Pays de donjons et d'oubliettes à l'ombre des clochers: les USA
Par emcee le lundi 1 septembre 2008, 01:10 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
Des béni-oui-oui qui s’en remettent à Dieu pour commettre les pires
atrocités sur leurs "prochains", des félons qui jurent leurs grands dieux sur
la bible et autres intoxicants de masses, des escrocs qui se prévalent de Dieu
pour faire main basse sur les ressources des autres, des ordures qui partent en
croisade pour inculquer le "Bien" selon leurs propres critères: voilà les
chantres du "monde libre".
Tiens, ce n'est pas au cœur du sujet, mais j'ai lu qu'Obama comptait "prier"
(si, si) pour ceux qui sont exposés au cyclone Gustav, à la NO et ailleurs.
C'est sûr que ça va bien les aider. Pauvre gnoque.
Mais revenons à ce qui nous préoccupe aujourd'hui.
J'ai parlé de Dieu, en fait, il s'agit d'incarcérations, mais c'est lié,
puisque rien n'est fait là-bas sans l'aval de Dieu. Et encore, ils n'ont ni
grotte de Lourdes ni pèlerinage de Compostelle.
Donc, oui, j'y viens. Les incarcérations. Et pas des moindres. Nous avons vu
tout au long de ce blog qu'ils enfermaient des mineurs à VIE, qu'ils bouclaient
des personnes (même innocentes, même sans preuves formelles) pour le restant de
leurs jours, qu'ils assassinaient légalement des personnes dont ils n'étaient
même pas sûrs de la culpabilité (et même si quelqu'un d'autre s'accusait du
crime après coup, ou si un témoin revenait sur ses aveux), qu'ils séquestraient
et torturaient des gens dont ils avaient décrété qu'ils étaient des
"terroristes", qu'ils kidnappaient des présumés terroristes et les envoyaient
se faire torturer et / ou disparaître dans des pays étrangers fort peu
recommandables, tels la Syrie. Etc.
Oui, je sais, ça fait beaucoup, me diras-tu. Et pourtant tout cela est
VRAI.
Il y a même des trucs dont je n'ai pas encore parlé. Les prisons (ou quartiers)
de très haute sécurité. Les "supermax", comme ils les
appellent.
Encore une histoire à faire frémir le premier démocrate venu, voire le Taliban
de base.
Voici un article de Jessica Pupovac, publié dans AlterNet
http://www.alternet.org/rights/94257/, le 11 août 2008. (gros extraits
- entre parenthèses et en italiques, résumé des paragraphes non
traduits))
StopMax: The Fight Against Supermax Prisons Heats Up
StopMax: la lutte contre les supermax
s'intensifie
Avec d'anciens détenus et leurs familles en tête du mouvement, la lutte pour
l'abolition des supermax et pour faire interdire la détention en isolement
gagne du terrain.
"Quand j'ai quitté Angola", explique Robert King Wilkerson, qui a passé 29 ans en cellule d'isolement à la prison tristement célèbre d'Angola State Penitentiary en Louisiane pour un crime pour lequel il a été par la suite innocenté, "je me suis dit: 'je suis peut-être libre, mais Angola ne sera jamais débarrassée de moi'."
Depuis sa libération, il y a sept ans, ce serment l'a conduit dans des
rassemblements, des églises et des émissions-débats dans le monde entier. Au
début de l'été, il était, ainsi, à Philadelphie pour la toute première
conférence StopMax, où il a raconté certains épisodes, expliqué le système
carcéral en Amérique et collaboré avec une foule de militants déterminés comme
lui à mettre un terme au recours à l'isolement et aux autres formes de torture
qui y sont liées dans les prisons aux Etats–Unis.
Wilkerson est un ancien membre des Black Panthers et un des Angola
Three ("les 3 d'Angola"). Il a passé plus de 30 ans en prison pour le
meurtre d'un gardien de prison, ainsi que deux autres anciens des Black
Panthers, Albert Woodfox et Herman Wallace, avant d'être disculpé par
l'état de Louisiane en février 2001. Albert Woodfox et Herman Wallace, eux,
languissent toujours en prison. Ce sont, à ce jour aux Etats-Unis, les détenus
qui ont passé le plus de temps en cellule d'isolement.
Au début de l'été, Wilkerson s'est adressé à une foule de gens composée à la
fois de militants et de badauds devant la prison d'état de Philadelphie
(Eastern State Penitentiary), qui a ouvert ses portes en 1829 et qui était la
toute première institution créée pour accueillir les détenus condamnés à
l'isolement à long terme.
Au cours de ces 40 dernières années, avec les énormes progrès technologiques en
matière d'isolement et de contrôle, cette pratique, érigée en système, s'est
banalisée et a été imposée à des milliers de détenus dans tout le pays, que ce
soient des meurtriers, des junkies ou de simples voleurs.
Wilkerson fait partie des nombreux détenus de l'histoire récente qui ont
survécu à l'isolement et qui ont contribué au succès et à la portée de la
conférence de StopMax organisée par l'American Friends Service Committee
(AFSC) (NDLT: organisme caritatif quaker contre les violences et
l'injustice dans le monde).
Bonnie Kerness, du groupe Prison Watch,
et coordinatrice de l'AFSC, dit qu'au cours de ces vingt dernières années,
l'organisation a reçu un nombre "incroyable" de lettres de personnes
en cellule d'isolement décrivant les abus qui s'y produisent.
Ces courriers, a-t-elle indiqué dans une interview à Alternet, racontent en
détails des histoires horribles, comme, par exemple, l'utilisation de
techniques de torture (donner de force des médicaments aux détenus, les
attacher au lit ou à une chaise, etc.)."
"Et maintenant, nous commençons à recevoir du courrier de la part de mineurs", ajoute-t-elle, alors, nous en sommes pratiquement arrivés à un point où il est impossible de ne pas réagir".
