Pour quand il n'y aura plus de pétrole, on a des idées.
Par emcee le lundi 19 novembre 2007, 01:22 - Lien permanent
Qui partent du même principe: prendre aux pauvres pour donner aux
riches.
La planète continue de tourner. La roue de la fortune aussi.
Le scandale des agrocarburants.
"The western appetite for biofuels is causing starvation in the poor world" , article de George Monbiot, 6 novembre, 2007. Publié dans "The Guardian"
L'appétit de l'Occident pour les agrocarburants provoque la famine
dans les pays pauvres.
On ne peut pas trouver plus fou. Le Swaziland, actuellement en prise à la
famine, reçoit des aides alimentaires d'urgence. 40% de la population subit une
grave crise alimentaire.
Et qu'a décidé d'exporter le gouvernement? Des agrocarburants fabriqués à
partir d'un de leurs aliments de base, la cassave.
Le gouvernement a alloué plusieurs milliers d'hectares de terres agricoles à la
production d'éthanol dans le comté de Lavumisa, qui se trouve être l'endroit le
plus touché par la sécheresse. Ce serait sûrement plus rapide et plus humain de
raffiner directement les habitants du Swaziland et de les mettre dans nos
réservoirs. Une équipe de consultants en développement durable est sans aucun
doute déjà en train de faire les additions.
C'est un des nombreux exemples d'un commerce décrit le mois dernier
par Jean Ziegler , le rapporteur spécial de l'ONU, comme étant un "crime
contre l'humanité", appelant, comme nous l'avons fait initialement dans cette
rubrique, à un moratoire de 5 ans sur tous les objectifs et encouragements des
gouvernements concernant les agrocarburants; ce commerce devrait être suspendu
jusqu'à ce que les carburants deuxième génération – fabriqués avec du bois, de
la paille ou des déchets – soient disponibles dans le commerce.
Sinon, le pouvoir d'achat supérieur des automobilistes des pays riches leur
permettra d'enlever le pain de la bouche aux populations pauvres. Mettez des
agrocarburants de première génération dans votre réservoir et il y en a qui
mourront de faim.
Même le Fonds monétaire international (FMI), toujours prêt à immoler les
pauvres sur l'autel de la libre entreprise, tire la sonnette d'alarme en
déclarant qu'utiliser des denrées destinées à l'alimentation pour produire des
agrocarburants "pourrait affecter davantage les réserves mondiales de terres
agricoles et d'eau déjà rares, faisant par là même grimper encore plus les prix
des produits alimentaires".
Cette semaine, l'Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et
l’agriculture (la FAO) doit annoncer que les réserves alimentaires mondiales
sont les plus basses depuis 25 ans, ce qui menace de provoquer ce qu'elle
appelle "une crise très grave". Même quand le prix de l'alimentation était
abordable, 850 millions de personnes souffraient de la famine parce qu'elles
n'avaient pas les moyens d'acheter de quoi se nourrir.
Et à chaque augmentation du prix de la farine ou des céréales, ce sont
plusieurs millions de personnes supplémentaires qui se retrouvent dans le
dénuement. Le prix du riz a augmenté de 20% au cours de l'année dernière, celui
du maïs de 50% et du blé de 100%. Ce n'est pas entièrement de la faute des
agrocarburants (en confisquant des terres destinées à la production
alimentaire, ils amplifient les effets des mauvaises récoltes et de la demande
croissante) mais presque tous les grands organismes exhortent les gouvernements
à stopper leur développement. Mais presque tous les gouvernements d'importance
ne tiennent aucun compte de cet avertissement.
Ils regardent ailleurs parce que les agrocarburants offrent un prétexte pour
éviter d'opérer des choix politiques. Ils créent l'impression que les
gouvernements peuvent réduire les émissions de carbone et – comme l'a annoncé
Ruth Kelly, la ministre des Transports britannique la semaine dernière –
continuer de développer les réseaux de transports. Les dernières statistiques
montrent que les automobilistes britanniques ont dépassé la borne des 500
milliards de kilomètres pour la première fois l'an dernier.
