Planète d'esclaves
Par emcee le dimanche 18 mai 2008, 22:35 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
Ah, ils nous les ont bien vendus, leur mondialisation et leur
"libre-échange"!
A tel point qu'il y a une vaste majorité de gogos qui y croient encore dur
comme fers - fers invisibles de ceux qu'ils ont assujetti à leurs caprices et
leurs diktats.
Et ce n'est pas fini. Parce que, probablement, l'idée des prédateurs de la
planète et des sbires à leur solde c'est de laisser tomber à terme les pays du
sud et leurs miséreux pour s'en prendre aux populations des pays riches. Cela
permettrait de faire de nouvelles économies et, donc, encore des profits
juteux, en ayant des esclaves à portée de main, sans avoir à dépendre
d'intermédiaires peu fiables et de surcoûts pour les transports.
Pourquoi, sinon, s'acharneraient-ils à démonter les législations sur le travail
et à maintenir un volant substantiel de chômeurs et de traîne-misère?
Pourquoi démantèleraient-ils les services publics, si ce n'est pour précariser
tous ceux qui arrivent sur le marché du travail?
Pourquoi sucreraient-ils les diverses aides (indemnités chômage, sécu et
autres), si ce n'est pour imposer à chacun de gagner sa pitance coûte que
coûte, au prix qu'ils décideront, c'est-à-dire au plus bas?
Pourquoi réduiraient-ils l'éducation des masses à la portion congrue, si ce
n'est pour servir leurs besoins sans cesse inassouvis d'une main d'oeuvre peu
qualifiée (ou formatée selon leurs vœux), malléable et corvéable?
Ici, un article de Josh
Rosenblatt, du "Texas Observer", "Buy Some Stuff, Enslave
Somebody" publié le 27 décembre 2007.
Consommez, réduisez quelqu'un à l'esclavage
Dans les années futures, quand l'histoire de notre ère de la libre
entreprise sera étudiée avec le recul nécessaire, j'imagine qu'une des
expressions qui reviendront le plus souvent, sera " déni plausible".
L'histoire retiendra l'énorme fossé qui a été creusé entre les riches et les
pauvres, et l'indifférence presque générale aux mauvais traitements infligés
couramment aux travailleurs de pays moins bien lotis que le nôtre.
Au bout du compte, quand nous achetons un produit (un fruit, un nouvel
ensemble, un Ipod), combien d'entre nous réalisent ce qu'il a fallu pour qu'il
arrive jusqu'à nos assiettes, notre garde-robe ou nos poches?
L'économie mondialisée exige de plus en plus que les entreprises recherchent la
main d'œuvre la moins chère possible pour réaliser le maximum de bénéfices, et
pour encourager la croissance et la modernisation. Le libre échange a provoqué
l'explosion des inégalités au niveau mondial, laissant 2,8 milliards de
personnes avec moins de 2 dollars par jour pour vivre.
Nous dans l'occident riche, qui vivons et nous nourrissons grâce au fruit de
leur travail, pouvons sincèrement dire que nous n'avons pas conscience du pacte
avec le diable que nous avons scellé.
Ou si nous en avons réellement conscience, le problème nous paraît simplement
trop vaste pour être appréhendé dans son ensemble et nous ne nous estimons pas
qualifiés pour apporter des solutions, sauf à changer complètement de mode de
vie. Le mieux, en d'autres termes, c'est de ne pas y penser.
Cette indifférence délibérée, vous vous en souvenez peut-être, c'est la ligne
de défense derrière laquelle s'était abrité Michael Jordan pour justifier son
contrat avec Nike dans les années 90, au moment où l'entreprise était dans le
collimateur des associations de défense des droits des travailleurs pour avoir
employé illégalement des enfants dans les ateliers en Indonésie.
Cela ne me concerne pas, avait-il expliqué, Moi, je ne fais que porter les
baskets.
Ou prenez l'exemple du couturier Isaac Mizrahi, qui a accepté de créer une
ligne de prêt-à-porter abordable pour la chaîne Target. Quand on lui a demandé
s'il savait où ses vêtements étaient fabriqués, et par qui et dans quelles
conditions, il a répondu, "Je ne sais pas. Et cela ne ma regarde pas".
