A Washington, les gueux n'ont plus droit de cité
Par emcee le jeudi 9 octobre 2008, 09:30 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
Suite du billet précédent " On prend l'oseille et
toi, tire toi.
Aujourd'hui: les sans-abri de Washington.
Les sans abri le resteront coûte que coûte, mais seront assis à la droite de
Dieu dans un monde meilleur, à moins qu'ils grillent en enfer, question de
compenser les longues nuits d'hiver sur le bitume.
Le centre d'hébergement Franklin School Shelter faisant
l'objet des convoitises des promoteurs - ils ne sont jamais rassassiés - les
sans-abri habitués du centre sont priés d'aller traîner leurs guêtres
ailleurs.
Il faut dire que c'était gâché sur ces gens-là, non?

Jusqu'à il n'y a pas bien longtemps, Washington était en grande majorité
peuplée de Noirs, abandonnés dans les centres-villes par la middle-class
(blanche) qui allait s'installer dans les banlieues et de plus en plus
loin.
Pour y construire des maisons de plus en plus mahousses avec des jardins de
plus en plus vastes, ornés de barbecues imposants comme des chapelles
funéraires dont ils n'auraient pas le temps de se servir, faute de temps,
faute
d'amis.
Avec cette middle-class aisée, partaient également les emplois et les
services.
Cette situation n'était, évidemment, pas tenable, les centres-villes étant
laissés aux déshérités, où le chômage était rampant et les emplois précaires et
sous-payés. Les grandes villes des Etats-Unis étaient grevées de dettes, avec
de trop maigres rentrées fiscales et une facture d'aides sociales élevée.
Le chômage, les logements non entretenus, le délabrement des quartiers, le
manque d'instruction, l'enfermement dans les ghettos ou dans les prisons,
l'absence totale de perspectives constituaient le terrain idéal pour la
création de zones de violence et de criminalité.
C'est alors que fin des années 1990 a été entreprise de façon plus massive la
"gentrification" de quartiers entiers. Mais pas en douceur et en harmonie,
évidemment. Non. En toute brutalité.
Réhabilitation des habitations, expulsion des pauvres qui, ne pouvant plus se
loger ont dû s'éloigner des centres-villes pour se rendre dans des banlieues
délabrées et isolées ou dans des quartiers surpeuplés et infestés par la drogue
et la criminalité. A moins qu'ils ne se soient carrément retrouvés à la
rue.
La middle-class aisée (essentiellement blanche, je le rappelle) et les grandes
enseignes, elles, se réappropriaient les quartiers centraux des villes, y
reconstituant le schéma de la banlieue huppée, ghetto sectaire et
protégé.
Les municipalités se frottaient les mains. Il y avait du pognon à se faire.
(NB: en 2006, on constate une baisse de la population noire, 54% -baisse de
6,2% - et une nette hausse de la population blanche -13% - depuis l'année
2000).
C'est dans ce contexte que le Centre d'hébergement Franklin School
Shelter se retrouve dans l'œil du cyclone. Pas question de laisser aux pauvres
ce qui peut se convertir en sonnantes et trébuchantes.
Article paru le 2 octobre 2008 dans CounterPunch
Defending the Franklin School Shelter
Par Andrew Thomaides:
Lutte pour la sauvegarde du centre d'hébergement Franklin
School Shelter
Alors que le Congrès Américain siège dans la capitale pour décider d'un plan
de relance de 700 milliards de dollars destiné aux riches, à quelques rues de
là, les sans-abri de la ville sont abandonnés, exposés à la mort par
hypothermie pendant l'hiver qui approche à grands pas.
Depuis ces deux dernières années, les sans-abri, avec le soutien d'habitants de
la ville, de collectifs et d'ONG luttent pour empêcher la fermeture injuste du
dernier centre d'hébergement d'urgence des sans–abris dans le centre de
Washington.
Le centre d'hébergement Franklin School Shelter, situé à l'intersection de la
13° Rue et de K Street, un quartier de la ville riche et puissant, est dans le
collimateur de la mairie - l'objectif de deux maires successifs, d'abord Tony
Williams, puis Adrian Fenty, étant de le fermer et de le remettre aux
promoteurs.
