L'appétit de l'Occident pour les agrocarburants provoque la famine dans les pays pauvres.

On ne peut pas trouver plus fou. Le Swaziland, actuellement en prise à la famine, reçoit des aides alimentaires d'urgence. 40% de la population subit une grave crise alimentaire.
Et qu'a décidé d'exporter le gouvernement? Des agrocarburants fabriqués à partir d'un de leurs aliments de base, la cassave.
Le gouvernement a alloué plusieurs milliers d'hectares de terres agricoles à la production d'éthanol dans le comté de Lavumisa, qui se trouve être l'endroit le plus touché par la sécheresse. Ce serait sûrement plus rapide et plus humain de raffiner directement les habitants du Swaziland et de les mettre dans nos réservoirs. Une équipe de consultants en développement durable est sans aucun doute déjà en train de faire les additions.

C'est un des nombreux exemples d'un commerce décrit le mois dernier par Jean Ziegler , le rapporteur spécial de l'ONU, comme étant un "crime contre l'humanité", appelant, comme nous l'avons fait initialement dans cette rubrique, à un moratoire de 5 ans sur tous les objectifs et encouragements des gouvernements concernant les agrocarburants; ce commerce devrait être suspendu jusqu'à ce que les carburants deuxième génération – fabriqués avec du bois, de la paille ou des déchets – soient disponibles dans le commerce.
Sinon, le pouvoir d'achat supérieur des automobilistes des pays riches leur permettra d'enlever le pain de la bouche aux populations pauvres. Mettez des agrocarburants de première génération dans votre réservoir et il y en a qui mourront de faim.

Même le Fonds monétaire international (FMI), toujours prêt à immoler les pauvres sur l'autel de la libre entreprise, tire la sonnette d'alarme en déclarant qu'utiliser des denrées destinées à l'alimentation pour produire des agrocarburants "pourrait affecter davantage les réserves mondiales de terres agricoles et d'eau déjà rares, faisant par là même grimper encore plus les prix des produits alimentaires".
Cette semaine, l'Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (la FAO) doit annoncer que les réserves alimentaires mondiales sont les plus basses depuis 25 ans, ce qui menace de provoquer ce qu'elle appelle "une crise très grave". Même quand le prix de l'alimentation était abordable, 850 millions de personnes souffraient de la famine parce qu'elles n'avaient pas les moyens d'acheter de quoi se nourrir.
Et à chaque augmentation du prix de la farine ou des céréales, ce sont plusieurs millions de personnes supplémentaires qui se retrouvent dans le dénuement. Le prix du riz a augmenté de 20% au cours de l'année dernière, celui du maïs de 50% et du blé de 100%. Ce n'est pas entièrement de la faute des agrocarburants (en confisquant des terres destinées à la production alimentaire, ils amplifient les effets des mauvaises récoltes et de la demande croissante) mais presque tous les grands organismes exhortent les gouvernements à stopper leur développement. Mais presque tous les gouvernements d'importance ne tiennent aucun compte de cet avertissement.

Ils regardent ailleurs parce que les agrocarburants offrent un prétexte pour éviter d'opérer des choix politiques. Ils créent l'impression que les gouvernements peuvent réduire les émissions de carbone et – comme l'a annoncé Ruth Kelly, la ministre des Transports britannique la semaine dernière – continuer de développer les réseaux de transports. Les dernières statistiques montrent que les automobilistes britanniques ont dépassé la borne des 500 milliards de kilomètres pour la première fois l'an dernier.

Mais quelle importance: il suffit de changer le carburant que nous utilisons. Et on ne remet personne en cause. On peut ainsi répondre à la demande du lobby automobile et des entreprises privées qui braillent qu'ils veulent de nouvelles infrastructures. Ceux qu'on expulse de leurs terres agricoles ne sont toujours pas entendus.

  • (…).

Le gouvernement britannique dit qu'il va s'efforcer de prendre les mesures nécessaires afin que "seuls les agrocarburants les plus "durables" soient utilisés au RU. Mais il n'a aucun moyen pour mettre cela en pratique (et il reconnaît que s'il essayait d'imposer une norme contraignante, il enfreindrait les lois du commerce mondial).

Mais même si on pouvait imposer la "durabilité", qu'est-ce que cela signifie exactement?
On pourrait, par exemple, interdire la production d'huile de palme dans les nouvelles plantations. C'est l'agrocarburant le plus destructeur, qui entraîne la déforestation en Malaisie et en Indonésie. Mais cette interdiction ne changerait rien.
Comme l'a dit Carl Bek-Nielsen, vice-président de United Plantations Bhd de Malaisie: "Même si c'est une autre huile qui va servir d'agrocarburant, il faut alors remplacer cette autre huile. Quoi qu'on fasse, il y aura une rupture et cet intervalle sera comblé par l'huile de palme". Les conséquences de cette mutation provoqueront la destruction qu'on veut justement éviter. Le seul agrocarburant durable, c'est l'huile végétale recyclée, mais cela représente des quantités infimes.

