Les escrocs de l'immigration

La question de l'immigration clandestine est une escroquerie destinée à détourner les yeux des profiteurs des grandes entreprises qui achètent leur influence à Washington.
J'ai été une fois arnaqué par des escrocs. Au moment où je passais à côté d'eux, ils m'ont mis au défi de deviner sous quel coquillage se trouvait une petite balle. En déplaçant les coquillages à la vitesse de l'éclair, ils ont détourné mon attention pour que je perde la balle de vue. Quant j'ai perdu le pari, j’ai eu le sentiment d’avoir été abusé, exactement comme nous devrions tous l’être actuellement en voyant le débat sur l'immigration clandestine. Après tout, nous assistons au même genre d'escroquerie.
Alors que nos salaires stagnent, que notre dette personnelle augmente, et que le coût de l'assurance maladie monte en flèche, « Nous le peuple » (« We the people ») sommes en colère. Malheureusement pour les élus du Congrès, les sondages montrent que l'Amérique est tout particulièrement exaspérée par les profits que réalisent les grands groupes qui signent les gros chèques pour financer la campagne présidentielle.
Et c’est là qu’arrive l’arnaque : l’argumentation malhonnête sur l'immigration clandestine qui vise à détourner la colère contre les profiteurs capitalistes, contre ceux qui délocalisent, ceux qui baissent les salaires, ceux qui procèdent aux saisies immobilières et qui achètent leur influence (et leur protection) à Washington.
Des Républicains, tels que le membre de la chambre des représentants (député) Tom Tancredo (Colorado.), réclament que le gouvernement interdise l'accès aux services publics aux travailleurs sans papiers, construise un mur à la frontière mexicaine et impose aux employeurs de vérifier le statut des travailleurs immigrés.
Les Démocrates, comme le député Rahm Emanuel (Illinois), incitent leur alliés soit à adopter un langage visant à condamner les clandestins, soit à éviter complètement le sujet.
Et personne ne se pose la question taboue: Qu'est ce que véritablement l'immigration clandestine?
La réponse est l'exploitation. Les patrons, cherchant à réaliser le maximum de bénéfices, veulent une main d’œuvre qui a désespérément besoin d'argent, qui n'a pas le droit de vote et qui accepte des salaires et des conditions de travail toujours pires. Et les clandestins font parfaitement l'affaire.
Les hommes politiques savent que l'exploitation engendre l'immigration clandestine. Mais ils refusent d’y remédier parce que cela impliquerait de s'opposer à ceux qui les financent.
C’est donc la raison pour laquelle certains élus parlent de fermeté pour contenir l'immigration mais évitent soigneusement d’évoquer la question des salaires et de la sécurité au travail, qui pourtant s’attaquerait au véritable problème.
Tout aussi déplorable, ces mêmes élus persistent à soutenir des pratiques commerciales qui aggravent le problème.
La semaine dernière, à peine, à la fois Emanuel et Tancredo ont voté en faveur de l'expansion de l'ALENA (Accord de libre-échange nord-américain; NAFTA en anglais) dans l'hémisphère sud.
Or, c'est ce modèle commercial même qui a non seulement décimé les emplois et fait baisser les salaires en Amérique, mais qui a augmenté l'immigration clandestine parce que des millions de Mexicains, chassés de leurs terres et plongés dans la misère, en ont été finalement réduits à franchir la frontière américano-mexicaine pour trouver un travail qui leur assurerait le minimum vital.