Et donc, cela n'étonnera probablement personne que quand Jonathan Blum,
vice-président des relations publiques de Yum! Brands Inc. (qui
regroupe des enseignes comme Taco Bell, Kentucky Fried Chicken et Pizza Hut) a
appris que son groupe travaillait depuis des années avec un producteur de
Floride qui sous payait scandaleusement sa main d'oeuvre à majorité
clandestine, il a déclaré: "Bigre! Je regrette, mais je ne pense pas que cela
ait quoi que ce soit à voir avec nous".
Les ouvriers agricoles du producteur sous-traitant ramassaient les tomates dans
des conditions de travail épouvantables, sans avoir le droit de se syndiquer,
sans accès aux droits fondamentaux, sans couverture sociale et sans
indemnités.
Si des gens célèbres comme Jordan et Mizrahi peuvent venir dire devant une
caméra qu'ils n'étaient pas concernés par la "responsabilité raisonnable",
pourquoi le porte-parole d'un grand groupe financier comme Blum n'en ferait-il
pas de même?
Et c'est ce milieu qu'a découvert par hasard John Bowe en
2001.
Bowe, qui collabore régulièrement avec le New Yorker, le
New York Times Magazine, et participe à l'émission
"This American Life" à la radio publique nationale, se
trouvait en Caroline du Nord pour préparer son livre "Gig: Americans
Talk About Their Jobs" ("Emploi: les Américains parlent de leur
travail") quand il a appris qu'une association locale dans le sud de la Floride
avait découvert un trafic d'êtres humains dans les orangeraies.
Fasciné, Bowe s'est rendu dans la petite ville de Lake Placid,
où des bruits couraient sur un producteur d'oranges du nom de Ramiro
Ramos.
Surnommé "el Diablo", Ramos avait travaillé avec certaines des plus
grandes marques du secteur agroalimentaire, parmi lesquelles Tropicana de
Pepsico, Minute Maid de Coca-Cola, McDonald's, Wendy's et Wal-Mart.
Il était devenu de notoriété publique qu'il employait illégalement des
saisonniers mexicains et qu'il utilisait la manipulation, les pressions
financières, les menaces d'expulsion et même la violence (pouvant aller
jusqu'au meurtre) pour conserver une main d'œuvre asservie, essentiellement non
rémunérée et terrorisée, et qui avait peu ou pas de recours légal possible dans
la législation américaine.
Choqué d'apprendre que l'esclavage existait toujours aux Etats-Unis près de 140
ans après la ratification du 13° Amendement, Bowe s'est retrouvé à se poser une
longue litanie de questions pour lesquelles il n'avait pas de réponse:
Comment ceci pouvait avoir lieu en Amérique? Etait-ce courant? Comment les
gens pouvaient-ils ignorer cette situation? Et celle qui lui donnait le
plus à réfléchir: "Quelle impression cela fait de consommer au petit déjeuner
ce qui constitue le malheur d'un être humain?".
"Nobodies: Modern American Slave Labor and the Dark Side of the New
Global Economy " ("Des moins que rien: l'esclavage moderne en
Amérique et la face cachée de la nouvelle économie mondiale") est la
réponse de Bowe à tout cela.
Le livre s'intéresse aux ramasseurs de fruits dans le sud de la Floride, aux
soudeurs indiens à Tulsa, Oklahoma, et aux ouvriers du textile et aux esclaves
de l'industrie du sexe asiatiques à Saipan, l'île minuscule du
Commonwealth américain (des îles Mariannes du Nord) dans l'Océan
Pacifique.
A la fois journaliste et militant (il cite un grand nombre d'exemples
concrets et de récits authentiques tout en exprimant son indignation), Bowe
cherche à montrer clairement le lien entre l'expansion du marché mondial (qui
promet des marchandises bon marché, un taux élevé de l'emploi, et la paix) et
le nombre croissant de personnes qui, sur toute la planète, vivent dans la
misère, condamnées à passer leur vie à procurer des marchandises ou des
services à ceux qui sont nés dans des milieux plus favorisés.
(…)
Plus qu'un témoignage sur l'existence de l'esclavage aux Etats-Unis,
"Nobodies" est une mise en accusation de la nouvelle économie mondiale
et de tous ceux (dont lui-même) qui en bénéficient tout en oubliant
opportunément ceux qui n'en profitent pas.
Ce nouvel esclavage, a découvert Bowe, n'est pas tout à fait comme l'ancien
(dans certains cas, il est plus sinistre, plus subtil, et plus difficile à
définir).