C'est là qu'intervient l'industrie des agrocarburants aux cris de ""jatropha!" (en Afrique, "pourghère"). Ce n'est pas un gros mot, mais cela va le devenir bientôt. Le pourghère est une plante résistante riche en huile qui pousse sous les tropiques.

Cet été, **Bob Geldof, qui ne rate jamais une occasion de préconiser des solutions simplistes à des problèmes complexes, s'est pointé au Swaziland en tant que "conseiller spécial" pour une compagnie d'agrocarburants. Parce qu'il pousse sur des terres à faible rendement, le pourghère, prétend-il, est une plante qui va "changer la vie", qui va fournir des emplois, des cultures de vente et le pouvoir économique aux petits exploitants agricoles africains.
Bien sûr, il peut se développer sur des terres peu fertiles et être cultivé par des petits exploitants. Mais il peut également pousser sur des terres fertiles et être cultivé dans des grosses exploitations. Et s'il y a une évidence criante à propos des agrocarburants, c'est que ce ne sont pas des productions pour petits agriculteurs. Déjà, le gouvernement indien envisage de consacrer 14 millions d'hectares de plantations de pourghère. En août, ont eu lieu les premières émeutes de petits agriculteurs qui étaient expulsés de leurs terres pour faire de la place aux grandes exploitations.
Si les gouvernements qui encouragent la production d'agrocarburants ne changent pas radicalement de politique, la catastrophe humanitaire sera encore plus dramatique qu'en Irak. Des millions de personnes vont être déplacées, et des centaines de millions de plus pourraient souffrir de la famine. Ce crime contre l'humanité est complexe, mais, pour autant, ni cela l'amoindrit ni l'excuse. Comme tous ces crimes similaires, il est perpétré par des lâches, qui s'attaquent aux faibles pour éviter d'affronter les forts.

George Monbiot: voir son site.

Notes:

  • (…) S'ensuit une explication sur les agrocarburants et sur l'empreinte carbone.

Alors, plutôt que de me fatiguer à traduire, je vous invite à aller voir ce qu'il en est des agrocarburants sur l'excellent site: "Effets de terre", de Denis Delbecq, que j'ai découvert lors de mes recherches.

"La seule voiture qui ne pollue pas, c'est celle qui ne roule pas".


**Bob Geldof: rocker très médiocre recyclé (avec Bono et d'autres) dans les projets humanitaires auto-promotionnels à grand spectacle avec battage mondial, tape-à-l'œil et dérisoires. (Pour un portrait moins … lapidaire, disons, voir gogol).

Quelques titres en anglais.

World food programme

Swaziland joins biofuel drive despite mounting food crisis

Can Green Jobs Save the American Middle Class?

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Notes perso:

Les agrocarburants: total danger

Moi, ce que je comprends, c'est que les agrocarburants vont être essentiellement produits dans les pays pauvres, en déplaçant des populations entières et que ce sont les pauvres qui vont trinquer.
On s'en ficherait dans l'absolu: ils habitent dans des cases sans eau, sans électricité à l'autre bout de la planète et mangent du riz ou du manioc tous les jours – quand ils en trouvent. Donc, émissions carbone pratiquement au niveau zéro. C'est bon pour nous, ça, Coco.
Et puis si on doit s'inquiéter pour tout le monde, on n'a pas fini. On ne peut pas embrasser tous les malheurs du monde.
Sauf que.
Sauf que ces pauvres, encore plus nombreux, encore plus affamés, encore plus désespérés, chassés de leurs terres pour produire du carburant pour les pays riches, ils vont continuer à se jeter dans de frêles embarcations pour atteindre nos rivages et pour récupérer la bouffe et les ressources qu'on leur a piquées. Le pauvre est tenace.
Il y a bien la sélection naturelle: les noyades, les naufrages et ensuite, les défenestrations.
Mais il n'y aura pas le compte. Il en restera toujours beaucoup trop. Et qui procréeront sur notre propre sol. Et bientôt on ne sera plus chez nous.
Ce qui justifiera de les renvoyer au fur et à mesure dans leur pays. Parce que, d'une France métissée, la France n'en veut pas. Y en a plein qui le disent. Et si, en plus, ils sont musulmans, je te dis pas le président comme il va flipper.

Et voilà l'imprévoyance des pays riches: ils font tout pour perpétuer la situation au lieu de régler le problème une fois pour toutes - à commencer par cesser de piller leurs ressources et de prendre leurs terres pour un terrain de jeu, cesser de leur demander les sous qu'ils leur ont extorqués au fil des siècles avec des marchés de dupes et cesser de favoriser les potentats locaux qu'ils ont contribué à mettre au pouvoir au lieu de laisser les peuples disposer d'eux-mêmes.

