Je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais ces derniers temps, on a du mal à garder un tout petit bout ridicule d'acquis social, les services publics n'existent pratiquement plus que dans les livres d'histoire (eux-mêmes appelés à disparaître), et les quelques résidus vont tomber très prochainement entre les mains de ces groupes privés en qui on peut avoir toute confiance, évidemment, pour gérer l'intérêt public.

Devant la crise internationale et nationale, qu'a donc décidé le gouvernement, tout en distribuant généreusement de l'argent qu'il n'avait pas, puisque, on nous a bien expliqué ça, les caisses sont si "vides" qu'il faut absolument effectuer des coupes claires dans les services sociaux?

- De sanctionner sévèrement les "patrons voyous", ces salauds qui s'enrichissaient à coups de parachutes de platine (à ce jour, il n'y a pas encore eu, à ma connaissance, de comparutions immédiates, toutefois, sans doute parce qu'ils en sont à chercher lesquels ils pourraient bien choper pour l'exemple sans que cela touche les copains … oui, mais voilà … Pas facile, facile. Même Tapie est devenu leur "copain").

- De "refonder le capitalisme".
Mais quelle bonne idée! Le capitalisme a montré jusqu'où il pouvait aller dans le mur, mais non, on prend le même système et on recommence!
Et même pas depuis zéro, non, depuis là où on l'a laissé encore récemment, juste avant la "catastrophe" (si imprévue, bien sûr) des subprimes, et donc en poursuivant les recettes qu'ils nous appliquent en disant que, ça, Coco, c'est bon pour toi.
Depuis zéro, pour moi, cela voudrait dire, grosso modo, des patrons qui embaucheraient localement des ouvriers et les feraient trimer pour un salaire, disons, cinq-dix fois inférieur au leur et qui justifieraient le fait de ne pas les augmenter par un manque de commandes ou un retard dans la production, ou l'augmentation du prix des matières premières (Argh, ces gourmands d'Africains!).
Des patrons et des ouvriers qui finiraient par bien se connaître puisque ce serait une relation à la vie à la mort. Les ouvriers à l'usine, leurs fils aussi, et les fils des patrons aux manettes, comme papa. L'ordre des choses. La roue bien huilée qui tourne dans le bon sens. Le truc "équitable", quoi.
Mais ça, oh la la! c'est une vision archaïque et rétrograde du capitalisme.
Évidemment, dans nos sociétés modernes, on a largement dépassé ce stade grotesque de paternalisme patronal, où il y avait même des patrons qui se souciaient de leur personnel (une prime par ci, un petit chèque pour le petit dernier d'une fratrie de douze par là, une semaine de congés pour la mère méritante, un petit "chez soi", etc. Des petits riens impromptus bien sympathiques).
Aujourd'hui, les patrons se sont munis d'une calculette et ils ont trouvé qu'il y avait bien plus de pognon à se faire et il n'y avait pas de raison de s'en priver.
Et comment en faire?
En tirant un maximum de la main d'œuvre locale, d'abord, puis en annonçant que, non, c'est plus possible, nous perdons de l'argent, il y a la concurrence, la mondialisation et tout ce bastringue, si nous voulons tenir, il faut flexibiliser, il faut licencier, "restructurer", élaborer des plans sociaux" – Ah, ces lois liberticides et archaïques sur le travail qui nous empêchent de respirer!
Ah, mais non, ça ne marche pas non plus! On ne peut plus continuer comme ça. Et cette mondialisation qui nous prend à la gorge et nous tend les bras. On est obligés de fermer l'usine, vous voyez, là-bas, très loin, il y a des gens qui ne font pas les difficiles, au moins. Ils sont prêts à travailler 12h/j- 7 j/s, sans loisirs, sans congés, sans sécurité sociale, sans indemnités chômage et à se déplacer à des centaines, voire des milliers de Kms de leur village - et vous qui geignez tout le temps, allez donc là-bas voir comment ça se passe!
Mais, vous n'avez pas HONTE?
Alors, on ferme ici et on sous-traite là-bas, tant pis pour vous, fallait être un peu plus compréhensifs.
Quoi, "c'est l'État qui nous a donné le pognon pour embaucher"? Et alors? On sait bien ce que c'est l'État! Aucun sens des réalités. Si on doit se contenter des picorettes que l'État nous donne, on n'est pas sortis de l'auberge. Et les actionnaires, vous en faites quoi? Ils attendent des résultats, eux.
D'ailleurs, au gouvernement, ils savent bien que s'ils veulent que le chômage baisse et que les "capitaux" ne s'enfuient pas vers l'étranger, il faut sacrément mettre la main à la poche et faire de gros efforts côté législation sur le travail.
A priori, si on a un cerveau, cela pourrait sembler pourtant bien répréhensible comme système, non?
