Que les politiques et les médias nous enfument avec ça: ils sont dans leur rôle d'enfumeurs.
Et, ces dernières années, ils ont peaufiné, avec leurs suzerains, les grands groupes privés, le scénario de la forfaiture et du mensonge avec une précision d'orfèvre.

Que des pauvres gens, manipulés, peu instruits (par la volonté des précédents) et incapables de voir la duplicité de ceux qui les gouvernent, y croient dur comme fer, c'est dans l'ordre des choses. Les manipulateurs, quels qu'ils soient - secondés avec zèle par leurs courroies de transmission - s'appuient justement sur leur crédulité pour se maintenir au pouvoir, grâce aux moyens qu'ils se sont donnés pour les berner.

Alors à nous, qui sommes dotés d'un certain esprit critique, de ne pas nous laisser prendre à ces grosses ficelles tendues par les capitalo-impérialistes, jamais en panne d'imagination quand il s'agit de préserver leur suprématie afin de rafler toujours plus du pactole public.

Évidemment, moi, ce que je dis, soit c'est de la roupie de sansonnet, soit cela relève de l'obsession complotiste.
Alors, voici quelqu'un qui sera peut-être plus convaincant que moi, française, même pas journaliste (donc, hors sérail) et de sexe féminin (ce qui est, dans la blogo, aussi rédhibitoire que dans le monde réel).
Il s'agit de Bruce Dixon, un des quatre journalistes noirs (2 hommes, 2 femmes) qui écrivent pour le site Black Agenda report .

Dans l'article (entre autres):
Cashing the Obama Check: Will It Come Back Marked “Insufficient Funds”?
Wednesday, 05 November 2008

Si on dépose le chèque Obama, va-t-il revenir avec la mention: "fonds insuffisants"?

Le vote en faveur du Premier Président Noir n'était pas simplement une question de couleur de peau et de racisme.
Pour des dizaines de millions de personnes, c'était un vote pour la paix dans le monde et la justice économique et sociale chez nous.
Barack Obama a donné au peuple américain l'illusion d'un personnage politique transformatif.
Malgré les exhortations de ceux qui demandent aux Américains de modérer leurs attentes, beaucoup sont prêts à recueillir les fruits des espoirs qui ont permis de porter massivement Barack Obama au pouvoir. Ces espoirs et ces attentes sont ce qu'on appelle le chèque Obama.

La question est: pouvons-nous l'encaisser?

"D'une certaine façon, nous sommes venus jusqu'à la capitale du pays pour encaisser un chèque … Il est clair que l'Amérique a manqué à ses engagements sur ce billet à ordre (destiné à chaque américain, NDT) en ce qui concerne ses citoyens de couleur. Au lieu d'honorer cette obligation sacrée, l'Amérique a donné aux Noirs un chèque sans provision, un chèque qui nous est revenu avec la mention: "compte pas assez approvisionné", Martin Luther King, I Have A Dream, August 1963.

Encaisser le chèque Obama: reviendra-t-il avec la mention: compte insuffisamment approvisionné"?

Par Bruce Dixon , administrateur du site "Black Agenda Report"

"Le Premier Président Noir sera-t-il d'une utilité quelconque pour nous permettre d'encaisser le chèque destiné à une véritable justice raciale?
La nuit des élections s'était terminée à 11 heures du soir sur la côte est. A peine deux heures après la clôture du scrutin sur la côte ouest, les spécialistes politiques annonçaient la victoire d'Obama.
Maintenant que nous savons qu'un petit garçon noir peut effectivement devenir président quand il sera grand, il est temps de nous ressaisir, de nous remettre de notre émerveillement et de nos autocongratulations ébahies sur la distance que nous avons parcourue. Il est temps de regarder autour de nous pour savoir où nous en sommes véritablement aujourd'hui.
Le Premier Président Noir emporte avec lui dans le Bureau Ovale les espoirs, les rêves et les aspirations de beaucoup de gens qu'il ne rencontrera jamais, mais qui s'imaginent savoir ce qu'il a dans le cœur et quelles sont ses intentions.
Même si ces questions n'étaient pas soumises au scrutin, et avaient été largement occultées pendant les débats par les médias et les candidats eux-mêmes, les dizaines de milliers de personnes qui ont voté pour Obama l'ont fait parce qu'essentiellement, ils voulaient que la guerre se termine. Ils veulent une réduction du budget militaire et une baisse de la population carcérale. Ils veulent une couverture santé universelle avec un organisme payeur unique. Ils veulent une économie plus égalitaire et ils ont protesté avec véhémence contre le plan de relance de Wall Street de Bush (et d'Obama).
Leurs espoirs de justice sociale et économique ici et de paix à l'étranger sont, selon les termes désormais célèbres de Martin Luther King, un billet à ordre gigantesque et arrivé à échéance depuis bien longtemps. Un chèque. Le Chèque Obama.
Barack Obama a été élu dans l'espoir qu'il pourrait nous permettre d'encaisser ce chèque. C'est le changement auquel croyaient ceux qui sont allés voter pour lui, c'est ce qu'ils espèrent voir arriver et c'est à cela que l'histoire jugera la présidence d'Obama.