D'après Kerness, en plus de l'accumulation de lettres de détenus, l'AFSC a
constaté une augmentation des appels téléphoniques qu'elle reçoit de personnes
de tout le pays qui veulent se renseigner pour aider des amis ou des membres de
la famille contraints à l'isolement à garder le moral et à lutter contre les
abus. La conférence, donc, dit-elle, s'inscrit naturellement dans cette
logique".
L'assistance réunie à l'université Temple de Philadelphie pour la conférence
était constituée d'un groupe hétéroclite de 400 personnes environ de divers
milieux et de diverses sensibilités. (…)
(Il y avait là, entre autres, des membres de "United Church of Christ", des militants en
dreadlocks, des danseurs de danses traditionnelles aztèques, des psychologues,
des médecins, des prédicateurs indiens, des étudiants et des anars).
(…). Tous ces gens et des centaines d'autres ont passé 3 jours à élaborer des
stratégies, à comparer leurs notes et à travailler avec un même objectif:
mettre un terme au recours à l'isolement qui se développe de façon endémique et
sans aucun contrôle dans le système carcéral américain.
Pays de prisons
Selon le "US Bureau of Prisons", les Etats-Unis ont le taux
d'incarcération le plus élevé au monde, avec 2,2 millions de détenus en 2006.
Et d'après une récente étude sur les prisons effectuée par le docteur Terry
Kupers, conseiller en santé mentale en milieu carcéral et spécialiste de
l'isolement cellulaire, sur n'importe quelle période donnée, environ 10% de
l'ensemble des détenus seraient placés à l'isolement.
Ce qui peut se traduire par approximativement 220.0000 détenus placés à
l'isolement dans les prisons locales, de l'état ou fédérales.
Bien que les prisons américaines aient toujours utilisé l'isolement comme mode
de sanction, ce n'est pas avant les années 80-90 qu'une nouvelle sorte de
prison (la supermax) a commencé à imposer l'isolement comme une
méthode à long terme de gestion de la population. Avec l'augmentation
considérable de la population carcérale, suite à la "guerre contre la
drogue", l'isolement est devenu l'occasion rêvée pour les autorités
pénitentiaires de contrôler les détenus, pour les élus de montrer qu'ils
étaient inflexibles en matière de criminalité, et pour les entreprises privées
de construire des institutions nécessitant davantage de technologies, et donc
de faire davantage de profits.
(…) Pour ceux qui dénoncent les prisons supermax, ce sont des donjons modernes
où les détenus sont enfermés 23h sur 24, où leurs plateaux-repas sont glissés
par une fente dans la porte, et où ils sont souvent surveillés par des caméras
au lieu de gardiens. Les détenus ont peu ou pas d'activités de plein air, et la
température à l'intérieur de leur cellule peut passer, selon la saison, du
froid glacial à une chaleur insupportable.
Alors que beaucoup d'entre eux subissent ces conditions un an ou deux,
d'autres, ne sachant pas vraiment comment mériter d'en sortir, y passent 10, 15
ou, dans le cas de Wilkerson, 29 ans. Sans véritable possibilité de formation
pour stimuler l'esprit, sans programme pour préparer la réinsertion, le système
a été dénoncé maintes fois par des organismes internationaux, comme l'a fait
par exemple le rapporteur spécial sur la torture des Nations Unies, qui en 1996
a déclaré que ce système était "cruel, inhumain et dégradant".
Néanmoins, d'après l'AFSC, 44 états, ainsi que le système fédéral, continuent à
ce jour de s'appuyer sur les supermax.
Même si la prison supermax est présentée comme un quartier de haute sécurité
pour les "pires d'entre les pires", c'est trop souvent les
perturbateurs et les contestataires qui y atterrissent, à la satisfaction des
autorités pénitentiaires qui les soustraient des structures destinées à la
population carcérale ordinaire.
Parmi les détenus des supermax, sont surreprésentés les "avocats de
prisons" – ceux qui intentent des procès, plaident en leur faveur ou en
faveur des autres, ou qui, d'une façon ou d'une autre, irritent les matons.
(…).
Puisqu'on envoie dans les supermax des détenus pour leur comportement à
l'intérieur de la prison, plutôt que pour les délits qu'ils ont commis à
l'extérieur, il y a dans ces quartiers de haute sécurité beaucoup de détenus
qui sont incarcérés pour des délits relativement mineurs, tels que la
possession de drogue ou le cambriolage.
Par exemple, David Tracy, un détenu de 20 ans qui s'est pendu dans une supermax
de Virginie, y purgeait une peine de 2 ans et demi de prison pour avoir revendu
de la drogue.
Hélas, le cas de Tracy n'est pas unique. Le taux de suicide dans les quartiers
de haute sécurité est souvent le double de celui dans les prisons ordinaires.
Et, selon la "Correctional Association of New York", étant donné que
la population des suprermax ne représente que 10% de la population carcérale
totale, plus de 40% des suicides se produiraient donc en isolement.
Ceci est dû en partie à ce que, parmi la population carcérale, le groupe le
plus surreprésenté dans les quartiers d'isolement est celui des malades
mentaux.
Dans certaines institutions, comme Wabash Valley Correctional Facility, dans
l'Indiana, les autorités pénitentiaires ont reconnu que les malades mentaux
constituaient plus de la moitié des détenus à l'isolement.
Selon David Fathi, directeur du secteur des Etats-Unis de Human Rights Watch,
cela est en grande partie dû au démantèlement de nombreux services sociaux et
au manque de moyens qui leur sont accordés (et plus particulièrement les
grandes institutions publiques de soins psychiatriques), et qui ont coïncidé
avec l'expansion des quartiers de haute sécurité.
Ceux qui ont des troubles psychiatriques, en particulier ceux qui souffrent de
troubles obsessionnels du comportement, sont souvent les plus agités dans le
cadre carcéral normal, et les gardiens, souvent peu outillés pour faire face
aux troubles mentaux, tendent à les envoyer dans les quartiers d'isolement, que
Fathi appelle "les asiles de dernier recours" (voir article: Torture in Our Own
Backyards).
