Planète d'esclaves 2 (suite sans fin).
Par emcee le mercredi 21 mai 2008, 09:39 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
Voici d'autres histoires témoignant de la cruauté et du cynisme des
supporters du libre-échange. Aux Etats-Unis, cette fois encore, mais nous avons
évidemment les mêmes près de chez nous. Parce que l'idée est générale dans les
pays occidentaux: il faut fermer ostensiblement la porte aux immigrés, tout en
les laissant entrer quand même.
Dans la clandestinité, évidemment.
Les immigrés, c'est ce qui sert le mieux la cause des puissants.
Parce qu'ils permettent de faire peur aux autochtones et de canaliser sur eux
toutes les rancoeurs et les frustrations générées, en réalité, par les classes
dirigeantes.Mais, CHUT!
Actuellement, la tendance est à l'immigré non régularisé. Sans doute parce que
les autres finissaient par faire partie du paysage. Et puis, un immigré avec
des papiers, il a des droits.
Cela n'arrange pas les affaires des prédateurs.
Ils ont besoin d'une sous-classe soumise, malléable et impressionnable pour
faire filer droit le reste de la population.
Voici un article de Ron Jacobs "Go to Work, Go to Jail", publié le 16 mai 2008 dans Dissident Voice, qui parle du nouveau traitement qu'on inflige aux immigrés aux US.
Allez travailler et finissez en prison
Récemment, plus d'une centaine d'ouvriers à Pascagoula, dans l'état du
Mississippi, ont arrêté le travail pour protester contre des conditions de
travail proches de l'esclavage. Ces travailleurs manifestaient contre les
conditions dans lesquelles ils vivaient et travaillaient depuis qu'ils avaient
été embauchés en Inde après le passage de l'ouragan Katrina.
D'après l'action en justice intentée au nom de ces ouvriers, on leur avait
promis des emplois, des cartes vertes et des cartes de résidents permanents en
échange d'une somme d'argent pouvant aller jusqu'à 20000 dollars par personne
qu'ils avaient versée à des recruteurs agissant pour une filiale de Northrop
Grumman à Bombay.
Un des organisateurs de la manifestation a déclaré:
"Au lieu des cartes vertes et des attestations de résident permanent promises, nous avons reçu des visas de 10 mois et ils nous ont fait vivre dans des conditions épouvantables, entassés à 24 dans une caravane appartenant à la compagnie. Nous étions pris au piège, avec d'une part, une montagne de dettes à rembourser dans notre pays et d'autre part, la menace constante d'être expulsés que faisaient peser sur nous les patrons dans le Mississippi".
Quand les travailleurs ont voulu s'organiser pour protester contre ces
conditions, les meneurs ont été licenciés.
Mais cette histoire n'est que la partie émergée de l'iceberg.
Dans des circonstances similaires à celles que subissent les ouvriers engagés
par des compagnies américaines et britanniques pour travailler à la reconstruction
désastreuse de l'Irak , la reconstruction de la Nouvelle Orléans et
le reste de la côte sud touchée par l'ouragan Katrina en 2005 n'est
qu'une longue liste d'abus contre ceux (américains de souche ou étrangers) qui
ont été engagés par diverses entreprises.
Un rapport publié récemment par la "New Orleans Worker Justice
Coalition" n'est qu'une énumération sans fin de corruption des
entreprises, d'abus que subissent les salariés et de violations illégales et
immorales des droits de l'homme.
En outre, dans le Mississippi, à partir du 1 juillet 2008, travailler
sans papiers sera considéré comme un crime.
Toute personne qui travaillera sans document officiel "sera passible d'une
peine d'emprisonnement d'un an minimum et de cinq maximum, ou d'une amende de
1000 dollars minimum et de 10000 maximum ou les deux à la fois".
En outre, ceux qui auront été reconnus coupables d'avoir travaillé illégalement
n'auront pas droit à la liberté sous caution.
Dans l'Iowa, les agents fédéraux d'ICE (Immigration and
Customs Enforcement) ont arrêté des centaines de salariés d'Agriprocessors,
Inc, une usine de conditionnement de la viande. La raison donnée par la police
c'est que les ouvriers utilisaient des faux numéros de sécurité sociale.
Evidemment, sans numéro de sécu, on ne peut pas travailler et on ne peut pas en
avoir un sans un quelconque statut légal officiel (statut qui devient de plus
en plus difficile à obtenir à l'heure actuelle). Une situation inextricable de
plus dans la vie d'un immigré aux Etats-Unis.
