Femmes, leurs droits, Dieu et la laïcité
Par emcee le jeudi 12 juin 2008, 17:50 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
Tentative d’analyse sur les seuls sujets actuels qui déplacent les montagnes
et des torrents de commentaires et où chacun est prêt à prendre les armes pour
défendre un point de vue tranché et souvent irrationnel.
Mais d'abord voici un article publié en mars dernier qui mérite
réflexion.
"Is Islam Really Stuck in the 12th Century on Women's
Rights?"
par Joshua Holland, dans AlterNet. 8, mars
2008.
L'Islam en est-il véritablement resté au XIIe siècle pour ce qui est
des droits des femmes?
Avant le 11/09/01, les médias reléguaient les articles sur les femmes dans
les sociétés islamiques à la fin du journal et dans les pages d'infos locales.
Depuis 9/11, ces mêmes articles paraissent à la une en énormes
caractères.
Ce changement de discours a coïncidé avec le lancement de la "guerre
mondiale contre le terrorisme" de Bush, où les va-t'en-guerre divers et
variés se sont mis à se servir de la condition féminine dans la religion
islamique pour illustrer la prétendue duplicité de nos "ennemis", et pour
justifier une série d'"interventions" militaires (à savoir des invasions) par
les forces occidentales.
Aux Etats-Unis, pratiquement tout le monde est actuellement convaincu que la
plupart des femmes dans les sociétés islamiques sont en butte à une persécution
atroce et que c'est entièrement dû à la religion musulmane.
Mais ces affirmations ne reposent sur pratiquement rien de solide (on nous
abreuve essentiellement de reportages détaillés sur des atrocités commises dans
des états théocratiques comme en Arabie Saoudite et en Iran, même si les
musulmans de ces pays ne représentent que 6% de l'ensemble des populations
musulmanes).
Si vous demandez à l'Américain moyen comment il en est venu à être persuadé que
les femmes souffrent énormément dans les sociétés islamiques, il vous répondra:
"Mais, tout le monde sait ça!".
Mais il n'y a, à ma connaissance, aucune donnée empirique indiquant qu'une
majorité islamique seule implique davantage l'assujettissement des femmes que
d'autres co-variables comme le développement économique, la possibilité d'être
élues, une culture politique attachée à l'Etat de droit ou leur accès aux
études supérieures.
En d'autres termes, on compare bêtement la condition des femmes en Arabie
Saoudite et en Suède pour justifier de la supériorité occidentale, mais on
n'entend guère d'arguments fondés sur l'idée que les femmes dans les sociétés
islamiques "traditionnelles" connaîtraient un statut social inférieur à celles
qui vivent dans les communautés orthodoxes chrétiennes, juives ou hindoues.
Pensez à l'Eglise orthodoxe orientale, qui regroupe la plus grande communauté
chrétienne du monde.
Ou voyez la République Démocratique du Congo, où les femmes sont sans doute
encore plus maltraitées qu'ailleurs, et où il y a 80% de chrétiens et 10% de
musulmans.
Ou bien allez dans l'Utah, où des dizaines de milliers de fondamentalistes
mormons estiment que les femmes sont littéralement la propriété de leurs pères
et de leurs maris.
Bien sûr, les fondamentalistes mormons représentent l'exception qui prouve la
générosité infinie et l'égalité qui règnent dans les pays occidentaux, alors
que toute décision de justice caricaturale et ignoble prise contre une femme
par la famille Saoud est inlassablement décrite comme le symbole de toute la
culture islamique.
Comparer le "monde musulman" au reste du monde pose un problème de
rationalité – comment peut-on ne considérer, au sein d'une société, que le rôle
de l'islam, sans prendre également en compte les dizaines d'autres paramètres
qui peuvent peser sur le destin des femmes?
J'aurais pensé, par exemple, que l'économie d'un pays jouerait un rôle bien
plus déterminant pour l'émancipation des femmes que la religion de son peuple.
Un certain nombre d'études montrent que dans les économies de services et
d'industrie (c'est-à-dire celles des états riches), les femmes bénéficient
d'autonomie et de liberté individuelle, de droits civils et politiques et ont
accès aux études supérieures.
Cela, grâce à la valeur de leur travail à l'extérieur de chez elles, dans la
population active. Les femmes qui gagnent leur propre salaire dans le monde du
travail exigent les pleins droits politiques et les protections sociales
légales.
Dans les économies pauvres, avec un secteur agricole important et où beaucoup
dépendent pour vivre de l'extraction des matières premières (exploitations
pétrolières ou minières), la situation des femmes est souvent bien plus
difficile, parce que la valeur de leur travail est plus importante si celui-ci
se fait sous la contrainte et si elles doivent rester cloîtrées près de chez
elles.
Ces destins différents de femmes dans divers pays s'expliquent par la structure
économique et non pas par le "choc des civilisations". C'est la
deuxième thèse que je trouve la moins crédible.
Aucun de ces arguments n'est une défense de l'islam, ou de la place que les
femmes y occupent (j'ai peu d'attirance pour la religion, quelle qu'elle soit,
et certainement aucune envie de me poser en défenseur d'une quelconque
religion, de ses rites et de ses coutumes).
Il s'agit ici de démontrer que nous avons des notions floues sur la question et
que nous avons tendance à idéaliser l'Occident "libéral".
Le 8 mars, c'était la journée internationale des femmes, et un nouveau sondage
d'opinion a été publié pour l'occasion. Les
conclusions vont, sans aucun doute, en étonner plus d'un.
D'après une nouvelle enquête de WorldPublicOpinion.org
réalisée dans 16 pays du monde, il y a une majorité écrasante de sondés pour
dire qu'il est important que les femmes "aient l'égalité totale des
droits" et la plupart répondent que c'est très important. Et ceci est vrai
aussi bien dans les pays musulmans que dans les pays occidentaux.
Dans presque tous les pays, la plupart des gens ont conscience qu'au cours de
leur vie, les femmes ont eu accès à une plus grande égalité. Néanmoins,
l'immense majorité souhaite que leur gouvernement et l'ONU jouent un rôle plus
actif pour lutter contre la discrimination sexuelle.
La défense de l'égalité des droits hommes-femmes est très forte dans les pays
musulmans. Une large majorité des sondés dit que c'est important en Iran (78%),
en Azerbaïdjan (85%), en Egypte (90%), en Indonésie (91%), en Turquie (91%) et
dans les territoires palestiniens (93%).
Ce n'est pas une surprise pour moi, mais je ne me serais pas laissé embobiner
non plus avec le "péril jaune" ou la "menace communiste" des
générations précédentes.
La classe politique américaine ne s'est pas soudain découvert par hasard un
solide intérêt pour l'égalité des femmes. Comme pour la promotion des droits de
l'homme pendant la Guerre Froide, il y a un objectif géopolitique à cela.
Les Etats-Unis sont dans un état de guerre permanent depuis les années 40 (si
nous ne sommes pas dans une guerre "chaude" (réelle) notre société est toujours
sous la menace constante des gros nuages qui s'amoncellent et nos dirigeants
politiques sont trop heureux de nous servir cette version tant qu'elle paie
politiquement.
Mais ce n'est pas suffisant d'être simplement sous la menace confuse
d'adversaires lambdas (ce serait de la géopolitique de base), nous nous battons
de façon permanente pour notre survie contre des forces qui sont totalement
pernicieuses et qui n'ont qu'un but: notre anéantissement total.
C'est devenu un aspect central de la culture politique en Amérique. Nous avons
connu un glissement de la Seconde guerre mondiale vers la guerre froide puis la
guerre contre la drogue pour finir par la guerre contre le terrorisme, et pour
chaque épisode, la cruauté pure de nos ennemis a été le thème récurrent, comme
l'a été notre capacité à ignorer les mêmes exactions quand elles étaient
commises par les Etats-Unis ou ses alliés.
