Floride: La tomate de la honte
Par emcee le vendredi 25 avril 2008, 12:50 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
Les gros producteurs de tomates qui emploient des ouvriers agricoles,
souvent immigrés, souvent latinos, à des tarifs extrêmement bas refusent que
ces saisonniers perçoivent un centime de plus par livre (~ ½ kg)
récoltée.
Un centime payé non pas par eux, mais par les clients.
Qui, eux, pourtant, sont majoritairement d'accord.
Argh, les lobbies agricoles, on ne peut pas les accuser d'humanisme
outrancier.
Un cas banal d'esclavage dans les plantations du Sud Profond (Deep
South).
Une banale histoire d'esclavage, comme il s'en trouve dans le monde
entier.
Grâce à l'opiniâtreté, l'enthousiasme et l'imagination des grands groupes
financiers qui écument les moindres recoins de la planète.
Article: "Ending Slavery for Pennies" par Katrina vanden
Heuvel and Greg Kaufman, Publié dans the Nation .
Paru le 21 avril 2008 dans Alternet
"En finir avec l'esclavage en échange de quelques cents"

"L'exploitation des ouvriers agricoles ne devrait pas être tolérée
en Floride. Elle ne devrait être tolérée nulle part aux Etats-Unis. Il y a de
nombreux problèmes de société qui sont extrêmement difficiles à résoudre. Pas
celui-là."
Eric
Schlosser , journaliste d'investigation et auteur de "Fast Food
Nation"

La vitrine
Source
Le 15 avril dernier, au cours d'une audience de la commission sénatoriale sur les conditions de travail
des ramasseurs de tomates, le Sénateur Bernie Sanders demande
au policier Charlie Frost, qui enquête dans le cadre des brigades régionales
spécialisées dans les trafics d'êtres humains du comté de Collier:
"Pensez-vous qu'au moment même où nous parlons il y a du trafic d'êtres
humains dans le secteur agricole de Floride?".
"C'est fort probable. Au moment même où nous siégeons ici", répond
Frost.
"Monsieur l'Inspecteur, diriez-vous que dans ces cas d'esclavage il y a des
gens haut placés dans la chaîne de production qui sont complices et qui tirent
profit de cette situation?", demande Sanders, "Et si c'est le cas,
pensez vous qu'il nous faut modifier la loi pour empêcher les gros producteurs
de se dégager de toute responsabilité?".
"Ils se dégagent de toute responsabilité et en tirent profit "
acquiesce Frost. "Il faut agir. Il faut qu'ils répondent de leurs actes.
Cela se passe chez eux, cela se passe dans nos campagnes, cela se passe dans
notre pays".
Pas un seul membre du comité républicain n'est là pour entendre ces propos
ou tout autre témoignage décrivant l'esclavage aux Etats-Unis en 2009 – à
savoir, les conditions de travail qu'on aurait rencontrées, comme l'a dit Eric
Schlosser, "en 1868, pas en 2008" et les failles dans le code du travail
qui permettent la pérennisation de l'exploitation systémique.
Le "parti de Lincoln" (NDLT: le parti républicain) était tout
simplement aux abonnés absents alors que le Sénateur Sanders était rejoint dans
la salle par les sénateurs Edward Kennedy, Richard Durbin, et Sherrod
Brown.
Mary Bauer, Directrice de "Immigrant Justice
Project" au Southern Law Poverty Center (NDLT: un organisme juridique qui
défend les droits du citoyen), déclare que "pour un cas d'esclavage dont
nous entendons parler, il y a des centaines d'autres cas du même genre
impliquant des rapports de force … des situations moins dramatiques mais quand
même incroyablement dures qui sont en réalité des travaux forcés et qui sont
des pratiques très courantes, et, en fait, proches de ce qui se passe
ordinairement dans de nombreux secteurs. Je ne pense pas que les consommateurs
américains seraient contents d'apprendre comment est produit ce qui arrive dans
leur assiette. Ils ne voudraient pas consommer des denrées produites dans ces
conditions. "
L'audience révèle que même quand des grands groupes multimilliardaires comme
McDonald’s et Yum! Brands (dont les filiales
sont, entre autres, Taco Bell, Pizza Hut,
KFC, Long John Silver’s et
A&W) sont prêts à prendre leurs responsabilités (et payer
davantage la main d'oeuvre), ils se heurtent aux intérêts du puissant lobby
agricole.
