Bah, on ne peut pas s'apitoyer sur toute la misère du monde.
Et puis, c'est loin de chez nous, tout ça.
Et puis ce sont des terroristes, non?
S'ils se tenaient peinards, qu'ils ne faisaient pas des misères à Israël et qu'ils se laissaient gentiment coloniser, tout cela n'arriverait pas. Vous voyez bien.

Alors, je ne sais pas pourquoi j'en remets une couche, moi.

Peut-être parce qu'il me semble qu'il y a urgence et qu'il y a peu de cela, il y aurait eu un tollé.
Mais il faut dire que quand on voit qu'aujourd'hui, la télévision française laisse pérorer (et en redemande) pendant des heures un abruti machiste, raciste et fier de l'être sur les "races humaines", on a du mouron à se faire sur l'avenir du pays.

Peut-être aussi parce que de l'autre côté de l'Atlantique, chez les Ricains, c'est pareil. Même indifférence.
Toutes aphones après l'euphorie à la suite de l'élection de leur nouveau président qui se trouve être noir, peu de voix s'élèvent contre ce (tout petit, hein?) crime contre l'humanité.

Sauf certaines.
Comme celle de Joe Morey, militant pour la paix et pour la cause palestinienne dans "Moving Beyond Political Activism" - Deprivation and Desperation in Gaza", paru le 24 novembre 2008 dans CounterPunch

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Gaza l'oubliée
Source

Dépasser le cadre du militantisme politique

Privations et détresse à Gaza
Par JOE MOWREY

Alors que les conditions de vie dans la Bande de Gaza sont près de virer à la catastrophe humanitaire, les médias du monde, et, en particulier, ceux des USA restent pratiquement silencieux. L'ONU, dont les camions chargés de vivres et de matériel médical se voient toujours interdire par Israël l'entrée à Gaza, est, semble-t-il, une des seules voix internationales à s'élever contre les sanctions collectives infligées à 1,5 millions d'êtres humains. Et cela, en dépit du fait que plus de 50% de la population à Gaza est constituée d'enfants en dessous de 15 ans.
Israël prétend se défendre contre les roquettes rudimentaires, souvent artisanales, que les factions militantes de Gaza tirent au hasard sur le sud d'Israël.
Même si cela peut paraître politiquement incorrect, l'auteur de cet article refuse de faire précéder ses réflexions par la phrase consacrée: "c'est mal de la part des militants palestiniens de tirer des roquettes sur Israël".
L'éthique de la résistance palestinienne à la colonisation de la Palestine par Israël et l'expropriation du peuple palestinien sont le sujet d'un autre article.
La question dans l'immédiat, c'est celle des sanctions collectives.
Indépendamment des actes de certaines factions à Gaza, il n'en reste pas moins qu'Israël (avec l'approbation des US et de la communauté internationale) prive toute la population civile de vivres, de médicaments et d'eau potable en représailles aux actions violentes de quelques-uns parmi cette population.
Quelles que soit les normes de justice auxquelles on se réfère, cette attitude est inique et doit être condamnée avec force. Tout être humain doté d'une conscience sait faire la différence entre le bien et le mal.
Apparemment pas. Tzipi Livni, ministre israélienne des Affaires étrangères et probablement future "premier ministre", écartait, il y a peu de temps, l'idée que les méthodes d'Israël à Gaza étaient assimilables à des sanctions collectives, affirmant que ces opérations étaient une riposte légitime aux tirs de roquettes sur Israël. Elle a déclaré:" la communauté internationale doit montrer davantage de détermination à se faire entendre et à user de son influence devant ces agressions".
Insinuer que la communauté internationale devrait condamner "ces agressions" des factions militantes palestiniennes, tout en fermant les yeux sur la catastrophe humanitaire qu'impose à Gaza le gouvernement israélien prouve un degré d'hypocrisie pratiquement inimaginable.
Mais, plus important encore, le fait que ce soient des Juifs qui justement commettent ces actes insensés à Gaza est une tragédie de portée historique.
Les Conventions de Genève, en particulier les articles concernant les sanctions collectives appliquées aux populations civiles, ont été en majeure partie élaborées en réaction au traitement que les nazis avaient fait subir aux Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.
Le sens d'exclusivité et de privilège créé par l'expérience sioniste en Israël est-il devenu si important que les gens là-bas ne se voient plus que dans le miroir de leur propre histoire? L'ironie que des Juifs, qui font partie des peuples qui ont été les plus notoirement persécutés et calomniés de tous les temps, refusent des vivres à des centaines de milliers d'enfants, afin, prétendent-ils, d'assurer leur propre sécurité, est ahurissant.
Qui aurait pu un jour imaginer pareille chose?
Alors que la population de Gaza souffre, ici, aux Etats-Unis, l'immense majorité des soi-disant progressistes continue de savourer l'élection récente du premier Noir à la présidence.
Obama s'étant assuré une grande partie du soutien politique et financier en promettant de soutenir inconditionnellement le régime sioniste en Israël, il est resté totalement silencieux sur les souffrances que subissent les enfants à Gaza.
Notre premier président noir non seulement refuse de dénoncer les sanctions infligées à un peuple opprimé, mais il soutient activement et encourage le régime responsable de cette attitude.
Cela aussi est d'une portée historique. Dans la lutte contre le racisme, sommes-nous arrivés dans ce pays au point où Barack Obama donne un visage de minorité ethnique au soutien américain aux violations des lois internationales et de la dignité humaine fondamentale commises par Israël?
Une fois de plus, on peut se demander: qui aurait pu imaginer pareille chose?

