Le travail est précaire, pourquoi l'instruction ne le serait-elle pas?
Par emcee le jeudi 11 septembre 2008, 13:14 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
La ministre française de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, a
signé lundi une convention instaurant un nouveau prêt étudiant. Dès la
mi-septembre, les étudiants de nationalité française ou possédant la
nationalité d'un pays membre de l'Union européenne, âgés de moins de 28 ans,
pourront emprunter auprès du groupe Banque populaire et de Cetelem jusqu'à 15
000 euros.
Le nouveau prêt a pour objectif d'élargir l'accès au crédit pour les
étudiants et il s'agit d'un prêt sans condition de ressources, sans caution, et
à remboursement différé.
Mais, il est limité à un montant maximal de 15 000 euros par étudiant pour
toute la durée des études, révèle le communiqué, en ajoutant qu'en cas de
défaillance de l'étudiant, 70% de la garantie sera prise en charge par l'Etat
et 30% par les banques.
En voilà une idée qu'elle est bonne!
Nul doute qu'à cette annonce, les étudiants de 68 auraient eu vite fait de
trouver une rime riche à Paicresse.
Cette coterie qui a pris la République à la hussarde pique les sous à la
jeunesse du pays pour les refiler au grand capital.
15000 €, en plus, c'est pas rien, ça. Tu t'imagines, sans avoir du tout
d'argent, ni sans savoir si tu en gagneras un jour assez pour rembourser, tu
vas filer du pognon à une banque pour poursuivre des études? Car désormais,
l'éducation de la jeunesse ce n'est plus la priorité dans ce pays de merde. Si
elle veut s'instruire, la jeunesse, il faut qu'elle raque.
Alors, tu vas me dire:"mais ils peuvent emprunter moins, ça c'est le
maximum". Espère un peu. Tu vas voir comment ils vont te faire flamber les
droits d'inscription! Ca, c'est la prochaine étape. Pendant l'été, c'est une
bonne saison pour les augmentations.
Comme ces nullissimes veulent faire comme tout ce qui est en train de
s'écrouler sous nos yeux aux US, évidemment, ils ont inventé les prêts
étudiants.
Seulement, voilà, même si le système est pourri à la base, à une époque, les
étudiants US obtenaient des prêts selon leurs projets professionnels et avaient
la garantie de trouver un emploi rémunérateur à la sortie des études.
Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Les emplois rémunérateurs, ils les ont
refilés aux pays chers à leurs délocalisations, et ceux qui restent, ils sont
dévolus à la caste des nantis, qui, plus que jamais, se reproduit entre elle
sur toute la planète.
La middle-class, elle, est désormais priée de souquer ferme. Et en silence,
siouplé!
Et en France?
Pareil de chez pareil.
Quelle garantie donnent ces vautours à l'issue des études? Quelles garanties
donnent leurs copains du grand capital qu'ils embaucheront des jeunes?
Aucune!
L'Etat donne plein de pognon aux spéculateurs et autres escrocs, soi-disant
parce que c'est eux qui fournissent les emplois et, eux, qu'est-ce qu'ils en
font du pognon?
Ils commencent par délocaliser pour faire des économies et vont planquer leurs
économies dans un paradis fiscal. (Quand on pense que ces imbéciles du
gouvernement veulent les faire revenir pour investir en France. Surtout pas! A
qui ils le piquent, le fric, pour s'assurer que ces mercenaires restent ici?
Alors, allez, mes braves, restez où vous êtes. On n'a pas besoin de
pique-assiettes supplémentaires par ici).
Et, c'est ainsi que les diplômés qui sortent des universités galèrent pour être
embauchés, et finissent par faire des petits boulots "en attendant".
En attendant … rien, d'ailleurs, et de personne.
Parce que qui donc va contracter un prêt? Pas les gosses de riches, non, les
jeunes des classes moyennes et pauvres. La plèbe, quoi.
La suppression des bourses à certaines catégories d'étudiants montre bien les
desseins de cette meute sanguinaire: virer des universités les enfants des
classes moyennes, sauf à les faire cracher au bassinet et les maintenir en état
de dépendance toute leur vie.
Créer une élite avec leurs enfants et ceux des copains, et laisser les autres
dans le dénuement, tout en les traitant de fainéants. Puisqu'il y a un max de
gogos pour les croire, pourquoi se gêner?