Oui, mais voilà, ce n'est pas ceux-là que le gouvernement veut lourder (voire enfermer dans une prison dorée). Eux, ce sont, justement, les "entreprises qui embauchent". Total respect!
Les actionnaires, alors? Beuh, nooooon! Vous voulez faire effondrer le système et rien proposer à la place? Comme tous les gauchos, que de la gueule.
Mais QUI alors? Ceux qui rachètent des entreprises "en difficulté", qui débauchent une grande partie des employés sans en avoir jamais rencontré un seul (cela se fera par le biais d'un DRH tout droit sorti d'une école de commerce), et qui les revendent avec une plus-value, opération grâce à laquelle les banquiers palpent des primes somptuaires en fin d'année?
Euuuh, là, attention, faut voir!
Vous voulez parler de qui? Vous avez des noms? Parce qu'il faudrait pas porter des accusations sans preuves. Attention!
Avec vos divagations, vous voulez peut-être finir comme Denis Robert, hein?
… HEIN?
Et puis, pour l'instant, il y a quand même plus urgent à faire que de s'attaquer à ceux-là, non?
Eh, oui, le gouvernement sait établir des priorités: d'abord régler leur compte aux classes moyennes et populaires.
Parce que si:
Les entreprises n'embauchent pas
Les usines ferment
Les patrons licencient
Les emplois sont précarisés, à temps partiel et de moins en moins rémunérés
Les capitaux s'envolent dans des paradis fiscaux
La sécu est en faillite
Les hôpitaux sont délabrés, l'Ecole publique au plus mal, la SNCF en déconfiture, la Poste en capilotade, la justice en débâcle, l'armée en déroute … et j'en passe … C'est bien la faute aux classes moyennes et populaires, non? … qui veulent le beurre, l'argent du beurre et la crémière en sus. Toujours à réclamer, ces gens-là.
Alors, en toute logique, le gouvernement, qui sait mieux que nous, évidemment, va supprimer vite fait les privilèges intolérables (comme dit Saint-Jacques de Marseille) dont nous avons bénéficié jusqu'à présent par la faute de gouvernements laxistes et irréalistes.
Les 35h? Tas de fainéants!
Sécurité de l'emploi? Et puis quoi, encore?
Augmentation de salaire? Vous videz les caisses et vous avez le culot de nous demander encore des sous?
Et tous ces fonctionnaires qui prenaient l'argent dans la bouche de nos pauvres entreprises et qui se pavanaient devant ces malheureux employés du privé, mains dans les poches, sûrs de garder leur emploi, eux, ou brandissant des banderoles tous les quatre matins pour échapper à une journée de "travail"et pour réclamer encore et encore de nouveaux droits.
Si c'est pas odieux, ça! Allez, égalité pour tout le monde! Et que les méritants sortent du rang!
Eh bien, voilà les solutions qu'ils vont nous apporter sur un plateau et qu'ils appellent "refondation du capitalisme".
OUI? ... QUOI? Ah, on me dit dans l'oreillette "Et le pouvoir d'achat?".
Pouvoir d'achat? On y vient, on y vient! Attendez, on ne peut pas tout faire en même temps!
On vous l'a dit: on va ouvrir des supermarchés partout. Et ils seront même ouverts le dimanche pour que vous ne ratiez aucune des promotions.
Et avec ça, ça va être la cerise sur le gâteau.
Rhôlala, qu'est-ce que vous êtes négatifs, si on vous dit que c'est ÇA qu'il vous faut! Vous verrez, ayez confiance. On ne vous a pas menti jusqu'à présent, non?
Hein? Oh, oui, mais c'était juste une - petite - fois!
Eh oui, ainsi parlent d'une seule voix les membres de ce gouvernement qui continuent d'enfumer le peuple.
Pourtant, croyez bien, pas besoin d'être expert en économie (et je parle en "connaissance" de cause) pour voir où tout cela va nous mener.
D'ailleurs, si on est un peu curieux de nature, on peut aller voir comment ces bonnes recettes capitalistes qu'ils nous appliquent opiniâtrement ont fonctionné, ne serait-ce qu'aux États-unis et en Grande Bretagne, qui avait été érigée en modèle, à droite comme à droite (au PS, donc).

Bon, alors, ça y est, j'ai fait ma crise ce matin.
C'est bien. Mais c'est mon clavier qui prend.
Pendant la débâcle, le magasin reste ouvert et continue de faire des affaires.
Sur du velours.

Alors, je repose la question: QU'EST-CE QU'ON FAIT?

Les Italiens, eux, n'ont pas attendu bien longtemps pour descendre dans la rue par millions (vous avez remarqué que depuis quelque temps, il n'y a plus d'"état de grâce" gouvernemental et qu'il y a ceux qui ont mal voté et ceux qui ont voté pour empêcher l'élection de l'autre, et que tout le monde se déteste?).

On attend quoi? Un sursaut des orgas, des partis politiques?
OUAIS! C'est ça, attendons. Parti comme c'est parti, on en a encore pour un bon moment de capitalisme refondu!