Et maintenant, nos ennemis sont les sinistres populations basanées du monde
musulman, avec leurs coutumes effrayantes et étranges et leur prétendue
tendance à l'islamo-fascisme.
Le problème avec ce scénario est clair: le monde occidental majoritairement
chrétien a beaucoup plus d'influence politiquement et économiquement que le
"monde musulman" (dont la majorité s'est délivrée du colonialisme il y a à
peine 50-75 ans) et, plus clair encore, il a des centaines de milliers de
troupes postées sur le sol de plusieurs pays à prédominance musulmane, alors
que l'inverse n'existe pas.
En d'autres termes, la "menace" d'une invasion islamique de l'Occident est tout
aussi réaliste que le risque que ma douce grand-mère puisse un jour massacrer
Mike Tyson.
C'est là qu'entre en jeu la fascination sans bornes (et relativement récente)
qu'on porte aux épreuves que subissent les femmes dans les sociétés
musulmanes.
La totale perfidie de l'Islam (son obscurantisme présumé, son fondamentalisme
soumis, sa brutalité envers les faibles, et surtout, ses visées
expansionnistes) est nécessaire (et parfaitement adapté) au scénario sur la
guerre contre n'importe quelle cause, et qui, donc, d'après moi, mérite qu'on
s'y intéresse de plus près.
Réfléchissez un instant à la phrase qu'on entend constamment actuellement, à
savoir "l'islam en est resté au XII°s", et qui implique que la
participation des femmes à la vie civique est un critère essentiel.
Ici, ce n'est pas tant pour dire que l'islam est un système injuste, mais pour
insinuer que l'"Occident", lui, a connu d'énormes avancées au XIII°s.
La vérité est que le suffrage universel a été instauré en 1979 en Iran, cinq
ans avant que les femmes du Liechtenstein n'obtiennent le droit de vote. Il a
été instauré en 2000 au Bahrayn, 12 ans après que la Cour Suprême en Suisse a
ordonné au canton obstiné d'Appenzell Innerrhoden d'accepter le droit de vote
pour les femmes.
Les Portugaises ont obtenu le droit de vote en 1976, les femmes en Suisse en
1971 (les deux après ma naissance) et c'est dans le courant de la vie de ma
mère, enfant du baby boom, que les femmes en Italie, en Belgique et au Japon
ont obtenu le droit de vote.
En ce qui concerne la participation des femmes à la vie publique, certaines
parties du monde musulman (eh non, il n'est pas monolithique) ont quelques
décennies – et non pas "siècles" – d'écart avec l'occident.
Y a-t-il des preuves que le monde musulman n'a pas progressé? Pas du tout; en
ce début de siècle le droit de vote a été accordé aux femmes au sultanat
d'Oman, au Koweït, au Qatar et dans les Emirats Arabes Unis.
Des mouvements pour les droits des femmes existent dans tous les pays du monde;
jamais nulle part les femmes n'ont obtenu de droits sans luttes.
Et si on compare ce qui est comparable, parmi les pays occidentaux développés,
les Etats-Unis ne sont guère en position de critiquer quiconque sur la
condition féminine. Nous sommes au 71° rang mondial pour le pourcentage
de femmes à avoir un mandat électif, avec à peine 16% de femmes.
C'est un rang nettement inférieur non seulement à celui de la plupart des pays
européens, mais c'est une bien piètre performance aussi par rapport au Soudan,
au Pakistan, aux Emirats Arabes Unis et en Ouzbékistan.
Selon le Wall Street Journal, à expérience et qualifications
égales, les femmes gagnent 16% de moins que les hommes au niveau mondial. Aux
Etats-Unis, l'écart de salaire hommes-femmes atteint 22%.
Une étude
réalisée par des chercheurs de l'Université de Californie montre que les femmes
occupaient seulement 11% des sièges dans les conseils d'administration des
entreprises privées dans cet état de Californie si libéral et
détenaient environ un poste de direction sur 12.
Et comme je l'ai dit dans un autre article, alors que
l'économie a énormément bénéficié de l'arrivée massive des femmes sur le marché
du travail, notre société de libre entreprise a bien moins réussi que
pratiquement tous les autres pays du monde (y compris ceux qui sont censés être
"arriérés") à s'adapter à la population active moderne.
D'après le Harvard's Project on Global Working Families
(Projet de Harvard sur les familles qui travaillent dans le monde), les
Etats-Unis sont parmi les cinq pays sur 168 où les femmes ne bénéficient pas de
congé de maternité obligatoire sous une forme ou une autre.
Sur ces cinq pays, le seul autre pays développé, c'est l'Australie, où les
femmes ont droit à un congé parental d'une année entière dans solde. Ce qui
place les Etats-Unis (le pays le plus riche de la planète) dans la même
catégorie que le Lesotho, la Papouasie Nouvelle Guinée et le Swaziland.
Alors, tu as peut-être fait beaucoup de chemin, petit chéri occidental, mais tu
n'es pas encore rendu, ni même près de l'être.
En résumé, augmenter la participation des femmes dans la vie civique, politique
et économique c'est un noble combat, et un combat extrêmement important. Mais
s'attacher essentiellement à la condition féminine dans les pays islamiques
soit pour éviter de se poser des questions sur l'infamie de nos propres
inégalités soit pour justifier l'hégémonie occidentale, ce n'en est pas
un.
Joshua Holland is an AlterNet staff writer.
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Notes et références
Tout n’est pas binaire donc, comme on veut bien nous le faire croire. Les
« pays musulmans » ne sont pas une pâte homogène faite d’archaïsmes,
de totalitarismes, de terrorisme opposée à la pâte occidentale faite de
démocratie, de solidarité, de liberté et d’égalité.
Alors, il faudrait sortir des idées toutes faites, ne pas parler pour ne rien
dire ou répéter ce qu'on a entendu et vaguement assimilé, et qui nous conforte
dans nos préjugés.
Quelques liens:
Betty Crocker, Not Bin Laden
Article par Doris
Bittar, une Libanaise qui habite aux US depuis le milieu des années
60.
Elle parle de la condition féminine dans le monde arabe (en anglais).
Intéressant.
Le monde musulman:
Au-delà des fantasmes, les
chiffres
Et une analyse rare des régimes arabes et des mécanismes qui empêchent les
évolutions. Monde Diplo.
Les régimes
arabes modernisent... l’autoritarisme
La
famille Saud et les Bush: une longue amitié (en anglais)
Droit de vote et parité en France et en Europe. Curieusement, on constate
qu'à l'issue des dernières législatives, le pourcentage des femmes siégeant à
l'assemblée nationale est de 13,9% (moyenne européenne: 22,4%). En Suède, ce
taux est de 45, 3%! Voir
ici
L'avortement à travers
le monde
L'Iran, ce
n'est pas le Pérou, mais il existe une opposition, même si elle est sous haute
surveillance, voire réprimée.
Communiqué de
protestation contre le refus de visa opposé à Tamara Farid, membre de la
Ligue Etudiante des Droits Humains, invitée à participer à la Journée mondiale
des Femmes en France pour témoigner de la situation de la jeunesse féminine
irakienne. 10 mars 2008.
Vous en avez entendu parler?
Les conditions
de vie des femmes en Pologne de plus en plus catastrophiques
Les femmes du Congo face aux
séquelles des viols
Femmes dans la politique en France
Le gouvernement français est composé d'un certain nombre de femmes (presque
moitié-moitié).
Deux servent d’alibis, de potiches et de gravures de mode dans les voyages
officiels, dont une est complètement caractérielle, une autre s'est entourée de
cathos, dont un prêtre, celle de l'économie nous raconte des salades avec
aplomb, une est à la santé ce que Mireille M. aurait pu être à la culture, et
celle de la culture, personne ne connaît son nom – et d'ailleurs, cela n'a
aucune importance. Etc.