L'emplacement géographique de Franklin joue un rôle essentiel pour les deux
camps dans ce conflit particulier. En fait, le lieu où est situé le centre
d'hébergement explique à la fois qu'il se retrouve dans le collimateur de
Fenty, le maire, et également, pourquoi sa fermeture a rencontré autant
d'opposition parmi les sans abri du centre de Washington.
L'immeuble est estimé à 12 millions de dollars environ, ce qui est une aubaine
pour la ville. De la même façon, le fait qu'il soit situé au coeur du quartier
d'affaires (= des lobbys) du centre de Washington, attire les convoitises des
promoteurs, même s'il est très cher.
Mais l'emplacement de Franklin est également un point stratégique très
important pour les sans-abri, qui dépendent du centre pour survivre en hiver et
s'en servent comme point de chute dans leur lutte quotidienne pour améliorer
leur ordinaire. La majorité des autres centres, ou plus spécialement ceux où
Fenty veut envoyer les résidants de Franklin, sont situés à près de 9
kilomètres de là, sur l'autre rive du fleuve, à Anacostia.
La distance depuis ces centres d'hébergement de repli jusqu'au centre-ville est
un problème énorme pour les gens qui sont jetés à la rue de Franklin et obligés
de se mettre en quête d'un lit au sud-est de Washington (tous les centres
d'hébergement ayant un nombre limité de possibilités d'accueil). Non seulement
les lieux d'accueil sont situés dans des endroits dangereux et infestés de
drogue, mais ils sont également de 6 à 9 kms de la plupart des soupes
populaires, des services sanitaires et d'autres services vitaux situés au
centre-ville, dont dépendent la plupart des sans-abri au quotidien.
A partir de là, sans argent pour prendre les transports publics, les kilomètres
qu'ils seront contraints de faire à pied, auront sans aucun doute des
conséquences graves sur leurs possibilités de réinsertion ou pour accéder aux
soins médicaux.
Peut-être pire que cela encore sera l'obstacle que constitue de toute évidence
cette longue marche préalable pour ceux qui auront trouvé un emploi: il leur
sera difficile d'arriver à l'heure au travail, a fortiori d'avoir pu déjeuner
avant de commencer à travailler.
Un des pensionnaires de Franklin explique, par exemple, qu'il y a des autobus
gratuits pour les centres de loisirs qui s'arrêtent devant les lieux d'accueil,
mais leurs horaires sont aléatoires, et donc, les gens sont contraints, pour
pouvoir arriver à l'heure sur leur lieu de travail de dormir dans la rue,
plutôt que d'aller dans un centre d'hébergement sur l'autre rive et risquer de
perdre leur emploi.
Un autre résidant de Franklin, Mike Coleman, 66 ans, un maçon à la retraite qui
ne peut plus travailler à cause de problèmes de santé et vit des aides
sociales, dit:
"ils vous envoient dans des quartiers dangereux. Si c'est au détriment de votre santé ou de votre tranquillité alors, pas question d'y aller. Moi, j'ai passé la nuit dans le parc".
Il ajoute que le problème le plus important concernant la fermeture de
Franklin, c'est la décentralisation, expliquant qu'il va falloir qu'ils se
rendent au centre-ville pour trouver de quoi manger. De plus, dit-il,
"La mairie cherche à caser tout le monde dans les 6°, 7° et 8° arrondissements. Il y a 8 arrondissements et on n'en utilise que 3. Si on accueille les uns, il faut aussi accueillir les autres".

Mais qu'est-ce qu'ils ont contre ça?
Ce trajet à pied de 6-8 kms multiplie les dangers pour ceux qui doivent le
faire tous les jours. Comme de traverser certains ponts sans passages piétons,
ce qui les oblige à marcher sur la chaussée la nuit, ou bien d'aller à pied
depuis le centre de soins jusqu'au centre d'hébergement. Ainsi, d'après Lewy
Cannao, 66 ans, résidant de Franlin, un seul comprimé de Percocet, un puissant
analgésique, se vend 30 dollars dans la rue, et donc, si vous vous promenez
avec toute une ordonnance, vous allez sûrement vous faire agresser. Et, là,
vous êtes cuit".
