Aux Etats-Unis, toute la classe ouvrière et les pauvres sont touchés par la récession et, pendant que les banquiers et autres prédateurs font la fête au champagne millésimé dans leur jet privé avec le pèze public, ils perdent emploi et logement, et tout moyen de subsistance.
Dans ce genre de situation, il y a les pauvres et ceux à qui il ne reste plus que les yeux pour pleurer.
Et tout en bas de cette échelle de l'horreur, on trouve, évidemment, les femmes seules, souvent avec des enfants à nourrir.
Pour paraphraser *Coluche, il y aura des hommes et il y aura des femmes. Et tous seront égaux mais ce ne sera pas facile. Et il y en a qui seront femmes, noires et pauvres et pour elles, ça sera très très dur.

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Article sur ce sujet: "Economic Downturn Hits Women the Hardest" ,publié dans Alternet

Ce sont les femmes qui sont le plus touchées par la crise

Par Brittany Schell
Novembre 28, 2008.

WASHINGTON, Nov 20 – Selon les militantes féministes de diverses associations, qui demandent au gouvernement de prendre des mesures énergiques en faveur des femmes, les femmes sont touchées de façon disproportionnée par la crise financière et celle des subprimes.
A Rhode Island, l'état qui a le taux de chômage le plus élevé du pays, une femme, au chômage depuis huit mois, est maintenant sous la menace d'une saisie immobilière prochaine.
Une autre, qui garde sa petite-fille de 14 ans alors que sa mère est en prison, est locataire dans un immeuble sous saisie. Elle est expulsée par la banque, alors même qu'elle paye son loyer.
Ces histoires de femmes, racontées par Sara Mersha, directrice de "Direct Action for Rights and Equality" (DARE; "Action Directe pour les Droits et l'Egalité") à Rhode Island, illustrent ce qu'elle appelle le "Katrina économique".
Mersha était une des intervenantes parmi les militantes féministes invitées à débattre lors d'une téléconférence organisée par la "Ms. Foundation for Women" et intitulée: "Libérée ou lâchée? (Lifted Up or Left Out?). Le plan de relance économique qui profiterait aux femmes à faibles revenus".
Ces spécialistes y ont évoqué les difficultés que rencontrent les femmes aux Etats-Unis aujourd'hui et les mesures politiques qui apporteraient un véritable changement.
Mersha explique que la crise des subprimes est d'une ampleur comparable à ce qui s'est passé lors de l'ouragan Katrina en 2005, non seulement par rapport au nombre de personnes touchées, mais aussi à la catégorie de celles qui en ont le plus souffert. A Rhode Island, dit-elle, la plupart des saisies immobilières et des expulsions ont lieu dans les quartiers pauvres où vivent des Noirs et des Latinos.
DARE mène actuellement une enquête locale sur la crise. En visitant des maisons frappées de saisie, Mersha a constaté une autre tendance inquiétante, à savoir qu'il y avait "un nombre disproportionné de femmes derrière ces portes". D'après les intervenantes, les conséquences de la crise des subprimes pour les femmes s'ajoutent à d'autres problèmes préexistants.
Sara Gould, présidente de la Ms. Foundation, explique que sur 37 millions d'Américains pauvres, 27 millions sont des femmes et des enfants. En fait, ajoute-t-elle, de toutes les catégories démographiques, ce sont les femmes seules avec des enfants qui sont le plus susceptibles de connaître la pauvreté aux Etats-Unis.
Les intervenantes disent toutes qu'aucun programme social ne permet d'aider efficacement ces femmes qui vivent dans la pauvreté.
D'après Gould, 2/3 de la population active qui gagne le salaire minimum ou moins sont des femmes.
Pour un grand nombre de ces salariées, il n'y a pas de législation pour les protéger.
Ai-jen Poo, représentante syndicale et fondatrice de Domestic Workers United (Employé(e)s Domestiques Unis) à New York, défend la cause d'une masse énorme de salariées à revenus faibles: les travailleurs domestiques.
Ai-jen Poo explique qu'à NY, 200.000 femmes travaillent comme employées de maison.
Elle raconte l'histoire d'une femme qui travaillait depuis trois ans chez des patrons quand ils l'ont convoquée pour lui dire de ne pas revenir travailler le lendemain. Elle avait été remplacée par quelqu'un qui acceptait de travailler pour la moitié de son salaire. Sans préavis et sans allocations chômage, il ne restait plus à cette femme qu'à chercher comment elle pourrait bien nourrir ses quatre enfants.
Ai-jen dit qu'elle reçoit des appels de ce genre tous les jours de la part de femmes qui veulent savoir quels sont leurs droits.
Mais le fait est, ajoute-t-elle, qu'il n'y a pas de législation concernant les indemnités chômage ou les préavis de licenciement pour les travailleurs domestiques.
"Il n'y a pas de protection sociale", dit elle. "Et 25.000 suppressions d'emplois à Lehman Brothers, cela implique que 25000 emplois de travailleurs domestiques risquent de disparaître".
Nancy Duff Campbell, co-présidente du National Women's Law Center (Centre National de Défense des Droits des femmes) à Washington, DC, explique que si on veut mettre en place une protection sociale, il faut commencer par établir une série de mesures de relance économique. Le premier plan de relance, publié en février, a eu peu d'effet, d'après Campbell, mais les nouvelles propositions des Démocrates aideront peut-être à apporter des solutions à long terme.
Selon Campbell, un véritable "filet de protection sociale" comprendrait obligatoirement l'allongement de la durée des prestations chômage et une hausse du budget consacré aux mesures dont dépendent les femmes. Campbell souligne que les indemnités de chômage ne devraient pas seulement être versées pendant une période plus longue, mais qu'elles devraient bénéficier à davantage de personnes.
Cela aiderait tous ceux qui ont perdu leur emploi à cause de la crise, et dont la majorité sont des femmes. D'après Campbell, ce serait l'occasion de faire pression pour exiger une augmentation des allocations chômage pour les travailleurs à temps partiel et à faibles revenus.
Campbell ajoute qu'une autre mesure devrait figurer dans ce plan de relance économique: l'augmentation des subventions pour les bons d'alimentation, les primes à l'alimentation pour les femmes, les bébés et les enfants et toutes les mesures qui permettraient d'aider la population à faire face à la hausse des prix de l'alimentation. La plupart des prestataires de ces programmes sont des femmes et leurs enfants, toujours d'après les propos de Campbell.
Ce train de mesures devrait également comprendre une aide aux états particulièrement touchés par la crise financière.
Par exemple, Campbell explique que si l'état fédéral prenait davantage à sa charge Medicaid (l'assurance maladie publique destinée aux plus démunis, NDT), il allègerait d'autant les budgets des états et empêcherait des réductions de crédits pour certaines prestations sociales assumées par les états et dont dépendent beaucoup de femmes, comme, par exemple, la garde des enfants.
Mersha ajoute que la moitié seulement des 700 millions de dollars octroyés par le gouvernement pour le plan de relance des banques aurait un impact énorme sur le logement, l'emploi, la santé, l'éducation et les autres mesures sociales qui pourraient profiter aux femmes et à la collectivité.
Le gouvernement devrait investir dans des programmes qui "empêchent les gens de se retrouver dans la situation où ils ne peuvent plus demander d'aide à personne", dit elle.
" Il faut qu'il y ait un changement radical de nos priorités".