Elles n'ont pratiquement aucun pouvoir puisque leurs déclarations sont
désavouées dans les heures qui suivent.
Des femmes aussi sectaires, incompétentes et menteuses que leurs homologues
masculins. Une parité pratiquement exemplaire, il est vrai. Rien à dire
là-dessus.
En voici, par exemple, une qui gère son ministère comme on gère une paroisse.
Christine B. recrute un prêtre catholique et une femme membre des commandos
anti-avortement
Dans cet article, on lit, entre autres:
Au-delà de ses propres engagements, Mme Boutin s’est entourée de personnalités connues pour leur proximité avec des mouvements catholiques conservateurs. C’est le cas de son directeur de cabinet, le préfet Jean-Paul Bolufer, issu de la droite catholique dure et militante, réputé pour ses prises de position contre l’avortement ou l’homosexualité.
C’est également le cas de Christine de Chefdebien, sa conseillère technique chargée de la politique de la ville et des relations avec les acteurs locaux. En 1992, elle avait été condamnée à quatre mois de prison avec sursis et 3 000 francs d’amende - une peine ramenée en appel à 5 000 francs - pour avoir participé à un commando anti-avortement dans le service gynécologique du centre hospitalier de Pau.
L'Eglise Catholique Romaine assise à la droite du
président.
« Emmanuelle Mignon, 40 ans (…) signant plusieurs des discours les
plus controversés de Nicolas Sarkozy sur la religion : à
Saint-Jean-de-Latran, à Riyad (Arabie saoudite) et devant le Conseil
représentatif des institutions juives de France (CRIF). Un triptyque détonant
qui fait craindre aux laïques que Dieu lui-même ait pris ses quartiers à
l'Elysée ».
Extrait de :
Emmanuelle Mignon, la mère supérieure de l'Elysée
Le Monde, 22.02.08
L’offensive
calculée de l’enseignement catholique contre la laïcité
Laïcité et religions.
Si les imams et autres rabbins s'engouffrent dans une brèche, c'est que
celle-ci aura été déjà largement ouverte par tous les cathos déjà dans la place
et qui ont l'oreille du petit chef.
Mais, malgré cette évidence, on joue à se faire peur avec l'invasion musulmane,
les terroristes armés jusqu’aux dents et on monte en épingle tout incident
ayant trait à la religion musulmane, en occultant le reste, menace bien plus
crédible et dont la mise à exécution est bien plus imminente.
Tout le monde derrière le drapeau de la laïcité et derrière le président qui
fait pourtant entrer sciemment les loups les plus féroces dans la bergerie.
Mais qu'importe: "mission accomplished", nous, la gôoche, c'est pour
la laïcité et la défense des femmes opprimées, évidemment.
Y a-t-il eu des pétitions sur cette ingérence dans les affaires publiques par
l’Eglise? Des actions de grande envergure dans les médias, des unes assassines,
des levées de boucliers de tous les laïques convaincus que compte la France en
certaines circonstances?
Bien sûr que non.
Tout cela est passé à l'as, sauf par les vrais défenseurs de la laïcité, que
personne n’écoute. Mais si un imam franchit le perron de l'Elysée, tout ce beau
monde bien conditionné grimpe aux rideaux.
On a les choix qu'on mérite. En toute absence de conscience.
Je lis fréquemment dans les commentaires :"On s'était débarrassés ses
curés, on ne va pas se faire dicter les lois par les imams ».
Il faudrait peut-être utiliser sa tête avant de se jeter sur le clavier.
"Débarrassés des curés?" Même pas en rêve!
Comme on l’a vu, n'est-ce pas D’ABORD notre président qui fait sans cesse
référence à la religion, qui demande un retour à la morale religieuse, qui
place le prêtre au dessus de l'instituteur, qui fait des discours devant toutes
les congrégations religieuses en multipliant les provocations, qui attise les
haines raciales, parle du «manque d'imagination et de courage des peuples
méditerranéens» et qui encourage avec insolence l’installation d’écoles
catholiques dans les quartiers difficiles avec les sous du contribuable alors
que, par ailleurs, il coupe les vivres à l’Ecole publique?
Ne sont-ce pas ses affiliés qui demandent qu’on revienne, par pure idéologie
réactionnaire et stupidité fondamentale, à la blouse grise, à la non-mixité des
années 50 (au nom du père, du fils et de la « modernité »), entre autres
joyeusetés?
Alors, c'est comment, le XXI° siècle, si ce n'est un retour au XIX°s, voire au
Moyen âge, qui arrange tous les bénis oui oui et les obscurantistes de tous
poils?
Vous n'avez pas l'impression, peuple de France si fier de vous et de
l"exception française", d'être aussi con que l'Américain de base qui a
cru aux armes de destruction massive et à la restauration de la liberté, de la
démocratie et de la libération des femmes en Irak?
Et encore, quand on n'a pas de culture politique, qu'on n'a pas le recul ni les
moyens nécessaires pour juger, on est, limite, excusable.
Ceux que je n'excuse absolument pas, ce sont ceux à gauche qui dirigent (ou
militent dans) des partis politiques et qui crient avec les loups, tout en
récitant le même chapelet de récriminations qui constituent leur fonds de
commerce depuis des décennies afin de faire venir les électeurs et compter
leurs moutons.
Et puisqu'on parle de laïcité, je vais un peu rafraîchir la mémoire de
ceux qui en parlent le plus sans en savoir plus que les autres.
Quelques précisions lexicales tout d’abord
Athée : Qui nie l'existence de Dieu. (Jusque là, ça devrait
aller. Quoique)
Agnostique : Qui pense que l'absolu est inaccessible, et qui est
donc sceptique vis-à-vis de la religion et de la métaphysique.
LAÏCITÉ. Principe de séparation dans l'État de la société
civile et de la société religieuse. La laïcité est un des grands principes sur
lesquels repose, avec l'obligation et la gratuité, l'enseignement public
français.
Le principe de la laïcité n'est pas absolu : l'Alsace et la Lorraine
demeurent sous le régime du Concordat de 1801.
Donc, évidemment : Contrairement à ce que l’on pense communément, on peut
être profondément laïque ET croyant. De même que ce n'est parce qu'on est athée
qu'on est automatiquement laïque.
Mais je ne l’apprends à personne ici. Hein?
Rappel de certains textes
(extraits)
Article 1er de la loi du 9 décembre 1905 " concernant la
séparation des Eglises et de l'Etat" : " La République assure la
liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les
seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public
".
Treizième alinéa du Préambule de la Constitution du 27 octobre
1946 : " La Nation garantit l'égal accès de l'enfant et de
l'adulte à l'instruction, à la formation professionnelle et à la culture.
L'organisation de l'enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est
un devoir de l'Etat ".
Article 1er de la Constitution du 4 octobre 1958 : "
La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale.
Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction
d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances
».
La laïcité est un ordre institutionnel, pas une philosophie
anti-religieuse.
C'est ainsi que l'ont conçue les législateurs à une époque où les pratiquants
étaient autrement plus nombreux et où les tensions étaient exacerbées entre le
camp des laïcs et celui des religieux.
Dans son bilan de cent ans de laïcité, la ligue de l’Enseignement
rappelle : « La Loi de 1905 (...) ne marque pas le triomphe de la
République laïque sur l’Eglise catholique ; elle traduit une volonté de
pacification dans un contexte d’affrontements (...). Sa seule finalité est de
régler les conditions de l’exercice des cultes au sein de la République
».
Une loi élaborée par des sages, en quelque sorte.
Le contrat social laïque .
Le régime applicable aux cultes depuis 1905 garantit pleinement le respect égal
de la liberté de conscience aussi bien pour les croyants que pour les athées et
les agnostiques, l'égalité entre les cultes et la neutralité de l'Etat,
notamment de ses services publics, à leur égard.
