Passons à la souveraineté alimentaire, là, maintenant!
Par emcee le mardi 3 juin 2008, 23:56 - Continents à la dérive - Lien permanent
La crise alimentaire mondiale n'est pas arrivée par hasard. Elle était
prévisible et annoncée par tous les observateurs mondiaux honnêtes et dotés
d'une certaine éthique.
Cela n'a pas empêché les cyniques de la Banque Mondiale, du FMI et de l'OMC de
continuer leur travail de sape tout en prétendant, la main sur le coeur,
vouloir régler le problème de la faim dans le monde.
On a vu comment. En l'aggravant au point que des pays entiers sont aujourd'hui
touchés et que d'autres sont menacés gravement.
Mais aujourd'hui, de nouvelles donnes sont apparues.
D'abord, les victimes de la faim se rebiffent ("émeutes de la faim" dans 35
pays), puis les petits paysans commencent à s'organiser et à se regrouper au
niveau mondial, faisant pression sur leurs gouvernements, ensuite, certains
états, devant le désastre que les néocons de la planète ont engendré, se
rebellent de plus en plus contre les diktats des organismes internationaux
occidentaux et enfin, la Banque Mondiale, le FMI et l'OMC sont concurrencés par
les aides venant de Chine (vous voyez, en passant, pourquoi la Chine est dans
le collimateur? Elle fourre un peu trop son nez dans les affaires des maîtres
du monde auto-proclamés et peut offrir aujourd'hui une alternative à leurs
noirs desseins).
La fin de l'hégémonie des multinationales prédatrices et génératrices de
misère et de mort?
On l'espère très fort.
Voici un article de Walden Bello, "Manufacturing a Food
Crisis"
Publié le 2 juin 2008 dans The Nation
Comment fabriquer une crise alimentaire
(adapté)

(Photo: Luis Acosta / AFP-Getty Images)
Quand des dizaines de milliers de personnes ont organisé des manifestations
au Mexique l'an dernier pour protester contre l'augmentation
de 60% du prix de la tortilla, de nombreux spécialistes ont désigné comme
responsables les biocarburants.
A cause des subventions agricoles gouvernementales, les agriculteurs américains
consacraient de plus en plus de terres agricoles pour cultiver du maïs pour les
agrocarburants plutôt que pour la consommation alimentaire, ce qui s'est
traduit par une hausse vertigineuse du prix du maïs.
Le fait d'être passé du maïs pour les tortillas au maïs pour les agrocarburants
est sans aucun doute une des causes de la flambée des prix, même si la
spéculation sur la demande d'agrocarburants par les intermédiaires des
transnationales a peut-être joué un plus grand rôle. Cependant, une question
intéressante a échappé à de nombreux observateurs: comment diable les Mexicains
qui vivent dans le pays où le maïs a été acclimaté, en sont-ils venus, au
départ, à devoir compter sur les importations américaines?
On ne peut pas entièrement comprendre la crise alimentaire au Mexique sans
savoir qu'au cours des années qui ont précédé la crise de la tortilla, le
berceau du maïs avait été transformé en une économie d'importations de maïs par
la politique de "libre-échange" sous la pression du Fonds Monétaire
International (FMI), de la Banque Mondiale (BM) et de
Washington.
Ce processus avait été enclenché avec la crise de la dette au début des années
80. Un des deux plus grands pays en voie de développement, le Mexique s'était
vu contraint d'aller quémander de l'argent à la BM et au FMI pour rembourser
les banques de prêts internationales. En contrepartie d'une caution de
plusieurs milliards de dollars, il y avait ce qu'un membre du Conseil
d'Administration de la Banque Mondiale a qualifié d'"interventionnisme
intégral sans précédent" destiné à supprimer les droits de douane, le
contrôle de l'Etat et les institutions d'aides publiques, ce que la doctrine
néolibérale appelait des obstacles à l'efficacité économique.
Les remboursements d'intérêts représentaient 19% de l'ensemble des dépenses du
budget de l'Etat en 1982 et 57% en 1988 alors que les dépenses en capital
passaient du taux déjà faible de 19,3% à celui de 4,4%.
La réduction des dépenses publiques s'est traduite par le démantèlement du
crédit public, des aides publiques aux agriculteurs, de la politique de soutien
des prix, des commissions d'organisation des marchés publics, des services
d'intérêt général. La libéralisation unilatérale du commerce agricole imposée
par le FMI et la BM a également contribué à déstabiliser les petits producteurs
agricoles. Ce coup porté à l'agriculture traditionnelle était suivi d'une
atteinte encore plus grave en 1994, date de l'entrée en vigueur de
l'ALENA (Accord de libre échange Nord Américain).
Même si l'ALENA comprenait la suppression graduelle, sur une période de 15 ans,
des tarifs douaniers sur les produits agricoles, dont le maïs, le maïs
américain largement subventionné inondait rapidement le marché , réduisant les
prix de moitié et plongeant le secteur du maïs dans une crise chronique. Et
c'est largement à la suite de cet accord que le Mexique s'est irrémédiablement
retrouvé importateur net de denrées alimentaires.
