Gaza : emmurés par la folie des hommes.
Par emcee le mardi 25 novembre 2008, 22:43 - Moyen Orient - Lien permanent
On dirait qu'il y a comme une indifférence qui s'installe dans notre coin de
la planète, où les joyeux drilles du PS ou d'autres bouffons médiatiques font
plus recette que le million et demi de femmes, d'hommes et surtout d'enfants
(la moitié de la population a moins de 15 ans) qui sont emmurés vivants sans
vivres et sans soins.

(Photo: Palestine Solidarité)
Bah, on ne peut pas s'apitoyer sur toute la misère du monde.
Et puis, c'est loin de chez nous, tout ça.
Et puis ce sont des terroristes, non?
S'ils se tenaient peinards, qu'ils ne faisaient pas des misères à Israël et
qu'ils se laissaient gentiment coloniser, tout cela n'arriverait pas. Vous
voyez bien.
Alors, je ne sais pas pourquoi j'en remets une couche, moi.
Peut-être parce qu'il me semble qu'il y a urgence et qu'il y a peu de cela,
il y aurait eu un tollé.
Mais il faut dire que quand on voit qu'aujourd'hui, la télévision française
laisse pérorer (et en redemande) pendant des heures un abruti machiste, raciste
et fier de l'être sur les "races humaines", on a du mouron à se faire sur
l'avenir du pays.
Peut-être aussi parce que de l'autre côté de l'Atlantique, chez les Ricains,
c'est pareil. Même indifférence.
Toutes aphones après l'euphorie à la suite de l'élection de leur nouveau
président qui se trouve être noir, peu de voix s'élèvent contre ce (tout
petit, hein?) crime contre l'humanité.
Sauf certaines.
Comme celle de Joe Morey, militant pour la paix et pour la cause palestinienne
dans "Moving Beyond Political Activism" - Deprivation and
Desperation in Gaza", paru le 24 novembre 2008 dans CounterPunch

Gaza l'oubliée
Source
Dépasser le cadre du militantisme politique
Privations et détresse à Gaza
Par JOE MOWREY
Alors que les conditions de vie dans la Bande de Gaza sont près de virer à
la catastrophe humanitaire, les médias du monde, et, en particulier, ceux des
USA restent pratiquement silencieux. L'ONU, dont les camions chargés de vivres
et de matériel médical se voient toujours interdire par Israël l'entrée à Gaza,
est, semble-t-il, une des seules voix internationales à s'élever contre les
sanctions collectives infligées à 1,5 millions d'êtres humains. Et cela, en
dépit du fait que plus de 50% de la population à Gaza est constituée d'enfants
en dessous de 15 ans.
Israël prétend se défendre contre les roquettes rudimentaires, souvent
artisanales, que les factions militantes de Gaza tirent au hasard sur le sud
d'Israël.
Même si cela peut paraître politiquement incorrect, l'auteur de cet article
refuse de faire précéder ses réflexions par la phrase consacrée: "c'est mal
de la part des militants palestiniens de tirer des roquettes sur
Israël".
L'éthique de la résistance palestinienne à la colonisation de la Palestine par
Israël et l'expropriation du peuple palestinien sont le sujet d'un autre
article.
La question dans l'immédiat, c'est celle des sanctions collectives.
Indépendamment des actes de certaines factions à Gaza, il n'en reste pas moins
qu'Israël (avec l'approbation des US et de la communauté internationale) prive
toute la population civile de vivres, de médicaments et d'eau potable en
représailles aux actions violentes de quelques-uns parmi cette
population.
Quelles que soit les normes de justice auxquelles on se réfère, cette attitude
est inique et doit être condamnée avec force. Tout être humain doté d'une
conscience sait faire la différence entre le bien et le mal.
Apparemment pas. Tzipi Livni, ministre israélienne des Affaires étrangères et
probablement future "premier ministre", écartait, il y a peu de temps, l'idée
que les méthodes d'Israël à Gaza étaient assimilables à des sanctions
collectives, affirmant que ces opérations étaient une riposte légitime aux tirs
de roquettes sur Israël. Elle a déclaré:" la communauté internationale doit
montrer davantage de détermination à se faire entendre et à user de son
influence devant ces agressions".
Insinuer que la communauté internationale devrait condamner "ces
agressions" des factions militantes palestiniennes, tout en fermant les
yeux sur la catastrophe humanitaire qu'impose à Gaza le gouvernement israélien
prouve un degré d'hypocrisie pratiquement inimaginable.
Mais, plus important encore, le fait que ce soient des Juifs qui justement
commettent ces actes insensés à Gaza est une tragédie de portée
historique.
