Femme dévoilée, femme libérée?
Par emcee le mercredi 26 décembre 2007, 08:57 - L'info futile - Lien permanent
C'est la simplification qu'offre le monde occidental.
C'est également la manifestation de son arrogance vis-à-vis des pays du sud.
Notre mode de vie, nos styles vestimentaires, nos principes et nos lois ne
peuvent être que des modèles pour les autres qui vivraient de façon, au mieux,
exotique, au pire, archaïque et barbare.
Mais ce monde occidental a-t-il un jour favorisé l'épanouissement et la liberté
des populations dans les pays pour lesquels il dénonçait la tyrannie?
Mais ce monde occidental a-t-il favorisé l'épanouissement des populations sur
la planète et sur son propre territoire?
Et ce monde occidental a-t-il un jour favorisé les Lumières contre toute la
tyrannie?
Quand on voit le désastre écologique qu'il a généré partout avec le dieu de la
consommation, quand on voit qu'il a engendré des poches de pauvreté sordides,
quand on voit que les critères vestimentaires, les habitudes alimentaires et
autres, sont imposés par une caste de prédateurs nantis qui produisent toujours
plus pour faire dépenser plus, quand on voit qu'il est à l'origine, directement
ou indirectement, de l'anéantissement de pays entiers, QUI peut penser que nous
sommes vraiment un modèle pour les autres?
C'est, hélas, ce que pensent la majorité des Occidentaux de tous bords, qui
s'appuient hypocritement sur des principes qu'ils n'appliquent pas à eux-mêmes
ou qui se laissent aveugler par la propagande et les paillettes vendues par des
camelots de plus en plus cyniques.
Voici un article, "A Look into
the Muslim Headscarf Hysteria in France", où Laila Lalami
se livre à l'analyse des épisodes sur le "voile islamique" en France après la
parution d'un livre de Joan Wallach Scott "''The Politics of the
Veil''"
Enquête sur l’hystérie déclenchée par le voile islamique en
France
Laila Lalami, The
Nation. 24 novembre 2007
La polémique soulevée par la question du voile islamique et de la politique
de l’identité dans la France contemporaine est le sujet d’un nouveau
livre : "La Politique du voile".
"Une sorte d’agression", "le successeur du mur de Berlin", "
un levier dans la longue épreuve de force entre les valeurs démocratiques
et le fondamentalisme", "une insulte à l’éducation", "un acte
terroriste".
Ces descriptions données par l’ancien président J. Chirac, l'économiste Jacques
Attali, et les philosophes Bernard-Henri Lévy, Alain Finkielkraut et André
Glucksmann ne s’appliquent pas à la prochaine grande menace qui plane sur la
civilisation humaine mais au foulard que portent les musulmanes, recouvrant la
tête et le cou, ou, comme on l’appelle en France, le « foulard
islamique ».
Dans son livre bien documenté, “La politique du voile”,
l’historienne Joan Wallach Scott se livre à une analyse de cette obsession
particulière qu'ont les Français pour le foulard, et qui a atteint son point
culminant en mars 2004 avec l’adoption d’une loi interdisant aux élèves de
porter des signes religieux ostensibles.
La loi précise qu'est interdit le port du foulard islamique, de la kippa juive
et des grandes croix mais que sont autorisés les "petites croix, les
médailles, les étoiles de David, les mains de fatma et les corans
miniature".
Malgré les contorsions multiconfessionnelles, il est clair, évidemment, que
cette loi s’adressait principalement aux jeunes écolières musulmanes.
Cette polémique sur le foulard qui a duré une dizaine d'années a été marquée
par trois conflits bien spécifiques.
Le premier a débuté en octobre 1989 quand Ernest Chénière, le principal d’un
collège de Creil, au nord de Paris, a expulsé trois élèves, Samira Saidani and
Leila and Fatima Achaboun. La raison de cette expulsion, d’après Chénière,
était qu’il devait faire appliquer le principe de
« laïcité » (en français dans le texte) à l’école.
La polémique nationale qui s’en est suivie a eu lieu dans le contexte de la
fatwa lancée contre Salman Rushdie et de la confrontation de l’occident avec
l’Iran, d’une part, et de la célébration du bicentenaire de la République, de
l’autre. Au moment où l'attention des Français était focalisée sur trois élèves
qui portaient le foulard, le pays comptait plus de 3 millions de
musulmans.
Leïla Sebbar, auteure franco-algérienne, avait écrit dans le Monde que cette
polémique était "grotesque". En fin de compte, le socialiste Lionel Jospin, qui
était à l’époque ministre de l’Education, avait préféré laisser la justice
trancher. Le Conseil d'État décrétait en définitive que les élèves ne pouvaient
pas se voir refuser l’accès à l’école simplement parce qu’elles portaient un
foulard, mais donnait également la possibilité aux professeurs et aux chefs
d'établissements de décider, au cas par cas, s'ils acceptaient ces signes
religieux en cours.
La deuxième polémique sur le foulard était déclenchée en 1994 par le même
Ernest Chénière.
Il n’était plus principal de collège, mais profitant de la notoriété qu'il
avait acquise précédemment, il s'était fait élire député du département de
l'Oise sous l’étiquette RPR. Et, en sa qualité de député, il proposait un
projet de loi pour interdire tout signe religieux « ostentatoire » à
l’école.
On avait encore droit aux mêmes arguments qu’en 1989, mais cette fois, le
contexte politique était la guerre civile en Algérie. Pour Chénière et ses
partisans, nombreux et divers, la lutte contre le fondamentalisme islamique en
Algérie et ailleurs passait par un renforcement de l’état laïc en
France.
La troisième et la plus récente polémique sur le foulard est survenue en
2003, quand deux sœurs, Alma et Lila Lévy, deux adolescentes, ont été
expulsées de leur lycée de la banlieue parisienne d’Aubervilliers pour avoir
refusé d’ôter les foulards qu'elles portaient. Les sœurs Lévy sont les filles
d’un avocat qui se considère « juif sans Dieu » et une mère
professeur kabyle baptisée catholique pendant la guerre d’Algérie. Les jeunes
filles s’étaient converties à l’Islam après la séparation de leurs parents
adoptant, entre autres, le port du foulard.
Dans une interview dans le Monde, le père avait déclaré : « je ne
suis pas pour le foulard, mais je défends le droit à l'éducation de mes
filles. Au cours de cette affaire, j’ai découvert la folie hystérique
de certains ayatollahs de la laïcité, qui avaient soudain perdu tout sens des
réalités".
Cette année-là, une commission présidée par l’ancien ministre Bernard Stasi
et créée pour mener une réflexion sur la nécessité ou non de faire une loi
interdisant le port de signes religieux, avait auditionné divers experts.
Cette commission publiait ensuite un rapport qui réaffirmait l’importance de la
laïcité pour la République et suggérait l’adoption d’une loi prohibant les
signes "ostensibles" d'appartenance religieuse, tout en préconisant la
reconnaissance de la pluralité des religions en France. (par ex, la commission
suggérait que Yom Kippour et l’Aid-el-Kébir deviennent des jours fériés).
J. Chirac ne retiendrait de ses travaux que la proposition de loi sur le
foulard.
Wallach Scott écrit: “Il n'était plus question des concessions qui
avaient été accordées les années passées (foulards sur les épaules, foulards
"allégés, bandanas), la loi était conçue pour supprimer les frictions
qu'avaient fait naître ces compromis".
La loi était adoptée en mars 2004 et mise en application en octobre de la
même année. Sans l'effet édulcorant des autres recommandations de la
commission, l'interdiction du port du foulard était devenue une décision sans
appel: il n'y aurait plus ni compromis ni conciliation - c’était soit l’islam,
soit la République.
Afin de comprendre pourquoi un bout de tissu est devenu une obsession nationale
(assimilé, par des philosophes - excusez du peu, à du terrorisme), il
faut revenir au passé de la France, à un certain nombre d'années en arrière, à
la période pour laquelle l’actuel chef d’Etat, NS , a demandé à ses
compatriotes de cesser de se repentir : la colonisation.
En effet, explique Wallach, il est impossible de comprendre l'attitude
actuelle en France vis-à-vis du foulard sans se plonger dans l’histoire du
racisme de ce pays, parce que le foulard a "joué un rôle important en tant
que signe pérenne de la différence irréductible entre l’islam et la
France" et qu’il est perçu comme l’expression "non seulement
d’incompatibilités en terme de religion, mais également en termes
éthnico-culturels".
Quand le gouvernement
français a envahi l’Algérie, en 1830, il s'est lancé dans une vaste
campagne de "pacification" militaire, imposant dans la foulée la
législation française, jugée nécessaire pour la réussite de la mission de
civilisation.
Les femmes étaient le pivot de cette opération.
Dans les articles de presse, les chroniques et les romans de l’époque, les
femmes algériennes étaient décrites systématiquement comme des opprimées, et
donc, expliquait-on, si on voulait que la civilisation s'implante véritablement
en Algérie, les femmes devaient ôter leurs voiles.
Le général Bugeaud, qui était chargé d’administrer le territoire dans les
années 1840, déclarait (approx.): « Les Arabes nous échappent parce
qu’ils nous empêchent de porter les yeux sur leurs femmes ».
Parallèlement, les hommes en Algérie, étaient considérés comme des prédateurs
sexuels qui ne pouvaient pas contrôler leurs pulsions si leurs femmes n’étaient
pas recouvertes de voiles. La colonisation résoudrait cela en apportant la
lumière de la civilisation européenne aux hommes arabes, qui, après quelques
générations sous la loi française apprendraient à contrôler leurs
pulsions.
Le gouverneur général d’Algérie disait en 1898: "la physiologie de l'arabe,
du juif et de la femme arabe, ainsi que la tolérance vis-à-vis de la
pédérastie, et des traditions orientales spécifiques de procréation et de la
relation aux autres, sont si différentes de l’homme européen qu’il est
nécessaire de prendre des mesures appropriées".
Encore en 1958, les épouses des officiers français, qui cherchaient par tous
les moyens à faire cesser le soutien au FLN, fer de lance de la guerre de
libération contre la France, organisaient un « enlèvement symbolique des
voiles » de femmes algériennes à une manifestation en faveur de la France
à Alger, la capitale de l'Algérie.
Des dizaines d'années plus tard, des millions de citoyens français issus
d'Afrique du Nord entendent à peu près le même discours: pour être français,
ils doivent s'"intégrer" en abandonnant ce qui les rend différents,
l'islam.
Cette religion, cependant, n'est pas considérée comme un ensemble de dogmes que
les adeptes peuvent adapter aux exigences de leurs vies quotidiennes, mais
plutôt comme une caractéristique intrinsèque et infranchissable. Il est facile
de comprendre comment le racisme peut s'ancrer dans un tel contexte.
Lors des controverses sur le foulard, il était futile, semble-t-il, de
prendre en compte que 95% des musulmans français n'allaient pas à la mosquée,
que plus de 80% des femmes musulmanes en France ne portaient pas de foulard ou
même que les lycéennes qui en portaient un n'étaient pas plus de quelques
centaines. La notion raciste de l'existence de différences fondamentales entre
les citoyens français d'origine nord-africaine et ceux d'origine européenne
délimitait le débat. Par exemple, les sœurs Lévy étaient parfois appelées dans
la presse Alma et Lila Lévy-Omari, afin que le lecteur puisse bien faire le
lien avec leurs origines d'Afrique du Nord (du côté de leur mère).
Mais si c'était, dit Wallach Scott, le racisme qui sous-tendait le débat sur
le voile, c'est au nom de la laïcité qu'on s'exprimait.
Les partisans de l'interdiction du foulard prétendaient que la laïcité n'était
pas seulement ce qui s'opposait au religieux mais que c'était une notion
universelle qui était aussi typiquement française. Ils appelaient cela une
singularité française (en français dans le texte).
Quand on y regardait de plus près, cependant, cette notion particulière
semblait fort complaisante pour les catholiques et intransigeante pour les
autres. Par exemple, la loi de 1905 qui sépare l'Eglise et l'Etat permettait
aux écoliers d'être libres le dimanche pour assister à la messe et leur
accordait un second jour dans la semaine pour aller au catéchisme.
Le gouvernement français contribue actuellement de 10% au budget des écoles
privées catholiques religieuses. Le calendrier scolaire n'observe que les fêtes
religieuses catholiques.
Et pourtant, malgré les différences d'application de la laïcité dans les
écoles, ceux qui s'opposaient farouchement au port du foulard revendiquaient
leur attachement à la laïcité et à la nécessité de préserver la
République.
La laïcité, c'était ce qui faisait la spécificité même de la France.
Et donc, défendre la liberté des jeunes filles de s'habiller comme elles
l'entendent, cela signifiait faire l'apologie de l'oppression des femmes et
être un ennemi de la laïcité, car, si on défendait la laïcité, on ne pouvait
être que favorable à l'interdiction du voile.
Au plus fort de la polémique, tout le monde semblait avoir un avis sur cette
loi. Plus de soixante personnalités (dont les actrices Emmanuelle Béart et
Isabelle Adjani, la philosophe Élisabeth Badinter, les anciennes ministres
Corinne Lepage et Yvette Roudy, et la militante Fadela Amara) signaient un
appel dans les pages du magazine Elle pour demander à Chirac de faire voter une
loi pour l'interdiction du foulard.
Peu de voix se faisaient entendre pour défendre la laïcité et le droit des
jeunes musulmanes à l'instruction.
Parmi elles, l'auteure de BD, Marjane Satrapi
écrivait dans le Guardian qu'interdire aux jeunes musulmanes de porter
le voile était aussi répressif que de les forcer à en porter un, et le
philosophe Pierre Tévanian qui expliquait que la laïcité s'appliquait aux
institutions, pas aux individus.
Dans "la Politique du voile", Wallach Scott montre bien l'hystérie qui a
entouré le débat sur le foulard en France, même si le livre aurait parfois
mérité plus de rigueur.
Ainsi, Ernest Chénière, le principal de collège qui a déclenché la controverse
en 1989, a été rebaptisé "Eugène Chénière".
D'autre part, Wallach Scott omet de citer un événement important qui a suivi
ces affaires de foulards: l'enlèvement en août 2004 de Georges Malbrunot et de
Christian Chesnot, des journalistes français, par un obscur groupe islamiste en
Iraq qui exigeait l'abrogation de la loi. (Les citoyens français, les musulmans
et les autres, ont condamné cette intrusion dans leurs affaires
internes).
Mais le travail de recherche, vaste et exhaustif, de Wallach Scott dresse un
portrait vivifiant des débats.
Outre le racisme dominant et l'interprétation rigide de la laïcité, il y a une
troisième raison à cette obsession pour le foulard: une conception étriquée de
l'individualisme.
Wallach Scott démontre que les jeunes musulmanes françaises, qui étaient les
premières concernées par la loi, étaient "étonnamment absentes des
débats".
La commission Stasi n'a entendu que quelques jeunes filles, en huis clos, ce
qui fait que leurs voix et leurs opinions n'ont jamais fait partie du débat
public.
Tout en reconnaissant que certaines d'entre elles portaient peut-être le
foulard pour d'autres raisons que la pression familiale de leurs frères ou de
leurs pères, les observateurs ne voulaient y voir que le symbole de
"l'aliénation de la femme".
Malgré les déclarations des jeunes filles et de ceux qui s'opposaient à cette
loi, disant que le foulard était l'"expression d'une conviction
individuelle", l'Etat et les partisans de la loi déclaraient que cela ne
pouvait pas "être le cas en toute logique" puisque le foulard sous-tendait
obligatoirement "l'abandon de l'individualité et une démonstration d'allégeance
fondamentale aux normes et aux obligations collectives".
Afin d'être véritablement françaises, donc, les jeunes musulmanes ont dû
renoncer au port du foulard, puisque dans cette optique-là, il était le signe
qu'elles n'étaient pas loyales envers la France et qu'elles n'étaient pas des
individus à part entière capables de penser par elles mêmes.
La dernière raison, et peut-être la plus dérangeante, de cet acharnement
contre le foulard, c'est sa connotation sexuelle.
Ses détracteurs opposaient souvent la tradition musulmane, qui préconise le
port du foulard pour limiter la "sexualité dangereuse" des femmes, et la
culture française qui "célèbre le sexe et la sexualité comme des notions
dénuées de risque social et politique".
En réalité, à la fois la charia et la laïcité stricte ont engendré des systèmes
qui privaient essentiellement les femmes de disposer librement de leur
corps.
En effet, dans la tradition de l'islam, les femmes sont incitées à être
discrètes et à se tenir loin du "tabaruj" (mot arabe, venant du verbe "baraja"
qui signifie "afficher", parader et dont le nom pourrait se traduire par
"affectation", "ostentation"). (…)
De la même façon, la loi française, s'appuyant sur la laïcité stricte, parlait
d'étalage de signes religieux "ostentatoires". En bref, la lutte entre
ces deux modes de pensée se livrait sur le corps des femmes.
L'argument sexuel contre le foulard était courant en France en 2003, même si, à
cette époque, le terme de "foulard" avait disparu du discours public pour être
remplacé par "voile", qui recouvre tout le visage sauf les yeux. C'était faux,
mais pas entièrement innocent, bien entendu, parce qu'il donnait la possibilité
aux détracteurs de parler en termes de stéréotypes plus généraux de femmes
musulmanes comme au Yemen, où le port du voile est prédominant, contrairement à
ce qui se passe dans la banlieue parisienne.
Plus récemment, dans une interview à un journal anglais, Bernard-Henri Lévy est
allé jusqu'à dire: "le voile est une invitation au viol".
Insinuer qu'une femme invite au viol par la façon dont elle s'habille, c'est
pervers, mais Lévy est prêt à toutes les outrances pour préserver l'idée d'une
identité homogène de la femme européenne. Dans cette optique, une Européenne
n'est pas couverte de voiles, ce qui implique à la fois qu'elle se livre aux
regards masculins et qu'elle est libérée.
Il est intéressant également de constater que Lévy exige pour lui-même ce qu'il
n'est pas prêt à concéder à d'autres.
En 2004, il a demandé à Andrée Putman, décoratrice-architecte de rénover sa
résidence secondaire à Tanger. Cette résidence se trouve à côté du célèbre café
Hafa,
qui comptait autrefois parmi ses habitués des écrivains comme Paul Bowles
Tennessee Williams ou Jean Genet et qui offre une vue incomparable sur la
Méditerranée.
Désormais, les clients du café ont la vue sur la baie en partie obstruée par le
mur en parpaings érigé autour de la terrasse de Lévy lors de la rénovation de
sa maison où sa femme, l'actrice et chanteuse Arielle Dombasle aime se faire
bronzer.
Lévy, aurait déclaré qu'il voulait ainsi la protéger du regard des hommes
installés au café Hafa. Dévoiler son corps ne marche, apparemment, que dans un
sens.
Il y a en France actuellement une vaste hypocrisie qui consiste à invoquer
la liberté d'expression quand des dessinateurs de Ch*rl*e H ou de Fr*nce S*ir
offensent les sensibilités des musulmans mais à rester obstinément silencieux
quand on refuse le droit à une femme de religion musulmane de disposer
librement de son corps.
Cela relève de la même hypocrisie quand le champion de foot Zidane est
simplement qualifié de "citoyen français" alors que Zacarias Moussaoui est
présenté comme "citoyen français d'origine marocaine".
Cela relève de la même hypocrisie quand se constituent des comités de soutien
aux professeurs de Flers qui refusent d'enseigner à des jeunes filles qui
portent le foulard alors que parallèlement le fait que 40% des jeunes Français
(dont beaucoup sont d'origine nord africaine) des quartiers pauvres ne trouvent
pas de travail semble complètement occulté.
Cela relève de la même hypocrisie quand on célèbre l'engagement des soldats
nord-africains dans la seconde guerre mondiale contre les nazis mais qu'on ne
leur verse pas, jusqu'à l'an dernier, la même retraite qu'à leurs homologues
français.
Cela relève de la même hypocrisie quand l'humoriste Dieudonné est condamné pour
ses remarques ignoblement racistes sur les juifs, alors qu'on absout l'ancien
rédacteur en chef du Point, Claude Imbert, quand il déclare: " Moi, je suis
un peu islamophobe. Cela ne me gêne pas de le dire".
Enfin, cela relève de la même hypocrisie quand on mobilise une énergie
intellectuelle démesurée et des ressources publiques énormes pour une poignée
d'élèves qui portent un foulard alors qu'on ne fait pratiquement rien pour
garantir à ces jeunes filles (dont la plupart sont confinées dans des écoles
défavorisées, appelées ZEPs - zones d'éducation prioritaires), les mêmes
chances en matière d'éducation et d'emploi que leurs compatriotes de "souche
européenne".
