Crise aux Etats-Unis. encore et encore, les femmes et les enfants d'abord
Par emcee le mardi 2 décembre 2008, 21:33 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
Evidemment, c'est enfoncer une porte ouverte que de dire cela. Mais mieux vaut enfoncer les portes ouvertes que ne pas en parler, d'autant que ce n'est pas une évidence pour tout le monde et que les médias aux ordres en font peu état, à part brièvement à l'occasion de la "Journée Mondiale de", précédée ou suivie de la "Journée Mondiale du chat, de l'aiguille à tricoter ou du raton laveur".
Ici, il s'agit encore des USA, mais évidemment, ils n'ont pas l'exclusivité
de la situation, même si les choix budgétaires du gouvernement là-bas, ces
dernières années, ont été particulièrement indécents.
Ce phénomène existe malheureusement partout et depuis toujours et, malgré les efforts militants constants d'associations de défense des droits des femmes (je ne parle évidemment pas des "féministes" d'opérette sectaires qui sont capables de leur faire plus de mal que de bien en certaines circonstances), ce sont les femmes (et, évidemment les enfants) qui trinquent.
Aux Etats-Unis, toute la classe ouvrière et les pauvres sont touchés par la
récession et, pendant que les banquiers et autres prédateurs font la fête au
champagne millésimé dans leur jet privé avec le pèze public, ils perdent emploi
et logement, et tout moyen de subsistance.
Dans ce genre de situation, il y a les pauvres et ceux à qui il ne reste plus
que les yeux pour pleurer.
Et tout en bas de cette échelle de l'horreur, on trouve, évidemment, les femmes
seules, souvent avec des enfants à nourrir.
Pour paraphraser *Coluche, il y aura des hommes et il y aura des femmes. Et
tous seront égaux mais ce ne sera pas facile. Et il y en a qui seront femmes,
noires et pauvres et pour elles, ça sera très très dur.

Article sur ce sujet: "Economic Downturn Hits Women the
Hardest" ,publié dans Alternet
Ce sont les femmes qui sont le plus touchées par la crise
Par Brittany
Schell
Novembre 28, 2008.
WASHINGTON, Nov 20 – Selon les militantes féministes de diverses
associations, qui demandent au gouvernement de prendre des mesures énergiques
en faveur des femmes, les femmes sont touchées de façon disproportionnée par la
crise financière et celle des subprimes.
A Rhode Island, l'état qui a le taux de chômage le plus élevé du pays, une
femme, au chômage depuis huit mois, est maintenant sous la menace d'une saisie
immobilière prochaine.
Une autre, qui garde sa petite-fille de 14 ans alors que sa mère est en prison,
est locataire dans un immeuble sous saisie. Elle est expulsée par la banque,
alors même qu'elle paye son loyer.
Ces histoires de femmes, racontées par Sara Mersha, directrice de "Direct
Action for Rights and Equality" (DARE; "Action Directe pour les Droits et
l'Egalité") à Rhode Island, illustrent ce qu'elle appelle le "Katrina
économique".
Mersha était une des intervenantes parmi les militantes féministes invitées à
débattre lors d'une téléconférence organisée par la "Ms. Foundation for Women"
et intitulée: "Libérée ou lâchée? (Lifted Up or Left Out?). Le plan de
relance économique qui profiterait aux femmes à faibles revenus".
Ces spécialistes y ont évoqué les difficultés que rencontrent les femmes aux
Etats-Unis aujourd'hui et les mesures politiques qui apporteraient un véritable
changement.
Mersha explique que la crise des subprimes est d'une ampleur comparable à ce
qui s'est passé lors de l'ouragan Katrina en 2005, non seulement par rapport au
nombre de personnes touchées, mais aussi à la catégorie de celles qui en ont le
plus souffert. A Rhode Island, dit-elle, la plupart des saisies immobilières et
des expulsions ont lieu dans les quartiers pauvres où vivent des Noirs et des
Latinos.
DARE mène actuellement une enquête locale sur la crise. En visitant des maisons
frappées de saisie, Mersha a constaté une autre tendance inquiétante, à savoir
qu'il y avait "un nombre disproportionné de femmes derrière ces portes".
D'après les intervenantes, les conséquences de la crise des subprimes pour les
femmes s'ajoutent à d'autres problèmes préexistants.
Sara Gould, présidente de la Ms. Foundation, explique que sur 37 millions
d'Américains pauvres, 27 millions sont des femmes et des enfants. En fait,
ajoute-t-elle, de toutes les catégories démographiques, ce sont les femmes
seules avec des enfants qui sont le plus susceptibles de connaître la pauvreté
aux Etats-Unis.
Les intervenantes disent toutes qu'aucun programme social ne permet d'aider
efficacement ces femmes qui vivent dans la pauvreté.