Si, comme Bowe, vous vous demandez comment l'esclavage peut encore sévir dans
un pays qui se glorifie de liberté, de dignité humaine et de droits des
travailleurs, la réponse réside dans la définition du terme lui-même.
A Lake Placid, par exemple, les ouvriers agricoles n'étaient pas enchaînés les
uns aux autres ou enfermés à double tour dans leur chambre la nuit. Ils
n'étaient ni vendus ni achetés.
Il n'y avait pas de textes officiels qui leur conféraient un statut
inférieur.
En théorie du moins, ils étaient libres d'aller et venir comme bon leur
semblait.
Ceux qui étaient là étaient venus de leur plein gré.
Et donc, Bowe s'est demandé: "Peut-on véritablement parler
d'esclaves?".
Et il en conclut que oui.
Dans cette nouvelle économie mondiale, où les frontières sont devenues
flexibles et où la main d'œuvre bon marché est devenue la base de la réussite
des entreprises, les travailleurs comme ces Mexicains en Floride étaient soumis
à une forme nouvelle d'esclavage.
Ils n'étaient pas fouettés, mais ils étaient soumis aux pressions. Entassés
dans des logements sommaires, loin de toute civilisation, ils étaient gardés
par des hommes armés. Ils n'étaient pas battus mais ces hommes (déjà redevables
du trajet entre le Mexique et l'Arizona, puis vers la Floride) vivaient sous la
menace: on leur disait que s'ils partaient avant d'avoir fini de rembourser
leurs dettes, ils seraient renvoyés dans leur village ou leurs bidonvilles
misérables.
Ces négriers modernes n'avaient besoin ni de chaînes ni de fouets; ils savaient
que, pour que leurs ouvriers agricoles se tiennent tranquilles, il suffisait de
leur faire peur en les menaçant de les faire replonger dans la misère noire ou
de les renvoyer dans leur pays.
"Nobodies" abonde de ces récits d'horreurs.
Bowe a interviewé des soudeurs indiens attirés en Oklahoma par un fabriquant de
réservoirs de stockage de raffineries de pétrole.
Ayant hypothéqué leur avenir pour gagner des salaires américains, ils
découvrent que les contrats qu'ils ont signés en Inde ne sont pas exécutoires,
qu'ils débutent avec des sommes énormes à rembourser à leurs nouveaux
employeurs et qu'ils seront payés bien en dessous du salaire minimum.
Et qu'ils vont devoir vivre dans des conditions inhumaines et être menacés par
leurs surveillants. Des surveillants, d'ailleurs, qui conservent leurs visas et
leurs passeports et peuvent les mettre à tout moment dans un avion pour l'Inde
sans leur donner un centime.
Parallèlement, la vie d'esclave à Saipan (où les conditions de
travail sont épouvantables, les zones urbaines sinistres, les taux de viols
élevés, la prostitution forcée, etc.) ferait passer la vie à Lake Placid ou à
Tulsa pour une existence de rêve.
Mais ça, c'est Saipan. La plupart d'entre nous serions incapables de la
localiser sur une carte des îles Mariannes du Nord et encore moins de prétendre
que nous avons quelque notion des conditions socio-économiques de l'île, voire
d'imaginer qu'elle ait un quelconque lien avec nous. C'est le fameux effet
"déni plausible" ; nous ne savions pas ce qui s'y passait et même
si c'était le cas, que pouvions nous véritablement y faire?
Dans sa conclusion, Bowe explique que ce qu'il faut, c'est admettre que la
mondialisation ne marche pas pour les 95% de la population mondiale qui vivent
dans la misère. La "main invisible" du marché n'est ni éclairée, ni morale et
elle doit être modérée par une législation du travail au niveau mondial (avec
un salaire minimum, des semaines de 40 heures, la couverture médicale et le
droit à l'éducation garantis pour tous) non pas tant pour que nous puissions
dormir sur nos deux oreilles la nuit sachant que les déshérités de cette terre
ne le sont pas à cause de nous mais pour une raison plus importante:
l'injustice sociale et les inégalités ne peuvent perdurer que jusqu'à ce que le
désespoir de ceux qui sont au bas de la pyramide les pousse à réagir. (…)
Josh Rosenblatt est un écrivain qui vit à Austin.
NB: A la fin de l'article, Bowe (et l'auteur
de l'article avec lui) semble estimer que laisser se développer de telles
disparités entraînera forcément de la violence (voir la montée du
fondamentalisme islamique ou la prolifération des gangs de détenus au
Brésil ) et que, donc, le marché mondial doit les prendre en compte si
nous ne voulons pas finir assassinés. Ou quelque chose d'approchant.
