Respecter la République
Par emcee le mercredi 12 mars 2008, 11:38 - Brèves et hors catégories - Lien permanent
Au cours de la visite du prez qu'on s'est dégotté, venu à Toulon sans doute
pour soutenir le candidat UMP déjà élu et pour encourager les deux nouveaux
élus du FN, un commando de dangereux membres de la LDH-Toulon armés jusqu'aux
dents s'est vu interdire le déploiement de sa banderole, qui a été arrachée,
froissée avec mépris et confisquée par un zélé fonctionnaire de police.
Puis, un peu plus tard, le groupe a été emmené hors de la vue des officiels
afin que les huiles qui se partagent le pays n'aient pas sous les yeux ce
bataillon de fanatiques qui lui reprochaient semble-t-il, sa politique de
l'immigration.
Comme si elle n'était pas irréprochable!
Est-il encore possible en France de se revendiquer des Droits de l'Homme et
du Citoyen, ce parchemin poussiéreux - et de le faire savoir?
La preuve que non. Il ne veulent rien savoir.
Voir détails sur le site http://www.ldh-toulon.net/spip.php?...
Voici l'excellente Tribune de Jean-Pierre Dubois, président de
la LDH
parue le 6 mars 2008
http://www.ldh-france.org/actu_nati...
Nicolas Sarkozy, élu il y a moins de dix mois, « veille au respect de
la Constitution » et « assure, par son arbitrage, le fonctionnement
régulier des pouvoirs publics ». Comment lire aujourd’hui l’article 5 de la
Constitution sans ressentir une impression de totale irréalité ?
Qui aurait pu imaginer la déliquescence dans lequel une
« hyperprésidence » frénétique a plongé la République, ses valeurs et
ses institutions ? Qui aurait pu prendre la mesure d’un « coup
d’éclat permanent » dont les dégâts constitutionnels sont chaque jour
moins collatéraux ?
Même le feuilleton « vie privée, vie publique », alternant amour et
détestation des médias, témoigne d’une incapacité à situer la responsabilité
présidentielle.
Lorsqu’il met en avant un souci juvénile d’être « vrai », de supprimer
toute distance entre l’homme privé et le personnage public, le plus grave n’est
pas que Nicolas Sarkozy publicise la vie privée mais qu’il privatise la vie
publique.
Dès les premières heures, là où était promise une retraite monacale, on vit
comme sorti d’un roman de Balzac un tourbillon de Fouquet’s, de jets privés et
de yachts, étalant la réussite d’une aventure personnelle. Et l’entourage de
s’étonner : « et alors ? il a bien le droit, comme tout le
monde, d’être heureux… » Ce « comme tout le monde », financièrement
sidérant, désignait surtout l’homme privé jouissant de ses bonnes fortunes sans
s’arrêter à la fonction qu’il exerçait.
« Jouir sans entraves », proclamait ce Mai 68 que le candidat Sarkozy
disait exécrer. Et pourtant celui qui s’est dit « enfant de la télé »
se révèle surtout enfant de l’individualisme, auquel institutions et
contraintes du lien social sont insupportables une fois atteinte la plus haute
marche du podium. Ni la politesse qu’il voulait faire enseigner aux
« voyous » ni la conscience de la dignité de sa charge ne le
retiennent d’écarts de langage répétés et affligeants. Et les voyages mêlant
intimité et action diplomatique attestent, non des erreurs de communication,
mais la régression à une époque où la distinction entre gouvernants et favoris
n’avait pas encore de sens : le post-moderne rejoint l’archaïsme de l’Etat
patrimonial.
Comme dans une PME dont le patron gère à sa guise les cadres de tous
niveaux, les ministres peuvent être notés par des « chasseurs de têtes »,
le Premier Ministre traité de simple « collaborateur », de hauts
magistrats raillés comme « petits pois dans un bocal » dépassés par
la modernité, les parlementaires de la majorité « recadrés » tels des
élèves indociles. Evoquer la séparation des pouvoirs ferait rire
l’Elysée : dès septembre 2007 la Garde des Sceaux invitait les magistrats
du parquet à requérir non plus l’application de la loi mais celle de la
politique pour laquelle ont voté 53% des Français.