(Au passage, les bourses octroyées aux plus pauvres, ça va faire comme pour la
CMU: rejet du reste de la population pour ces "parasites" qui vivent aux dépens
des largesses de l'état, puis pour finir, il faudra "mériter" ces largesses qui
ne seront plus prodiguées qu'à ceux qui auront le profil requis pour ne pas
troubler l'ordre établi).
Et qui galère pour trouver un boulot? Pas les gosses de riches, non, qui sont
placés grâce aux relations de la famille, mais les gosses des pauvres et un peu
moins pauvres qui pointeront à l'ANPE. Et je te dis pas si tu t'appelles
Mohamed ou Samira.
Et ce n'est pas la camarilla au pouvoir qui lèvera le petit doigt pour leur
enlever l'épine qu'elle leur a enfoncée dans le pied.
Avec les suppressions des postes de fonctionnaires, avec les privatisations et
donc, les compressions de personnels qui vont avec, les embauches à temps
partiel, l'allongement de l'âge de la retraite, la généralisation de la
précarité et la chute des salaires, ce n'est pas demain la veille que la
jeunesse entrera dans la population active.
Et si c'est le cas, pour ceux qui auront un prêt à rembourser, finies les
vacances, finis les loisirs. Restera plus qu'à chercher à s'épanouir dans un
boulot tout pourri, si on veut survivre au suicide ou au meurtre.
A moins de s'engager dans l'armée. Paraît que c'est un métier d'avenir. Même
s'il est éphémère par les temps qui courent.
Avec ces dispositions, la droite béotienne et revancharde que les crétins ont
béatement installée au pouvoir peaufine son Grand Projet de retour à la case
départ Moyen-âge avec la "noblesse" (ici plutôt une fusion entre les
descendants de hobereaux de province et ceux dont les ascendants ont d'une
façon ou d'une autre escroqué le peuple), le clergé (là aussi, y aurait long à
dire), les serfs et la domesticité payée trois francs six sous.
Tu ne me crois pas? Hélas, je voudrais vraiment avoir tort.
Voici quelques liens sur ce qui se passe dans les deux pays qui en ont fait
l'expérience avant nous. Et que Toutou Nerveux copie à la lettre en disant que
c'est ce qu'il faut pour nous.
Aux USA les
étudiants sont eux aussi lourdement endettés. 1er octobre 2007. Contre
Info
Etre étudiant aux USA
Ca nous arrive droit dessus.
Angleterre: ces
chères universités. 5 février 2007
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Et dans la foulée, ils s'attaquent à la maternelle. D'après le
ministre, ses enseignants y consacreraient l’essentiel de leur temps à
surveiller la sieste des enfants et à changer les couches, ce qui ne
nécessiterait pas un bac+5.
Donc, à quoi bon former des personnels qui coûtent cher à la "nation" pour
effectuer ces tâches subalternes? Oui, à quoi bon?
Et voilà, c'était dans l'air depuis un moment, même si tout le monde
s'accordait à dire que la maternelle était le fleuron du système éducatif
français. Mais cela ne fait rien, il faut garder les sous du contribuable pour
que le petit chef puisse bien voyager (le mickey s'est commandé des avions plus
confortables pour ne pas passer pour un charlot quand il invite d'augustes
fessiers à s'y poser et le Preum's une voiture blindée tout confort – on a
l'orgueil placé où on le mérite) et plein d'autres trucs à récupérer pour lui,
sa famille et ses potes riches. Sans compter les dépenses somptuaires en flics,
en hélicos et toussa pour sa protection, auxquels vont se rajouter maintenant
le matos et la chair fraîche pour l'Afghanistan. On a les priorités du cerveau
qu'on a.
Et voilà, nous sommes de plain-pied dans l'ère de l'obscurantisme barbare,
comme dit l'autre. On va aller assassiner des femmes, des enfants et des hommes
au bout du monde au nom de la "liberté" pendant qu'ici, les jeunes, on va les
sortir des écoles pour les enfermer en prison.
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Juste un tout petit truc encore sur l'école:
Dans le primaire, ils ont sucré deux heures de cours par
semaine aux élèves. Qui, encore, va en pâtir? Et dans les ZEP,
entre autres, avec les réductions de personnel d'encadrement, qui va
morfler?
L'Etat se désengage donc à grande vitesse et sans vergogne de l'instruction de
la jeunesse pour faire la part belle aux intérêts financiers et pour qu'un
groupe d'oligarques puisse se répartir les fromages de la république.
Bien vu. On est dans cette logique imparable.
