Alors, d'abord, je te résume l'affaire.

Au départ (1960), t'as une bande de potes pas toujours à jeun qui créent un mensuel qui déchire sa race: Hara-Kiri.
Ils s'en prennent à tout ce qui a du pouvoir et qui s'en sert, voire en abuse. Le titre fait un tabac auprès de tous les rebelles de la génération.
Après moult péripéties et interdictions de publications, sera créé parallèlement en 1969 un hebdo avec une équipe un peu différente.
1970: c'est le célèbre bal à Colombey. Interdiction de parution. L'hebdo change de titre et s'appellera désormais Ch*rl*e H*bdo qui paraîtra jusqu'en 81.
En 1992, le titre reparaît avec des signatures de l'hebdo historique, dont Cavanna et Siné.
Mais le rédac'chef de l'hebdo, P V*l, alors petit chansonnier familier des MJC et des hôtels deux étoiles, ne fait pas l'unanimité et de démissions en licenciements, l'équipe change encore. Tout en gardant les deux grandes figures de l'hebdo canal historique citées plus haut.

Mais la flamme s'éteint lentement pour les fans de la première heure, même si vaille que vaille, val que val, on continue d'acheter l'Hebdo.
La rupture la plus grave se fera après le 11 sept où le rédakchef se livre à des diatribes contre la gauche de gauche, l'accusant d'anti-américanisme, d'antisémitisme, de gaucho-islamisme, entre autre noms fleuris.
Puis il y eut le référendum où les "nonistes" furent injuriés grave. Parce qu'ils ne pouvaient pas avoir raison, vu qu'ils étaient tous cons.
Le débat à gauche en était réduit à la vision binaire du redakchef et de tous les petits marquis, thuriféraires de l'ordre établi, complaisants avec le gratin et méprisants avec le reste du monde, et qui envahissent les ondes pour rabâcher leur dogme: "bon / pas bon; oui / non; politiquement correct / antisémite, islamo-gauchiste, facho de gauche, nazi, j'en passe.