Est-il possible d'encaisser un jour ce Chèque Obama?
Le jour où Obama prendra ses fonctions, il y aura le nombre incroyable de 1,1 millions de Noirs derrière les barreaux, un taux 8 fois plus élevé que celui des Blancs. Avant l'effondrement du marché du crédit immobilier, le capital d'une famille de Noirs représentait environ un onzième de celui des Blancs.
Depuis, cet écart s'est largement creusé.
Dans quelque domaine que ce soit, l'instruction, les salaires, la santé, la mortalité, le chômage ou les incarcérations massives, le fossé entre les Blancs et les Noirs est immense aux US et il se creuse encore.
Avec le Premier Président Noir à la tête du pays, beaucoup de Blancs vont nous certifier solennellement que les US ne sont plus aujourd'hui, s'ils l'ont jamais été, un pays raciste. Le Premier Président Élu Noir est, semble-t-il, d'accord avec eux ; lui qui n'a cessé de répéter une année durant, au cours de sa campagne, que nous évoluions à 90% vers une société non raciste.
Le Premier Président Noir contribuera-t-il d'une façon ou d'une autre à nous faire encaisser ce chèque pour une véritable justice raciale destinée à tous et non pas seulement à quelques visages noirs dans les hautes sphères?
Le jour où le Premier Président Noir prêtera serment, l'économie sera toujours, selon les termes de l'économiste Michael Hudson, une fiction polie, fondée sur les actifs fantômes, les bénéfices factices, les estimations gonflées et la fraude - un château de cartes truquées où même les banquiers savent qu'ils doivent se méfier les uns des autres. Des millions de familles seront toujours sous la menace de saisie, d'expulsion et de ruine. Des dizaines de millions d'autres sont endettées jusqu'au cou, accablées par des taux d'intérêts qui ne cessent de croître grâce à l'acharnement du colistier d'Obama, Joe Biden, appelé parfois "le sénateur de Mastercard".
La toute première fois où, encore candidat, il a eu l'occasion de montrer s'il avait l'envergure d'un chef d'état, c'est quand le Premier Président Noir a fait pression sur les Démocrates réticents pour les inciter à voter pour le cadeau d'adieu à Wall Street de Bush-Cheney de milliards de dollars sans contrepartie, quand cet argent aurait pu être utilisé à financer l'éducation, les emplois, les infrastructures, les besoins humains et à aider les familles modestes à rembourser leurs dettes.

