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un travail égal.
3. Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu'à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s'il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale.
Article 24
Toute personne a droit au repos et aux loisirs et notamment à une limitation raisonnable de la durée du travail et à des congés payés périodiques.
Article 25
1. Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.
2. La maternité et l'enfance ont droit à une aide et à une assistance spéciales (…).
Article 26
1. Toute personne a droit à l'éducation. L'éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l'enseignement élémentaire et fondamental. L'enseignement élémentaire est obligatoire. (…)
2. L'éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l'amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix. (…)
Article 30
Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme impliquant pour un Etat, un groupement ou un individu un droit quelconque de se livrer à une activité ou d'accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés.
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Il est évident que ce texte est en contradiction totale avec l'idéologie de ceux dont le dessein serait de s'emparer des ressources de leur pays au bénéfice de quelques-uns et qui préconisent les guerres pour se saisir de celles des pays étrangers.

Qui a tort?

« Je pense que j’ai eu tort de demander un secrétariat d’Etat aux droits de l’homme. C’est une erreur, on ne peut pas diriger la politique extérieure d’un pays uniquement en fonction des droits de l’homme. Diriger un pays éloigne évidemment d’un certain angélisme ».

Ces propos ont été tenus le 10 décembre 2008, jour du 60° anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, par le ministre des Affaires Etrangères actuel, transfuge du PS, mais non exclu.

Comment peut-on dire que ce qui se passe dans le monde est une fatalité et qu'on ne peut rien y faire?

RIEN Y FAIRE? Mais, QUI donc décide dans ce monde pourri?

Comment peut-on laisser entendre que ce qui s'est passé en Irak, par exemple, est, finalement, banal et qu'on n'y peut rien, quand on sait que même le président des US a fini par reconnaître récemment avoir commis une "erreur" quant aux armes de destruction massive détenues par Saddam Hussein;

Alors que ce président, même pas encore bien assis dans le fauteuil de la Maison Blanche n'avait de cesse d'aller envahir l'Irak qui le narguait avec ses puits de pétrole auxquels il n'avait pas accès du fait de l'arrogance d'un petit gouverneur de pays arabe – président soutenu en France, rappelons-le, par une camarilla de va-t-en-guerre appartenant à l'élite "intellectuelle", dont Monsieur K. lui-même ;

Alors que ce président a profité des événements du 11 septembre pour berner la population (mondiale) et faire de l'Irak un territoire dévasté;

Alors que ce président s'est appuyé pour cela sur des "conclusions" de la CIA, ignorant volontairement celles des experts qui, eux, affirmaient haut et fort qu'il n'y avait PAS d'ADM en Irak;

Alors que le ministre US de la Défense de l'époque avait produit une fiole de poudre de perlimpinpin prétendant qu'il s'agissait d'un produit dangereux dont userait l'Irak contre les populations américaines. Le président se serait-il laissé berner aussi par Colin Powell, qui, lui, a fini par renoncer à son poste parce que, a-t-il dit, cette présentation a fait "tache" dans sa carrière (et comment!)?

Et tout cela pour quoi? Pas pour les droits de l'homme, on s'en doute. Parce que si cela avait été par humanisme et pour débarrasser l'Irak d'un dictateur cruel, l'affaire aurait été pliée plus tôt, Saddam Hussein ayant été prestement exécuté le 30 décembre 2006 à Bagdad. (Oui, mais voilà, ils ne pouvaient pas partir en l'état: la rapine n'était pas bien terminée et le peuple irakien pas encore bien maté).

Et le résultat de tout ce fatalisme?

En 5 ans d'invasion, des centaines de milliers d'innocents sont morts, d'autres déplacés, des familles ont été décimées, des personnes ont été incarcérées arbitrairement, torturées, certaines ont disparu, les infrastructures du pays ont été détruites, les services publics livrés à des sociétés privées.
La population vit dans des conditions lamentables, et tous sont désormais sous la coupe de troupes étrangères - dont des mercenaires sans foi ni loi exemptés de répondre de leurs actes - et de factions rivales issues de mouvements religieux radicaux. Les femmes, elles, ont remis le foulard et sont rentrées à la maison. Quand elles en avaient une.
Quant aux victimes américaines, elles sont environ supérieures d'un tiers aux victimes du 9/11.
Belle vengeance. Bravo!