Résistance à l'extérieur
L'essor des supermax s'est accompagné d'un mouvement de plus en plus important
pour demander leur fermeture.
Le recours à la détention en isolement de longue durée est devenu systématique
en octobre 1983 quand le meurtre d'un gardien de la prison fédérale de Marion
dans l'Illinois a conduit les autorités pénitentiaires à "boucler entièrement"
("lock down") tout le complexe, en enfermant les prisonniers dans
leurs cellules 23 heures par jour et en limitant rigoureusement leurs
déplacements et leurs communications avec les autres détenus et avec
l'extérieur.
L'opposition à cette politique s'est manifestée pratiquement immédiatement (à
la fois derrière les barreaux et à l'extérieur, grâce à un collectif appelé
Comité pour Mettre un Terme au "Lock-Down" à Marion. Deux ans plus tard, l'AFSC
publiait une brochure pour raconter en détails et dénoncer ce qui se passait à
la prison de Marion. Elle ne savait pas à l'époque que cet incident allait
marquer le début d'un nouveau mode de fonctionnement des prisons.
Comme la brochure, "les leçons de Marion", était distribuée dans tout
le pays, l'AFSC est devenue une référence pour les prisonniers détenus à
l'isolement (…).
(D'autres associations se sont créées un peu partout - comme par exemple,
California Prison Focus, 1990 - au fur et à mesure que se développait ce mode
de détention. D'abord parti d'initiatives locales, le mouvement prendra de
l'ampleur et aura un retentissement national. En 1994 l'AFSC était à
l'initiative d'une campagne nationale demandant la fermeture de ces "unités de
contrôle").
D'anciens détenus et leurs familles à la tête du
mouvement
Le mouvement contre les quartiers d'isolement, stimulé par une série de
victoires récentes et avec, pour fers de lance, d'anciens détenus et leurs
familles, est très actif depuis des années.
A la conférence StopMax de Philadelphie, c'était l'effervescence.
(…) Les taux croissants d'incarcération ont entraîné l'adhésion d'un nombre
toujours plus élevé de familles et de conjoints et, grâce à Internet et
d'autres moyens de communication modernes, les militants ont la possibilité de
s'informer mutuellement et de transmettre le message à d'autres.
(…)
(Cependant, actuellement, les organisations se rendent compte qu'elles
doivent élargir leur mouvement au reste de la population en militant en dehors
de leur cercle retreint).
Le Chicano Mexicano Prison Project oeuvre dans ce sens à San Diego depuis 1993,
grâce à la publication d'un bulletin trimestriel, Las Calles y La Torcida, et à
l'organisation de dizaines d'ateliers (…).
"La plupart des prisonniers ne savent pas pourquoi ils sont en prison et la
plupart des parents pensent que leurs enfants méritent de s'y trouver",
explique Ernesto Bustillo, éducateur et membre du CMPP, dans ses ateliers. Une
partie de la mission du CMPP consiste à "inculquer aux détenus de Raza une
conscience politique et sociale, et éduquer la communauté de Raza sur les
réalités du système carcéral."
(...) (D'autres associations travaillent dans le même sens, cherchant à
faire fermer le "pipeline qui mène directement de l'école à la
prison").
Une des forces essentielles de ces associations réside dans le fait que, pour
beaucoup d'entre elles, les moteurs de leurs actions sont des détenus, anciens
et actuels, et leurs familles.
Gale Mohammad, une des organisatrices de la campagne StopMax, fait partie de
ceux-là. Elle a commencé à militer en 1997 pour faire connaître ce qui était
arrivé à son mari, Tarik, tombé malade alors qu'il était en cellule d'isolement
et qui était mort cette année-là. Elle explique qu'elle est stimulée par la
volonté que Tarik ne soit pas mort en vain, et par sa détermination d'éviter
que son fils, actuellement incarcéré, subisse le même sort. (…)
Faire changer la situation …
Laurie Jo Reynolds, de l'association "Tamms Year Ten
Campaign", et organisatrice de la conférence pour la section de
Chicago, est venue avec un objectif précis: se renseigner sur les endroits où
les militants ont réussi à obtenir des conditions humaines de détention dans
les quartiers de haute sécurité afin de s'inspirer de ces méthodes d'action
pour le quartier de haute sécurité de la prison de Tamms (CMAX) .
"Tamms Year Ten Campaign" a réussi à convaincre la "Commission pour les
Réformes Pénitentiaires" de l'Illinois de tenir une séance publique le 28
avril. Cette séance a conduit les élus à proposer un projet de loi le 24 mai,
qui mettrait un terme aux peines de détention en isolement à durée illimitée à
Tamms CMAX, ferait sortir les malades mentaux des cellules d'isolement et
établirait des critères clairs, et un temps limite, pour ceux qui sont affectés
dans ces quartiers.
(…)
Des règles similaires ont été adoptées à New York (…).
Mais d'autres localités rencontrent bien plus d'opposition à ces
réformes.
Matthew Lowen, coordinateur à Tucson du "Programme pour la Justice dans les
Prisons" (Prison Justice Program) de l' AFSC, explique qu'il y
a peu d'espoir qu'ils obtiennent le soutien des élus de l'état, qui "sont
plutôt du genre cow-boys", alors, lui et les autres membres de
l'association ont entamé une série de discussions directement avec le
"Departement of Corrections" de l'Arizona.
L'antenne de l'AFSC à Tucson a effectué et publié une enquête approfondie sur
l'abus du recours à l'isolement dans l'état, ce qui a donné à l'association de
la matière pour négocier avec les autorités pénitentiaires chargées de
l'application des peines, que Lowen espère convaincre d'engager des réformes
importantes de l'intérieur.
A côté de ça, d'autres groupes luttent sur le terrain judiciaire. En 2007, les
poursuites engagées par l'American Civil Liberties Union et le cabinet
d'avocats Holland & Knight contre le "Department of Corrections" du
Mississippi a réussi à faire réformer un système impitoyable qui, à l'époque où
les poursuites ont été engagées, avait placé plus de 1000 détenus à l'isolement
de longue durée dans une prison d'état du Mississippi de triste réputation
(Parchman Farm).
