Ces milliardaires qui volent de leurs propres ailes
Par emcee le mercredi 2 juillet 2008, 00:16 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
Parmi les privilèges indécents accordés aux PDG des grands groupes: les
voyages tout confort, loin de la plèbe, en jets privés.
La crise pétrolière? Très peu pour eux. Le commerce du jet privé est en plein
essor, justement.
Voici sur le sujet « At the Height of an Energy Crisis, Fat-Cat
CEOs Still Litter the Skies with Private Jets”, un article de
Chuck Collins et Sarah Anderson, paru dans
AlterNet, le 28 juin
2008.

Evidemment, c'est plus confort que l'avion de ligne 2°
classe!
"En pleine crise énergétique, les nababs à la tête des grands groupes
continuent de polluer l’atmosphère avec leurs jets privés"
Le jet privé, avantage dont bénéficient les cadres dirigeants
d’entreprise, est (au sens propre comme au sens figuré) le signe éclatant d’une
politique de privilèges devenue incontrôlable.
Si les actionnaires, les associations de consommateurs et ceux qui sont chargés
de superviser les entreprises privées tiennent à se rendre compte de
l’insuffisance actuelle de contrôle sur la gestion des entreprises en Amérique,
ils doivent s’intéresser aux excès concernant les avions d’affaires.
Le chiffre d’affaires du secteur du jet privé a plus que doublé ces cinq
dernières années, et les PDG d’entreprises constituent l’essentiel de la
clientèle.
Outre dans le cadre des voyages d’affaires légitimes, beaucoup de chefs
d’entreprises et leurs familles sont autorisés à utiliser l’avion privé de la
compagnie pour leurs besoins personnels, frais endossés par les autres parties
prenantes de la société, dont les actionnaires et les employés.
Et c’est nous qui payons le prix de la baisse de la qualité de l’air à cause de
la pollution énorme provoquée par ces avions.
Les propriétaires de jets privés ont probablement remarqué que le prix du
carburant avait augmenté de 418 % ces cinq dernières années, ce qui augmente de
5000 dollars le coût d’un vol New York-Los Angeles. Mais c’est une broutille
pour l’ambitieux de haute volée qui a déboursé au départ 10.000 fois cette
somme, voire plus, pour acheter l’avion.
Au moment où les candidats à la présidentielle des deux principaux partis
promettent tous deux de donner aux actionnaires davantage de pouvoir de
décision en ce qui concerne les privilèges accordés aux cadres dirigeants,
cette affaire de jet privé mérite une attention spéciale.
Les parties prenantes d’une entreprise peuvent actuellement mieux contrôler
l’utilisation par la direction des avions privés car de nouvelles règles
exigent que soient rendus publics tous les avantages en nature dépassant 10.000
dollars.
L’utilisation à des fins personnelles des jets d’entreprise était l’avantage le
plus courant dans 385 des 500 plus grandes sociétés répertoriées par Standard & Poor .
Une étude effectuée par Corporate Library révèle que plus de la moitié
des 215 entreprises sur lesquelles ils ont enquêté permet, voire exige, que les
cadres dirigeants utilisent les avions de la compagnie pour des voyages privés,
ce qui représente pour les actionnaires un coût médian de plus de 180.000
dollars.
Parmi les compagnies où les avions d’affaires sont le plus utilisés, on trouve
Abercrombie & Fitch, qui a accordé ces deux dernières années à
Mike Jeffries, son PDG, pour 1,4 millions de dollars de voyages en avion privé
et Starwood Hotels, qui a déboursé près de 900.000 dollars en 2006
pour payer les déplacements de son PDG entre sa résidence d’Atlanta et le siège
de la compagnie à NY.
Parfois, ce sont les proches du PDG qui en profitent. John Tyson, le PDG de
Tyson Foods a droit à 120 heures par an de temps de vol sur un avion de la
société, qu’il peut morceler pour en faire bénéficier ses amis ou sa famille,
qu’il soit ou non du voyage.
En 2007, Qwest Communications a craché plusieurs centaines de milliers de
dollars pour que la femme et la belle-fille d’Edward Mueller, le nouveau PDG,
puissent faire la navette entre le siège de Denver et une résidence qu’ils
possèdent en Californie.