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Note perso

Récession, discrimination à l'embauche, absence de promotions diverses tout au long d'une carrière (souvent en dents de scie), licenciements abrupts, emplois précaires, horaires distendus, sont le quotidien des femmes en temps de paix. Sans parler, évidemment, des cruautés qui leur sont infligées par idéologie, soif de domination ou "tradition", .
Et en temps de guerre, me direz-vous? Alors, là c'est l'horreur absolue. Une horreur dont les médias oublient, évidemment, de parler, sauf quand il s'agit de justifier de nouvelles visées impérialistes.
A la Libération, ce sont les femmes qui ont été tondues sur la place publique pour expier les péchés des collaborateurs. Ces derniers, eux, s'en sortant pratiquement indemnes. Et plus tard, même avec les honneurs dus à l'importance de leur prospérité.
De même, dans toutes les guerres, ce sont les femmes qui souffrent le plus. Non seulement pour assurer le quotidien de leurs familles, souvent privées des moyens essentiels de survie (eau, gaz, électricité, nourriture, toit), souvent jetées sur les routes, pire encore, servant de moyen d'humiliations ou de représailles entre factions rivales.
Je pense plus particulièrement aux femmes au Congo, à Gaza, en Cisjordanie, en Inde, au Pakistan, en Afghanistan, en Irak et dans tous les pays pauvres qui subissent la cruauté des hommes et leurs désirs de conquêtes, quelles qu'elles soient et à quelque prix qu'elles soient.

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  • Citation de Coluche, pour mémoire:

Il paraît que Dieu a dit: " Il y aura des hommes grands et il y aura des hommes petits.
Il y aura des hommes beaux et il y aura des hommes moches.
Il y aura des hommes blancs et il y aura des hommes noirs.
Et tous seront égaux mais ce sera pas facile.
Et il y en a qui seront noirs, petits et moches et pour eux ça sera très très dur !"
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Photo: Poverty has a woman'sface

A woman holds a sign at the World Social Forum in Nairobi, Kenya, Mar. 2, 2007.