(…) La distribution du maïs américain importé et du maïs mexicain devenait le
monopole de quelques groupes transnationaux, comme Cargyl, le géant américain
et Maseca, un groupe en partie américain, qui sont présents des deux côtés de
la frontière. Une position leur a, ainsi, permis de se livrer à la
spéculation.
En même temps, le contrôle du commerce intérieur veillait à ce qu'une hausse
des prix du maïs mondial ne se traduise pas par une hausse des prix payés aux
petits producteurs.
Il est actuellement de plus en plus difficile aux producteurs de maïs mexicains
de ne pas finir comme beaucoup d'autres producteurs de maïs, mais également de
riz, de bœuf, de volailles et de porcs, qui ont coulé à cause des avantages
conférés par l'ALENA aux producteurs américains subventionnés.
Selon un rapport de 2003 du "Carnegie Endowment", les importations de
produits agricoles américains ont mis au chômage au moins 1,3 millions
d'agriculteurs – beaucoup ayant, depuis, émigré aux Etats-Unis.
Comment créer une crise du riz aux Philippines

Le marché de Calamba, près de Manille.
Les prix au détail du riz ont augmenté de 30% en deux mois.
(Photo : S. Farcis/RFI)
Que la crise alimentaire mondiale ait pour origine la restructuration de
l'agriculture à cause du libre échange est plus évidente dans le cas du
riz.
Contrairement au maïs, moins de 10% de la production mondiale sont échangés sur
les marchés mondiaux. D'autre part, la production de riz n'a pas été détournée
de son usage au profit des biocarburants.
Et pourtant, ne serait-ce que cette année, les prix ont pratiquement été
multipliés par trois, passant de 380 $ la tonne en janvier à 1000 dollars en
avril. De toute évidence, l'inflation provient en partie de la spéculation de
lobbys de grossistes à un moment où les réserves s'amenuisent.
Cependant comme pour le Mexique et son maïs, la question majeure est:
pourquoi un certain nombre de pays consommateurs de riz autrefois
autosuffisants sont-ils devenus dépendants des importations?
L'exemple affligeant des Philippines montre comment la
restructuration économique néolibérale fait passer un pays exportateur net de
denrées alimentaires en pays importateur net. (…)
Les grandes lignes de l'histoire des Philippines sont similaires à celles du
Mexique.
Le dictateur Ferdinand Marcos était coupable de nombreux
crimes et méfaits, parmi lesquels son incapacité à mettre en œuvre une réforme
agraire, mais il ne peut être accusé d'avoir privé le secteur agricole de
moyens de subsistance.
Pour empêcher une flambée de colère des paysans, le gouvernement avait versé
des subventions pour l'achat d'engrais et de semences, lancé des plans de
financement et construit des infrastructures agricoles.
Quand Marcos a fui le pays en 1986, il avait 900.000 tonnes de stocks de
riz.
Paradoxalement, c'est au cours des quelques années suivantes avec un
gouvernement démocratique que se sont taris les investissements publics. Comme
au Mexique, la BM et le FMI, qui agissaient pour le compte d'investisseurs
étrangers, ont fait pression sur le gouvernement de Corazon
Aquino pour faire du remboursement d'une dette de 26 millions de
dollars sa priorité.
Aquino a accepté malgré les avertissements de spécialistes en économie qui
disaient qu'un programme de redressement ne pouvait être compatible avec un
plan de remboursement de dette déterminé par les créditeurs.
Entre 1986 et 1993, 8 à10% du PIB servaient à rembourser le service de la dette
–environ la même proportion qu'au Mexique.
Les remboursements d'intérêts passaient de 7% en 1980 à 28% en 1994; les
dépenses en capital passaient de 26% à 16%.
En résumé, le service de la dette était devenu la priorité du budget
national.
Les investissements dans l'agriculture chutaient de plus de la moitié.
La BM et ses acolytes locaux n'étaient pas inquiets, cependant, dans la mesure
où ces restrictions devaient permettre au secteur privé de dynamiser le
pays.
Mais la situation dans le secteur agricole s'est rapidement dégradée.
Le système d'irrigation marquait le pas, et à la fin des années 90, seulement
17% du réseau routier était goudronné, contre 82% en Thaïlande et 75% en
Malaisie.
Les récoltes étaient en général très mauvaises, la production moyenne de riz
étant largement inférieure à celle de la Chine, du Vietnam et de la Thaïlande,
où les gouvernements encourageaient activement la production agricole.
Le programme de réforme agraire de l'après-Marcos végétait, faute de
financements publics, qui avaient été la clé de la réussite des réformes à
Taiwan et en Corée du sud. Comme au Mexique, les agriculteurs philippins
étaient confrontés à une diminution généralisée des aides publiques – sur
lesquelles ils avaient pris l'habitude de compter.
Et la réduction des programmes agricoles a été suivie de la libéralisation du
commerce, l'entrée des Philippines dans l'OMC ayant les mêmes
conséquences qu'au Mexique avec l'ALENA.
L'adhésion à l'OMC impliquait la suppression des quotas sur toutes les
importations de produits agricoles, excepté le riz, et la garantie d'importer
une partie des aliments de base pour des tarifs douaniers moindres.