Et en fin de compte, les polémiques successives en France ont servi à détourner
l'attention sur les vrais problèmes et ont apporté de l'eau au moulin aux
fondamentalistes de l'islam, qui recrutent les jeunes en leur disant que la
France ne veut pas d'eux. Le foulard en France n'est rien de plus qu'une
feuille de vigne: quel que soit le temps qu'on passe à la regarder, on finira
par avoir à affronter la crudité du racisme et de la discrimination. Le racisme
nu et cru.
Pour paraphraser un autre philosophe français, je ne suis pas d'accord avec le
port du foulard, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que les femmes aient
le droit de le porter.
…………………………………………………………………………………………………….....
Notes annexes:
Les faux-semblants de la
commission Stasi Alain Gresh (Politis)
"Le corps des femmes n’est pas
un champ de bataille", LMSI.
Laïcité
et foulard : Le foulard de la discorde ( scolaire)
Laïcité: quand je veux, si je veux.
La laïcité à géométrie variable en France.
"Laïcité"
et hypocrisie: la France officielle rend hommage au pape mais interdit le
foulard islamique
Par Barry Grey et Antoine Lerougetel (Article original paru le 26 avril
2005)
La ministre de l'Intérieur remercie l'Eglise catholique
Le ministre bling-oui-bling-oui se signe (vidéo très brève)
http://www.youtube.com/watch?v=_INE...
Mam annonce que la France est prête à accueillir les chrétiens d'Irak
Par Etienne Fillol
Laïcité
et visite au Vatican.
Toujours le même.
Autels et hôtels de luxe. Rien n'est trop beau pour Mickey-sur-Rolex
Accompagné de bigo-rd. La soie et la dentelle de France.
Le président et le pape: le premier préconise une "laïcité positive".
Imbécile!
……………………………………………………………………………………………………...
Et puis, le café Hafa
vidéo; café Hafa
http://www.youtube.com/watch?v=d4hA...
La baie de Tanger et la muraille de B-H. vues du café
Hafa.
Bin, mon colon! Si c'est pas une verrue, ça!
...............................................................................................................................................
En anglais:
Veiled
threat
Marjane Satrapi sur le voile.
Freedom
lost
After the invasion of Iraq, the US government claimed that women there had 'new
rights and new hopes'. In fact their lives have become immeasurably worse, with
rapes, burnings and murders now a daily occurrence.
By Mark Lattimer. Thursday December 13, 2007; The Guardian
(Le sort des femmes en Irak, bien pire qu'avant: violées, immolées,
assassinées).
...............................................................................................................................................
Et enfin:
Pays
occidentaux: violence domestique. Des chiffres effarants. Mais qui s'en
préoccupe, à part quelques brèves le 8 mars?
Ignacio Ramonet
Toujours pareil: donner des leçons aux autres mais se voiler la face.
La considération des
publicistes pour la femme occidentale: une "pute" qu'on achète avec des
diamants ou une voiture. En anglais.
Mais sans foulard, sauf carré "Kermesse", évidemment.
Allez, et bon vent à ...

... le vacancier perpétuel aux frais de la princesse


Commentaires
waouah!
elle n'y va pas de main morte la dame!
je vais faire mon mea culpa. mon opinion sur le port du voile a considérablement changé au fil des années,des lectures et surtout des voyages.
je suis passée d'un regard laïc strict et un peu borné à sinon la compréhension (décider de porter le voile, ou tout autre accessoire pour motif religieux ne cadre pas avec mon athéisme) du moins à la minimisation du phénomène.
J'ai rencontré des femmes voilées libres d'aller et venir, libres de leurs pensées et de leurs choix, comme je rencontre fréquemment des femmes occidentales sans voile mais complètement conditionnées par le système.
à l'inverse j'ai rencontré des femmes voilées opprimées et des femmes non voilées libres.
le voile imposé est insupportable;
mais le choix personnel du voile est individuel, il ne devait regarder personne d'autre que la femme concernée.
je suis d'avis que la religion doit être cantonnée dans la sphère privée
quant à la laïcité dans les écoles, j'y suis favorable, si elle est totale, ce qui signifierait, par exemple, d'arrêter de fêter l'ascension (ou autre), ou d'accorder les mêmes droits aux autres religions.
femmes objets pour le marché, femmes objets pour la religion...
femmes objets dans tous les cas.
nous, les humains, nous n'étions pas, avec le temps, supposés devenir plus intelligents, plus cultivés, plus ouverts?
j'espère que tu es en vacances, au repos, que tu termineras bien 2007, avant d'attaquer, en pleine forme, les luttes essentielles de 2008
bisous
Oui, céleste, elle n'y va pas de main morte, mais c'est ce que j'expliquais déjà lors des diverses "batailles du voile" autour de moi. Souvent en vain.
J'ai toujours dénoncé ces thèses de racisme ouvert ou latent sous des pseudo-justificatifs de laïcité (le principe de laïcité ne concerne pas les élèves ou les usagers, mais le personnel des écoles et les fonctionnaires en général. Déjà, c'est un détournement volontaire de la loi!) et de "soumission de la femme", excuse fallacieuse et hypocrite quand on sait bien qu'en France, les femmes ne sont pas automatiquement plus "libérées" parce qu'elles ne portent pas de foulard. Voir, par ex, les chiffres (bien en deçà, parce qu'il n'y a pas de statistiques précises)des violences domestiques et le pourcentage de femmes dans les hautes sphères (ministères, Assemblée, etc.).
Enfin, ce n'est pas parce qu'on va interdire aux musulmanes soumises de porter un foulard qu'elles vont avoir brusquement la révélation de leur condition et se libérer de leur joug.
Ni qu'elles vont être considérées comme des Françaises à part entière.
C'est seulement un moyen de "remettre à leur place" les musulmans, hommes et femmes.
Combien de fois, ai-je entendu "après tout, nous sommes un pays catholique. Y a pas de raison qu'on ne serve pas de porc dans les cantines". Par les mêmes qui se revendiquaient, la main sur le coeur, de la "laïcité". Mouhaha!
Quant aux féministes de salon, pas mieux. Qu'elles aillent se battre aux côtés des femmes qui subissent de véritables violences, dans les pays en guerre, par exemple, où les femmes, voile ou pas, sont violées et torturées par mesure de représailles.
Et après, elles reviendront nous expliquer ici que l'emblème de la soumission des femmes, c'est le foulard qu'elles portent sur la tête.
Merci pour tes voeux. Je te souhaite à mon tour une bonne fin d'année et la forme pour poursuivre tout ce que tu entreprends.
Baci
Essayons d'appliquer le même raisonnement à l'excision : les occidentaux racistes et anciens colonisateurs osent plaquer leur mode de pensée etc. etc. alors que l'excision est quelque chose de très bien, le symbole de la liberté de la femme etc. etc.
Je sais vous allez me dire que ce n'est pas comparable et autre fariboles mais votre logique, qui est l'acceptation de toutes les différences, vous amène à tout accepter, y compris l'inacceptable dont vous vous faîtes le complice.
Vous faîtes partie de ce qu'on appelait jadis les "idiots utiles".
On a réussi à se débarrasser des curetons, pourquoi tenez-vous absolument à nous imposer une autre superstition ?
Ni Dieu, Ni Maître !
Gaston
Merci à toi, ô Gaston, dont la laïcité inébranlable te permet de voir au-delà des apparences et de déceler les "idiots utiles" que constituent ceux qui souhaitent ne pas se contenter de vos amalgames foireux et fort douteux.
Accepter les différences, c'est accepter l'excision ? Ben tiens ! Discours connu, qui, il y a un temps, demeurait l'apanage du Front National...
Savez-vous ce qu'est un choix librement consenti ou vos neurones sont-ils définitivement en veille ? Savez-vous que toutes les enquêtes sociologiques menées sur ce phénomène montrent que le choix du voile n'est pas forcément lié à une pression familiale, mais résulte souvent du libre choix de la jeune fille qui le porte (et ce malgré le désaccord des parents) ? A moins que vous ne considériez que ces salopes n'ont finalement que ce qu'elles méritent et qu'il est normal de les priver de leur droit à une éducation publique... et laïque ?
Plutôt que de vomir vos imprécations pseudo-anars sans vraiment les comprendre (le combat contre une religion minoritaire ne peut pas être le même que celui contre une religion dominante exerçant une forte influence politique et sociale), vous me feriez grand plaisir de réfléchir un peu au lieu de participer au grand dégueulis raciste ambiant contre les musulmans.
Ni Dieu, certes, mais avec intelligence et discernement, sinon vous ne serez que le bouffon du maître !
Evidemment, cela n'a RIEN de comparable! Il ne faudrait pas tout mélanger!
L'excision est une mutilation et une torture à vie infligée aux femmes, perpétuée, d'ailleurs, en grande partie, par leurs aînées.
Elle est interdite en France et il y a des lois également sur le continent africain, même si les résutats tardent à se faire jour pour diverses raisons que vous trouverez ici (si vous avez le courage de vous renseigner).
http://www.afrik.com/article12745.h...
Le foulard, lui, ne constitue pas une torture en soi. Et si une femme, ici, en France, souhaite sortir avec un foulard sur la tête, je ne vois pas en quoi je devrais, moi, lui dire que ce n'est pas tolérable et lui faire des discours empesés sur la religion et la "soumission", sans même chercher à comprendre ses raisons.
Et les femmes qui luttent en Irak ou en Palestine avec un foulard sur la tête (ainsi que celles qui se battent pour la suppression des voiles et autres burkas imposés par les obscurantistes et ceux qui les flattent) sont bien plus estimables pour moi que les Occidentaux qui distribuent des blâmes assis sur leurs certitudes.
Et puis, avant de me faire des procès d'intention stupides et de jouer les "idiots inutiles", relisez donc ce billet et les documents annexes.
Quant à affirmer qu'on s'est "débarrassé des curetons", cela prouve que vous avez, dans ce domaine aussi, bien des lacunes.
Ah, Judex, j'adore les emmerdeurs publics!
J'étais en train de répondre au précédent et je n'avais pas vu votre com'.
Je n'aurais pas mieux dit.
Ce qui m'ôte, en plus, un grand doute sur ce qui transparaissait dans ce billet.
Merci.
Je voudrais ajouter également que les "affaires du foulard" concernaient deux catégories de jeunes filles:
Celles qui avaient décidé de le porter d'elles-mêmes, que ce soit par conviction religieuse ou par bravade, pour défier les institutions, la famille ou leurs amies.
Celles-là, tôt ou tard, sans le ramdam médiatique et l'acharnement haineux auxquels elles ont été confrontées, auraient fini par ôter leurs foulards, soit pour des raisons pratiques, soit pour passer à d'autres cultes (à 14-15 ans, on a bien le temps de changer).
Et celles à qui la famille imposait le port du foulard.
C'est à elles que tout le monde disait penser. C'est en leur nom qu'on parlait. Et c'est elles qu'on prétendait hypocritement protéger.
Oui, mais voilà, en les mettant à la porte de l'école, en leur refusant une éducation laïque et républicaine, comme le dit justement Judex, on les enfermait obligatoirement dans le ghetto obscurantiste, les privant des enseignements essentiels qui permettent de développer un sens critique et d'apprendre des notions fondamentales.
On les abandonnait donc impitoyablement à un milieu qui les destinait à la soumission à perpétuité.
On les laissait sciemment à la merci de ceux qui ne seraient pas embarrassés de donner une éducation à une fille et la marieraient à quelque vieillard du bled (s'est-on jamais préoccupé du nombre de filles qui quittent l'école pour être mariées contre leur gré?).
Bravo à cette France brusquement devenue laïque et féministe qui braillait qu'elle oeuvrait pour le bien des femmes et au nom de la République.
La mission de l'Ecole, c'est de recevoir et d'instruire tous les enfants sans discrimination.
Point.
Et c'est sur ce terrain qu'on devait se battre: empêcher que quiconque ne déroge à ces principes fondamentaux, au lieu de se laisser bêtement agiter le foulard sous le nez comme une muleta.
Et, quand la France sera féministe et laïque, venez me réveiller. Je voudrais prendre la photo.
je suis en désaccord. La loi contre les signes extérieurs ne demande pas grand chose : enlever les signes exterieurs à l'intérieur des salles de classe. Mais ici on fait comme si le voile était interdit en France.
Ici, on cite la laïcité dans des guillemets. On dit « laïcité » comme on dit « ostentatoire » ou "s'intégrer", on cite Laila Lalami, pauvre petite fille riche, avant d'en appeler au FLN, au général Bugeaud, à Zidane, aux nazis, à "Lévy", aux insupportables soeurs Lévy et à "l'hypocrisie de la liberté d'expression" ! !
On a du mal à discerner la finalité de l'article. Quels bavardages ! Ni Dieu, ni Maître.
les mots entre guillemets étaient en français dans le texte, voilà pourquoi (en voyant le texte original, on a la clé).
Quant à ne pas discerner la finalité de l'article, c'est bien dommage. Il faudrait le lire, peut-être.
Pas la peine de se gargariser de slogans vidés de leur sens comme "Ni Dieu, ni Maître", un peu comme les petits bourges se baladent avec la tête du Che sur leur t-shirt Pravda.
Je ne supporte ni la droite d'opérette ni les anars de pacotille.
Vers mon quinzième anniversaire, alors que je commençais à prendre de sérieuses distances avec la religion qu'on m'imposait dans ma famille, si quelqu'un s'était mêlé de m'interdire de respecter cette religion, j'aurais pourtant résisté farouchement, et peut-être cela m'aurait empêchée de rompre.
Ne jamais sous-estimer l'esprit de contradiction d'une ado....
Quant aux pauvres gamines à qui le voile est imposé contre leur volonté, les exclure de l'école laïque est bien la pire chose qu'on pouvait leur faire.
Ce n'est pas la première fois que de hardis combattants de la liberté (quelle liberté et pour qui?) s'acharnent sur les femmes plutôt que de s'attaquer aux vrais problèmes.
Les femmes tondues à la libération par des résistants tout neufs qui s'étaient bien gardés de bouger tant que les allemands étaient là en savent quelque chose.
Je trouve d'ailleurs que les farouches défenseurs de la laïcité ne manquent pas d'air quand on prend la peine de remarquer que tous nos jours fériés (14 juillet excepté) ainsi que nos vacances scolaires sont liés à des fêtes religieuses catholiques, et que des générations d'écoliers ont mangé, et ça continue, du poisson à la cantine tous les vendredi.
Merci, mc, pour ta contribution. Je suis entièrement d'accord.
Et, pour ce qui est des femmes tondues à la Libération, c'est tout à fait ça: la vengeance et l'expiation se font toujours sur le corps des femmes.
Excellente contribution.
"Peu de voix se faisaient entendre pour défendre le foulard et le droit des jeunes musulmanes à aller à l'école."
C'est malheureusement vrai, même s'il existait bien des courants féministes et de gauche qui se battaient malgré tout contre les tendances laïcardes dominantes. (Il s'agissait bien sûr de défendre le droit de porter le foulard, et non le foulard en tant que tel, contrairement aux insinuations de l'époque).
C'est un combat qu'il faut continuer à mener.
"Peu de voix se faisaient entendre pour défendre le foulard et le droit des jeunes musulmanes à aller à l'école"
--> En la lisant détachée du contexte, j'ai trouvé cette phrase bizarre. Et je n'étais pas d'accord (Ce n'est pas pour défendre le FOULARD mais pour défendre le droit à l'Education de toutes les jeunes filles en France - sans exception - que nous nous élevions contre ces mesures d'exclusion).
En fait, ce que dit l'auteur c'est: "Peu de voix se faisaient entendre pour défendre à la fois LA LAICITE et le droit des jeunes musulmanes à aller à l'école". That's more like it!
On ne se relit jamais assez.
Bien vu Colin.
Je vais corriger de ce pas.
D'autre part, je suis profondément attachée au principe de laïcité.
Or ce principe, avec cette loi sur le foulard, était, au contraire, perverti.
Tout le monde se prévalait (sciemment ou par ignorance) de la "laïcité" (d'où les guillemets) pour justifier l'interdiction du port du voile alors que le port de signes religieux ou autres n'était interdit qu'aux employés au service de l'Etat par souci de neutralité. Pas aux élèves. (d'ailleurs, c'est pour cela que Jospin avait pondu un truc mi-chèvre-mi-chou, au départ).
La laïcité ne doit pas être un intégrisme supplémentaire.
Elle ne veut pas dire: "absence de religion", non plus.
Et la loi de 1901 avait été conçue pour que personne ne soit, justement, exclu. Et pour éviter les communautarismes.
A accepter des coups de canif successifs dans cette loi, au gré des humeurs des uns et des autres, on va finir par la vider de tout sens et de toute substance.
Et j'aimerais que tous ceux (dont la commission Stasi) qui se sont prévalu de la laïcité pour l'interdiction du foulard, fassent autant de raffut pour dénoncer les dérives du chanoine mickey à Rome (entre autres). Qui, elles, sont véritablement hors la loi.
A défaut d'avoir un signe d'intelligence de la gauche à nous mettre sous la dent, je vous livre ce qu'en dit Bayrou:
http://www.lefigaro.fr/politique/20...
Limpide.
Je pense que les religions mentent, fondamentalement, et conditionnent l'individu, qu'elles sont le refuge du communautarisme le plus grégaire, c'est à dire le plus bête. Je pense que l'epanouissement de tout individu ne sera que meilleur libéré de tous ces rites et de ce folklore d'un autre âge, surtout quand ces religions instaurent une differenciation sexuelle. Avec un vocabulaire de circonstances, je crois aussi que l'enfer est pavé de bonnes intentions. Ca c'est mon avis.
Par contre j'affirme que la laïcité en France, pays où les gendarmes sont allé décrocher les crucifix dans les écoles, a été d'abord conçue pour reléguer les religions dans la sphère des lieux de culte et du privé, PUIS assurer la liberté du culte. Votre vision de la laïcité est celle de Nicolas Sarkozy.
D'ailleurs puisqu'on y est, comme quelqu'un l'a déjà fait remarqué, votre article laisse à penser que le voile est interdit en France, ce qui est faux et malhonnête. J'ajoute que pour les pratiques religieuses en salle de classe, il y a des écoles privées --et subventionnées, hein !
Quant au communautarisme, dont vous êtes les défenseurs les plus insidieux, c'est la POLITIQUE qui vise à instaurer les communautés comme l'unité de vie sociale en France, et non les communautés elle-mêmes.
Les communantés existent : la communauté musulmane, la communauté chrétienne, la communauté portugaise, la communauté gitane, mais aussi les membres du rotary, les joueurs de foot, les boursicoteurs etc etc etc... tout ça SONT des communautés. Nous sommes entouré de communautés et en faisons parfois partie de plusieurs.
MAIS
la loi de 1905 considère qu'UNE communauté dans ce pays est PLUS importante que toutes les autres, car TOUT le monde en fait partie : c'est la communauté nationale. Dois-je vous expliquer pourquoi ?
bon allez, bonne année quand même.
Comme si la "France" se réduisait à Chirac, BHL, Finkielkraut et Glucksmann...
"Quant aux féministes de salon, pas mieux. Qu'elles aillent se battre aux côtés des femmes qui subissent de véritables violences, dans les pays en guerre, par exemple, où les femmes, voile ou pas, sont violées et torturées par mesure de représailles."
Oui alors là, c'est pas le langage des féministes de salons, c'est exactement celui que les machos tiennent aux féministes. Et c'est oublier un peu vite que c'est parce qu'il y a des féministes en europe que dans bien des cas la peau de musulmanes promises à la lapidation, ou menacées de mort, a pu etre sauvée.
L'islamo-gauchisme ne m'inspire pas plus que la laicité laicarde. En Italie, il n'y a pas de loi sur le voile, ce qui ne veut pas dire que les femmes voilées sont mieux acceptées. Et quand on voit que la gauche italienne y compris Rifondazione Comuniste trouve que le port du burqa est un libre choix y a franchement de quoi se marrer. J'aime mieux vous dire que ce n'est pas l'opinion des féministes italiennes qui doivent déjà se coltiner le pape et qui sont loin d'etre des féministes de salons, parce que le web ne leur a pas servi à écrire des articles islamo-gauchistes sur le voile c'est un libre choix et pourquoi pas le burqa pendant qu'on y est, mais à organiser une manif de 150 000 femmes comme on en voyait pas depuis les années 70, à Rome, dans la ville du pape, pour dénoncer les violences masculines.
Vous pourriez peut-etre y penser, en France, et oublier les voiles et les voilées cinq minutes.
Ca me rappel le roman "le lion du Panshir" de Ken Follett.
Il décrit entre autre les Afgans manipulés par les uns et les autres qui s'éfforcent de survivre dans une région ou la vie est difficile lorsqu'il y a la paix déjas.
La dessus les intrigues "humaines" et pitoyables ajoutent au malheur de ces gens .
Le savoir et la connaisance sont bien nos meilleurs amis,je crois .
Précision, par rapport au com n°13:
Je suis contre le port du foulard, et contre l'interdiction de le porter. Je défends, dans mon pays, des tas de libertés dont je ne souhaite pas profiter, et entre autres, pour les femmes, celle de s'habiller comme elles le souhaitent (compte tenu, hélas, des multiples pressions qui s'exercent sur elles et qui les obligent, en permanence, à des arbitrages compliqués).