Même l’Ancien Régime distinguait les « deux corps du Roi », dont l’idée
de représentation est la sublimation démocratique. Foin de ces
complications : l’hyperprésident n’a qu’un « corps », mi-privé
mi-public, sa volonté valant volonté générale jusqu’à la fin de son mandat. Son
ex-épouse pouvait donc représenter la France en Libye sans avoir le moindre
compte à rendre à la représentation parlementaire… avant son divorce.
Et c’est aussi pourquoi les convictions religieuses personnelles contaminent
les discours officiels : Nicolas Sarkozy se veut fidèle à ce qu’il est en
proclamant sa foi post-moderne. L’idée qu’étant Président de la République il
aurait à exprimer autre chose que ses préférences individuelles, qu’il ne
parlerait pas en son seul nom, lui est étrangère ; du moins
n’emporte-t-elle aucune conséquence sérieuse dans son comportement
d’élu.
Ce n’est donc pas seulement de laïcité qu’il s’agit, même si la
« révolution conservatrice » implique qu’une « religion
civile » enrobe la compétition dérégulée entre les individus. C’est tout
simplement la représentation politique qui est ignorée par le premier de nos
représentants.
Un nouveau cap vient d’être franchi. Le « monarque élu », rompant cette
fois avec les principes constitutionnels du droit pénal, ordonna que soit
présenté un projet de loi prévoyant l’enfermement à vie, et rétroactif, à titre
non plus punitif mais préventif. Le Conseil d’Etat ayant réfréné les envies
présidentielles de rétroactivité, on trouva quelques parlementaires
complaisants pour rétablir la volonté du prince.
Mais comme le Conseil constitutionnel, pourtant peu avare en approximations
compréhensives, prétendit lui aussi maintenir l’interdiction de la
rétroactivité posée dès 1789, l’« hyperprésident » a chargé le plus
haut magistrat de contourner la censure partielle de « sa »
loi.
Le Président de la République ignore-t-il qu’« une disposition déclarée
inconstitutionnelle ne peut être promulguée ni mise en application » et
que « les décisions du Conseil constitutionnel … s’imposent aux pouvoirs publics et à toutes les autorités
administratives et juridictionnelles » ? Aurait-il pris le Premier
Président de la Cour de Cassation pour un autre de ses
« collaborateurs » subordonnés ? Le refus du haut magistrat
rassure sur le compte du destinataire, mais pas sur celui de
l’expéditeur.
Car le dogme élyséen est que rien ne doit s’opposer à l’accomplissement des
volontés de l’oint du suffrage universel. Etat de droit, séparation des
pouvoirs : ces grands mots, sentant le « droitsdel’hommiste », sont
renvoyés au magasin des accessoires d’avant la « rupture ». Et invoquer
les droits de tout justiciable autre qu’une « victime » vous range
tout simplement dans « le camp des assassins ».
Chacun sent bien, moins d’un an après le début du quinquennat, que le crédit
de la représentation politique ne sort pas grandi de la pratique
présidentielle. Au-delà même des affrontements partisans, c’est le respect des
règles, des valeurs et des principes démocratiques que compromettent ces
égarements.
Nul ne peut désormais échapper à cette interrogation fondamentale :
quand et comment retrouverons-nous, représenté au plus haut niveau de l’Etat,
le sens commun du respect de la République ?
Jean-Pierre Dubois
Président de la Ligue des droits de l’Homme

Commentaires
Salut,
Billet intéressant, et très bonne tribune du Préident de la LDH.
Je pense qu'un Président de la République qui piétine la Constitution alors que sa responsabilité est de la défendre, devrait être destitué.
Voir :
http://souk-fares.blogspot.com/2008...