Il est courant, actuellement, que les entreprises les plus importantes exigent
que leur PDG utilise les avions de la société pour tous les déplacements, y
compris les voyages d’ordre privé, évoquant leur souci de veiller à la sécurité
de leurs dirigeants.
David Yermack, professeur à la New York University School of Business, déclare
que cet arrangement “c’est comme si on disait au PDG: ‘nous exigeons que
pour votre équilibre alimentare, vous preniez vos repas dans un restaurant 5
étoiles et nous exigeons que, pour votre santé, vous buviez du champagne à 800
dollars la bouteille’ ".
Quand les membres du conseil d’Administration des entreprises accordent des
avantages aussi scandaleux, on ne peut que se demander à quoi d’autre ils
peuvent bien consentir. En effet, dans pratiquement toutes les affaires de
corruption récentes, il était question d’avions de sociétés.
En 2007, Angelo Mozilo, de Countrywide Financial, mis en examen pour son rôle
dans la crise des subprimes, menaçait de démissionner si la compagnie
n’acceptait pas que sa femme prenne l’avion avec lui et si la compagnie
refusait de prendre à sa charge les impôts à payer sur cet avantage en
nature.
Le jet privé, avantage dont bénéficient les cadres dirigeants d’entreprise, est
(au sens propre comme au sens figuré) le signe éclatant d’une politique de
privilèges devenue incontrôlable.
Il est temps que les différents acteurs qui interviennent dans les entreprises,
y compris les investisseurs financiers, réagissent pour faire perdre ces
habitudes à leurs dirigeants.
Chuck Collins is a senior scholar at the Institute for Policy Studies.
Sarah Anderson is a fellow at the institute and director of the Global Economy
Program. They are co-authors of the report "High Flyers: How Private Jet Travel
Is Straining the System, Warming the Planet and Costing You
Money."
Pollution aérienne
................................................................................................................................................
Note perso
C’est « Vol au-dessus d’un nid de cocus », en quelque
sorte.
Avec la constitution de fortunes colossales, l’industrie de l’avion privé a
fait un bond en avant ces dernières années. Les grandes compagnies se doivent
d’avoir leur avion privé pour permettre à leurs dirigeants de se déplacer
rapidement dans le monde.
Ajoutez à cette engeance, les célébrités comme les stars d’Hollywood, les
personnalités politiques, les parvenus richissimes et le ciel se trouve vite
encombré de petits avions privés, qui se posent dans des aéroports où les
accueilleront des salons privés et du personnel obséquieux.
Tout ce beau linge évite ainsi l’humiliation d’avoir à faire la queue pour les
formalités fastidieuses de passage en douane. Et la présentation de papiers
qui, de toute évidence, sont en règle, puisqu’ils sont chez eux partout.
Une « élite » qui fait fi de l’environnement, de la pénurie de
carburant et de son prix, et qui, cynisme suprême, rachète des points carbone
(comme Al Gore) pour se donner bonne conscience et se la jouer écolo.
Une caste de privilégiés qui se répartissent les intérêts mondiaux en
fustigeant les populations qu’ils laissent exsangues tout en leur distribuant
quelques miettes pour laisser croire qu’ils s’intéressent.
Pollution aérienne, pollution terrestre et pollution maritime.
Beaucoup, de par leurs activités professionnelles, combinent les trois, soit
directement, soit par le biais de leur entreprise.
Pétrole ou pas pétrole il en restera toujours assez pour leurs besoins
personnels. Et après eux (voire pendant), le déluge. Eux, sont à
l'abri.
Et ces PDG, qui écument la planète à la recherche de nouveaux contrats
juteux, à l’affût de nouvelles proies sans défense, sont les mêmes qui
déclarent avec morgue que les charges patronales sont trop élevées et qu’ils ne
peuvent pas payer la couverture santé de leurs employés ou que s’ils veulent
maintenir leur entreprise à flot, sont contraints de délocaliser leur
production dans les pays où les législations sur le travail sont plus souples,
comme les esclaves qu’ils emploient.
Eh oui, mais le pire, c’est qu’il y en a pour le croire.
Evidemment, parmi ceux-là, pas de penseur, pas d’intellectuel, mais des
idéologues, des prédateurs, des cyniques, des tricheurs.