Martin Luther King nous a dit, il y a plus de 40 ans en arrière qu'"un pays qui continuait, année après année, à dépenser plus pour la défense militaire que pour les programmes d'aides sociales était condamné à perdre son âme".
Nous attendons-nous vraiment à ce qu'Obama nous permette d'encaisser le chèque pour une économie juste, et qu'il préconise des mesures pour améliorer le sort des familles modestes? Les perspectives ne sont pas brillantes dans ce domaine non plus.
(…)
Le jour où le Premier Président Noir, censé concrétiser le rêve de ML King, entrera en fonction, les États-Unis dépenseront plus pour l'armement et l'armée que l'ensemble des autres pays de la planète. Mais en déclarant qu'il augmenterait le budget du Pentagone encore plus même que Bush et Cheney ne l'ont fait, au détriment du logement, de l'éducation et de tout le reste, le Premier Président Noir aura déjà fait opposition à sa contribution au chèque.
Le lendemain de l'élection, et le jour où le Premier Président Noir prendra ses fonctions, au moins 44 millions d'Américains n'auront pas du tout d'assurance maladie, et des dizaines de millions d'autres seront mal assurés.
Un tiers de chaque dollar dépensé pour l'assurance maladie aux États-unis sert à entretenir les compagnies d'assurances privées, parasites incontestés des prestations de soins de santé, et qui font que les soins médicaux aux États-unis sont les plus onéreux au monde, alors même qu'une partie de la population plus importante que dans les autres pays industrialisés n'est pas assurée.
Mais au lieu d'instaurer un système d'assurance maladie avec un organisme payeur unique, le Premier Président Noir compte emprunter des milliards de dollars pour donner le chèque Obama directement à ces assurances privées parasites, et baptiser cela "assurance maladie universelle".
Le jour où le Premier Président Noir prendra ses fonctions à la Maison Blanche, il y aura 800 bases militaires US réparties sur toute la planète, davantage de soldats en Irak qu'il n'y en avait en 2005 ou 2006, des navires de guerre qui menacent l'Iran et qui bombardent la Somalie à l'occasion, et une guerre en Afghanistan.
Le Premier Président Noir compte retirer des troupes d'Irak pour les envoyer en Afghanistan, ses menaces à l'encontre de l'Irak sont les mêmes que celles que faisaient peser Bush (même s'il ne les a pas mises en musique comme Mc Cain) et il oublie de citer l'engagement actuel des États-unis dans la Corne de l'Afrique. Notre Premier Président Noir, comme Dick Cheney, estime que la "Guerre contre le terrorisme" bidon doit régenter la société civile aux États-unis.
Les mamies pacifistes qui pensent voir la main de Dieu posée sur notre Premier Président Noir auront le temps de se pencher sur la question. Il n'y aura pas de réduction du budget militaire sous le gouvernement Obama. C'est une dépense dont notre Premier Président Noir ne veut même pas entendre parler, et encore moins nous en faire bénéficier.
Beaucoup de ceux qui nous assuraient qu'avoir un Premier Président Noir, ce serait une avancée historique (ceux qui ont contribué à nous faire gober l'histoire du chèque Obama) nous disent actuellement de ne pas nous faire trop d'illusions.
Après tout, ce n'est qu'un homme politique. Il n'est pas président du mouvement, il est le président de tous les Américains, y compris les plus riches d'entre nous, et il est contraint de servir les intérêts du Pentagone, de compagnies d'assurances parasites, de multinationales sans états d'âme et de banquiers d'affaires fourbes.
Tout indique que le chèque Obama va être difficile à encaisser. C'est pourtant la raison pour laquelle les gens se sont déplacés pour voter, et nous sommes nombreux à être déterminés à récupérer cette somme.
Avec ou sans l'aide de notre Premier Président Noir.

Bruce Dixon, the managing editor at Black Agenda Report, is based in Atlanta GA and can be reached at bruce.dixon(at)blackagendareport.com

Liens:
Texte du premier discours du président-élu (anglais): où on en remet une couche sur l'Union Sacrée et le rassemblement autour du drapeau.
Bel exercice.

Par contraste:
Discours de Dakar, 26 juillet 2007
Ou l'arrogance des petits

Notes perso:

Belle unanimité autour du "Premier Président Noir".

Dans la rubrique: les-petites-phrases- de-nos-grands-hommes-qui-tuent:

Aujourd'hui: le ministre français de la désintégration et de la détention perpétuelle des basanés, qui a voulu y aller de son éloge.
Évidemment, à travers le prisme de ses préjugés et en fonction de l'étendue de son ignorance.
Mercredi 5 novembre il a déclaré que l'élection de Barack Obama avait «un côté symbolique puisque chacun sait qu' (il) est d'une famille issue de l'immigration».
Ajoutant: «C'est le témoignage que le défi de l'intégration peut être relevé
Alors, Obama, immigré?
Voyons: si son père était certes kenyan, lui est né à Hawaï, état américain, d'une mère américaine. Son père et sa mère s'étant séparés alors qu'il avait 2 ans, le petit Barack a été élevé par sa mère et, pendant une certaine période, par ses grands-parents maternels.
Tous américains, si je ne m'abuse. Et blancs.
Ironie du sort: la grand-mère de BO a du sang cherokee dans les veines. Les historiens, qui se perdent encore aujourd'hui en conjectures quant aux prédécesseurs des Indiens d'Amérique, eux-mêmes prédécesseurs des bigots blancs et de leurs esclaves noirs, apprécieront les remarques de nos phénix hexagonaux.
Alors pour notre ministre, serait-ce que si on est basané, on ne serait donc qu'un immigré contraint de s'intégrer?
Je vous laisse le choix des qualificatifs appropriés, selon votre tolérance à la stupidité et à la prétention à l'état pur.
Et, donc, les US s'étant débarrassés des dirigeants les plus ignares de la Planète, qui prend la première place désormais?
On est quand même talonnés de près par l'Italie.
Ça fait chaud au cœur de ne pas se sentir seuls.