Ces chaînes de restauration rapide avaient accepté de payer les ouvriers
agricoles un centime de plus par livre de tomates. Cela ne paraît pas beaucoup
(et ça ne l'est pas pour les entreprises) mais cela aboutirait à une
augmentation de salaire de 75% pour les saisonniers, décrits dans un rapport du
ministère du travail établi en 2001 comme: "une main d'œuvre en détresse
économique importante … avec des salaires bas, des revenus annuels en dessous
du seuil de pauvreté, et soumis à des périodes importantes de chômage ou de
sous-emploi."
Alors que certains producteurs commençaient à mettre en application l'accord
Yum/McDonald’s (comprenons-nous bien, c'est un supplément de salaire donné
directement aux ouvriers agricoles par les clients, PAS par les producteurs) le
Florida Tomato Growers Exchange (FTGE), qui
regroupe 90% des producteurs de l'état de Floride, a annoncé que les membres de
l'association qui adopteraient cette politique s'exposaient à une amende de
$100,000 pour chaque travailleur qui bénéficierait de cet accord.
Reginald Brown, PDG du FTGE est présent à l'audience,
essayant désespérément de justifier cette opposition à l'accord en arguant que
se pose la question de la légalité d'une telle démarche.
Le sénateur Sanders joint au dossier un courrier signé par 26 professeurs de
droit spécialistes du droit du travail, et entre autres de la loi anti-trust
sur le droit des travailleurs, qui précise que les inquiétudes du FTGE quant à
la légalité de cette démarche n'ont aucun fondement. (En fait, d'après ces
spécialistes, la seule question qui concernerait la loi anti-trust, ce serait
si plusieurs producteurs s'entendaient entre eux pour rejeter cet
accord).
Il ajoute que McDonald’s et Yum ont également versé au dossier un courrier dans
lequel ils affirment qu'il n'y a pas d'obstacle légal à cet accord sur le
centime supplémentaire par livre et qu'ils veulent que ce soit mis en
application. "Si je comprends bien, McDonald’s et Yum ont de l'argent pour
engager de très bons avocats", dit le sénateur à Brown. "Peut-être
devriez-vous envisager de changer d'avocats et vous pencher à nouveau sur la
question".
Puis Brown explique qu'il n'y a pas que la question de la légalité, que les
clients vont se tourner vers le Mexique pour avoir des tomates à un meilleur
prix (alors que ce sont les clients qui sont d'accord pour donner un centime de
plus). Brown ajoute que "le secteur de la tomate va disparaître et c'est la
Floride qui en pâtira".
On aurait dit que Brown jouait la scène même que Lucas
Benitez - ancien ramasseur de tomates saisonnier, co-fondateur de la
*Coalition of Immokalee Workers" (CIW), et
qui a reçu en 2003 la RFK Human Rights Award (NDLT: récompense donnée à un individu qui
lutte contre l'oppression à l'encontre des droits humains)] - avait
décrite dans son témoignage entre l'opposition à laquelle se heurtent les
défenseurs des droits des ouvriers agricoles aujourd'hui et celle qu'ont connue
les abolitionnistes il y a 200 ans. (Ces abolitionnistes du début du XIX°
siècle qui étaient les prédécesseurs de ceux qui avaient fondé plus tard "The
Nation" en 1865).
"Il y a exactement 200 ans, près de cet endroit même, des hommes comme vous
se sont prononcés pour l'interdiction d'importation d'esclaves aux
Etats-Unis", déclarait Benitez par la voix de son interprète. "Cette
décision peu connue n'a pas fait cesser l'esclavage, mais elle a constitué une
étape importante vers l'abolition définitive d'une institution
barbare".
A l'époque, voter cette loi était complexe, controversé, et courageux.
Ceux qui défendaient le statu quo disaient que la plupart des esclaves étaient
contents de leur sort, qu'ils étaient certainement mieux lotis que dans leur
pays d'origine et que cela entraînerait à coup sûr l'effondrement de
l'agriculture en Amérique."