Je ne souhaite porter ni une minijupe, ni le foulard (sauf circonstances particulières), mais j'entends bien que personne ne me l'interdise, ni à d'autres.
Et particulièrement quand il s'agit d'adolescentes, ça leur embrouille la liberté.
Tout d'abord, je voudrais préciser pour ceux qui auraient mal compris, que ce n'est pas MOI qui ai écrit l'article, mais Laila Lalami, http://www.bladi.net/7296-laila-lalami-une-voix-marocaine-en-oregon.html, une Marocaine naturalisée américaine, qui parle du contenu d'un livre qui vient de paraître. Et que je n'ai fait que le traduire.
Quant à la majorité des commentaires, c'est bien ce que dit l'article: "hystérie".
Je rajouterai amalgame et arguties, plus insultes violentes gratuites peu propices à une réflexion sereine.
Je cite:
"islamo-gauchiste"
"Votre vision de la laïcité est celle de Nicolas Sarkozy".
"vous etes les plus insidieux défenseurs du communautarisme.
Des petits Pol-Pot en miniature".
"plus les textes ressemblent à du Maitre Vergès, et plus ils sont publiées".
Bravo pour les argumentations: elles élèvent véritablement le débat et transcendent leurs auteurs.
Par exemple:
"votre article laisse à penser que le voile est interdit en France, ce qui est faux et malhonnête".
Je cite donc l'article, en vrac et de façon non exhaustive:
"mars 2004 avec l’adoption d’une loi interdisant aux élèves de porter des signes religieux ostensibles"
"cette loi s’adressait principalement aux jeunes écolières musulmanes."
"a expulsé trois élèves"
"focalisée sur trois élèves qui portaient le foulard"
"Le Conseil d'État décrétait en définitive que les élèves ne pouvaient pas se voir refuser l’accès …"
"possibilité aux professeurs et aux chefs d'établissements de décider"...
"proposait un projet de loi pour interdire tout signe religieux « ostentatoire » à l’école".
Ce n'est pas assez clair? Il faut vous l'envelopper?
Alors? Qui est "faux et malhonnête"?
Ou illettré.
"Comme si la "France" se réduisait à Chirac, BHL, Finkielkraut et Glucksmann".
Non seulement ce ne sont pas les seuls cités mais, en plus, 95% de la population les approuve sur ce sujet. Un tel consensus est terriblement inquiétant pour le pluralisme de la pensée en France. N'est-il pas?
Si on se bat véritablement pour les femmes, qu'on se batte d'abord contre l'inégalité qui les frappe en matière d'éducation. Et qu'on ne leur ferme pas la porte soi-même.
On refuse de voir qu'on inflige aux jeunes filles une double peine: pressions, voire oppression, familiales et rejet de la part des institutions républicaines et de ceux qui devraient en être les garants. Bravo et au temps pour les grands principes.
Mais curieusement, le fait que des dizaines de jeunes filles soient exclues de l'Ecole n'ébranle pas grand monde.
Pire, cet argument est totalement occulté par celles et ceux qui, justement, prétendent lutter pour l'égalité des sexes.
Or, c'est l'école laïque et républicaine qui enseigne aux filles les notions fondamentales d'égalité dans tous les domaines.
Mais de tout cela, on se garde bien de parler, préférant détourner le débat dérangeant et accuser ceux qui avancent ces motifs d'islamo-fascistes, dans le meilleur des cas.
Je répète: que deviennent ces jeunes filles dont l'école ne veut pas? En avez-vous une idée?
Soit, elles sont retirées de l'école purement et simplement (et peut-être envoyées au bled pour être mariées à quelque barbon), soit elles vont subir des cours dans des écoles confessionnelles de fortune où elles seront endoctrinées par des barbus peu enclins aux Lumières.
Savez-vous seulement le travail de pédagogie que certains, moins aveuglés, peuvent faire dans les écoles publiques, loin des caméras et des agitateurs de foulard?
Quant à m'expliquer à MOI, ce que c'est que le communautarisme, et m'accuser de le favoriser, voire de m'assimiler à l'autre mickey, c'est vraiment manquer de discernement (et je reste polie)!
Peut-on seulement expliquer en quoi je faciliterais le communautarisme? Même pas, juste des affirmations assénées avec l'arrogance de l'ignorance.
Apprenez donc que si l'école publique se met à trier les élèves qu'elle accueille, elle les envoie automatiquement dans des écoles à intérêts privés.
Des écoles confessionnelles, en général, comme en Angleterre, par ex, où les enseignements fondamentaux sont dévoyés par les religieux de tout poil.
Avez-vous conscience que les écoles confessionnelles là-bas, décidant plus ou moins de leurs programmes, se refusent souvent à enseigner l'éducation sexuelle, tentent actuellement d'imposer le créationnisme, et autres joyeusetés de même ordre?
Avez-vous conscience que ces écoles dans lesquelles vous vous moquez bien d'envoyer les filles, constituent des ghettos? Et que c'est cela qui conduit au communautarisme.
Savez-vous seulement qu'en Angleterre, les interlocuteurs de l'Etat sont (entre autres lobbys) les "chefs" de communautés religieuses auprès desquels on prend langue et qu'on charge de faire le ménage dans la communauté?
Et que c'est justement l'ambition de celui qui a pris le contrôle de ce pays-ci.
Savez-vous seulement, pour ne citer qu'un exemple des dérives auxquelles cela peut conduire, qu'à l'issue des attentats de Londres, Tony Blair a interpellé les responsables de la communauté musulmane, les accusant de n'avoir pas maîtrisé leurs troupes?
C'est ça, le communautarisme: c'est la délégation des missions de l'état (éducation, police, etc.) à des groupes privés et sectaires et le cloisonnement étanche des diverses communautés dans une société où elles ne se croisent jamais, ce qui laisse la place à toutes les haines, toutes les injustices et tous les intégrismes.
Chacun dans son coin et Dieu reconnaîtra les siens.
Alors, comparer ce système au club de foot local ou à l'amicale du tricot de Plouc-sur-mer, c'est complètement stupide.
Quant à affirmer que c'est le politique qui crée le communautarisme, et pas les communautés, c'est un peu plus complexe que cela, j'en ai peur.
Ce que je dénonce, c'est justement qu'en excluant les élèves de l'école publique, on favorise les ghettos et la création d'écoles parallèles sectaires.
Les féministes, dont je suis, se battent sur le terrain des inégalités, pas pour en créer d'autres.
Alors, on me dit la religion, je la vomis, il faut la supprimer. Vachement réaliste. Et facile à réaliser. Il suffit de claquer des doigts et hop. A pus, la religion!
Il suffit de supprimer le voile à l'école et HOP, a pus le foulard!
L'interdiction du foulard à l'école, c'est la politique de l'autruche. Qui sert, en plus, à cautionner les thèses racistes et ségrégationnistes qui sous-tendent les objectifs des auteurs de cette loi.
Mais pour comprendre cela, il faut avoir dépassé le niveau de réflexion de la Maternelle.
@ mc: j'avais bien compris cela. Pour la majorité des autres, j'ai bien peur qu'une explication soit peine perdue.
Et puis, un peu d'empathie et moins de venin ne fera de mal à personne.
"So this is Christmas, Lennon"
http://www.youtube.com/watch?v=s8jw...]
@emcee
je suis entièrement d'accord avec ton dernier com
"Les féministes, dont je suis, se battent sur le terrain des inégalités, pas pour en créer d'autres."
j'aime bien le com 20 de mc aussi.
derrière les réactions contre le voile se cachent trop souvent un racisme latent, un chauvinisme sournois, la certitude erronée de la supériorité de la civilisation occidentale.
au fond, encore et toujours le "choc de civilisation"
je pense plutôt comme par exemple Emmanuel Todd et Youssef Courbage qu'il faut préparer un Rendez vous entre les civilisations.
pour cela il faut être capable d'accepter l'autre, avec ses différences, ce qui ne signifie pas se laisser imposer son mode de vie ou sa religion, mais apprendre à vivre côte à côte en bonne harmonie.
en écrivant cela j'ai l'impression d'être dans l'utopie, mais c'est pourtant un message essentiel car nous sommes à l'aube de grands bouleversements (climatiques, énergétiques, financiers)
un bel appel lu ce matin, et qui indique la juste direction: être solidaires pour combattre l'ignominie.
http://bellaciao.org/fr/article.php...
En 1989 circulait à Rouen ce texte : http://flaneries.ouvaton.org/foular...
un pied de nez à cette hystérie médiatique contre trois jeunes filles.
NB : "Les Voiles de la liberté" était le nom donné à un rassemblement de voiliers de prestige en la ville cette année de bicentenaire (ce rassemblement a pris depuis un nom plus guerrier : Armada).
Ce texte est l oeuvre d une marocaine naturalisée américaine, un pays où être un bigot est très bien vu...
Notre laïcité à reçu nombre de coups de canifs pourtant je ne suis pas d accord pour accepter la kippah, le voile ou les croix. Je trouve même que tout signe distinctif devrait être absent à l école. Je vais même plus loin en affirmant que je suis pour le retour d une tenue (blouse par exemple) à l école . Cela n a pas pour raison que la religion mais aussi la discrimination qui peut être faite sur les vêtements par les jeunes entre eux : identifier le riche, le catho etc etc...
La loi sur les signes extérieurs est une réussite. Les professeurs qui se heurtent à des refus pour une élève d'aller à la piscine ou aux cours d'éducation physique, ceux qui se heurtaient à des intimidations, ont maintenant un outil clair pour discuter. L'argument qui à l'époque opposait le peu de cas problématiques est vrai, mais ne me semble pas pertinent.
D'abord parce qu'il y a les attentistes : ce n'est pas parce que vous ne faites rien que vous pourriez jamais être soumis à une pression culturelle. Le nombre de femmes voilées dans ma banlieue par rapport à ce même nombre il y a 20 ans est éloquent.
Puis, à l'époque, des mouvances islamistes, notamment celle de Tariq Ramadan (Frères musulmans), cherchaient à créer discrètement une jurisprudence.
Ensuite et surtout parce que le gouvernement ne prends pas que des décisions au poids. Ce n'est pas parce qu'il y a peu de cas que des élus ne doivent pas considérer des problèmes sociétaux, culturels ou philosophiques.
Enfin il est bon sur ce type de sujet qu'une décisions soit claire et unique, au lieu de laisser la décision et le pouvoir à je ne sais quel directeur d'établissement.
Je suis étonné des gens qui se qualifient à gauche défendent l'éducation religieuse.
Comment qualifier cette jeune écrivaine marocaine allant traiter les Français de racistes dans un magazine Etats-unien ? éclairée ? clairvoyante ? partisane ? intolérante ? grossière ?
Les femmes ont-elles le droit de se trouver en "petite tenue" sur certaines plages des pays théocratiques ?
Les femmes ont-elles le droit de se trouver en "petite tenue" sur certaines plages des pays théocratiques ?
"je ne suis pas d'accord avec le port du foulard, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que les femmes aient le droit de le porter."
HA ha ha ! pas mal ça. Tout est dit.
Non seulement cette phrase affirme bêtement que le voile est une opinion politique, en se substituant à la liberté d'expression, mais laisse maladroitement entrevoir le radicalisme le plus violent en évoquant le martyr.
Il n'est tout simplement pas possible que l'auteur de cette ligne est compris quoique ce soit à Voltaire, tout bardé de diplôme américains qu'elle soit.
Voltaire pour défendre l'obscurantisme et la religion !
Mais c'est un triple saut qu'il éxecute dans sa tombe !
Bonjour,
"je ne suis pas d'accord avec le port du foulard, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que les femmes aient le droit de le porter."
Cette phrase est effectivement malheureuse, la mort est trop sérieuse pour s'en amuser.
Voltaire, contrairement à une légende tenace, n'a - à la connaissance de ses exégètes, jamais tenu ce type de propos ou, du moins, la paraphrase suggérée qui est souvent reprise, ici ou là, par de contemporains matamores.
Maintenant, ce cher Voltaire ne fait pas dans la subtilité concernant la mort des autres, un exemple ici : http://www.sente-de-la-chevre-qui-b...
@céleste,
je viens à peine de "libérer" tes com', restés dans mes indésirables. Désolée.
Comme tu peux le constater, nous ne sommes pas majoritaires ici à penser la même chose.
Toujours les mêmes rengaines et la même haine sous-jacente. Ca me fatigue.
Toi, tu connais le problème, ne serait-ce qu'en Inde, et moi, contrairement à ce qu'affirme péremptoirement la haineuse de service, je le connais bien ici. J'ai maintes occasions de rencontrer et de parler à des femmes et des jeunes filles de culture nord-africaine. Et je n'ai ni de connaissance livresque, ni je ne m'appuie sur des statistiques bidon.
Alors, tous les théoriciens de la laïcité mâtinée à leur sauce me gonflent.
Hélas, ils servent de caution, voire ils applaudissent, à toutes les mesures que prend le gouvernement à l'encontre des immigrés et des autres.
Un exemple de ce qu'on véhicule sans analyse, juste pour étayer les thèses racistes?
"80% des personnes sous le seuil de pauvreté sont des femmes, et les immigrées ne représentent pas la moitié de cet effectif. La plupart des SDF sont en majorité des hommes, et ils ne sont pas non plus immigrés".
Comment peut-on interpréter ces chiffres, au premier degré? Eh bien que les immigrés sont mieux lotis que le reste de la population, évidemment! Et qu'ils n'ont pas à se plaindre. Voire qu'ils viennent manger le pain des bons Français.
C'est pas digne du Fhaine, ça?
Evidemment, il y a une autre explication à cela, mais je ne vais pas perdre mon temps là-dessus.
Merci, céleste, d'être venue commenter ici, et crois bien que je préfère, et de loin, ton humanisme à la haine dont nous abreuvent certaines.
Toi et moi, et probablement mc, avons plein d'ami(e)s qui nous aiment et nous respectent pour ce que nous sommes et que nous défendons.
Je laisse votre dernier com', pour montrer la teneur de vos propos et la richesse de votre analyse.
Et vos préjugés et suppositions idiotes sans fondement aucun.
Vos prochains commentaires seront supprimés.
Je n'ai pas l'habitude de me laisser insulter sur mon blog ni de laisser insulter les autres.
Surtout par vous, qui ne savez que déverser des torrents de fiel sur les blogs que je consulte.
Qu'il y ait débat, oui, mais que vous tourniez cela à l'invective et aux injures gratuites, non.
Adieu.
Cette histoire de voile vient rappeler que la France multi-culturelle c'est pas encore gagné. Et c'est sur ce point qu'il faudra peut-être plutôt réfléchir : comment faire cohabiter différentes traditions, cultures et religions dans une ville, des institutions, un pays.
En réussissant à ce que des immigrés et fils d'immigrés Français puissent trouver leur place sans que d'autres Français aient le sentiment que leur culture, leur lois et leurs traditions soit menacées.
Ce sont toutes ces peurs qui sont à la source du "racisme" au sens large, et je désespère de ne voir que peu de monde en parler sans les moquer (et donc les étouffer encore plus) ou les entretenir (cf. le fond de commerce de l'UMP et du FN).
Alors je sais pas comment faire sur le terrain ou dans les médias, mais force est de constater que la méthode "anti-racisme bien pensant" ne fonctionne pas. On est bien dans un cercle vicieux ou l'exclusion entraine des replis et des violences chez les uns qui entraine une peur et un rejet des autres... pérennisant le phénomène d'exclusion etc.
Je suis bien d'accord avec toi, Flo.
Il est difficile d'arriver à une France muticulturelle où les uns s'enrichiraient des autres et où tous vivraient en toute quiétude, sans craindre les regards méprisants ou l'ostracisme.
Difficile n'est même pas le mot: impossible, plutôt.
Parce qu'il faut aux pouvoirs des boucs-émissaires pour fonctionner.
Et il en faut encore plus quand ce pouvoir s'octroie des privilèges éhontés.
C'est ce qui arrive actuellement, où les principes de la République sont foulés aux pieds.
Ce qui me désole, c'est qu'autant de gens tombent dans le panneau, sous des prétextes plus ou moins avouables.
Quant à l'"antiracisme bien pensant", si nous avons la même définition, c'est une forme édulcorée du racisme, dans la mesure où on se pose quand même comme étant supérieurs aux autres.
Pour l'instant, en voyant que tout va à vau-l'eau, je désespère un peu d'un renouveau des Lumières.
Il y a peu de chances aujourd'hui que l'on se mette tous autour d'une table pour dire "Stop! Rien ne va plus, la société dans laquelle nous sommes n'est pas celle que nous voulons, alors, on s'arrête et on réfléchit".
Il n'y a qu'à voir le manque de rationalité qui entoure le port du foulard.
Nos ancêtres, hommes et femmes, qui ont établi les fondations de la république, pierre par pierre, et qui ont lutté pour les droits de tous, année après année, seraient effarés de voir ce qu'on en a fait.
Et ce n'est pas fini.
J'ai eu l'ocasion de fréquenter, quoique un peu superficiellement, des femmes portant le foulard.
Quand je travaillais comme psychologue dans une banlieue de province, quelques unes fréquentaient les groupes de discussion que j'animais. Je ne les ai trouvées ni sottes, ni sectaires, quoique un peu empêtrée dans une morale qui ressemblait, hélas, furieusement à celle dont on m'avait ligotée dans mon enfance ultra-catho. En tous cas, on pouvait fort raisonnablement discuter avec elles.
Elles étaient très soucieuses de l'éducation égalitaire de leurs enfants, et de dignité et d'égalité pour les femmes par rapport aux hommes, cette dignité passait pour elles dans la décence de leur tenue. J'ai pu donner mes arguments (tout à fait opposés) sans me faire ni snober, ni insulter.
Par ailleurs, les dames qui faisaient le ménage le soir dans mon service, et que je rencontrais assez souvent vu l'heure de mes rendez-vous avec le public, étaient d'une catégorie différente: plus âgées, ayant vécu jusque-là habillées normalement, puis ayant découvert sur le tard les vertus (?) de la religion. Je ne me gênais pas pour plaisanter avec elles sur leur nouvelle allure, et aussi sur leur panique de petites filles quand je recevais un couple, donc un homme, alors qu'elles avaient enlevé leur foulard. Ce qui nous valait de sympathiques séances de fou-rire collectif.
D'autres femmes de ménage, plus jeunes et plus "libérées" apportaient aussi leur grain de sel. Je me souviens d'un dialogue surréaliste entre une de ces jeunettes qui faisait découvrir à une femme plus mûre qu'on pouvait porter plainte pour viol y compris contre son mari. L'autre, porteuse de foulard mais harcelée par un mari violent qui refusait la rupture, n'en revenait pas. Il a fallu que je confirme et que j'explique.
D'où ma conviction qu'il se passe de drôles de choses sous le voile! Particulièrement ces femmes déjà âgées et en rupture de couple s'en servaient pour se protéger des pressions machistes et moralistes: séparées certes, mais vertueuses...
Encore une fois, au quotidien, les femmes font ce qu'elles peuvent et utilisent parfois, de façon paradoxale, une oppression contre une autre.
C'est pourquoi je réclame avec énergie qu'on leur foute la paix!
mc a écrit : "C'est pourquoi je réclame avec énergie qu'on leur foute la paix!"
Oui, pour le moins, et comme vous le montrez - justement - qu'on puisse converser, rire, être remué, être séduit, être renversé, être bousculé : vivre ensemble quoi !
merci à mc et à Christian,
En effet, on n'a peur que de ce qu'on ne connaît pas.
Je connais moi aussi (pour diverses raisons) beaucoup de femmes, toutes générations confondues, dont la famille ou elles-mêmes sont originaires d'Afrique du Nord.
Elles ont, comme nous, des approches différentes de la vie, de la religion, des relations avec les hommes. Certaines sont émancipées, divorcées mêmes, et/ou prennent la pilule, ou s'occupent d'associations ou sont (apparemment, parfois) soumises à l'autorité masculine, certaines font la prière régulièrement, d'autres l'"oublient". Comme nous, quoi. Une mosaïque.
Elles peuvent porter un foulard ou, pour les plus jeunes, souvent, des jeans ou des vêtements près du corps.
Elles sont vivantes et elles ont une générosité qu'on ne rencontre plus beaucoup dans nos milieux occidentaux.
C'est une des raisons pour lesquelles il y a peu de SDF immigrés: ils sont toujours accueillis quelque part.
Ayant vécu dans des pays totalitaires, elles (et ils) sont, dans leur grande majorité, très respectueux des lois françaises, contrairement à ce qu'on veut laisser croire.
Les marginaliser, c'est les livrer aux ayatollahs qui guettent dans l'ombre.
Les considérer en bloc, c'est avoir une vision binaire de la société. Bien/mal, pour/contre, etc.