Lorsque la République inscrit la laïcité à l'article 2 de la Constitution (et
dans le Préambule), elle admet qu'il y a pluralisme de convictions ou de
religions, qu'elle n'en favorise aucune et qu'elle se met en mesure de régler
les problèmes de leur expression et de leur tolérance mutuelle.
Sphères publiques et privées.
La Loi de 1905 définit trois espaces (et non pas deux, comme
on l'entend communément), dont les frontières ne sont pas forcément étanches et
stables:
L’espace privé (intime) de l’individu et de la famille,
L’espace public social (lié à la société civile),
Et l’espace public civique (de l’Etat).
Ce n’est donc pas si simple, contrairement à ce qu'on veut le croire, dans une
société qui devient de plus en plus binaire:
Les religions, comme les autres groupes sociaux s’expriment à la fois dans
l’espace privé et dans l’espace public social (associations,
manifestations, ports de signes religieux ...).
Ce qui est de l’ordre de l’intime (choix privés religieux, mais aussi sexuels,
ou culturels) peut devoir être affiché de façon collective (plus ou moins
durable) dans l’espace social pour combattre des inégalités ou une
discrimination. Et cela peut se traduire par l’exigence de représentation de la
communauté discriminée dans l’espace civique.
Et c'est là qu'intervient l'Etat, soumis au contrôle du
juge.
Cette loi est le fruit d'une réflexion de longue haleine - et non pas, comme
le sont les lois actuellement, une décision prise sur un coup de tête au gré de
l'actualité ou sous la pression populaire populiste de la population manipulée
par des machiavels aux petits pieds.
A contrario, il a fallu bien des conflits et bien des armistices pour en
arriver à la loi de 1905.
Alors, à vouloir changer les lois au coup par coup, on les vide de leur
substance et soit, on les rend inapplicables, et donc caduques, soit
arbitraires.
A demander que ce gouvernement change les lois existantes, c’est faire
confiance au diable pour créer le paradis sur terre.
Et ça me fait vraiment bouillir de voir combien d'ignorants et d'imposteurs se
prévalent de cette loi sur la laïcité pour influer ou légiférer sur des textes
qui vont justement servir à la vider de leur sens.
Avec le principe de laïcité, c'est l’Etat qui est la source unique
de la loi et du droit (Code Civil ).
Les religions n’interfèrent pas dans
l’établissement des lois et du droit.
Ou du moins, c'était le cas général jusqu'à présent.
Le président (celui qu'on a eu le bonheur de se dégotter grâce à l'incurie
conjointe de tous les partis politiques réunis), lui, a une toute autre idée
et, tôt ou tard, il y arrive.
Avec la complicité active ou passive d'une écrasante majorité de
Français.
Eh oui, même de ceux de "gauche de gauche", hélas.
Surtout pas aller à contre-courant des émotions populaires. Il faut dire qu'il
y a tellement peu de mesures qui soulèvent et indignent les foules aujourd’hui
…
Alors, ce beau consensus, ça fait rêver.
Pour l'"affaire du voile", en 1989, Jospin avait, après avis du
conseil d'état, , émis
une circulaire, sachant que la laïcité impliquait la neutralité de
l'Etat, de ses fonctionnaires, des programmes d'enseignement et de ses
locaux, et que n'y figuraient pas ces impératifs pour les usagers,
dont les élèves à qui était garantie la "liberté de
conscience". (NB : les laïques purs et durs, eux, englobent les
élèves dans la notion de neutralité, ce qui n’est pas clairement inscrit dans
la loi – d’où les confusions et les divergences).
En 1994, la circulaire Bayrou faisait la différence entre signes religieux
"discrets" et signes "ostentatoires".
Jésuite et discriminatoire. Et inapplicable, en fait, à moins de définir une
certaine taille et de se promener avec une règle dans la poche, ce qui confine
au ridicule.
C'est en 2004, alors que les esprits s'apaisaient (on ne dénombrait plus que
150 cas environ de « foulards » en France) qu'a été votée la loi sur
les signes religieux à l'école après une commission Stasi fort médiatisée (et
dont les autres conclusions avaient fort peu été écoutées, mais qui s’en
préoccupe? L’unique but était le foulard) qui avait tout de même omis
d'entendre les élèves concernées. Un détail, évidemment.
La laïcité est-elle en danger aujourd’hui?
Jusqu’à ce jour, aucun des présidents de la république, garants de la
Constitution, n’avait remis en cause le principe de laïcité.
Depuis 2007, le nouveau "président" (je n'arrive pas à m'y faire ... et je
crois que lui non plus) tente de déséquilibrer, voire de détruire les principes
fondamentaux de la République (cf., entre autres, le "ministère de l’identité
nationale", le refus de régularisation des étrangers, les rafles, les
interpellations au faciès, les centres de rétention, les séparations
familiales, la tentative de contournement des décisions du conseil
constitutionnel…).
Le 20 décembre 2007, le président de la République française est devenu
chanoine d’honneur de la basilique Saint Jean du Latran.
Rien d’exceptionnel, l’usage de décerner au chef de l’Etat français ce titre
remonte à … Louis XI en 1482.
Mais, jusque là, il n’y avait pas eu de bouleversement dans le rôle de
représentation du chef de l’Etat français.
Or le discours que le président présumé de la République Française a prononcé
au Latran sur l’identité française et la laïcité, était en rupture totale avec
la réserve traditionnelle qu'attendent les citoyens de leur chef d'Etat.
Il y a affirmé, entre autres: « Les racines de la France sont
essentiellement chrétiennes".
Si le fait chrétien, catholique mais aussi protestant, a eu une grande
importance dans la construction nationale française, il n’exprime pas à lui
seul l’identité nationale.
Celle-ci s’est construite sur plusieurs héritages, anciens donc, et nouveaux,
comme les Lumières et la Révolution française.
Et enfin, la France est aujourd’hui une société multiculturelle, à la fois
diverse du point de vue religieux et philosophique, et sécularisée.
Il a ajouté: «J’appelle de mes vœux l’avènement d’une laïcité positive,
c’est-à-dire une laïcité qui, tout en veillant à la liberté de penser, à celle
de croire et de ne pas croire, ne considère pas que les religions sont un
danger, mais plutôt un atout».
La laïcité, c'est la laïcité, c'est un terme absolu et lui accoler une
adjectif, c'est vouloir délibérément l'affaiblir. En outre, il est clair que la
laïcité négative serait donc : ne pas « considérer la religion
comme un atout », c’est-à-dire ne pas faire entrer la religion de
plain-pied dans l’espace public civique.
Il décrète également que la «morale laïque risque toujours de s’épuiser ou
de se changer en fanatisme, quand elle n’est pas adossée à une espérance
».
Encore une manipulation.
En effet, non seulement les religions n’ont pas le monopole de la morale ni de
l’espérance, mais certains de leurs courants sont, à l’évidence, pourvoyeurs de
fanatisme.
Puis, opposant délibérément deux personnages emblématiques de l’époque de la
"guerre des deux France":
"Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance ».
(On notera au passage : « pasteur ou curé », choix
délibéré de retour aux « racines chrétiennes ». ).
A la suite d’un tel discours, on ne peut que douter de la sincérité du
président quand il dit s’engager « à ne pas modifier les grands
équilibres de la loi de 1905 ».
Et moi, ça me fait bien plus peur que les moulinets de prêtres, d'imams ou de
rabbins, ou autres.
Si le principe de laïcité est garanti par le chef de l'Etat, les religieux
(oui, même les imams …) resteront à leur place. Comme cela a été (plus
ou moins, certes) le cas jusqu'à présent. Mais en en privilégiant certaines, il
se met hors la loi et provoque sciemment les autres.
Or, nous avons pu constater que, si ce qui revient le plus souvent dans les
discours (à savoir le véritable programme) de cet énergumène sans foi
ni loi n'est pas mis en place immédiatement, il le sera à un moment ou à un
autre.