Et en effet, il n'y a pas beaucoup d'efforts d'imagination à faire pour voir
en Brown et sa clique les George Wallace ou les Bull Connor du
XXI° siècle, faire obstacle à la promotion des droits de l'homme dans notre
pays.
Brown plastronne sur les travailleurs qui reviennent travailler dans les
plantations; sur ce que représente le ramassage des tomates en matière de
première expérience dans le monde du travail qui leur permettra d'accéder au
rêve américain; sur le terrible "choc" qu'a subi le FTGE en apprenant ces cas
d'esclavage dans la ville relativement petite d'Immokalee - des cas, souligne
Schlosser, qui ont été signalés non pas par les producteurs qui travaillent
avec les ouvriers agricoles eux-mêmes, mais par CIW; et Brown cite à maintes
reprises l'organisation "Socially Accountable Farm Employers" (SAFE) , une
"tierce partie indépendante" qui enquête sur les producteurs pour
s'assurer que les saisonniers sont traités avec respect et qu'on leur verse un
salaire équitable.
Mais Sanders fait remarquer que deux des cinq membres du conseil
d'administration de SAFE sont Brown lui-même et Mike Stuart,
PDG de la "Florida Fruit and Vegetable Association"
(FFVA).
Et qu'une des priorités majeures de la FFVA s'avère être d'aider les
producteurs à répondre à leurs besoins de main-d'œuvre tout en leur permettant
de maintenir les coûts au plus bas.
En outre, ni Brown ni Stuart ne font mention sur le site Internet de SAFE des
fonctions qu'ils occupent dans le secteur agricole.
C'est dans ce contexte qu'un saisonnier ramasse en moyenne deux tonnes de
tomates par jour pour environ $50 par jour, ce qui revient à un salaire annuel
entre $10.000 et $12.500 (chiffre gonflé du Département du Travail car il
inclut les salaires du personnel d'encadrement);
Que la majeure partie de leurs salaires, si ce n'est la totalité, sert à payer
le logement dans des caravanes où sont entassés entre huit et dix
saisonniers;
Que si on se plaint, on s'expose à des menaces, des coups, voire pire.
Et quand ces saisonniers (qu'ils soient citoyens américains ou immigrés, et les
témoignages montrent que cette situation concerne les deux catégories) sont
réduits à la condition d'esclaves, ou forcés à la servitude pour dettes, ou
battus, ou harcelés sexuellement, ou pas payés, ou que leur famille restée au
pays est menacée, leurs possibilités de se faire aider sont bien plus limitées
que pour les autres travailleurs.
Bauer explique qu'ils n'ont pas le droit de se syndiquer;
qu'ils n'ont pas de rémunération pour les heures supplémentaires;
qu'il n'y a pas de loi fédérale sur le salaire minimum pour les petites
exploitations agricoles et pour les périodes de récoltes courtes; qu'il y a des
exemptions à la législation sur le travail des enfants; et des lois sur la
sécurité et sur la santé qui ne concernent pas les ouvriers agricoles.
Elle ajoute que ce n'est pas un problème spécifique à la Floride, c'est le
résultat de la politique globale de "l'exception agricole".
Schlosser rappelle que pas plus tard que les années 1950 la police de
Floride poursuivait les Noirs pour vagabondage et les envoyait travailler dans
les plantations pour payer leurs amendes.
Les sénateurs Kennedy et Sanders précisent tous deux que l'enquête sur ces
injustices est loin d'être terminée. A la fin de sa déposition, Sanders conclut
en disant qu'un audit du GAO (Government Accountability
Office, ~ qui aide le Congrès à contrôler les actions du gouvernement) sur les
salaires et les horaires est indispensable;
- que les ouvriers agricoles ont besoin d'être couverts à la fois par la loi
sur le travail équitable (Fair Labor Standards Act) et par la loi sur la
protection des droits syndicaux, la "National Labor Relations Act;"
- qu'il faut absolument modifier les lois fédérales sur le trafic des êtres
humains pour que les producteurs et autres ne puissent plus échapper aux
poursuites en restant délibérément aveugle aux mauvais traitements qui se
passent sous leurs yeux;
- qu'il faut étudier si les activités de la FTGE ne tombent pas sous le coup de
la loi anti-trust;
Et il faut que nous nous assurions que l'esclavage, la servitude et les autres
violations dans la production de tomates en Floride continuent de recevoir
toute l'attention nécessaire à la fois au Congrès américain et à l'extérieur
afin que ces pratiques cessent définitivement".
