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Elections, piège à con ... fetti
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Pour que vous puissiez mieux comprendre tout cela, avant de vous livrer le texte de WILLIAM BLUM, je vous le transpose hexagonal. Vous allez voir.
Imaginez: nous sommes en 2012.
Elections présidentielles. La clique en place largement battue, tous les pitres que nous avons vu défiler pendant cinq ans sont défaits.
L'YES!
Pour la soirée électorale télévisée, ils ont mandaté Alb*nel, Y*de, Bout*n et Bach*lot (vous avez remarqué que pour les défaites, pas question de parité: place aux femmes?) pour qu'elles expliquent que c'est parce que les Français n'ont pas bien compris les réformes et qu'ils avaient, eux, manqué de pédagogie, qu'ils avaient été sanctionnés pour avoir eu le courage de mener les réformes nécessaires pour relever la France au bord du gouffre, mais qu'à part ça, c'est une victoire mitigée, en fait, et que les socialistes ne vont pas tenir la route, comme d'hab.
Ca va que la soirée va être écourtée, les journalistes n'ayant plus goût à rien.
Pensez donc! Le SOCIALISME est de retour! Ils vont finir en haut d'une pique, sûr.
Dans les reportages en direct, on nous montre C*ppé, H*rtef*ux, Bertr*nd, Lefe*vre, Da*cos, LES B*lkany, etc., tous sortant de réunion de crise (de nerfs) à l'Elysée, la queue basse. Et verts.
Rachi*ati, elle, est invisible. Enceinte de six mois, père inconnu, elle est tombée en disgrâce après s'être mis à dos tout le gratin artistique après son passage éclair au ministère de la culture.
Pas des tendres, ceux-là.
Contrainte de démissionner quand Jauni a menacé de partir s'installer dé-fi-ni-ti-ve-ment en Suisse et Lasouche d'émigrer à Cuba. C'en était trop.
Le petit chef déchu (dites-le à haute voix, pour voir?), lui, ne se montre pas, il envoie son ex-mannequin raccompagner ses hôtes sur le perron de l'Elysée.
Dernière irrévérence.
Elle, longue robe noire de cher D*or, sourire figé, tête penchée, l'air contrit … Bon, ça, ça change pas. Revenons à l'essentiel.

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Les militants sont terrassés

Vous voulez pas pleurer de joie, vous? Faire la fête? Vous torcher au mousseux de chez N*c*olas, justement? Aller danser dans la rue? Recoller les morceaux de la télé pour profiter pleinement du spectacle? Faire exploser votre immeuble? ...euh, non pas ça ...
Ce soir, ils auront débarrassé le plancher, récupéré leurs frusques jetées sur le macadam par le personnel domestique à bout de nerfs.
Voilà le tableau.
De ce côté des manches.
Tu veux pas nager dans le bonheur insubmersible?

Oui mais.
Oui, mais voilà.

Le nouveau président s'appelle Dominique de son petit nom. Il n'est pas noir, certes, mais il est également issu d'une minorité visible.
Celle qui tient les cordons de la Bourse.
C'était le patron du FMI. Par la grâce du tout petit président.

Renvoi d'ascenseur oblige, voici donc la composition de son gouvernement:
Val*s à l'Economie, Lefe*vre au ministère de l'Intérieur (oui, sitôt parti, sitôt revenu), C*ppé à la Justice, Ségo aux Affaires Etrangères, Hollande au ministère de la Famille et des Amis (nouveau ministère créé en 2010 par et pour: Jean, Pierre, Olivier, Martin et les autres), Frêch* au ministère de l'Expulsion des Immigrés (oui, le nom a changé entre deux - trop long et pas assez clair), J*ffrin (eh, oui) au Ministère de l'Indépendance des Journalistes (nouveau ministère créé à l'issue du Grenelle et tenu jusqu'alors par EZ, attendu au Fi*aro-Madame), K*uchner à l'Agriculture et Delano* à la Défense (des vengeances, sans doute).
Porte-parole de l'Elysée: M. R*card.
Rien pour P Val, bien sûr, éloigné des spotlights depuis qu'il arpentait les couloirs des télés en hurlant mort aux noirs, aux arabes et aux islamo-gauchistes - pas qu'ils n'étaient pas d'accord, mais ça gênait pour les émissions en direct.
Il a envoyé une lettre de félicitations depuis l'hôpital, obligeamment écrite par un infirmier, vu que c'est pas pratique quand on a les bras et les mains attachés.
A noter: deux ministères qui avaient été supprimés fin 2009, faute de budget, n'ont pas été recréés: ceux de la Culture et de l'Education, les ministres ayant été recyclés, eux.
Aubry attendra son tour. N'avait qu'à pas vouloir à tout prix être secrétaire du PS.
Les Verts, eux, se sont fait ratatiner (cause vote utile). Pas de Verts non plus, donc.
Bayrou, lui, victime également du vote utile (cette fois-ci les "socialos" ont tous voté P"S", pas de combines à la con, avait averti Martine), n'a recueilli que 3% des voix. Bayrou out.
On remarquera aussi qu'il n'y a pas de parité, le nouveau président ne voulant pas faire l'injure aux femmes de les nommer non pas pour leurs compétences, mais pour la simple raison que ce sont des femmes.
Ca se justifie.
Ils sont forts au PS.
Mais des femmes, il y en aura. Beaucoup.
Dans les secrétariats.

