Connaissez-vous le port de Guiyu?
Guiyu, c'est un petit port dans le sud-est de la Chine à deux-trois heures de Hong Kong .
C'est là qu'arrivent une grande partie des déchets électroniques des Etats-Unis, du Japon et du Royaume-Uni.

Article (les illustrations ont été ajoutées):

La Chine est notre dépotoir électronique

photo:
Des femmes trient les fils qui ont été arrachés des ordinateurs. Triés le jour, ces fils sont brûlés la nuit à l'endroit même où vivent les familles.
Guiyu, China. December 2001''. © Basel Action Network2006

Les Etats-Unis envoient jusqu'à 80% de leurs déchets électroniques toxiques en Chine, tout en réalisant des bénéfices par la même occasion.
La route qui permet de transporter des produits nocifs de la Chine aux Etats-Unis, n'est pas à sens unique. L'Amérique expédie vers la Chine jusqu'à 80% de déchets électroniques (des ordinateurs, des téléphones cellulaires, des télés, et autres articles mis au rebut). L'an dernier seulement, les Etats-Unis ont exporté assez de déchets pour recouvrir un terrain de foot et sur une hauteur de plus d'un kilomètre et demi.
Alors, tandis que les médias enfourchent leur cheval de bataille sur la peinture au plomb (le danger que représentent les produits fabriqués en Chine), ayez donc une pensée pour les travailleurs chinois qui meurent pour nous débarrasser de millions de tonnes de saloperies toxiques.
La plupart des déchets atterrissent dans la petite ville portuaire de Guiyu, une ville à activité unique située à quatre heures de Hong-Kong et qui empeste les fumées acides et le plastique en combustion. Ses rues étroites sont bordées de 5500 petits ateliers de récupération appelés par euphémisme "recycleurs". Ils emploient 80% des familles de la ville (plus de 30.000 personnes) qui récupèrent le cuivre, l'or et d'autres métaux précieux sur 15 millions de tonnes de déchets électroniques.

Guiyou-electro-www.jpg
En haut, une femme s'apprête à briser un tube cathodique de moniteur d'ordinateur pour récupérer le plomb à l'intérieur. Encore plus dangereux: l'inhalation de la poudre de phosphore qui recouvre l'intérieur.
En bas: Une imprimante recouverte de plastique brûle à ciel ouvert.
© Basel Action Network 2006
Source
Guiyou, Chine

Sans masque ni gants, les ouvriers de Guiyu trempent les cartes mères dans des bains d'acide, arrachent et broient les boîtiers en plastique des moniteurs et font griller leurs composants au-dessus de braseros.
Ils sont exposés à des lésions cérébrales, des problèmes pulmonaires, des malformations congénitales à cause des toxines carcinogènes comme le plomb, le mercure, le cadmium et les retardateurs de flamme bromés, ainsi qu'à la dioxine à des doses jusqu'à 56 fois supérieures aux normes admises par l'OMS. Quelque 82% des enfants de moins de 6 ans souffrent de saturnisme.
Alors que les ouvriers touchent un à trois dollars par jour en s'exposant à une mort précoce, le secteur du "recyclage" (à la fois aux Etats-Unis et en Chine) rafle des bénéfices substantiels. Non seulement les exportateurs américains, évitent le recyclage propre imposé aux Etats-Unis, mais ils se font du fric en vendant leurs déchets à l'étranger.
Une fois désossés, les ordinateurs contiennent plus d'or par tonne que 17 tonnes de minerai d'or et les circuits imprimés peuvent comporter 40 fois plus de cuivre que le minerai. Ne serait-ce qu'à Guiyu, les ouvriers récupèrent 5 tonnes d'or, une tonne d'argent pour une somme estimée à 150 millions de dollars par an.
De nombreux exportateurs américains prétendent qu'ils recyclent et non pas qu'ils se débarrassent.
Mais une enquête effectuée par le GOA (Government Accountability Office, organisme qui contrôle les actions du gouvernement) conclut qu'il est difficile de vérifier si les produits électroniques usagés qui sont exportés sont effectivement destinés à être réutilisés, ou s'ils sont en fin de compte traités avec précaution une fois qu'ils quittent les côtes américaines".
Il est interdit aux pays développés d'envoyer leurs déchets toxiques dans les pays en développement depuis la Convention de Bâle, traité international de 1992 qui a été ratifié par tous les pays industrialisés … sauf par les Etats-Unis.
N'ayant pas à appliquer la loi internationale, n'étant pas contrôlés par Washington, les intermédiaires américains portent simplement la mention "recyclable" sur les déchets électroniques et les expédient dans les endroits où les lois environnementales sont laxistes, où les pouvoirs publics sont corrompus et où la population est extrêmement pauvre.
La Chine répond à ces trois critères à la fois. Et une caisse d'emballage avec un billet de 100 dollars scotché dessus se faufile aussi facilement qu'une anguille dans le port de Guiyu.
Les déchets électroniques s'avèrent être un parfait créneau dans le commerce entre la Chine et les Etats-Unis. L'appétit insatiable de l'Amérique pour les produits chinois bon marché a créé un déficit commercial qui a dépassé les 233 milliards de dollars l'an dernier. Alors que les déchets électroniques ne pèsent pas bien lourd pour combler ce déficit, ils contribuent à garantir que les bateaux qui transportent les marchandises jusqu'aux rayons de Wal-Mart ne repartent pas à vide pour la Chine.