Quant à Benitez, il est engagé dans cette lutte depuis des dizaines d'années.
Il se rappelle qu'au cours d'une grève de la faim de travailleurs en 1997, un
planteur avait déclaré qu'ils ne céderaient jamais à l'unique revendication des
ouvriers agricoles, à savoir d'entamer un dialogue avec leurs employeurs.
"Disons-le clair et net", avait déclaré le planteur, "le tracteur ne
dit pas à l'agriculteur comment diriger son exploitation".
Benitez poursuit: "c'est ainsi qu'ils nous ont toujours considérés, un
engin agricole et rien d'autre."
"Mais nous ne sommes plus seuls. Il y a aujourd'hui des millions de consommateurs qui nous soutiennent, prêts à utiliser leur pouvoir d'achat pour faire cesser les abus qui se cachent derrière les produits alimentaires qu'ils achètent. Et une nouvelle ère de responsabilité sociale dans le secteur agricole va commencer. Avec l'aide du Congrès et avec la foi que les droits de l'homme triompheront aujourd'hui, comme cela a été le cas il y a 200 ans, nous verrons poindre ce jour nouveau."
Katrina van den Heuvel, rédactrice en chef de The Nation depuis 1995 and
éditrice depuis 2005. Greg Kaufmann auteur indépendant réside dans sa ville
natale, Washington.
Note annexe:
Le CIW est un organisme qui s'adresse aux communautés
ethniques, dont les adhérents sont des immigrés latinos, haïtiens et indiens
mayas qui occupent des emplois à bas salaires dans tout l'état de Floride. La
suite (en anglais) là-dedans.
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Note perso:
La commission du sénat sur l'esclavage dans les plantations de tomates?
Un petit pas pour les droits de l'homme. Un grand pas pour l'humanité? A
voir.
Pourvu que cela ne soit pas que palabres et voeux
pieux.
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Infos supplémentaires
Histoire: Esclavage, servitude
L’ESCLAVAGE EXISTE TOUJOURS EN FLORIDE”
La philosophie du FTGE
Ils refusent que leurs adhérents perçoivent des sommes d'argent supplémentaires
qui seront intégralement reversées aux saisonniers. C'est d'autant plus
scandaleux qu'ils ne se privent pas de reporter sur leurs clients les hausses
des prix du carburant, des engrais ou autres.
Pour FTGE, c'est "anti-américain" d'accepter un centime de
plus par livre de tomates pour ensuite la reverser aux ouvriers, mais ça ne
l'est pas quand il s'agit de réclamer ce centime à leurs clients afin d'en
faire profiter Monsanto ou Exxon.
Comment survivent les grands groupes financiers et leurs
PDG.
Exemple: Burger King

Voir ici (en anglais): Penny foolish par Eric Schlosser
Extraits:
En 2005, les ramasseurs de tomates de Floride ont obtenu la hausse de salaire
la plus importante depuis la fin ses années 70 quand Taco Bell a mis fin à un
boycott des consommateurs en acceptant de payer un centime de plus par livre de
tomates, ce centimes allant directement dans la poche des ramasseurs. En avril
de l'année dernière, Mc Donald's en a fait de même, ce qui a entraîné une
augmentation de 77 cents par seau.
Mais Burger King, dont le siège est en Floride, a refusé catégoriquement de
donner ce centime supplémentaire. Et c'est son refus qui a incité les
producteurs de tomates à dénoncer l'accord qui avait déjà été passé avec TB et
McDo (...).
Le rôle primordial que BK a joué en annulant le contrat sur cette augmentation
de salaire offre le spectacle lamentable de l'avidité sans fin des
corporations. BK justifie son attitude en prétendant qu'il n'a aucune influence
sur les pratiques de ses fournisseurs. "Les producteurs de Floride ont le
droit de gérer leurs exploitations comme bon leur semble", a déclaré un
porte-parole de BK au St. Petersburg Times.
Pourtant la compagnie adopte des méthodes beaucoup plus radicales quand il
s'agit des animaux.