Ca, c'est pour l'anecdote, mais voyons plutôt de qui s'entoure Obama:
Rahm Emanuel (Démocrate centriste, qui combat avec acharnement l'aile "gauche" du parti, c'est dire, et partisan farouche de la guerre en Irak) a été choisi par Barack Obama pour occuper le poste de Chef de Cabinet de son futur gouvernement.
En bref: Emmanuel Rahm est le fils d'un immigré israélien, il a servi dans les “Israeli Defense Forces (IDF)”.
Son père, lui, a fait partie de l’Irgoun (mouvement entre 1930-48), le bras armé du groupe sioniste révisionniste créé par Vladimir Jabotinsky.
Farouche partisan de la guerre en Irak, il soutient Israël et sa politique.
Évidemment, ce brave gars a été pris pour ses compétences sur le terrain et appliquera une stricte neutralité une fois au gouvernement. Il ne faudrait pas tout mélanger.
Les Palestiniens (et autres Iraniens et Libanais) doivent avoir confiance. Ce n'est pas un va-t-en-guerre pro-sioniste qui peut leur faire peur, non?
La suite bientôt sur vos écrans.

Dernier point: pourrait-on élire un noir en France?
Yes, we can.
Mais, d'abord, faudrait un candidat.
Et qui c'est qui verrouille? Pas les électeurs, que je sache.
Mais les partis politiques.
Chacun son tour, comme à confesse. Cela fait 20 ans qu'on prend les mêmes et qu'on fait tourner, et toi, tu voudrais qu'un noir ou un arabe, sortis du néant, leur prennent la place de la bouche?
Déjà, il leur a fallu épuiser leur stock de mecs, avec leurs casseroles de tous ordres, avant de proposer une femme (plus de 50% de la population, tout de même).
Dommage, elle n'a pas fait mieux que les autres.
Ensuite, élire un noir, oui, mais pas parce qu'il est noir.
Sur un programme.
Et il y a de fortes chances qu'il ne me plaise pas du tout, ce programme.
Parce que s'il a été élu, c'est qu'il fait partie, justement des UMPS qui se taillent la part du lion des postes-clés en France.
Le noir UMP, merci bien. Et pourtant, si c'est leur va-tout, ils n'hésiteraient pas à s'en trouver un. En remplacement de notre Bush à nous.
Ça, c'est comme si on disait: Tu voterais pour Dati, toi? Certainement pas.
"Tu votes pas pour elle parce qu'elle est arabe?".
Et si j'avais dû voter aux États-unis, je n'aurais voté pour aucun de ces deux marionnettes du système; mais sans doute pour un des candidats de gauche, blanc ou noir, parmi les 17 autres candidats à la présidentielle.

Quant aux Noirs des US sur des postes politiques, il y en a une palanquée.
Et ils ne sont pas toujours bien blancs.
Tiens, prenez le maire de la Nouvelle Orléans, qui a cédé les écoles publiques aux groupes privés, qui a permis la démolition des logements sociaux pour empêcher ceux qui ont été opportunément déplacés de revenir chez eux, etc.
C'est la même chose pour BO. Et il n'hésitera pas à aller casser du musulman et même du noir dans les pays étrangers et faire assassiner encore d'autres innocents pour que le Capital se gave.

Alors complotomanie ou angélisme?
Le temps nous le dira. Et on n'aura pas attendre bien longtemps.
Sauf pour les pauvres, que les Démocrates ont priés de s'armer … de patience.
Parce que "tout ne pourra pas se faire tout de suite".
Evidemment.
Ca me rappelle quelque chose. Plein de choses, en fait.
Et, pendant que le monde regarde ailleurs, à Wall Street, les affaires continuent pour les banquiers (en anglais)
(l'argent donné par l"'état aux banques sert d'abord à payer les primes aux banquiers. Mais OUF, Obama est là, alors, on oublie sa colère).

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Autres liens:
Congo: l'horreur:
On parle rarement du gigantesque hold-up mondial sur les ressources du Congo
Mondialisation.ca
Que va donc faire notre cousin d'Amérique?

Discours I have a dream (le son n'est pas terrible, mais bonjour l'ambiance)



Martin Luther King : I have a dream. Un grand moment d'émotion vraie.
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