La Grande Bretagne, après avoir détruit l'industrie textile locale en Inde et avoir appauvri les tisserands du pays, a inondé sa colonie de textiles venant d'Angleterre sur des bateaux anglais. La flotte de la Compagnie Britannique des Indes orientales se rendait alors en Chine pour acheter du thé, de la soie et d'autres marchandises pour assouvir l'appétit des Européens pour les produits de luxe "exotiques".
Mais comme peu d'articles provenant d'Europe ou de l'Inde intéressaient les Chinois, les bateaux voyageaient à vide, constituant, donc, un manque à gagner sur le côté du triangle Inde-Chine. Cela, jusqu'à ce que l'Angleterre force les paysans indiens à cultiver de l'opium, avec pour résultat de faire plonger la population dans la famine à grande échelle à cause du détournement des terres cultivables.
La flotte marchande a alors chargé les bateaux d'opium, introduisant celui-ci de force en Chine par le port de Canton. Comme l'opium était interdit en Chine, la Grande Bretagne a déclenché une guerre en 1839 pour forcer Pékin à accepter cette drogue.
Et en 1905, plus d'un quart de la population masculine en Chine était dépendante de l'opium.
Aujourd'hui, ce sont les Américains qui sont dépendants des articles à bas prix venant de Chine. Et ce sont les politiques de notre propre gouvernement et les entreprises privées qui nous poussent au vice.
Le marketing habile et le fétichisme des consommateurs incitent les Américains à acheter les articles les plus récents, les plus légers, les plus importants, les plus petits, les plus rapides, les plus courus. Et même si vous n'êtes pas accro aux derniers gadgets sortis, il est impossible de faire réparer ou mettre à niveau les anciens appareils.
Le demi milliard d'ordinateurs dont nous nous sommes débarrassés ces dix dernières années doivent bien trouver une destination et les expédier en Chine ou dans d'autres pays pauvres, c'est une solution gagnant-gagnant pour l'industrie chinoise et américaine.
Quant à nous, populations de ces deux pays, nous pouvons toujours nous consoler en appréciant l'ironie qui fait que les même bateaux qui transportent vers l'Amérique des jouets et des denrées alimentaires dangereux repartent avec des déchets électroniques mortels pour les Chinois.

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Documents annexes

Vidéo France 2 sur Guiyu
http://ma-tvideo.france2.fr/video/i...

Vidéo en anglais (avec cartes du trafic):


E-Waste: Dumping on the Poor 电子垃圾污染穷国

Recyclage des déchets (électroniques) en Chine 10 septembre 2006.