En mars 2007, BK annonçait un durcissement des règles sur la façon dont les
ouvriers dans les usines de production de viande doivent traiter les poulets et
les porcs.
Quant aux violations de droits de l'homme, BK suggère que, si les ouvriers
agricoles démunis du sud de la Floride ont besoin de davantage d'argent, qu'ils
aillent postuler pour un emploi dans un de leurs restaurants.
Trois sociétés de fonds d'investissement (Bain Capital, the Texas
Pacific Group et Goldman Sachs Capital Partners) détiennent la
majorité des actions de BK. L'an dernier, le PDG de Goldman Sachs, Lloyd C.
Blankfein, a encaissé la prime la plus élevée de l'histoire de Wall Street et
cette année, il est bien parti pour en percevoir une plus importante
encore.
Que BK donne un centime de plus pour les tomates pour que les saisonniers
perçoivent une paie décente ne mettrait pas la compagnie sur la paille. En
effet, cela ne coûterait à BK que $250.000 par an.
Chez Goldman Sachs, cette somme ne serait pas bien difficile à trouver. En
2006, les primes des 12 premiers cadres chez GS dépassaient les $200 millions
(plus du double de ce que qu'ont gagné la même année les 10 000 environ
ramasseurs de tomates du sud de la Floride).
(…).
Plus d'infos sur BK (en anglais):
Voir ici
et ici
.
Monsanto, qui? Les multinationales, comment ça
marche?
Fort bien expliqué et documenté par le
Monolecte:
"De quoi Monsanto est-il le nom?"
.................................................................................................................................................
Le riz et les produits alimentaires de base: la crise
mondiale
Rationnement sur le riz et la farine aux US, où les grandes surfaces ont
constaté que les consommateurs faisaient des stocks, en particulier les
restaurants et les petits commerçants qui craignent une prochaine pénurie et
une nouvelle flambée des prix.
Shops ration sales of rice as US buyers panic http://www.guardian.co.uk/environme...
Appel à l’abondance et à l’entraide... Le GS.
Food Riots
Erupt Worldwide By Anuradha Mittal, AlterNet. Posted April 25, 2008.
(les émeutes de la faim se multiplient dans le monde).
Crise alimentaire : l’ONU avait sonné l’alarme
Commentaires
Ce type d'esclavage existe aussi en Europe. Ex : en Italie ils font venir des ceuilleurs des pays de l'est dans les plantations de tomates.
La mentalitée des propriétaires est la même que celle de ceux qui protestaient en France au 19e siècle contre l'interdiction du travail des enfants de moins de 8 ans (et plus tard des 35 heures) : "Ca va ruiner l'économie française".
Cette mesure aurait rogné à peine leur bénéfices mais des salariés correctement payés sont moins dociles.
tout à fait exact.
En Italie, en Espagne aussi (j'ai traité ces sujets dans des billets anciens d'ailleurs), et ailleurs sans doute. C'est curieux comme le travail des enfants ne soulève plus de tollé (les newspaperboys, par ex, qui se lèvent aux aurores pour livrer les journaux en GB et sont censés aller en cours après)
Je ne sais pas quoi dire sur cet article, on se croirait aux époques du hard boiled et de Raymond Chandler (si ce n'est pas Harriet Beecher Stowe), ça laisse sans voix.
Mais ça me manquait de ne pas te faire coucou.
On comprends mieux, avec en plus le prix encore bas des carburants, pourquoi les tomates hors saison peuvent être si bon marché !
- Les tomates ça se mange en été !
Prions pour que les indications d'origines soient toujours sur les cageots !
Et Merci aux premiers commentateurs d'avoir signalé les pratiques Italiennes et Espagnoles !
merci gg de laisser un message même si tu n'as rien à dire
Je t'en suis
d'autant plus reconnaissante... J'ai lu ton billet intéressant sur les
syndicats, mais je n'ai pas eu le temps de rédiger un commentaire (si possible)
intelligent .
@ croa
La situation est encore plus dramatique qu'on ne le pense, en particulier en Espagne et aux Pays-Bas, pour les tomates mais aussi pour les fraises, entre autres.
Et pendant ce temps, "nos" élus" ne pensent qu'à nous fourguer par tous les moyens des OGM pour contaminer la France entière.
