Pendant la crise qu'ils ont créée, les néocons, pas le moins du monde gênés aux entournures, gardent un oeil sur les pauvres pour les punir de leurs propres turpitudes. L'Union Sacrée ne concerne que les riches.
Alors, comme il faut trouver des sous pour se refaire, on racle tous les fonds de tiroirs publics qu'on a jusqu'alors négligé de vider, on tape dans les contributions de ceux qui n'ont pas été exonérés d'impôts, on rogne encore davantage sur ce qui reste des aides sociales, on pique les économies des pauvres, on vire ceux qui osent se rebiffer.
Et s'il le faut, on enverra, l'armée … euh, non, pas l'armée, y a plus beaucoup de chevaux frais – ils caracolent dans de lointaines contrées peuplées de barbares.
Non des mercenaires de chez Blackwater ou autres qui se feront un plaisir d'obtempérer. Et c'est pas des tranquilles, ceux-là.

Et puis, les camps, eux, ils sont déjà tout prêts à fonctionner, avec le personnel et touskifo.
L'incarcération massive, c'est pas ça qui leur fait peur.
Ils sont champions du monde.

Ah! L'armée, justement, parlons-en!
Le 17 septembre le sénat a approuvé, par 88 voix pour et 8 contre, un budget record pour l'armée en 2009 : $612,5 milliards, dont $70 milliards pour financer les guerres en Irak et en Afghanistan pour une partie de l'année fiscale.
Les sénateurs: Barack Obama (Illinois), John McCain Arizona) et Joe Biden, Delaware) n'ont pas pris part au vote. Eh oui, faut fâcher personne en ce moment.
Notons tout de même que ce n'est pas facile de recouper l'info sur le ouèbe: ni les grands médias, ni les responsables politiques de quelque importance n'ont jugé bon d'ébruiter cette nouvelle. Ne serait-ce, je sais pas, moi, pour dire qu'ils étaient contents que l'Amérique soutienne ses boys.
C'est à se demander …

Ca se passe pas loin de chez nous: en Amérique. Mais, en plus, en cherchant bien …

**********************************************************************************
Voici deux documents consécutifs qui illustrent une fois encore le cynisme des puissants et leur arrogance vertigineuse.

Le premier: comment mettre hors d'état de nuire ces salauds de grévistes qui font qu'à critiquer le gouvernement.

Le *NLRB limite les grèves politiques
Un coup terrible porté aux droits des travailleurs

Par ROBERT SCHWARTZ
CounterPunch, Edition du Weekend
Octobre 3 - 5, 2008

Un arrêté ignoré par l'avocat principal du National Labor Board, ou NLB (« Conseil Syndical National ») cet été a porté un sérieux coup aux droits des travailleurs américains de protester contre les politiques gouvernementales.

Le *1° mai 2006, des centaines de milliers de travailleurs immigrés ont cessé le travail pour manifester contre la législation restrictive sur l'immigration. Certains ont été licenciés et ont déposé plainte auprès du conseil syndical.