Les troupes britanniques devraient être parties d'ici juillet prochain.
Qui va faire allégeance au gouvernement US pour finir les basses besognes?

Comment peut-on parler de fatalité ou d'impuissance quand les habitants de Gaza sont sciemment bombardés par du matériel militaire sophistiqué, quand ils sont privés d'eau, d'électricité, de nourriture, de soins médicaux, de médicaments, de travail ou de leur gagne-pain (les petits commerces, comme les boulangeries, ferment, faute de marchandises ou de produits de base; les arbres fruitiers et autres cultures sont détruits sans pitié; le commerce extérieur verrouillé), et quand leurs maisons sont démolies implacablement, que des hautes murailles sont construites sur leurs terres pour les empêcher de sortir librement et que la moindre démarche devient un calvaire.

Quelle plus Grande Cause empêche donc un ministre des affaires étrangères d'une des "grandes puissances" d'agir pour que cesse ce que subissent quotidiennement des êtres humains?
Quels motifs le poussent à ignorer, et mépriser les principes de base de la DUDH?

Vous avez entendu "notre" ministre et les autres membres du gouvernement dénoncer la situation en Irak ou à Gaza?
Bien sûr que non. Ils cautionnent tous. Et pour cautionner des atrocités, il faut discréditer publiquement ceux qui les dénoncent, ces "droitsdel'hommistes", donc. Sinon, cela ne prendrait pas. On n'est pas tous des sauvages.

Tiens, un exemple récent significatif que rien n'est inéluctable, mais bel et bien voulu par ceux qui détiennent les rênes des relations internationales.

Le lundi 9 décembre 2008, les ministres des Affaires étrangères européens ont décidé d’intensifier les relations de l'UE avec Israël, passant outre la décision du Parlement et des parlementaires européens qui avaient décidé d’ajourner le vote jusqu’à ce que les choses changent sur le terrain.
Ce renforcement des relations concerne tous les domaines - politique, économique, scientifique, ou sécuritaire.
Voir: http://www.france-palestine.org/art...

Et, QUI figurait en tête des ministres favorables au renforcement des relations avec Israël, qui, je le rappelle, n'est pas totalement étranger à l'occupation de la Palestine et aux souffrances que subit sa population?
Je vous le donne en mille!

Et je ne parlerai pas, faute de temps, de tout ce qui se passe actuellement (ou s'est passé) également en Afrique: conflits armés, génocides, collusion, mise en place de gouvernements fantoches, de dictateurs cupides et cruels, meurtres d'opposants, tout cela pour que des intérêts privés puissent mettre la main (ou la garder) sur les ressources naturelles des pays africains.

Cela, aussi, ce n'est pas une fatalité. C'est un choix délibéré du monde occidental, solidaire et complice, voire directement impliqué, dans ce pillage.

Et la situation sur le sol national, me direz-vous?
Pas bien brillante.
Et là encore, il ne s'agit pas de fatalité, mais de volonté farouche d'appliquer une politique qui sera forcément préjudiciable à la majorité de la population.
Et tous les collègues du ministre des affaires étrangères sont sur le pont.
Tous les 39 (de temps en temps, il nous en arrive un nouveau, toujours inutile, toujours nuisible), sans compter les membres de commissions diverses grassement entretenus par la République pour pondre des rapports bidon dans lesquels le caporal chef piochera les éléments qui justifieront ce qu'il comptait faire au départ.

Et cette politique que s'acharne à appliquer l'ensemble du gouvernement, c'est justement étroitement lié au démantèlement voulu des principes de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.
On comprend aisément pourquoi ces idéologues tiennent à les rendre obsolètes et ridicules et à dénigrer ceux qui s'y réfèrent.

