Voteriez-vous pour quelqu'un qui est clairement pour:
- la poursuite de l'occupation en Irak
- l'intensification du conflit en Afghanistan
- les sanctions économiques à l'encontre de certains pays
- les frappes contre l'Iran (qui fera « tout ce qui est en son pouvoir « pour empêcher l’Iran d’accéder à l’arme nucléaire. Tout ! »)
- la politique d'Israël et, donc, l'occupation illégale des territoires palestiniens (qui s'est engagé à « maintenir la supériorité militaire de l’État hébreu » afin de combattre « toute menace provenant de Gaza ou de Téhéran »; et précisant par ailleurs que « la menace de l’Iran sur Israël est grande, est réelle »).
- la peine de mort dans son propre pays
(Mais, attention, une peine "juste", c'est-à-dire qu'il est contre l'exécution d'innocents – une grande avancée, on le voit. Cependant, qui n'a rien trouvé à dire pour Troy Davis).

Ça, le programme de McCain? oui, aussi, à des nuances infimes près.
Mais c'est d'abord celui d'Obama.
Obama, dont le mot-clé de la campagne était le "changement".
Dans la continuité, alors.

Alors, on entend: "Obama est noir et c'est extraordinaire que les États-unis élisent enfin un Noir".
Mouais.
Obama n'est ni blanc ni noir.
Il est riche.
Il est formaté pour servir l'institution.
Si son père était kényan, sa mère était une Américaine blanche originaire du Kansas, et tous deux étaient diplômés de l'université.
Il a passé la plupart de sa jeunesse à Honolulu et a effectué une partie de sa scolarité dans une prestigieuse école privée.
Il est diplômé d'Harvard où il a fait des études de droit.
Il est plutôt noir extérieurement, certes, mais il n'est pas descendant d'esclaves, comme la majorité des Noirs américains et il n'a pas eu leur parcours.
En fait, Obama a tout d'un Blanc.

Voici une partie d'un billet paru dans Dissident Voice concernant les campagnes électorales et le système mis en place par les élites politico-financières.

Le royaliste Alexis de Tocqueville a dit: "Le suffrage universel ne me fait pas peur, les gens voteront comme on leur dira".

En voici la preuve.

Le complexe industriel-électoral

(The Election-Industrial Complex)

Par Walter Smolarek / 1° Novembre 2008

Alors que cette campagne électorale, qui semblait ne jamais devoir se terminer, tire bientôt à sa fin, il nous faut, à nous à gauche, en évaluer les dégâts. Plus important encore, il nous faut analyser par quoi ces dégâts ont été créés, à savoir la "démocratie représentative".
Pour la démocratie bourgeoise, deux points constituent des avantages directs: un pour la classe dirigeante dans son ensemble qui réaffirme (à tort) sa légitimité politique et un autre pour les grands groupes privés de l'information, qui ont bénéficié des énormes réserves fiscales qu'ont récoltées les campagnes d'Obama et de McCain. Grâce au nouvel opium du peuple (la conception du "changement" par un millionnaire diplômé d'Harvard), la participation électorale ne peut qu'être élevée, si on en juge par les taux d'audience qui atteignent des sommets et les recettes publicitaires qui explosent. Et tous ces renvois d'ascenseur politico-médiatiques par le biais du complexe industriel électoral sont la preuve que la classe dirigeante a finalement trouvé le moyen de faire que cette irritante manie de voter l'occasion de réaliser des profits énormes.
Mais qu'est-ce qui rend le parlementarisme bourgeois si utile à la pérennité du capitalisme?
Si on remonte à la période de l'histoire où a eu lieu la transition entre féodalisme et gouvernement bourgeois, le capitalisme naissant ne pouvait certes pas être comparable à l'absolutisme de l'aristocratie terrienne.
D'un côté, il avait fallu faire certaines concessions mais de l'autre, il fallait quand même imposer la dictature d'une classe minoritaire.
Il fallait inventer un système tributaire de l'argent des entreprises, de l'ostracisme électoral et de l'hégémonie des moyens d'information, tout cela enrobé d'un discours de paillettes destiné à piéger les forces progressistes et abuser la grande majorité. Les médias institutionnels, inféodés au capitalisme, serviront bien entendu à donner l'illusion de choix.
Pour comprendre que la version que donnent les medias de l'élection présidentielle est déformée, il faut bien voir comment cela se passe. Nous avons McCain, un millionnaire issu d'une famille de militaires, propriétaire de 7 maisons, et face à lui, Obama, avocat millionnaire diplômé de Harvard.
Pour ce qui est de la crise actuelle, on devine où résident les intérêts de ces deux-là.
Dès la fin septembre, le donateur numéro 1 d'Obama est Goldman Sachs, suivi de près, en 3° position, par Citygroup tandis que 35% des 20 premiers de la liste des donateurs d'Obama sont liés à des groupes bancaires.
De même, les 5 donateurs les plus importants de McCain sont des banques importantes, Merrill Lynch en tête – 60% de la liste des 20 premiers donateurs étant également des acteurs du secteur bancaire.

Les deux candidats sont des impérialistes convaincus; ils diffèrent seulement sur la cible privilégiée. McCain, architecte du "surge", a dit clairement qu'il voulait poursuivre ad vitam l'occupation de l'Irak.
Obama est considéré par une majorité de gens comme le candidat de la paix, même s'il a parlé de "forces résiduelles", euphémisme destiné à masquer le fait qu'il compte laisser en Irak des dizaines de milliers de soldats pour refuser la souveraineté au peuple irakien. Il a dit très clairement, par ailleurs, qu'il souhaitait intensifier la lutte en Afghanistan. Apparemment, déplacer les massacres à quelques centaines de Kms plus à l'est, c'est le genre de changement auquel nous pouvons croire.