Co-développement: la solution?

Notre prez à nous s'est toqué de co-développement (vous avez remarqué? Quand il ne dit pas "victime", c'est "co-développement" qui lui vient à l'esprit).
Cela semble partir d'un excellent sentiment tout cela. Non?
Non.
Parce que cela voudrait dire que nous sommes au même niveau de dénuement que l'Afrique. Alors, c'est le partage, on s'entraide.
Seulement voilà, ce n'est pas le cas. Alors, que veut il donc dire par là?
Simple, me semble-t-il.
On vous refile quelques gadgets, on arrose au passage la caste qu'on a mise au pouvoir, on vous envoie quelques experts (voire une ONG improvisée) et en retour, on choisit nos immigrés qu'on veut – si on veut - et on continue d'utiliser votre territoire comme terrain de jeu. Donnant– donnant, gagnant - gagnant, quoi.
Donc, le co-développement, du pipeau, comme le reste. On ne s'en lasse pas.
Changement climatique: changez rien

Le prez, qui voulait se la péter avec l'étiquette du chef d'état le plus soucieux des problèmes environnementaux, a décidé, sous la hulette d'un salarié de multinationales (qui lui transmettra la liste de ses invités), de convoquer un "Grenelle de l'environnement" (un peu comme les Ricains et leur "révolution verte" des années cinquante).
Que du beau linge, ça oui.
D'abord, des ministres, plein de ministres, puis, le Medef, la FNSEA, l'Alliance pour la planète, collectif de 80 associations, et d'autres.
Gros barouf. Et après quelques semaines de réflexion, les deux jours J du Grenelle.
Enfin.

Grenouille, laquelle?

Mais, à l'issue de ce grenelle passionnant et consensuel, je me pose quand même quelques petites questions.
Avoir mobilisé pendant des semaines tous ces gens, c'est tout de même que l'événement devait revêtir une importance capitale.
Et que Jean-Louis Borloo ait été mandaté à grands frais pour aller de visu vérifier si la banquise fondait ou si c'était un hoax comme le prétendent certains négationnistes, c'est qu'il y avait urgence.
Je me suis dit, là, on va vers un changement de société radical. La rupture, quoi.
Enfin, non, je ne me le suis pas dit. Vu la brochette des invités, y avait pas de raison qu'on se plonge dans un optimisme béat.
Parce que ,pour moi, le gouv. + le médèfe + la FNSEA, c'est déjà pas bien écocompatible.
Voyez ce que je veux dire?
On nous dit "réchauffement de la planète dû aux émissions de CO2, plus pollution gravissime des eaux et des terres, disparition d'espèces, recyclage des déchets et épuisement des ressources pétrolières".
L'apocalypse, donc.
Moi je pense alors qu'il faut un plan drastique pour là, maintenant, tout de suite.
Non?
On s'y met tous et on arrête les conneries. Il y a vraiment le feu au lac.

Oui, mais voilà, il y en a qui ne sont pas d'accord qu'on fasse n'importe quoi.
Comme, par exemple, réduire la circulation des véhicules à moteur, privilégier les transports en commun, le vélo, le co-voiturage et le ferroutage, réduire la vitesse sur la route, je sais pas moi, supprimer le Paris-Dakar, ou les courses de F1, arrêter les cultures intensives, l'emploi de pesticides et tout ça.
Des trucs qui semblent de bon sens, quoi. C'est pour la santé de la planète et pour celle des futures générations.
Oui, mais là, mais non!
STOOOOOOOOOOOOP!
C'est que le médèfe, la FNSEA et le gouvernement à leur botte, y sont pas d'accord, mais alors, pas d'accord du tout.
Et ils veillent au grain. Faudrait quand même pas leur enlever le bifteck de la bouche, sous des prétextes même louables. Eh, oui, c'est bien eux qui polluent (production, distribution, promotion), mais on ne va pas chicaner pour un ou deux petits degrés en plus.
D'ailleurs, regardez, il fait pas si chaud que ça pour un 25 octobre.
Hein? Ah, 26, même. Voyez!

Pipeau, fifres et fifrelins

Alors voilà ce qu'il en est sorti de ce grand rassemblement pour sauver la planète (qui a pourtant satisfait, les diverses ONG présentes. Syndrome de Stockholm, sans doute).

Je ne vais pas tout citer mais quelques exemples suffiront.

Transports:

Pour les véhicules à moteur, on continue comme avant. Pas de réduction de la vitesse. On va pas s'embêter à surveiller le compteur pour si peu.

Pour les camions, s'ils roulent sur l'autoroute, ça va. A terme, on voudrait qu'il y en ait 3000 de moins en circulation. Bon, pas un drame, quand on sait combien sillonnent notre beau pays tous les jours.