Parallèlement, à Danbury, Connecticut, un tribunal a déclaré
légale la possibilité que des policiers se fassent passer pour des recruteurs
de travailleurs journaliers afin d'arrêter les hommes et femmes qui
recherchaient du travail dans la ville. Ces travailleurs ont alors été
expulsés.
Dans le comté de San Diego, il est prévu de construire deux
grands centres de rétention pour y incarcérer les sans-papiers
pour une durée indéterminée. Haliburton espère enlever le
contrat.
En Caroline du sud, en Georgie et dans certains autres états,
des lois ont été votées qui interdisent l'utilisation d'une autre langue que
l'anglais sur le lieu de travail.
Imaginez un instant un pays où certains habitants ont plus de droits que
d'autres. Ces habitants peuvent avoir l'emploi de leur choix. Ils habitent dans
des quartiers loin de ceux qui ont la peau basanée et des revenus inférieurs.
Ces derniers n'ont pas la possibilité de choisir leur emploi. En partie parce
que la loi ne le leur permet pas, en partie à cause de leur niveau
d'instruction et de leur place dans la société. Tous doivent posséder des
papiers qui mentionnent également leur statut social, même si ce statut est
essentiellement déterminé par la couleur de leur peau. Sans ces papiers
(surtout s'ils ne sont pas blancs), ils sont arrêtés. Si eux, ou les membres de
leur famille ne peuvent pas présenter ces papiers officiels, ceux qui sont
arrêtés, une fois libérés, sont condamnés à vivre dans l'ombre, se demandant
constamment s'ils vont être dénoncés par leur employeur ou par ceux qui leur en
veulent.
Le pays dont je parle, c'est l'Afrique du Sud du temps de
l'apartheid. Maintenant, depuis la création de l'ALENA et des autres
soi-disant accords commerciaux, il n'y a plus de frontière économique entre le
Nord et le Sud.
Si on fait un petit effort d'imagination supplémentaire, il est possible de
voir en ces territoires du Mexique et d'Amérique Centrale la réplique des
bantoustans, les Etats-Unis figurant la ville du Cap.
De plus, les papiers officiels que doivent avoir sur eux les immigrés aux US
peuvent être comparés aux laissez-passer que les Noirs en Afrique du Sud
devaient présenter quand ils circulaient sur le territoire de cette Afrique du
sud gouvernée par les Blancs. Si leurs laissez-passer n'étaient pas en règle ou
s'ils n'en avaient pas, les Noirs étaient susceptibles d'être arrêtés. De la
même façon, si les divers papiers officiels que les immigrés doivent pouvoir
présenter chaque fois qu'on les interpelle ne sont pas en règle, ou s'ils n'en
ont pas, ils seront arrêtés.
Ces immigrés sans papiers doivent vivre dans l'ombre, se demandant constamment
s'ils seront dénoncés par leur employeur ou par ceux qui leur en veulent. S'ils
vivent dans certains endroits des Etats-Unis on s'apercevra peut-être qu'ils
n'ont pas de papiers lors d'un barrage de police pour un contrôle
d'identité.
Evidemment, de multiples façons, ces deux exemples historiques ne se
ressemblent pas, mais c'est cette sensation de peur sous-jacente qui est
semblable … On ne sait si une majorité de citoyens américains approuve les
mesures énumérées ci-dessus visant les immigrés. En tous cas, l'absence de
réaction de la part de ceux qui réprouvent les mesures visant à déshumaniser
les sans-papiers permet à ceux qui s'acharnent à détruire la vie des immigrés
de se faire entendre bien plus, espérons-le, que leur nombre le leur permet. Il
en va de même pour la volonté de la population américaine de fermer les yeux
sur les rafles qui brisent des familles entières et sur la mise en détention de
milliers de personnes pour aucune autre raison que le fait qu'elles n'ont pas
de papiers en règle. Cette volonté laisse supposer que ceux qui sont pris et
envoyés dans des centres de rétention ne sont pas aussi humains que des
"vrais Américains".
Si nous avons tiré quelque leçon des états totalitaires, nous aurions dû
apprendre que nous devrions nous méfier de ceux qui définiraient un être humain
en des termes toujours plus restrictifs.
Ron Jacobs is the author of "The Way The Wind Blew:A History of the
Weather Underground".
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Note perso
Faire venir temporairement la main-d'œuvre des pays pauvres avec mensonges
et contrats bidon, voilà l'idée .
La fameuse "immigration choisie".
Et, parallèlement, traque incessante des immigrés sans papiers. Créations de
centres de rétention. Détention à durée indéterminée. Expulsions. Séparation
des familles.