Les escrocs affichent un cynisme stupéfiant.
D'abord, ils anéantissent l’application des conventions salariales et des normes de sécurité au travail en Amérique.
Puis, ils adoptent des pactes commerciaux taillés sur mesure par les lobbyistes qui vont plonger des milliers d'étrangers dans la misère.
Et hop! Quand ces mesures entraînent l’afflux de travailleurs clandestins aux abois employés dans des compagnies qui contournent le droit du travail en Amérique, les escrocs appliquent une recette bidon en 3 étapes :
1) Proposer d’ériger des murs qui ne servent à rien si ce n'est à faire exploser le marché de l'échelle au Mexique
2) Prétendre que les immigrés coûtent cher au contribuable
3) Faire des sans-papiers les boucs émissaires tout en perpétuant cette situation perverse qui force ces travailleurs à rester dans l'ombre.
Cette formule permet aux opportunistes élus au Congrès à la fois de détourner l'hostilité sur d'autres que les entreprises qui financent leurs campagnes et de garantir à ces mêmes entreprises un vivier corvéable de main d'œuvre bon marché.
Ces opportunistes s’arrangent, en outre, pour diviser la classe ouvrière sur des critères ethniques et pour dénigrer les masses de clandestins dans la misère qui ne donnent rien pour les campagnes électorales et qui donc, n'ont aucun poids politique.
Bien sûr, faire diversion en se servant de boucs émissaires n'est pas un phénomène nouveau.
Quand Ronald Reagan mettait en place son système de Robin des Bois à l'envers, il avait attribué la responsabilité du marasme économique d’alors aux "reines de l'Etat providence".
De la même façon, quand Bill Clinton se faisait le chantre de l'ALENA, il expliquait aux travailleurs déplacés que leur ennemi, c'était « l'époque de l'Etat omniprésent » (« Big government »). Ce père fouettard serait, avait déclaré Clinton, terrassé en supprimant le « système d'aides sociales tel que nous le connaissons aujourd’hui ».
De toute évidence, les medias continueront à affirmer que l'immigration clandestine est un problème pour les deux partis politiques. Mais les Républicains et les Démocrates pourraient trouver un début de solution à la question, si, déjà, ils cessaient de permettre aux juristes des entreprises de rédiger les accords commerciaux et commençaient à sévir contre les employeurs qui violent la législation sur les salaires et le droit du travail.
Hélas même ces mesures timides ne seront probablement pas prises. Dans un système politique où il est difficile de faire la différence entre un lobbyiste et un législateur, les deux partis utilisent l'art de la diversion pour perpétuer les situations dramatiques qui remplissent les poches de ceux qui financent leurs campagnes électorales.
En effet, que leurs cibles soient les clandestins ou les bénéficiaires d'aides publiques, les escrocs de la politique s'attaquent aux exploités pour éviter de sévir contre les exploiteurs – et avec la question de l'immigration, ils espèrent que l'Amérique sera une fois de plus mystifiée.

David Sirota is the author of "Hostile Takeover: How Big Money and Corruption Conquered Our Government" - and "How We Take It Back" (Crown, 2006).

Notes annexes:
Liens en anglais:
"A Look into the Muslim Headscarf Hysteria in France" By Laila Lalami, The Nation.
Facts on the Cost of Health Care

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Note perso

Le même mécanisme, vous l’aurez constaté, est en route également en Europe.
Fermeture des frontières, érection de murs, traque sans merci, centres de rétention, reconduites musclées dans les pays d'origine.
Aujourd’hui, en France, le processus s’accélère depuis ces dernières années.
Avec une violence inouïe dans les non-dits, dans les propos et dans les actes.
Le roitelet en tête et tous les petits marquis à sa suite. Ceux qui tiennent les micros et ceux à qui on les tend.
Le clone de Bush avait déjà commencé cette entreprise de dénigrement quand il était membre du gouvernement et en particulier à l'Intérieur.
Voyez le mépris qu’il a affiché lors de la mort de Bouna et Zied dans le transformateur EDF, les accusant d’abord publiquement d’être des délinquants, ce qui l’exemptait opportunément de présenter des excuses à la famille.
Et puis tout le reste. Avec les laquais qui se lâchent aussi, les pseudo intellectuels, les membres de l’Académie Française, les petits journalistes abjects et serviles. Racaille, islamophobie, égorgement de moutons dans les baignoires, équipe de France black, « musulmans », polygamie, etc.
J’en aurais pour des plombes à tout répertorier.
Tout le monde s’y est mis.
Le problème, c’est que si l’ignominie restait à leur niveau, il suffirait de les ignorer, mais voilà, ils répandent la gangrène dans toutes les couches de la société et les justes sont rares à pouvoir faire entendre leur voix à travers ces murs médiatiques qu’ils ont rendus étanches.
Chapeau d’ailleurs, à Josiane Balasko, à Emmanuelle Béart et aux autres qui, à contre-courant de leurs collègues partis à la soupe (du Fouquet’s), s’en vont défendre les sans-abri et les sans-papiers (ex : l'expulsion de Guyslain Manzongani, le pasteur angolais qui devait être mis dans l'avion hier tandis que son fils de 10 ans - qui n'a plus de mère - serait resté en France a été "suspendue" 1/4 d'heure avant l'heure prévue du décollage. Des militants du RESF s'étaient rendus à Orly et des personnalités dont Josiane Balasko étaient intervenues à l'Elysée. C'est un premier pas mais tout reste à faire : obtenir la libération de Guyslain Manzongani - qui est maintenu en rétention - et sa régularisation. Source : RESF, le 25 nov. 2007).
A ce propos: APPEL À SIGNER LE "MANIFESTE DES INNOMBRABLES"