Les Conventions de Genève, en particulier les articles concernant les sanctions
collectives appliquées aux populations civiles, ont été en majeure partie
élaborées en réaction au traitement que les nazis avaient fait subir aux Juifs
pendant la Seconde Guerre mondiale.
Le sens d'exclusivité et de privilège créé par l'expérience sioniste en Israël
est-il devenu si important que les gens là-bas ne se voient plus que dans le
miroir de leur propre histoire? L'ironie que des Juifs, qui font partie des
peuples qui ont été les plus notoirement persécutés et calomniés de tous les
temps, refusent des vivres à des centaines de milliers d'enfants, afin,
prétendent-ils, d'assurer leur propre sécurité, est ahurissant.
Qui aurait pu un jour imaginer pareille chose?
Alors que la population de Gaza souffre, ici, aux Etats-Unis, l'immense
majorité des soi-disant progressistes continue de savourer l'élection récente
du premier Noir à la présidence.
Obama s'étant assuré une grande partie du soutien politique et financier en
promettant de soutenir inconditionnellement le régime sioniste en Israël, il
est resté totalement silencieux sur les souffrances que subissent les enfants à
Gaza.
Notre premier président noir non seulement refuse de dénoncer les sanctions
infligées à un peuple opprimé, mais il soutient activement et encourage le
régime responsable de cette attitude.
Cela aussi est d'une portée historique. Dans la lutte contre le racisme,
sommes-nous arrivés dans ce pays au point où Barack Obama donne un visage de
minorité ethnique au soutien américain aux violations des lois internationales
et de la dignité humaine fondamentale commises par Israël?
Une fois de plus, on peut se demander: qui aurait pu imaginer pareille
chose?
Tous les matins, je consulte les médias alternatifs sur Internet et j'espère
y trouver au moins un soupçon d'indignation devant la situation à Gaza.
Une poignée courageuse de sites progressistes ose critiquer Israël et dénoncer
les abus à l'encontre des Palestiniens. Mais globalement, la blogosphère
alternative triomphante et puissante est bien trop occupée à se féliciter de la
prétendue victoire qu'elle a obtenue lors de ces dernières élections, trop
occupée à fêter l'illusion de changement que représente Obama, pour admettre
l'absence de tout signe de changement substantiel de la politique étrangère US
en Palestine ou au Moyen-Orient sous ce futur gouvernement.
Est-il venu une seule fois à l'esprit de ceux qui ont soutenu si aveuglément et
avec tant d'enthousiasme leur candidat à la présidence qu'ils pourraient
maintenant utiliser leurs voix pour l'encourager à s'opposer aux violations des
droits de l'homme actuellement orchestrées à Gaza?
La triste réalité c'est que même tout un chœur de voix ne fera probablement pas
bifurquer Obama de la ligne qu'il semble avoir choisie. Il s'est entouré de
militaristes, de corporatistes et de fanatiques pro-sionistes irréductibles qui
apporteront encore tous leur soutien à Israël, peu importe les méthodes
barbares qu'utilise le gouvernement là-bas pour faire progresser la
colonisation de la Palestine.
Il choisit dès aujourd'hui de tourner le dos aux hommes, femmes et enfants de
Gaza et de Cisjordanie qui, livrés à l'armée israélienne, souffrent de
malnutrition chronique, d'extrême pauvreté, de dénuement et d'humiliations
quotidiennes.
Nous devons nous opposer à toutes les violations des droits de l'homme chaque
fois qu'elles se produisent et où que ce soit. La situation à Gaza n'est qu'un
exemple, hélas, parmi tant d'autres au niveau local, national et international.
Et le soutien et la complicité du gouvernement américain (c'est-à-dire vous
et moi) dans de nombreuses occurrences ne sont un secret pour
personne.
Si chacun d'entre nous faisait ne serait-ce qu'un geste par semaine pour
s'intéresser à ces questions, le résultat pourrait tous nous surprendre.
Si chacun voulait bien … Prendre une minute sur les longues conversations
terre-à-terre du quotidien pour discuter avec un ami de la notion d'égalité
sociale.
Ecrire un courrier à un journal local pour défendre les droits de
l'homme.
Passer juste un pour cent du temps consacré à Internet à apprendre la vérité
sur notre complicité en tant que citoyens américains dans l'exploitation et la
déchéance d'autres populations et d'autres cultures.
Eteindre son poste de télévision.
Aller s'installer au coin d'une rue avec une pancarte pour dénoncer la guerre.
Porter un badge préconisant la paix et la justice.
Un petit geste à la fois. A ceux qui ont milité politiquement, peut-être pour
la première fois de leur vie, et ont donné leur énergie et leur enthousiasme
pour qu'Obama soit élu: merci de faire partie de l'histoire. Et maintenant
pourquoi ne pas endosser les habits du militantisme social?