Je rigole?
Pas vraiment.
Mais je peux me tromper.
Je l'espère.
En tous cas, CA, c'est le BON plan (Le MAUVAIS, c'est: on reprend les mêmes et on en reprend pour 5 ans).

ET, c'est AUSSI le PLAN OBAMA.
Parce qu'en fait, c'est le scénario qui se profile aux Etats-Unis.
Pas avec des pitres, cependant, mais pas avec des marrants non plus.

Voici un article du grand William Blum, écrivain américain, historien, journaliste et dénonciateur infatigable de l'Empire US.
Curieusement, ce qu'il dit là, c'est un peu ce que j'ai dit dans des billets précédents sans avoir consulté ses écrits au préalable. C'est dire si je ne peux qu'être d'accord avec le grand bonhomme.
Autres admirateurs de Blum: l'équipe du Grand Soir , à tel point qu'ils ont traduit cet article de leur côté. Misère.
Manque de concertation :-C
Mais restez là. Vous irez après chez eux. Ils ont plein d'autres articles intéressants.

The Obama Bummer
Vote First, Ask Questions Later
December 3, 2008 par WILLIAM BLUM dans CounterPunch

Le dilemme Obama

Votez d'abord, vous poserez les questions plus tard

Okay, débarrassons-nous de ce qui saute aux yeux. C'était historique. J'ai maintes fois eu la gorge serrée, j'ai eu les larmes aux yeux, même si je n'avais pas voté pour lui. J'ai voté pour Ralph Nader pour la quatrième fois d'affilée.
Au cours de ces huit dernières années quand j'écoutais les infos à la radio, je veillais à ne pas trop m'éloigner du poste pour pouvoir changer de station sitôt que le pitre ou un de ses disciples parlaient; je ne suis pas maso, je supporte très mal les imbéciles et je me lasse vite. Triste à dire, il m'arrive aussi d'éteindre la radio quand c'est Obama qui parle. Il ne dit rien, ou pas assez, ou pas assez souvent.
Des platitudes, des clichés, des promesses vidées de leur substance, "l'espoir et le changement", tout est pratiquement sans consistance, sans détails précis, et cela afin de ne pas heurter les susceptibilités.
Quels sont exactement les principes de cet homme? Il ne remet jamais en cause les limites de l'empire. Ne remet jamais en cause la "guerre contre le terrorisme". Je suis content qu'il ait gagné uniquement pour deux raisons: John McCain et Sarah Palin, et je déteste profondément le fait que le système en Amérique me force à tirer une once de plaisir d'un événement qui est à des années-lumière de mes idéaux.
Les votes en faveur d'Obama proviennent au moins autant de personnes qui aspiraient à se libérer de l'étau dans lequel le néo-conservatisme les avait enfermés que de gens qui croyaient sincèrement en lui. Il s'agit d'une forme de chantage: si vous ne votez pas pour Obama, vous vous retrouverez avec quasiment les mêmes. Vous n'avez pas le choix.
Y a t-il des raisons de se réjouir que ce bigot insupportable de Bush ait disparu du paysage ?
"Je crois que Dieu est mort pour mes péchés et que je suis racheté grâce à lui. Et cela m'apporte force et nourriture spirituelle au quotidien".
Ce sont là des paroles qui ont été prononcées par Barack Obama.
Les Etats-Unis fabriquent des fanatiques religieux comme les Japonais fabriquent des voitures. Prions pour que cela cesse.