Irrémédiablement. Surtout s'il s'en défend la main sur le cœur.
Et on ne peut compter sur personne dans le paysage politique actuel pour
revenir là-dessus s’il y a un jour « changement de majorité ».
………………………………………………………………………………………………………
Dans un Etat de droit (= système institutionnel dans lequel la puissance
publique est soumise au droit, instrument privilégié de régulation de
l’organisation politique et sociale), ce sont les textes et les institutions
qui prévalent et c'est le chef d'état qui est chargé de veiller à ce qu'ils
soient respectés.
Est-ce le cas?
Le foulard à l'école
J'en ai déjà parlé, mais revenons sur certains points.
D'abord, si on considère que les textes de loi ont une certaine valeur, et non
pas qu'ils doivent être détournés au bénéfice de l'air du temps ou sous une
poussée de fièvre populiste, on doit s'en tenir à ces textes.
Je les ai cités plus haut, je les rappelle:
"La Nation garantit l'égal accès de l'enfant et de l'adulte à
l'instruction, à la formation professionnelle et à la culture. L'organisation
de l'enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de
l'Etat".
"La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale.
Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction
d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les
croyances".
Voilà des textes bien sujets à caution. Tellement sujets à caution que
1°- quand sont entrées à l'école des élèves avec les cheveux couverts d'un
foulard, manipulées ou pas, ce fut un tollé quasi-général, en particulier chez
les profs et les chefs d'établissement qui se sont avérés incapables de gérer
cette situation et se sont mis à ameuter la France entière, avec la
complaisance avide des médias, en s'insurgeant contre ces violations du
principe de laïcité et en invoquant la « neutralité » à
l'école.
2° - Depuis 1989, les membres des équipes pédagogiques se sentaient quand même
menacés par cette circulaire Jospin qui ne réglait rien définitivement, alors
que des cas de foulards se présentaient toujours, même si c’était
infinitésimal.
Car dans l'immense majorité des établissements scolaires, il n'y avait pas
l'ombre d'un fichu, mais tout ce beau monde vivait la peur au ventre.
Et c'est alors que s'apaisait cet engouement des écolières pour ce couvre-chef,
honni pour diverses raisons fort obscures et souvent inavouées, qu'une nouvelle
provocation du ministre de l'intérieur de l'époque a permis de faire monter la
mayonnaise, bien aidé par les médias et toute la société civile.
Commission à grand renforts publicitaires, reportages ciblés sur ces
passionarias de l'islam, exacerbation de l'opinion et tollé sur fond d’invasion
arabe imminente.
Evidemment, il ne s'agissait nullement de diversion et de manipulation puisque
nous traversions une période sereine, peu troublée par les coups de boutoir des
idéologues installés au gouvernement et que la France s'ennuyait. Les profs,
surtout, qui n’avaient que des motifs de satisfaction.
Tout cela mènera à la loi de 2004. Les profs sont contents: ils n'auront plus à
se colleter avec des gamines enfoulardées. Force est revenue à la loi. On avait
arrêté les musulmans à Poitiers. Voire sur tout le territoire.
Les filles qui ne se conformeront pas seront irrémédiablement rendues à leurs
familles et exclues définitivement de l'Ecole Publique.
Une grande victoire sur la laïcité. Même si, détail, celle-ci impose
:" l'égal accès de l'enfant à l'instruction … ".
Mais ce n'est pas grave, il ne s'agit probablement que d'une poignée de filles
et si elles sont trop connes pour se laisser manipuler par des obscurantistes,
c'est tant pis pour elles.
Et, curieusement, s'insurger de ces aménagements de la loi sur l'éducation pour
toutes, même si elles sont musulmanes, c'est devenu, en vrac: être
"pro-voile", islamo-gauchiste, islamo-fasciste,
droits-de-l’hommiste (appellation jusqu’à récemment homologuée FN),
anti-féministe, raciste et évidemment, antisémite,
voire anti-américain (ça mange pas de pain). J'en passe. Tous les
amalgames sont possibles.
Quant aux justificatifs de ceux qui soutiennent l'interdiction du voile: c'est
le symbole de l'oppression des femmes, de la soumission à la
religion, cela implique l'alliance avec les barbus et favorise le
… communautarisme.
Eh oui, c'est devenu le sport national: c'est celui qui le dit qui y est. Comme
ceux qui proclament aujourd'hui que ce sont les Droits de l'Homme qui ont fait
le plus de mal à l'humanité. Ben voyons !
Favoriser le communautarisme, c'est, donc, vouloir s'en tenir aux textes sur la
laïcité.
Ils étaient trop cons, nos ancêtres, tiens! Et puis, je ne sais pas vous, mais,
moi, j'ai constaté que, depuis cette loi, il y a de plus en plus de femmes qui
portent le foulard dans la rue. Brusque retour à la religion (invisible avant
la fameuse doctrine du « choc des civilisations ») ou défi à ceux
qui les montrent du doigt comme étant responsables de tous les malheurs de
cette France qui serait, sans eux, un pays idyllique d'amour, d'égalité et de
tolérance?
"Oppression des femmes"? Les femmes, ces petites choses
fragiles incapables de penser par elles-mêmes, qui portent un foulard
choisiraient donc d'exhiber leurs souffrances de façon ostentatoire.
Mais, si elles souffrent, suffit-il de leur demander de faire tomber le foulard
pour faire disparaître tous leurs maux, comme toutes les autres femmes, qui,
elles, évidemment, sont libérées depuis belle lurette de tout joug, que ce soit
à la maison ou sur leur lieu de travail?
A moins qu'il n'y ait encore et toujours ce vieux fond de, au choix:
condescendance, paternalisme, post-colonialisme, racisme, islamophobie, dont on
se défend mais qui est là, sous-jacent, et ne demande qu'à s'exprimer sous
d’autres noms.
Les femmes ne mettent un foulard qu’avec l’aval d’un maître à penser
(une femme n’ayant par essence aucun libre-arbitre, évidemment) : Dieu,
mari, père, frère, fils …
A moins que le maître à penser ne soit un de ces grands couturiers, tout
soucieux de la soulager de son carcan ou quelque
publicitaire tout investi dans l'émancipation de la femme.
Sûr, d'aucuns vous diront: mais il ne faut ni l'un ni l'autre !
Bon, alors, finalement, d'après toi, mec, toi tu as l’air de savoir, elle doit
s'habiller comment, la femme ? Comme elle veut ou comme TU veux?
Oui, mais COMMENT ?
Parce que, d’un coté, t’as ceux qui ne veulent pas voir un cheveu, une oreille,
un cou et les autres, qui, au contraire, disent que c’est pas normal qu’on
veuille leur cacher tout ça. Ils revendiquent le DROIT de voir.
Comme quand je vais chez le boucher, moi, je veux voir la barbaque. Et si elle
est faisandée, je prends pas. Même pas je la calcule.
Après, il y a ceux qui disent que c’est le symbole de la " soumission à
Dieu" et qui jugent si les signes sont "ostentatoires » ou pas. A
petite croix petite soumission (voire pas du tout), à grand foulard, grande
soumission.
Evidemment, on voit que ça !
Et la religion, c'est sans doute le PIRE qui puisse arriver, puisque tout le
monde est prêt à prendre les armes pour faire légiférer sur-le-champ.
Foin du harcèlement, des violences domestiques, des viols, des emplois
précaires, des galères diverses. Là où tu souffres le plus, c'est quand tu es
sous l'emprise de Dieu (oui, Dieu Himself! Tu sais, celui qui n’existe
pas pour ces détracteurs, justement).
Et si tu as un foulard, c'est juste pour montrer combien tu es contente de
souffrir pour ta bonne cause.
Quoi, ce sont encore les femmes victimes qui sont sur le banc des
accusés.