Actuellement, la politique que poursuit Fenty a mis à la rue 300 personnes,
alors que nous allons bientôt entrer dans la saison froide. Heureusement, la
résistance qu'ont organisée les résidants de Franklin, avec l'aide de ceux qui
les soutiennent, a porté des fruits sous la forme d'une loi, la
“Franklin Shelter Closing Requirements Emergency Act”.
Le 16 septembre 2008, le conseil municipal de la ville a voté un décret qui
exige que le maire certifie devant le conseil municipal que pas moins de 300
personnes ont été recasées avant de faire fermer Franklin, et que pendant ce
temps, le centre continue de fonctionner avec ses 300 pensionnaires. Ce décret
exige également qu'avant toute décision de fermeture, le maire remette au
conseil un rapport où seront indiqués, entre autres, la capacité réelle du
centre d'hébergement de remplacement, les places effectivement disponibles et
le lieu où il est situé, ainsi que les possibilités d'accueil d'urgence en cas
de risques d'hypothermie.
Le conseil a adopté ce décret à l'unanimité (12 voix contre 1). Cette majorité
écrasante en faveur de cet arrêté s'explique par les nombreuses actions menées
depuis plus de deux ans, à la fois par les résidants de Franklin et par les
habitants de la ville. Le maire a deux semaines pour signer ce décret ou alors
y mettre son veto. Dans le second cas, elle sera à nouveau soumise au
vote.
(…)
Et pendant ces deux semaines de délai, le maire a décidé d'exercer son droit,
avec les terribles conséquences que cela comporte, de démanteler le centre lit
par lit. Les lits ont commencé à disparaître fin juillet et de plus en plus de
sans-abri ont été expulsés de Franklin. Le premier août, il ne restait plus que
270 lits sur 300 et le 25 septembre, il n'y en avait plus que 50. Le 26
septembre, la ville fermait le centre et en interdisait l'accès aux anciens
pensionnaires, même pour récupérer des affaires qu'ils y avaient laissées.
(…)
Alors qu'approche la date butoir du 30 septembre, la résistance continue. Les
gens qui participent aux actions opposent les 700 milliards de dollars pour
renflouer Wall Street et les attaques répétées contre le logement social à
Washington et dans tout le pays. (…)
Le but de ces actions est de créer un précédent pour faire admettre que le
logement public est un droit. Des lieux d'accueil de remplacement devraient
être obligatoirement prévus quand un centre ferme, ce qui n'a pas été le cas
pour Franklin (même si Fenty avait en 2006 proposé un amendement budgétaire
interdisant la fermeture de Franklin avant que des structures d'accueil de
remplacement soient créées dans le centre-ville).
Au début du mois, la porte parole du maire, avait déclaré que Franklin était
dans un état déplorable et qu'ils ne pouvaient pas accepter que des gens vivent
dans de telles conditions. Le maire tient le même discours pour tenter de
justifier la fermeture du centre, qu'il prétend être insalubre.
Cependant, cette théorie est contestée par les gens mêmes qui y habitent, et à
juste titre.
Ces deux dernières années, la ville a versé 2 millions de dollars pour rénover
l'immeuble. Les sanitaires et le bureau de l'assistante sociale ont été
refaits; on a récemment remplacé et installé une climatisation toute neuve, le
système d'alarme incendie, deux chauffe-eau - des éléments qui font défaut
pendant des périodes plus ou moins longues dans d'autres centres d'hébergement,
ce qui fait que Franklin est non seulement habitable en l'état, mais bien plus
confortable que certains centres, et il n'est certainement pas plus
"déplorable" que le fait de jeter des êtres humains à la rue en plein
hiver.