Tous les matins, je consulte les médias alternatifs sur Internet et j'espère y trouver au moins un soupçon d'indignation devant la situation à Gaza.
Une poignée courageuse de sites progressistes ose critiquer Israël et dénoncer les abus à l'encontre des Palestiniens. Mais globalement, la blogosphère alternative triomphante et puissante est bien trop occupée à se féliciter de la prétendue victoire qu'elle a obtenue lors de ces dernières élections, trop occupée à fêter l'illusion de changement que représente Obama, pour admettre l'absence de tout signe de changement substantiel de la politique étrangère US en Palestine ou au Moyen-Orient sous ce futur gouvernement.
Est-il venu une seule fois à l'esprit de ceux qui ont soutenu si aveuglément et avec tant d'enthousiasme leur candidat à la présidence qu'ils pourraient maintenant utiliser leurs voix pour l'encourager à s'opposer aux violations des droits de l'homme actuellement orchestrées à Gaza?
La triste réalité c'est que même tout un chœur de voix ne fera probablement pas bifurquer Obama de la ligne qu'il semble avoir choisie. Il s'est entouré de militaristes, de corporatistes et de fanatiques pro-sionistes irréductibles qui apporteront encore tous leur soutien à Israël, peu importe les méthodes barbares qu'utilise le gouvernement là-bas pour faire progresser la colonisation de la Palestine.
Il choisit dès aujourd'hui de tourner le dos aux hommes, femmes et enfants de Gaza et de Cisjordanie qui, livrés à l'armée israélienne, souffrent de malnutrition chronique, d'extrême pauvreté, de dénuement et d'humiliations quotidiennes.
Nous devons nous opposer à toutes les violations des droits de l'homme chaque fois qu'elles se produisent et où que ce soit. La situation à Gaza n'est qu'un exemple, hélas, parmi tant d'autres au niveau local, national et international. Et le soutien et la complicité du gouvernement américain (c'est-à-dire vous et moi) dans de nombreuses occurrences ne sont un secret pour personne.
Si chacun d'entre nous faisait ne serait-ce qu'un geste par semaine pour s'intéresser à ces questions, le résultat pourrait tous nous surprendre.
Si chacun voulait bien … Prendre une minute sur les longues conversations terre-à-terre du quotidien pour discuter avec un ami de la notion d'égalité sociale.
Ecrire un courrier à un journal local pour défendre les droits de l'homme.
Passer juste un pour cent du temps consacré à Internet à apprendre la vérité sur notre complicité en tant que citoyens américains dans l'exploitation et la déchéance d'autres populations et d'autres cultures.
Eteindre son poste de télévision.
Aller s'installer au coin d'une rue avec une pancarte pour dénoncer la guerre. Porter un badge préconisant la paix et la justice.
Un petit geste à la fois. A ceux qui ont milité politiquement, peut-être pour la première fois de leur vie, et ont donné leur énergie et leur enthousiasme pour qu'Obama soit élu: merci de faire partie de l'histoire. Et maintenant pourquoi ne pas endosser les habits du militantisme social?
Ecrivez une lettre à notre président élu pour lui suggérer qu'au moins lui reconnaisse les souffrances du peuple palestinien. Il y a peu de chances de le faire changer ou de lui faire changer de politique, mais, vous, cela vous changera peut-être.
Et cela, c'est véritablement le "changement auquel nous pouvons croire".
Tout être humain doté d'une conscience sait faire la différence entre le bien et le mal.
La question est: pourquoi sommes-nous si peu à agir selon cette conscience?