Danger! L'informatique, ça pollue!
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Note perso:

Tout est dit. Rien à rajouter à l'article et aux documents annexes. Si ce n'est que ça fait froid dans le dos.

Droit des êtres humains, droit du travail, etc. tout cela est foulé aux pieds par des pourritures qui, pour faire du profit, n'hésitent pas à contourner les lois et à corrompre les intermédiaires. Et cela, au vu et au su des gouvernements qui ferment les yeux.

Alors ...

Droits de l'homme? la belle excuse, hein!

Les Droits de l'Homme, qui ont fait l'objet d'une Déclaration Universelle adoptée le 10 décembre 1948, sont un prétexte bien pratique pour dénoncer ceux qu'on veut stigmatiser et/ou assujettir. La Chine, Cuba, l'Afghanistan, l'Iran, la Somalie, l'Irak …
Et puis, ça donne bonne conscience aux gogos. L'impression qu'on vit dans un paradis, aussi.

Mais les Droits des êtres humains ne sont pas à géométrie variable, ni une vue de l'esprit et ne s'arrêtent pas à quelques cas particuliers.
Ces droits devraient concerner tous les pays, démocratiques ou non.
Ce qui veut dire que les états dits "démocratiques" ne sont pas au-dessus des lois et ne peuvent se poser en donneurs de leçons tout en poursuivant leurs activités illicites.
Or à l'heure actuelle, il est plus rapide de faire la liste de ceux qui appliquent ces principes (si on en trouve).
Tiens, d'ailleurs, sauriez-vous en citer un ou deux?
Et puis, c'est devenu très tendance de dénigrer ceux qu'ils appellent les "droitsde l'hommistes" .
Naguère, c'était le pré-carré de l'extême droite.

Mais revenons à la Chine

Les derniers épisodes concernant les Droits de l'Homme et surtout du Tibétain montrent bien l'hypocrisie des pays occidentaux et leurs indignations bien ciblées.
Bien cachées derrière leurs hommes de paille, les puissances occidentales lancent un avertissement à la Chine.
Pendant ce temps, les dirigeants, eux, se taisent, tergiversant sur leur présence à la cérémonie d'ouverture des JO. Ou envoyant au feu, comme en France, leur troisième couteau, leur marionnette des droits de l'homme, pour ensuite démentir ses déclarations.
Pourquoi donc? Parce qu'il ne faut pas énerver la Chine plus que nécessaire, évidemment. Juste montrer les dents. Faire les gros yeux.
Il ne s'agirait pas de couper les ponts et de se voir couper les vivres, hein?
Alors, au lieu de s'en prendre aux violations effectives des droits de l'homme, on mise tout sur le Tibet. (voir ce document fort complet et fort intéressant sur le Tibet ). Le Tibet, ça parle aux Occidentaux, avec le souriant Dalai lama et les adeptes bobos du bouddhisme tibétain.

Le Tibet: entre 25 et 40% de la superficie de la Chine (et ainsi, si le Tibet devenait indépendant, la Chine en serait amputée d'autant. Voyez l'idée qui germe?).
Les Tibétains: 2,4 millions de Tibétains habitant dans la Région autonome du Tibet (92% de la population), plus un million dans la province du Qinghai (22,5 %), 455 000 dans la province du Sichuan (53,7 %), 353 000 dans la province de Yunnan (33,1 %) et 643 000 dans la province du Gansu.
Si on compte, cela fait 5 à 6 millions d'âmes réparties dans un pays qui en compte … UN MILLIARD 300 000.
Cherchez l'erreur.
Cela voudrait-il dire qu'il n'y aurait qu'une poignée d'êtres humains appartenant à une ethnie bien précise qui serait victime de la politique répressive du gouvernement chinois?
Ou bien encore cela voudrait-il dire que les pays occidentaux n'auraient connaissance que des abus commis au Tibet, faute d'être informés sur les 995 millions restants?
Pourtant, une simple recherche dans Google pourrait leur apporter quelques éléments de réponse.

