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Un héritage peut souvent se traduire par des mots. Alors, voici une petite revue loin d'être exhaustive d'épisodes où, en matière de tortures, d'enlèvements, et d'incarcérations à l'étranger, l'année 2007 s'est terminée non par du goutte à goutte, mais par un déluge:
Destruction d'enregistrements
Une affaire concernant la torture (désolé, je voulais dire les ... "techniques d'interrogatoires améliorés" …) qui a fait véritablement beaucoup de bruit dans le landernau médiatique le mois dernier, c'est la révélation à la une du NYT du 6 décembre de la destruction en 2005 de centaines d'heures d'enregistrement vidéos des deux interrogatoires les plus importants de la CIA, y compris les "waterboardings" (simulacres de noyade), de deux membres d'Al Qaida, Abu Zubaydah et Abd al-Rahim al-Nashiri.
Dans les semaines qui ont suivi, la responsabilité de la décision de la destruction de ces vidéos est remontée peu à peu jusqu'à de très hauts responsables. Ainsi, quatre juristes importants en rapport direct avec la Maison Blanche et le cabinet du vice-président étaient mis en cause à la mi-décembre, et Jose A. Rodriguez, le directeur du National Clandestine Service, organisme dépendant de la CIA, qui avait donné l'ordre de détruire les cassettes, va peut-être témoigner devant le Congrès en échange de l'impunité pour dénoncer des personnalités encore plus haut placées.
Et comme pour toutes les affaires qui ont d'abord été tenues secrètes, celle-ci ne peut que s'avérer pire que ce qu'on pouvait imaginer (…).
Le kidnapping légalisé:
D'après le journal britannique le Sunday Times, un important juriste de la Maison Blanche a déclaré devant la Cour d'Appel de Londres que l'enlèvement de citoyens étrangers était conforme au droit américain, la cour Suprême américaine ayant approuvé cette pratique.
Selon lui, cela remonterait aux années 1860, à l'époque des chasseurs de prime. Cela, dit-il, serait valable, apparemment, non seulement pour des terroristes présumés dans des affaires de "reddition extraordinaire" (kidnapping), mais aussi pour des hommes affaires blancs recherchés pour fraude, par ex.
Scott Horton, défenseur des droits de l'homme au niveau international écrit dans son blog:
"Le gouvernement américain a, pour la première fois, précisé devant un tribunal britannique que cette loi s'applique à tous ceux, britanniques ou autres, que Washington soupçonne de crime". Cela ne relève pas de la législation américaine, cela relève des fantasmes de l'administration Bush sur la législation en Amérique … Le genre de cauchemar qui refuse d'admettre la souveraineté d'un état étranger et les engagements formels des gouvernements américains ces deux siècles passés à respecter les traités et les conventions. Le genre de cauchemar qui refuse la reconnaissance du "droit des nations" dont parlaient les Pères Fondateurs et qui est inscrit dans la Constitution".
Innocence à Guantanamo:
De nouveaux documents militaires et judiciaires ont été publiés en décembre, à la faveur d'un procès intenté par des avocats représentant Murat Kurnaz, et qui ont davantage mis en lumière l'histoire de ce jeune Allemand de 19 ans qui avait "choisi le mauvais moment pour voyager".
Kurnaz avait été capturé par l'armée US au Pakistan en 2002 et transféré à Guantanamo. Là, en l'espace de quelques mois, explique Carol D. Leonnig dans le Washington Post, ses kidnappeurs américains en ont conclu que ce n'était pas un terroriste. C'est ce que affirmaient tous les responsables des services secrets sans exception.
Il a néanmoins été déclaré "allié dangereux d'Al-Qaida" par plusieurs tribunaux militaires à la prison de Guantanamo et n'a été libéré qu'en août 2006, où il a été transporté dans un avion pour l'Allemagne, "les yeux bandés, la tête recouverte d'un masque et enchaîné" comme pour son départ pour Guantanamo.
Les preuves concernant le waterboarding:
D'après Josh White du Washington Post, le Brigadier Général Thomas W. Hartmann, conseiller juridique principal dans les procès militaires tenus à Guantanamo, a déclaré devant le Congrès qu'il ne pouvait pas exclure les preuves obtenues grâce aux techniques d'interrogatoires musclés, dont le waterboarding. Il a même refusé de reconnaître que le waterboarding serait considéré comme illégal s'il était utilisé par des pays étrangers pour interroger des militaires américains (…).
Veto en faveur de la torture:
En décembre, Le président Bush a menacé d'opposer son veto à un projet de loi de la Chambre des Représentants qui interdirait explicitement un ensemble de pratiques honteuses. (…).