Joe Mowrey is an anti-war and Palestinian rights activist. He lives in Santa Fe, New Mexico, with his spouse, Janice, and their three canine enablers. You can write to him at jmowrey@ix.netcom.com.

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(Photo: urgence Palestine)

Liens et commentaire perso
La blogo yankee de gauche ne s'intéresse pas beaucoup à Gaza?
Bin, chez nous aussi, cher Joe.
Et pourtant, on ne vient pas de changer de président pour un grand beau Noir, nous. On a toujours le même. Petit, moche, menteur et fourbe. C'est dire si c'est pas l'euphorie qui nous empêche de penser.
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Démolitions de maisons en Palestine

Un policier israélien donne un coup de tête à une femme palestinienne lors d'une manifestation contre la démolition d'une maison (video)

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Peuples du monde, regardez Berlin, où un mur est tombé … et l'histoire a prouvé qu'il n'est pas de défi insurmontable si on veut que le monde soit uni
Barack Obama, discours de Berlin, le 24 juillet 2008.

Devant une foule de 200.000 personnes, il a également déclaré: "l'histoire nous rappelle que les murs peuvent être démolis" et que "le plus grand danger qui existe, c'est que nous acceptions que des murs nous séparent les uns des autres".
Il a rappelé à la foule venue l'écouter et l'applaudir qu'il y a 60 ans, l'Union Soviétique avait "supprimé les vivres et autres approvisionnements à plus de 2 millions d'Allemands, cherchant à éteindre la dernière flamme de la liberté à Berlin. Et c'est alors que le sauvetage le plus important et le plus improbable a permis d'apporter des vivres et de l'espoir aux habitants de cette ville".
Connue sous le nom de "Pont aérien de Berlin", cette opération où les avions américains et britanniques ont survolé le mur pour aller ravitailler les habitants de Berlin-est a duré 15 mois. Plus de 2 millions de tonnes de vivres et d'autres approvisionnements essentiels ont été distribués.
Les alliés s'étaient donné beaucoup de mal pour aider ces populations.
Hé, oui. Il fallait montrer en ce temps-là comme le capitalisme était beau et généreux par rapport à l'abominable communisme qui affamait les populations.

Oui, mais il y a mur et mur …

Dans son discours de Berlin, Obama n'a pas du tout évoqué ceux-là:
Le mur de Gaza.
Avec ses checkpoints qui peuvent être brusquement fermés des heures, des jours, voire des mois, selon les caprices du gouvernement, d'un commandant de l'armée ou d'un simple soldat.
Et les avions qui survolent le territoire palestinien et ne transportent pas du ravitaillement mais des bombes.
Barack Obama fera-t-il tomber les murs et construire des ponts pour créer un monde uni et solidaire?
Rien n'est moins sûr.

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Le mur d'acier à Gaza
Photo: Palestine Chronicle

Et le mur entre le Mexique et les Etats-Unis pour empêcher les Mexicains pauvres et affamés, privés de terres et de moyens de subsistance, justement à cause des accords de libre-échange qui profitent, justement, aux grandes corporations américaines, de franchir la frontière.

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Source

Et puis, voici une vidéo sur le mur en Palestine
Edifiant


The Wall - Gaza and West Bank not Pink Floyd one




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