Monsanto, le géant du « Frankenfood », utilise ses méthodes d’intimidation pour contrecarrer la traçabilité du lait.

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"Monsanto ne veut pas que les consommateurs sachent la vérité sur le lait qu’ils boivent. Il en va du monopole de la compagnie.
ll y a des compagnies qui fonctionnent ouvertement sur un mode désastreux pour le grand public … Et en fait, je suppose qu’on pourrait dire qu’à bien des égards une compagnie de ce genre est l’archétype du psychopathe, au niveau de l’entreprise au lieu d’être de l'individu""
Dr. Robert Hare, The Corporation

Depuis 1901, Monsanto nous a donné, entre autres produits de sinistre renommée, l’Agent Orange, les PCB , le gène Terminator et le lait contenant une hormone de croissance recombinante.

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Mais actuellement l'obsession de la compagnie, c'est le lait, ou, plus exactement, les étiquetages sur le lait, et plus particulièrement ceux qui portent la mention "garanti sans rBGH" ("hormone transgénique de croissance bovine") ou « garanti sans rBST » (Somato-Tropine Bovine, nom que lui donne Monsanto, NDLT).

Ce n’est pas tant la "BST" ou la "BGH" qui les dérangent ; après tout, la "somatotropine bovine", n’est pas le produit le plus connu de Monsanto... Puisqu'il est présent dans la nature. Non, le problème, c’est le petit "r" qui signifie "recombiné" (= transgénique). Et qui indique que ce n’est pas un produit naturel.
En fait, les scientifiques disent de plus en plus qu’il est possible que ce lait "recombiné"– surprise!- ne soit pas aussi bon pour la santé que le vrai produit.

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"La consommation de produits laitiers fabriqués avec du lait de vaches traitées au rbGH pose un certain nombre de problèmes de santé publique", explique Michael Hansen, un spécialiste de Consumers Union (Union des Consommateurs)."Comme, entre autres, la résistance accrue aux antibiotiques, à cause de l’utilisation d’antibiotiques pour traiter les infections des mamelles et d’autres maladies, ainsi que l’augmentation du taux d'*IGF-1, associée à divers cancers ».
Pour sa part, Monsanto se sert de la terminologie comme béquille pour écarter la menace croissante qui pèse sur ses intérêts, à savoir la révolution menée par les consommateurs contre les aliments transgéniques.
Et c’est ainsi que le géant de la biotechnologie de St Louis (Missouri) a déclenché une guerre sémantique tous azimuts pour faire supprimer le label « garanti sans rBGH » au niveau des états. Et la compagnie reste sur ses positions, jouant perfidement sur les mots pour occulter les problèmes.

"La RBST est un complément qui permet à la vache de produire davantage de lait", m'a expliqué par mail Lori Hoag, une responsable de Monsanto.
"On l'injecte à la vache, on ne la met pas dans le lait. Il n'y a aucun moyen d'analyser le produit puisqu'il est rigoureusement identique à l'autre. Ni le grand public, ni un spécialiste ne peuvent y déceler de différence, parce qu'il n'y a aucune différence. Les consommateurs ont tout à fait le droit de savoir s'il y a des différences dans les produits alimentaires qu'ils achètent. Mais dans ce cas précis, il n'y en a tout simplement aucune.

"Monsanto a la mauvaise habitude de mélanger divers produits pour semer la confusion" rétorque Rick North, directeur de la section de l’Orégon de "Campaign for Safe Food from Physicians for Social Responsibility" (Campagne de praticiens en faveur de la responsabilité des entreprises pour une alimentation sans risques).
"Il est exact que les vaches produisent naturellement l’hormone de croissance bovine. Mais seules les vaches à qui on a injecté l’hormone de croissance recombinante ont la rBGH dans leur organisme. Et il ne s’agit certainement pas d’un "complément" ».
C’est un traitement qui fait fonctionner le métabolisme des vaches à un tel régime qu’elles sont épuisées au bout de deux cycles de lactation et qu’elles sont abattues. Les vaches qui n’ont pas été traitées au rBGH vivent en général 4,7, 10 ans, voire davantage.
Les risques que représentent la rBGH pour les vaches et pour les êtres humains ont incité le Canada, l’Australie et certains pays de l’Union Européenne à interdire carrément le lait transgénique de Monsanto.
Quant aux Etats-Unis, pays d’origine de la compagnie, ils ont, on s’en doutait, donné leur blanc-seing une fois de plus à une possibilité aléatoire de croissance malgré l'éventualité d'effets secondaires fatals sur la nature.
Il n'y a que l'argent qui les intéresse.
Et donc, les lignes d'attaque concernant ces risques ont été tracées, comme s'efforce d’expliquer North, "avec d'un côté la FDA (Food & Drug Administration) et leurs partisans", et de l'autre leurs opposants. (…).