Ecrivez une lettre à notre président élu pour lui suggérer qu'au moins lui
reconnaisse les souffrances du peuple palestinien. Il y a peu de chances de le
faire changer ou de lui faire changer de politique, mais, vous, cela vous
changera peut-être.
Et cela, c'est véritablement le "changement auquel nous pouvons
croire".
Tout être humain doté d'une conscience sait faire la différence entre le bien
et le mal.
La question est: pourquoi sommes-nous si peu à agir selon cette conscience?
Joe Mowrey is an anti-war and Palestinian rights activist. He lives in
Santa Fe, New Mexico, with his spouse, Janice, and their three canine enablers.
You can write to him at jmowrey@ix.netcom.com.

(Photo: urgence Palestine)
Liens et commentaire perso
La blogo yankee de gauche ne s'intéresse pas beaucoup à Gaza?
Bin, chez nous aussi, cher Joe.
Et pourtant, on ne vient pas de changer de président pour un grand beau Noir,
nous. On a toujours le même. Petit, moche, menteur et fourbe. C'est dire si
c'est pas l'euphorie qui nous empêche de penser.
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Démolitions de
maisons en Palestine
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Peuples du monde, regardez Berlin, où un mur est tombé … et l'histoire a prouvé qu'il n'est pas de défi insurmontable si on veut que le monde soit uni
Barack Obama, discours de Berlin, le 24 juillet 2008.
Devant une foule de 200.000 personnes, il a également déclaré:
"l'histoire nous rappelle que les murs peuvent être
démolis" et que "le plus grand danger qui existe,
c'est que nous acceptions que des murs nous séparent les uns des
autres".
Il a rappelé à la foule venue l'écouter et l'applaudir qu'il y a 60 ans,
l'Union Soviétique avait "supprimé les vivres et autres
approvisionnements à plus de 2 millions d'Allemands, cherchant à éteindre la
dernière flamme de la liberté à Berlin. Et c'est alors que le sauvetage le plus
important et le plus improbable a permis d'apporter des vivres et de l'espoir
aux habitants de cette ville".
Connue sous le nom de "Pont aérien de Berlin", cette opération où les avions
américains et britanniques ont survolé le mur pour aller ravitailler les
habitants de Berlin-est a duré 15 mois. Plus de 2 millions de tonnes de vivres
et d'autres approvisionnements essentiels ont été distribués.
Les alliés s'étaient donné beaucoup de mal pour aider ces populations.
Hé, oui. Il fallait montrer en ce temps-là comme le capitalisme était beau et
généreux par rapport à l'abominable communisme qui affamait les
populations.
Oui, mais il y a mur et mur …
Dans son discours de Berlin, Obama n'a pas du tout évoqué ceux-là:
Le mur de Gaza.
Avec ses checkpoints
qui peuvent être brusquement fermés des heures, des jours, voire des mois,
selon les caprices du gouvernement, d'un commandant de l'armée ou d'un simple
soldat.
Et les avions qui survolent le territoire palestinien et ne transportent pas du
ravitaillement mais des bombes.
Barack Obama fera-t-il tomber les murs et construire des ponts pour créer un
monde uni et solidaire?
Rien n'est moins sûr.

Le mur d'acier à Gaza
Photo: Palestine
Chronicle
Et le mur entre le Mexique et les Etats-Unis
pour empêcher les
Mexicains pauvres et affamés, privés de terres et de moyens de subsistance,
justement à cause des accords de libre-échange qui profitent, justement, aux
grandes corporations américaines, de franchir la frontière.
Et puis, voici une vidéo sur le mur en Palestine
Edifiant
The Wall - Gaza and West Bank not Pink Floyd one


Commentaires
Comment veux tu qu'ils disent quelque chose dans les pays d'occident alors qu'en fin de compte ils tentent tous d'imposer des murs, de se bunkeriser, de se camp de retentionner...
Dénoncer l'entité sioniste serait dénoncer la vision de l'avenir qu'ils nous préparent...
Tu as parfaitement raison. Ce n'est pas à ceux-là que je parle, évidemment, de ce côté-là, il n'y a rien à espérer, ils enferment les autres et se réservent l'exclusivité de la liberté. Mais à ceux qui devraient refuser de laisser emmurer les autres et qui, eux, s'entourent d'un mur de silence. Et qui un jour finiront par ne plus avoir droit à la parole.
Et ça commence déjà. Voir les 9 de Tarnac (et bien d'autres militants pacifiques) qui se font enfermer. Nous ne pouvons pas rester dans le repli ou le cocooning. C'est la société toute entière qui s'écroule.
