Nul doute qu'à cette annonce, les étudiants de 68 auraient eu vite fait de trouver une rime riche à Paicresse.
Cette coterie qui a pris la République à la hussarde pique les sous à la jeunesse du pays pour les refiler au grand capital.
15000 €, en plus, c'est pas rien, ça. Tu t'imagines, sans avoir du tout d'argent, ni sans savoir si tu en gagneras un jour assez pour rembourser, tu vas filer du pognon à une banque pour poursuivre des études? Car désormais, l'éducation de la jeunesse ce n'est plus la priorité dans ce pays de merde. Si elle veut s'instruire, la jeunesse, il faut qu'elle raque.
Alors, tu vas me dire:"mais ils peuvent emprunter moins, ça c'est le maximum". Espère un peu. Tu vas voir comment ils vont te faire flamber les droits d'inscription! Ca, c'est la prochaine étape. Pendant l'été, c'est une bonne saison pour les augmentations.
Comme ces nullissimes veulent faire comme tout ce qui est en train de s'écrouler sous nos yeux aux US, évidemment, ils ont inventé les prêts étudiants.

Seulement, voilà, même si le système est pourri à la base, à une époque, les étudiants US obtenaient des prêts selon leurs projets professionnels et avaient la garantie de trouver un emploi rémunérateur à la sortie des études. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Les emplois rémunérateurs, ils les ont refilés aux pays chers à leurs délocalisations, et ceux qui restent, ils sont dévolus à la caste des nantis, qui, plus que jamais, se reproduit entre elle sur toute la planète.
La middle-class, elle, est désormais priée de souquer ferme. Et en silence, siouplé!

Et en France?
Pareil de chez pareil.
Quelle garantie donnent ces vautours à l'issue des études? Quelles garanties donnent leurs copains du grand capital qu'ils embaucheront des jeunes? Aucune!
L'Etat donne plein de pognon aux spéculateurs et autres escrocs, soi-disant parce que c'est eux qui fournissent les emplois et, eux, qu'est-ce qu'ils en font du pognon?
Ils commencent par délocaliser pour faire des économies et vont planquer leurs économies dans un paradis fiscal. (Quand on pense que ces imbéciles du gouvernement veulent les faire revenir pour investir en France. Surtout pas! A qui ils le piquent, le fric, pour s'assurer que ces mercenaires restent ici? Alors, allez, mes braves, restez où vous êtes. On n'a pas besoin de pique-assiettes supplémentaires par ici).
Et, c'est ainsi que les diplômés qui sortent des universités galèrent pour être embauchés, et finissent par faire des petits boulots "en attendant".
En attendant … rien, d'ailleurs, et de personne.

Parce que qui donc va contracter un prêt? Pas les gosses de riches, non, les jeunes des classes moyennes et pauvres. La plèbe, quoi.
La suppression des bourses à certaines catégories d'étudiants montre bien les desseins de cette meute sanguinaire: virer des universités les enfants des classes moyennes, sauf à les faire cracher au bassinet et les maintenir en état de dépendance toute leur vie.
Créer une élite avec leurs enfants et ceux des copains, et laisser les autres dans le dénuement, tout en les traitant de fainéants. Puisqu'il y a un max de gogos pour les croire, pourquoi se gêner?
(Au passage, les bourses octroyées aux plus pauvres, ça va faire comme pour la CMU: rejet du reste de la population pour ces "parasites" qui vivent aux dépens des largesses de l'état, puis pour finir, il faudra "mériter" ces largesses qui ne seront plus prodiguées qu'à ceux qui auront le profil requis pour ne pas troubler l'ordre établi).
Et qui galère pour trouver un boulot? Pas les gosses de riches, non, qui sont placés grâce aux relations de la famille, mais les gosses des pauvres et un peu moins pauvres qui pointeront à l'ANPE. Et je te dis pas si tu t'appelles Mohamed ou Samira.
Et ce n'est pas la camarilla au pouvoir qui lèvera le petit doigt pour leur enlever l'épine qu'elle leur a enfoncée dans le pied.
Avec les suppressions des postes de fonctionnaires, avec les privatisations et donc, les compressions de personnels qui vont avec, les embauches à temps partiel, l'allongement de l'âge de la retraite, la généralisation de la précarité et la chute des salaires, ce n'est pas demain la veille que la jeunesse entrera dans la population active.
Et si c'est le cas, pour ceux qui auront un prêt à rembourser, finies les vacances, finis les loisirs. Restera plus qu'à chercher à s'épanouir dans un boulot tout pourri, si on veut survivre au suicide ou au meurtre.
A moins de s'engager dans l'armée. Paraît que c'est un métier d'avenir. Même s'il est éphémère par les temps qui courent.
Avec ces dispositions, la droite béotienne et revancharde que les crétins ont béatement installée au pouvoir peaufine son Grand Projet de retour à la case départ Moyen-âge avec la "noblesse" (ici plutôt une fusion entre les descendants de hobereaux de province et ceux dont les ascendants ont d'une façon ou d'une autre escroqué le peuple), le clergé (là aussi, y aurait long à dire), les serfs et la domesticité payée trois francs six sous.
Tu ne me crois pas? Hélas, je voudrais vraiment avoir tort.