Alors que le pays avait eu l'autorisation de maintenir les quotas sur les
importations de riz, il avait dû laisser entrer l'équivalent de 1 à 4% de la
consommation nationale au cours des 10 années suivantes.
(…) Les importations massives faisaient baisser le prix du riz, ce qui
démoralisait les agriculteurs et maintenait un taux de production bien
inférieur à celui des pays exportateurs, la Thaïlande et le Vietnam.
Les conséquences de l'adhésion des Philippines à l'OMC se sont répandues dans
le reste du secteur agricole comme une traînée de poudre.
Inondés par les importations de maïs bon marché – dont la majorité était du
maïs subventionné américain – les agriculteurs réduisaient la surface agricole
consacrée à la culture du maïs, passant de 3,1 millions d'hectares en 1993 à
2,5 millions en 2000.
Les importations massives de poulets découpés, mais aussi de porcs et de
légumes ont mis le secteur de la volaille au bord de la ruine et déstabilisé
les autres secteurs d'activité.
Au cours de la campagne de 1994 pour la ratification de l'adhésion à l'OMC, les
responsables du ministère des finances, briefés par leurs "coachs" de la BM,
expliquaient que les pertes de maïs et d'autres productions traditionnelles
seraient plus que compensées par le nouveau secteur d'exportation de
productions "de luxe" comme les fleurs coupées, les asperges et le
brocoli.
Bien peu de tout cela s'est concrétisé. Pas plus que les 500.000 emplois promis
dans le secteur agricole censés être crées chaque année par la magie du marché;
au lieu de cela, le nombre de travailleurs dans le secteur passait de 11,2
millions in 1994 à10,8 millions in 2001.
Et donc, l'ajustement imposé par le FMI et la libéralisation du commerce
imposée par l'OMC ont rapidement transformé une économie agricole largement
autosuffisante en un pays dépendant des importations au fur et à mesure que ces
contraintes obligeaient les agriculteurs à abandonner.
(…)
La grande transformation
L'expérience du Mexique et des Philippines a été comparée dans chaque pays
assujetti aux diktats du FMI et de la BM.
Une étude de 14 pays réalisée par la FAO "Food and
Agricultural Organization" de l'ONU montre que les taux d'importations de
denrées alimentaires en 95-98 ont dépassé ceux de 90-94.
Ce n'est pas une surprise, puisque un des objectifs principaux des accords
agricoles de l'OMC était d'ouvrir les marchés dans les pays en développement
pour pouvoir absorber les surplus de production dans les pays du nord.
Comme l'a dit en 1986 John Block, ministre de l'agriculture de l'époque aux
Etats-Unis,
"l'idée que les pays en développement doivent s'auto-suffire alimentairement est un anachronisme d'une époque révolue. Ils pourraient avoir davantage de sécurité alimentaire en achetant les produits agricoles américains qui sont vendus, dans la plupart des cas, à un prix inférieur."
Ce que Block n'a pas dit, c'est que les produits américains étaient vendus à
un prix inférieur grâce aux subventions, qui augmentaient de plus en plus
chaque année, en dépit du fait que l'OMC était censée les supprimer
progressivement.
(…) Depuis la fin des années 90, les subventions représentent 40% de la valeur
de la production dans l'Union Européenne et 25% aux Etats-Unis.
Les apôtres du libre échange et les adeptes du dumping semblent être aux
antipodes les uns des autres, mais les politiques qu'ils préconisent arrivent
au même résultat: une agriculture industrielle capitaliste mondialisée.
Les pays pauvres sont intégrés dans un système où la production destinée aux
exportations de viande et de céréales est dominée par de grandes exploitations
agricoles industrielles et où les technologies évoluent constamment grâce aux
recherches sur les manipulations génétiques de firmes comme Monsanto.
Et l'élimination des barrières douanières ou des mesures contre le dumping
facilitent la création d'un supermarché agricole mondial, où une clientèle des
classes privilégiées est approvisionnée par des groupes de céréaliers comme
Cargill et Archer Daniels Midland et des distributeurs comme le britannique
Tesco ou le français Carrefour.
Il y a peu de place pour les centaines de millions de pauvres ruraux et urbains
dans ce marché mondial intégré. Ils sont relégués soit dans les favelas géantes
à la périphérie des villes où les prix de l'alimentation sont bien plus élevés
que dans les supermarchés, soit dans des réserves rurales où ils sont
contraints de se livrer à des activités agricoles mineures et où ils risquent
d'être frappés par la famine.
(…)
Cette situation n'est pas seulement le résultat de la déliquescence de
l'autosuffisance alimentaire nationale ou de la sécurité alimentaire mais de ce
que l'africaniste Deborah Bryceson d'Oxford appelle la
"dé-paysantisation' – la suppression graduelle d'un mode de production
traditionnel pour permettre l'accumulation intensive du capital.
Cette transformation constitue un traumatisme pour des centaines de millions de
personnes, car la production paysanne n'est pas seulement une activité
économique. C'est un mode de vie ancestral; et c'est la raison pour laquelle
les paysans déplacés ou isolés en Inde ont préféré se suicider.