Tout un monde finalement bien banal chéri par la presse pipole, qui donne du
rêve en pâture aux gogos qui peuvent ainsi s’imaginer que tout est possible,
même pour eux.
Mais comment en sommes-nous arrivés là ?
Liens :
France :
Les revenus démesurés
des grands patrons
USA :
Etre PDG aux USA, c'est gagner le gros lot
Et pour avoir une idée des mieux payés de la planète dans d’autres domaines,
voir ici
Pendant ce temps, ailleurs, la famine :
http://www.alterinfo.net/La-famine-....
Quelle misère! Ils finiront par se brûler les ailes,
non?
... Déjà, notre nabab à nous commence sérieusement à se demander où a bien
pu filer sa bonne étoile.
Ici, chez nous. Où il a réussi à se mettre à dos l'armée française, tout de
même.
Et FR3 qui
lui a joué un petit tour et Rue 89 qui l'a largement diffusé .
Et en Europe , où il commence la présidence avec un sérieux handicap.
Le président polonais ne veut plus signer son traité de Lisbonne à lui et le
commissaire européen chargé du commerce le boude, le tsarkovitch.
Et il n'aime pas du tout qu'on le boude.
Je SAIS, ce n'est pas vraiment le sujet du jour, mais je SAVOURE. Je PEUX?
Commentaires
Vous, les bolcheviques, vous voudriez briser les ailes de la liberté de nos champions de l'Economie.
Cela vous ferait plaisir, mais au fond c'est de la jalousie ! Au fond, vous êtes comme tous les autres, vous voudriez être comme eux, c'est tout.
Allez, avouez-le. Arrêtez de nous gâcher nos rêves, les vôtres sont des rêves en noir et blanc.
Boudiou,vivement que je gagne au loto!Ca doit être bon d'être riche.
des castes en effet!
en passant l'autre jour devant l'aéroport de Nice, j'ai été frappée, justement, le nombre impressionnant de jet privés parqués sur le tarmac.
beaucoup beaucoup plus qu'il y a quelques années.
la peopolisation est en plein boum, suffit de voir dans la presse le nombre d'articles qui sont consacrés aux vedettes.
mais je me demande si cet étalage impudique ne va pas finir par exaspérer fortement
en période d'économie florissante les histoires de fesses des people peuvent distraire, amuser, faire rêver, l'anonyme mais quand le même anonyme peine à boucler son budget et n'a aucune perspective d'avenir il pourrait se rebeller méchamment.
c'est quand même inquiètant
C'est toujours un peu le même problème, savoir si les "très riches" apportent quelque chose ou détruisent.
Et il faut se rendre compte que c'est plus de destruction qu'il s'agit. Notre pays est riche, et il détruit, que ce soit le social ou l'environnement. Deux mythes sont particulièrement vivaces :
- Sur le plan purement comptable, économique, la croissance est bonne pour tout le monde.
- Les plus gros bénéficiaires de la croissance oeuvrent de manière générale pour le bien commun même si c'est indirectement car leur richesse "s'étale".
Et bien c'est con à dire mais si on enlève ça, il ne reste plus grand chose du capitalisme...
J'aimerais bien qu'on fasse un calcul simple : on prend toutes les richesses du monde, et on divise par 6 milliards. Ensuite, la même chose avec les revenus. Juste histoire de voir si on ne pourrait pas tous vivre correctement sans inégalités. Ah oui forcément, on ne pourra plus avoir yachts, jet privés, et peut-être même ne plus avoir de télé écran plat dans toutes les pièces chez soi...
Un graphique qui montre l'évolution du salaire des patrons U$ par rapport à ceux de leurs employés.
http://www.radiomundial.com.ve/yvke...
Merci de vos commentaires.
Sauf aux deux premiers, de toute évidence des trolls qui, cachés sous un nom d'emprunt, faisant insulte aux vrais Goujat et à tous ceux qui s'appellent Martin, font certainement partie des 53% de couillons qui ont cru aux promesses du gnôme et des 10% qui y croient encore.
Je ne vous félicite pas!
Alors, les très riches rapportent-ils quelque chose au pays?
Si on me demande, je dirai non.
Si la pression fiscale est trop forte, ils emmènent leurs capitaux ailleurs, n'ayant aucunement l'intention de participer à l'effort de solidarité.