En les "écrasant et en les faisant asseoir à la table des négociations", selon
les termes de Steve Hanlon, avocat de Holland & Knight, les défenseurs ont
réussi à faire chuter ce nombre à 130, sans compter les détenus qui sont encore
en cours de transfert. (…)
(Cette victoire a été obtenue en revoyant le système avec les responsables
de la prison qui, jusqu'alors, laissaient l'initiative du placement à
l'isolement des détenus aux gardiens, sur leurs propres critères, ce qui
rendait pratiquement impossible toute contestation).
La lutte contre les supermax continue
Ces stratégies ont permis de réduire sensiblement le nombre de détenus dans les
sections de haute sécurité et d'en faire sortir les malades mentaux.
Mais ils n'ont toujours pas atteint leur objectif final: faire abolir le
placement à l'isolement.
Toutes les tentatives de poursuites pénales qui s'appuient sur le fait que
l'isolement prolongé est une "punition inhabituelle et cruelle" en violation du
8° amendement ont échoué jusqu'à présent. (…).
(Toutefois, à la suite de poursuites engagées en 1995 par 3000 détenus d'un
établissement pénitentiaire de Californie, un juge du tribunal fédéral de
district a décrété, d'une part que si les conditions de rétention à l'isolement
approchaient des limites de ce qu'un être humain pouvait tolérer
psychologiquement, elles ne pouvaient être considérées comme un "traitement
inhabituel et cruel". Mais, parallèlement, le juge Henderson a décidé que les
malades mentaux ne devaient pas être placés à l'isolement. Depuis lors, tous
les tribunaux fédéraux confrontés à ces cas ont statué que l'isolement des
personnes souffrant de graves troubles mentaux était
anticonstitutionnel).
Toutefois, il y a un procès très médiatisé où s'est à nouveau posée la question
de savoir si l'isolement de longue durée n'était pas un traitement "inhabituel
et cruel' et où la Cour Suprême des Etats-Unis a déclaré récemment que cette
question "méritait d'être étudiée".
Dans un procès civil actuellement en instance, les 3 d'Angola contestent leurs
conditions de détention en cellules d'isolement et également le simulacre
(selon leurs termes) de procédure de révision de ces conditions qui a permis de
les garder à l'isolement pendant tant d'années. L'affaire Wilkerson, Woodfox et
Wallace contre l'état de Louisiane et d'autres est encore en instance de
jugement et elle pourrait avoir des conséquences d'une portée
considérable.
Wilkerson a déclaré à la conférence de Philadelphie:
"A une époque je pensais que ce qui était légal avait une finalité morale. Mais les années (29 ans en cellule d'isolement sur 31 en détention) que j'ai passées à accomplir une peine pour un crime que l'état savait parfaitement que je n'avais pas commis m'ont appris que la légalité et la moralité ne vont pas de pair. La légalité n'est pas la moralité."
Wilkerson a fait remarquer au public de la conférence Stopmax que
l'esclavage et les autres pratiques ignobles racistes, sexistes ou de classe
étaient aussi légales à certaines périodes de l'histoire, mais que grâce à
l'acharnement de ceux qui croient à la justice et à l'égalité, elles ont été
abolies".
"C'est à Abraham Lincoln et à d'autres responsables politiques qu'on attribue l'abolition de l'esclavage, mais, ajoute-t-il, "en réalité ce n'est pas Lincoln. Lincoln n'a fait que répondre au souhait du peuple. Ce sont les abolitionnistes, ceux qui considéraient que l'esclavage était une pratique abominable."
"C'est la raison pour laquelle il est si important que la lutte continue".
Jessica Pupovac est éducatrice pour adultes et journaliste indépendante
vivant à Chicago.
Lawyers call for release of "Angola 3," nearly 36 years after guard's
murderby Gwen Filosa, The Times-Picayune, March 17, 2008
(Les avocats demandent la libération des deux "Angola 3", près de 36 ans après
le meurtre du gardien)
Note perso et références:
La Louisiane: ses magnolias, le bayou, les promenades en bateau à aube, le
blues, le jazz, les carnavals, les belles maisons des planteurs…
Mais c'est aussi Katrina.
Mais aussi, c'est le "Deep South", et donc, le racisme depuis
les lynchages jusqu'aux incarcérations arbitraires.
Les
Jena 6, les 9 de
Move, les Angola 3:
tout cela s'est passé en Louisiane.
Les prisons aux US:
Quelque 34 états ont opté pour le modèle
supermax ces vingt dernières années, pour un coût énorme et
malgré les procès qui sont intentés régulièrement pour traitement inhumain et
anticonstitutionnel.
Dès 1999, 57 prisons supermax accueillaient quelque 20.000 détenus.
Dans tous les cas de figure, la violence du système carcéral est soit restée la
même soit a été accrue à la suite de l'ouverture de ces quartiers de haute
sécurité.
Les Noirs
D'après les chiffres du Département de la Justice, au niveau national, les
Noirs constituent près de 40% de l'ensemble des détenus (pour
à peine 12% de la population totale).
Si la tendance actuelle se poursuit, un Noir de sexe masculin aura 1 chance sur
3 de se retrouver en prison au cours de sa vie. Pour un Hispanique, ce serait 1
sur 6 et pour un Blanc 1 sur 17.

Source et très bon article (en anglais):
''La Louisiane a le taux d'incarcération le plus élevé des
tous les Etats-Unis avec 723 détenus pour 100 000 personnes. Et environ 13 %
des Noirs entre 18 et 24 ans sont actuellement en prison''. août 2006
La prison d'Angola

Les détenus de régime général, eux, dorment dans des dortoirs d'environ
40 personnes avec des sanitaires sans portes. Leur seul espace intime, c'est,
en tout et pour tout, un lit. Ils ne peuvent même pas afficher des souvenirs
personnels.