En surfant au gré de mes lubies conspirationnistes, je lisais ce commetaire plus qu'à propos, il me semble :
---
(Enfin, à imaginer que Coluche, par un plus qu’improbable acadabrantesque concours de circonstances, soit devenu président, vous croyez que ça aurait changé quoi ? je rappelle que la France c’est une démocratie avec un Parlement et une Constitution, pas une pays où le dictateur manipule ses sujets comme des marionnettes au gré de ses lubies...)
Ne sentez vous pas comme une certaine ironie par rapport à notre situation présidentielle actuelle ? Moi j'ai les yeux qui piquent quand je lis ça et que je vois ce qui nous arrive.
article :
http://www.agoravox.fr/article.php3...
merci coco,
Autant le 9/11, c'est clair qu'il y a un bug, autant cette histoire de Coluche, ça me paraît quand même un peu du réchauffé, tant d'années plus tard.
Surtout qu'à l'époque, Coluche n'avait plus l'aura qu'il avait précédemment, me semble-t-il.
C'est vrai, par ailleurs, qu'il n'aurait pas fait plus pantin que celui-ci.
Ca devient grave que lui et sa conquête provoquent des réactions de mépris à ce point.
Voir ici:
http://www.dailymotion.com/video/x4...
http://www.dailymotion.com/video/x4...
pardon! merci à Farès également. Je suis d'accord. Mais pour destituer un président, il faudrait qu'il en fasse! (même si pour nous, c'est déjà énorme et insupportable).
Simone Veil!
Elle adore Nicolas, qu'elle trouve si gentil, et déteste Bayrou, qui lui a manqué de respect.
Elle raffole de Rachida Dati, qui est si attentionnée à l'égard des grandes personnes et si plaisamment désagréable envers les inférieurs.
Et puisque Simone aujourd'hui vient faire sa malpolie avec Carla, je me dis qu'au fond la jeune épousée est peut-être une chic fille.
S V. a été odieuse. C'est un véritable camouflet. Elle n'a pas à montrer ses états d'âme privés. CSdeNG est ce qu'elle est, mais cela ne concerne le monde politique que si elle s'en mêle.
En revanche, la jeune coiffeuse a le droit, elle, de refuser de serrer la main à une homme politique qui vient sur son lieu de travail , qui s'impose dans son espace, donc, et qui veut la forcer à lui faire bonne figure.
Si SV était cohérente, c'est au chef d'état qu'elle devrait refuser de serrer la main.
Avis aux Lyonnais et riverains:
Le 18 mars à Lyon...
Refusons que l'amour devienne un délit !!
Soutenons Nuray !!
Rassemblement devant le TGI à partir de 12h
(faites donc passer la manif par là ...)
Voir ici: http://amoureuxauban.net/
J'en ai déjà parlé sur ce blog.
Seules les actions de résistance communes peuvent sauver ce qu'il nous reste de république.
Et en parlant de république, il n'est pas bien, le texte de JP Dubois?
J'ai failli dire que c'était Dubois dont on fait les manches de pioche, mais je me suis retenu au dernier moment.
Pas de blème le 18 : j'y serai.
Il faut être un visiteur du salon de l'agriculture ou une jeune esthéticienne pour refuser de serrer la paluche moite de ce président... les autres sont des gens publics, et le consensus mou est la règle... voyez comme depuis toujours, et derrière une vague critique, on flatte le FN...
Personne n'imagine réellement critiquer vertement l'autre, personne ne veut faire de vagues, personne ne s'engage vraiment.
PS : mon propos sur Coluche visait à faire une comparaison sur la situation du président évoquée, pas à parler de Coluche en particulier... à ce sujet comme sur tout autre, il n'y a des vérité que celle que l'on veut bien croire, et chacun est libre d'en causer.
PS2 : ça va continuer ces expulsions, ces atrocités, on nous a tous si bien individualisés que plus rien ne compte... et les pseudo journaux de gauche sont plus occupés à taper sur Chavez et ses pseudos 300 millions qu'à dénoncer notre propre république bananière.