Mais quelle importance: il suffit de changer le carburant que nous
utilisons. Et on ne remet personne en cause. On peut ainsi répondre à la
demande du lobby automobile et des entreprises privées qui braillent qu'ils
veulent de nouvelles infrastructures. Ceux qu'on expulse de leurs terres
agricoles ne sont toujours pas entendus.
- (…).
Le gouvernement britannique dit qu'il va s'efforcer de prendre les mesures
nécessaires afin que "seuls les agrocarburants les plus "durables" soient
utilisés au RU. Mais il n'a aucun moyen pour mettre cela en pratique (et il
reconnaît que s'il essayait d'imposer une norme contraignante, il enfreindrait
les lois du commerce mondial).
Mais même si on pouvait imposer la "durabilité", qu'est-ce que cela signifie
exactement?
On pourrait, par exemple, interdire la production d'huile de palme dans les
nouvelles plantations. C'est l'agrocarburant le plus destructeur, qui entraîne
la déforestation en Malaisie et en Indonésie. Mais cette interdiction ne
changerait rien.
Comme l'a dit Carl Bek-Nielsen, vice-président de United Plantations
Bhd de Malaisie: "Même si c'est une autre huile qui va servir
d'agrocarburant, il faut alors remplacer cette autre huile. Quoi qu'on fasse,
il y aura une rupture et cet intervalle sera comblé par l'huile de palme". Les
conséquences de cette mutation provoqueront la destruction qu'on veut justement
éviter. Le seul agrocarburant durable, c'est l'huile végétale recyclée, mais
cela représente des quantités infimes.
C'est là qu'intervient l'industrie des agrocarburants aux cris de
""jatropha!" (en Afrique, "pourghère"). Ce n'est
pas un gros mot, mais cela va le devenir bientôt. Le pourghère est une plante
résistante riche en huile qui pousse sous les tropiques.
Cet été, **Bob Geldof, qui ne rate jamais une occasion de préconiser des
solutions simplistes à des problèmes complexes, s'est pointé au Swaziland en
tant que "conseiller spécial" pour une compagnie d'agrocarburants. Parce qu'il
pousse sur des terres à faible rendement, le pourghère, prétend-il, est une
plante qui va "changer la vie", qui va fournir des emplois, des cultures de
vente et le pouvoir économique aux petits exploitants agricoles
africains.
Bien sûr, il peut se développer sur des terres peu fertiles et être cultivé par
des petits exploitants. Mais il peut également pousser sur des terres fertiles
et être cultivé dans des grosses exploitations. Et s'il y a une évidence
criante à propos des agrocarburants, c'est que ce ne sont pas des productions
pour petits agriculteurs. Déjà, le gouvernement indien envisage de consacrer 14
millions d'hectares de plantations de pourghère. En août, ont eu lieu les
premières émeutes de petits agriculteurs qui étaient expulsés de leurs terres
pour faire de la place aux grandes exploitations.
Si les gouvernements qui encouragent la production d'agrocarburants ne changent
pas radicalement de politique, la catastrophe humanitaire sera encore plus
dramatique qu'en Irak. Des millions de personnes vont être déplacées, et des
centaines de millions de plus pourraient souffrir de la famine. Ce crime contre
l'humanité est complexe, mais, pour autant, ni cela l'amoindrit ni l'excuse.
Comme tous ces crimes similaires, il est perpétré par des lâches, qui
s'attaquent aux faibles pour éviter d'affronter les forts.
George Monbiot: voir son
site.
Notes:
- (…) S'ensuit une explication sur les agrocarburants et sur l'empreinte carbone.
Alors, plutôt que de me fatiguer à traduire, je vous invite à aller voir ce
qu'il en est des agrocarburants sur l'excellent site: "Effets de terre", de Denis
Delbecq, que j'ai découvert lors de mes recherches.
"La seule voiture qui ne pollue pas, c'est celle qui ne roule
pas".