Voici quelques liens sur ce qui se passe dans les deux pays qui en ont fait l'expérience avant nous. Et que Toutou Nerveux copie à la lettre en disant que c'est ce qu'il faut pour nous.
Aux USA les étudiants sont eux aussi lourdement endettés. 1er octobre 2007. Contre Info
Etre étudiant aux USA
Ca nous arrive droit dessus.
Angleterre: ces chères universités. 5 février 2007
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Et dans la foulée, ils s'attaquent à la maternelle. D'après le ministre, ses enseignants y consacreraient l’essentiel de leur temps à surveiller la sieste des enfants et à changer les couches, ce qui ne nécessiterait pas un bac+5.
Donc, à quoi bon former des personnels qui coûtent cher à la "nation" pour effectuer ces tâches subalternes? Oui, à quoi bon?
Et voilà, c'était dans l'air depuis un moment, même si tout le monde s'accordait à dire que la maternelle était le fleuron du système éducatif français. Mais cela ne fait rien, il faut garder les sous du contribuable pour que le petit chef puisse bien voyager (le mickey s'est commandé des avions plus confortables pour ne pas passer pour un charlot quand il invite d'augustes fessiers à s'y poser et le Preum's une voiture blindée tout confort – on a l'orgueil placé où on le mérite) et plein d'autres trucs à récupérer pour lui, sa famille et ses potes riches. Sans compter les dépenses somptuaires en flics, en hélicos et toussa pour sa protection, auxquels vont se rajouter maintenant le matos et la chair fraîche pour l'Afghanistan. On a les priorités du cerveau qu'on a.
Et voilà, nous sommes de plain-pied dans l'ère de l'obscurantisme barbare, comme dit l'autre. On va aller assassiner des femmes, des enfants et des hommes au bout du monde au nom de la "liberté" pendant qu'ici, les jeunes, on va les sortir des écoles pour les enfermer en prison.
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Juste un tout petit truc encore sur l'école:
Dans le primaire, ils ont sucré deux heures de cours par semaine aux élèves. Qui, encore, va en pâtir? Et dans les ZEP, entre autres, avec les réductions de personnel d'encadrement, qui va morfler?
L'Etat se désengage donc à grande vitesse et sans vergogne de l'instruction de la jeunesse pour faire la part belle aux intérêts financiers et pour qu'un groupe d'oligarques puisse se répartir les fromages de la république.
Bien vu. On est dans cette logique imparable.