(…)
Le maire a présenté le 2 avril 2008 son projet "priorité au logement". Ce
projet prévoyait, entre autres, la fermeture de Franklin, la création de 400
places d'accueil de secours permanentes d'ici le 1° octobre 2008 (dont, à ce
jour, on n'a pas vu la couleur) et 1600 places supplémentaires d'ici à 2014. Il
prétend ne vouloir fermer le centre ni pour le mettre en vente ni pour le
louer.
D'accord, mais si c'est le cas, c'est quand même bizarre, voire irresponsable,
que la mairie ait dépensé 2 millions de dollars d'argent public (quand, déjà,
la ville réduit les dépenses sociales et se plaint de la baisse du budget) dans
un immeuble, simplement pour le laisser vacant et en sommeil.
(…)
La lutte pour la sauvegarde du centre d'hébergement de Franklin n'est qu'un
exemple d'action parmi tant d'autres dans toute l'Amérique pour conserver le
logement social.
Une action similaire a eu lieu cette année à la Nouvelle Orléans quand la
municipalité a entrepris de démolir 4500 logements sociaux. Malgré les efforts
des résidants pour préserver ces logements, ils ont malgré tout été démolis,
alors que la Nouvelle Orléans connaissait une grave crise du logement et une
hausse brutale du nombre de sans-abri à la suite des dégâts causés par
Katrina.
En fait, les travailleurs pauvres et démunis en Amérique subissent des attaques
depuis ces trente dernières années, avec pour résultat actuel le fossé le plus
important entre les super-riches et les pauvres depuis la Dépression de 29. Nul
besoin d'être grand clerc pour comprendre qu'une grande partie du budget qui
pourrait être alloué au secteur public et aux services sociaux est en fait
utilisé pour financer les prisons et le complexe militaro-industriel
(CMI).
Etonnamment, les Etats-Unis ont un budget militaire plus élevé que l'ensemble
des budgets du monde industrialisé, y compris la Chine, le Moyen-Orient et
l'Afrique du Nord. Nous dépensons trois fois plus d'argent pour un détenu (2.2
millions de personnes sont incarcérées aux Etats-Unis) que pour un élève de
l'école publique et, croyez-le si vous voulez, les Etats-Unis dépensent 4 fois
plus d'argent (7 milliards de dollars par an) pour arrêter et incarcérer les
détenteurs de marijuana que pour les programmes pour les sans abri et les
logements à prix modéré (1,92 milliards de dollars!).
Parallèlement, il y a plus de 50 millions de personnes qui n'ont pas
d'assurance maladie, 200.000 vétérans de l'armée sans abri qui vivent dans la
rue de façon permanente, entre 1 et 1,5 millions d'adolescents qui se
retrouvent au moins une fois par an dans la rue tous les ans, et près de 13
millions d'enfants qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, et 28 millions
supplémentaires qui vivent dans le dénuement le plus total.
De plus, 600.000 familles, dont 1,35 millions d'enfants, se retrouvent sans
abri chaque année, constituant 50% de la population des sans-abri.
Comme on peut le constater, il y a une crise évidente dans ce pays, et les
offensives, parmi lesquelles le démantèlement des logements à prix modérés,
menées à la fois à l'encontre de la classe ouvrière et de la classe moyenne,
sont la cause directe de l'augmentation du nombre des sans-abri.
Il faut que cesse cette mascarade.
Et, tandis que les sans abri et leurs défenseurs se battaient pour sauver le
centre de Franklin, et par là même sauver des vies cet hiver, Barack Obama et
John Mccain étaient à la maison Blanche pour débattre de la meilleure façon de
vendre au peuple américain leur plan de sauvetage de 700 milliards de dollars.
Cet argent va aller aux plus riches tandis que les démunis, eux, souffrent de
ce système économique même que les riches ont inventé.
Comme le dit Dean Baker, économiste et co-directeur du "Center for Economic and
Policy Research":
"Et donc, la solution proposée par le gouvernement est que les gens qui se sont conduits de façon incroyablement irresponsable, qui se sont comportés comme des truands, encaissant, ces dernières années, des dizaines de millions de dollars en salaires et en compensations vont maintenant empocher ce chèque en blanc de 700 milliards de dollars de la part des contribuables américains. C'est tout bonnement ahurissant."