Source et article (TB): La prison
d'Angola (en français)
La prison d'Angola (décrite dans le documentaire: "The Farm" ) accueille les
prisonniers de "la pire espèce", comme ils disent dans les médias. C'est la
prison de haute sécurité la plus importante des Etats-Unis.
Ancienne plantation, sur le fleuve Mississippi, au nord de Baton Rouge, elle
abrite plus de 5000 prisonniers et emploie plus de
1400 gardiens.
Environ 98% des détenus y resteront jusqu'à leur mort.
Certains seront morts de maladie, d'autres de vieillesse, d'autres encore y
auront été exécutés (NB: les détenus du couloir de la mort
bénéficient actuellement en Louisiane d'un moratoire, à la suite de plaintes
d'associations des droits de l'homme contre la cruauté de la mort par
injection. Dès qu'ils auront trouvé une meilleure idée, les exécutions
reprendront. Oh, pour ça, ils vont trouver!).
Angola était, depuis 1699, une plantation de canne à sucre où travaillaient
des esclaves venus de l'Angola. La prison, appelée familièrement "The Farm" (la
ferme), est construite sur 7000 hectares de terrain et bordée sur trois côtés
par le Mississippi.
Le travail en prison
Ancienne plantation d'esclaves, comme la Prison Parchman de l'état
du Mississippi, Angola perpétue la tradition. Toutes deux sont
passées, après l'Emancipation des esclaves, de l'esclavage institutionnalisé au
travail d'esclave au sein de la prison.
Pendant 30 ans, les détenus étaient "loués" aux fermiers du coin et condamnés à
travailler dans les champs. Ces forçats mouraient en l'espace de quelques
années suite aux brutalités que leurs gardiens, d'anciens soldats confédérés,
leur faisaient subir.

Travail dans les plantations
Source
Après les protestations parues dans la presse, les autorités pénitentiaires
ont repris, en 1901, les détenus sous leur tutelle et construit la prison sur
le terrain d'Angola.
Mais la violence entre détenus (toujours forcés de travailler sans être
rémunérés) était terrible et la prison d'Angola s'était fait la réputation de
prison la plus violente du Sud des Etats-Unis.
C'est dans les années 70 seulement que des réformes importantes ont eu lieu,
les détenus étaient payés pour leur travail et des gardiens ont été embauchés
(il y a actuellement 1800 personnes qui travaillent au sein de la prison). En
quelques années, la criminalité chutait de 72%.
Aujourd'hui, les prisonniers travaillent toujours dans les champs et touchent
4 cents de l'heure, dont deux sont automatiquement placés sur
un compte épargne, cet argent étant censé servir à leur sortie de prison.
Ce qui ne se produit, évidemment, pratiquement jamais. Non seulement parce que
leurs condamnations sont lourdes, mais aussi, parce que, majoritairement
pauvres et peu instruits, ils n'ont pas les moyens de prendre un avocat qui ne
soit pas commis d'office ou n'ont pas de connaissances suffisantes pour
préparer leur défense.
La vie en prison jusqu'à ce que la mort s'ensuive.
Une grande majorité des détenus à Angola (75%) vieillira et
finira ses jours en prison.
Pire que mourir en prison, ce que redoutent le plus les prisonniers, c'est
d'être enterrés dans le cimetière de la prison, dans un des cercueils fabriqués
sur place, à Point Lookout Cemetery, où ils seraient condamnés pour toujours à
être séparés du monde extérieur. Mais après toutes ces années, reste-t-il de la
famille, des amis dehors pour leur offrir une sépulture?
Il est difficile de résoudre la question du nombre croissant de détenus qui
meurent en milieu carcéral.
Depuis 1983, les décès en prison ont, au niveau national, augmenté de
550%. Actuellement, sur un an, à Angola, pour un détenu qui obtient
une libération conditionnelle, il y en a trois qui meurent en prison.
(Les
cercueils d'Angola. A lire.)
C'est effrayant, non?
Mais il y a pire! Attends, ne pars pas encore. C'est pas
fini!
De plus en plus de prisons construisent des unités
gériatriques séparées (hospices de vieux, en fait, avec personnel
spécialisé ou bénévoles) pour y accueillir les détenus âgés ou
handicapés.
A Angola, il y a 120 lits qui leur sont réservés. Et il y en a 120 autres dans
d'autres institutions en Louisiane. De plus, l'état a remis en état un centre
de détention, Forcht-Wade, pour les personnes âgées ou handicapées avec 550
lits, dont 330 sont réservées aux personnes âgées.
Ah! Quand ils disent prison "à vie", ils ne plaisantent pas avec les
mots!
Voir les diverses unités construites dans chaque état pour accueillir les
plus âgés:
Geriatric
prison units
Voir Angola , en anglais
La devise de la prison d'Angola pourrait être:
" Vous tous qui entrez ici, abandonnez tout espoir".
Alors, si on compte bien: des ouvriers qualifiés, des artisans, peut-être
même des artistes pratiquement à l'œil et dociles employés pour fabriquer à vil
coût des produits pour des multinationales (IBM, Boeing, Motorola, Microsoft,
ATT, Dell, Compaq, Honeywell-Packard, TWA, etc.); de nouvelles constructions
avec des équipements de plus en plus spécialisés; des services (cantine, etc.)
donnés en sous-traitance, des clients fidèles toujours plus nombreux et pour
très longtemps. J'en oublie.
ALORS, A QUI PROFITE LE CRIME?
Katrina n'a pas fait que des victimes. Certains s'en sortent
bien
Six jours après la catastrophe provoquée par l'ouragan Katrina, la police tire
sur des piétons sur le pont Danziger à la NO. Deux hommes seront tués et 4
autres personnes sérieusement blessés par les nombreux coups de feu qui ont été
tirés par les policiers. Une femme aura le bras pratiquement arraché.
Verdict: relaxe pour les policiers.