Quoi, à la Libération des femmes ont été tondues pour expier pour les
collabos.
Quoi, les femmes dans les guerres se font violer et torturer devant leur
famille pour faire plier l’ennemi.
Tu veux mon poing dans la gueule, espèce d’islamo-gauchiste antisémite
pro-Hamasbollah.
Et fourbe avec ça !
Qu’elles enlèvent leur foulard et après on cause !
(au passage, combien de ces censeurs ont rencontré et parlé à ces femmes,
foulard ou pas foulard - et à combien d'entre elles?).
Lire:
Débat "Laïcité
à l’école" : Cette loi ne résoudra ni les discriminations subies par
les femmes, ni la montée des intégrismes religieux.
Derrière la
Loi foulardière, la peur
par Alain Badiou, philosophe, écrivain et professeur à l'école normale
supérieure.
Et : Le corps
des femmes n’est pas un champ de bataille.
Résultat : toute cette agitation autour des
foulards permet d'occulter toute question sociale et toute réflexion sur les
vraies causes de la casse sociale, l'explosion des inégalités et la
ghettoïsation.
Au grand soulagement des responsables politiques et syndicaux de tous bords,
tous préoccupés par la préservation de leur fonds de commerce et de leur place
au chaud de professionnels de la politique.
En ignorant les problèmes des quartiers pauvres (discrimination à
l'embauche, non mixité, absence de structures publiques éducatives, etc.), on
favorise la création d’une société dans la société, où se perpétuent les
traditions et où les chefs religieux deviennent les seuls interlocuteurs
attentifs et crédibles.
Un système qui arrange bien les élites car il permet ainsi de contenir la
population, de la montrer du doigt et, au besoin, de la réprimer en donnant la
charge.
Avec l’aval du reste de la population.
Même si c'est avec la bonne volonté de l'ours de la fable.
Brailler contre le foulard, c’est s’attaquer au symptôme et non pas aux
maux.
Mais qu’importe !
Ceux qui ont élaboré patiemment la loi sur la laïcité, ceux qui ont planché sur
la Charte des Droits de l’Homme, ceux qui ont siégé au
Conseil national de la Résistance doivent aujourd’hui tourner
dans leur tombe comme des poulets dans une rôtissoire.
…………………………………………………………………………………………….……
Et, la diversion avec le foulard ayant fait long feu, d’autres ont pris
le relais.
Avec toujours les mêmes ingrédients.
Et toujours la même effervescence.
Il suffit d’un fait divers connoté "musulman", c’est-à-dire arabe, disons-le,
et HOP, voilà la France entière redevenue, l'espace d'un instant, juriste,
laïque, féministe, anticléricale et ... triomphalement islamophobe.
Comme elle sait si bien le faire, comme un brave petit soldat à qui on ne
demande pas de réfléchir mais de monter au front sans se poser de questions, à
la plus grande joie du roitelet qui pourra poursuivre, avec l’aval de toute la
classe politique, le démantèlement de toutes nos institutions. Du pain
bénit.
C’est ce qui s’est produit encore récemment avec l’affaire de
l’annulation du mariage. Nouvelle aubaine. Inespéré.
Une décision de justice prise le 1° avril fait brusquement surface
deux mois plus tard … Et prend une ampleur énorme au détriment de la vie privée
de ce couple, et de la femme, en particulier, qui n'en demandait pas tant, sans
doute.
Brusquement révélée à la une d’un quotidien national, l’histoire se répand
comme une traînée de poudre. Les personnalités montent au créneau, les
journaleux s’emparent de l’info, les claviers crépitent.
La France entière s’étrangle d’indignation et chacun y va de sa propre version
des faits. Même si on n’en sait pas plus que le PV du jugement.
Oui mais voilà : le couple concerné est musulman et le mari a osé demander
l’annulation du mariage parce que la mariée n’était pas vierge, clause qui
avait été dûment évoquée entre eux avant le mariage et dont le futur époux
avait fait la condition sine qua non.
L’épouse d’un célèbre juriste est, parmi la flopée de féministes de salon, la
première à réagir, déclarant , pas moins, qu’elle a « honte de la
justice française ». Elle aurait pu demander quelques précisions à qui de
droit, mais elle n’y a peut-être pas pensé sous le coup de l’émotion.
(Signalons au passage que cette personne détient 10% des parts de l'entreprise
humanitaire Publicis).
Et elle sera suivie par toute la clique habituelle de ceux qui se jettent sur
les micros en écumant dès qu’ils entendent « musulman » et qu’ils ont
un alibi en béton pour casser de l’arabe (liberté d’expression, défense des
femmes, laïcité, etc.).
L’assoce NpNs, en perte de vitesse et de crédibilité surtout après la défection
de qui nous savons, n’est pas en reste. Sa présidente parle de
« véritable fatwa contre la liberté des femmes ». Eh oui, on voit
bien ce que tu veux dire.
La droite mais surtout, hélas, tous les autres (eh, oui, le PC et la LCR
compris, ainsi que, curieusement, la LDH, qui a pourtant des juristes éminents
en son sein), s’insurgent.
Même certains députés européens y vont de leur communiqué.
Une seule voix, curieusement, se fait discordante: celle de la ministre de la
Justice, qui elle, refuse de faire appel de la décision. Dans mes bras,
Rachida !
Ca, c’était le vendredi.
Hélas, briefée par le chef (m’enfin, pov' conne, tu vois pas que c’est bon pour
nous ça !), revirement dès le dimanche.
Ah, un beau gâchis. Et encore des lois de la République qui
vont passer à la trappe avec l’assentiment bruyant de tout ce beau monde.
Je ne reviendrai pas sur les faits, ils ont été fort bien expliqués
ici et
ici
Bernard Langlois, dans le Politis du 5 juin, démontre
remarquablement qu’on ne doit pas penser avec ses tripes, mais avec son
cerveau.
Et El Ryu parle de cette affaire
de sa façon toute originale et pleine d’intelligence.
Mais pendant que certains réfléchissent, les commentaires
s’enflamment :
annulation de la loi sur l’annulation, mariages forcés, soumission de la femme,
voire séquestration, violence domestique, mais aussi tradition
judéo-chrétienne, viande hallal, interdiction du porc, foulard … (Oui, et il y
en a même pour vouloir interdire le foulard dans la rue. Réservé à la "sphère
privée" qu'il serait. Tu le portes au lit, par exemple, et le reste du temps,
tu l'enlèves! pauvres débiles!).
Bref, tout ce qui remonte à la surface du cloaque à ces moments-là.
Mais tout le monde (ou presque) est content : la ministre de la justice a
fait appel.
On va voir ce qu’on va voir.
Mais toute cette bronca pour aboutir à quoi?
Au mieux, à ce que l’annulation du mariage soit confirmée (mais quand
?). Sinon, les deux ex-futurs mariés devront entamer une procédure de divorce
(et qui va payer les frais d’avocats, et, donc les pots cassés?).
Alors, voilà une femme, défendue par la France entière, qui avait, le 1° avril,
obtenu l’annulation de son mariage - qui était, donc, libérée une fois pour
toutes de tout lien avec son obscurantiste de mari d'un soir et pouvait enfin
tourner la page - après deux ans d’incertitudes et de stress, qui est
contrainte par ces idiots inutiles de prolonger indéfiniment ses épreuves (et,
pourquoi pas, de repartir vivre avec lui).
Je rappelle qu’elle a une vingt aine d'années. Beau départ dans la vie
d’adulte. Sans parler de l’ostracisme dont elle pourrait être la victime,
surtout après autant de battage.
Cette femme doit remercier le ciel tous les jours d’être "aimée par des
cons".
Mais ... si cela ne bénéficie pas à cette jeune femme, A QUI donc cela
profite-t-il ? Eh bien toujours aux mêmes.