**Bob Geldof: rocker très médiocre recyclé (avec Bono et
d'autres) dans les projets humanitaires auto-promotionnels à grand spectacle
avec battage mondial, tape-à-l'œil et dérisoires. (Pour un portrait moins …
lapidaire, disons, voir gogol).
Quelques titres en anglais.
Swaziland joins
biofuel drive despite mounting food crisis
Can Green Jobs Save the
American Middle Class?
..............................................................................................................................................
Notes perso:
Les agrocarburants: total danger
Moi, ce que je comprends, c'est que les agrocarburants vont être
essentiellement produits dans les pays pauvres, en déplaçant des populations
entières et que ce sont les pauvres qui vont trinquer.
On s'en ficherait dans l'absolu: ils habitent dans des cases sans eau, sans
électricité à l'autre bout de la planète et mangent du riz ou du manioc tous
les jours – quand ils en trouvent. Donc, émissions carbone pratiquement au
niveau zéro. C'est bon pour nous, ça, Coco.
Et puis si on doit s'inquiéter pour tout le monde, on n'a pas fini. On ne peut
pas embrasser tous les malheurs du monde.
Sauf que.
Sauf que ces pauvres, encore plus nombreux, encore plus affamés, encore plus
désespérés, chassés de leurs terres pour produire du carburant pour les pays
riches, ils vont continuer à se jeter dans de frêles embarcations pour
atteindre nos rivages et pour récupérer la bouffe et les ressources qu'on leur
a piquées. Le pauvre est tenace.
Il y a bien la sélection naturelle: les noyades, les naufrages et ensuite, les
défenestrations.
Mais il n'y aura pas le compte. Il en restera toujours beaucoup trop. Et qui
procréeront sur notre propre sol. Et bientôt on ne sera plus chez nous.
Ce qui justifiera de les renvoyer au fur et à mesure dans leur pays. Parce que,
d'une France métissée, la France n'en veut pas. Y en a plein qui le disent. Et
si, en plus, ils sont musulmans, je te dis pas le président comme il va
flipper.
Et voilà l'imprévoyance des pays riches: ils font tout pour perpétuer la
situation au lieu de régler le problème une fois pour toutes - à commencer par
cesser de piller leurs ressources et de prendre leurs terres pour un terrain de
jeu, cesser de leur demander les sous qu'ils leur ont extorqués au fil des
siècles avec des marchés de dupes et cesser de favoriser les potentats locaux
qu'ils ont contribué à mettre au pouvoir au lieu de laisser les peuples
disposer d'eux-mêmes.
Co-développement: la solution?
Notre prez à nous s'est toqué de co-développement (vous avez remarqué? Quand
il ne dit pas "victime", c'est "co-développement" qui lui vient à
l'esprit).
Cela semble partir d'un excellent sentiment tout cela. Non?
Non.
Parce que cela voudrait dire que nous sommes au même niveau de dénuement que
l'Afrique. Alors, c'est le partage, on s'entraide.
Seulement voilà, ce n'est pas le cas. Alors, que veut il donc dire par
là?
Simple, me semble-t-il.
On vous refile quelques gadgets, on arrose au passage la caste qu'on a mise au
pouvoir, on vous envoie quelques experts (voire une ONG improvisée) et en
retour, on choisit nos immigrés qu'on veut – si on veut - et on continue
d'utiliser votre territoire comme terrain de jeu. Donnant– donnant, gagnant -
gagnant, quoi.
Donc, le co-développement, du pipeau, comme le reste. On ne s'en lasse
pas.
Changement climatique: changez rien
Le prez, qui voulait se la péter avec l'étiquette du chef d'état le plus
soucieux des problèmes environnementaux, a décidé, sous la hulette d'un salarié
de multinationales (qui lui transmettra la liste de ses invités), de convoquer
un "Grenelle de l'environnement" (un peu comme les Ricains et leur "révolution
verte" des années cinquante).
Que du beau linge, ça oui.