Il faut dire qu'alors que des centaines de sinistrés erraient dans la ville à
la recherche d'eau de nourriture et d'un abri, la police et l'armée arrivée en
renfort avaient l'ordre de protéger les biens des riches, d'empêcher les
manants d'approcher des quartiers aisés et de "tirer pour tuer".
Alors, pourquoi se gêner?
Voir détails:
Charges
dismissed against officers in Danziger bridge killings August 14,
2008
Mais ce n'est pas tout!
Mais non!
Connaissez-vous les camps de
la FEMA?
On en reparlera sans doute.
Alors, les gens incarcérés au faciès,
ceux qui passent toute une vie aux oubliettes et qui sont même enterrés dans
l’enceinte de la prison, parce qu’à force, il n’y a plus personne pour les
réclamer, les dissidents politiques, même non-violents, même pacifistes,
interdits de manifester, voire victimes de complots ou accusés de meurtre et
qui finissent en prison, enfermés seuls 23h sur 24 ;
les fichages,
les écoutes téléphoniques,
les espionnages de mails,
les désossages d’ordinateurs – tout cela aux dépens des libertés
individuelles,
les camps de la FEMA, prêts à fonctionner,
les prisons secrètes à l’étranger,
Guantanamo,
la torture,
les invasions de pays étrangers sous des prétextes fallacieux,
le massacre constant d’innocents,
la peine de mort,
les pots-de-vin et les largesses aux chefs d'état étrangers pour garder la
mainmise sur le monde.
J’en passe.
Alors, il faut arrêtez de répéter comme des perroquets que c’est la
plus grande démocratie au monde : cela n’est PAS
CREDIBLE !
C’est la plus grande prison au monde.
C’est la plus grande imposture de l’histoire.


Commentaires
Encore une fois, beaucoup d'informations.
Mais le plus important : le mythe USA.
Ce mythe est semble-t-il inébranlable. Bien sûr la majorité des français à qui tu parles de Bush par exemple sont prêts à dire que c'est sans doute un salaud, bla bla, que l'Irak c'est pas bien bla bla... mais quand même c'est un grand pays, une grande démocratie tout ça...
Répète tous les jours que la Russie est l'agresseur de la Georgie et tout le monde le croira. Ne parle de l'Irak que de façon anecdotique, et personne n'en aura rien à foutre. On trouvera même des français pour approuver l'envoi de soldats en Afghanistan.
Accole le mot "dictature" au mot Cuba à chaque fois que tu le prononces et tout le monde le croira, mais essaie d'expliquer comme tu le fais que les USA sont de fait une dictature, et une des plus violentes qui soit, et tu n'auras aucun écho.
Au sujet des la politique étrangère des USA et d'autres petites choses :
http://www.dailymotion.com/video/x3...
Merci, emcee, pour toutes ces infos que tu distilles. Bon, en gros, on le sait, mais, là, c'est preuve à l'appui
Mainmise sur le monde, la Russie de Poutine rechigne, mais ça suffira pas
Tout ceci est exact mais le + important est de comprendre que ce système carcéral a été concu et mis en place surtout par les administrations Reagan et plus particulièrement par son ministre de la justice (Edward Mesee). La gestion et la construction des prisons est le fait de sociétés dont certaines sont cotées en bourse...Je construit les prisons faites moi les lois pour les remplir ("Three strikes out...analogie du base-ball en Californie et ailleurs...)
2 vols de pizza et un vol de paquet de cigarettes = 20 ans en prison.... authentique. Le tout coûte une fortune au budget des municipalités, états américains et certaines municipalités dépendent totalement des revenus carcéraux pour survivre tel Hunstville au Texas.
Le public totalement sous-informé en demande toujours plus bien sûr et rien dans le programme de Obama ne laisse entrevoir la moindre lueur d'espoir.
Durant l'administration Clinton la population carcérale à augmentée d'un millions de détenus a cause des lois contres les consommateurs de drogue , il suffit de se faire prendre avec 5 grammes de crack ou 100 grammes de cocaïne pour avoir 5 ans de prison. Sachant qu'avec 100 gramme de cocaïne on peut fabriquer 500 gramme de crack et que la première est surtout consommée par les blancs et le second par les noirs , il est facille d'imaginer qui est visé par cette loi.
Voilà comment on obtient une main d'oeuvre pas chère , ajoutez à celà le rascisme ambiant et la surenchère sécuritaire , la loi des trois fois le même délit tu prends perpète (dans certains états), il y a de quoi remplir les prisons.
Ensuite on privatise et des sociétées privées ont droit à des contrats juteux. Bien sur des cures de désintoxication où le placement des handicapés mentaux en hôpital psychiatrique coûterait moins cher. Mettre les prisonniers en isolement permet d'économiser sur le nombre de gardiens et ainsi de réduire les coûts.
On peut aussi comparer la Chine et les Etas-unis , d'un côté 1,5 millions de prisonniers pour 1,5 milliards d'habitants de l'autre 2,2 millions de prisonniers pour 300 millions d'habitants.
Un article qui traite du records du monde de population carcérale : en 2006 environ 2,4 millions de personnes plus 5 millions de personnes sous contrôle judiciaire :
http://www.voltairenet.org/article1...
Une page intérêssante , celle des statistiques du ministèere de la justice U$ :
http://www.ojp.usdoj.gov/bjs/glance...
On peut y voir que le taux de criminalité baisse
Le taux d'incarcération augmente
http://www.ojp.usdoj.gov/bjs/glance...
L'évolution des personnes punies : de haut en bas : probation = liberté surveillée ; prison= prison fédérale ; jail = prsion locale ; parole=liberté conditionelle :
http://www.ojp.usdoj.gov/bjs/glance...
Au goulag il y avait 2,5 millions de personnes et la peine maximum était de 25 ans.