Dutreil l'avait dit, en son temps:
"C'est sur l'Éducation nationale que doit peser l'effort principal de réduction des effectifs de la fonction publique. Sur le 1,2 million de fonctionnaires de l'Éducation nationale, 800 000 sont des enseignants. Licencier dans les back office de l'Éducation nationale, c'est facile, on sait comment faire, avec Éric Woerth (secrétaire d'État à la Réforme de l'État) : on prend un cabinet de conseil et on change les process (sic) de travail, on supprime quelques missions. Mais pour les enseignants, c'est plus délicat. Il faudra faire un grand audit. Le problème que nous avons en France, c'est que les gens sont contents des services publics. L'hôpital fonctionne bien, l'école fonctionne bien, la police fonctionne bien. Alors il faut tenir un discours, expliquer que nous sommes à deux doigts d'une crise majeure - c'est ce que fait très bien Michel Camdessus, mais sans paniquer les gens, car à ce moment-là, ils se recroquevillent comme des tortues."Dutreil admet que les Français sont satisfaits de la qualité du service public rendu par tous les fonctionnaires. C'est en les fragilisant de l'intérieur (sous-effectifs, baisse des investissements etc.) qu'il compte rendre les services publics impopulaires auprès des usagers. Une impopularité qui lui servira de prétexte pour les privatisations à venir.
Même pas peur de le dire. Je répète: "Les Français sont satisfaits des
services publics. Il faut donc fragiliser ces derniers pour les rendre
impopulaires". Ce qui revient à dire que "le pays fonctionne bien comme
ça, mais du passé faisons table rase, cher Attila. Des Français, on n'en a rien
à foutre".
Et ce type-là était ministre de la République! Au service des citoyens, donc.
Comme ceux (la même engeance) qui sont venus à sa place.
Alors, nous assistons en direct live à la mise en pièces de l'Education
Nationale. Pour autant, entend-on gronder la révolte? Y en
a-t-il pour se lever et réclamer la démission immédiate de ces imposteurs qui
rétablissent les privilèges et pillent les caisses de l'Etat?
Thatcher et Reagan, en leur temps, ont fait plier les syndicats après de
longues luttes.
Ici, les syndicats, les ex-ministres de "gauche", l'opposition du même faux nom
vont tous en procession signer des compromis qui ne seront pas honorés.
Cela ne fait rien. Il suffit de faire semblant. Le tout, c'est de ne pas
froisser les susceptibilités pour ne pas être écarté le jour de la distribution
de fromages, même s'ils puent.
Parce que, parti comme c'est parti, vaut mieux faire partie des privilégiés. Et
tant pis si on s'attrape un lumbago, comme le premier sinistre, à force de
courber l'échine.
Pour les syndidats collaborateurs, voir Palindromes
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Compléments d'infos:
Almost All Americans' Wages are Plummeting
http://www.alternet.org/blogs/peek/...
(extraits)
Pratiquement tous les salaires en Amérique connaissent une baisse
très importante
Ces dernières années, l'écart entre les revenus de ceux qui sont diplômés de
l'université et ceux qui ont un diplôme de fin d'études secondaires ( disons
"bac" pour simplifier) s'est nettement réduit.
Par ex, en 1975, ceux qui avaient un diplôme universitaire gagnaient 60% de
plus par an en moyenne que les bacheliers.
Et la différence de salaire pour les diplômés de l'université a augmenté
progressivement au cours des 25 années suivantes, et en 2000, ils gagnaient
environ le double de ceux qui avaient le "bac". Au cours des quatre années
suivantes, cette tendance s'est renversée: en 2004, ceux qui avaient un diplôme
universitaire, ne gagnaient en moyenne que 80% de plus que les
"bacheliers".
Le Wall Street Journal écrit que depuis 2000, les salaires
réels de tous ceux qui ont un diplôme aux Etats-Unis ont chuté, exception faite
de ceux qui ont un diplôme de profession libérale (médecins, avocats, etc.).
Tous les autres groupes même ceux qui ont une maîtrise et un doctorat, ont vu
leurs salaires diminuer au cours de cette période.
L'article du WSJ attribue les causes possibles de la baisse des salaires à la
mondialisation (avec, par exemple, les délocalisations d'emplois de cadres ou
d'ouvriers) et aux coûts de santé en hausse.
Une des raisons pour lesquelles les salaires des travailleurs ne suivent pas
l'inflation, c'est que les dépenses de santé ont énormément augmenté ces
dernières années, et donc les employeurs déboursent davantage pour la
couverture santé et moins pour les salaires.