NB: Je n'aime pas trop parler de moi-même (ce n'est pas la vocation de ce blog) mais je voudrais préciser, pour ceux qui n'ont pas lu les articles de mon blog et afin de lever la confusion, que je suis agnostique, athée, républicaine et laïque. Et qu'il est trop tard pour que j'en change.
Moi aussi, j'ai eu le même parcours qu'mc: famille très catho. Et je me suis moi-même dégagée rapidement du prêchi-prêcha et des conneries sur le paradis où les pauvres seraient "assis à la droite de Dieu" et de toutes ces fadaises qu'on leur raconte pour les laisser à leur pauvreté et ignorance - et justifier l'injustifiable.
Cela ne m'empêche pas de respecter les individus, quels qu'ils soient.
Si c'est faire du sentimentalisme bêlant, ça, je n'en ai rien à faire. Je me préfère nettement comme cela.
Intellectualiser à outrance des comportements et oukazes religieux est sidérant. Je suis athée mais "d'origine musulmane", j'ai été à l'école, au lycée et à l'université, des année 60 jusqu'à la fin des années 70 en Algérie. durant toute cette période (enfance et jeunesse)je n'ai jamais vu ou rencontré des filles voilées, mes camarades étaient "normales" et le contraire nous aurait toutes scandalisées. Seules les femmes qui n'allaient plus à l'école -et on considerait cela comme une disgrâce- et les femmes de l'âge de nos mères et grand-mères portaient le haïk (voile blanc couvrant tout le corps) et elle considéraient cela comme une habitude habituée.Le mouvement d'émancipation des femmes était en marche car n'en déplaise à nos intellectuel-les de la liberté, le voile est une prison derrière laquelle le pouvoir masculin espère dérober et posséder le corps des femmes. Et voilà qu'avec l'avènement de l'islam politique, on nous ressert la vieille antienne de la liberté de penser !
Halte au pouvoir patriarcal, stop au racisme à l'envers ! la liberté réelle n'obéit pas à un code vestimentaire destiné à rendre invisible au dehors l'invisibilité du dedans.
Ce genre de prise de position et d'explication de l'insoutenable est dangereux pour toutes les femmes.
Eh bien ça fait plaisir de voir une citoyenne de l'Oregon se soucier de la liberté religieuse en France. Si, si. J'espère qu'elle ne limite pas sa sollicitude à notre pays, et qu'elle milite activement pour la liberté religieuse dans tous les pays du monde, à commencer par l'Arabie saoudite, qui à ma connaissance n'a toujours pas ratifié l'article correspondant de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.
Petit point (un détail peut-être): la loi française concerne les "signes ostensibles" à l'école, non dans la rue. Rien, absolument rien, dans le Coran, n'oblige les filles (ni d'ailleurs les garçons) à porter le voile à l'école.
"Les blogs que vous "consultez" sont à votre image et je ne les aime pas, comme je ne vous aime pas" (Lory, 42):
Franchement, Lory, j'hésite à vous répondre, de peur de déclencher une fois de plus des ouragans d'amertume et de haine, mais moi, les gens que j'aime pas, j'évite simplement de les fréquenter, je les oublie, autant que faire se peut. Je préfère consacrer mon temps à ceux que j'aime.
Je ne comprends pas que vous puissiez continuer à être obsédée par tous ces gens que vous détestez, à intervenir sur leurs blogs, à parler d'eux sur le vôtre.
Je suis vraiment perplexe...Vous êtes pour moi un mystère total.
« la liberté réelle n'obéit pas à un code vestimentaire »
Parce que l'obligation de montrer ses cheveux, ce n'est pas n code vestimentaire ?
désolé pour le double post, mais je viens d'aller faire un tour chez cette Lory ; C'est atroce. le racisme le plus primaire s'y exrime sans retenue. Je n'ai pu y mettre de commentaire, finalement tant mieux. Un exemple entre mille : cette fafounette a vu, horreur, une boulangère avec un foulard sur la tête : elle n'y est « bien sûr » plus retournée…
Pour revenir au sujet : avez-vous vu chez Ibn Kafka Alliot-Marie en hidjab ? Mais c'était au Vatican…
"La liberté réelle"... Olala, autant croire au Père Noël.
La liberté, c'est toujours dans un cadre, plus ou moins étroit. Et particulièrement étroit quand il s'agit de femmes et de codes vestimentaires!
Heureusement pour elles, les femmes sont de sacrées acrobates en cette matière. Depuis des générations, elles ont appris à jongler avec leurs multiples et contradictoires (et péremptoires) obligations, et à se ménager, quand même, de minuscules espaces de liberté personnelle. Parfois même des interstices de plaisir ou de bonheur.
Tiens! je n'avais même pas songé à aller voir le blog. C'est vrai, Cobab, c'est hallucinant.
J'avais regardé le lien qu'elle a donné: pas mieux.
Comment peut-on porter autant de haine en soi, cela dépasse mon entendement.
MAM en hijab? bien oui, l'église catho demande aussi à "ses femmes" de se couvrir la tête. C'est plus démodé, mais cela existe encore, en particulier au Vatican. Pour rencontrer le pape, il faut un fichu. On se demande pourquoi. Les hommes, eux, en revanche, doivent se découvrir. Des conventions?
En effet, la liberté est toute relative. Et chacun s'en arrange comme il /elle peut.
Je tiens d'une amie tunisienne que l'espace consacré aux femmes est souvent joyeux, voire frivole.
Elle font la cuisine ensemble, elles s'occupent de leurs cheveux, de leurs corps et elles refont le monde.
Et elles n'ont pas besoin de fusils pour exister.
Rien n'est rose ou noir pour personne dans un pays qui n'est pas en guerre.
Simplement, il faut veiller à ce que les forts n'écrasent pas les faibles. Dans toutes les sociétés. Et la nôtre n'en est pas exempte, aussi "civilisés" croyons-nous être.
Et pour cela, il faut une prise de conscience collective et des règlementations.
Tiens donc ! Quand il s'agit des soeurs Lévy qui vont à l'école, on les applaudit bien fort. Et quand c'est chez le pape, "on se demande pourquoi". Oui, pourquoi se demande-t-on pourquoi ?
Melchior, sur un ton ironique écrit : "Eh bien ça fait plaisir de voir une citoyenne de l'Oregon se soucier de la liberté religieuse en France."
Je n'ai pas lu le même article que vous, le sujet, me semble-t-il en était : "Enquête sur l’hystérie déclenchée par le voile islamique en France" et non sur la liberté religieuse et le texte source provient semble-t-il du New Jersey et non de l'Oregon (l'article de Laila Lalami s'appuie sur le livre de Joan Wallach Scott -> http://en.wikipedia.org/wiki/Joan_W... . - à ce propos, emcee, un petit point gêne l'ouverture de l'adresse de la présentation de l'ouvrage "The Politics of the Veil").
Mais c'est plus que vous vous moquiez qu'une habitante d'"Oregon" puisse écrire un livre à propos des moeurs de nos contrées plutôt que d'autres plus obscures qui me fait réagir.
J'aime, de mon côté, ces regards extérieurs - même s'ils sont parfois partiels, partiaux, injustes, tout ce que vous voulez... Ils apprennent sur nous-mêmes et c'est précieux. Pour ne citer que trois anglo-saxons : ne sommes-nous pas redevable à Arthur Young et son récit d'un voyage en France en 1789, à Stevenson et ce petit bijou qu'est son Voyage avec un âne dans les Cévennes ou Robert O. Paxton et sa France de Vichy ?
PS : votre prénom est charmant
"On se demande pourquoi" ... le foulard revient dans les religions. Ce n'était pas assez clair?
Quant à "applaudir bien fort", je crois qu'on a été suffisamment prolixes sur le sujet pour ne pas reprendre toutes les explications pour quelqu'un qui, de toute façon, ne cherche pas à comprendre.
@ Emcee
Qu'en savez-vous ?
Pourquoi les filles et pas les garçons ?
Pacs vos biscottes (comme je dis toujours).
@ Christian
Young, Stevenson et Paxton ont séjourné en France...
Moi aussi j'apprécie les regards extérieurs (et je suis abonné à Courrier International). Mais là, où est le regard ? C'est du oui-dire de oui-dire !
Et n'y a-t-il pas des pays où l'hystérie à propos de la religion est un peu plus forte ?
PS. Votre prénom est charmant, lui aussi, et plein de connotations.
A tous, bonne et heureuse année du Singe (eh oui, c'est bientôt).
Lory : vous êtes bien entendu libre de choisir vos commerçants en fonction de leur religion supposée ou de leur tenue vestimentaire. De même que les commerçants et clients sont libres de parler la langue qui leur agrée. Si vous ne la comprenez pas, prenez-vous-en à votre manque de culture et au monolinguisme auquel l'État français a de force réduit sa population.
Par ailleurs je sais lire. J'ai pu lire par exemple que trop de noirs dans le métro vous donne l'impression de ne plus être chez vous.
Un dernier conseil : évitez d'utiliser le mot rance. Je sens l'odeur jusqu'ici.
Tout à fait, Christian.
Si on ne devait rester que dans le domaine franco-français, sous prétexte qu'on n'a vécu nulle part ailleurs, ce serait bien réducteur, dans la mesure où la vision du monde fait partie de notre culture également.
D'autre part, ce n'est pas parce qu'on vit dans un pays qu'on connaît mieux que les autres ce qui s'y passe.
Et enfin, ici, tout le monde a une opinion sur le foulard, mais combien y en a-t-il qui ont côtoyé des femmes musulmanes et ont discuté avec elles?
Faut-il seulement se cantonner à ce qu'on a vécu personnellement? Certains n'auraient plus grand-chose à dire.
Quant à laila Lalami, sa connaissance de ce qui se passe ici, historiquement et culturellement, est bien plus vaste que celle de la majorité d'entre nous.
De plus, il se trouve que c'est une musulmane (d'origine marocaine, elle a peut-être de la famille en France, d'ailleurs?), qu'elle ne porte pas de foulard, et qu'elle vit dans un pays où les codes vestimentaires sont très importants.
Son point de vue me semble alors bien plus intéressant que celui de Français-es qui ne voient cela qu'à travers leurs préjugés.
Le oui-dire, quoi.
Benoa, décidément, on n'est pas faits pour se comprendre ;-D.
Je posais simplement la question de savoir pourquoi les femmes devaient se couvrir la tête, que ce soit dans la religion catholique, juive ou musulmane.
Et je ne connais pas la réponse, donc si qqun sait, merci de m'éclairer.
Ce n'était pas une critique.
Je laisse ces derniers com's à la vue de tous, puis, je les effacerai. (commentaires placés dans les indésirables)Non seulement, ce que vous dites ne m'intéresse pas, mais en plus, vous vous égarez.Vous n'êtes pas dans un forum.
D'autre part, je suis ici libre de garder ou de supprimer les commentaires. Et je ne m'en priverai pas.
Alors, oubliez-nous. Nous serons ravis de vous rendre la politesse.
@ Emcee
Vous avez l'air de bien conaître Laila Lalami... Pouvez-vous lui donner le bonjour de ma part ?
Bonne année, et bonne santé.
On oublie dans tout ça que pas mal de jeunes filles se voilent avant tout pour éviter les machos du quartier, qui "respectent" les "religieuses" et pas "les autres"... Franchement, on se moque bien de l'origine théologique du voile et des explications ad-hoc. Je suis certain que pas mal de filles se passeraient bien du foulard si la pression n'était pas si forte...
La vraie liberté, ce n'est pas de pouvoir porter le foulard...
@ Emcee
Sur le pourquoi de l'étoffe pour couvrir la tête, il n'y a (mal)heureusement pas de réponse simple. Les bribes de réponse ne renvoient pas qu'à des considérations théologiques ou "sacrées" mais aussi à la transmissions de signes, de codes, d'usages, de rituels et de rapports sociaux variés et jamais innocents. Ce serait une gageure de l'aborder précisément ici (et j'en serais bien incapable sans une copieuse documentation à portée des yeux).
Cependant, j'aime beaucoup le message de mc à ce sujet (le numéro 50) - et ne suis pas insensible au complément rapide de Grosse Fatigue.
Je reviendrai, de temps en temps, sur votre site lire vos nouveaux articles.
@ Melchior
Nous ne naissons ni vierge ni indemne, il n'est pas
nécessaire de le voiler. Quant au singe, si vous vous référez au calendrier
chinois nous en sommes encore au cochon jusqu'au 7 février, alors, ce sera le
rat.
Mais Joan Wallach Scott a séjourné en France et y a même enseigné, pour Laïla Lalami, je n'en sais rien, mais regarder la France du Maroc puis des Etats-Unis sont de bonnes perspectives (je devine d'ailleurs que vous n'êtes pas insensible à ce regard). Merci pour mon prénom d'avoir relevé ses connotations : chacun porte sa croix
@ Tous
Meilleurs voeux
@ MGB
Vous aussi vous faites le malin?
J'en connais ce que j'ai lu sur Internet, d'abord sur le lien que j'ai donné plus haut et sur ceux-ci, entre autres.
http://www.lechoixdeslibraires.com/...
http://www.britishcouncil.org/fr/mo...
A voir qu'à moins de quarante ans, bardée de diplômes, elle est reconnue dans les milieux littéraires et journalistiques anglophones, dont américains, cela implique peut-être qu'elle a quelque talent.
Si cela ne vous suffit pas pour lui donner une légitimité quelconque, c'est que vous pouvez sans doute vous prévaloir d'un pedigree bien plus glorieux.
Alignez-le donc et ensuite nous pourrons débattre en toute intelligence de la médiocrité de cette personne et du peu de valeur de son travail.
@grosse fatigue
Merci d'être passé par ici.
Je regrette, mais vos arguments, vous le constaterez aisément grâce aux commentaires éclairés, ne valent rien: ce ne sont pas les femmes sous le voile qui importent,c'est le voile en soi.
A dire que certaines le portent pour échapper à la pression d'obscurantistes et qu'il faudrait les en préserver, vous versez direct dans l'islamo-gauchisme primaire, vous aussi.
Rien de moins.
@67:Sachez que vos menaces et vos gesticulations m'indiffèrent. Vous avez trouvé un nouvel os à ronger et comme le pitbull, vous ne lâchez pas.(commentaire superflu: les commentaires auxquels je réponds ont été placés dans les "indésirables")Vous êtes tristement ridicule.
@ Christian
Merci d'abord, d'avoir compris ma question - cela ne semble pas être si simple que cela. :-).
Et merci d'y avoir répondu, même si nous n'avons tous deux pas d'explication probante, malgré votre nom prédestiné et les lourdes séquelles que je trimballe depuis mon enfance dans un milieu catho.
Merci, également, d'avoir dialogué sereinement et intelligemment.
Je suis d'accord avec vous: les com' d'mc sont très pertinents et intéressants.
Je vous accueillerai volontiers à nouveau ici quand vous y passerez.
NB: pour Laila Lalami, j'ai mis un lien dans un de mes com' et deux autres juste avant celui-ci.
Avant de choisir un sujet de traduction, je vérifie toujours les sources et j'en donne d'autres pour que chacun puisse se faire une idée et pour éviter de publier n'importe quoi.
Derrière la guerre du voile, et des attaques contre les musulmans, voilà ce qui suit logiquement:
http://contrejournal.blogs.liberati...
Un excellent article.
Si on avait deux sous d'intelligence, on aurait compris qu'on était manipulés depuis un bon moment.
Mais, ça ...
Et que vont faire les laïques auto-proclamés? Brailler dans le vent. Parce qu'en ouvrant la boîte de Pandorre, ils ont favorisé cette ascension de la religion dans le domaine public.
Débrouillez-vous avec ça. Ce n'est pas en dénonçant qu'on conjure les maux, mais en les prévenant.
L'article de Laila Lalami est intéressant aussi bien par ce qu'il contient que par ce qu'il omet (volontairement ? je ne le crois pas). En Angleterre, où le port du voile est autorisé dans les classes, il est fréquent de voir, comme je l'ai constaté, des jeunes filles de 6 ou 7 ans qui portent le voile, le foulard, etc. Vous aurez du mal à me faire croire qu'à cet âge là, elles ont choisi librement de le faire. En France, grâce à la loi de 1905 (renforcée par celle de 2004) cela ne peut arriver. Toujours en Grande Bretagne, une enseignante a même demandé l'autorisation d'exercer en portant... une burka. Voilà ce qui arrive lorsque l'on ouvre la boîte de Pandore. La loi sur la laïcité, interdisant entre autre le port de signes religieux, date de 1905 ; à cette époque il n'y avait que peu de musulmans en France. Elle visait en priorité la religion principale à l'époque, à savoir la religion catholique. Et son adoption s'est faite dans la douleur (au prix du sang) puisque ce sont les forces de l'ordre qui furent charger de l'appliquer, notamment en ce qui concerne les biens du clergé. Je veux dire par là que parfois les lois s'appliquent avec quelque violence, malheureusement. Le sort de ces quelques gamines qui furent exclus de leur école est bien triste mais parfois la sanction est nécessaire (cette sanction est relative si on la compare aux morts de 1905). Au moins cette loi protège t-elle les milliers de jeunes filles musulmanes qui ne désirent pas porter le voile à l'école. D'ailleurs cette loi ne vise pas que les musulmans comme le proclame l'article puisque certains élèves sicks ont également été renvoyés de leur établissement. La loi sur la laïcité est difficilement compréhensible pour un anglais ou un américain car la France et la Grande Bretagne ou les Etats Unis n'ont pas la même histoire. La religion dans ces deux pays anglo saxons est liée à la liberté d'expression (pour des raisons diverses d'ailleurs). En France, la religion a souvent été synonyme d'interdiction, de répression. C'est pour cela que la France n'a pas la même conception de la laïcité que la Grande Bretagne ou les Etats-Unis. La Révolution française s'est faite entre autre contre la religion, ce qui n'est pas le cas de la révolution américaine du 18ème siècle. Il y a 2 façon "historiques" d'expliquer le ressentiment des français à l'égard du voile islamique : une de ces façon consiste à se référer à la colonisation et à ses atrocités, comme le fait avec talent Mme Lalami et l'auteur du livre qu'elle évoque. L'autre consiste, comme je viens de le faire, à se référer à l'histoire plus ancienne, en remontant à la Révolution. Il est évident que la défiance des français envers l'obscurantisme religieux remonte à la période révolutionnaire. D'ailleurs la France n'est pas un pays catholique, ni officiellement ("la République ne reconnait aucun culte" - article 1 de la loi de 1905), ni dans la pratique (près de 50 % des français se déclarent sans religion d'après une récente enquête). Là encore, cette exception est très difficilement compréhensible en Angleterre ou aux Etats-Unis, sociétés dans lesquelles la religion est très présente, jusqu'au sommet de l'état, suivez mon regard. Bien sûr, l'hystérie médiatique sur l'affaire "du voile" en France est évidente. Bien sûr que cette hystérie sert à masquer des inégalités criantes concernant l'état des écoles dans les quartiers populaires. Et alors ? Ne peut on pas lutter à la fois contre ces inégalités flagrantes, contre le racisme ambiant, et contre tout obscurantisme qu'il soit religieux ou autre ? Ce n'est pas parce que les journalistes français font de la désinformation (souvent par incompétence) qu'il faille ouvrir en plus la boite de Pandore. D'autant que les quelques affaires de "voile", ultra minoritaires, ont parfois été le fait également de manipulation de la part des milieux intégristes musulmans. Souvenons-nous en effet de la jeune fille musulmane strasbourgeoise qui s'est rasée la tête devant son lycée devant des dizaines de journalistes avec caméras... qui avaient prévenus à l'avance (par des associations religieuses quelque peu fondamentalistes) du "show" qui se préparait. Si ça c'est pas de la manipulation !! De la pression intolérable sur l'éducation nationale !!. Et que dire des deux soeurs Lévy qui connurent leur heure de gloire sur les plateaux de télé, la larme à l'oeil, criant haut et fort à l'injustice alors qu'elles transgressaient une loi approuvée par l'immense majorité des citoyens de toute conviction religieuse ou philosophique. D'ailleurs, ne peut on pas souvent mettre l'affaire du voile sur le compte de quelques révoltes adolescentes (ah le fameux principe du "Moi Je..."). Enfin l'article se termine par une citation empruntée "à un philosophe français". Deux réflexions : Premièrement, Mme Lalami se garde bien de citer le nom du philosophe (encore une omission ? ). Et pour cause : il s'agit de Voltaire, qui a écrit les choses les plus cruelles à l'égard des religions, de TOUTES les religions. Si bien que sa pièce (pas très bonne par ailleurs) "Le fanatisme ou Mahomet le prophète" qui est une charge virulente contre l'islam en général et Mahomet en particulier, est régulièrement déprogrammée suite aux pressions de certaines organisations musulmanes (ce qui n'était pas le cas il y a encore 5 ans). Aujourd'hui, il est devenu quasiment impossible de la jouer alors que les pièces brocardant les autres religions ne posent pas de problème. On comprend donc que Mme Lalami ait du mal à se souvenir du nom de ce "philosophe français" (Voltaire, qui déclarait également à propos des religions "Ecrasons l'infâme". Tiens, cette citation est beaucoup moins reprise par les défenseurs de la "liberté" de porter le voile à l'école). Ma dernière réflexion est la suivante. Cette phrase que Mme Lalami emprunte à Voltaire : "Je ne suis pas d'accord avec vos idées mais je me battrais pour que vous puissiez les exprimer ", est très belle mais stupide. Pour ma part, je ne suis pas d'accord avec les idées du Ku Klux Klan et je ne me battrais jamais pour que ces gens là puisse s'exprimer en France (alors qu'ils ont droit de le faire aux Etats-Unis). Encore une différence culturelle entre ces deux pays.