Si vous êtes un de ceux qui aimeraient croire qu'Obama devait mettre en avant des positions de centre-droit en matière de politique étrangère pour être élu, mais qu'une fois à la Maison Blanche, terminées les salades qu'il n'a cessé de raconter, on découvrirait le véritable progressiste, champion de la paix et du respect des conventions internationales et des droits de l'homme … eh bien, rappelez vous qu'alors qu'il était candidat aux sénatoriales en 2004, il a brandi la menace de lancer des missiles contre l'Iran, et le fait de gagner les élections ne l'a apparemment pas mis en relation avec le pacifiste qui sommeille en lui. Et il n'a cessé, depuis, de proférer des menaces contre l'Iran.
Le monde est dans un état épouvantable. Pas besoin de vous faire un dessin …
Qu'est-ce que ce serait bien, merveilleusement bien, d'avoir un président imprégné de valeurs de gauche et de courage politique.
Imaginez simplement ce qu'on pourrait réaliser. Comme, par exemple, un retrait rapide et total des troupes en Irak. Vous pouvez imaginer le tableau aussi bien que moi. Avec sa popularité, Obama pourrait tout se permettre, mais il ne va probablement pas vouloir prendre des risques.
Ou bien, soyons plus exact, il continuera à être lui-même ; c'est-à-dire apparemment un centriste fervent.
Il n'est pas vraiment contre la guerre. Pas comme nous le sommes, vous et moi.
Au cours des quatre premières années d'Obama à la Maison Blanche, les Etats-Unis ne partiront pas d'Irak. Et je doute qu'il accepte un retrait complet des troupes, même au cours d'un second mandat. A-t-il seulement une seule fois déclaré clairement que la guerre était illégale et immorale?
Un crime contre l'humanité?
Pourquoi donc est-il si proche de Colin Powell? N'a-t-il pas entendu parler du rôle méprisable qu'a joué Powell dans la guerre en Irak?
Et puis, compte-t-il conserver Robert Gates, le ministre de la Défense de George W. Bush, un homme contre lequel on n'aurait aucun mal à réunir des chefs d'accusation pour crimes de guerre? Va-t-il également trouver une place à Rumsfeld?
Et que dire de Janet Napolitano, gouverneur de l'Arizona, qui est pour la guerre, nommée ministre du Département de la Sécurité Intérieure?
Ou du général James Jones, ancien commandant des forces de l'Otan qui veut "gagner" en Irak et en Afghanistan et qui a soutenu John McCain, choisi pour être conseiller à la sécurité intérieure? Jones fait partie du conseil d'administration de Boeing et de Chevron. De quel tréfonds de l'être d'Obama tout cela sort-il donc?

Comme l'a fait récemment remarquer Chomsky, l'élection d'un indigène (Evo Morales) en Bolivie et celle d'un progressiste (Jean-Bertrand Aristide) à Haïti étaient plus historiques que l'élection de Barack Obama.

Il n'est pas vraiment contre la torture non plus.
Pas comme nous le sommes, vous et moi. Personne n'aura à rendre des comptes pour avoir pratiqué la torture ou donné l'ordre de le faire. Michael Ratner, président du Centre pour les Droits Constitutionnels, dit qu'il est indispensable de poursuivre les responsables du gouvernement Bush pour qu'une politique contre la torture puisse être définie.

" La seule façon d'empêcher que cela se reproduise, c'est de veiller à ce que ceux qui ont mis en place cette pratique de la torture en paient le prix. Je ne vois pas comment nous pouvons recouvrer notre statut moral si nous acceptons que ceux qui sont directement responsables de ces pratiques quittent tranquillement le devant de la scène pour aller s'installer dans des lieux où ils pourront vivre paisiblement".