D'abord, des ministres, plein de ministres, puis, le Medef, la FNSEA,
l'Alliance pour la planète, collectif de 80 associations, et d'autres.
Gros barouf. Et après quelques semaines de réflexion, les deux jours J du
Grenelle.
Enfin.
Grenouille, laquelle?
Mais, à l'issue de ce grenelle passionnant et consensuel, je me pose quand
même quelques petites questions.
Avoir mobilisé pendant des semaines tous ces gens, c'est tout de même que
l'événement devait revêtir une importance capitale.
Et que Jean-Louis Borloo ait été mandaté à grands frais pour aller de visu
vérifier si la banquise fondait ou si c'était un hoax comme le prétendent
certains négationnistes, c'est qu'il y avait urgence.
Je me suis dit, là, on va vers un changement de société radical. La rupture,
quoi.
Enfin, non, je ne me le suis pas dit. Vu la brochette des invités, y avait pas
de raison qu'on se plonge dans un optimisme béat.
Parce que ,pour moi, le gouv. + le médèfe + la FNSEA, c'est déjà pas bien
écocompatible.
Voyez ce que je veux dire?
On nous dit "réchauffement de la planète dû aux émissions de CO2, plus
pollution gravissime des eaux et des terres, disparition d'espèces, recyclage
des déchets et épuisement des ressources pétrolières".
L'apocalypse, donc.
Moi je pense alors qu'il faut un plan drastique pour là, maintenant, tout de
suite.
Non?
On s'y met tous et on arrête les conneries. Il y a vraiment le feu au
lac.
Oui, mais voilà, il y en a qui ne sont pas d'accord qu'on fasse n'importe
quoi.
Comme, par exemple, réduire la circulation des véhicules à moteur, privilégier
les transports en commun, le vélo, le co-voiturage et le ferroutage, réduire la
vitesse sur la route, je sais pas moi, supprimer le Paris-Dakar, ou les courses
de F1, arrêter les cultures intensives, l'emploi de pesticides et tout
ça.
Des trucs qui semblent de bon sens, quoi. C'est pour la santé de la planète et
pour celle des futures générations.
Oui, mais là, mais non!
STOOOOOOOOOOOOP!
C'est que le médèfe, la FNSEA et le gouvernement à leur botte, y sont pas
d'accord, mais alors, pas d'accord du tout.
Et ils veillent au grain. Faudrait quand même pas leur enlever le bifteck de la
bouche, sous des prétextes même louables. Eh, oui, c'est bien eux qui polluent
(production, distribution, promotion), mais on ne va pas chicaner pour un ou
deux petits degrés en plus.
D'ailleurs, regardez, il fait pas si chaud que ça pour un 25 octobre.
Hein? Ah, 26, même. Voyez!
Pipeau, fifres et fifrelins
Alors voilà ce qu'il en est sorti de ce grand rassemblement pour sauver la
planète (qui a pourtant satisfait, les diverses ONG présentes. Syndrome de
Stockholm, sans doute).
Je ne vais pas tout citer mais quelques exemples
suffiront.
Transports:
Pour les véhicules à moteur, on continue comme avant. Pas
de réduction de la vitesse. On va pas s'embêter à surveiller le compteur pour
si peu.
Pour les camions, s'ils roulent sur l'autoroute, ça va. A
terme, on voudrait qu'il y en ait 3000 de moins en circulation. Bon, pas un
drame, quand on sait combien sillonnent notre beau pays tous les
jours.
Seront créées 500 kilomètres de lignes de tramway et 4.500 kilomètres de
lignes à grande vitesse.
Le TGV, AH!
Pas les trains de proximité, pas le fret ferroviaire, non plus. Non! Ils n'ont
trouvé que le TGV à promouvoir. Celui qui rapporte plein de pépettes.
Et qu'est-ce qu'il faut pour construire une ligne de TGV, hein?
Traverser des terrains agricoles, et donc exproprier, saccager des sites,
détruire la biodiversité et enfin, construire des gares en dehors des
centres-villes, ce qui oblige à prendre un véhicule pour s'y rendre! Et pour le
bénéfice de qui, je vous demande?