Dans l'état d'Andhra Pradesh, les suicides d'agriculteurs sont
passés de 233 en 1998 à 2,600 en 2002; au Maharashtra, le nombre de suicides a
été multiplié par trois: de 1083 en 1995, il est passé à 3926 en 2005. Au
total, il y aurait eu environ 150.000 suicides parmi les petits
exploitants agricoles.
L'effondrement des prix, dû à la libéralisation du commerce et à la perte de la
maîtrise sur les semences, propriété de grandes firmes biotechnologiques, font
partie d'un problème plus global.
Selon Vandana Shiva, qui milite pour une justice mondiale:
"Avec la mondialisation, l'agriculteur perd son identité sociale,
économique et culturelle."
Un agriculteur est aujourd'hui "consommateur" de semences onéreuses et
d'engrais chimiques onéreux vendus par des multinationales influentes par
l'intermédiaire de propriétaires puissants et de banques de prêts
locales.
La "dé-paysantisation" est dans un état avancé en Amérique Latine et
en Asie. Et si la BM arrive à ses fins, l'Afrique prendra le
même chemin.
Comme le soulignent de façon pertinente Bryceson et sa collègue dans un article
récent, le "Rapport sur le Développement dans le Monde 2008", qui
évoque l'agriculture en Afrique, est quasiment un projet visant transformer
l'agriculture paysanne du continent en une agriculture commerciale à grande
échelle.
Cependant, comme dans de nombreux autres endroits actuellement, les prisonniers
de la Banque Mondiale sont en train de passer de la rancoeur maussade à la
franche rébellion.
Au moment de la décolonisation, dans les années 60, l'Afrique
exportait des denrées alimentaires. Actuellement, le continent importe 25% des
produits alimentaires, presque tous les pays étant des importateurs nets. La
famine et la faim sont devenues des phénomènes récurrents; au cours de ces
trois dernières années seulement, la Corne d'Afrique, le Sahel et l'Afrique
septentrionale et centrale ont connu des urgences alimentaires.
L'agriculture en Afrique: de la soumission à la
rébellion

Emeutes de la faim
Source
L'agriculture en Afrique connaît actuellement une crise grave, dont les causes
vont des guerres à une mauvaise gestion gouvernementale, le manque de
technologies agricoles et la propagation du virus du sida. Cependant, comme au
Mexique et aux Philippines, une grande partie de ce phénomène s'explique par le
désengagement progressif de l'état et la suppression des structures d'aides
qu'exigent les programmes d'ajustement structurel de la BM et l'OMC en échange
de subventions permettant de rembourser la dette extérieure.
L'ajustement structurel a provoqué la baisse des investissements,
l'augmentation du chômage, la diminution des dépenses sociales et la chute de
la consommation et de la production.
Supprimer les contrôles des prix sur les engrais en réduisant simultanément les
programmes de crédits aux agriculteurs a simplement conduit à une baisse de
l'utilisation des engrais, une baisse de la production et une baisse de
l'investissement.
D'autre part, les espérances doctrinaires, qui voulaient que le désengagement
de l'état permette au marché de dynamiser l'agriculture, ne sont avérées
vaines. Au lieu de cela, le secteur privé, qui avait bien constaté que la
réduction des dépenses publiques augmentait les risques, n'a pas réussi à
s'engouffrer dans la brèche.
Dans chaque pays, l'un après l'autre, le désengagement de l'état a provoqué un
effet d'éviction de l'investissement privé au lieu des rentrées massives
annoncées. Là où les groupes privés ont bel et bien remplacé l'état, selon un
rapport d'Oxfam
"ils l'ont fait parfois à des conditions extrêmement défavorables pour les agriculteurs pauvres", mettant les agriculteurs dans une insécurité alimentaire encore plus grande et les gouvernements à la merci du bon vouloir de l'aide internationale".
L'"Economist", habituellement favorable au secteur privé,
approuve ce point de vue, reconnaissant que "de nombreuses entreprises
privées qu'on a fait venir pour remplacer le secteur public se sont avérées
être des monopoles privés en quête de rentes."
L'aide que les gouvernements africains étaient autorisés à recevoir était
administrée par la Banque Mondiale qui l'utilisait pour les cultures destinées
à l'exportation afin de favoriser les rentrées de devises alors que les états
en avaient besoin pour rembourser la dette.
Et, comme en Ethiopie au cours de la famine des années 80,
cette situation a conduit à consacrer les bonnes terres arables à l'agriculture
d'exportation, faisant reculer les cultures vivrières sur des sols moins
fertiles, ce qui a accru l'insécurité alimentaire.
D'autre part, grâce à la BM, plusieurs secteurs économiques étaient impliqués
dans ces cultures destinées à l'exportation, ce qui entraînait souvent la
surproduction et faisait effondrer les cours sur les marchés
internationaux.
Ainsi, le développement de la production de cacao au Ghana a
provoqué une chute des prix de 48% sur les marchés internationaux entre 1986 et
1989. En 2002-03, en Ethiopie, l'effondrement du prix du café
a contribué à déclencher une nouvelle crise alimentaire.