Mais bonne nouvelle dans tout ça les autorités U$ évacuent les gens avant l'arrivée du cyclone Gustave , on n'arrête d'en parler aux (des)infos. Ce qu'on vous dira pas c'est qu'ailleur les autoritées évacuent la population avant chaque cyclone et ça dure depuis 50 ans.
http://socio13.wordpress.com/2008/0...
Quand on vous dira que Cuba est une dictature où que les Cubains n'ont pas accès à l'internet montrez leur ceci :
http://desdecuba.com/generaciony_fr...
C'est la version française du blog de Yoani Sanchez , elle critique le régime pour tout et n'importe quoi. Son blog est hébergé sur un site officiel (desdecuba.com) et ça dure depuis Avril 2007. Periodiquement elle dit que son blog n'est pas disponible mais durant ce temps là des cubains ont quand même réussit à s'y connecter.
En plus elle ne se cache même pas , elle à mis une photo de sa carte d'identitée sur son blog :
http://desdecuba.com/generaciony/?p...
Son blog est disponible en plusieurs langues : espagnol , français , anglais , portugais , allemand , italien , japonais , chinois(en construction) et même en letton ! Elle ne peut pas traduire ça toutes seule , elle serait aidée par une puissance étrangère ça ne m'étonnerai pas , mais pour l'instant il n'y a aucune preuve.
Bonjour,
vous écrivez que « la Louisiane a le taux d'incarcération le plus élevé de tous les Etats-Unis avec 723 détenus pour 100 000 personnes. » Or, il semble que ce soit le taux moyen des États-Unis...
Il y a une erreur dans mon précédent message : à la fin il faut remplacer letton par lituanien.
Merci de vos commentaires pertinents
@ coco: eh, oui, la propagande relayée par les médias de façon éhontée. Et même les mensonges grossiers. Nous vivons une sale époque. Merci pour la vidéo. C'est étrange comme nos médias et nos experts en tous genres sont silencieux.
@ alain maronani et T34:
Tout à fait d'accord, les prisons, c'est une affaire qui roule bien et cela permet de se faire un max de pognon sur les pauvres tout en ayant l'aval des "bien-pensants". Comme quoi, ces gens-là ont encore de beaux jours devant eux quand on voit que la majorité de la population se laisse rouler dans la farine aussi facilement.
Pour le scandale des "Three strikes", j'ai écrit un truc récemment, mais pas moyen d'y mettre la main dessus. C'est le pire qui puisse avoir été inventé à ce jour par une "démocratie" en matière d'injustice flagrante. Mais tant que les Occidentaux ne s'en offusquent pas …
Quant à "gustav", c'est bien ça: les médias se sont emparé de l'affaire pour faire de la pub aux US, pour montrer comme ils étaient grands comme ils étaient forts, comme ils avaient tiré les leçons de Katrina, alors que, parallèlement, ils ont complètement occulté (sauf très marginalement) que le cyclone à Cuba, qui, malgré une force de 4 sur 5 et des vents de plus de 300kms à l'heure qui ont dévasté certaines habitations, n'ont fait aucune victime humaine, comme d'habitude, et que 250000 personnes ont été mises à l'abri en temps et en heure. Mais évidemment, c'est de la roupie de sansonnet à côté des exploits et de la solidarité dont est capable le "monde libre".
D'autre part, le maire de la NO a fait évacuer la ville en disant en substance: "tirez-vous de là, je ne veux plus voir personne ici, démerdez-vous, il n'y aura personne après pour s'occuper de vous".
Encore heureux que le cyclone n'ait pas été de la force prévue, ils en auraient encore profité pour interdire l'accès de la ville à d'autres pauvres.
@ avida dollars
En effet, le taux actuellement est de 762 pour 100.000, il aurait donc dû être supérieur à ce chiffre pour la Louisiane.
Le taux d'incarcération aux US s'élève à 762 pour 100.000 selon Human Rights Watch (HRW), je précise, car les chiffres varient selon les sources et selon les conclusions des organismes.
Et en plus, ils sont différents également par année. Sans compter que les chiffres ne sont pas uniquement donnés en pourcentages de population globale. Autant dire un véritable casse-tête. Même si une erreur de quelques dizaines d'âmes n'enlève rien au propos général qui corrobore les faits.
Pour ce qui est du chiffre que j'ai cité, il provient du billet dont j'ai donné le lien et que je me suis contenté de traduire. Mais j'ai oublié de préciser la date. Il faut dire que j'avais bien d'autres chats à fouetter et de sources à consulter par ailleurs.
Mais si les chiffres vous intéressent, voici quelques os à ronger:
La journaliste Guillemette Faure dans un article d'oct 2007, intitulé :" Jour de fête dans une prison de Louisiane", à propos du plus grand rodéo en prison d'Amérique du Nord ! http://www.lefigaro.fr/reportage/20061206.FIG000000061_jour_de_fete_dans_une_prison_de_louisiane.html dit, entre autres:
L'état de Louisiane a le taux d'incarcération le plus élevé des USA, 12 fois plus important qu'en France.1 138 personnes derrière les barreaux pour 100 000 habitants.
Et aussi, dans un autre article, on peut lire:
Le 8/6/2008
"Les Etats-Unis ont le taux de détention le plus élevé du monde et également le plus élevé de leur histoire avec 2,3 millions de détenus derrière les barreaux, souligne Human Rights Watch (HRW), commentant de nouveaux chiffres publiés vendredi.
Les Etats-Unis ont un taux d'incarcération de 762 pour 100.000 habitants, à comparer à 152 pour 100.000 en Grande-Bretagne, 108 pour 100.000 au Canada voisin, ou encore 91 pour 100.000 en France, indique l'organisation de défense des droits de l'homme."