@ Emcee
Mais je n'ai jamais contesté une quelconque légitimité à madame Laïla Lalami, elle a bien le droit d'être bardée de diplômes et de dire ce qu'elle pense. Moi, je ne suis qu'un modeste quidam sans pedigree qui vis dans un quartier dit "sensible" (de quoi j'me mêle, aussi). Il se trouve que j'ai fréquenté quelques étudiantes et lycéennes de confession musulmane, à l'époque; leur son de cloche (si je puis dire) était quelque peu différent, mais je ne prétends pas, pour ma part, généraliser. Je regrette seulement qu'on ne réfléchisse pas davantage à la liberté religieuse dans d'autres pays du monde. C'est bon, c'est bon, je ne dirai plus rien (c'est le moment des bonnes résolutions).
@Dan,
Merci de votre contribution fort intéressante et étayée.
Je suis d'accord avec l'ensemble de ce que vous exprimez.
La situation, on le voit, est trop complexe pour qu'elle se résume à la simple interdiction de signes religieux à l'école, qui a exacerbé les passions (et qui le fait encore, apparemment).
Et comme vous le dites justement, il aurait fallu traiter parallèlement les injustices flagrantes, le racisme et la finalité de la laïcité pour qu'une telle mesure soit véritablement efficace et pédagogique.
Or, rien n'a été voulu dans ce sens, bien au contraire.
Il en va ainsi du traitement des pauvres sur lesquels on rejette la faute de leur pauvreté (exemple significatif récent: le "Fini la glandouille" de cette imbécile, qui laisse croire que si ceux des quartiers pauvres ne trouvent pas de travail, c'est, bien entendu, parce qu'ils ne veulent rien faire).
Et, c'est bien ce que je reproche à cette affaire: avoir monté médiatiquement une occurrence marginale finalement (sans les médias, les contestations, mêmes légitimes n'existent pas: voir les dernières grèves réduites à des prises d'otages d'honnêtes citoyens), et qui serait retombée comme un soufflé, pour servir des fins beaucoup plus sournoises. A savoir, diviser les citoyens de ce pays pour mieux les manipuler. Ce qui a été fait magistralement.
Il n'y a qu'à voir la place que prend la religion actuellement dans cette France qu'on proclame laïque.
Et cela ne date pas du 6 mai dernier. Le ministre de l'Intérieur devenu président avait déjà fait divers appels du pied aux communautés religieuses, cherchant à enfermer les citoyens dans des schémas communautaires à la britannique. Et depuis, il ne se passe pas une semaine sans que ne soient portés des coups de boutoir au principe de laïcité, le président allant pratiquement prêter allégeance au Vatican avec sa cohorte de bras cassés.
C'est là qu'est le danger et il s'approche inéluctablement. Mais tant qu'on passe sa rage sur autre chose ...
Les Britanniques et surtout les Américains ont profité des attentats pour justifier des atteintes toujours plus violentes aux libertés individuelles (biométrie, surveillance des diverses correspondances, vidéo-surveillance, fichages, emprisonnements arbitraires tortures, etc.).
Quand on pense qu'il n'y a que peu de temps, en GB, pour renouveler un passeport, il suffisait du témoignage de deux personnes de la société civile!
En France, les mêmes atteintes sont en train de se produire (dans l'indifférence quasi-générale, d'ailleurs. On a les indignations qu'on peut et à la hauteur de son cerveau), mais un bon petit coup d'éclat venu des ennemis qu'on s'est choisis après la chute du mur serait bien opportun pour accélérer les choses en emportant l'adhésion des sceptiques.
Quant à la citation finale de Laila Lalami, certes, elle provient d'un contexte spécifique, mais comme toutes les citations qui ne servent souvent qu'à étayer un propos, elle était prise hors contexte et l'auteure ne voulait sans doute que souligner qu'elle même n'était pas d'accord sur le port du voile mais que, comme il est dit dans son article, elle soutenait ces femmes au nom de la liberté des femmes de disposer de leur corps.
@Melchior,
Vous dites: "j'ai fréquenté quelques étudiantes et lycéennes de confession musulmane, à l'époque; leur son de cloche (si je puis dire) était quelque peu différent". c'est bien ce que je dis depuis le début et sur quoi je me bats: l'accès à l'éducation et à la réflexion universelle est primordial pour se libérer de tous les obscurantismes.
"Je regrette seulement qu'on ne réfléchisse pas davantage à la liberté religieuse dans d'autres pays du monde": il se trouve que ce n'était pas le sujet de l'article.
Faut-il occulter certains sujets, quand on est encore libre de le faire, parce qu'il y a pire ailleurs? Ou bien doit-on attendre d'avoir atteint, comme les autres, un point de non retour?
Je suis sûre, d'autre part, qu'il y a, dans cette mine qu'est le web, des articles allant dans le sens que vous souhaitiez trouver ici.
A Emcee : Merci pour votre réponse.
J'aimerais toutefois rajouter une chose que je n'ai pas mis dans ma précédente intervention (qui était déjà assez longue comme ça !!). Très souvent dans les médias ou sur internet, on brocarde les partisans de la laïcité en les traitant "d'intégristes" (ce qui est quand même un comble), de gens "stricts", d'intolérants (alors que la laïcité est une notion éminemment tolérante) et autres joyeux épithètes. Pourtant les "pro-laïcité" n'ont pas changé de position aux cours des années. Le principe est toujours le même : l'école est le lieu du savoir, de l'instruction de jeunes en devenir et les différentes croyances et superstitions, ne doivent y pénétrer sous quelque forme que ce soit. Ce qui a changé en revanche, c'est le contexte international (notamment depuis la révolution iranienne de 1979 et la lente montée de l'intégrisme islamique sur le terreau de la misère et de l'ignorance). Ainsi, la question du voile ne se posait pas à l'école française depuis des décennies ; les jeunes filles ne se présentaient pas voilées un point c'est tout. Mais depuis, les fanatismes religieux (quelque soit la religion) gagnent du terrain. Certaines associations religieuses se sentent pousser des ailes et jouent la provocation. Les partisans de la laïcité (dont je suis) sont aujourd'hui sur la défensive. Un peu comme les syndicats actuellement face aux attaques des gouvernements libéraux qui se succèdent depuis quelques années. D'ailleurs, on traite les partisans de la laïcité comme on traite ceux qui osent faire grève. Ce serait des arriérés, des extrémistes, des irresponsables, etc. Pourtant, face à la montée des extrémismes religieux, des intolérances et des superstitions, on doit rester plus que jamais fermes sur les principes laïques : pas de signe religieux dans l'enceinte de l'école. Ce qui n'interdit pas à un individu d'exprimer sa croyance intime dans la rue en portant un foulard, une croix, une kippa, un chapeau à fleur, un arrosoir ou que sais-je encore.
@ Dan
"l'école est le lieu du savoir, de l'instruction de jeunes en devenir et les différentes croyances et superstitions, ne doivent y pénétrer sous quelque forme que ce soit".
C'est là qu'on n'est plus tout à fait d'accord: les religions et croyances "pénètrent" bel et bien à l'école et sous diverses formes.
D'abord dans les cours
En histoire:
Il existe dans les programmes de 2° des cours de "faits religieux".
En collège, on aborde également cette question depuis bien longtemps déjà. Mythologie, Hébreux, naissance du Christianisme, etc.
Lettres
Quels que soient les auteurs étudiés en classe, il est difficile de ne pas en arriver à la question de la religion, puisque les références sont pléthore.
Philo
Là aussi, on ne peut éviter ce qui relève de la religion.
De même pour les langues vivantes.
Comment alors expliquer un certain nombre de choses sans en venir à la religion quand les événements, les textes, leurs auteurs et le lexique employé sont influencés par elle?
Parler de religion en classe, ce n'est donc pas tabou et strictement prohibé. Ce qui est demandé à l'enseignant, c'est d'observer une stricte neutralité.
Vaut-il mieux que toutes les religions soient enseignées à l'école?
A vous de voir. Je ne me risquerai pas à donner mon opinion sur ce sujet.
Deuxième point, plus épineux.
Les écoles qui ont un internat ne peuvent refuser une permanence à un aumônier s'il y a eu demande officielle de familles. Cet aumônier, s'il est sollicité, est souvent catholique, mais les musulmans et les israélites (ou autres) ne sont pas exclus (toujours s'il y a demande).
C'est la loi. Si je ne m'abuse, c'est une concession faite aux cathos lors de l'écriture de la loi de 1905.
La religion n'est donc pas "interdite" à l'école. C'est le prosélytisme qui l'est.
Pour se faire une idée, voici ce que disait Régis Debray sur l'enseignement de faits religieux: http://eduscol.education.fr/D0126/f...
Il y a sans doute bien d'autres références, mais je n'ai pas eu le temps de chercher.
A Emcee
Il y a une grande différence entre les religions (ensemble des croyances diverses et variées) et le fait religieux que l'on enseigne dans les écoles. Vous faites d'ailleurs vous même cette différence dans votre commentaire : le "fait religieux" n'est pas la "religion". Il est tout à fait légitime d'étudier (de manière "scientifique" y compris en littérature, art ou philosophie) l'influence des religions sur nos cultures. Ce n'est pas faire entrer les religions dans les écoles. Il s'agit d'apporter des connaissances à des élèves afin qu'ils puissent juger sereinement eux-même par la suite. Par contre, l'attitude de plus en plus fréquentes d'élèves (souvent musulmans) qui sous couvert de leur foi s'opposent à l'enseignement de différentes matières est condamnable : refus du sport, des sciences naturelles, de certains cours d'histoire, de philo etc. Ceci doit être sanctionné. Même si souvent, je le répète, il s'agit de revendications puériles liées à l'adolescence et au besoin de s'affirmer.
Ensuite vous dites : "Vaut-il mieux que toutes les religions soient enseignées à l'école? A vous de voir. Je ne me risquerai pas à donner mon opinion sur ce sujet."
Pourquoi avoir peur de donner son opinion sur ce sujet ? Non la religion n'a pas sa place dans les écoles. L'étude du fait religieux, oui.
Enfin, ce n'est pas parce qu'il y a des entorses à la laïcité, y compris dans la loi de 1905 (qui n'est pas parfaite) qu'il faille en faire d'autre concernant les autres religions. Encore une fois, il s'agit de ne pas ouvrir la boite de Pandore... Annulons plutôt ces concessions faites à la religion catholique, qui était à l'époque la religion dominante.
@Dan
J'aimerais juste vous faire partager deux éléments qui enrichissent le doute :
vous dites qu'en 1905 il y avait peu de musulmans en France : sans connaître les chiffres précisément, il devait y avoir une proportion de musulmans au moins équivalente à maintenant, il est vrai que la scolarisation des enfants - dits musulmans - était ultra-minoritaire - à quoi peu bien leur servir l'école ? Si ceci vous étonne, rappelez-vous qu'il y avait trois département français au sud de la Méditerranée.
En 1905, toujours, l'Alsace et la Moselle (mais pas uniquement) ne faisaient pas partie du territoire français. Aujourd'hui, la loi, dite de séparation de l'Eglise et de l'Etat, ne s'applique pas à ces trois départements : les ministres des cultes reconnus (catholique, protestant, juif) sous le concordat sont rémunérés (indemnisés) par le ministère de l'intérieur, leur religion est enseignée dans les école publiques (ouf ! des dispenses sont prévues, comme pour le sport). Où est l'Ernest Chénière local pour monter un coup médiatique ? Où est la nuée de journalistes pour le relayer ? Où sont les professeurs de morale et de prêt à porter pour faire écho de leur indignation ?
Faut-il préciser que je ne suis pas tout à fait candide, et sais qu'à cette occasion - 1989 puis 2004 -, les islamistes les plus obscurantistes se réjouirent aussi.
A propos de Candide, il est légendaire d'attribuer à Voltaire la phrase suggérant de mettre sa vie en jeu pour défendre l'expression - il tenait bien trop à la vie... (voir n° 35)
@ Christian:
Une analyse comme on aimerait en lire plus souvent.
Entre autres:
"Faut-il préciser que je ne suis pas tout à fait candide, et sais qu'à cette occasion - 1989 puis 2004 -, les islamistes les plus obscurantistes se réjouirent aussi".
En effet, comme quand une partie de la gauche défendait le NON au référendum, on l'accusait d'être aux côtés de l'extrême droite. Ici, on l'accuse d'être du côté des barbus. Ca plombe le débat et empêche d'avancer d'un iota.
De la mauvaise foi (si je puis dire) évidente.
J'ajouterai que les laïques bretons ont fort à faire, eux aussi, pour imposer leur point de vue et l'ouverture d'écoles publiques, d'autant qu'ils se heurtent non seulement à la droite, mais également souvent à la "gauche", jamais en peine pour soutenir les religieux (de préférence judéo-chrétiens).
@Dan
Ce que vous expliquez est plein de bon sens, mais je ne suis pas du tout d'accord avec "l'attitude de plus en plus fréquente d'élèves (souvent musulmans) qui, sous couvert de leur foi, s'opposent à l'enseignement de différentes matières est condamnable : refus du sport, des sciences naturelles, de certains cours d'histoire, de philo".
D'où tenez-vous qu'il y a augmentation croissante du nombre de cas?
"Je n'aime pas le terme "de plus en plus" (de moins en moins non plus, d'ailleurs) qui ne veut rien dire s'il n'est pas accompagné de chiffres précis.(plus de cent? Plus de mille? plus de 10 mille?). Cela reste probablement très marginal, sinon les médias se seraient emparés de l'info.
Et c'est de toute façon là que l'école doit être intransigeante et elle l'est. Chaque élève doit suivre TOUS les cours. POINT.
Hélas, elle a bien plus de difficultés (et est d'autant plus démunie) à appliquer ces règles aux élèves en général qu'aux élèves qui se prévalent d'une quelconque foi.
Les absentéistes patentés qui choisissent systématiquement leurs cours ou leurs horaires sont loin d'être des musulmans soucieux de suivre le dogme (sauf plaisantins ou fête religieuse précise, ce qu'ils sont parfaitement en droit de faire).
Je n'ai pas les chiffres, mais, là, je peux l'affirmer sans crainte.
Dernier point: on fantasme beaucoup sur les jeunes musulmans. On les imagine à genoux sur un tapis en train de faire des prières et des imprécations.
La plupart n'observent que deux rites précis: ne pas manger de porc et le ramadan, qui est devenu une manifestation plus culturelle que religieuse.
Faites le test: demandez-leur de réciter une prière.
Ce qu'ils connaissent de la religion leur est transmis par la famille, avec ce que cela implique de subjectivité et de superstitions. Ou par les imams et c'est pire.
A nous de les éclairer. Et ce n'est pas en disant: "la religion, c'est mal" qu'on leur fournit les armes nécessaires pour s'en détacher.
D'autre part, je suis d'accord, j'ai dit maladroitement: "Vaut-il mieux que toutes les religions soient enseignées à l'école"
Un raccourci malheureux. J'aurais dû dire: "l'histoire des religions et leur implication dans les événements de l'Histoire". Vaste sujet.
C est un dilemne terrible que nous pose ce texte. Repousser le voile et tout autre signe ostentatoire, imposer la laïcité ...
La religion est un moyen de contrôle des peuples, Mr Sarkozy n a pas manqué de l observer et désire nous en injecter une bonne dose. J ai deux cas tout près de moi qui me tourmentent quelque peu. Qu en penser?
J ai du côté de chacun de mes parents des cousins et cousines vivant dans des banlieues défavorisées. Il s agit de foyers très modestes, de milieux à problèmes. Des parents qui on connus l échec professionnel, des enfants qui ont vécu l échec scolaire. Des personnes dont le niveau d instruction et culturel sont très faible. Les parents comme les enfants voguent de formations en petits boulots sous payés et précaires.
Pour autant dans ces deux familles la solidarité existe toujours, les uns comme les autres tentent d apporter une aide financière à défaut d un travail fixe et convenablement rémunéré ou d apporter un soutien scolaire pour les enfants ainsi que les sortir de leurs cités.
Un autre point commun à ces deux familles. La dernière des filles de l une et le fils ainé de l autre viennent de devenir musulmans. Peut être aurais été moins surpris s ils étaient devenus catholiques, bouddhistes? Ma jeune cousine est sous l influence d un homme qui l a fait adhérer à ses croyances. Elle ne sort plus que les cheveux couverts et surtout plus sans ami le soir (l inverse est toujours possible, car l homme court moins de risques).
De l autre côté mon jeune cousin, qui a arrété les études et ne sort jamais de traitements anti dépresseur vient de faire la même démarche. Il a rencontré un Imam dans une association d aide aux jeunes de son quartier. La barbe lui a poussé, sur son blog on peut voir une femme voilée et il explique pourquoi ce voile (il s agit d un tchador, non du hidjab) est une liberté et une marque de respect pour elle.
Peut être s ils avaient adopté la catholiscisme je ne me serais pas questionné de la sorte car cette religion fait partie de notre culture, les repères judéos chrétiens désappointent peut être moins les occidentaux... mais en fait je ne le pense pas, je crois que c est le degré d implication qui m inquiète. Si la France opérait le retour en arrière effectué actuellement par les Usa et que ces jeunes venaient m expliquer que dieu a créé la terre et que l homsexualité est un péché mortel je pense que je me sentirais tout autant en décalage avec eux. Je me souviens des états unis jurant de faire la guerre à l "obscurantisme" et leur président de décréter une journée nationale de prière pour les soldats présents sur le front, paradoxal et choquant, ni plus ni moins qu une "guerre de religion" où les intérets véritable ne se trouvent pas au niveau spirituel. Bien que religion la plus pratiquée en France le catholiscime n a pas de prise sur le quotidien, la loi sur laïcité de 1905 devrait nous le garantir (mais il semble que notre président souhaite porter quelques coups de canifs au contrat).
Imposer par la persuasion, dans l éducation ou la force la religion est, je ne l apprend à personne, un moyen de contrôle des individus, une négation de la force intérieure et de la capacité de chacun à prendre en main sa destinée.
Le port du voile en est pour moi un exemple. le voile protégerait donc. Il y a pourtant à mon sens moins de violeur en liberté que de personnes qui pensent que nos rues sont livrées à ceux ci et à l immoralité.
Le retour à une pratique plus fervente est à mon sens lié à la crise actuelle. Socialement nous régressons, le droit du travailleur s amenuise, la paupérisation des classes moyennes et basses s intensifie. J ai souvenir qu au moyen age le serf souffrait de sa condition mais heureusement il avait la certitude qu après sa vie de souffrance "dieu le prendrait dans ses bras".
Mon point de vue est peut être celui d un "naif". Mais n est ce pas un abus de la naiveté des gens que de leur faire croire ce genre de chose, un retour à une morale plus stricte dans ce monde réduirait il l appauvrissement et les souffrances?
A Christian
Le nombre de musulmans en 1905 importe finalement peu dans notre conversation d'aujourd'hui. Il y avait certainement plus que je l'imagine (vous avez raison de rappeler les 3 départements algériens même si la République n'accordait malheureusement pas les mêmes droits aux citoyens musulmans de l'époque qu'au reste de la population). Ce que je voulais dire, c'est que la loi de 1905 visait avant tout la religion dominante de l'époque à savoir les catholiques. On ne peut donc accuser cette loi d'être "anti-musulmane" comme on l'entend parfois dire. A propos de la citation, si elle n'est pas de Voltaire, peut-être pourriez vous nous dire de qui elle l'est, je suis intéressé.
Vous rappelez, comme le font également les partisans du voile à l'école, le cas de l'Alsace. Pour moi la chose est simple, je l'ai déjà expliqué plus haut : ce n'est pas parce qu'il y a des atteintes à la laïcité, qu'il faille autoriser des droits pour les autres religions. Pour ma part, je préfère dépenser mon énergie à supprimer ces avantages inacceptables accordés aux catholiques. La même remarque vaut pour les Bretons, Emcee.
A Emcee, justement
A propos des revendications religieuses des élèves : Effectivement, je n'ai pas de chiffres précis mais c'est un phénomène que l'on peut observer. J'ai lu et entendu plusieurs témoignages de profs en ce sens (ils sont sur le terrain). A propos de l'absentéisme, vous dites "Je n'ai pas les chiffres, mais, là, je peux l'affirmer sans crainte."