Comme au Mexique et aux Philippines, l'ajustement structurel en Afrique ne
concernait pas seulement le sous investissement mais le désengagement de
l'état. Avec, cependant, une différence majeure.
En Afrique, le FMI et la BM faisaient du micro management, décidant de la durée
des aides, du nombre de fonctionnaires à licencier, et même, dans le cas du
Malawi, de quelle quantité des stocks de céréales devait être vendue et à
qui.
De surcroît, l'impact négatif de l'ajustement était aggravé par les pratiques
commerciales iniques de l'UE et des Etats-Unis.
A la suite de la libéralisation des marchés, la viande de bœuf subventionnée de
l'UE a mis sur la paille de nombreux éleveurs de bétail en Afrique de l'ouest
et du sud. Avec leurs subventions agréées par l'OMC, les producteurs américains
écoulaient leur coton sur les marchés internationaux pour un coût de production
de 20 à 55% inférieur, causant la ruine des producteurs d'Afrique de l'ouest et
du sud.
D'après Oxfam, le nombre d'Africains sub-sahariens qui vivent avec moins d'un
dollar par jour a quasiment doublé, passant à 313 millions entre 1981 et 2001 –
46% de l'ensemble du continent. (…)
En 1999, le gouvernement du Malawi lançait un programme pour
distribuer gratuitement à chaque famille de petits paysans un assortiment de
semences et d'engrais. Et grâce à cela, l'année suivante, la production
nationale de maïs était excédentaire.
Ce qui s'est produit ensuite, est une histoire qui devrait figurer en bonne
place dans les annales des plus grandes bévues commises par l'économie
néolibérale.
La BM et d'autres donateurs de subventions ont contraint les autorités à
réduire, puis à supprimer ces aides aux agriculteurs, disant que cette aide
faussait le marché. Sans ces apports gratuits, la production a chuté. Dans le
même temps, le FMI forçait le gouvernement à liquider une grande partie du
stock de céréales, soi-disant pour permettre au National Food Reserve Agency
(NFRA) de rembourser ses dettes.
Quand la crise alimentaire s'est transformée en famine en 2001-02, il ne
restait plus guère de stocks en réserve. Et 1500 personnes sont mortes.
Le FMI n'a manifesté aucun remords; de fait, il a suspendu les sommes qu'il
versait pour un programme d'ajustement, disant:
"le secteur semi-public va continuer à poser des problèmes dans l'exercice du budget 2002/03. Les interventions de l'état dans les marchés de l'alimentaire et des autres secteurs agricoles évincent les dépenses en faveur d'investissements plus rentables."
Quand est survenue, en 2005, une nouvelle crise alimentaire encore plus
terrible, le gouvernement en a eu assez de la stupidité du couple FMI/Banque
Mondiale. Le nouveau président a réintroduit les subventions pour les engrais,
permettant à 2 millions de familles d'acheter l'engrais au tiers du prix de
détail et les semences à moindre coût. Résultat: des récoltes exceptionnelles
pendant deux ans, un million de tonnes de surplus de maïs et le pays qui
exportait ses céréales à destination des pays du sud de l'Afrique.
Cette insubordination du Malawi vis-à-vis de la BM aurait probablement été, dix
ans en arrière, un acte de résistance héroïque mais futile.
Le contexte est aujourd'hui différent dans la mesure où l'ajustement structurel
est décrié dans toute l'Afrique. Même certains pays donateurs et les ONG qui y
souscrivaient naguère ont pris leurs distances par rapport à la Banque.
Peut-être sont-ils motivés par la crainte que leur influence sur le continent
africain ne se dégrade davantage s'ils restent associés à une stratégie oiseuse
et des institutions décriées au moment où l'aide de la Chine apparaît comme une
alternative à la BM et aux programmes d'aides des gouvernements
occidentaux.
La souveraineté alimentaire: un nouveau paradigme?
Ce n'est pas seulement l'insubordination des gouvernements comme celui du
Malawi et l'opposition de leurs alliés d'antan qui ébranlent le FMI et la BM.
Il y a aujourd'hui des organisations paysannes dans le monde entier qui
organisent de plus en plus la résistance contre la mondialisation de
l'agriculture industrielle.
En effet, c'est grâce aux pressions exercées par les syndicats d'agriculteurs
que les gouvernements des pays du sud ont refusé d'ouvrir davantage leurs
marchés à la concurrence et exigé des réductions drastiques des subventions
dont bénéficient les agriculteurs aux Etats-Unis et dans l'UE, ce qui a conduit
à l'échec la ronde des négociations à Doha sous l'égide de
l'OMC.
Les syndicats d'agriculteurs se sont regroupés au niveau international: Via
Campesina fait
partie des organisations les plus dynamiques . Non seulement Via vise à sortir
l'agriculture de l'OMC" et dénonce le paradigme d'une agriculture industrielle
capitaliste mondialisée, mais aussi elle propose une alternative, la
souveraineté alimentaire.
La souveraineté alimentaire, cela veut dire tout d'abord le droit d'un pays à
déterminer sa production et sa consommation de produits alimentaires et le
retrait de l'agriculture de régimes commerciaux mondiaux comme celui de l'OMC.