En tant que président, Obama ne peut pas se taire et ne rien faire; sinon, il héritera des crimes de guerre de Bush et de Cheney et deviendra criminel de guerre lui-même.
Fermer l'enfer de Gantanamo n'a absolument aucun sens si c'est pour transférer les détenus vers d'autres lieux de torture. Si Obama est réellement contre la torture, pourquoi ne déclare-t-il pas qu'après la fermeture de Guantanamo, les prisonniers auront droit à un procès dans un tribunal civil aux Etats-Unis ou seront renvoyés dans des pays où ils ne courent absolument aucun risque d'être torturés?
Et pourquoi n'assure-t-il pas simplement que son gouvernement se conformera en tous points à La "Convention de 1984 contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants", dont les Etats Unis sont signataires, et qui stipule:

"Le terme de torture recouvre tout acte par lequel sont infligées intentionnellement des souffrances intenses, qu'elles soit mentales ou physiques, dans le but d'obtenir des renseignements ou des aveux, par ou à l'instigation de ou avec l'accord d'un haut responsable … ou de toute autre personne ayant autorité".

La convention précise qu'"aucune circonstance exceptionnelle, quelle qu'elle soit, qu'il s'agisse d'état de guerre ou de menace de guerre, de stabilité politique intérieure ou de toute autre urgence publique ne peut être invoquée pour justifier la torture".
En dépit de cela, Obama a nommé John O. Brennan, l'ancien haut responsable de la CIA, conseiller sur les questions concernant les services de renseignements et co-directeur des services secrets dans l'équipe de transition.
Brennan, qui avait déclaré que la "reddition extraordinaire" (système qui consiste à kidnapper des gens et à les envoyer dans des prisons secrètes où ils seront soumis à la torture), politique mise en pratique sous Clinton et sous Bush, était "un outil essentiel" et qui avait encensé les techniques d'interrogatoires de la CIA, disant qu'elles avaient permis d'obtenir des renseignements qui "avaient sauvé des vies".
Obama s'avèrera peut-être aussi décevant que Nelson Mandela qui a peu fait, hélas, pour améliorer le sort de son peuple en Afrique du sud et qui, au contraire, a remis son pays entre les mains des forces internationales de la mondialisation. Si je fais cette comparaison, ce n'est pas parce que tous deux sont noirs, mais parce qu'ils avaient suscité un immense espoir dans leur pays et dans le monde entier.
Mandela avait été libéré de prison parce que les dirigeants du temps de l'apartheid pensaient qu'il deviendrait président et qu'il parviendrait à calmer la révolte de la population noire tout en dirigeant le pays au centre, en appliquant les règles de l'économie de marché et sans véritablement constituer une menace pour les privilèges des Blancs.
C'est peut-être pour cette raison qu'il s'est refusé, dans son autobiographie, à accuser la CIA de l'avoir capturé en 1962, même s'il y a des preuves accablantes pour étayer cette thèse.
Il semblerait que Barack Obama ait fait la même impression sur les élites aux Etats-Unis qui l'ont observé à la loupe lors de meetings de campagne et ont facilité son ascension spectaculaire depuis le temps, il y a quatre ans, où il n'était que l'obscur sénateur d'un état jusqu'à son accession à la présidence. L'argent investi par le monde de la finance sur le Label Obama a été phénoménal.
On peut également faire la comparaison avec Tony Blair. Les conservateurs britanniques n'auraient jamais réussi à imposer des droits d'inscription à l'université, ni à se lancer dans des guerres barbares, mais le Nouveau Parti travailliste l'a fait.
Les Républicains auraient eu beaucoup de mal à rétablir la conscription, mais je vois bien Obama le faire, enrobant le tout du slogan approprié, du genre "yes we can'.
J'espère de tout cœur me tromper sur ses actions passées, et sur la façon dont il dirigera le pays. J'espère me tromper du tout au tout.
Beaucoup de gens attendent des progressistes qu'ils exercent des pressions sur le gouvernement d'Obama pour qu'il fasse émerger ce qu'il y a de "bon" en lui, pour qu'il le force à s'engager et à faire face à ses responsabilités.
Les réformes audacieuses du New Deal de Roosevelt ont été mises en œuvre sous la pression de grands mouvements de grèves et d'autres actions dans tout le pays peu après la fin de l'état de grâce.
En l'état actuel des choses, je n'ai rien de mieux à proposer.
Que Dieu nous vienne en aide.

William Blum , écrivain et journaliste. Les livres qui ont été traduits en français sont: Les Guerres scélérates (Parangon, 19 février 2004); L'État voyou (Parangon (31 mars 2002) ; Mythes de l'Empire (Aden).
Vivement recommandés par la faculté.
Plus d'infos sur Blum ici (en anglais)