Quand on voit qu'une partie de la gauche pousse des cris d'orfraie parce que des petits gars des banlieues, pas des plus nantis, pas des plus privilégiés par le système, ont sifflé la Marseillaise en signe de protestation, on se demande ce qu'elle envisage comme moyen de protestation pour faire fléchir le gouvernement et faire cesser le massacre.
Enfin, moi, je dis ça …
Après tout, il fait beau et chaud et j'ai un clavier solide.
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Autre sujet (quoique ...)

En ce moment, il y a des tas de trucs qui m'interpellent, mais j'ai pas quatre bras. Surtout que parfois, ils m'en tombent!

Il y a eu le billet de Christine, sur le site les "Suiveurs des Choses" par exemple, qui m'a interpellé.
Le temps que je retourne mon cerveau plusieurs fois et que d'autres interpellations surviennent en même temps, et c'était trop tard pour rédiger quelque chose. C'est que ça va vite chez les Suiveurs: il y en a plein qui ont de bonnes idées et qui réagissent au quart de tour. Alors, moi …

Mais j'avais mon idée là-dessus et il se trouve que quelqu'un s'est dévoué pour l'exprimer et bien mieux que je ne l'aurais fait.
C'est là.

Oui, il y en a marre que les mecs en France, avec des nanas qui lui emboîtent souvent le pas, puissent se permettre de harceler les femmes en toute impunité et avec l'approbation goguenarde des autres. Oh, allez, c'est pas si grave, il voulait juste s'amuser! Et c'est pour cela qu'il l'a inondée de mails.
Évidemment.
Parce qu'une femme qui a envie d'avoir une relation avec un mec, elle ne le sait pas toute seule si on ne le lui répète pas jour après jour, heure après heure ("Je vois bien que tu en as envie. Allez, LIBERE TOI!").
Et d'abord, une femme qui dépend du bon vouloir de son supérieur hiérarchique (ou de l'"aura" d'un autre collègue) a tout loisir de dire NON. Évidemment!
Et puis, nous les champions du sexe, on ne va pas se formaliser pour quelques bisous volés dans le cou par une bouhce goulue, quelques frôlements intrusifs, une tape sur les fesses ou du rentre-dedans devant la photocopieuse!
Alors, déjà pour le viol, si tu n'as pas été massacrée physiquement, il y a toujours le doute (et si tu ne mettais pas ces fringues, peut-être qu'on ne te sauterait pas dessus! Ah, n'est pas sœur Emmanuelle qui veut!), oui, donc, déjà pour le viol, c'est pas gagné, mais le harcèlement sexuel, il n'y a que toi et tes fantasmes qui parlent. Les autres, ils ne voient rien.
Ou ne veulent rien voir.
Et comme le dit l'article sus-cité: ce n'est pas réservé à la droite. Chacun son style, mais le résultat est le même: chaque harcèlement brise une vie, voire plus.
Parce qu'il faut le savoir aussi, ces mecs-là, c'est juste pour la baise. Pas question d'aller plus loin, de s'embrouiller avec leur propre famille pour si peu. Une fois qu'ils ont réussi, tu ne vaux plus cher (sauf dans les hautes sphères, bien entendu, où il faut quand même cracher au bassinet pour éviter le scandale et payer le silence de la nana au tarif escort girl).

Alors, ce type très haut placé qui n'a eu de cesse de faire tomber dans son lit celle sur qui il avait jeté son dévolu, eh bien, ce type est pourri jusqu'à la mœlle car il se trouve qu'en plus, il est pourri avec les pauvres, lui qui a les cordons de la bourse (si je puis me permettre), qu'il est pourri avec les employés sous ses ordres, puisqu'il a commencé par dégraisser le mammouth, et avec tout ça, qu'il n'a même pas de co(q)uilles puisque pour rattraper le coup (si je puis, à nouveau, me permettre), il a présenté ses excuses.
OUI, ses EXCUSES.
Parce qu'évidemment, le pognon, il y tient comme à la prunelle de ses yeux, son portefeuille est bel et bien à gauche, juste à la place du cœur, et là, il est prêt à faire des compromis.
Énormes.
Attention, j'ai pas dit "s'amender".

Alors si on sifflait la fin du match pour tous ces pourris qui ne pensent qu'à baiser (et je pèse mes mots) tout le monde?

Et puis, ça n'arrive pas qu'aux riches: voici la chronique d'un harcèlement ordinaire.
Comme il s'en passe (sous silence, en général) partout en France:
''Ils « s’amusaient », le tribunal les a condamnés pour harcèlement moral et agressions sexuelles''. LDH-Toulon.

Sur ce, comme je l'ai dit précédemment, il fait beau, il fait chaud. Et aujourd'hui, on a une heure de plus à profiter de la vie.
Que demande le peuple ... !