Cela signifie aussi:
Soutenir une agriculture axée sur les petits exploitants en protégeant le
marché intérieur des importations à bas prix;
Payer convenablement les agriculteurs et les pêcheurs;
Abolir toute subvention à l'exportation directe ou indirecte;
Supprimer progressivement les aides gouvernementales qui encouragent
l'agriculture non traditionnelle.
Le programme de Via appelle également à la fin du régime sur les Droits à
la Propriété Intellectuelle liés au commerce (TRIPs), qui permet aux
groupes privés de faire breveter les semences, dénonce
l'agro-technologie basée sur les manipulations génétiques et réclame
une réforme agraire.
Au lieu d'une monoculture mondialisée, Via propose une économie agricole
internationale constituée d'économies agricoles nationales diverses qui
réaliserait des échanges commerciaux en privilégiant, toutefois, la production
locale.
Naguère considérés comme des vestiges de l'ère préindustrielle, les paysans
sont actuellement les chefs de file de la lutte contre une agriculture
industrielle capitaliste qui les destinerait aux poubelles de l'histoire. Ils
sont devenus ce que Karl Marx décrivait comme une classe "en soi" dotée d'une
conscience politique, ce qui contredisait ses prédictions sur sa
disparition.
Avec la crise alimentaire mondiale, ils s'avancent sur le devant de la scène –
et ils ont des alliés et des partisans. Car, alors que les paysans refusent de
se laisser plonger doucement dans les ténèbres et qu'ils luttent contre la
dé-paysantisation" certains événements au XXI°s montrent que cette
agriculture industrielle capitaliste mondialisée présentée comme la panacée
est, en fait, un véritable cauchemar.
Avec la multiplication des crises environnementales, l'accumulation de
dysfonctionnements sociaux de la vie industrielle urbaine et l'augmentation de
l'insécurité alimentaire engendrée par l'agriculture industrialisée, le
mouvement des agriculteurs s'avère de plus en plus crédible, non pas seulement
pour les paysans mais pour tous ceux qui sont menacés par les conséquences
catastrophiques de la conception des marchés financiers vis-à-vis de
l'organisation de la production, de la société et de la vie elle même.
Walden Bello
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Références Le monde à
table... J'y mets mon grain de sel !
(Historique (grandes lignes). Très intéressant).
LA CRISE DE LA DETTE
MEXICAINE ET LA BANQUE MONDIALE
Autre exemple: le Mali
La Banque mondiale et le FMI ont assorti leur aide budgétaire au Mali de conditions portant sur la privatisation de l’électricité et sur la libéralisation et la privatisation du secteur du coton. A ce jour, la privatisation du coton demeure une condition attachée à leurs prêts. (…) Le Mali est un pays extrêmement pauvre et n’est pas aidé en conséquence. Quatre-vingt dix pour cent de la population malienne vit avec moins de deux dollars par jour, le taux le plus élevé au monde, pourtant le montant de l’aide perçue par habitant est moitié moins élevée que l’aide fournie au Sénégal, pourtant moins pauvre. En dépit de cette situation, la Banque mondiale a délibérément suspendu une aide supplémentaire au gouvernement malien au motif que celui-ci n’a pas privatisé son industrie cotonnière. Le Mali pourrait actuellement recevoir au moins 72 millions de dollars supplémentaires. Cet argent pourrait être utilisé pour payer les salaires de 5 000 enseignants pendant les dix années à venir, dans un pays où seulement 17 pour cent des femmes entre 15 et 24 ans savent lire et écrire." …> "Oxfam International"
lire l'article ici
Déclaration universelle, 1948
Article 25 Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.
Eh bien: on est bien loin du compte!
Quand on pense que les pays donateurs et parties prenantes du FMI, de l'OMC
etc. l'ont signée, cette déclaration, ça donne pas envie de voyager dans le
monde. Quoique. En France on n'est pas mieux lotis. Peut-être moins.
Savez-vous que notre cher président, devant la crise alimentaire, les stocks
très bas, les risques accrus de famine, a aussitôt décrété le doublement du
budget des dons alimentaires de la France.
WAOUH! On est les meilleurs! La gé-né-ro-si-té!
Euuuuh…. Sauf que, en 2007, l'aide publique au développement était passée de
0,47% à 0,39% du PNB. Donc, si on calcule, en fait, c'est à peine une aumône.
Ca lui va bien, au chanoine.
On est confondus devant tant de cynisme. Ils ont faim? Qu'on leur donne des
miettes!
Remarque, il peut toujours demander aux patrons du CAC 40 qui se sont gavés
cette année de mettre la main à la poche.
Sauf que c'est sans doute déductible des impôts, ces trucs-là. Alors, c'est
toujours nous qui paie, quoi.
Quant à notre brillant ministre de l'agriculture, il propose à l'Europe de
"produire plus et mieux" pour exporter les excédents vers les pays du
sud. On n'en attendait pas moins de mister Barnum.
On t'a pas assez expliqué que c'est JUSTEMENT ÇA qui provoquait la famine,
pitre?
Indécrottables. Et ils sont tous comme ça, vous avez remarqué?
Et en ce moment, c'est un vrai festival.