D'après Gould, 2/3 de la population active qui gagne le salaire minimum ou
moins sont des femmes.
Pour un grand nombre de ces salariées, il n'y a pas de législation pour les
protéger.
Ai-jen Poo, représentante syndicale et fondatrice de Domestic Workers
United (Employé(e)s Domestiques Unis) à New York, défend la cause d'une
masse énorme de salariées à revenus faibles: les travailleurs
domestiques.
Ai-jen Poo explique qu'à NY, 200.000 femmes travaillent comme employées de
maison.
Elle raconte l'histoire d'une femme qui travaillait depuis trois ans chez des
patrons quand ils l'ont convoquée pour lui dire de ne pas revenir travailler le
lendemain. Elle avait été remplacée par quelqu'un qui acceptait de travailler
pour la moitié de son salaire. Sans préavis et sans allocations chômage, il ne
restait plus à cette femme qu'à chercher comment elle pourrait bien nourrir ses
quatre enfants.
Ai-jen dit qu'elle reçoit des appels de ce genre tous les jours de la part de
femmes qui veulent savoir quels sont leurs droits.
Mais le fait est, ajoute-t-elle, qu'il n'y a pas de législation concernant les
indemnités chômage ou les préavis de licenciement pour les travailleurs
domestiques.
"Il n'y a pas de protection sociale", dit elle. "Et 25.000
suppressions d'emplois à Lehman Brothers, cela implique que 25000 emplois de
travailleurs domestiques risquent de disparaître".
Nancy Duff Campbell, co-présidente du National Women's Law Center (Centre
National de Défense des Droits des femmes) à Washington, DC, explique que si on
veut mettre en place une protection sociale, il faut commencer par établir une
série de mesures de relance économique. Le premier plan de relance, publié en
février, a eu peu d'effet, d'après Campbell, mais les nouvelles propositions
des Démocrates aideront peut-être à apporter des solutions à long terme.
Selon Campbell, un véritable "filet de protection sociale" comprendrait
obligatoirement l'allongement de la durée des prestations chômage et une hausse
du budget consacré aux mesures dont dépendent les femmes. Campbell souligne que
les indemnités de chômage ne devraient pas seulement être versées pendant une
période plus longue, mais qu'elles devraient bénéficier à davantage de
personnes.
Cela aiderait tous ceux qui ont perdu leur emploi à cause de la crise, et dont
la majorité sont des femmes. D'après Campbell, ce serait l'occasion de faire
pression pour exiger une augmentation des allocations chômage pour les
travailleurs à temps partiel et à faibles revenus.
Campbell ajoute qu'une autre mesure devrait figurer dans ce plan de relance
économique: l'augmentation des subventions pour les bons d'alimentation, les
primes à l'alimentation pour les femmes, les bébés et les enfants et toutes les
mesures qui permettraient d'aider la population à faire face à la hausse des
prix de l'alimentation. La plupart des prestataires de ces programmes sont des
femmes et leurs enfants, toujours d'après les propos de Campbell.
Ce train de mesures devrait également comprendre une aide aux états
particulièrement touchés par la crise financière.
Par exemple, Campbell explique que si l'état fédéral prenait davantage à sa
charge Medicaid (l'assurance maladie publique destinée aux plus démunis, NDT),
il allègerait d'autant les budgets des états et empêcherait des réductions de
crédits pour certaines prestations sociales assumées par les états et dont
dépendent beaucoup de femmes, comme, par exemple, la garde des enfants.
Mersha ajoute que la moitié seulement des 700 millions de dollars octroyés par
le gouvernement pour le plan de relance des banques aurait un impact énorme sur
le logement, l'emploi, la santé, l'éducation et les autres mesures sociales qui
pourraient profiter aux femmes et à la collectivité.
Le gouvernement devrait investir dans des programmes qui "empêchent les
gens de se retrouver dans la situation où ils ne peuvent plus demander d'aide à
personne", dit elle.
" Il faut qu'il y ait un changement radical de nos priorités".
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Note perso
Récession, discrimination à l'embauche, absence de promotions diverses tout
au long d'une carrière (souvent en dents de scie), licenciements abrupts,
emplois précaires, horaires distendus, sont le quotidien des femmes en temps de
paix. Sans parler, évidemment, des cruautés qui leur sont infligées par
idéologie, soif de domination ou "tradition", .
Et en temps de guerre, me direz-vous? Alors, là c'est l'horreur absolue. Une
horreur dont les médias oublient, évidemment, de parler, sauf quand il s'agit
de justifier de nouvelles visées impérialistes.
A la Libération, ce sont les femmes qui ont été tondues sur la place publique
pour expier les péchés des collaborateurs. Ces derniers, eux, s'en sortant
pratiquement indemnes. Et plus tard, même avec les honneurs dus à l'importance
de leur prospérité.