(…)
Tandis que les spéculateurs de Wall Street travaillent main dans la main avec
leur pote, le ministre des finances, Henry Paulson, également connu sous le nom
de “Mr. Risk” (ancien PDG de Goldman Sachs, il détient 540 millions de dollars
en actions GS), pour sauver leur peau ainsi que leur fortune, les ménages des
classes ouvrières et des classes moyennes continuent de perdre leurs maisons,
ainsi que toutes leurs sources de revenus.
Il est nécessaire d'agir en cette période de récession, mais ceux qui ont
réellement besoin des 700 milliards de dollars ne sont pas ceux qui empochent
déjà des dizaines de millions de dollars. Ce plan de sauvetage de 700 milliards
de dollars devrait aller aux deux millions de propriétaires qui vont perdre
leur maison cette année, aux millions de ménages qui vivent avec 20.000 dollars
par an, aux 50 millions d'Américains qui n'ont pas de couverture médicale, et
aux résidants de Franklin qui se retrouvent à nouveau dans la rue.
Malheureusement, il semble que ceux qui sont au pouvoir, y compris les deux
candidats à la présidence, sont d'accord pour donner des centimes à la
population et distribuer, le sourire aux lèvres, des milliards aux
"banksters".
C'est à nous de reprendre et de défendre ce qui nous revient de droit.
...................................................................................................................................................
Note perso:
Alors voilà, on enlève du pavé tout ce qui fait tache et on passe le karcher.
Et, comme ça, on reste entre gens de bonne compagnie.
Les sans-abri, sans fric, sans soutien n'ont qu'à se liquéfier le long des
murs. La misère, c'est sale. On ne veut la pas voir.
Alors, pour se dédouaner, on les accuse. De tous les maux. Des leurs et de ceux
des autres.
Et puis, on est trop nombreux sur cette planète. Faut bien qu'il y en ait qui
meurent pour laisser la place aux autres.
Prenez les prostituées (enfin, façon de parler).
Sitôt arrivé place Beauvau, Karcher numbeur one les vire des centres-villes. Eh
oui, pas propre tout ça.
Allez Hop, au boulot au bois de Boulogne. Loin.
Eh bin voi-làààà! A pus d'problème. Il est où, le problème?
Ceux qui désapprouvent vivement la prostitution sont contents et ceux qui s'en
accommodent pour des tas de raisons (parfois ce sont les mêmes que les
précédents, d'ailleurs), aussi.
Leurs turpitudes sont délocalisées hors de la vue du passant lambda, qui peut
enfin marcher la tête haute sur le trottoir.
Et c'est bien dommage que, comme pour les sans abri de Franklin, elles soient
ainsi éloignées des centres médicaux et des associations d'entraide et livrées
à tous les tordus de la terre.
Plus de sans-abri allongés sur les bancs ou affalés devant les boutiques, plus
de tapins à faire le pied de grue dans les rues.
On est tout de suite dans un monde meilleur.
Peu importe si les proxénètes et les gros bonnets de la drogue, eux, habitent
les beaux quartiers et ont leurs entrées dans les salons feutrés de la
politique et de la finance (on estime à 60 milliards d'euros les profits de
la prostitution mondiale. Ca rentre dans les poches de qui, tout
ça?).
Mais, espère un peu, c'est pas là-dedans qu'on va piocher pour renflouer les
spéculateurs qui se sont fait du pèze sur le dos des pauvres.
Se débarrasser des effets pour occulter la cause et continuer à se faire du
pognon sur la misère et les souffrances des autres.
Ah!
les ...


... charognes!
Bin quoi? Qu'est-ce que j'ai dit?

Commentaires
C'est ce qui se faisait à la fin du 19 sciècle, on éloigné vers cayenne, l'Australie .
Le karscher, une invention vieille comme le pouvoir .
euh, gasp "éloignait"
Salut, Yelrah. merci pour tes commentaires.