Alors que je traduisais l’article ci-dessus, il se trouve que plusieurs billets de blogs traitaient des mêmes sujets : racisme, ostracisme, immigration.
Je leur laisse la parole:

Dans Bétapolitique : « Peut-on laisser un commerçant crier t’es une sale race à coté de Brice Hortefeux sur M6 à 21h20 ? "
Et: "Une Dynamique de Légitimation Scientifique Et Intellectuelle Du Racisme Par Les Elites", par Doudou Diène

Parenthèse :
Doudou Diène, intellectuel sénégalais vivant à Paris, dit, cependant, que Sarkozy n'est « probablement pas raciste », puisqu’il a nommé Rama Yade au gouvernement.
Outre que ce n’est pas une garantie (le FN a lui aussi sa vitrine de Noirs et d’Arabes bien blanchis), qu’il soit raciste ou pas dans l’intimité n’est qu’accessoire (même si c’est évidemment condamnable à titre individuel).
Et encore, ce serait peut-être pire si lui-même n’était pas raciste (Et qu'est-ce que cela veut dire ne "pas être raciste" ?)
Car là, c’est toute la politique de la France qui baigne dans le racisme, l’ostracisme, l’ « islamophobie », le favoritisme et le clientélisme.
Ce sont les actes et les annonces publiques qui sont intolérables, comme aller en Afrique prononcer un discours suintant de clichés racistes et de mépris, dire à des officiels étrangers qu’il y a « trop de « musulmans en Europe », aller chercher en personne le Prix de la Lumière décerné par le Comité Juif Américain , et bien d’autres.
Ces actes délibérés ne sont que des appels à la haine de l’autre, ne sont qu’une politique d’exclusion qui vise à cloisonner la société française afin d’en tirer des profits destinés à une caste de privilégiés, au mépris de tous les autres.
Ce sont les fondements mêmes de la république qui sont anéantis par une bande de brutes.
Et par ceux-là mêmes qui auraient dû en être les garants.

Voir aussi dans « Vive le Feu »
(Bon, apparemment, il a encore supprimé un papier , qu’il est agaçant ! ;- D . Je laisse le lien, au cas où.). Ah, mais non, ça marche encore. Au temps pour moi.
Et dans « Vive le Goulag »
Enfin, un vieux billet de ma composition :
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Le gouvernement n’a à répondre de rien. Les journalistes ne sont que des chambres d’écho.
Et puis, dans le cadre : « le gouvernement ne souffre que des questions de complaisance », après le chef dudit qui s’est levé et est parti lors d’une interview pour une chaîne télé américaine, voilà le ministre des Affaires Etrangères de son cabinet fantôme qui se lève et qui s’en va en cours d’émission avec JM Apathie.
Ce dernier, évoquant la Chine (où se trouverait actuellement le prez de la rep avec sa mère ( !), son fils ( !), la minisse de la justice ( !), une armée de chefs d’entreprise et la Tantina dé Burgos), a voulu poser une question un peu … disons … hors-sujet, en demandant pourquoi la minisse des droits de l’homme ne faisait pas partie de la valise diplomatique.
C’était la question incongrue de trop. Le ministre s’est levé, il a pris son manteau et est parti. Pressé de vaquer à des occupations bien plus importantes. On se demande lesquelles.
Qu’est-ce que cela aurait été si l’intervieweur s’était enquis de la raison pour laquelle le ministre des affaires étrangères, soi-même, ne faisait pas partie du voyage !
Lien : http://blogs.rtl.fr/aphatie/index.p...

Mais qu'ils sont laids.