Aux médias qui font leurs choux gras de cette histoire, n’hésitant pas à
piétiner la vie privée de citoyens vulnérables.
Aux « philosophes » de ce siècle qui ne perdent pas une occasion pour
casser de l'arabo-musulman afin de répandre leur idéologie du choc des
civilisations.
Mais surtout et c’est, si c'est possible, le plus grave, parce que ce sera
durable et peut-être définitif, aux têtes chercheuses du gouvernement
en train de fomenter le démantèlement du système judiciaire, celui des lois sur
la séparation de l’Eglise et de l’Etat et de la Constitution que
l'autocrate au pouvoir et sa garde plus ou moins rapprochée appellent de tous
leurs vœux.
Dérisoire, évidemment, à côté de la défense des femmes contre les contrats
entre couples sur la virginité. Ce qui relève pourtant (voir textes sur la
laïcité) de la liberté d’opinion – qu’on soit d’accord ou pas
sur ces clauses - encore vaguement en vigueur en France et, pourtant si chère à
certains, mais dans certains cas.
Et, encore et toujours cette « exception musulmane » qu’on
veut montrer du doigt. Aucun journaliste, pas une "personnalité", n'ont fait
remarquer que cette tradition d'abstinence avant le mariage était une pratique
courante également dans les milieux chrétiens et juifs (cf aux US, où Bush et
sa bande en ont fait le critère N°1 - voire le seul - de la lutte contre les
grossesses précoces et le Sida). Un détail inintéressant, sans doute.
(Réformes de la justice,
ici)
Bravo, fossoyons, fossoyons, il ne restera bientôt plus que des trous
béants.
La gôche au service du régime le plus liberticide qu’on ait connu en
France.
Joli coup. On en redemande.
Vous avez des doutes ?
Regardez. Tous aux ordres. Tous derrière. Pour aller dire aux autres ce
qu’il faut faire!
Pitres.
Ce serait risible si ce n’était triste. Triste à pleurer. Vraiment.
Tous derrière l’imposteur m’as-tu-vu : la France va dire au Liban
ce qu’il doit faire …
Pathétiques pantins.
Annexes : Et puis, c’est dans l’air du temps :
En Italie, le
cavaliere du pape
Se passer de la justice.
Demander au simple quidam (en l’occurrence les FAI) de surveiller et
sanctionner (suspension de la connexion) les sites qui leur paraissent
inadéquats.
Le gouvernement
et la « Charte de l’Internet » d’inspiration
Orwellienne
In memoriam :
Bouna et Zyed.
Accusés en 2005 par le premier ministre et son ministre de l'intérieur d'être
des voyous le jour même de leur mort dans un transformateur EDF. Quand on a
seize ans, il vaut mieux griller en qualité de voyou que d'innocent. Au moins,
on ne finit pas martyr.
Salis par les plus hautes instances de l’Etat et jamais réhabilités par ceux-là
mêmes.
Une bande de malfrats de haute volée qui mentent pour flatter les plus bas
instincts d’une population crédule et malléable. Pôvre !
Il s’agit pourtant d’un mensonge sur une qualité essentielle. L'honnêteté.
(Mais d'aucuns te diront que c'est ringard comme notion).
Je demande l’annulation du vote de mai 07 !
Publicité et libération des femmes:
Femmes des années 50-60
Aujourd'hui,, le carré Herm*s

Mouhaha!
Haute-couture
Mai 68 revisité par les publicitaires

)
Alors, qui sont les dindons de la farce?
NB: LES COMMENTAIRES SONT MODERES, et seuls seront publiés ceux qui seront
sensés (arguments étayés par des documents fiables et non pas discussion de
café du commerce avec chiffrage arbitraire) - ce qui exclut les propos
racistes, les contrevérités, les clichés, les ricanements débiles, les insultes
et toutes les remarques idiotes qu'on trouve déjà abondamment sur le
ouèbe.
(NB2: Je recommande vivement la lecture du doc attaché. Un grand moment)









Commentaires
parfaite démonstration!
désigner des boucs émissaires, manipuler les populations en leur faisant peur
toujours les mêmes mécanismes et toujours la haine de l'autre.
dans son texte Joshua Holland écrit:
"mais on n'entend guère d'arguments fondés sur l'idée que les femmes dans les sociétés islamiques "traditionnelles" connaitraient un statut social inférieur à celles qui vivent dans les communautés orthodoxes chrétiennes, juives ou hindoues."
absolument.
en Inde par exemple, dans les milieux religieux, les modes de vie des femmes varient peu d'une chapelle à l'autre.
toutes les musulmanes ne portent pas la burqua (différente de celle des afghanes mais les indiens disent burqua) et certaines femmes hindoues sont confinées dans les zenanas et subissent la loi du purdah.
mais les hindoues tout le monde s'en fout, l'hindouisme est une religion qui ne fait pas de prosélytisme, on nait hindou, on ne le devient pas et qui est pratiquée presque exclusivement en Inde. (et à Bali mais différemment).
plus proche de nous, mes amies indiennes, catholiques, ne dénudent jamais leurs épaules, ne portent jamais de jupes et ne se mettent jamais oh grand jamais en maillot de bain, leurs maris y sont formellement opposés et elle n'en n'ont pas envie (les deux attitudes étant intimement liées)
conclusion, en Inde, une majorité de femmes accepte certains dictats, émanant, ou non, de la religion, quelle qu'elle soit et une minorité arrive à s'en affranchir, question de milieu familial, de niveau d'études, d'aspiration personnelle...etc
en ce qui me concerne j'aimerais que toutes et tous arrivent à se libérer des religions et je suis convaincue que seule l'éducation et un niveau de vie décent peut le permettre;
stigmatiser, isoler, harceler, dénigrer, attaquer et maintenir dans l'indigence financière et culturelle produit exactement l'effet contraire...
et ce n'est pas par hasard
que dit-on lorsqu'on veut abattre son chien?
qu'il a la rage
Merci beaucoup, céleste, pour ce témoignage et cette analyse sur ce qui se passe en Inde. C'est très intéressant. J'espère que de ton voyage prochain tu nous ramèneras de nouveaux témoignages de femmes. Et des autres membres constituant l'Humanité :-).
Il serait intéressant également de connaître l'avis de "The other half".
baci
Just thanks for the work you're doing all the time. Emcee, you're the best!
Thanx so much, Aleph. I actually needed some encouragements. I am sure I'm not exactly the best, far from it, but I do my best to improve.
xxx
He ben, au moins, on peut dire que c'est complet.
Vraiment du bon boulot!
Merci emcee!
Merci Kaos. Et de trois! Au moins j'ai un retour.
J'ai lu ce que tu as écrit sur le sujet par ailleurs. Je crois qu'on est d'accord dans l'ensemble.
Je sais c'est hyper-long et donc, décourageant. mais j'en avais un peu marre de lire portnawak sur la question.
Tu n'as pas mis les références vers ton site. Je les mets. http://letendardsanglant.blogspot.fr
Je suis, bien évidemment, en accord avec toi. Ma remarque, sur vlg, c'était pour dire que la religion, je la vois pas trop au niveau des gens, du peuple, en france.
Maintenant, que la laïcité soit en péril, oui; Qu'on veuille aménager la loi de 1905, oui. On le sent de toutes parts.
salut,
cela fait plusieurs jours que ce blog est en berne (pbs d'hébergement). Pas pu entrer plus tôt pour te répondre.
Voilà: Tu me dis: "cela ne se voit pas au niveau des gens en France".
Certes.
mais nous sommes bien placées pour savoir que la population, cela se manipule pour lui faire dire oui, ou si c'est encore Non, on passe outre sa volonté.
Actuellement, ce pays n'est plus, quoi qu'en disent certains, un état démocratique .