Par conséquent, permettez moi de faire pareil en ce qui concerne les actes de revendications religieuses : Je n'ai pas les chiffres, mais, là, je peux l'affirmer sans crainte.
Le commentaire de Ellex est par ailleurs assez éclairant.
Mais attention : à plusieurs reprises, j'ai dit (voir plus haut) qu'il s'agissait souvent de revendications juvéniles à mettre sur le compte de l'adolescence et surement pas une infiltration de quelques fanatiques barbus, comme nous le serinent les médias. Il n'empêche, l'école ne doit pas céder à ces puériles requêtes. Rassurez-vous, je ne fantasme donc pas sur les barbus. J'ai plutôt tendance à m'énerver quotidiennement sur la bêtise journalistique et là je crois que nous partageons le même point de vue.
Une dernière chose : je n'ai jamais dit "la religion c'est mal" comme vous semblez me le reprocher. Je vous défie de trouver dans mes commentaires une phrase de cette nature. Je pense que la religion relève de la sphère INTIME (et non pas privée ; d'ailleurs c'est un autre débat que j'aimerais avoir avec vous). C'est bien la raison pour laquelle les croyances de chaque individu ne doivent pas entrer dans l'enceinte de l'école (là encore je ne parle pas de l'enseignement du fait religieux.)
@Dan
A travers les deux exemples que je vous ai donné, autour de la date de 1905, je voulais juste poser l'interrogation : pourquoi avoir érigé en débat national - précisément en 1989 - le cas de 3 jeunes filles ? N'aurait-il pu, alors, facilement se régler de manière règlementaire avec un brin de dialogue, non ? La tentative de réponse donnée par quelques joyeux drilles rouennais m'a paru excellente (voir commentaire 28). Le texte traduit par Emcee donne un éclairage intéressant à lire, la documentation en annexe aussi et les quelques éléments de débat dans ces commentaires tout autant.
Maintenant, vous me l'accorderez, ce n'est pas ici que nous aurons un débat serein sur la laïcité, les religions, l'école publique et la république
Juste en passant - j'aime bien lorsque vous évoquez la sphère intime plus que privée.
Quant à notre Voltaire dont la soi-disant citation est souvent utilisée ici ou là, j'avais il y a quelques temps mené mon enquête (il y a trente ans, on m'avait déjà dit qu'elle était "apocryphe"), j'ai consulté ce site : http://www.voltaire-integral.com/ : introuvable. Puis, de fil en aiguille, je suis arrivé à S. G. Tallentyre, pseudonyme d'Evelyn Beatrice Hall, qui écrit en 1906 "The Friends of Voltaire" et qui mit dans la bouche de celui-ci : "I disapprove of what you say, but I will defend to the death your right to say it ". Vous voyez, une fois de plus nous ne sommes pas loin de 1905 !
La citation plus complète du livre est : "The men who had hated (the book), and had not particularly loved Helvétius, flocked round him now. Voltaire forgave him all injuries, intentional or unintentional. 'What a fuss about an omelette!' he had exclaimed when he heard of the burning. How abominably unjust to persecute a man for such an airy trifle as that! 'I disapprove of what you say, but I will defend to the death your right to say it,' was his attitude now."
A Christian
Merci pour cette mine d'informations, je suis véritablement impressionné (si, si).
Je vous rejoins bien entendu sur la manipulation médiatique de 1989. D'autant que le proviseur en question fit par la suite une (brillante ?) carrière au sein du RPR de l'époque.
@ Stéphane:
Ces témoignages sont très intéressants. Et les remarques fort pertinentes.
En effet, la religion s'insinue plus facilement quand l'état ne répond pas aux problèmes quotidiens et quand les gens en ont ras le bol de leur condition et ne voient pas d'issue. Pour d'autres, c'est l'alcool ou la drogue, hélas aussi.
Que des gens des quartiers pauvres se convertissent à l'islam, ce n'est pas illogique, dans des endroits où la religion catholique (ou autre que l'islam) n'y est plus beaucoup implantée.
D'autre part, avec les réductions budgétaires, le manque de locaux, ces quartiers voient les associations laïques disparaître ou péricliter.
Ce qui se passe aux US est encore pire, puisque c'est le président lui-même qui pousse à tout mettre sur le plan de la religion, au grand dam, d'ailleurs, de ceux qui réclament une stricte neutralité. Et c'est bien ce qui risque de nous arriver ici.
Tu dis: "C est un dilemme terrible que nous pose ce texte".
C'est exactement cela, un dilemme.
Il faut pouvoir arriver à la bonne mesure et surtout ne pas faire n'importe quoi. Et d'abord appliquer la loi, rien que la loi. Les interprétations fantaisistes ne peuvent que pousser aux transgressions, à la radicalisation et au réveil de toutes les religions (toutes bien d'accord pour gagner du terrain sur les laïques).
Quand l'état accorde des avantages à certaines (ce qui est le cas majoritairement pour les catholiques actuellement – subventions, lieux de cultes, écoles confessionnelles) ou en stigmatise d'autres, il pousse automatiquement les religions sur le devant de la scène et repousse la laïcité.
Et ce que fait actuellement chanoine mickey, censé être garant des institutions et donc du principe de laïcité, à savoir courir toutes les chapelles et faire des discours scandaleux, est beaucoup plus inquiétant pour moi que les cas de conversion, je le répète encore très marginaux mais qui pourraient bien se multiplier si l'Etat ne joue pas son rôle.
Et c'est mal parti pour, puisque la paupérisation et la précarité s'installent encore davantage et que les mesures prévues ne vont pas dans le sens d'une embellie.
@Ellex "s'agenouiller", se "prosterner" (je ne trouvais pas le mot adéquat), qu'importe! Tant qu'on ne me demande pas de le faire, chacun ses rites. Ca ne me gène pas. Vous?
@ Dan: Je n'ai pas donné de chiffres de l'absentéisme, mais on comptabilise tous les jours dans les établissements scolaires un volant d'absents plus ou moins élevé (selon les classes et les établissements). Cela doit en faire un sacré nombre au quotidien sur toute la France, non?
Ce n'est pas de la fiction, c'est vérifiable auprès de n'importe quel enseignant ou CPE. Et, à part épidémie virale, beaucoup de ceux-là sont des récidivistes, avec des motifs plus ou moins plausibles.
C'est une réalité pour laquelle les solutions dépasseraient largement l'enceinte scolaire. S'il y avait une volonté politique de changement réel de la société. Mais c'est une autre histoire.
Et, désolée pour la confusion. "la religion, c'est mal", je parlais en général.
@ tous, merci de vos contributions intéressantes et plus "dépassionnées" - sans aller jusqu'à "sereines" ;-D), qui rendent ainsi le dialogue possible et audible.
Et, que l'année 2008 soit fertile en événements plus réjouissants que ceux que nous avons subis en 2007.
@ dan
Mais ou étaient les laïcistes pur jus lorsqu'on faisait de ceux qui allaient devenir des algériens, des "français musulmans d'Algérie", ce fut la catégorie institutionnelle pour définir cette citoyenneté au rabais...
Les tartuffes ne sont pas ceux qu'on croit!
Par ailleurs, le débat sur le "voile" est un débat qui cache plus qu'il ne montre, il sert essentiellement à faire diversion, le vrai problème de l'Ecole c'est l'inégalité et la discrimination qui y règne, la dualisation croissante du système scolaire français, et sur cela on ne dit mot...Et qui ne dit mot consent! Les laïcistes ont tous dans la bouche un « cadavre », celui d’une jeunesse sacrifiée…
J'ai encore beaucoup de commentaires à lire, mais je note ceci au sujet du début de ton article : la croyance de beaucoup d'européens qu'ils sont "meilleurs", plus civiliisés, plus développés, plus intelligents etc etc. C'est pourquoi ce genre de frénésie type "choc de civilisation" marche si bien, c'est pourquoi nos médias menteurs en tartinent leurs hebdos minables.
Il me suffit de lire les commentaires des gens qui adorent le Paris Dakar et le défendent avec des arguments aussi stupides que "mais on aide les pauvres noirs, les gentils africains aiment ce rallye !" etc etc...
C'est ce sentiment de supériorité, badigeoné de droits de l'homme, d'aide humanitaire... mais qui ne remet jamais en cause les dessous des relations politiques et économiques entre les pays.
Bon je continue à lire
Merci pour vos commentaires.
Coco, je n'en attendais pas moins de toi!
Eh, oui, Quatre ans après la loi, les esprits sont toujours aussi échauffés pour un morceau de tissu alors que tout s'écroule autour de nous et que la "civilisation" occidentale est en pleine décadence, avec des dirigeants corrompus qui ne se cachent même plus pour piller les caisses de l'état et les partager avec leurs commanditaires.
En effet, le Paris-Dakar! Encore une manifestation de l'arrogance de l'"homme blanc". C'est scandaleux, mais ces chevaux de fer qui traversent le désert, ça sert à distraire le gogo de son quotidien blême.
Bientôt il n'y aura plus de pain, mais toujours plus de cirque. Nous en serons à rêver d'un monde meilleur en regardant les riches claquer notre pognon.
J'ai lu quelque part que les ventes de champagne avaient explosé cette année.
Les riches ont des raisons de se souhaiter une bonne année, eux.
A la différence que l'Allemagne paye, en guise de dédommagement, et chaque année, une somme conséquente à l'Etat d'Israël ( quelque 367 millions d'euros sont versés en pensions de réparation!)... En France, tout à l'inverse, on fait payé aux immigrés et leur descendants, à coup de racisme "républicain", la perte de l'Algérie et du rôle si positif qu'a permis la colonisation!
P.S/ les très poétiques "raton", "bougnoul", "crouille", si courants aujourd’hui (il s’exporte en francophonie !), voilà un des apports - linguistiques - qu'a permis la colonisation, vive la France et vive le Larousse !
Et alors ? Je ne vois vraiment pas ce que les colonies et la Seconde guerre mondiale ont avoir avec le fait que nous avons une culture, une tradition et qu'il nous faut des lois. Vous êtes croyant et monarchiste, Bob ? Vive la France, vive le Larousse et vive la République laïque.
C'est vrai, quatre ans après, le sujet reste sensible. Pour ma part je ne suis pas près d'oublier la manif des femmes voilées, bien encadrées par des braillards barbus qui faisaient les porte-voix et le service d'ordre...
Je rappelle une fois de plus que la loi portait uniquement sur le port des "signes ostensibles" dans les enceintes scolaires... (Et qu'elle ne contient vraiment rien qui soit contraire au Saint Livre, béni soit-Il.)
Une culture : le pétomane chantant, Lagaffe, Bigard , la gling-glingmania...La vraie exception française c'est le beaufisme!
Des traditions: la "fille aînée de l'Eglise", un antisémitisme virulent qui s'est transformé, il y a peu, en "islamophobie", c'est moins cher...
Des lois : Son esprit qui va de la "Terreur" (le guillotine blues) à "Vichy" (la rafle story)...
Le Français ne juge qu'à partir de ses pauvres catégories (croyant, monarchiste...pouf, pouf, pouf..), il est persuadé qu'on ne parle français qu'en France, ailleurs, on fait semblant!
Bon, bon, merci de rester corrects!.
On n'avance pas en se jetant des insultes et des généralisations à la figure, mais en argumentant.
Si vous voulez continuer ce dialogue de sourds, allez sur vos blogs.
Sinon, je me verrai dans l'obligation de supprimer vos commentaires.
@ EMCEE,
Restez correct vous l'avez facile vous...
L'un me parle de "tradition" (si si!), l'autre m'explique que je ne sais pas lire et qu'heureusement les banlieues c'est pas Auschwitz (sic) et que la France "a même absorbé les pieds noirs sans moufter" (resic)... Et il faut que je garde mon calme devant cette "bêtise à front de taureau " chère à Flaubert qui s'affiche ostensiblement...
Sinon pour le fond, 54% des Français (et non pas des Thailandais!) ont voté Sarkozy comme l'assemblée nationale avait votée les plein pouvoir à Pétain en 40, ça se sont des faits... Un racisme décomplexé et un fascisme soft (appel à la délation, xénophobie d'Etat, recherche d'un ennemi intérieur, besoin "d'homme providentiel", fascination de la force et de l'argent, prêt à penser idéologique répété ad nauseam...) traversent l'ensemble de la société française... Il faut pouvoir se regarder en face. La laïcité n'est plus que le cache sexe de cette misère-là!
Ellex, vos leçons ne m'intéressent absolument pas, d'autant que vos explications sont loin d'être lumineuses et convaincantes.
"votre catastrophisme reflète vraiment un esprit eschatologique qui n'a rien de laic" !!!
Je n'ai pas relevé certains points que vous avez évoqués plus haut, non pas parce que j'approuvais, mais parce que je déteste les discussions oiseuses.
D'autre part, je ne mets d'étiquette à personne parce que j'estime que personne n'est monolithique. En conséquence,je vous interdis de m'en mettre une, basée sur votre seule subjectivité et vos schémas préconçus. Vous n'en savez pas plus sur moi que je n'en sais sur vous.
Et nos relations vont, de plus, s'arrêter là.
Je l'ai déjà dit, mais cela, déjà, semble difficile à comprendre: je n'ai pas vocation à me faire insulter.
@Bob, on ne peut pas faire changer les opinions sur un blog avec des échanges croisés et des phrases trop vite écrites.
Alors, il vaut mieux ne pas répondre au même niveau, sinon, on s'invective à coups de clichés.
Je ne suis pas d'accord par exemple avec les généralisations: la France, ce n'est pas tout le monde dans le même sac.
En revanche, je suis d'accord avec votre post suivant: la période que nous traversons est très inquiétante. Je suis d'ailleurs en train de préparer un nouveau billet à ce sujet.
C'est en cela que je parlais de la décadence de notre "civilisation" (je maintiens les guillemets).
Quand les pouvoirs en place n'ont plus d'éthique, qu'ils se moquent des règles qui ont été établies pour la collectivité et que leur seul souci, c'est de se répartir le pognon, on ne peut pas parler d'embellie. Si cela ne concernait que la France, on se dirait que c'est un mauvais moment à passer, mais hélas, ce n'est pas le cas.
Vous avez raison, j'en viens à me demander si il est possible de changer des opinions par la "persuasion", elles sont trop liées à des intérêts très concrets et souvent inavoués, à des idées qu'on se fait de soi et de son existence, un ensemble de chose qui dépasse largement le "monde des idées"...J'avoue aimer la provocation -c'est plus fort que moi. Là en l'espèce, je m'amusais à (dé)montrer à ces laïques de pacotille, qu'ils ont un rapport « religieux » à la France, je pratiquais donc une forme de blasphème à leur encontre...Pour le reste, je vous rejoins, même si je n'aime pas le concept de "civilisation"(même entre guillemets), c'est à mon sens, un trop gros concept aux dents creuses, pour parler comme un certain. Effectivement la situation dépasse largement la France, il en va aujourd'hui du sort de l'humanité, désolé pour le pathos, nous vivons des temps apocalyptiques (délires économique, écologique, scientiste, identitaire etc… ; un vrai chaudron du diable), ce qui n'empêchera nullement nos contemporains d'aller faire les soldes en toute bonne (in)conscience...
Je n'ai pas encore le temps de lire tous les commentaires (mais je me doute bien de leur contenu majoritaire pour les avoir parcouru en diagonale...), mais j'ai lu attentivement l'article et je l'ai apprécié.
A ceux qui s'en offusque, soyez honnêtes : il est très modéré, bien argumenté.
Comme ailleurs, je réaffirme ici ma proximité de vue avec l'auteure, emcee, mc, céleste... nous avons encore beaucoup de travail pour détricoter les pulsions qui s'expriment sur ce sujet (peu d'arguments, beaucoup de passions).
A l'époque de la loi, je militais dans une association féministe pro-sexe, auprès des jeunes femmes voilées (comme auprès des prostituées, étonnant, non ?
Nous avons entendu, subi, affronté beaucoup de vilenies, tout particulièrement de la part d'une gauche hystérique. Il n'était certes pas facile de se faire entendre : je suis farouchement athée, le voile me dérange, mais il est bien plus qu'un attribut strictement religieux, et cette complexité doit être prise en compte, n'en déplaise aux absolutistes du concept.
En outre, il me semble que le passage sur la conception de l'individu qui se cache derrière cette volonté de dévoiler les femmes est vraiment très intéressant et pas assez développé. Peut-être que j'y reviendrai quand j'aurai plus de temps.
Enfin... C'est pas gagné, pour vivre tous en paix avec nos différences...
Mais, encore une fois, la loi prétendument "hystérique" portait uniquement sur le port de signes ostensibles à l'intérieur de l'enceinte scolaire. L'interdiction générale du voile est un pur fantasme... Je me demande qui a intérêt à réveiller la guéguerre scolaire, voire à en faire une guerre de religions ou un choc de civilisations.
je n'ai aucune envie de voir le voile se répandre encore plus
le voile, je le considère comme une insulte envers l'homme, comme une agression envers la femme, comme un obscurantisme, comme une privation de liberté, comme un cache-sexe honteux et comme le symptôme évident et montré d'une très grave monté d'un fascisme.
l'aspect religieux pour moi n'est absolument pas le problème ou le propos. C'est le fascisme.
si vous y voyez un conflit d'opinions et de civilisations entre "vivre avec un voile" ou "vivre en dévoilant ses cheveux et visages", alors considérez qu'il est évident qu'il est anormal de vivre en se cachant sa tête. et que je me fiche bien que des gens y voient un problème de civilisation.
j'y vois un grave problème de liberté, de bien être, de plaisir à être femme ou homme. Si vous y voyez un problème de religion, alors je vous plains. Si vous y voyez un conflit de civilisation alors je vous crains
j'y vois un problème de liberté et d'acception des femmes.
il est anormal d'imposer un tel dogme aux femmes et aux hommes.
il est inacceptable de laisser faire cela.
Qui sème le vent récolte la tempête, ce dirait-on. Et cela vaut pour tous les camps de l'intolérance à têtes multiples. L'ennui, c'est que les partisans de la tolérance prennent des coups au passage. Tant pis, on n'avait qu'à ne pas être là, ou alors à hurler avec les loups.
il n'est pas question d'interdire en public ou chez soi le port de quoi que ce soit, mais cessez d'être des angéliques ! la liberté totale en ce domaine n'existe pas. les pressions sont sociales, familiales, culturelles, et religieuses.
arrêtez donc d'en faire un cheval de bataille. acceptez que la France a des réserves et des demandes lors qu'il s'agit de travail de représentation de l'Etat ou des écoles et TOUT VA BIEN !
inutile d'en faire une Bataille. vous n'aurez en retour que des conflits alors que de base, personne de censé et de sains ne vous demandent rien de spécial.
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je réagis au commentaire de "Bob" (http://bougnoulosophe.blogspot.com/)
>Effectivement la situation dépasse largement la France, il en va aujourd'hui du sort de >l'humanité, désolé pour le pathos, nous vivons des temps apocalyptiques (délires >économique, écologique, scientiste, identitaire etc… ; un vrai chaudron du diable)
ceci est faux.
on n'est pas dans un temps "apocalyptique"
il n'y a pas de "délire économique", ou alors c'est franchement avoir aucune idée de 1929, du 18eme siècle, du feu commerce triangulaire
le scientisme n'est pas nouveau, il était en très forte vogue à la fin 19eme, c'était fadaise et bêtise comme l'obscurantisme. et à notre époque, si tôt qu'on voit du scientisme, il est décrié en long et en large
écologique : ha le bon vieux temps des mines et des usines polluant villes et villages du bon vieux temps d'avant, ha le charbon et l'exploitation des mines à ciel ouvert
le bon vieux temps de londre et son réseau d'égout ouvert
et nos bonnes vielles montagnes de décharges
le temps avant n'était pas mieux
notre époque à une conscience des ressources, les industries sont contrôlées de près et les gens ont le choix.
Notre époque a une exigence que l'on n'avait pas avant, on a PROGRESSE !
ce n'est PAS l'apocalypse que nous vivons, car il a déjà eu lieux 2 fois mondialement, il a eu lieu plusieurs fois à travers le monde, en massacres en arménie, famines en chine, totalitarisme et révolution en russie, massacre indien en amérique du nord, en amérique du sud, guerres et famines régulièrement en afrique, en europe sous la peste et j'en passe.
votre époque n'est ni particulière ni nouvelle, votre apocalypse moderne est risible.
mais de grâce, sachez qu'on vit mieux dans notre pays en 2007 qu'en 1902 !
Ecoutez-vous un peu... où est la violence ?
@Ko, merci pour ton témoignage: il me va droit au coeur. J'y adhère complètement.
La plupart se drapent dans l'étendard de la laïcité pour dissimuler les véritables motifs de cette haine viscérale qu'ils ont en eux.