Mais cette bataille pour les étiquetages et les bénéfices n’a pas empêché Monsanto de créer sa propre presse aux Etats-Unis, où il a scandaleusement fait renvoyer deux journalistes de Fox News en 1997 pour avoir refusé de mentir sur le rBGH dans un reportage.
Mais, à long terme, l’intérêt que portait la multinationale à ses relations avec la presse n’a pas été si rentable que cela. Les autorités médicales comme Samuel Epstein ou Robert Hare, cité plus haut, les ont attaqués sur les questions de santé à la fois physiologique et psychologique.
Parallèlement, les producteurs de lait et les consommateurs du monde entier exigeaient un label pour différencier le lait transgénique du lait naturel sur les rayons des distributeurs. Et ils ne pensent pas que c’est trop demander, étant donné la situation.

"Hoag n'a pas tort quand elle dit qu'il "n’y a pas eu d'analyse de toxicité pour ce traitement", admet North.
"Mais ce n'est pas la même chose que dire qu’il n’y a pas de différence. Monsanto et ses filiales de façade ont tenté de prétendre que le fait qu’il n’y ait pas eu de tests en laboratoire était la même chose qu'un étiquetage qui serait faux ou trompeur. C'est complètement illogique. Il y a toutes sortes de produits qui portent un label légal même s'ils n'ont pas fait l'objet d'analyses en laboratoire, quand il s'agit, par exemple, de l’origine géographique du produit, de denrées issues du commerce équitable ou de l’eau de source en bouteille".

Parallèlement, Monsanto diabolise les détails pour dénaturer l’ensemble. "Certes, un label peut indiquer quelque chose dans un sens ou dans un autre", reconnaît Hoag, "mais il n’y a aucun moyen de vérifier si l’information est exacte. C’est précisément la raison pour laquelle les labels sont trompeurs. Ils font croire aux consommateurs qu’il y a une différence alors que c'est faux".
Cela paraît frappé du bon sens, mais les consommateurs, eux, n’ont ni besoin, ni envie, semble-t-il, d’être maternés par Monsanto.
En 2007, à la suite des efforts pour faire complètement interdire la mention "garanti sans rBGH " en Pennsylvanie, ils avaient un boulevard devant eux jusqu'à ce que l’état demande aux citoyens de se prononcer publiquement, ce qui a finalement fait annuler la décision initiale.
Le même scénario s’est répété dans tous les Etats-Unis à la vitesse grand V. Et cette opposition se manifeste malgré les fonds versés par Monsanto à ces soi-disant coalitions de militants de base comme "American Farmers for Advancement and Conservation of Technology", également connue sous le nom, plutôt astucieux, d'AFACT (un fait).
Osborn & Barr, la société de relations publiques de Monsanto a créé un site "à titre gracieux" pour AFACT, qui imbrique les deux organismes de telle manière que cela ne va peut-être pas être du goût des états qui se penchent actuellement sur les interdictions d'étiquetages sur leur territoire.
Les attaques d’AFACT se sont répétées dans tous le pays, les éleveurs salariés par Monsanto s'étant lancés à l'assaut des élus de chaque état, en même temps que la multinationale employait sa technique habituelle au niveau fédéral, comme, par exemple, faire exclure des comités consultatifs les scientifiques sceptiques ou intimider ses adversaires.
Mais ces attaques se sont heurtées à une résistance tout aussi déterminée, la sensibilisation de la population aux questions environnementales ayant incité le marché à établir une zone garantie sans rBGH. Et finalement, cette affaire pourrait bien signer la déconfiture de Monsanto dans ce conflit.
"Monsanto a compris que les consommateurs refusaient les hormones de croissance artificielles" affirme Irene Li, analyste qui travaille pour la "Coalition des exploitations agricoles familiales" (National Family Farm Coalition"). "Les consommateurs sont de plus en plus informés et sensibilisés à ce qu'ils consomment et à ce que boivent leurs enfants. Ce bras de fer est une dernière tentative désespérée de Monsanto pour sauvegarder ses bénéfices. Et, pour ce faire, ils se cache derrière les producteurs laitiers ".

Mais pour un exploitant agricole qui suit la ligne de Monsanto, il y en a autant, si ce n'est plus, et pas seulement aux USA, qui s'unissent pour protester contre les tentatives de la multinationale de changer, puis de faire breveter la façon dont l'Amérique cultive (et décrit) sa production alimentaire. Et derrière eux, de plus en plus nombreux, il y a les consommateurs et les commerces alimentaires eux-mêmes qui exigent davantage, et non pas moins, d'informations de la part de ceux qui leur fournissent les produits.