Les caricatures de M. en ont été le point d'orgue. Tout ce qui comptait de droite en France, plus les habituels pseudo socialos de salon soutenaient le petit caporal de l'hebdo. Levée de boucliers. Même le ministre de l'I de l'époque s'est fendu d'un soutien appuyé, formulant son sentiment dans une de ces petites phrases dont il a le secret et qui sont aussitôt démenties par les faits. "Je préfère un excès de caricature … bla bla bla … et si c'est pas vrai, je vous emmerde TOUS... TOUS, J'AI DIT!".
Evidemment, les opposants n'étaient que la fange de la société alliée aux barbus, comme d'hab. Les muslim- lovers de la pire espèce.
L'hebdo, toujours considéré par le grand public comme "journal de gauche satirique bête et méchant" (supprimer les mentions inutiles) et son chef avaient donc enfin une légitimité et l'aval de tout le beau linge qui se frottait dans les raouts en ville.
Le rédakchef, lui, multipliait les interventions médiatiques, devenant du coup, docteur es antisémite, es antiaméricain, es musulman et es-invasions démocratiques.
Pendant ce temps, au camp de Babaorum, le dessinateur chroniqueur vestige de la mouture précédente continuait de sévir. Pas toujours dans la dentelle, certes, mais en opposition totale avec la ligne que voulait imposer le chef. Surtout depuis que celui-ci était devenu le chouchou des débats entre gens de bonne compagnie - et qu'on le présentait comme un homme de gauche et un intellectuel (cherchez les erreurs). Et que cet irréductible, le salaud, sorte d'"Astérix le gaulé" autoproclamé, lui faisait de l'ombre et le narguait.
Le redakchef ronge son frein: j'l'aurai, un jour, je l'aurai."
Et voilà-t-il pas que le caricaturiste tombe pour un texte anodin (quoi de plus banal que de s'attaquer au pouvoir en place et à ses vilénies quand on est censé être un hebdo satirique … bla bla bla de "gauche"?)
Et même pas un truc qui cassait trois pattes à un canard. Il y avait eu bien pire. Non une bluette. Oui, mais voilà! Il s'attaquait au fils de son mentor et celui-là, il pouvait lui briser l'ascension vite fait. Pas des tendres, le Clan. Ca tire sur les ambulances dans les coins. Ca te fait mettre 7 mois à l'ombre pour un pot de yaourt ou ça te fait déloger les journalistes pas assez obséquieux.
Avoir fait tout ce travail pour avoir la reconnaissance de la caste en place et tomber justement à cause de tout ce qu'il haïssait au monde, à savoir l'anar-gaucho pro-palestinien? Ca jamais!
N'écoutant que son courage, d'abord, il ne fit … rien. Prétendant même, plus tard, ne pas avoir lu la chronique en question - et, de fait, ne jamais en lire aucune du personnage: un truc vachement vraisemblable - surtout pour un dir' de publication qui est responsable pénalement de ce qui paraît (un peu comme quand il avait dit avoir à peine croisé Patrick Font).
Eh oui, tout le monde ne peut pas être Jean Moulin. Mais quand même, pas besoin de choisir les antipodes, non plus.
Mais voilà-t-il pas qu'un des petits marquis lui tend la perche en dénonçant à la radio le billet comme étant "antisémite". Oulah! (Précision: je ne citerai pas le nom de ce personnage peu recommandable, non seulement parce qu'il vaut mieux ne pas se farcir la tête de trucs inutiles, mais aussi parce qu'à ce qu'il paraît, c'est un nom juif et si je l'estropiais, n'importe quel clampin pourrait m'accuser d'anti-sémitisme primaire, comme c'est arrivé à Bernard Langlois, qui a associé le nom de ce mec et celui du prez - et ça c'est antisémite. Tu dis "s*rkodupont, ça n'intéresse personne, tu dis "S*rkoblum", tu tombes pour antisémitisme. C'est nouveau. Ca vient de sortir. On a les cibles qu'on peut, quand on veut être appelé un jour par son nom par les larbins gantés de chez Flore ou assimilé!).
Mais je m'égare.
Bon, la chronique incriminée mêlait soi-disant juif et argent (ce qui est faux), et donc, était "antisémite".
Et voilà le niveau de pensée auquel on en est arrivé. Tout s'effondre autour de nous, toutes les valeurs républicaines sont foulées au pied sans que cela en bouge une à ces connards qui ont les micros tendus devant eux quotidiennement, et tout ce qu'ils pensent à faire, c'est traquer l'"antisémitisme" dans leurs rêves pour discréditer toute opposition à leur idéologie émétique.
Un jour, ils auront à rendre des comptes de leur veulerie et de leur bassesse, j'espère.
Mais je reprends.
Donc, nous avons, d'un côté, ce minable chroniqueur de radio qui bavasse sur la chronique en question et de l'autre, l'atrabilaire qui ronge son frein et cherche un moyen de se débarrasser définitivement de cet empêcheur de prospérer en ronds. Et ce qui le mine, c'est que, d'abord, il sait qu'il va devoir affronter l'opprobre que ne manquera pas de lui jeter le Clan (et adieu tout ce qu'il avait réussi à gravir pour être reconnu, lui, qui n'était pas destiné à faire partie du sérail).
Mais surtout parce que cette peste anarchiste le nargue à cause d'une pourriture de billet sur un journaliste d'investigation (cerné par toute la meute assoiffée de sang) et dont "petit rédakchef de journal de province" avait démoli la gueule déjà bien amochée à grands coups de tatanes la semaine précédente.
Pas de phrases, d'ailleurs, dans la rubrique "Siné sème sa zone", juste un mot qui barre le texte:"censuré". Le reproche muet. La méga-gifle. Un peu comme s'il lui avait tendu le miroir en lui disant:"Regarde-toi comme tu es laid, comme tu es vil!". Et cet affront, il faut que ça se paie.
Mais la colère est mauvaise conseillère.
Car voilà que, regonflé par les propos du bonimenteur traqueur d"antisémite, il décide de porter plainte contre le caricaturiste pour "antisémitisme". Si c'est pas une caricature, ça!
Hélas, l'argument est ténu. Il faut vraiment interpréter le texte à sa façon pour y voir un quelconque antisémitisme. D'ailleurs, si on remplace juif par "catho" ou "musulman", la démonstration s'effondre. Et, ce serait ridicule en plus d'erroné, puisque la meuf est juive. A moins que, dans leurs esprits embrumés, le mot "juif" soit une insulte en soi?
Et alors comment justifier cette accusation? On va rechercher dans les poubelles des trucs hors contexte et tronqués qui ont été écrits ou dits il y a des décennies par l'accusé.
On peut en trouver par centaines des phrases excessives, c'est la spécialité du bonhomme, dont la devise est probablement: Vive l'outrance! Mais il n'écrivait pas dans le FigMadame, non plus le monsieur.
D'autre part, en tant que rédakchef, comment a-t-il pu garder dans SON journal un "antisémite" notoire pendant 16 longues années?
Que je sache, le racisme et l'antisémitisme sont condamnés par la loi et pour le cas d'une publication, c'est le directeur qui prend cher.
Oui, alors? Eh bien parce que, d'abord, l'antisémitisme de Siné n'existe probablement que dans leurs fantasmes putrides et ensuite, parce que Siné était incontournable, qu'il faisait vendre la marque de fabrique, qu'il restait la caution "anar" et que son torchon ne valait plus tripette sans lui. Du canal historique ne serait plus resté que Cavanna, 85 ans aux prunes.
Et c'est clair que la mise à pied de Siné va faire très mal.
Déjà, les soutiens pour le rédakchef sont piètres. Des agités qui l'enfoncent encore plus (entre autres, un qui parle de "race juive" pour différencier de la religion et démontrer que c'était du "racisme", donc. Enfin, ça la fout très mal…).
Lui-même (PV) dérape sec.
N'a-t-il pas déploré qu'aucun journaliste "non-juif" (sic) n'ait signé pour le soutenir!
Qu'est-ce que ça veut dire? La France est-elle désormais divisée entre juifs et goyim – entre bons et mauvais juifs et bons et mauvais goyim? Qui c'est qui remet toujours les juifs dans le centre du débat à l'insu de leur plein gré et qui traque le juif et le non-juif? Ce ne serait pas obsessionnel, tout ça?
Il a oublié de dire qu'il y a certainement plus de juifs à avoir signé pour Siné que pour lui. Statistiquement, en tous cas, cela se tient.
Quant aux 20 signataires de la pétition en faveur de V*l, qui sont-ils?
Pour la plupart, des gens qui ont pignon sur rue, voire, pour certains, des bourgeois plus habitués à se congratuler dans les salons qu'à se colleter à la piétaille que nous sommes. Des personnalités qui usent de leur influence dans les médias pour s'acharner contre un caricaturiste de 80 ans. Et, d'abord, lisent-ils seulement C.Hebdo? Franchement pitoyable.
Les entendons-nous défendre bec et ongles nos institutions et nos libertés ravagées par le pouvoir en place? Pas du tout. Il ne se passe rien en France, à part les cabales antisémites imaginaires qu'ils veulent faire avaler au grand public pour justifier les tortures qui ont lieu partout dans le monde au nom de la "démocratie".
Cette affaire, on le voit, dépasse le cadre d'une querelle de personnes.
En effet, derrière ce tollé qu'a soulevé l'affaire, il y a la révolte contre ces manipulateurs qui imposent leur idéologie guerrière et dévastatrice en se cachant lâchement derrière la Shoah, en se servant de tous ceux qui en ont souffert et dont la très grande majorité n'est plus là pour s'exprimer.
Révolte contre ces manipulateurs qui hurlent à l'antisémitisme pour attiser les haines intercommunautaires.
Révolte aussi qu'une poignée de privilégiés s'octroie le droit de parler au nom de milliers de gens qui n'aspirent qu'à vivre en citoyens français et non pas, comme on veut les y contraindre, en tant que membres d'une secte d'intouchables et d'éternelles victimes. (cf. ce qu'en dit Gisèle Halimi: "Cette opération participe donc des procès en sorcellerie qui se multiplient aujourd’hui pour maintenir une psychose du juif persécuté". Exact!).