Sur l'Iran, McCain et Obama ne cessent de répéter que son gouvernement finance le terrorisme (lire: qui ne soit pas subordonné à l'Occident), et tous les deux sont partisans de sanctions qui, comme l'a montrée la tragédie en Irak au cours de la seconde partie des années 90, sont tout aussi dévastatrices que des ADM. Obama agite peut-être une plus grande carotte et McCain un plus grand bâton, mais toutes les actions qu'ils vont mener dans le Tiers Monde relèveront de la même arrogance impérialiste.

Une compétition entre deux candidats pratiquement identiques présente une complication double pour les medias et pour la bourgeoisie.
D'abord, un événement aussi insignifiant ne fait pas vendre d'espace publicitaire. Ensuite, non seulement, les gens vont se lasser, mais pire encore, cela va les énerver.
Que Dieu vienne en aide aux capitalistes si la population se met à voter pour une progressiste comme Cynthia McKinney ou une révolutionnaire comme Gloria La Riva. Collectivement et de façon décentralisée, poussés par un objectif commun, ils ont imaginé un scénario qui n'aurait rien à envier à une superproduction hollywoodienne.
Le pays est en crise, un président impopulaire a mené une guerre impopulaire et l'économie est au bord de la faillite. Qui semble venir au secours des masses incultes? Barack Obama.
Il ne ressemble pas à ceux qui l'ont précédé, son nom est exotique (même si son compte en banque est semblable à celui des autres); il n'y a que lui pour représenter le changement. Non?
Mais cet homme neuf pourrait ne pas être à la hauteur de la tâche; qui donc pourrait-on lui opposer dans la tradition des héros de guerres d'antan à qui nous avions autrefois confié notre sécurité (et le reste du monde brûlé en effigie)?
Un rebelle, un héros de guerre (ne vous laissez pas impressionner par la peau calcinée de Vietnamiens innocents, femmes, enfants et hommes pour le qualifier autrement), John Mc Cain. Et le meilleur de toute cette affaire, c'est que c'est à *vous qu'on donne le "pouvoir de décision"! (*A l'exception des travailleurs sans papiers ou des criminels).
Avantages économiques
(…) Et ce scénario présente les débouchés financiers capables de motiver non seulement les dirigeants des grands groupes d'information mais également les journalistes de base, tous complices pour perpétuer la superstructure capitaliste. Il y a des profits énormes à tirer du spectacle des élections bourgeoises, comme on peut le constater avec les chaînes d'informations télévisées.
CNN, un des géants de l'information sur le câble a attiré environ 2 millions de téléspectateurs en février 2008, au moment où les élections primaires ont commencé à susciter de l'intérêt.
Entre 2004 et 2008 (période au cours de laquelle les élections présidentielles de 2004, les élections de mi-mandat et les élections présidentielles de 2008 se sont pratiquement enchaînées) CNN a multiplié ses bénéfices par deux, empochant $200.000.000 supplémentaires.
Le groupe gigantesque News Corps (qui possède Fox News) a annoncé (également en février 2008) une augmentation de 9,5% de son chiffre d'affaires et une augmentation de $200.000.000 de son revenu net, préparant le terrain pour l'acquisition de Dow Jones par Murdoch.
NBC (propriétaire de MSNBC) a connu au début de la campagne des primaires une augmentation de 8% ($33.000.000) de son chiffre d'affaires et de 10% de ses bénéfices. Cette augmentation des rentrées publicitaires a non seulement bénéficié aux chaînes de télévision, mais également aux radios, à la presse écrite, et même à certains secteurs indépendants des médias.
Pour comprendre l'ampleur de ce phénomène il faut s'intéresser aux sommes d'argent énormes qui ont été données pour les campagnes.
Au total, Obama et le parti démocrate ont récolté $511.040.553.
Les républicains, eux, ont recueilli en tout $415.950.247.
Ce qui veut dire que les partis jumeaux de la guerre et du capitalisme ont, ensemble, totalisé la somme d'un milliard de dollars à distribuer à leurs proches amis, les capitaines d'industrie de la bourgeoisie.
Si on compte également les augmentations de bénéfices des stations locales et internationales, il n'est pas exagéré de dire que la "démocratie" américaine est un secteur prospère à la tête de plusieurs milliards de dollars.
(…) Walter Smolarek est un étudiant qui soutient Gloria LaRiva et Eugene Puryear.

LIENS:

La récolte de fonds record d'Obama met à mal le système de financement public des campagnes américaines

Obama et le fric : tout simplement obscène
Bakchich

NB: Obama a refusé d'utiliser les fonds publics alloués aux candidats pour la campagne, préférant faire appel aux grands groupes privés. C'est une première.
Ce n'est pas demain la veille que les aides sociales vont augmenter, ni que les US se doteront d'un système de couverture santé universelle.
Demain, ce sont les Démocrates-Républicains qui auront encore gagné.
Sans surprise.

Et puis, combien y a-t-il de candidats à la présidentielle? Allez, un chiffre

http://www.politics1.com/p2008.htm
Eh, oui, étonnant, non?