"L'année dernière, je crois, certaines grandes enseignes ont annoncé qu"'elles n'achèteraient que du lait garanti sans rBGH" explique Patty Lovera , directrice adjointe de Food and Water Watch, "parmi lesquelles, Chipotle, Starbucks, Tillamook et des tas des marques de distributeurs comme Kroger, Meiers and Publix. Même Kraft compte commercialiser une gamme de produits fromagers sans rBGH"

En fin de compte, les ergotages de Monsanto sur les étiquetages se sont soldés, comble de l'ironie, si on considère toute l'encre que cela a fait couler, par une censure pure et simple. Et, comme pour l'Agent Orange, les PCB et Terminator mentionnés ci-dessus, ils se sont fixé la règle de ne reculer devant rien pour améliorer non pas votre santé, mais leurs bénéfices.
A vos dépens.

"Rien, absolument rien de bon ne peut sortir d'une interdiction d'étiquetage sur le lait garanti sans rBGH" conclut Hansen. "Etre plus informés c'est une bonne chose, et tous ces mesures gouvernementales vont à l'encontre des intérêts des consommateurs, limitent la liberté d'expression et entravent le bon fonctionnement du marché"

Scott Thill runs the online mag Morphizm.com. His writing has appeared on Salon, XLR8R, All Music Guide, Wired, The Huffington Post and others.

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Notes annexes:

  • Frank•en•food: Franken(stein) + food: A genetically altered food, especially a fruit or vegetable.
  • IGF (Insulin-like growth factor)

Les IGFs (IGF-I et II) sont des hormones peptidiques ayant une structure chimique semblable à celle de l’insuline. Ces hormones sont majoritairement sécrétées par le foie et libérées dans la circulation sanguine.

L’équivalence substantielle
Le concept d’"équivalence substantielle" a été introduit pour la première fois en 1993 par l’Organisation pour la Coopération et le Développement Economique (OCDE) et a été adopté en 1996 par la FAO et l’OMS. Le document de l’OCDE le définit ainsi : “Pour la nourriture et les ingrédients de la nourriture venant d’organismes (vivants) développés par l’utilisation de la biotechnologie moderne, l’approche la plus pratique pour la détermination est d’examiner si ils sont substantiellement équivalents à des produits analogues s’ils existent. Le concept d’équivalence substantielle résume l’idée que les organismes (vivants) utilisés comme nourriture, ou comme source de nourriture, peuvent être utilisés comme base de comparaison pour juger de la sûreté de la consommation humaine d’un aliment ou d’un composant d’aliment qui a été modifié ou qui est nouveau ”.
www.inra.fr/Internet/Directions/DIC...
The corporation (film)
http://video.google.fr/videoplay?do...

Tout sur Monsanto et d'autres multinationales (chiffre, filiales …):
http://fr.transnationale.org/entrep...

Vous ne savez pas ce que c'est? Et pourtant, vous en avalez tous les jours, probablement.
Et c'est très nocif. Et c'est Monsanto.
L'aspartame
http://www.gireaud.net/aspartame.ht...
Terrifiant.
(voir aussi pièce jointe)

Un Monde sans Monsanto ?
Greenpeace.

Les chaises musicales, la "Food and Drug Agency" sous influence.

Note perso

Le pot de terre a un peu gagné cette fois-ci dans ce bras de fer avec Monsanto, grâce à la mobilisation.
Mais il n'y a AUCUNE illusion à se faire: ils reviendront à la charge. Ils ne s'avouent jamais vaincus.
Et ils ont mis leurs œufs dans différents paniers.
Ils ont l'argent et ils tiennent les dirigeants politiques par la barbichette (pour ne pas dire autre chose …).
C'est EUX qui les ont mis en place;
C'est EUX qui financent leurs campagnes électorales;
C'est EUX qui ont le pouvoir sur les médias;
C'est EUX les maîtres du monde.
Et ils sont sans pitié.

Autre combat de Monsanto: s'approprier tous les porcs de la planète!
On n'y croirait presque pas, si on ne les avait pas déjà vus à l'oeuvre!
Si c'est pas de l'arrogance, ça, et la certitude de l'impunité!

Monsanto veut breveter le porc
Vidéo (fr) édifiante et glaçante: http://www.dailymotion.com/video/x1...

(une fois de plus, je n'ai pas pu intégrer la vidéo au billet. AAArgh! Shit)

Article en anglais: Monsanto files patent for new invention: the pig
Greenpeace researcher uncovers chilling patent plans
(brevet du génome d’animaux)

Alors, si tu comprends le message, la santé publique ne DOIT pas être laissée entre les mains de machiavels.