Mais ils faisaient quoi, les écolos pendant ce temps? La sieste sous un
platane?
Autoroutes: pas de moratoire. On n'y touche pas, c'est
médèfe. Plein de thunes à se faire. Et qu'est-ce qu'il faut pour construire une
autoroute? Pareil que pour les TGV.
Agriculture
Développement d'une "agriculture durable", utilisant moins de
pesticides. La diminution de 50% de l'usage des pesticides sera conditionnée à
la mise en place de "méthodes alternatives". D'ici 10 ANS. SI
POSSIBLE.
Il faut le temps aux industriels de nous trouver ces fameuses "méthodes
alternatives", qu'on n'appellera pas OGM, puisqu'ils ont mauvaise presse. On se
demande pourquoi, d'ailleurs.
Euh, les cultures bio, les vraies?
De quoi?
OGM, justement: on arrête de ne pas en semer l'hiver et on
voit ce qu'on fait pour le printemps, au moment des semis. Une loi dont ils ont
le secret sortira de terre un peu avant.
T'en veux de l'hypocrisie?
Un peu comme si , nous, on se vantait de faire des économies de chauffage par
30° à l'ombre.
Particuliers.
D'abord, en France, tout commence par une taxe. Si on sait pas pourquoi,
eux, ils savent. Donc, mise en place d'une taxe climat
énergie sur les énergies fossiles qui devrait être neutralisée
par une réduction des impôts sur le travail. Chômeurs, rémistes ou retraités,
cherchez pas, y a rien pour vous.
Et aussi la création d'une "écopastille".
Les Français qui achèteront un véhicule "propre" bénéficieront d'un
bonus. Les autres d'un malus, voiture neuve ou pas, tous les
ans apparemment.
Tu as compris, toi, avec ta voiture pourrie que tu peux pas changer? Pollueur
payeur.
Un truc marrant, qui prouve bien qu'on est vraiment pris pour des cons: les
écoliers auront droit à (au moins) un repas bio par semaine à la
cantine.
No comment. Dire qu'ils se sont réunis en grande pompe pour pondre
ça.
Quant au ministre de l'écologie, il a donné quelques pistes
pour faire des économies, comme changer les ampoules ou ne pas faire couler
l'eau quand on se lave les dents (utiliser un verre à dents) … Et d'autres
fantaisies folkloriques de la même veine.
Il en a oublié:
Tout éteindre 5 minutes par jour, ne laver le linge que s'il est sale, prendre
des bains à plusieurs, ne pas prendre la voiture pour aller chercher le pain à
200m de chez soi, fermer le robinet d'eau quand on ne s'en sert pas, manger des
aliments crus. Etc.
Je suis sûre que vous avez tous des tas d'idées de ce tonneau.
J'arrête là la liste: tout est à l'avenant. Rien de chiffré, rien de concret
que de belles promesses.
Conclusion
Alors, messieurs et mesdames des ONG, moi, j'appelle une avancée, une avancée
et une mascarade, une mascarade.
Et ça, c'est une MASCARADE. Jusqu'à la caution d'Al Gore, ce pitre. Prix Nobel
de la Paix décerné à Al Gore, ancien vice-président américain, qui n'a jamais
levé le petit doigt pendant les 10 ans de mandature Clinton pour essayer de
faire bouger les lobbies industriels (et qui
habite dans le luxe )
Et pour cause, ça ne se fait pas de mordre la main qui vous nourrit
bien.
Qui gagne dans cette affaire, d'après vous?
Les taxes pour les plus pauvres, les aides pour les mieux lotis et les
lendemains qui chantent pour les entreprises, qui ne seront toujours pas
inquiétées pour le saccage de la planète et qui pourront fourguer
tranquillement tous leurs vieux stocks avant de trouver des solutions "bio"
pour nous faire consommer plus mais avec bonne conscience.