Manif-US-immigration-1-wb.jpg

Ronald Meisburg, le directeur juridique du National Labor Relations Board (commission nationale des relations de travail), réagissait en publiant une directive sur la mobilisation politique en juillet dernier qui permet aux patrons de licencier sur–le–champ les employés qui participent à des arrêts de travail pour des motifs politiques.
Cette directive, qui est apparemment passée inaperçue jusqu'à présent à la fois parmi les syndicats et leurs conseillers juridiques, ne peut pas faire l'objet d'un appel.
Traditionnellement, les travailleurs du monde entier ont recours à deux sortes de grèves pour atteindre leurs objectifs, les grèves économiques quand il s'agit de revendications professionnelles et les grèves politiques qui visent la politique gouvernementale.
Les grèves politiques aux USA ne sont pas aussi fréquentes qu'en Europe ou en Amérique Latine. Mais il y en a eu, comme par exemple, en 1970, la grève des mineurs qui réclamaient une législation concernant la silicose et, cette année, celle des dockers de la côte ouest contre la guerre en Irak.
Les manifestations énormes pour les droits des immigrés en mai 2006 ont peut-être provoqué les grèves les plus politiques de l'histoire américaine. A la suite de cela, de nombreux travailleurs, principalement latinos, ont été licenciés. Parmi eux, il y avait des employés de trois restaurants.
La Veranda, un restaurant de Philadelphie, a licencié cinq employés qui avaient annoncé au gérant qu'ils ne viendraient pas travailler. A Fresno, Californie, un restaurant a renvoyé 8 employés sur 13 pour n'avoir pas respecté les obligations de présence. Et un restaurant d'Applebee, dont la directive n'indique pas clairement l'adresse, a licencié plusieurs employés qui avaient quitté le travail plus tôt.
Aucun de ces employés n'était syndiqué.
Ces plaintes concernant le 1° mai 2006, où les travailleurs ont perdu leur emploi à cause d'un arrêt de travail pour motifs politiques, semblent être les premières à avoir été déposées au NLRB.
Dans la mesure où le droit du travail donne à tous les travailleurs (et pas seulement à ceux qui sont syndiqués) le droit de faire grève sur des questions qui affectent leur mode de vie, certains de ces travailleurs ont porté plainte auprès du NLRB pour violation de la législation sur le travail, réclamant leur réintégration et les arriérés de salaires.
Les employés affirmaient qu'ils avaient les mêmes droits que les grévistes syndiqués, et en particulier, le droit de faire grève sans autorisation préalable sur les questions concernant leurs conditions de travail.
Les services de Meisburg ont rejeté les accusations des employés. Dans l'arrêté, Meisburg, un avocat d'affaires nommé par le président Bush, affirmait – ce qui était une première - que les grèves ne sont protégées par la loi nationale sur les relations de travail (National Labor Relations Act) que si elles s'adressent à un employeur responsable de l'objet du conflit.

Il y a trente ans de cela, la Cour Suprême avait décrété que les travailleurs pouvaient participer à des activités politiques sur leur lieu de travail si les problèmes invoqués avaient un impact important sur les droits des travailleurs ou leurs conditions de travail. Meisburg a déclaré dans une note en bas de page que sa position était en accord avec la décision de la Cour, même si aucun autre directeur juridique auparavant ne l'avait interprétée ainsi.
Même si la directive Meisburg ne va pas jusqu'à interdire les grèves politiques, l'effet est le même. Si le prochain directeur juridique ne révoque pas cette décision, les travailleurs syndiqués et non-syndiqués qui font grève contre la politique governementale sur l'immigration, la santé, ou le prix du fuel, prennent le risque de perdre leur emploi immédiatement et définitivement.

Robert Schwartz a écrit un guide juridique à l'adresse des syndicats: "Strikes, Picketing, and Inside Campaigns: A Legal Guide for Unions"

Article d'origine: [A Serious Blow to the Rights of U.S. Workers
NLRB Limits Political Strikes|http://www.counterpunch.org/schwartz10032008.html]


Notes annexes:

  • NLRB: National Labor Relations Board, commission nationale des relations de travail

NB: le premier mai n'est pas férié aux Etats-Unis. La Fête du travail est le Labor Day, célébré depuis 1894 le premier lundi de septembre (les syndicats US n'ayant pas voulu s'aligner sur leurs homologues européens aux tendances marxistes). Voir: Histoire du 1° mai
……………………………………………………………………………………………………………
Second doc:
A Washington, il y a, en plein centre du quartier des affairis …euh … des affaires, un bâtiment, le Franklin School Shelter qui, je vous le donne en mille (dollars), accueille des … sans-abri. Ca, c'est narguer, non?
Alors, le maire, à qui on en promet un bon prix, on s'en doute, veut débarrasser le centre d'hébergement de ces pouilleux pour le vendre à des gens bien propres sur eux. Il a réussi à faire vider les lieux au mois de septembre. Mais l'affaire n'est pas terminée. Ca renâcle côté manants.
Argh! On peut jamais être tranquille.

A lire prochainement …

franklin-school-shelter-www.jpg

Le Franklin School Shelter: trop beau pour toi