Pareil pour les emplois. Ils délocalisent la production pour avoir de la main-d'oeuvre à bas coût. Et abandonnent les sites sur place, mettant les ouvriers au chômage et pénalisant toute une région.
Et quand ils ont des difficultés, c'est l'Etat qui met la main à la poche pour les renflouer.... Quand il ne les maintient pas la tête au-dessus de l'eau pendant des décennies en leur servant de VRP. Comme pour cette pourriture d'avionneur qui OSE traiter les chômeurs de fainéants, ce parasite qui a vécu toute sa vie, à la suite de son père, aux crochets de l'Etat.
Faites pas attention, je n'arrive pas à rester zen à ce sujet.
à Emcee : tu oublies toute cette promotion sociale que représente les métiers de l'aéronautique pour une myriade de jeunes femmes des classes laborieuses !
comment draguer un milliardaire et renoncer au RMI si ces messieurs n'ont plus de jets privés ?!
Néfé, Sardine, ça aide à la promotion sociale des femmes de footballeurs et groupies du Cac 40. Mais il y a toujours le coupé BM, non?
Emcee,
Je pense aussi que ces parasites privilégiés n'apportent rien à nos sociétés et nous mènent droit dans le mur.Grâce à nos politiques successives ,ils ont obtenu 10% de la part qui revenait aux vrais utiles (les salariés) en une dizaine d'année :tout çà en exonérations successives et sans contreparties.
Tout leur est permis ,ils sont là les délinquants.
En ce qui concerne le post de Jean Pierre Martin ,je pense qu'il s'agit de 3e voire 4e degré (va sur son site ,c'est souvent décalé ),
merci Turandot pour les explications. Hé, oui, ils râclent nos tiroirs jusqu'au fond. Ce sont des monstres.

Je m'en voudrais d'aller sur le site de JPM: bien trop subversif pour moi!
D'ailleurs, je le déconseille vivement aux âmes sensibles et aux atrabilaires.
Si certains viennent s'égarer ici.
mouarf , on lui dira à JPM que tu veux pas le voir ! tiens ça mettra de l'ambiance à l'automne c'te histoire, pôve JPM !
Aaaah! Voilà une atrabilaire! suffit de demander!
intéressant mais problèmes vieux comme le mone.
Périkles, 4 siècles avant JC, qui passe pour l'inventeur de la démocratie, disait déjà :
La démocratie entraine obligatoirement 2 conséquences : la corruption et la démagogie".
Rien de nouveau sous le soleil.
Très juste, mais c'est quand qu'on relève la tête, plein de fierté et qu'on réhabilite le communisme ? Y'a plein de gens, oubliés, silencieux, transparents, qui nous attendent, et l'espoir qui va avec ? Qu'est ce qu'on attend pour se rassembler, "tous ensemble, tous ensemble", et évoquer d'autres perspectives, tellement moins glamour mais tellement plus authentiques .
Bonsoir,
@ Bozards, ce n'est pas en disant qu'on n'y peut rien parce que c'est dans la nature des choses qu'on va changer la situation. Bien au contraire, on laisse un boulevard à ceux qui sont en train de nous enfoncer dans la misère et l'obscurantisme. (Et je ne fais pas du catastrophisme, simplement, pour paraphraser, "pas tous en mourront, mais beaucoup seront frappés")
Et je suis d'accord, Dominique qu'il faut faire quelque chose tous ensemble. Mais pour l'instant le "tous ensemble" n'est pas encore bien compris par tous. "Communisme"? peut-être. Quel que soit le nom qu'on lui donne, il y a des réflexions incontournables à mener.
Mais le pb majeur aujourd'hui, c'est que les mouvements de gauche se frottent le nombril et oublient tous ceux qu'ils ont l'air de défendre. (j'arrête ici, ce serait trop long à expliquer).
J'ai vu ton blog. T. intéressant.
"Tous ensemble", dur, dur, je me demande bien "pourquoi ceux de la classe ouvrière sont ensembles" ?".
Réponse simple : logique de classe ... par rapport à d'autres classes !
La différence de classes peut créer l'égalité dans la classe elle-même, non ? Ainsi que la force et le pouvoir, et peut-être ... une véritable démocratie ?