Mais on en reparlera une autre fois. Là, je sens que ça va trop
m'énerver.
Déjà, rien que de penser à tous ces nazes qui répètent inlassablement; on
ne peut pas accueillir toute la misère du monde ... gnagnagna ...
Pauvres gnoques! Et si la misère du monde, on n'allait pas la créer ailleurs
pour commencer?
bouffis.
Commentaires
parfait!
j'ai tout compris
merci emcee.
mais comment l'être humain en est-il arrivé à gâcher l'agriculture.?
à la torpiller pour des motifs financiers, pour le profit de quelques uns.?
c'est ahurissant, la terre a toujours fourni à l'homme ses moyens de subsistance directs.
ce qui est encourageant c'est que des voix se lèvent, des actions s'organisent.
Ce qui est assez hallucinant aujourd'hui, c'est de voir que le sommet de la FAO n'aboutit qu'à une conclusion : il faut continuer à produire plus et faire plus d'agriculture intensive. Voilà qui n'arrangera pas les problèmes écologiques du monde...
Pourtant, la production mondiale, c'est de quoi nourrir 12 milliards d'êtres humains, de quoi voir loin. Mais puisqu'on fait surtout dans la spéculation, on préfère détruire les surplus plutôt que de les vendre moins cher. Le libéralisme ne marche pas ? C'est qu'il faut en faire plus !
On refuse de remettre en cause le fonctionnement de l'économie, qui devrait préférer l'autosuffisance et la priorité aux productions locales (et que d'économies de pétrole si on arrêtait de trimballer la nourriture sur toute la planète !), parce que personne dans les pays développés n'ose renoncer à un mode de vie destructeur. Personne ne s'est dit que pour économiser le pétrole, il fallait moins rouler plutôt que de gâcher de la nourriture dans le réservoir.
La position des pays développés est d'ailleurs assez ironique : on refuse aux pays pauvres toutes politiques protectionnistes et subventionnistes, mais on arrose d'argent ses propres paysans, avec la PAC par exemple. J'ai déjà vu cela dénoncé dans plusieurs articles du Monde Diplo par exemple : les pays riches ont usé et abusé du protectionnisme pour se hisser en haut, mais renvoient l'échelle pour que les autres ne puissent pas les rejoindre.
Un petit article intéressant sur le sujet qui sort des idées reçues :
http://www.lemonde.fr/organisations...
très bons commentaires, Léo et Céleste. En effet, l'article est exhaustif mais clair. Je n'ai pas pu élaguer davantage. Bravo d'avoir eu le courage de le lire.
Et très bon article du monde,également.
En effet, produire plus industriellement pour nourrir la planète quand des tonnes de nourriture sont délibérément détériorées dans le monde occidental, que ce soient les stocks ou ce qui se jette dans les poubelles des supermarchés (où la nourriture est carrément rendue impropre à la consommation pour éviter aux indigents de venir y trouver leur pitance) ou dans les poubelles privées, c'est une aberration.
Mais ils ne veulent pas lâcher un pouce de terrain, évidemment. Au contraire.
PS: Bon anniversaire à ton blog, céleste. Espérons que nous pourrons continuer encore longtemps à nous exprimer librement. Ce n'est pas gagné.
Et quelles sont les solutions préconisées par les grands de ce monde?
"le cycle de Doha est une partie de la réponse" Pascal Lamy OMC"il faut encore plus de libre échange pour renforcer les capaciés de production,suprimer les subventions des pays du Nord,réduire toutes les taxes,"
Le cycle de Doha est responsable des derniers évennements.
Formidable non?la libéralisation à outrance a ammené les famines,mais c'est grace à elle que l'on va sortir de la famine!
On nage en plein délire...capitalistique ultra libéral!
Tout à fait. Le pire, c'est que ces mensonges énormes, ils arrivent à les rendre crédibles à une grande majorité de gogos. Et que, donc, ils restent impunis pour les ravages qu'ils causent.
Au sujet des "émeutes de la faim dans 35 pays" il y a quelque chose qui me chiffonne.
C'est que le pays où j'habite (Madagascar) est régulièrement cité par les articles qui abordent le sujet comme faisant partie de ces 35.
Or c'est totalement faux. Il n'y a ni a eu aucune émeute à Mada récemment. D'ailleurs la récolte est très bonne cette année, et le prix du riz inférieur à celui de 2007. Ce qui ne veut pas dire que tout le monde mange assez, mais bon, c'est pas pire que d'habitude.
Bizarre, non?
Ca peut vous sembler une erreur sans importance mais je garantis que ça fait drôle quand on habite dans le pays et qu'on ne voit pas de quoi il s'agit. Vous accorderiez quel crédit à des experts qui vous racontent que la famine de 2007 à Paris y a provoqué des émeutes?
Nb : je dis ca en passant pour signaler qu'il y a un brin de manipulation dans l'air, mais ca ne remet pas en cause les faits détaillés par Walden Bello, tout est exact à ma connaissance.
Article très intéressant, une fois de plus.
Je crois, pour ma part, que l'oligarchie, et ses zélés serviteurs, qui tirent toutes les ficelles sur notre planète se fichent complètement que des populations meurent de faim.