En effet, Cayenne, c'était bien pratique, ça. Ni vu ni connu.
Encore mieux que le Bois de Boulogne, qui, finalement, est très passant, à ce que je me suis laissé dire. Entre les prostitué(e)s, leurs clients, les flics, les promeneurs, les joggeurs, que sais-je encore, on y est plutôt exposé.
Dégueulasse!
mais quand les pauvres du monde entier vont-ils enfin s'unir pour se révolter contre la vermine qui les écrase?
que devront-ils encore subir avant de se rebeller?
pourtant nous sommes les plus nombreux
Ce ne sera pas des pauvres que viendra la révolte véritable dans les pays occidentaux. Les pauvres sont accablés non seulement par la classe dirigeante mais par les classes moyennes qui servent de relais aux pouvoirs en place. Quand les jeunes (et moins jeunes) des quartiers se sont révoltés, les classes moyennes, soutenant la riposte du gouvernement, se sont retournées contre ceux-là (et même les partis d'extrême gauche n'ont pas moufté, quand certains chez eux n'ont pas, en plus, enfoncé le clou en disant que ce n'était pas comme cela qu'il fallait faire, qu'il fallait employer des voies légales, bla bla bla). On voit à quoi mènent les "voies légales", à savoir laisser faire ceux qui sont censés défendre les intérêts des citoyens!
Tant que les classes moyennes ne seront pas touchées à leur tour, tant qu'elles ne réaliseront pas l'imposture des dirigeants, ces derniers peuvent dormir tranquilles.
Cependant, avec ce crack boursier, il y a eu, outre-atlantique, une prise de conscience plus large. Alors, il y a peut-être un espoir?
Belle image, non?
trouvée ici: http://www.hns-info.net/spip.php?article15655
Beaux billets sur ton blog, Céleste.
Allez, faisons nous plaisir une seconde:
http://tinyurl.com/4exev6
Je suis entièrement d'accord avec toi, Emcee, au sujet de la prise de conscience outre-antlantique.
J'avais vu aussi la photo de ton comm' et il m'a été impossible de réprimer un bref rire sardonique. :o)
Continuons de surveiller les évènements de très près, une brèche est en train de s'ouvrir, il y a un peu d'espoir.
Aleph: très bien le lien.
Pachencka: une brèche? Je n'ai pas l'impression, ils vont vite reprendre les choses en main. Et comme pour la "guerre contre le terrorisme", ils auront le prétexte tout trouvé de la "crise" pour justifier d'autres arnaques.
Quant à l'opposition, il n'y en a pas.
Excellent article et saine colère ouais ...
je retiens ça :
"Se débarrasser des effets pour occulter la cause et continuer à se faire du pognon sur la misère et les souffrances des autres." ...
c'est en effet le fondement du libéralisme/capitalisme, et ça s'applique dans tous les domaines. J'entendais cette merde de socialisme français, je sais plus son nom, Hamon je crois, bref, un auditeur lui demande si c'est normal que nos subventions fassent crever les paysans africains, et lui ce con, il s'énerve "non c'est faux, ça n'a rien à voir bla bla..."
Voilà tout est dit, "c'est complexe" ou "ça n'a rien à voir" ... les africains en france ? ça n'a rien à voir. la disparition des poissons ? ça n'a rien à voir. le 11 septembre ? ça n'a rien à voir.
On fabrique plein de petits morceaux d'info et on essaie de t'expliquer que tout ça est complexe et que l'on y peut rien.
J'adore cette affiche "jump fuckers", c'est comme le dessin dans CQFD de ce mois ci, un patron énorme avec un cigard parle à un ouvrier qui a l'express entre les mains et lui dit
"hmm c'est bien on lit l'express"
"voui !" "l'interview de jean marc rouillan"
que répond l'ouvrier, avec un regard ... comment dire ... assassin ? ça se dit ça d'un regard ? ouais.
en parlant d'assassins :
http://www.legrandsoir.info/spip.ph...
la bise