Dans dix ans, à part les taxes, rien n'aura vraiment bougé.
Sauf qu'il y aura eu plus de pauvres, plus de morts, plus d'exodes et plus de
guerres.
Belle opération de com' qu'il s'est offerte, le mickey de l'Elysée.
Lire l'excellent article "Les placebos du Grenelle" d'Alain Cluzet docteur en aménagement, ancien président du Conseil français des urbanistes. Libé, mardi 23 octobre 2007
Commentaires
Bob Geldof n'a manifestement pas le monopole des idées simplistes.
Y a plein de raccourcis et d'amalgames dans ce papier, le plus grotesque est celui sur la famine au Swaziland. Le moteur de la famine c'est la pauvreté et la sécheresse. Les affamés sont des cultivateurs aux récoltes VIVRIERES insuffisantes. Le prix de la cassave peut bien tripler ca ne changera rien pour eux : de toutes manieres ils n'ont aucun revenu, ils mangent ce qu'ils cultivent et revendent peu, ils n'ont jamais eu vraiment les moyen d'acheter, meme pour les fringues ils attendent les elections présidentielles pour avoir un t-shirt neuf. Quand leur récolte est maigre ils ont faim, quelque soit l'état du marché. S'appuyer sur leur cas pour rejeter les agrocarburants est un peu gros.
Quelques faits que vous pourrez facilement vérifier même si vous n'avez jamais mis les pieds au Swaziland:
-Il y a une famine au swaziland tout les ans, plus ou moins grave suivant l'ampleur de la secheresse.
-L'aliment de base y est le MAIS, pas la cassave. Ca fait un peu tomber à l'eau la belle demonstration.
-Ca fait bien des années que les affamés regardent les plantations de canne à sucre industrielles prosperer en face de leurs parcelles arides. Maintenant ils regarderont la cassave, où est la différence? Le problème est et reste la redistribution des revenus, pas les agrocarburants.
D'autre part : je n'ai pas vu de mes yeux les forets détruites en Indonésie, ni les expulsés en Inde, mais que ce soit vrai ou faux peu importe, ce sont des exemple à ne surtout pas suivre.
Mais quel est le rapport avec le jatropha cultivé en Afrique? Une erreur faite en Indonésie doit vraiment imposer un moratoire de l'autre coté de la planete? Surtout que les situations sont largement différentes, l'Inde est surpeuplée pendant que l'Arfique subsaharienne possède des terres vierges en masse.
J'habite Madagascar, il y a des projets locaux de culture du jatropha, pour l'instant il n'y a absolument aucun impact négatif de visible. Ca pousse là ou rien ne pousse, ca rapporte de l'argent là ou rien ne rapporte, ca produit du carburant là où on en consomme... ah bon il faut un moratoire?
Bah oui il faut un moratoire, parce que les agrocarburants sont une impasse et une arnaque. Et le rejet de ce smerdes ne s'appuie pas - et de loin - que sur cet exemple qui serait donc faux.
Car même si il y a des exemples à ertains endroits de terres non cultivables ou SEULS DES AGROCARBURANTS peuvent pousser (en l'écrivant je me mords la lèvre) ... l'engagement actuel montre que de toute façon étant donné les surfaces, les besoins en engrais et en pesticides, c'est une catastrophe écologique et humaine de plus qui se prépare.
Et un des points mis en avant dans cet article à mon avis, c'est la pression des pays du Nord sur ceux du Sud, qui imposent leur vision d'un marché mondial, qui exportent leur surplus et importent ce dont ils ont besoin à grand coup écologique. Si la famine dans ces pays nous préocupe vraiment, nous serions en train de trouver avec eux les meilleurs plantes vivrières pour les endroits où on les encourage aujourd'hui à planter des agrocarburants, et des plantes vivrières libres de droit par exemple... mais non, qu'ils crèvent.
Mais, non, ce que dit Monbiot n'est pas "faux"!