Depuis le début de ce siècle, il n'est pas une loi qui ait été votée dans l'intérêt des citoyens et de la société toute entière. PAS UNE. Elles ont toutes un caractère discriminatoire et répressif.
Toutes comportent la même arrière-pensée: piller les fonds publics coûte que coûte pour les distribuer au plus vite aux intérêts privés d'une élite. Au mépris de la cohésion de ce pays.
Et au mépris de l'égalité, des libertés et de la solidarité.
D'où une multitude de lois bricolées, passées à la va vite, sans concertation, sans étude préliminaire, et souvent inapplicables: l'incompétence crasse (mais cela n'a pas d'importance en soi: on est là pour piquer le pognon, pas pour réfléchir comment structurer une société) alliée à l'idéologie malsaine et brutale.

Comment faire main basse sur les deniers publics?
Facile, quand on a du culot, une forte dose de cynisme, qu'on a bien appris sa leçon (la seule qui ait été retenue, sans doute) et qu'on a réussi à endormir 53% de votants.
Il n'y a qu'à voir ce que pinocchio a fait en peu de temps: paquet fiscal bénéficiant aux riches, augmentation de son salaire, délocalisation à grands frais de conseils des ministres, distribution de "missions" pour placer des pions, déplacements officiels et privés aux frais de la princesse, commande d'avions présidentiels plus adaptés à son noble séant et à celui de sa suite de bras cassés, et plus de 9% d'augmentation des frais de l'Elysée en cette fin d'année - un "paquet fiscal" de Noël, en quelque sorte (Ah tout le monde ne va pas manger de la dinde ou du porc; il y en aura où ils seront seulement autour de la table).
Parallèlement, son premier ministre annonçait que les caisses étaient vides et qu'il fallait faire des "économies".
Pas sur leur dos, toutefois, on le voit bien.
Mais, ça, c'était avant la "crise", puisque le plan de relance des banques s'élève à des milliards d'euros, sans contrepartie. Les caisses … des banques ne seront plus vides.

Merci qui?
Mais comment donc peut-on remporter l'adhésion de la moitié de la population française?

D'abord en mentant - en annonçant des mesures, la main sur le cœur, qui ne seront jamais prises (déclarations sur les SDF, le pouvoir d'achat …) ou dont les effets seront contraires à ceux annoncés; en mentant sur les chiffres ou en les gardant sous le coude.

En muselant, parallèlement, les médias - et en frappant fort dès le début de façon à ce que cela se sache (renvoi de Genestar, menaces à FR3, par ex.). Le rêve actuel, c'est d'arriver à bâillonner le ouèbe, évidemment.

En stigmatisant les catégories de populations (chômeurs; fonctionnaires, sans papiers; habitants des quartiers pauvres, etc.) et en les dressant les unes contre les autres de façon à détourner l'attention.
D'où l'acharnement à créer des communautés et à s'attaquer à la laïcité.

En accusant, l'air outragé, les plus démunis de tricherie (fraudes à la carte Vital, au RMI, chômage, etc.) et en commençant le pillage par ceux-là, qui, souvent, ne sont pas organisés (radiations, franchises médicales, etc.).

En changeant les règles (cf. le TCE) ou en outrepassant les lois.
En faisant taire toute opposition et en rognant sur les libertés: intimidation, méthodes policières brutales, prolongement des peines et des gardes à vue, fichages, prélèvements ADN, incarcérations abusives etc.

En réduisant le temps scolaire et les disciplines enseignées pour orienter les mieux lotis vers des cours privés et préparer les autres à rejoindre le vivier de demandeurs d'emplois non qualifiés où iront les pêcher les entreprises.

En précarisant les travailleurs (suppressions massives de postes de fonctionnaires de l'Education, par ex, remplacement par des précaires malléables et corvéables et sous payés);

Et, évidemment, en démantelant tous les services publics pour offrir sur un plateau doré leurs services marchands aux copains.
J'en oublie certainement.
(voir la suite dans le com #1)