Et vous pouvez également consulter d'autres sources:
http://www.ojp.usdoj.gov/bjs/prisons.htm
http://membres.lycos.fr/returnliberty/prisonsusa.htm
http://laniel.free.fr/INDEXES/PapersIndex/AMERICANGULAG/AMERICAN%20GULAG.htm
Autre source: Crime, répression et race en Amérique
Par Glenn C. Loury http://www.un.org/french/pubs/chronique/2007/numero3/0307p53.html
"Les taux d’incarcération pour les délits non violents et la drogue ont augmenté à un rythme encore plus rapide : entre 1980 et 1997, le nombre de personnes emprisonnées pour des délits non violents a triplé et celui des personnes emprisonnées pour drogue a été multiplié par onze.
Trois jeunes blancs sur 200 étaient incarcérés en 2000, comparé à un jeune noir sur neuf. En Californie, un Noir a plus de chances d’aller dans une prison d’État que dans une université d’État".
Bravo pour avoir si bien étudié ce long billet que vous en avez déniché l'erreur fatale.
En tous cas, j'espère que les autres chiffres cités étaient à peu près justes et que les mots autour vous ont intéressé(e).
Salut la resistance,
emcee, j'ai pas ton email, alors je t'ecris ici. Et c'est l'occasion aussi de faire part a tout le monde d'un evenement preoccupant. Le silence assourdissant avec lequel les medias de masse ne l'ont pas relaye en dit long sur la maniere dont l'information fonctionne au pays de la "democratie".
Hier, lundi 1er, c'etait le debut de la convention republicaine a St Paul, Minnesota. Entre 5000 et 20 000 (selon les sources) manifestants pacifistes etaient presents dans les rues de St Paul pour demander le retrait immediat des troupes americaines du moyen orient et le paiement d'indemnites a l'Irak et a l'Afghanistan.
La police a charge... a roue de coup des manifestants pacifistes et non violents, les forces de "l'ordre" ont employe des lacrymo et des sprais a ours... au total environ 300 personnes ont ete arretees, pour certaines, frappees et emprisonnees... Le plus grave ? Il y avait 4 journalistes (avec cartes de presse) dans le lot... Dont 3 qui travaillent a Democracy Now, un des medias libre parmi les plus courageux... Amy Goodman (presentatrice du journal de Democracy Now) etait parmi eux.
Je suis alle sur le site du Monde.. nada... (si on exclut le "debat" sur la grossesse de la fille de Palin) Liberation.. nada... (si on exclut le "debat" sur la grossesse de la fille de Palin).
Sur CNN... ils parlent de l'arrestation des 300 personnes, mais CNN presente neanmoins les manifestants comme des anarchistes violents... et adopte les points de vue du pouvoir : "Les policiers on ete obliges de faire ca pour la securite, etc..." Et CNN ne dit pas un seul mot sur les journalistes arretes et victimes des violences..
C'est marrant, sur Democracy Now ce matin, j'ai entendu un tout autre son de cloche... Faut dire que Amy Goodman (la presentatrice du journal) etait elle aux premieres loges... pour rapporter entre autres que les policiers l'ont violentee avant de lui arracher sa carte de presse. Les journalistes ne l'ont pas recupere a ce jour et, meme s'ils ont ete relaches, les autorites ont porte plaintes contre les journalistes pour "obstruction a une action de police"...
ben voyons... c'est vrai, c'est une sacre obstruction que de montrer la maniere dont la police defend la democratie ! Le pays de la democratie a l'information qu'il merite...
Entre parenthese, des evenements similaires se sont deroules lors de la Convention Democrate il y a une semaine.
Meme le tres etats-unien Reporter Sans Frontiere en parle... c'est dire...
Je n'ose pas imaginer la maniere dont seraient relayes les memes evenements s'il avaient lieu au Venezuela ou en Russie....
Cuba-dictature, Russie-dictature, Etats-Unis-democratie....
Un mensonge martele 100 fois est plus efficace que la verite.
Les medias de masse sont vraiment le cancer de cette pseudo-democratie.
Salut, Enjolras,

C'est bien que tu en parles et que tout le monde en profite. J'ai vu l'info moi aussi. Ici: http://www.alternet.org/rights/97194/amy_goodman_and_two_democracy_now!_producers_unlawfully_arrested_at_rnc/. C'est effarant. C'est effarant déjà que les brutalités policières et l'arrestation de 300 manifestants lambda ne fassent pas tiquer les "grands" médias français et qu'ils ne cherchent même pas à enquêter. L'événement qui s'y rattachait n'était pas anodin, tout de même. Et on en parlait dans le monde entier, ne serait-ce que parce que la Convention avait lieu en même temps (et pas bien loin) que gustav et que ces bons médias ont suivi cela avec application pour montrer comme l'Amérique était un bon pays qui pensait à son peuple. Dommage pour eux que ce p%#i%n de vent soit tombé! Fainéant d'ouragan.
Quant à la fille de Palin, j'ai vu (toujours dans Alternet) une vidéo où Obama était très clair (si je puis dire ;-) et disait que c'était une affaire privée et qu'il ne fallait pas utiliser cela à des fins politiciennes.
Et c'est vrai qu'il faudrait commencer par arrêter de faire s'indigner les gens sur la vie privée ou les moeurs des autres. Hélas, pour les élites politico-financières, cela voudrait dire qu'on réfléchisse sur les grandes questions dont ils veulent nous détourner, justement.
Au hasard de mes promenades sur le ouèbe, je suis tombée sur ça:
piquée sur ce site: http://f-shelter.blogspot.com/
Je sais qu'il n'est pas bien vu de dire qu'il y a des relents de fascisme actuellement, mais ça en a bien la couleur. Et c'est très inquiétant.
Merci pour ces précisions. L'erreur n'est pas bien grave... quantifier l'horreur n'aide pas forcément à la saisir. C'était une manière d'indiquer que je m'étais intéressé aux "mots autour". Mais pour les gens difficiles à convaincre, c'est un domino qu'ils n'hésitent pas à pousser.
Merci, avida dollars pour cette explication. C'est vrai que si on veut être crédible, il ne faut pas donner des infos erronées.
Je m'y attache le plus possible, mais les chiffres ne me parlent pas toujours. Et là, il y avait pléthore. Je ne pouvais que me ramasser qqpart