La santé publique, c'est toi, moi, nos enfants, ton voisin, nos parents, nos amis …
Tout le monde est concerné.
En France, la privatisation de la sécu est en marche accélérée. Déjà, nous n'avons plus accès aux soins gratuits. Et ce sont les plus démunis qui trinquent. Pour l'instant.
Cela ne peut que s'aggraver. Et plus vite qu'on ne le croit. Les assurances privées s'impatientent. Il faut faire quelque chose, maintenant que le décor est planté et que le tapis rouge est déroulé.
Quand, au soir de la bérézina électorale, ils ne cessaient de répéter: "Nous avons compris ce que veulent les Français. Nous devons accélérer les réformes", tu crois que c'est pour ton bien qu'ils disaient cela?
Ou que c'était se foutre de notre gueule?
D'après toi?
Les "réformes", c'est refiler tout ce qui est rentable au privé et réduire les "dépenses publiques" au profit de la population pour mieux servir les puissants.
Rien d'autre.
Regarde les OGM, malgré les conclusions du Grenelle tapageur et stérile, dès le lendemain, ils voulaient nous les fourguer à nouveau.
Il a fallu qu'une quinzaine de militants – dont José Bové (un abruti de l'Ump, pléonasme, a déploré lors qu'on soit" obligé de céder à la pression de la rue"! Imbécile!) - décident d'une grève de la faim pour qu'ils reculent.
Et reculer, ce n'est PAS renoncer. Ils y reviendront. Ils reviennent TOUJOURS.

Et si tu ne comprends pas cela, je me demande comment il faut t'expliquer.

Alors, la santé publique, l'environnement, la qualité de la vie ne doivent pas être l'affaire d'une poignée de militants courageux qui risquent la répression et la prison pendant que toi, tu les regardes depuis ton salon.

C'est TON affaire à TOI.

80% de la population est contre les OGM.
Elle doit le dire haut et fort.
Aucune lutte n'a été gagnée dans un fauteuil.
Ni avec un épisodique bulletin de vote.
Et rien n'est jamais définitivement acquis.
Relis l'histoire.

TOUS dans la rue le 29 mars!

Mais avant, signer la pétition ici:
STOP OGM
http://www.stop-ogm.org/

Manifs près de chez toi contre les OGM

Sur Avignon, rassemblement à 14h devant la gare, rue République, et défilé jusqu’à la place de l’Horloge.
Sur Bordeaux, rassemblement à 11h place de la Comédie. Pique-nique festif sans OGM.
Sur Clermont-Ferrand, rendez-vous à midi place de Jaude. A 14h, banderole humaine. A 20h30, bal et concert.
Sur Lille, rassemblement à 15h place du Vieux Marché aux Chevaux (métro République). A partir de 13h30, marché paysan sans OGM.
Sur Nancy, de 14h à17h, place Maginot, animations musicales, grand marché sans OGM et stands. A Leyr (NE Nancy), à partir de 18h, débat sur les OGM. A 20h, repas et soirée dansante avec « Electro j’aime ».
Sur Perpignan, rassemblement et manifestation à 14h, place Catalogne.
Sur Rennes, rendez-vous à midi place de la Gare pour un pique-nique sans OGM. A 14h, grande manifestation interrégionale avec fanfares, saltimbanques, brigades des Clowns Activistes, tracteurs décorés… A 17h, animations musicales.
Sur Toulouse, rendez-vous à 10h sur le parking du Carrefour de Purpan pour une promenade champêtre et symbolique. A 13h, place du Capitole, jeux, musique, chansons... A 17h, restauration et stands associatifs sur le quai de la Daurade. A 19h, concert avec L’air de rien, Bruit qui court, Vrak trio.

La journée d’action du 29 mars est organisée par Attac, les Amis de la Terre, Agir pour l’environnement, la Confédération paysanne, les Faucheurs volontaires, Greenpeace, Nature et Progrès, Alliance pour la planète

Plus d’infos sur le site de Stop OGM (cf plus haut).

Et aussi, c'est tout récent: RASSEMBLEMENT anti-OGM à Toulon samedi après midi.
D'autres infos dès que possible. Pour l'instant, les signataires sont La LCR et les Verts, d'autres suivront sans doute (renseignez-vous localement).

Et comme nous sommes menacés de toutes parts, et encore tous concernés, il va falloir se démultiplier:

Samedi, également (il y aura toujours une manif près de chez vous).

Dans la rue pour nos retraites le 29 mars !
http://www.solidaires.org/article18...

Il n'y a aucune raison de rester à la maison samedi à se morfondre devant la machine à décerveler.
On a du boulot.

Allez! On relève les manches.