Pourquoi sont-ils donc si virulents quatre ans après: ils ont "gagné" pourtant, non?
En postant cet article, je ne pensais pas soulever une telle polémique, imaginant que les esprits seraient apaisés (mon blog étant d'autre part plutôt confidentiel).
Curieusement, quand je parle des problèmes bien plus graves qui traversent la société française actuellement, je ne rencontre pas autant d'indignation et de hargne.
Mais, il est vrai que nous devons affabuler, tout va bien en France, puisque c'était pire au Moyen Age et que nous avons su tirer les leçons du passé.
Comme prévu, grattez derrière la "laïcité" d'apparence et vous aurez droit aux senteurs du bon vieux racisme de dupont-la-joie (existe aussi au féminin!), vous voulez un cas d'Ecole , lisez "Ellex", la subtile... Le visage hideux toujours renaissant de la France Vichyssoise, la France qui a peur et qui aime avoir peur...La France qui s'offre au premier aventurier venu...La maxime de Marx est toujours de mise : « Plutôt une fin effroyable, qu’un effroi sans fin » !
P.S : Je ne suis ni Français ni n'habite la France, garde pour toi tes pulsions nazifiantes ! Profite de tes temps perdus pour t'alphabétiser, tu en as grand besoin…
Pro-prostitution ? Non... je préfère l'amour libre et sans contre-partie, qu'elle soit financière, matérielle, ou morale !
mais auprès des prostitué-e-s, oui, bien sûr.
@Ellex, d'abord, le fait que je sois passée dans rezo n'est pas de ma volonté et les commentaires sont ouverts à tout le monde. Je n'ai rien sollicité de personne.
En revanche, vos commentaires à vous me dérangent (je n'ai pas d'antipathie particulière, je me fiche complètement de vous, et si nous étions dans la vraie vie, nous ne nous rencontrerions certainement pas).
Ils me dérangent parce que vous suintez la haine et les a-priori.
Je pourrais reprendre point par point vos interventions et vous dire en quoi.
Mais je préfère passer mon temps à autre chose de plus intéressant et de plus valorisant.
Ko ne vient pas à la "rescousse", mais elle exprime son opinion, comme vous avez pu le faire librement jusqu'à présent. Jusqu'à présent.
Je vous le répète, vous n'êtes pas sur un forum et je ne recherche pas à tout prix une notoriété quelconque. Je propose dans mon blog une vision du monde à travers des textes écrits par des anglo-saxons qui ont mené une réflexion de fond.
J'attends de ceux qui viennent lire les articles la même réflexion. Qu'ils soient d'accord ou pas.
Ce qui implique la qualité plutôt que la quantité.
En fustigeant ceux qui sont venus dire qu'ils approuvaient l'article, en les présentant comme mes "soutiens" (comme s'ils s'étaient donné le mot pour venir poster ici, ou comme si je les avais appelés), en distribuant des blâmes, en collant des étiquettes absurdes, pire encore, en proférant des insultes, vous ne faites pas preuve d'une grande finesse dans l'analyse, ni d'objectivité.
Si vous n'êtes pas d'accord avec les articles et si vous ressentez une "anthipathie personnelle" à mon égard, qu'est-ce que vous venez nous faire chier ici?
C'est plus clair comme ça?
Je sais aussi ne pas me "gargariser" de mots savants dont je ne comprendrais pas le sens.
Donc, ADIEU.
@Ko: le voile, la prostitution, les femmes rasées à la Libération, les viols en temps de guerre, en particulier: tout cela procède de la même démarche: trouver des victimes expiatoires, les femmes, plutôt que de chercher à résoudre les problèmes de fond.
Laïcité = racisme = Vichy ! Comment la faire à l'envers sans complexes.
Ca tourne en eau de boudin. Dommage. Vite un nouvel article ! et bonne années à tous !
@oomu, dit « tout va très bien madame la marquise… »
Délire économique : financiarisation généralisée de l’économie, accélération des mouvement de capitaux à travers le monde, virtualisation totale de cet économie (bulle spéculative, junk bond etc…), fragilité des "systèmes complexes" (subprime, stagflation...)
Délire technologique : ingénierie génétique, nanotechnologie, OGM, vidéosurveillance, traçabilité généralisée, croisement des données informatiques, la société du contrôle est déjà là… Et n’oublions pas, cerise sur le gateau, la capacité de destruction totale et définitive de la planète avec l’arsenal militaire de l’Empire.
Délire écologique : disparition d’espèces, appauvrissement de la biodiversité, détérioration de la biosphère, catastrophe « naturelle » en tous genre, réchauffement climatique, montée des eaux (disparition de Londres, New York , la Hollande, Bangladesch…), exode de réfugiés climatiques…
(supprimé)
La conjonction de cet ensemble de données, nous fait bien entrer dans des temps apocalyptiques!
Dormez brave gens, dormez…
"le voile, la prostitution, les femmes rasées à la Libération, les viols en temps de guerre, en particulier: tout cela procède de la même démarche: trouver des victimes expiatoires, les femmes, plutôt que de chercher à résoudre les problèmes de fond."
Oui, s'attacher au visible et s'attaquer au fragile vont de pair dans cette démarche.
Oumph !
Tous aux abris !
Ah l'hystérie! Depuis Freud, je pensais qu'on en guérissait?
A constater toutes ces transes et outrances d’un côté comme de l’autre, on se dit que la loi en cause était une loi sage, équilibrée, et qui nous a évité bien des complications.
Bon week-end à tous et gardez la pêche, que je vous souhaite melba.
Le "ninisme" et la pensée du milieu (je ne parle pas de l'esprit de nuance!) est l'ethos petit-bourgeois par excellence...
Scoop, comme je m'en doutais, "Ellex " n'était autre que "Lory" chassée quelques posts plus haut... Rien n'arrive par hasard dans le monde de la psychopathologie : http://lorycalque.joueb.com/news/du...
@ Melchior
"on se dit que la loi en cause était une loi sage, équilibrée, et qui nous a évité bien des complications".
En voilà une phrase frappée de bon sens!
Merci de nous épargner vos conclusions ineptes.
@ Bob, j'ai eu des doutes, justement, puisque les propos et les termes étaient similaires, mais les données n'étaient pas les mêmes.
Pauvre petite fille triste.
@ Bob
Damned, me voilà démasqué ! Eh oui, comme vous l'avez deviné, je suis un disciple de Ninipotch. Soyez heureux !
@ Emcee
Faites de beaux rêves.
@ Bob
Damned, me voilà démasqué ! Eh oui, comme vous l'avez deviné, je suis un disciple de Ninipotch. Soyez heureux !
@ Emcee
Faites de beaux rêves.
Bravo emcee pour la reprise du papier de Laila, forte synthèse de l'hystérie antimusulmane réactivée il y a quatre ans. Pour ma part, j'ai toujours considéré cette "loi" comme une loi d'exception et clairement antimusulmane dès lors que que ceux qui en étaient victimes étaient expressément musulmans et, qui plus est, de jeunes filles, celles-là mêmes que l'on prétendait "libérer". Le tout,bien sûr, sur fond d'islam-bashing devenu un sport national dans les médias français.
Je rappelle les propos de l'avocate iranienne Chirine Ebadi (prix Nobel des droits de l'homme) lorsqu'elle fut interrogée sur le cas français en 2003 : "L'une des premières libertés des femmes est de pouvoir s'habiller comme elle l'entend. Sans tutelle d'aucune d'aucune sorte, que ce soit pour porter le foulard ou l'enlever de force. Mais la liberté première est l'accès à l'éducation, sans discrimination d'aucune sorte, sexiste, raciale, religieuse ou vestimentaire."
Ce qui m'a également frappé c'est l'irruption au grand jour d'une tendance intégriste de la laïcité, d'une religion du laicisme, qui est l'exact symétrique de l'intégriste religieux.
La féministe marocaine Fatima Mernissi a également tracé un parallèle intéressant entre ces diktats vestimentaires stigmatisant le corps des femmes : « Sortir du harem de la taille 38 » http://www.peripheries.net/article7...
Pour les chiffres, Hanifa Cherifi, médiatrice de l'Education nationale sur les cas de foulard à l'école, avait reçu pendant dix ans toutes les filles qui "posaient problème", d'abord en entretien individuel puis avec leurs parents. C'est sans doute elle qui détient la "base de données" la plus fiable sur le sujet. Elle en retira deux conclusions majeures : en 1994 elle dénombra 300 cas de foulards dans les lycées et collèges. En 2003 : 150. Une tendance lourde à la diminution de 50% de ces cas litigieux, en contradiction totale avec les affirmations politico-médiatiques dénonçant "l'invasion". Hanifa Cherifi précisa également que la quasi-totalité des filles portaient ce foulard contre la volonté de leurs parents. Soit parce qu'ils y étaient radicalement hostiles, soit parce qu'ils privilégiaient avant tout la réussite scolaire de leurs enfants (comme n'importe quel parent) et n'entendaient nullement s'engager dans la confrontation avec l'administration.
Autre tartufferie également, la commission Stasi ne reçut aucune jeune fille voilée durant ses audiences qui durèrent près de six mois.
Quelques images, notamment le témoignage direct d'une jeune femme exclue il y a plusieurs années (à partir de la minute 9'57)
http://www.dailymotion.com/video/x2...
Sinon, le film en intégral :
http://www.dailymotion.com/CatusJac...
http://www.dailymotion.com/CatusJac...
http://www.dailymotion.com/CatusJac...
http://www.dailymotion.com/CatusJac...
tiens Pescade!
justement en lisant, en commentant ce billet et surtout au fil des commentaires, j'ai pensé à toi!
j'ai même souhaité ton intervention.
j'avais rencontré Fatima Mernissi à Bologne, son discours est très intéressant.
Merci, Pescade de ce commentaire lumineux et très instructif. Et merci pour ces liens édifiants.
Je viens de passer un long moment à regarder la première vidéo, puis à lire l'article de Périphéries. Excellents.
Ce que je remarque, c'est que les opposants à la loi ont des arguments, mais que les partisans ne savent que répéter des clichés (femme soumise, laïcité, bla bla) pour finalement ricaner, étiqueter, proférer des insultes, voire diffamer.
Cette jeune fille qui raconte son expérience est bouleversante. Cette humiliation qu'elle a subie, je la comprends totalement.
Comment peut-on renvoyer d'un seul claquement de doigts comme une pestiférée une jeune fille de l'école sans avoir un seul état d'âme alors qu'elle n'a commis aucune faute?
Je ne cesse de répéter cela depuis le début des affaires du foulard, mais on me répond "oui, mais tu comprends c'est le symbole de la femme soumise, etc".
Je ne parle même pas des racistes triomphants, mais de gens de gauche (enseignants/ féministes, et autres défenseurs de la "Laïcité").
D'ailleurs, la vidéo le montre bien: les féministes bon teint qui sont montées au créneau.
Un prof intégriste laïque à qui je donnais mes arguments, m'a vaguement écoutée et à la fin, il m'a dit: "Si je comprends bien, tu es pour le foulard!". Rideau!
Pauvre tache, va aprendre l'histoire avant de prétendre l'enseigner. ça flirte avec le révisionnisme, c'est islamiste à donf ça madame.
Va voir un psy en Iran, ça te fera des vacances et prends toi la Célestissime comme Guide pour l'aller (tu peux meme la larguer à Téhéran, elle nous fera un reportage), pour l'Inde tu peux meme continuer toute seule comme une grande, si elle la connait aussi bien que l'Italie, tu perdras pas grand chose.
@ lory-hellex-lara.
Je m'en vais de ce pas vous signaler à mon hébergeur pour insultes, propos racistes, affabulation, diffamation, menaces de représailles et harcèlement à mon encontre et vis-à-vis de certains de mes visiteurs qui n'avions pas l'heur de "penser" comme vous.
Contrairement à ce que vous semblez croire, il y a des lois et des réglementations sur le web aussi.
Malgré mes mises en garde, vous avez poursuivi votre travail de sape ici et sur votre blog haineux, interdisant, par vos invectives, à certains de s'exprimer librement et empêchant des échanges de points de vue dépassionnés sur un sujet qui, s'il n'était pas anodin, n'aurait pas dû déclencher une telle hargne et une telle vague hystérique.
Ce sont des gens de votre engeance qui justifieront les atteintes à la liberté d'expression sur Internet, que les politiques appellent de tous leurs voeux
Je vous plains beaucoup de n'exister que par l'intermédiaire d'un clavier.
J'ai assez perdu de temps avec vous.
Continuez si vous le voulez à constituer votre dossier à charge. Ensuite, j'effacerai toutes vos interventions.
@ Grosse Fatigue (63)
"On oublie dans tout ça que pas mal de jeunes filles se voilent avant tout pour éviter les machos du quartier, qui "respectent" les "religieuses" et pas "les autres"...
Non, je ne l'oublie pas une seconde, c'est même un des motifs que j'ai de ne pas vouloir de l'interdiction du voile. Je respecte autant la jeune fille courageuse qui refuse le voile au risque de se faire harceler voire violer que celle qui préfère ne pas affronter et se cacher (momentanément?) derrière un voile (ou dans un jogging informe, autre variante). L'héroïsme est un choix personnel, de quel droit interdire à une fille de se protéger?
Et je suis complètement d'accord avec ta conclusion, bien sûr:
"La vraie liberté, ce n'est pas de pouvoir porter le foulard..."
Mais les femmes (et pas seulement elles) ont souvent dû choisir "une" liberté, faute d'accéder à "la" liberté.
@ Céleste, figure-toi que j'ai souvent failli laissé quelques commentaires chez toi
A propos de Mernissi, j'ai bien aimé aussi sa dénonciation
percutante de la fascination exclusive des occidentaux pour les musulmanes
persécutées. http://www.minorites.org/article.ph...
@ emcee : pour ce qui est du "symbole de la femme soumise", j'aime assez le parallèle qu'avait fait à l'époque Laurent Lévy : et la mini-jupe alors ? N'est-ce pas l'uniforme par excellence des prostituées ? Doit-on pour autant considérer toutes les femmes qui se baladent en mini-jupe comme des symboles et des ostentations de la soumission la plus dégradante au désir du mâle ?
Ce qu'il y a aussi d'inquiétant dans cette hystérie autour du foulard, c'est l'impossibilité à considérer ces filles et jeunes femmes comme des Françaises, éduquées et socialisées dans la même culture de masse scolaire et médiatique que l'ensemble de leurs concitoyennes, pour mieux les renvoyer sans cesse à une altérité définitive, et racialisante (les «parents», l'«origine», la «culture») pour déterminer leurs motivations personnelles. Ne serait que le choix d'un affichage vestimentaire particulier, qui est pourtant majoritairement prégnant dans les critères de reconnaissance et de distinction dans la variété des tribus vestimentaires adolescentes.
Je suis plus circonspect sur l'argument de la "protection". D'abord parce que cela tend à présenter et globaliser encore une fois les "mâles" de l'environnement de ces femmes comme des fauves perpétuellement en rut, qui n'auraient d'autre sensibilité et de raison de vivre que celle de "tenir" les filles. Heureusement, le bon Blanc est là, éternel missionnaire "civilisateur" venu sauver ces filles (cf Mernissi et la fascination de l'occidental pour l'orientale persécutée). Mais si la situation était telle, comment se fait-il alors que le mouvement de fadelamara ait fait un tel bide dans les quartiers ? Comment se fait-il que ces filles n'ont pas adhéré en masse aux npns ? Ce qui me gêne aussi dans cet argument, c'est le refus implicite de reconnaître le libre arbitre de ces filles dans le choix d'arborer ce fichu foulard. Enfin, ce qui me gène surtout c'est la méconnaissance qu'il suppose de la tchatche et de la force de repartie dont sont coutumières ces jeunes femmes dans les cités. Si les caïds de trottoirs ne se gênent guère pour apostropher les décolletées (m'enfin, c'est à peine plus civilisé dans mon environnement professionnel majoritairement peuplé de bac +4 ou 5), ils n'apprécient guère plus les voilées qui non seulement leur tiennent tête ouvertement mais n'hésitent pas non plus à leur faire la morale.
Pour ma part, ma conclusion est celle de Chirine Ebadi, comme je l'ai citée plus haut : "L'une des premières libertés des femmes est de pouvoir s'habiller librement, avec ou sans foulard". Et face à l'exclusion scolaire de ces gamines qui est, elle, bien concrète et n'a strictement rien de symbolique, hélas (contrairement aux vices et vertus supposés du voile), je ne vois pas comment on peut sincèrement encore parler de "pas en avant" pour… l'émancipation des femmes.
Pour mémoire, les deux premières victimes de la loi appliquée à la rentrée 2004 avaient 11 et 12 ans. Exclues de l'école publique, pour un foulard dont, à cet âge, on peut effectivement penser qu'il leur était imposé par leurs parents (des Turcs, récemment arrivés en France). Comment peut-on encore se targuer de "féminisme" pour voter et faire appliquer de mesures ?
Un sombre connard militant de Lutte Ouvrière à qui je posais cette question à l'époque m'avait répondu "Oui, c'est regrettable, mais ce sont des dommages collatéraux." (le même genre d'abruti qui te dit "si je comprends bien, tu es pour le voile ?")
En ce qui concerne les débats propres aux différentes appréciations de la laïcité, à ses enjeux idéologiques et politiques, je recommande le blog de Jean Baubérot, membre de la commission Stasi mais qui a refusé d'en signer le rapport final :
http://jeanbauberotlaicite.blogspir...
Un dernier truc : l'année précédant l'exclusion – à vie – des sœurs Lévy du lycée Henri Wallon d'Aubervilliers, un autre élève avait été exclu dans cet établissement. Un garçon. Pour une bagarre au couteau en cours de récré. Exclu. Une semaine.
Désolée, mc, ton com' s'était glissé dans les "indésirables", pour une raison que j'ignore.
Je viens de le "libérer". Ce blog est facétieux.
Je suis encore d'accord sur la pertinence de tes dernières remarques.
Bonjour, Pescade,
Quand j'ai posté mon commentaire, hier, je n'ai pas vu le tien tout de suite. Puis, le temps de tout lire et d'y réfléchir et il était trop tard pour répondre.
Ce que tu expliques est TRES intéressant et montre que tu connais bien le sujet.
En effet, les filles "maghrébines" (je dirai cela pour faire plus court) ne s'en laissent pas compter. Foulard ou pas, elles ont souvent une forte personnalité. Beaucoup plus que les garçons, d'ailleurs, qui eux, sont pris dans des contradictions bien plus importantes et enfermés dans des schémas dévalorisants. Mais d'eux, on ne parle pas (sauf à coups de clichés) et pourtant, pour de multiples raisons, ils sont plus mal dans leur peau que les filles. Même (et surtout) s'ils font les malins.
Ce serait d'ailleurs un sujet intéressant à approfondir.
Pour NPNS, en effet, je suis d'accord avec toi: cela n'a pas pris dans les quartiers, sans doute parce que cette façon binaire et sectaire (qui stigmatise un groupe seulement de la société, comme si les maux venaient d'eux exclusivement) de voir les choses, avec les garçons violeurs prêts à bondir et les filles soumises et proies toutes trouvées, ne correspond pas du tout à la réalité.
Si dans les années 80, les "potes" ont pu faire illusion, pour les NPNS, propulsées par les politiques de tous bords (dont Debré, ce qui déjà ne prête pas à la confiance!) la sauce n'a pas pris, malgré la médiatisation à outrance. Elle ne satisfaisait que ceux qui voulaient bien croire à cette vision monolithique et discriminatoire de la société française.
D'ailleurs, si leur présidente est partie au gouv., ce n'est pas une erreur de casting: elle est bien dans la lignée de ceux qui veulent enfermer les habitants des quartiers dans un stéréotype pour s'en servir de boucs-émissaires. Son "fini la glandouille" résume tout.
Quant aux exclusions, je disais à mes amis profs, vous avez des élèves dans les classes qui sont infernaux, pas gérables, avec peu de moyens pour les punir (avant d'en arriver à l'exclusion, il faut presque mort d'homme) mais ce qui vous indigne, c'est un foulard sur la tête?
Bin, oui, apparemment.
On est tombés sur la tête.
"en 1994 elle dénombra 300 cas de foulards dans les lycées et collèges. En 2003 : 150."
Si je comprends bien, il y avait urgence à sortir une loi, avant que tout ce tapage devienne complètement inutile?
Ce qui montre bien qu'il s'agit de manipulation idéologique. Et c'est d'autant plus regrettable que la gauche bien pensante ait mordu à ces ficelles grossières.
Sur l'urgence et la "nécessité" de cette loi, tout a commencé avec la fameuse déclaration-provocation de Sarkozy au congrès de l'Uoif en avril 2003, au Bourget. Après avoir fait tout son topo ami-ami avec les muslims, celui qui était alors ministre de l'Intérieur et des cultes a balancé tout à trac "Il est hors de question que l'on autorise une femme à se faire photographier en foulard sur des papiers d'identité" (en substance).