Question de faire croire qu'on veut se débarrasser des va-nu-pieds, des
criminels et terroristes potentiels.
Voilà le destin d'êtres humains tel qu'il est inscrit dans le schéma putride
des groupes financiers et de leur bras armé, les partis politiques dominants de
la planète.
Cruauté, cynisme, âpreté au gain, veulerie. J'en oublie. Tout ça pour toujours
plus de pognon.
Et quand ces gens-là parlent de justice et de droits de l'homme, il y a du
mouron à ce faire, car c'est qu'il y a à la clé encore plus de misère et de
désespoir pour les populations touchées.
Alors, on le voit, la chasse aux sans papiers en France n'est pas une invention
locale sortie de l'imagination (ça se saurait
) de P'tiMinus, évidemment,
mais elle s'inscrit en droite ligne de cette idéologie malsaine mise en place
par les responsables politiques et leurs commanditaires.
Et tout ce beau monde se bourre les poches convulsivement. Avec l'accord béat
de populations fortes de leurs privilèges et perfusées à la pureté de la race
occidentale (blanche) et à la nocivité des pays pauvres.
Et tant qu'il n'y aura pas une prise de conscience générale, cette situation
perdurera.
Hélas, c'est pas demain la veille que la France s'éveillera. Ni les
autres.
"On ne peut pas accueillir toute la misère du monde".
Et pourquoi? Tout est fait pour, non? Dans les pays pauvres qui sont pillés,
par exemple, ce qui contraint les populations à se déplacer.
Addendum
Cela n'a rien à voir, mais quand même tout à y voir aussi: l'assemblée
nationale a fini par voter le texte sur les OGM. Cela devient une habitude. On
refourgue le texte tel quel et on fait revoter tant que ce n'est pas conforme
aux vœux d'une bande de malfrats et d'usurpateurs.
Et peu importe si la population est majoritairement contre et peu importe s'il
en va de la santé des citoyens et de l'avenir du pays.

Commentaires
j'ai de plus en plus la triste impression que tout cela est voulu, délibéré.
la planète n'aurait pas assez de ressources pour subvenir aux besoins d'une population mondiale croissante?
qu'à cela ne tienne, on va éliminer les plus pauvres, les plus faibles et asservir ceux qui dont la force peut être utilisée.
on va multiplier les guerres histoire d'envoyer des pauvres en tuer d'autres
on va redonner du pouvoir aux religieux afin qu'ils contrôlent leurs ouailles
on va empoisonner les populations en leur filant des saloperies à bouffer et en polluant l'eau et l'air.
on dirait un scénario de film d'anticipation, et pourtant.
en parlant d'anticipation, deux auteurs que je viens de lire, ou relire et qui donnent une vision glaçante, mais très probable du futur proche
Bordage: "l'évangile du serpent", "les chemins de Damas" , "L'ange de l'abîme"
et Margaret Atwood :"La servante écarlate" et "Le dernier homme"
Oui, c'est la politique de la terre brûlée. On détruit tout, peu importe la désolation qu'on laisse dans son sillage.
C'est effrayant. Et on n'en voit pas l'isssue. Tout ce beau linge n'a aucune intention de faire marche arrière.
Merci pour les infos sur les bouquins à lire. Je vais partir à leur recherche de ce pas.
C'est pour ça que les "libéraux" ne voudront jamais d'une liberté de circulation entre pays. Garder des sans-papiers, c'est bon pour les affaire, ça fait des esclaves pour pas cher. La récente proposition de permettre aux patrons de demander la régularisation de "leurs" sans-papiers, sous couvert d'humanisme, donne surtout un pouvoir de plus aux patrons pour faire pressions sur les sans papiers qui bossent pour eux.
La liberté de circulation, ils nous l'avaient pourtant bien "vendue" quand ils voulaient nous fourguer leurs différents traités. Et je suis sûre qu'il y en a encore une majorité pour y croire.
Pourtant, elle s'éloigne chaque jour davantage avec tous les moyens qu'ils ont mis et vont mettre en place.
La biométrie, par exemple, qui va non seulement servir sur notre territoire, mais qui servira à remplir les bases de données des US, friands de ficher et de s'approprier tout ce qui bouge sur la planète.
Sur l'excellent site "Les mots ont un sens", une démonstration imparable de ce qu'est la biométrie: http://www.lesmotsontunsens.com/souriez-vous-etes-biometrise-video-biometrie-simulation-camera-reconnaissance-video.