Une réflexion que je considère bien sommaire et simpliste sur un phénomène
beaucoup plus complexe que cela (et qui ne touche pas seulement les esclaves
modernes, essentiellement immigrés clandestins, mais également des couches de
plus en plus importantes des populations même dans les pays occidentaux).
D'abord, l'auteur ne remet pas vraiment en cause la fameuse "main invisible" du
marché mais demande une uniformisation des droits des travailleurs au niveau
mondial. Ce qui est une aberration, évidemment, l'une étant incompatible avec
l'autre.
D'autre part, dire: luttons contre l'esclavage moderne pour éviter qu'ils s'en
prennent à nous, me semble relever de la naïveté – ou du cynisme occidental.
Mais j'extrapole peut-être.
En revanche, le reste de l'article soulève différents thèmes de
réflexion:
- L'esclavage à deux pas de chez nous;
Aux US, certes, comme ici et là , mais aussi
en Europe:
L’Union Européenne et l’immigration. Le GS.
Une sous-espèce à
jeter après usage
Dans le sud de l'Italie,
les travailleurs saisonniers sans papiers venus d'Afrique et de l'Europe de
l'est endurent les pires souffrances.
- La mondialisation et la loi du marché des plus
forts
Les grands groupes, aidés en cela par les gouvernements fantoches qu'ils ont
mis en place partout dans le monde, s'abattent sur les matières premières et
les terrains agricoles des pays pauvres, changent les donnes, affament les
populations qui, aux abois, cherchent à émigrer dans les pays dits "riches" et
… se retrouvent évidemment face à un … mur.
Les désespérés qui passent entre les mailles des filets sont exploités
honteusement, voire réduits à l'esclavage. Ce ne sont plus que des êtres
traqués de toutes parts.
L'Amérique du sud a longtemps été le terrain d'exploitation
des Etats-Unis. Le Mexique en première ligne.
Voir comment cela se passe aujourd'hui:
Astres et désastre de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) Le jour où le Mexique
fut privé de tortillas.
Monde diplo.
Et aussi: La famine mondiale
par Michel Chossudovsky
Mondialisation.ca, le 4 mai 2008
La famine est le résultat d'un processus de restructuration en
« marché libre » de l'économie mondiale qui prend ses assises dans la
crise de la dette du début des années 1980. Ce n'est pas un phénomène récent,
tel qu'il a été suggéré par plusieurs reportages des médias occidentaux, en se
concentrant strictement sur l'offre et la demande à court terme des produits
agricoles de base.
La pauvreté et la sous-alimentation chronique sont des conditions qui
préexistaient avant les récentes hausses des prix des produits alimentaires.
Ces derniers frappent de plein fouet une population appauvrie, qui a à peine
les moyens de survivre.
Des
émeutes de la faim ont éclaté presque simultanément dans toutes les grandes
régions du monde …
Et chez nous, dans la Douce France?
Plus de 300000 personnes qui battent le pavé dans toute la France pour
protester contre les suppressions de postes dans l'EN et le prez, qu'est-ce
qu'il fait?
Il ignore la question et vient nous bassiner à la télé avec un problème
marginal: la garderie pour enfants.
Il va faire une loi, là-dessus, évidemment. Qui partira comme les autres au
cimetière des lois qu'il a pondues ou fait pondre depuis 2001.
Encore une mauvaise réponse. Son souci, ce n'est pas de faire instruire les
enfants toute l'année par du personnel formé, mais de les faire garder à
l'occasion par n'importe qui. C'est dire la haute considération qu'il porte à
l'Education.
Pauvre débile.
Je rêve, ou c'est un cauchemar?
Pire encore: pour relancer le pouvoir des chats, une seule
solution: multiplier les supermarchés.
Voilà encore une idée qu'elle est bonne. Même un gamin de quatre ans
comprendrait tout de suite que ce n'est pas la solution au problème.
En effet, pour faire baisser les prix, il faut squeezer tous ceux qui font
partie du maillon de la chaîne.
Et d'abord les producteurs. Ce qui veut dire que les petits producteurs, ne
pouvant pas s'aligner, disparaîtront et que les agro-industriels tacleront côté
main d'œuvre (voir plus haut) et qualité des produits s'ils veulent conserver
leur marge.