Simplement pour la cassave, ce n'est pas LEUR aliment de base, mais un de leurs aliments de base (c'est moi qui ai traduit trop vite. Désolée). Mais cela ne change rien à ce que développe Monbiot. (C'est en effet le maïs qui est le plus important. C'est d'ailleurs clairement dit dans le document annexe, voir: Swaziland joins biofuel drive despite mounting food crisis; mais maïs ou autre, là n'est pas la question).
Ce qu'explique clairement Monbiot, c'est que le gouvernement a alloué des milliers d'hectares de terre arable à une compagnie privée américaine pour produire des agrocarburants alors que, parallèlement, 40% de la population du Swaziland souffre de famine.
Et il trouve scandaleux cette situation. Ce en quoi je l'approuve. Un gouvernement a peut-être d'autres solutions à trouver que celle-ci, quand, dans le même temps, il importe 60% des produits alimentaires alors qu'il existe par ailleurs des terres cultivables. voir lien: World food programme
Il ajoute que la production d'agrocarburants n'est pas seule responsable de la famine, mais qu'elle en exacerbe le problème. Même dit brièvement, c'est clair aussi.
Quant à la cassave, les pays occidentaux ayant découvert les avantages de cette plante pour la transformer en agrocarburant se précipitent dans les endroits où elle pousse, en prétendant que cela va aider la situation locale.
Il n'y a ni amalgame ni simplisme.
Maintenant si vous, kisifi, voyez des avantages à ce que les terres cultivables africaines soient utilisées pour produire du carburant pour l'exportation au lieu de l'être pour nourrir les populations locales dans le dénuement, libre à vous. Mais je ne suis pas d'accord.
Le pétrole est essentiellement exploité par des multinationales, pouvez-vous me dire quelles en sont les retombées pour les populations locales?
Je n'ai pas le temps de développer plus longuement mais je reviendrai sur le reste de votre commentaire ultérieurement.
Je tenais à apporter cette précision afin qu'on ne fasse pas dire à l'auteur de l'article ce qu'il n'a pas dit. D'autre part, je prends soin de donner des liens pour compléter les articles, qui sont forcément plus elliptiques qu'un exposé.
J'ai vraiment l'impression que dans cette histoire de famine au Swaziland vous vous trompez de cible. Ma version est la suivante: ca fait des années qu'il y a des famines dues aux sécheresses. Ca fait des années que le seul remède apporté à cette situation est d'envoyer des tonnes de bouffe US du programme alimentaire mondial. Un beau jour une entreprise s'installe pour cultiver de la cassave destinée à fabriquer du carburant : ca met en evidence que finalement les terres locales sont cultivables, il suffit d'investir dans du matériel d'irrigation.
Et là faut chercher un responsable. Y a le choix entre taper sur deux entités:
1) Taper sur les bailleurs de fond du PAM (les USA, essentiellement) qui auraient pu dépenser leur pognon en installant du matériel d'irrigation plutot que d'écouler leurs surplus de production agricole.
2) Taper sur le complexe agrobusiness qui est venu s'installer localement pour faire du carburant, ce qui rapportera de l'argent au Swaziland mais pas forcément aux affamés, qui auront donc faim tout en regardant pousser de l'essence, alors que ces salauds de l'agrobusiness pourrait tres bien faire pousser de la cassave destinée à la consommation locale (petit pb: les locaux n'ont pas de sous pour acheter cette cassave, mais c'est un détail)
Jean Ziegler a choisi de taper sur le deuxieme. Pas moi.
Maintenant : je ne suis pas au Swaziland en ce moment et j'ai suivi cette affaire de très loin, donc je ne peux jurer de rien : je suis du genre à ne croire que ce que je vois, et la faute de traduction sur la cassave "aliment de base" m'avait fait bondir un peu vite, c'était tellement grotesque que ca discréditait tout le reste, je reconnais que du coup j'ai encore du mal à relire avec objectivité. L'argumentaire tenu par les promoteurs du projet dans le lien que tu donne me semble cependant valide.