Mais, je sais que je prêche un convaincu, c'est juste pour préciser ma pensée.
Bonne journée à toi.
Contrôler enfermer punir affamer tuer...
Comme tu le dis c'est la société qui s'écroule.
La quasi absence de réactions face aux abjections que commet l'état d'Israel est symptomatique.
Certains jours on envie envie de crier, comme les jeunes italiens dans les manifs:
"Fermate il mondo, voglio scendere"
(arrêtez le monde, je veux descendre)
bravo et merci emcee pour se soutien au peuple palestinien.
L'ONU en cause mais bon.
http://www.voltairenet.org/article1...
Une journée de solidarité. Bon, ok, c'est pas grand chose, mais toujours ça. C'est indéniable qu'on les laisse mourir à petit feu.
http://www.indigenes-republique.fr/...
@ Yelrah, on en parle à l'ONU, oui, par la voix du président de son assemblée générale, Miguel d'Escoto Brockmann, prêtre nicaragayen, théologien de la libération et membre du Comité Politique du front Sandiniste de Libération Nationale,...mais une voix qui semble bien isolée quand il parle d'apartheid !
Déjà, des organisations radicales sionistes "dénoncent" le caractère viscéralement antisémite du discours de d'Escoto Brockmann, puisqu'il est prêtre catholique, ce qui, il faut bien le reconnaître ne facilite pas la position de ce dernier.
@ Yelrah, on en parle à l'ONU, oui, par la voix du président de son assemblée générale, Miguel d'Escoto Brockmann, prêtre nicaragayen, théologien de la libération et membre du Comité Politique du front Sandiniste de Libération Nationale,...mais une voix qui semble bien isolée quand il parle d'apartheid !
Déjà, des organisations radicales sionistes "dénoncent" le caractère viscéralement antisémite du discours de d'Escoto Brockmann, puisqu'il est prêtre catholique, ce qui, il faut bien le reconnaître ne facilite pas la position de ce dernier.
Ce n'est pas au mur de Berlin que me fait penser celui de Gaza, mais à celui de Varsovie, au ghetto.
Il est dressé contre un ennemi intérieur, pour le faire disparaître.
Le premier geste de ben gourion en 48 fut de parquer les palestiniens, barbelés, miradors et panneaux incrits "ghetto"...
«Le peu qu'on peut faire, il faut le faire pour l'honneur mais sans illusions»
Théodore Monod
Bonjour à tous,
Et merci pour votre contribution à la réflexion.
Désolée d'avoir tardé à me manifester mais des pbs de maintenance indépendants de ma volonté ont rendu ce blog chaotique et un commentaire que j'avais écrit précédemment a disparu dans les airs.
J'ai préféré attendre la fin de l'orage.
En effet, l'ONU a dénoncé cette situation, mais évidemment, c'est un coup d'épée dans l'eau, puisque personne ne tient compte de ce que dit l'ONU (et Israël et les US encore moins que les autres, puisqu'ils passent outre toute injonction de sa part) et que l'organisation n'a pas, hélas, les moyens de faire respecter les lois internationales.
On est bien tous lucides là-dessus.
Une journée de solidarité? Ouais, mais en ont-ils seulement parlé dans les médias aux ordres? Si c'est comme la journée contre les violences faites aux femmes http://aldebaran.eu.org/index.php?2008/11/24/248-violences-differences-et , cela m'étonnerait que cela ait éveillé quelque conscience et à part prêcher pour les convaincus …
Il est vrai qu'il vaut mieux un jour que jamais, mais cela permet de passer à autre chose les 364 autres. Et ça fait un sacré bout de temps sans!
Ce que je constate, finalement, c'est que nous arrivons tous à la même conclusion: qu'on peut si peu, mais qu'il ne faut pas baisser les bras quand même.
Je suis bien d'accord.
Continuons.
Actualités sur la situation en Palestine, mais vous devez avoir déjà...
http://www.protection-palestine.org...
Merci, Thé, Une bonne référence.
oui en 40 on disait :
on ne peut pas s'apitoyer sur toute la misère du monde !
Et puis le ghetto de Varsovie, c'est loin de chez nous.
Et puis ces juifs sont des apatrides corrupteurs, non?
S'ils se tenaient peinards, qu'ils ne faisaient pas des misères au pauvre peuple allemand si menacé dans sa survie, et qu'ils se laissaient gentiment affamer, tout cela n'arriverait pas. Vous voyez bien.
Salut, Roland,
Tout à fait.
Finalement, je me demande si ce qu'on appelle les "erreurs" de l'histoire ne sont pas, au contraire, des expériences pour voir jusqu'où on peut aller la fois suivante.