Seront créées 500 kilomètres de lignes de tramway et 4.500 kilomètres de lignes à grande vitesse.

Le TGV, AH!
Pas les trains de proximité, pas le fret ferroviaire, non plus. Non! Ils n'ont trouvé que le TGV à promouvoir. Celui qui rapporte plein de pépettes.
Et qu'est-ce qu'il faut pour construire une ligne de TGV, hein?
Traverser des terrains agricoles, et donc exproprier, saccager des sites, détruire la biodiversité et enfin, construire des gares en dehors des centres-villes, ce qui oblige à prendre un véhicule pour s'y rendre! Et pour le bénéfice de qui, je vous demande?
Mais ils faisaient quoi, les écolos pendant ce temps? La sieste sous un platane?

Autoroutes: pas de moratoire. On n'y touche pas, c'est médèfe. Plein de thunes à se faire. Et qu'est-ce qu'il faut pour construire une autoroute? Pareil que pour les TGV.

Agriculture
Développement d'une "agriculture durable", utilisant moins de pesticides. La diminution de 50% de l'usage des pesticides sera conditionnée à la mise en place de "méthodes alternatives". D'ici 10 ANS. SI POSSIBLE.
Il faut le temps aux industriels de nous trouver ces fameuses "méthodes alternatives", qu'on n'appellera pas OGM, puisqu'ils ont mauvaise presse. On se demande pourquoi, d'ailleurs.
Euh, les cultures bio, les vraies?
De quoi?

OGM, justement: on arrête de ne pas en semer l'hiver et on voit ce qu'on fait pour le printemps, au moment des semis. Une loi dont ils ont le secret sortira de terre un peu avant.
T'en veux de l'hypocrisie?
Un peu comme si , nous, on se vantait de faire des économies de chauffage par 30° à l'ombre.

Particuliers.

D'abord, en France, tout commence par une taxe. Si on sait pas pourquoi, eux, ils savent. Donc, mise en place d'une taxe climat énergie sur les énergies fossiles qui devrait être neutralisée par une réduction des impôts sur le travail. Chômeurs, rémistes ou retraités, cherchez pas, y a rien pour vous.
Et aussi la création d'une "écopastille".
Les Français qui achèteront un véhicule "propre" bénéficieront d'un bonus. Les autres d'un malus, voiture neuve ou pas, tous les ans apparemment.
Tu as compris, toi, avec ta voiture pourrie que tu peux pas changer? Pollueur payeur.

Un truc marrant, qui prouve bien qu'on est vraiment pris pour des cons: les écoliers auront droit à (au moins) un repas bio par semaine à la cantine.
No comment. Dire qu'ils se sont réunis en grande pompe pour pondre ça.

Quant au ministre de l'écologie, il a donné quelques pistes pour faire des économies, comme changer les ampoules ou ne pas faire couler l'eau quand on se lave les dents (utiliser un verre à dents) … Et d'autres fantaisies folkloriques de la même veine.
Il en a oublié:
Tout éteindre 5 minutes par jour, ne laver le linge que s'il est sale, prendre des bains à plusieurs, ne pas prendre la voiture pour aller chercher le pain à 200m de chez soi, fermer le robinet d'eau quand on ne s'en sert pas, manger des aliments crus. Etc.
Je suis sûre que vous avez tous des tas d'idées de ce tonneau.

J'arrête là la liste: tout est à l'avenant. Rien de chiffré, rien de concret que de belles promesses.

Conclusion
Alors, messieurs et mesdames des ONG, moi, j'appelle une avancée, une avancée et une mascarade, une mascarade.
Et ça, c'est une MASCARADE. Jusqu'à la caution d'Al Gore, ce pitre. Prix Nobel de la Paix décerné à Al Gore, ancien vice-président américain, qui n'a jamais levé le petit doigt pendant les 10 ans de mandature Clinton pour essayer de faire bouger les lobbies industriels (et qui habite dans le luxe )
Et pour cause, ça ne se fait pas de mordre la main qui vous nourrit bien.

Qui gagne dans cette affaire, d'après vous?

Les taxes pour les plus pauvres, les aides pour les mieux lotis et les lendemains qui chantent pour les entreprises, qui ne seront toujours pas inquiétées pour le saccage de la planète et qui pourront fourguer tranquillement tous leurs vieux stocks avant de trouver des solutions "bio" pour nous faire consommer plus mais avec bonne conscience.
Dans dix ans, à part les taxes, rien n'aura vraiment bougé.
Sauf qu'il y aura eu plus de pauvres, plus de morts, plus d'exodes et plus de guerres.
Belle opération de com' qu'il s'est offerte, le mickey de l'Elysée.

Lire l'excellent article "Les placebos du Grenelle" d'Alain Cluzet docteur en aménagement, ancien président du Conseil français des urbanistes. Libé, mardi 23 octobre 2007