Car, si une minorité a décidé de changer les règles contre l'intérêt du peuple, elle le fera (et elle le fait) contre son avis (et contre l'avis des professionnels), ou en s'appuyant sur les pulsions et les fantasmes les plus primaires d'une partie de la population.
Voir, en vrac, OGM, lois sur la délinquance, sur l'immigration, rétention administrative des sans papiers, Europe, environnement, éducation, services publics en général, prérogatives de la justice, etc. (la dernire en date étant la nommination du directeur du service audiovisuel public par l'Elysée directement).
Les exemples ne manquent pas de lois scélérates qui conduisent à creuser les inégalités et qui sont destinées à profiter uniquement à une caste au service des pouvoirs financiers qui les ont mis en place.
D'où mon très grand pessimisme, en particulier, concernant le principe de laïcité qui est un des chevaux de bataille de l'agité du bocal. Il ne lance jamais des propos en l'air. Ce qu'il dit, il va y venir. Et très vite.
Pessimisme d'autant plus grand que ce pays n'a plus d'opposition qui se respecte et que nous sommes livrés pieds et poings liés aux desseins de la clique au pouvoir, dont certains, je le rappelle, ont milité à l'extrême droite et qui sont passés à la droite traditionnelle, justement parce qu'ils n'avaient pas de chances de faire appliquer leurs idées dans ce cadre-là.
C'est effrayant. Et nous sommes impuissants, nous le peuple, parce que nous sommes à la merci de ces gens-là avec la complicité de ceux auprès de qui nous aurions pu espérer des principes républicains inaltérables.
Oui, mais, voilà, le libéralisme profite également à ces gens-là, qui bénéficient de privilèges non négligeables et qu'ils ne sont pas prêts à céder.
A personne. et au nom d'aucun idéal.
Bonjour ou bonsoir à vous !
Euh, je peux commencer par poser une question ? "emcee" ça se lit bien M C ?
Trève de plaisanterie.
Je ne sais trop par où commencer si ce n'est déjà que dire que je suis nouveau sur votre blog, et je dois avouer que je suis agréablement surpris par cet article (j'en ai lu ... que deux ... pour le moment). Le hasard, ou le destin, a voulu que je puisse lire vos écrits et je dois avouer que cela me fait un certain plaisir de voir qu'il y a encore des gens qui s'interrogent sur la façon dont certains sujets sont traités par les médias nationaux.
J'ai notamment beaucoup aimé la partie consacré à l'affaire du mariage ... peut-être car je suis arrivé à certaines conclusions similaires dans un essai de réflexion.
En fait, j'ai tant à dire que je ne sais par quoi commencer. De plus, l'article et les commentaires résumant déjà une grande partie de ce que je pense de ces sujets je crois que je vais finalement rien dire, de peur de dire une bêtise, si ce n'est Merci !
Merci de me rassurer un peu !
Merci pour l'ouverture d'esprit que votre article m'apporte et merci pour tout !
Bonne continuation
Eh bien, merci beaucoup aussi. Je suis contente que cet article rencontre l'adhésion de certains d'entre nous.
C'est un sujet qui me trotte dans la tête depuis un bon moment et je voulais exprimer le fond de ma pensée de façon exhaustive sans être interrompue par des hauts cris, comme c'est le cas dans les discussions avec mes amis (qui sont pourtant tous de gauche, je précise. Je ne discute pas avec les autres).
"emcee" se prononce comme on veut, mais j'ai tendance à le prononcer comme "AimeSi". ;-).
bonjour,
je découvre un peu tard ce billet. J'ai juste un bémol sur "l'affaire du mariage" : en l'occurrence, c'est l'assimilation de la virginité féminine (notion porteuse d'une dissymétrie et d'un poids idéologique que je vous détaille pas, je pense que vous êtes au courant) à celle de qualité essentielle (notion à vocation juridique) qui posait problème. Cette assimilation a été rejetée par la justice, créant ainsi une jurisprudence permettant de ne pas faire du biais un état de chose avalisé par le juridique.
Il convient aussi de ne pas oublier que l'annulation demandée et dans un premier temps obtenue par l'époux est formelle, les faits prenant plutôt la tournure d'une répudiation dans le cadre d'un rapport de force inégal. Voir par exemple les faits de la nuit de noce : dans la pièce voisine de la chambre sont présents des témoins, l'exposition du "sang preuve de la virginité" (de la femme, l'homme n'est redevable de rien apparemment) est prévue ; l'homme, ne constatant pas la présence de sang, fiche son épouse dehors et expose cela devant les témoins. tout cela est d'une violence inacceptable.
bref. si les époux avaient conclu un accord symétrique, dans lequel le libre accord ne faisait pas de doute et n'atait pas entaché par le poids idéologique de la virginité féminine, je serais plutôt d'accord avec vous ; et, tout en pensant que la virginité ne peut entrer dans un contenu juridique (champ des contenus définissables comme qualités essentielles des époux), je me serais dit "bah, much ado about not that something".
mais en l'espèce la dimension est autre. Au final, on peut penser que la médiatisation est allée de trop loin ; mais l'issue de l'affaire signifie clairement une limite tracée par une jurisprudence maintenant incontournable au droit de regard patriarcal sur l'état du sexe des femmes. Et ça, c'était necessaire.
parler de pays musulmans me pose problême, à ce que je sache, on ne parle pas de pays chrétiens, ou hindous ou boudhiste, cela fausse déja le raisonnement, et cela fait rentrer dans le communautarisme religieux. Moi je ne connais que des citoyens , de nationalité, et d'origine differente, pratiquant ou pas , croyant ou pas.
le communautarisme et un racisme, qui rejette les autres, et rentre dans des logiques identitaire.
Bonsoir, Bob,
s'il n'existe pas de pays catholique ou protestant, c'est qu'aucun pays ne s'appuie sur les textes sacrés de l'une ou l'autre religion, même si certains s'en inspirent fortement, Parler de "pays "musulmans", c'est parce qu'ils se revendiquent de l'islam et appliquent la charia, de façon plus ou moins stricte, pour gouverner le pays.
Tous les pays dits "arabes" ne sont pas dans ce cas, c'est vrai.
Maintenant si les termes sont employés de façon appropriée et non discriminatoire, pourquoi pas.
Ce sont des façons plus rapides et compréhensibles de s'exprimer dans le cadre de la géopolitique.
Et quel que soit le terme, il omettra toujours les minorités qui composent le pays.
Sauf s'il s'agit d'une république. Ce qui ne veut pas pour autant dire qu'on y trouve des citoyens traités de façon égalitaire.
C'est dur, tout ça.
Certes il ne faut pas étre binaire, tout n'est pas noir ou blanc,il faut voire la paille qu'on a dans son oeil, et pas seulement la poutre dans l'oeil de l'autre (ou l'inverse, pardon).....il faut se garder de tous les communautarismes et des pratiques identitaires...il ne faut pas systématiquement se culpablliser de son passé d'occidental , blanc, chrétien(surtout que je n'étais pas là).....
mais moi athée convaincue et progressiste de gauche (je mexcuse, nul n'est parfait), je continuerai à dénoncer la religion,'toutes, dans ses pratiques les plus obscurantiste, qui touchent tous le monde , hommes, femmes, enfants, cela si possible sans racisme et sans sexisme(ouf), et sans rejeter les autres cultures, et en acceptant que les gens est une foi et spiritualité(ouf, ouf)(ce qui ne veut pas dire qu'ils ont obliger d'adhérer à des dogmes et régles, codes).
Sur la laïcité, je pense qu'elle est le fruit d'un rapport de force, si on la néglige les religieux peuvent l'investir, ets en faire une laïcité canada dry, qui n'existera plus, en fait, si 95 % des gens adhérent à une pratique religieuse, que font les 5% restant , ils ont du mal a respirer, c'est pour cela que la laïcité n'existe pas, elle est un combat permanent! ...et les athée l'avant garde militante(il en faut)!