Faire baisser les prix, c'est s'en prendre aux travailleurs de tous les
secteurs, depuis les usines de production jusqu'aux employés de
supermarchés.
Multiplier les grandes surfaces, c'est condamner le commerce de proximité,
imposer encore et encore la voiture comme mode de transport, vider les
centres-villes, abandonner les personnes âgées, les pauvres et les handicapés à
leur triste sort. Mais au train où ça va, on est tranquilles: ils seront morts
avant.
Alors? On parle du pouvoir d'achat de qui, grosse truffe? Du "petit peuple" ou
des bouffis qui t'ont assis sur ton trône de merde?
Allez, ah! Tu me débectes. Et ta clique d'abrutis aussi.
Quand je pense qu'Attali s'est prêté à cette mascarade.
Enfin, "prêté", je veux dire "vendu".
Mais il n'est pas à ça près lui non plus.
Commentaires
C'est très vrai tout ça : l'économie de marché ne marche pour une minorité de personne qu'en contrepartie d'une grosse majorité qui en souffre, mais comme ils sont loin, on n'y pense pas. Et interdiction de remettre en cause le système, d'en faire la moindre critique ou de chercher des alternatives, même le PS vient d'inscrire l'économie de marché comme un de ses principes fondateurs.
Mais a force de vouloir le généraliser partout, de creuser de plus en plus les écarts au point que même dans les pays les plus riches, la pauvreté commence à se faire sentir, ça risque de péter un jour... Reste à espérer qu'il ne sera pas trop tard...
D'accord aussi sur Sarkozy : prétendre que le problème, c'est le manque de concurrence, c'est du foutage de gueule total. En gros, ça revient à dire que si la "concurrence libre et non faussée" ne marche pas, c'est qu'on n'en a pas assez, donc on va en rajouter. Ridicule, et désastreux.
A propos de la garderie pour enfants : le Figaro a fait un sondage, la semaine dernière, avec cette proposition de remplacer la grève par le port d'un brassard de protestation (c'est un rêve récurrent du Figaro).
Il y a eu une soixantaine de pourcent d'opinions favorables.
Le service minimum n'est pas autre chose, puisque la grève n'y est plus un combat dant le plus fort sort vainqueur, mais une forme d'expression plus ou moins démocratique.
Ne nous plaignons pas que la droite nous sucre le droit de grève, en le rendant sinon illégal, du moins illégitime : car ce sont nos propres syndicats qui, de journées d'avertissement en journées de luth ont transformé la grève, qui était une forme de combat, en manifestation protestataire.
Sarko ne fait que formaliser ce que la gauche domestique a créé.
@ Leo: on est bien d'accord sur tout
gg, tu as raison: si on en est là, c'est qu'on a été entraînés là. Les grèves de 24h décidées en haut lieu des semaines à l'avance à une date aléatoire, juste pour montrer les biceps, n'ont rien fait pour crédibiliser les luttes légitimes. Et puis à part les quelques protestations d'usage, les dirigeants syndicaux refermeront bien vite leur clapet sur le service minimum.
Et cela leur évite à eux aussi de parler du fond du pb.
Tiens, X-ième grève un jeudi: ce ne serait pas pour décourager les foules, ça?
Quant au sondage avec 60% de favorables, je suis surprise qu'il n'y en ait pas eu bien plus. M'étonnerait que 40% du tout-venant sondé se soient prononcés contre (en ayant réfléchi aux tenants et aboutissants d'une telle mesure démagogique, donc).
La question devait être mal posée. Comme d'hab.
Quant aux brassards, encore l'expression du cynisme à l'état pur.
Cette droite haineuse et liberticide veut interdire toute liberté d'expression et toute contestation visible. Voir ici: http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article2688
L'idée vient d'en haut: c'est doubleV qui a inauguré cela. Dès 2002. Rien d'étonnant, non?
Ce type (je parle du péquélé) va droit à l'essentiel : la télé.
Il se fout éperdument de ce qui se passe, on peut le maudire, le huer, du moment que c'est pas devant les caméras, il laisse faire.
Mais dès que la télé se pointe, rideau! On confisque les banderoles, les autocollants, on fout les gueulards en garde à vue, on installe un cordon sanitaire autour du champs de la caméra.
Notre chance, ce à quoi nous devons notre liberté assez grande encore, c'est que les journalistes n'osent pas nous montrer quand on râle.
Mais s'ils s'avisaient de faire leur boulot, comment qu'on nous tomberait sur le râble, pour nous faire taire!