Premier étonnement : d'où Sarkozy sortait-il cette polémique ? Je n'avais pour ma part jamais entendu évoquer un tel problème de photos d'identité. Deuxième étonnement : pourquoi aborder ainsi la question du voile alors que la seule problématique qui se posait à ce sujet était celle des contentieux scolaires ? Or, sur le "front" scolaire la situation était on ne peut plus calme, notamment à cette période de l'année (avril, bien loin de loin de la rentrée) mais aussi sur le long terme comme le prouvent les statistiques d'Hanifa Cherifi.
Coïncidence, ce congrès se tenait exactement le même WE que celui du FN. Un an après le 21 avril 2002. Je me souviens d'un reportage de France-Inter auprès des militants du FN ce jour-là. Sans surprise, il applaudissait des deux mains et des deux pieds la fausse provocation de Sarkozy. C'était un an après le retour de la droite au pouvoir. Au moment même où le gouvernement Raffarin lançait ses fameuses "réformes" de la sécu et des retraites (l'heure de gloire de Fillon). La contestation était en train de prendre de l'ampleur, les manifs grossissaient, notamment chez les profs. Et, subitement, toute cette contestation sociale a été éclipsée, et vouée à l'échec, par l'union sacrée contre un bout de tissu. Dès cette époque je dénonçais autour de moi cette fantastique opération de diversion, réalisée avec la complicité de la gauche. Mais, évidemment, c'est parce que je faisais "le jeu de l'islamisme". Le PS déjà largement favorable à ces réformes ne les contestait que du bout des lèvres, pour la forme, espérant que la droite fasse le "sale boulot" avant que les "socialistes" ne reviennent au pouvoir (caramba, encore raté !). Résultat, l'hystérie sur les foulards a permis d'occulter pendant au moins une année entière toute question sociale et toute remise en question des vraies causes de la casse sociale, de l'explosion des inégalités en général, de l'enracinement des discriminations et de la ségrégation en particuliers.
Je pense que la vraie "manipulation" était là. Une diversion sociale.
Parallèlement, avec NPNS, on a vu le PS tenter de rééditer l'opération SOS-racisme au détriment de la marche des beurs 20 ans plus tôt. En 1983, le slogan des marcheurs était "Pour l'égalité des droits". Un mot d'ordre positif et affirmatif d'une auto-organisation.Bien trop dangereux pour les partis entendant monopoliser l'expression populaire. C'est alors que le PS-SOS lui a substitué "Touche pas à mon pote", slogan compassionnel, assignant les discriminés à la passivité, façon "reste à ta place, on s'occupe de tout."
L'opération NPNS a aussi validé le déferlement d'une islamophobie qui réactivait sans complexe tous les plus vieux clichés du racisme anti-arabe, notamment à travers le triptyque du garçon arabe voleur-voileur-violeur, analysé par Nacira Guénif Souilamas. http://lmsi.net/spip.php?article353 Ce qui en disait long sur la perception de la population des des quartiers populaires par les dirigeants des partis de gauche et leurs alters égos éditorialistes.
Mais ce fut aussi l'occasion d'une imposture sur le dos du féminisme. Sous couvert d'«universalisme», soudain, l'"oppression machiste" est devenu l'apanage des seuls "musulmans" et les seules victimes étaient "les filles des quartiers". Quelques mois plus tard, la mort de Marie Trintignant est venu rappeler, hélas, que les violences masculines ne connaissent aucune frontière sociale ou culturelle.
http://www.monde-diplomatique.fr/20...
Là où l'opération NPNS a eu du flair, c'est qu'effectivement, à la différence des générations précédentes, les jeunes femmes des quartiers populaires revendiquent ouvertement leur droit à la parole. Mais ceci est tout autant valable de la part des jeunes hommes. Et leurs propos, aux unes comme aux autres, sont souvent peu amènes à l'égard des politiques qu'ils connaissent le mieux (PS et PC). L'opération npns a alors validé la reconnaissance d'un droit à la contestation des femmes tout en le cantonnant à la seule stigmatisation-globalisation de leurs pères, frères, cousins, voisins comme autant d'oppresseurs barbares. Ignorant totalement la dimension sociale générale (et "universelle" !) de la domination masculine dans notre société. Bref, sous couvert d'universalisme, l'apparition d'un féminisme véritablement différentialiste, racialiste.
Pour un bon historique de l'opération npns
http://www.mouvements.info/spip.php...
L'un des alibis évoqués pour justifier l'urgence de la prophylaxie antifoulard était une urgence "symbolique". Et après, on allait voir ce qu'on allait voir, Jack Lang et Nicolas Sarkozy nous l'affirmaient la main sur le cœur, on allait s'occuper des "vrais problèmes" dans les quartiers. Comme il était prévisible, on n'a rien vu, et le prochain grand raout gouvernemental annoncé sur les quartiers populaires, le 22 janvier, sera présenté par fadelamara. Un fameux "symbole" dont il n'est pas besoin d'être grand clerc pour savoir qu'il n'en sortira que des effets d'esbrouffe, de bonnes paroles consensuelles et aucun engagement concret (je prend les paris !).
Une pétition qui résumait l'essentiel :
Un voile sur les discriminations
http://www.islamlaicite.org/rubriqu...
A Pescade,
Bien que je ne sois qu'en partie d'accord avec vous, je dois dire que votre argumentation est convaincante (notamment, la manipulation sarkozienne autour des photos sur les pièces d'identité). Cependant, vous semblez oublier l'évènement terrible qui a présidé à la naissance du mouvement NPNS, à savoir la mort de Sohane, brulée vive. Bien sûr, je m'éloigne de l'article initial consacré au voile mais j'en ai déjà parlé lors de mes précédents commentaires. Sur la manipulation médiatique, d'accord mais cela ne doit pas faire oublier qu'il y a quand même quelques problèmes aujourd'hui dans certains quartiers, ceux-ci étant dû à l'abandon par l'Etat desdits quartiers. Lorsque l'Etat renonce, la religion et l'économie souterraine prennent le relais. Ne tombons pas dans l'angélisme.
@ Pescade. Merci pour toutes ces précisions qui rappellent des faits souvent oubliés, si ce n'est occultés.
Pour ce qui est du grand chambardement dans les "banlieues", le Canard a d'ores et déjà annoncé dans son numéro du 2 janvier que c'était encore un coup d'épée dans l'eau. On s'en serait douté, puisque les gouvernements depuis 2002 se contentent d'annoncer des mesures qu'ils ne font pas suivre d'effet (crédits alloués qui ne viennent jamais).
De même que les lois votées à la va-vite pour satisfaire l'électorat d'extrême-droite et dont les décrets d'application mettent des mois à paraître, quand ils paraissent ... avant l'annonce d'une nouvelle loi qui sera concoctée à la va-vite et qui ... On connaît la suite.
@ Dan, Pescade ne fait certainement pas de l'"angélisme".
Il est clair qu'il dénonce justement cette focalisation sur le voile des politiques et de leurs satellites pour détourner l'attention sur les VRAIS problèmes des quartiers (éducation, emploi, chômage, surpopulation, manque de logements et de structures de loisirs, etc.) qu'ils ne sont pas prêts à résoudre. Mais ce n'était pas l'objet essentiel de son propos, puisqu'il expliquait les mécanismes mis en place pour éviter de traiter ces questions.
Les bagnoles qui brûlent, la révolte qui flambe brusquement à la suite d'un incident dramatique, les gamines qui portent des foulards, et tout le reste, tout cela sert aux politiques pour réprimer et stigmatiser une certaine population, avec l'aval d'une majorité de citoyens.
Et les difficultés des quartiers ne sont jamais résolues.
A l'issue d'incidents graves, a-t-on vu de véritables tables rondes pour déterminer les besoins et essayer de trouver des remèdes? Non, tout repart comme avant. On plie le chapiteau et on s'en va. Jusqu'au prochain incident.
@ Dan, pour ce qui est des npns, si j'en crois ce que j'ai lu sur l'article dont Pescade nous a donné le lien: le mouvement n'est pas NE à la suite de la mort atroce de Sohane mais il végétait depuis une dizaine de mois déjà (peut-être pas sous ce nom-là), et a été "boosté" par cet incident. Ce n'est pas la même chose. Du tout.
bravo ! et encore merci pour votre soutien.
INQUIETUDES SUR LE ROLE CONFERE AUX RELIGIONS PAR NICOLAS SARKOZY
LE MONDE | 17.01.08 | 12h37
En présentant ses voeux aux autorités religieuses, jeudi 17 janvier, le président de la République, devait s'exprimer devant un auditoire en grande partie conquis. En quelques semaines, Nicolas Sarkozy s'est imposé comme le premier chef de l'Etat aussi soucieux de reconnaître aux religions une place dans la société et dans la "politique de civilisation". Cette conviction n'est pas nouvelle mais, dans le cadre de ses fonctions, M. Sarkozy ne l'avait encore jamais aussi fortement exprimée que ces derniers jours, à Rome et à Riyad, en Arabie Saoudite, déclenchant en France une polémique sur la laïcité.
http://www.lemonde.fr/web/article/0...
Bonsoir, onlesaura,
En effet, ce qui se passe actuellement va encore au-delà de ce qu'on pouvait supposer. En tant que ministre, il avait déjà fait des appels du pied aux communautés religieuses, ditribuant les bons points et les mauvais, ramenant tout à la religion avec délectation.
Mais là, il dépasse sciemment toutes les bornes. Aller en Arabie saoudite faire l'éloge de la religion et leur dire qu'ils ont fait des pas vers la "civilisation", c'est vraiment se moquer du monde. Et en particulier de nous et des valeurs républicaines qui sont les nôtres depuis plus d'un siècle.
Ici: le discours intégral prononcé en AS :
http://www.ldh-toulon.net/spip.php?...
et ici, l'article d'Olivier Bonnet à ce propos:
http://olivierbonnet.canalblog.com/....
On se demande jusqu'où on va descendre.
oui...et avec l'aide de toutes les Laila Lalami ! c'est bien triste , ma pov' dame...
Oui, bon, je vois, autant parler à un mur!
Pauvre France, on n'est pas sortis de l'auberge.
:|
mais non pourquoi vous dites ça ?
j'ai dit quelque chose de pas bien ?
Le voile est-il islamique? Non ! Il précède l'islam et se retrouve dans une multitude de cultures.
Mais ce sont les militants islamistes qui ont "ressorti" le voile du tiroir. Le voile n'est donc pas une question de foi mais de bataille politico-culturelle.
Les hommes autrefois étaient soumis eux-aussi à des codes (ethniques, religieux ou sociaux) : port de la barbe ou d'un couvre-chef.
Les hommes de la plupart des pays ont rejeté eux-mêmes VOLONTAIREMENT les signes distinctifs religieux, ethniques ou sociaux, mais dans de nombreux pays, ils ont voulu les réimposer ou les conserver exclusivement pour les femmes. La femme est devenu dans ce contexte le "porte-iodentité" ou le "porte-tradition" de l'homme non occidental, qui lui, se réserve le droit d'afficher ou de ne pas afficher son appartenance religieuse (il veut pouvoir porter ou non le jeans et avoir l'air moderne quand cela lui chante ce qu'il refuse à la femme).
Si les hommes musulmans s'étaient imposé à eux-mêmes le respect d'un code vestimentaire religieux, la question du voile ne se serait pas posée. Mais dans ce cas, l'obligation pèse seulement sur la femme.
On peut en effet admettre l'idée que l'homme occidental, lui aussi, tient à ce que la femme affiche de manière extrême sa féminité. L'homme occidental a le goût de la femme trophée, qui renforce l'idée de la différence des sexes (femme-animale ou fragile - Homme cérébral/fort), sans doute surtout depuis que les codes vestimentaires marquant l'appartenance sociale ont disparu. Mais cela n'empêche pas les filles de pouvoir porter, si elles le veulent, le pantalon ou de refuser ces codes hypersexualisés.
On peut donc reconnaître que dans les deux cultures, les hommes se servent du corps des femmes pour affirmer leur supériorité sur la femme et leur supériorité culturelle (jeu entre cultures).
En France, il aurait fallu mener un combat sérieux contre les arguties tortueuses des islamistes en les laissant s'exprimer publiquement : ils se seraient pris eux-mêmes les pieds dans le tapis (se seraient auto-liquidés politiquement).
"En France, il aurait fallu mener un combat sérieux contre les arguties tortueuses des islamistes en les laissant s'exprimer publiquement : ils se seraient pris eux-mêmes les pieds dans le tapis (se seraient auto-liquidés politiquement)."
Mais ils s'expriment "déjà" tout à fait librement, Tariq Ramadan ne fait pas autre chose, son frère Hani aussi, et tant d'autres comme eux. ça fait tout plein de petits frères qui s'expriment tout à fait librement partout et ils ne se sont pas "auto-liquidé politiquement", loin de là. Au contraire, ils prospèrent et prolifèrent.
Et si on les écoutait, elles ?
http://peripheries.net/article318.h...
http://lmsi.net/spip.php?article732
Tout à fait d'accord.
j'avais lu, en particulier, l'article de Périphéries. Très intéressant.
Loin des clichés qu'on veut imposer. En parlant à leur place, de surcroît.
Le spécialiste de l'histoire des religions sur C dans l'air rappelait que le voile servait à l'origine pour désigner les prostituées!
Je trouve cela amusant, sauf pour les femmes musulmanes!
C'eet l'inverse, justement.
" La recommandation du voile est faite à certaines femmes, d'autres n'y ont pas droit ! Qui sont ces autres ? Esclaves, prostituées, concubines, courtisanes et... travailleuses ; ou épouses d'hommes ne possédant pas un statut social suffisant".
Voir ici:
http://www.culture-arabe.irisnet.be...
Je ne ferais pas une confiance aveugle aux "spécialistes" et autres experts des émissions de télévision.
Et puis il ne faudrait peut-être pas oublier qu('il y a seulement cinquante ans presque toutes les femmes françaises portaient un fiĉu sur la tête, si elle n'en portaient pas c'est que c'étaient des bourgeoises et qu'elles portaient un chapeau.
En 47 dans les milieu "bien" on critiquait celles qui sortaient "en cheveux". En 57 ce n'était plus qu'une habitude et un accessoire de mode, les "carré de chez Hermés" avec impression cachemire, ou à fleurs, ou avec des bateaŭ et vieilles cartes marines imprimés, etc (je les vois encore, d'ailleurs il en reste dans mes vieŭ tiroirs). Maintenant que ce sont des musulmanes qui reprennent à leur compte cette vieille tradition "bien française" on pousse des cris d'offraie, oui..., vous avez dit "racisme" ?
bjr,
je suis Américaine vivant en France (depuis 28 ans), d'origine catholique et je me suis convertie à l'Islam. Mon prénom est Eléanore et j'ai choisis le prénom Assayh (Musulman). Je me suis convertis à l'Islam non par soumission mais par ma propre volonté, mes propres convictions personnelles, non parce-que untel où untel me l'a demandé où imposé. J'ai trouvé dans l'Islam une si grande vérité et je me suis sentis tellement proche de Dieu avec ma religion d'adoption que avec nulle autres religions;
Je porte le voile et je suis outré et choqué qu'un pays qui se dit démocratiques, ouvert impose ses lois enver les femmes voilées. J'ai refusé et refuserais toujours de retirer mon voile lorsqu'on me le demandera. je ne comprend pas cette hystérie collectives contre les femmes protant le voile. Ce que je sais c'est que ces pays occidentaux qui interdisent le voile violent une liberté fontamentale sur les droits de l'homme : celles de m'interdire de porter le voile. Aujourd'hui je suis marié avec un français de confession juive et chacun de nous exerces sa religion tout en respectant celle de l'autre. Nous sommes heureux, très proche, très complice et malgrès les diversanges de nos parents respectifs on a fini par leur montrer qu'il été si facile de s'ouvrir à l'autre par sa différence et que justement ces différences étaient une force, une richesse. Mon plus grand rêve serait que cette vision s'étendent dans le monde et que chacun comprennent et respectent la différence de l'autre...Je sais encore utopique à l'échelle universelle mais si c'est possible entre nos 2 religions alors pourquoi pas dans le monde?
Je suis d'accord pour dire que les lois en France sont hypocrite (autant qu'aux USA même si là-bas les droits sont plus ouverts au port du voile). Il se servent de ces lois, de la laÏcité afin de justifier un racisme (masqué) envers les Musulmans. J'en suis persuadé et le nier ne fairait que se voiler...la face.
Bisous
Je suis d'accord avec Roland: il fut un temps où les femmes se devaient de porter un couvre-chef.
Mais cela ne relevait pas directement de la religion, dans ce cas, mais de principes (moraux, sans doute).
Puis, la mode a changé, pour des raisons commerciales évidentes, mais également pour adapter les tenues aux transformations de la société.
Eleanore, votre histoire est très intéressante et je suis d'accord que les lois actuelles, prétendument laïques, cherchent à stigmatiser une partie de la population. Et c'est contre cela que je m'élève.
Cependant, je ne suis pas forcément favorable à ce que les femmes se promènent systématiquement avec leur religion en bandoulière, comme si c'était la seule chose qui importait la concernant.
Ce n'est pas à moi de leur dire d'enlever leur foulard si elles souhaitent le garder, mais c'est à elles de décider des circonstances où elles doivent ou pas le mettre.
Mais c'est un autre débat que je n'entamerai pas ici.
beaucoup de gens mélange tout::hijab, niquab, burqua .....cela n'est pas ma même chose
puis il y a trois niveau au moins: le probléme religieux, la liberté des femmes, le respect de la laîcité. Pour moi je dirais plus probléme religieux, que liberté religieuse dans toutes ces affaires, qui n'est pas le propre uniquement des personne qui se réclament de la religion musulmane (pas tous), cette le prosélitisme constant et régulier qu'il font, de vouloir afficher et mettre en avant leur foi, dans des lieux public censer étre neutre, c'est le voile simple hijab, puis aprés le niquab puis aprés la remise en cause de l'enseignement, nottament le darwinisme, des horaire spéciaux dans les piscine, alimentation particulére certains jours, lieux de priére sur le travail ainsi de suite , il faut bien que la loi dise stop, si cela venait de chrétiens on crier au scandale!, et si la religion chrétienne imposer le port de la niquag, je suis sur que les femmes serait toute dans la rue, cette "condescendance", comprehension, pour les femmes voilé, a des relants de racisme.
La loi existe et il n'est nul besoin d'en rajouter, bien au contraire, car on ne fait qu'y ajouter des discriminations - et permettre d'autres brèches à toutes les religions.
Non, on n'est pas tenu d'être "neutre" dans les lieux publics! C'est une interprétation fantaisiste de la loi. Si on devait être "neutres", cela voudrait dire que nous seraient imposées des tenues vestimentaires estimées comme "correctes" par la société, et donc les classes dominantes. Cela voudrait dire que PERSONNE ne devrait porter de signes religieux, mais que seraient également interdits les badges politiques ou idéologiques, les inscriptions sur les vêtements etc. Cela voudrait dire qu'on ne pourrait pas distribuer de tracts, d'assister à une procession ou à une manifestation politique ... Cela voudrait dire qu'il n'y aurait aucune liberté d'expression. Et pour personne.
La neutralité n'est imposée qu'aux fonctionnaires dans l'exercice de leur fonction et aux bâtiments publics. POINT.
D'autre part, à partir du moment où on interdit une tenue vestimentaire aux femmes, il n'y a pas de raison que ça s'arrête là. pourquoi les ligues de vertu ne demanderaient-elles pas aussi des interdictions, comme le port de la mini-jupe ou autres?
Vous parlez également des horaires de piscine: ah bon? Cela n'existe pas déjà pour diverses associations qui louent des créneaux hebdomadaires?
Mais finalement, c'est vrai, pour plus de convivialité et plus de "neutralité" ou de "laïcité", on pourrait imposer des vestiaires et des douches communs, également. C'est vrai, ça si on impose de mélanger les hommes et les femmes, il faut aller jusqu'au bout du raisonnement.
Quant à la laïcité, c'est vous qui préconisez de ne pas la respecter en exigeant des lois qui vont à l'encontre des textes.
emce, merci pour ta réponse , j'avoue que je ne comprend pas bien ou tu veux en venir.
Personnellement, je n'aie pas envie de défendre le principe de la famille corse, s'il ya un con dans la famille faut le défendre !.En te que laïque, athée, pro féministe, et progressiste de gauche, pour l'immigration et contre le racisme, je n'aie pas envie d'étre solidaire des plus intégristes, des religieux les plus bigots, des plus réac.....moi mes modéles féminin c'est louise Michel, rosa luxembourg, et S Beauvoir,Taslima Nasreem et d'autres.La loi parfois protége les faibles, face aux fort, le principe de Ni Loi , Ni burqua , c'est laisser les religieux décider sur le terrain.
Eux font du prosélitisme ,nous plus.
la laïcité n'éxiste pas , elle est un combat!