La planète entière va finir en poubelle.
Sur le billet du Monolecte (lien ci-dessus), le commentaire #54 de Fanette pointe sur des liens qui expliquent la nocivité des produits utilisés sur les tomates et autres, dont voici l'un d'eux (c'est très inquiétant):
http://www.ifen.fr/acces-thematique...
Je suis en train de me pencher sur les déchets électroniques et, là aussi, cela vaut son pesant de terreur.
D'autre part, on constate que les populations réduites à l'esclavage sont essentiellement immigrées (ou déplacées, quand il s'agit de pays pauvres).
La méthode: pourchasser les immigrés, les terroriser, les stigmatiser et utiliser ceux qui passent entre les mailles du filet pour les assujettir et faire peser sur les salaires des autochtones. (Aux US, ils ont construit un méga-mur entre le Mexique et le sud des US, avec renforcement des effectifs de surveillance, dont des sortes de mercenaires fachos armés jusqu'aux dents, les Mexicains passent quand même ... Comment donc?).
Le vice dans la peau, je vous dis.
Et après ça, il y en a encore pour parler de la main invisible des marchés!
au fait en FRANCE aussi, je connais de près l'exemple nîmois (Nîmes, dans le Gard, 30), mais il est certain qu'il doit y en avoir d'autres.
Certes, en France aussi. le travail agricole saisonnier se prête fort bien à ces entorses à la loi. Quand la loi n'est pas elle-même peu contraignante, voire complaisante...
On aurait aimé en savoir plus sur ce qui se passe à Nîmes, toutefois.
Bonjour, votre article interpelle. Je me pose une question à la lecture de ceci :
""Le Florida Tomato Growers Exchange (FTGE), qui regroupe 90% des producteurs de l'état de Floride, a annoncé que les membres de l'association qui (verseraient un centime de plus) s'exposaient à une amende de $100,000 pour chaque travailleur qui bénéficierait de cet accord.""
Les amendes sont, soit le fait de l'autorité politique, soit le fait des mafieux. Comment se place le FTGE par rapport à cette alternative?
Très juste. Ce n'est peut-être pas clairement dit dans l'article (là n'était pas le propos central de l'auteur), mais c'est plus explicite dans celui-ci:
http://migration.ucdavis.edu/rmn/mo...
Brown prétend que cette mesure (un cent. pour une livre) viole la loi (fédérale) anti-trust, et donc, qu'ils sont passibles d'une amende de ce montant s'ils sont condamnés.
en lisant le texte je voulais parler des ouvriers agricoles qui travaillent en Italie, mais T4 l'a déjà, très justement fait.
un scandale, mais aussi pour les petits producteurs, broyés par le système et par la mafia.
quand comprendra-t-on que l'avenir de l'humanité passe, évidemment par une agriculture saine, bien gérée, équilibrée?
et pourquoi tous les métiers de la terre ont-ils été tellement dévalorisés?
Tout ça existe parce que nous sommes dans un système complètement anormal. Nous produisons des "ressources" qui ne sont que des chiffres, des choses à vendre. Nous ne répondons pas à des besoins, nous portons des marchandises sur un ou des marchés. Tout ça doit exploser et il faut repenser entièrement la nourriture, l'eau et tout ce qui fait la base de nos vies.
Ça sonne peut être socialiste, mais comme disait René Dumont "seule une écologie socialiste"...
L'exploitation est quasi naturelle chez l'homme, mais elle est exacerbée par la recherche du profit. Le profit en lui même est la source de la très grande majorité de tout ce bordel.
On peut se battre des siècles pour que les travailleurs soient mieux payés, mais si on ne se pose pas la question du sens de ce qu'on produit, ça ne changera rien.
A lire dans le dernier CQFD un article sur un combat de travailleurs étrangers dans le sud de la France, qui ont gagné le droit d'être reconnus avec carte de séjour...
Eh oui, le profit. Et ils ne s'en cachent même plus. Ils n'enrobent même plus leur avidité dans la vaseline.
Cela devrait être limpide pour tout citoyen ordinaire, mais finalement, on se demande si l'être humain n'a pas été doté d'un cerveau pour mieux accepter l'assujetissement.