Oh, non, il n'y a pas que ça! J'ai assisté à une de ses visites: il y a des flics partout qui traquent les contestataires parce qu'il ne supporte pas la contradiction (pas de banderoles, pas de slogans, seulement des supporters enthousiastes). Pour son image médiatique, peut-être, mais c'est surtout dans son caractère. Il estime qu'il est tout-puissant et que personne n'a le droit de le contester. Il n'y a qu'à voir avec quelle morgue il se comporte avec ses "collaborateurs". Et les noms d'oiseaux qu'il leur donne.
En tant que vieux briscard de la politique, il devrait être blindé et avoir appris à ignorer les cris des manifestants, mais non, il va à l'affrontement. Caméras ou pas.
Aucune envergure.
... "péquélé"? ... Was ist das?
Ah bon?
C'est bien possible : je me fais de ces gens une idée trop gentille, sans doute (je les crois normaux, c'est ma faiblesse).
Péquélé, c'est le petit, dans le Gard (et les gosses c'est les pèques). On ne dit pas pitchoune.
Eh oui, un grand tendre!

A moins que ce ne soit moi qui sois cynique ...
Pas impossible ...
Résonance ces jours-ci avec deux conflits : les routiers et les pêcheurs. On ne parle que d'une chose, le prix du carburant. Aucun journaliste pour s'interroger sur l'activité elle même. Le carburant est trop cher ? Donnons des aides ! Et oui, car quel que soit le carburant, il semble évident que la pêche comme le transport routier doivent continuer de croître sans fin !
Les grandes surface et leurs centrales d'achat n'en ont de toute façon rien à foutre, elles continueront à étrangler les prix à la source, et comme elles sont libres comme le vent, elles décident de l'organisation de notre production agronomique, et c'est en soi une connerie monumentale !
Accepter de regarder plus loin que l'objet entre nos mains, accepter de remettre en cause la consommation comme but ultime... on croirait entendre des gauchistes !

excellent billet qui résume bien la situation!
Et j'en profite aussi pour dire que j'aime beaucoup le nouveau bandeau d'en-tête de votre blog! volumineux mais vraiment beau!
@ coco
Exactement! On a laissé progressivement les lobbies s'occuper de notre alimentation et voilà où on en est! Moins de 1% de cultures bio, le tout-pétrole, les insecticides, l'essence, et, depuis hier soir, les OGM, etc.!
C'est atterrant! Quand on pense que certains ont cru au Grenelle!
OGM? voir ici: http://rl-blogue.blogspot.com/2008/05/ogm-for-ever.html
@ Roland,
Merci beaucoup. Le bandeau, c'est une photo que j'ai prise moi-même. Mais je n'ai pas pu la réduire en largeur. Quand je le faisais, la tourterelle était toute aplatie
Il y a probablement une solution, mais il faut que je demande à un (e) spécialiste.
Oui, tout à fait. J'ajouterais que pas de mal de signes(crise finacière, prix du pétrole..) m'indique que le système n'est pas loin de craquer.
Le coup des grandes surfaces est assez ridicule quand on sait que notre pays en compte plus que ses voisins...
Pas loin de craquer? Certes, ça craque de toutes parts, mais ils retombent toujours sur leurs pattes, non?
J'espère être pessimiste.
Y a des jours, comme ça ...
Oui, le problème des crises, c'est qu'ils parviennent à les faire supporter par les plus basses couches de la population, et en profitent au passage pour déclarer que si le libéralisme ne marche pas, c'est parce qu'on en fait pas assez, et donc faire pire.
L'un des hommes politiques, réputé parmi les plus intelligents, a dit, il a vingt-cinq ans :« le socialisme çà ne marche pas »
Et le libéralisme ? çà dure plus longtemps mais çà se termine toujours mal, souvent par une guerre.
D'ailleurs, un gouvernement socialiste a-t-il jamais existé ?
J'aime bien vous lire, mais ces caractères me font tellement mal aux yeux que j'arrête après 20 lignes. Dommage, mais continuez!!
@ Mone: en effet, le libéralisme ne se contente jamais de ce qu'il a: il lui faut toujours conquérir. D'où les guerres et les pillages.
@ Pat: désolée pour vos problèmes de vue. Peut-être les caractères sont-ils trop petits? Je ne sais pas si je peux y remédier sans faire de bêtises. Je vais essayer.