De même, dans toutes les guerres, ce sont les femmes qui souffrent le plus. Non
seulement pour assurer le quotidien de leurs familles, souvent privées des
moyens essentiels de survie (eau, gaz, électricité, nourriture, toit), souvent
jetées sur les routes, pire encore, servant de moyen d'humiliations ou de
représailles entre factions rivales.
Je pense plus particulièrement aux femmes au Congo, à Gaza, en Cisjordanie, en
Inde, au Pakistan, en Afghanistan, en Irak et dans tous les pays pauvres qui
subissent la cruauté des hommes et leurs désirs de conquêtes, quelles qu'elles
soient et à quelque prix qu'elles soient.
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- Citation de Coluche, pour mémoire:
Il paraît que Dieu a dit: " Il y aura des hommes grands et il y aura des
hommes petits.
Il y aura des hommes beaux et il y aura des
hommes moches.
Il y aura des hommes blancs et il y aura des hommes noirs.
Et tous seront égaux mais ce sera pas facile.
Et il y en a qui seront noirs, petits et moches et pour eux ça sera très
très dur !"
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Photo: Poverty has a woman'sface
A woman holds a sign at the World Social Forum in Nairobi, Kenya, Mar. 2, 2007.
Commentaires
Effectivement une grande partie de l'analyse s'applique à la France, et à tous les pays du monde. En ajoutant que la "crise" s'accompagne partout d'une baisse des services publics supportée directement par les femmes, d'un côté licenciées, de l'autre assignées à remplacer les services disparus.
Voilà pourquoi il nous faut rappeler en permanence aux anti-capitalistes qu'illes ne doivent pas oublier d'être féministes aussi !
Je suis tout à fait d'accord: les femmes (comme l'environnement, d'ailleurs) ne doivent pas figurer dans les pages annexes du projet anti-capitaliste, mais comme partie intégrante.
Martin Luther King disait que le racisme serait vaincu quand on ne verrait plus la couleur de la peau de la personne en face de soi.
On n'y est pas encore.
Merci emcee pour cet article
Non, ce n'est pas enfoncer des portes ouvertes, c'est lutter pour qu'elles ne se ferment pas...
En tant de guerre, le viol est utilisé comme une arme pour détruire les populations, leur voler leur dignité...
Monstrueux!
Ne pas en exclure les femmes?il ne me viendrais jamais à l'esprit d'en écarter mes camarades femmes,tout simplement parce que cela va de soi,au moins pour moi.
Si tu fait un texte de portée générale,les femmes y sont incluses,je ne fais pas de différences.
Autre chose est des discriminations spécifiques aux femmes qui doivent être rappelées et combattues.
Et si dans un programme anticapitaliste les femmes sont dans les annexes je me poserais la question si il est réellement anticapitaliste et si ses concepteurs le sont vraiment
Me souvient d'un passage dans un des films de Mickael Moore ou un enfant de 6 ou 7 ans en avait tué un autre à l'école. Le sherrif du coin vomissait sur le systeme où se trouvait la mère qui bossait je ne sais plus combien d'heures pour les minimas sociaux versés par l'état, mais pour un employeur privé pour qui elle était donc tout bénef.
A des plombes de route pour le grattin ect...
37 millions d'Américains pauvres, 27 millions sont des femmes et des enfants.
Pour que ces chiffres aient un sens, il faudrait savoir le pourcentage des familles monoparentales, et le pourcentage, dans ces familles, d'enfants vivant avec leurs mères.
Par exemple, rapportés à la France, ils indiqueraient des proportions assez proches d'hommes et de femmes pauvres, les enfants vivant le plus souvent avec leurs mères.
Tu me diras, ça n'arrange pas leur situation.
Certes, mais c'est alors une autre question.
merci pour vos témoignages et vos réflexions.
Jean Claude, je ne suis pas sûre que dans les partis politiques de gauche (anticapitaliste, s'entend) il y ait autant de gens qui seraient prêts à mettre à plat tout ce qui fait que les femmes subissent des discriminations. Mais je ne veux pas faire de procès d'intention.
On verra.
gg: bonne question. Je me la suis vaguement posée en partant du principe que s'il y avait grosso modo autant de femmes que d'hommes, les enfants, eux, seraient majoritairement avec leur mère, en particulier dans les milieux pauvres (pères disparus pour des tas de raisons, mères célibataires etc.). Et, apparemment, les pères qui élèvent leur enfant seul représenteraient un taux inférieur à 10%.
Voici qqs chiffres assez significatifs. Je te laisse les consulter, parce que je risque de dire des bêtises. http://www.census.gov/population/socdemo/hh-fam/tabFM-2.pdf
Et plus généralement:
http://www.census.gov/Press-Release/www/releases/archives/facts_for_features_special_editions/002265.html