Alors, arrêtez avec vos accusations sordides d'antisémitisme. Vous savez très bien que c'est faux. Et que c'est juste une façon méprisable de culpabiliser vos détracteurs et de clouer le bec de ceux qui tentent d'expliquer le monde autrement que vu à travers votre prisme.
Enfin, vous devez bien le savoir, mais le véritable antisémitisme (comme tout racisme, d'ailleurs) ne se manifeste pas au grand jour. Ce sont des attaques bien plus sournoises, des actions insidieuses et parfois invisibles des autres. Mais qui font bien plus mal.
Et à vouloir enfermer les Juifs dans une communauté sanctuarisée, c'est vous qui remettez sans cesse l'antisémitisme à l'ordre du jour, alors qu'il est, fort heureusement, marginal en France.
Et il n'y a pas de quoi être fier. Ca non! Parce qui si, vous, dans vos beaux quartiers, ou grâce à votre notoriété, vous êtes protégés, il n'en va pas de même de tous ceux qui vivent dans des milieux populaires et que vous exposez, par votre inconscience (ou sciemment?) à des phénomènes de rejet.

Eh bien, voilà, je ne voulais pas en parler, mais c'est le clavier qui m'a poussée du coude.
Et puis, si vous avez le temps, regardez donc les couv. de Charlie/ HK des années 70. Ils ne cherchaient pas, en ce temps-là, à être bien vus du pouvoir, ni à le ménager.
http://palladio.free.fr/harakiri/Ch...