Pour la plupart des Américains, ces données présagent d'un avenir plutôt
sombre.
Et puis plein d'infos sur l'Observatoire des
inégalités
http://www.inegalites.fr/spip.php?a...
Commentaires
Rassurez vous certains étudiants ont trouvés une solution pour financer leurs études :
http://www.20minutes.fr/article/122...
Etant sorti de la fac en ayant eu la chance de ne rien débourser, d'avoir une (modeste) bourse, et d'avoir pu trouver un bon boulot à la sortie (en espérant le garder), je le trouvait très bien moi, ce système français. Aujourd'hui, je rembourse ce dont j'ai profité avec mes impôts, pour que d'autre puissent en profiter à leur tour.
Mais non, dans la tête des libéraux d'aujourd'hui, les impôts, c'est mal, la solidarité, c'est mal, et il vaut mieux laisser les pauvres se démerder eux mêmes et s'endetter en espérant des jours meilleurs plutôt que de leur filer un copec...
Salut emcee,
aurais-tu la source de cette savoureuse citation de Dutreil ?
Désolée de ce retard dans les réponses, mais j'ai passé un weekend virtuel avec de drôles de paroissiens.


Affiche réalisée par: Patrick
Quelques explications ici:
http://www.plumedepresse.info/
http://petaramesh.org/
http://aldebaran.eu.org/
http://www.traou.net/blog/
et: http://www.celestissima.org/le-vazyblogstock-un-weekend-au-sein-de-la-blogosphere/#comment-1954
Les autres n'ayant pas encore fait leur coming-out, je n'en parlerai pas, mais vous saurez les retrouver au fil des billets d'une partie de la "blogocho"
Pour revenir sur le billet ci-dessus,
@ Léo: "Aujourd'hui, je rembourse ce dont j'ai profité avec mes impôts, pour que d'autres puissent en profiter à leur tour". C'est frappé de bon sens, évidemment. Et ça s'appelle la solidarité, mais de cela, ils ne veulent plus entendre parler.
Et puis, quand je dis un truc qui paraît particulièrement alarmiste, pas la peine de dire que j'exagère, comme le font certaines personnes de ma connaisance. Tout arrive. Et actuellement, ça se bouscule au
goupportillon.Sitôt revenue de WE, qu'est-ce que je lis dans Rue89?
http://www.rue89.com/2008/09/15/pour-darcos-les-medailles-cest-bien-surtout-pour-les-pauvres
Le lamentable sinistre de l'éduc veut donner des médailles aux élèves méritants. Des hochets pour éviter de donner des sous à tous ceux qui en ont besoin. On va choisir nos pauvres et séparer le bon grain de l'ivraie.
Avec les gamins fichés dès l'âge de 13 ans, ceux qui ,dès 14 ans, peuvent être virés du système scolaire, les vieux cons bornés nous préparent une société de jeunes délinquants. (voir en GB le nombre de jeunes poignardés depuis le début de l'année). Tout ça pour construire plein de prisons et les faire gérer par leurs copains. Toute leur politique est fondée là-dessus: refiler le fric aux amis. C'est clair pour nous. Pas pour tous.
Et les propos sur les profs en maternelle du même bas du front. Et s'il faisait le boulot pour lequel il est grassement payé avec notre argent, cette feignasse, et se rendait dans les écoles maternelles pour voir ce qui s'y passe? Ca lui éviterait de dire d'énormes conneries. Mais, est-ce leur but?
http://www.rue89.com/2008/09/15/darcos-les-profs-de-maternelle-ne-changent-que-les-couches
@ Kob'
Désolée, j'ai oublié de mettre le lien. En voici un. A l'origine, le scoop revient à CH, hebdo qui fut de gauche, hélas défunt aujourd'hui.
http://cgt.educaction94.free.fr/spip.php?article731
Cette obsession du mérite a aussi un autre objectif à peine dissimulé : ceux qui ne méritent pas, ils crèvent. Du bon gros darwinisme social, quoi.
Victor Hugo a dit : "ouvrir une école , c'est fermer une prison" , aujourd'hui on fait l'inverse.
http://belgiqueparadiscapitaliste.s...
Et surtout ne critiquer pas les médailles , il faut bien qu'ils trouvent quelque chose pour qu'on ne parle pas des 8 000 postes de professeurs supprimés.