Faire passer l'info.
Il est mignon Ron, il prend l'exemple de l'Afrique du Sud et de l'appartheid, alors qu'il à sous les yeux celui de son pays du temps de la Ségrégation, c'est pas si vieux quand même 1963. D'autant plus qu'il cause du Mississipi...
@ plop,
Pas si vieux, pas si vieux ... Tout de même! Le "Civil Rights Act" qui met fin à la ségrégation dans les lieux publics aux US date de ... 1964, c à d de ... 44 ans (bien plus d'une génération)! et le "Voting Rights Act" de 43 ans.
Alors que l'apartheid a été aboli en 1991. 17 ans, donc.
D'autre part, même si le résultat était similaire, la ségrégation n'interdisait pas les mouvements sur le territoire (même si les lieux publics et les commerces étaient séparés pour les Noirs et les Blancs et qu'il fallait savoir qui servait les Noirs quand ils se déplaçaient), contrairement à l'apartheid, et les populations n'étaient pas obligées d'avoir sur elles un passe qui portait la mention (officielle) "Black", "White" ou "Coloured" ("métis", appellation souvent arbitraire dont on pouvait être déchu, et qui donnait un peu plus - à peine, bien sûr - de droits dans la société blanche). les "Non-Whites" étaient assignés à un lieu de résidence spécifique (les townships, sortes de bidonvilles-ghettos aux abords des villes) et n'avaient le droit d'en sortir que pour aller travailler avec une autorisation en bonne et due forme. Les femmes employées comme domestiques dans les maisons de Blancs, par exemple, dormaient dans une cabane chez leurs employeurs et n'avaient pas le droit de recevoir leur famille qu'elles ne voyaient que si elles avaient un congé pour se rendre dans les townships.
Les Noirs aux US, eux, qui n'avaient pas à porter sur eux de document officiel, étaient différenciés au faciès (pas mieux, certes).
Voilà pourquoi, l'auteur a plus de raisons de comparer les immigrés aux US aux Non Blancs en A.du S.
Quant à l'obligation d'utiliser une seule langue sur les lieux de travail, faut pas aller aux états-unis pour trouver des exemples de ce genre de discrimination : une loi flamande l'impose en Flandre depuis quelques décennies déjà... eh oui, à la porte nord de la France...
Ah, hélas, la Flandre ... Quel gâchis. Je suis bien désolée pour la Belgique de cette situation inextricable, apparemment
En France aussi, cela pourrait bien arriver, avec les immigrés. Déjà le petit homme chafoin ne cessse de répéter qu'il faut que ceux qui veulent venir en France parlent français.
Le libéralisme est une philosophie inventée à la fin du XVIIIe siècle et au XIXe dans les pays anglo-saxon. Son moto est la disparition de l'Etat au profit de la liberté individuelle ; il est d'ailleurs étonnant de voir la proximité de certains libéraux avec l'anarchisme libertaire. Il serait donc faux de dire que le libéralisme est contre l'immigration, qui est un choix personnel par définition.
Le capitalisme boursier n'est qu'une pousse économique du tronc libéral ; la liberté individuelle n'y a jamais autant montré son vrai visage : le toupourrmapommisme.
J'aurais donc tendance à croire que leur politique xénophobe n'est qu'une concession à la vieille droite de la part des libéraux, pour rester au pouvoir. Sarkozy n'a peut être ostensiblement dragué les imbéciles du FN non par idéologie (il s'en fout royalement, si je puis dire, des pauvres), mais par pur calcul froid. Les libéraux n'ont rien contre les étrangers, c'est les pauvres et la notion de lutte des classes qu'ils exècrent (merci d'ailleurs pour l'article, cette notion y est flagrante. On ne voit pas souvent ce genre d'avis venant de l'Empire).
La seule entité respectée qui permettent une redistribution des richesses, une politique de solidarité, la constitution d'un groupe uni le plus large possible, la mise en place de mécanismes évolués comme la laïcité, l'éducation,la médecine sociale etc... est l'Etat. En voyez vous un autre qui fonctionne ?
Mais comme vous AUSSI êtes contre l'Etat et contre l'idée de nation, vous seriez en quelque sorte une libérale qui s'ignore ! ;D
Prenons l'exemple du PS : depuis qu'il est libéral, il a abandonné toute idée de reinventer l'Etat par une définition de gauche, et laissé le concept à la droite. Dire que le libéralisme est xénophobe, c'est dédouaner une partie "présentable" des libéraux. Tout cela pue encore la manipulation libérale du langage.