Il n'y a qu'une chose qui les intéresse: le profit. S'en mettre plein les poches, encore et encore. Ces gens-là sont dénués de scrupules et d'états d'âme...
Et si les famines n'étaient pas délibérément organisées pour éliminer de la population afin de mieux s'emparer des richesses naturelles ?
Cela ne me paraît pas inconcevable, hélas.
Le cynisme n'a pas de limite.
bonjour,
@pachenka,
volonté ... d'éliminer, mouais ... en tous cas, ils ne font pas de gros efforts pour qu'ils vivent, ou survivent: famine, aides réduites, vente d'armes, distribution par le père Bush de modes d'emploi pour l'abstinence et de chapelets, en lieu et place de préservatifs pour lutter contre le sida (et ça ne m'étonnerait pas que notre petit père la fausse pudeur ne s'y joigne un jour pour faire tout - comme - Tonton - George), soutien à des gouvernements corrompus, pollution de sites, et tout le reste dont on parle ici: C'est vrai que les efforts sont très mesurés pour leur donner le goût de vivre
@kisifi: intéressant. C'est en effet un peu bizarre. Je n'ai pas vu qu'ils parlaient de madagascar parmi les pays déficitaires, mais je n'ai pas non plus trouvé beaucoup d'infos sur les autres au sujet des "émeutes de la faim", comme ils disent.
En revanche, en faisant mes recherches, j'étais tombée sur un article intéressant sur Mada, que j'ai lu, mais dont je n'ai pas gardé les références. Si je le retrouve, je le mettrai en lien.
l'immense avantage , c'est qu'on n'a eu besoin que d'une action à la marge pour briser l'équilibre des marchés intérieurs protégés .... quelques % de produits importés ont suffit ....
comme la spéculation sur les matiéres premiéres ( qui ne joue que sur une infime part des echanges mondiaux ) fixe "le cours du marché" ... paradoxe du capitalisme ... cet effet papillon ...
Votre travail de recherche m"impressionne toujours
Toute cette politique du profit ,menée par les vrais délinquants,et responsable de tant de morts, ,mériterait qu'on enferme les responsables de ce désastre...
Merci EMCEE.Je fais un lien chez moi. J'ai pris beaucoup de retard dans la lecture de votre blog.
Bien à vous
.
Bonsoir Emcee,
Je propose la lecture d'un billet très intéressant aussi et qui fait écho au vôtre.
Il y est notamment question du sommet de Rome:
http://socio13.wordpress.com/2008/0...
Bon week-end.
Merci à tous pour votre soutien et pour les précisions fort intéressantes. Et édifiantes.
Je n'avais justement pas parlé du sommet de Rome parce qu'il y avait déjà beaucoup à lire dans le billlet.
Un échec, disent-ils? Comme c'est bizarre!
En effet, les femmes ont de tous temps porté des coiffes. Voir les costumes traditionnels.
Dans les églises, les femmes portaient des foulards ou des mantilles. Alors que les hommes,eux, étaient tenus de se découvrir. Cela existe encore dans certains coins de France.
Dans les campagnes, les femmes portaient des fichus, probablement pour se protéger les cheveux et pour les retenir.
Ce n'est que récemment que cette coutume s'est perdue en France (en particulier dans la religion catholique, où, pour garder les ouailles, il a fallu revoir les impératifs à la baisse et les adapter à l'air du temps), sauf, justement pour céder à une mode (le foulard avait été remis au goût du jour par Hermès, justement, et sans doute par d'autres, dont BB avec son carré vichy).
En revanche, les musulmans n'ont pas "copié" sur nous, mais c'est plus ou moins la même origine religieuse (voir la Vierge).
"L'ennui ",pour la finace intèrnationale ,avec les cultures,c'est que cela ne se passe pas comme avec les quelques pays producteurs de pétrole ,sur lesquels ,la pression est facile a faire peser ?
Les agriculteurs peuvent refusre les contraintes dans leur ensemble,ce qui rend complètement incontrolable la pression dérisoire que veut faire peser l'OMC,et le FMI,su toutes les populatiosn de pas le monde ?
Paru dans l'Huma aujourd'hui,je résume.
Le PAM va être obligé de mettre fin a une grande partie de son aide au Darfour.Faute de moyens il arrête son aide aérienne faute d'argent.
14000 humanitaires utilisent les avions et hélicos du PAM.
dans des conditions de guerre civile cela va rendre trés dangereux les déplacements des secours.Il y a eu pas mal d'attaque contre des humanitaires.
Programme Alimentaire Mondial
Emcee,
Comment fait-on pour te parler de Femmes, Leurs Droits, etc...?
l'entrée commentaires est absente.
De toutes façons, c'est un post-fleuve, on ne peut y répondre.
Mais je suis bien d'accord : la loi foulardière, puisqu'elle était une loi essentiellement anti-musulmane, était, de ce fait, anti-laïque.
Ca y est, gg, c'est réparé. Erreur d'aiguillage.
Merci de ta vigilance.
Tu as raison, c'est très long. Mais c'est le fruit de réflexions diverses, à la suite de la lecture de certains articles, et que je cogitais depuis un moment.