Cela devait être "vous allez voir ce que vous allez voir", grâce à une quinzaine de fonctionnaires talentueux réunis en commission, faut ce qui faut.
Ce gouvernement ne ménage pas sa peine, il faut le reconnaître: au moindre problème, HOP! Une commission par ci, un rapporattali par là ou carrément un Grenelle, avec tout ce que compte de gratin la France actuelle.
Ah, on ne lésine ni sur les cerveaux ni sur le pognon. Un grand chantier, c'est un grand chantier.
D'ailleurs, il l'a dit, le président: "Pour financer quatre ballons de football, il n’y a pas besoin d’une commission réunissant quinze fonctionnaires".
Dont acte.

Oui, mais voilà. Une fois réunie la thune pour le think tank mobilisé pendant des mois, il ne reste plus grand-chose dans le nourrain. C'est que ça bouffe, ces bêtes-là et, on le comprend bien, les bourses de l'Etat ne sont pas extensibles à ce point.

Alors, le projet pharaonique finit en cabane au fond du jardin. C'est pas la faute au président, c'est la faute que la France est en faillite. On ne sait pas pourquoi, mais y a plus rien qui marche.
Ca doit être que la France est peuplée de fainéants et de bons à rien.

Et c'est ainsi que le Plan A, qui prévoyait sans doute, de:
Créer des emplois pour les habitants des quartiers; construire des logements et rénover ceux qui tombent en ruine; aider à la création de commerces de proximité; rétablir des services publics; renforcer les effectifs des services sociaux et d'éducation; créer des postes d'éducateurs et d'animateurs sportifs; ouvrir des centres de loisirs et de soutien scolaire; réhabiliter le cadre de vie, bref, la routine, quoi …
… est retombé comme un soufflé.
Aïe, aïe: Caisses vides! Plus rien à raquer. La minisse avait déjà tout bouffé pour sa commission sur la création de logements sociaux et le peu qui restait est probablement parti en messes pour le salut de l'âme de Mgr Bolufer, adjoint du cabinet de Mâme Boutin, qui s'est retrouvé sans logis suite à une dénonciation honteuse, Jésus- Marie- Joseph- Ouvaton!

Mais financement niet. Walou.
Alors, il a fallu se rabattre sur le …

Plan B

''Dessin de Goubelle''

Intéressant, certes, mais plus sommaire.
Grosso modo, ça donne (de mémoire):
Repeindre les cages d'escaliers et installer des boîtes aux lettres (ça c'était prévu avant mais m'étonnerait qu'ils aient déjà commencé)
Mettre des arrêts de bus (les bus, c'est seulement s'ils promettent de pas les cramer tout de suite)
Augmenter les effectifs de police en créant une police de proximité, les CSS (je te dis pas le succès quand ils vont se pointer quelque part, ceux-là!) et leur adjoindre des collaborateurs, qui habiteraient ces quartiers eux-mêmes, des "réservistes expérimentés", qu'ils les appellent (en clair, des indics, quoi).
Et, pour faire moins ratchou, il a promis qu'il allait augmenter les effectifs d'enseignants "formés"(qu'ils disent. Déjà, pour ça, il faudrait qu'ils cherchent bien, parce que vu l'allure où ils les font disparaître ailleurs, les enseignants, ça va pas être facile d'en trouver de disponibles).
Et enfin, cerise sur le gâteau, le président a demandé à Christine Boutin, ministre du Logement, de préparer un «plan complet en faveur de l'accession sociale à la propriété».
Créer une commission, en quelque sorte.
Ca le président, il arrête pas d'en parler, de l'accès a la propriété. Lui, il a été obligé de se faire faire une ristourne pour acheter son appart , sinon, il y arrivait pas et il veut que les rémistes et les chômeurs achètent le leur? Faut être réaliste. Mais, bon, juste une petite erreur d'appréciation, c'est rien du tout.

Je remarque aussi qu'il ne parle pas de construire des logements sociaux supplémentaires pour remplacer ceux qui seront achetés. Ca, ça sera pour une autre commission, sans doute. On peut pas tout mener de front, s'pas?

Alors, en bref, il va y avoir tout ça de promis. Bon, tu chiffres un peu? Je te répète: les flics, leurs "auxiliaires", les profs, les arrêts de bus, les bus, la peinture, les Arabes pour peindre, la commission Boutintrain et tout le tintoin, tu dirais combien, toi? Allez, dis un chiffre!

COMBIEN? Des quoi? Des … MILIARDS?
Mouhaha! Ri-di-cu-le!
500 millions d'euros cash! Ca c'est un gouvernement économe, qui jette pas les sous quand c'est inutile!
Et attends, attends, y a mieux! Comme je t'ai dit, les caisses à Boutin étaient vides. Alors, qu'est-ce qui s'est passé? Eh bien, la solidarité gouvernementale a joué. Et c'est le ministre de l'environnement qui a filé le pognon.
Pas beau, ça? 500 millions qu'il avait en trop pour le Grenelle de.
Bon, d'accord, il en avait plus besoin de ce pognon. C'est de l'argent qui aurait dormi, de toute façon. Tu as vu comment tout est revenu à la normale (on va construire de nouvelles autoroutes, des aéroports et des TGV, les OGM reviennent comme les hirondelles, au printemps, on va encore fermer des gares de proximité, et la flotte d'avions pas classe dont disposent le monarque et sa cour – 10 quand même! – va être renouvelée entièrement. Ca leur permettra d'aller inaugurer les TGV et les autoroutes dignement, au moins).

Mais quand même, c'est sympa. Il était pas obligé, Borloo. Il aurait pu les utiliser pour aller voir si la banquise, elle aurait pas encore un peu fondu, par hasard. Avec son collègue Estrassi. Il aime bien prendre l'avion, lui aussi.

Mais revenons à tout ce fric qui est tombé du ciel. Ils vont peut-être pas pouvoir réaliser tout ce qu'ils veulent. Moi, si j'étais eux, au lieu des profs, des écoles, des "internats d'excellence" (mais si!), on garde juste les flics et leurs auxiliaires (qu'on paiera avec des primes au mérite. A la tâche, quoi), on les équipe de pistolets Taser, on met des caméras partout et tu vas voir si toute cette caillera de banlieue, elle va encore chercher à brûler des bus ou fourguer de la came. Parce que c'est ça, l'idée. Empêcher les bus de brûler et le petit commerce non taxé de se développer.

Bon, et puis, s'il en reste de ce flouze, j'ai une suggestion, on pourrait, pour pas gâcher, le refiler au révérend Hirsch, pour son Grenelle de l'Intégration.
A moins qu'on lui file juste de quoi acheter quatre ballons de football.

Enfin, le président a dit:

"Voilà, les choses sont claires: ceux qui sont prêts à faire quelque chose pour eux-mêmes, l’Etat les aidera. Ceux qui ne veulent rien faire, l’Etat ne fera rien pour eux (...)".

Ca c'est vrai, c'est clair: on va quand même pas filer du fric aux fainéants qui refusent les emplois, hein? Et, y en a, des fainéants! Tu as vu tous les chômeurs et rémistes dans ces quartiers? Ca fait peur.

Et il a dit aussi:

"Ce que nous avons à accomplir est immense. C’est une révolution des mentalités, une révolution des comportements, un changement profond dans nos priorités et dans nos méthodes."

Ben, oui. Une ré-vo-lu-tion.

Exactement le mot que je cherchais. Révolution!