Dutreil l'avait dit, en son temps:

"C'est sur l'Éducation nationale que doit peser l'effort principal de réduction des effectifs de la fonction publique. Sur le 1,2 million de fonctionnaires de l'Éducation nationale, 800 000 sont des enseignants. Licencier dans les back office de l'Éducation nationale, c'est facile, on sait comment faire, avec Éric Woerth (secrétaire d'État à la Réforme de l'État) : on prend un cabinet de conseil et on change les process (sic) de travail, on supprime quelques missions. Mais pour les enseignants, c'est plus délicat. Il faudra faire un grand audit. Le problème que nous avons en France, c'est que les gens sont contents des services publics. L'hôpital fonctionne bien, l'école fonctionne bien, la police fonctionne bien. Alors il faut tenir un discours, expliquer que nous sommes à deux doigts d'une crise majeure - c'est ce que fait très bien Michel Camdessus, mais sans paniquer les gens, car à ce moment-là, ils se recroquevillent comme des tortues."Dutreil admet que les Français sont satisfaits de la qualité du service public rendu par tous les fonctionnaires. C'est en les fragilisant de l'intérieur (sous-effectifs, baisse des investissements etc.) qu'il compte rendre les services publics impopulaires auprès des usagers. Une impopularité qui lui servira de prétexte pour les privatisations à venir.

Même pas peur de le dire. Je répète: "Les Français sont satisfaits des services publics. Il faut donc fragiliser ces derniers pour les rendre impopulaires". Ce qui revient à dire que "le pays fonctionne bien comme ça, mais du passé faisons table rase, cher Attila. Des Français, on n'en a rien à foutre".
Et ce type-là était ministre de la République! Au service des citoyens, donc. Comme ceux (la même engeance) qui sont venus à sa place.

Alors, nous assistons en direct live à la mise en pièces de l'Education Nationale. Pour autant, entend-on gronder la révolte? Y en a-t-il pour se lever et réclamer la démission immédiate de ces imposteurs qui rétablissent les privilèges et pillent les caisses de l'Etat?
Thatcher et Reagan, en leur temps, ont fait plier les syndicats après de longues luttes.
Ici, les syndicats, les ex-ministres de "gauche", l'opposition du même faux nom vont tous en procession signer des compromis qui ne seront pas honorés.
Cela ne fait rien. Il suffit de faire semblant. Le tout, c'est de ne pas froisser les susceptibilités pour ne pas être écarté le jour de la distribution de fromages, même s'ils puent.
Parce que, parti comme c'est parti, vaut mieux faire partie des privilégiés. Et tant pis si on s'attrape un lumbago, comme le premier sinistre, à force de courber l'échine.
Pour les syndidats collaborateurs, voir Palindromes

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Compléments d'infos:
Almost All Americans' Wages are Plummeting
http://www.alternet.org/blogs/peek/...

(extraits)

Pratiquement tous les salaires en Amérique connaissent une baisse très importante

Ces dernières années, l'écart entre les revenus de ceux qui sont diplômés de l'université et ceux qui ont un diplôme de fin d'études secondaires ( disons "bac" pour simplifier) s'est nettement réduit.
Par ex, en 1975, ceux qui avaient un diplôme universitaire gagnaient 60% de plus par an en moyenne que les bacheliers.
Et la différence de salaire pour les diplômés de l'université a augmenté progressivement au cours des 25 années suivantes, et en 2000, ils gagnaient environ le double de ceux qui avaient le "bac". Au cours des quatre années suivantes, cette tendance s'est renversée: en 2004, ceux qui avaient un diplôme universitaire, ne gagnaient en moyenne que 80% de plus que les "bacheliers".
Le Wall Street Journal écrit que depuis 2000, les salaires réels de tous ceux qui ont un diplôme aux Etats-Unis ont chuté, exception faite de ceux qui ont un diplôme de profession libérale (médecins, avocats, etc.). Tous les autres groupes même ceux qui ont une maîtrise et un doctorat, ont vu leurs salaires diminuer au cours de cette période.
L'article du WSJ attribue les causes possibles de la baisse des salaires à la mondialisation (avec, par exemple, les délocalisations d'emplois de cadres ou d'ouvriers) et aux coûts de santé en hausse.
Une des raisons pour lesquelles les salaires des travailleurs ne suivent pas l'inflation, c'est que les dépenses de santé ont énormément augmenté ces dernières années, et donc les employeurs déboursent davantage pour la couverture santé et moins pour les salaires.
Pour la plupart des Américains, ces données présagent d'un avenir plutôt sombre.

Et puis plein d'infos sur l'Observatoire des inégalités
http://www.inegalites.fr/spip.php?a...