Par exemple,
Savez-vous combien il y a d'ethnies en Chine? Allez, un chiffre!
CINQUANTE-SIX! Eh oui. Si les Han représentent 91,6% de la population nationale, il y a, selon le 5e recensement national en 2000, 18 ethnies qui ont une population dépassant 1 million d'habitants, dont les Zhuang avec 16,179 millions d'habitants.

La vie en Chine, quelques exemples:
Dix problèmes de droits humains en Chine
(mais, rappelons-le, pour les étourdis: Bush vient de supprimer la Chine de sa liste des "pires violateurs des DDH". Bush n'a peut-être pas internet? )
Les ouvriers migrants du bâtiment victimes d’abus à Pékin

La face cachée de la Chine: l’accouplement du néolibéralisme et du communisme
La face cachée de la Chine, ce sont ces millions d’ouvriers licenciés des usines d’État, massivement mises en faillite à partir du milieu des années 1990 et qui représentent quelques dizaines de millions de laissés-pour-compte. Ce pays de désolation, de chômage et de misère ne ressemble en rien à cette Chine que la plupart des reporters occidentaux nous présentent comme un miracle issu de la mondialisation. La suite … ici

Les droits des travailleurs:
Explosion d'une mine en Chine
et: Mineurs en Chine

Expulsion manu militari de populations entières
Villageois expulsés
Des expulsions massives en vue des vertueux Jeux Olympiques:
13 000 personnes expulsées par mois à l’approche des JO de Pékin
(06.12.2007)
Pékin démarre une campagne anti-mendiants
(4/1/2008 )
Et puis le travail des enfants.
La peine de mort et le reste.
Vous avez entendu parler de tout cela par tous les pitres qui se réclament des Droits de l'Homme?
Alors, si on parlait SERIEUSEMENT des droits de l'Homme en Chine?
Des méthodes brutales pour réprimer les Tibétains, certes, mais en n'occultant pas opportunément tout le reste, partie immergée de l'iceberg.
Ou alors, serait-ce que nous serions manipulés? Que les droits de l'homme, ce serait juste pour nous faire gober autre chose?
Un peu comme les armes de destruction massive, quoi.
Noooon!
Ce n'est pas possible!
Et si, c'est possible, puisque c'est déjà arrivé.
Les médias occidentaux ricanent: ils pilonnent que le gouvernement chinois et les médias manipulent la population pour qu'elle aille protester contre la position de la France sur le Tibet devant des magasins Car**four dans plusieurs villes de Chine .
Je ricane: les dirigeants et les médias français (et occidentaux) n'ont, là encore, aucune raison de pavoiser sur l'objectivité de l'information dans leur pays.
La preuve.
(Tiens, c'est un peu hors sujet, mais j'ai lu que tous les magasins Car**four de Chine ont ouvert leurs portes jeudi 1er mai, jour férié. Bravo pour le respect des travailleurs et l'"éthique" des pays occidentaux et de la France en particulier!).
Epilogue:
J'aurais aussi pu parler de l'immense hypocrisie des JO, de ce soi-disant rassemblement des peuples (orchestré encore par l'Occident), du massacre des 200 à 300 étudiants à Mexico dix jours avant les Jeux qui n'a provoqué aucune réaction internationale (et encore moins un boycott) et de ces deux athlètes noirs qui ont levé le poing sur le podium et ont été bannis à jamais de la compétition, du mythe Coubertin, dont le but était de montrer la supériorité de la "race" blanche, des Jeux de Berlin et de bien d'autres choses encore.
Je finirai avec quelques liens très intéressants sur la question tibétaine et qui changent de ce qu'on nous serine dans les médias occidentaux:
http://alainhubler.wordpress.com/20...
http://www.aacwiki.fr/phpBB/actuali...
El Ryu

Et voir absolument cette vidéo:

Free Iraq?
Free Tibet? Very good cause!
Impressionnant


Free Iraq, Free Tibet, Very good cause!!