Par contre pour ce qui est du jatropha je maintiens, il y a des terres disponibles à Mada pour cette culture. Pourtant, tous les ans à Mada il y a une famine dans le Sud. Mais la triste réalité est la suivante : il n'a jamais été question de déplacer les affamés sur les terres libres sur lesquelles le jatropha va pousser. De même il est prévu d'investir dans des équipements pour le jatropha, alors que personne n'a jamais eu l'intention d'investir dans l'agriculture vivriere. Pour une raison simple: le jatropha rapporte des devises, alors que nourrir les gens ca ne rapporte rien. Ca a TOUJOURS été comme ca et les agrocarburants n'auront aucun impact sur la situation je parle de Mada.
Bref je refais un résumé des fois que je me serais mal exprimé :
-la malnutrition est un problème qui aurait pu (et dû) être réglé depuis longtemps, mondialement.
-Le businesse agrocarburants n'est qu'un enieme épisode d'investissements ailleurs que dans la résolution de ce problème, il n'y a pas de raisons de taper plus dessus que, disons, sur les investissements militaires.
-Il y a des endroits du monde où les terres cultivables manquent et où il faut faire gaffe à pas piquer le riz de l'assiette des gens, mais pas en Afrique, y a la place pour nourrir tout le monde ET faire du carburant. Le moratoire est donc exagéré, il faut juger au cas pas cas sans condamner les projets qui pourraient apporter des devises à des pays qui en manquent.
Je comprends ton point de vue, mais je ne suis pas d'accord sur tout.
D'abord, si tu relis à nouveau, tu verras que le journaliste (et PAS MOI, qui n'ai fait que traduire) ne dit pas qu'on enlève la cassave de la bouche des populations locales, mais simplement que la compagnie américaine va profiter des terres cédées pour en produire, il ne fait que préciser brièvement ce qu'est la cassave à ses lecteurs (britanniques pour beaucoup).
D'autre part, ce qu'il dénonce essentiellement, c'est justement la collusion entre gouvernements et multinationales qui cherchent à utiliser des terres arables (qu'il y en ait en nombre ou pas!) pour d'autres destinations que l'alimentation alors que les populations locales souffrent déjà cruellement de la faim.
Il ne dit pas que les agrocarburants sont la cause de la famine, il dit que cela va FORCEMENT aggraver la situation déjà catastrophique. Et que cela ne peut qu'empirer si on continue dans cette voie, citant l'exemple du Swaziland et en évoquant d'autres.
Il demande ainsi un moratoire (mondial), c'est-à-dire d'arrêter (momentanément) d'étendre ce phénomène pour réfléchir sur le sujet avant que la situation ne soit irréversible et que des milliards de personnes supplémentaires ne soient déplacées et frappées par la famine.
Je ne sais en qualité de quoi tu t'exprimes, c'est à dire si tu fais partie des experts, mais il se trouve que bien d'autres experts tirent d'autres conclusions sur les agrocarburants.
http://www.monde-diplomatique.fr/2007/06/HOLTZ_GIMENEZ/14846
Et en Indonésie, http://www.amisdelaterre.org/-Huile-de-palme-un-ingredient-.html
Quant à Jean Ziegler et la FAO, on ne peut les soupçonner de figurer parmi les fers de lance de l'agit-prop. Loin s'en faut.
Alors, moi, j'aurais tendance à les croire, d'autant que dans le cas du Swaziland, il est clair que le roitelet en place n'a rien fait pour son peuple (les chiffres sont là, pas besoin d'aller sur le terrain) et qu'il n'y a donc aucune raison que des retombées financières de la cession de ces terres lui profitent un jour (ce que tu dis, d'ailleurs).
Deuxièmement, je ne fais aucune confiance aux multinationales pour verser un jour dans l'humanitaire. Ce serait du jamais vu. Ce n'est pas leur vocation puisque leur but, c'est actuellement de remplacer par tous les moyens les profits tirés du pétrole par ceux qu'elles tireront des agrocarburants.
Pour le cas du jatropha, le journaliste explique que si les prédateurs disent que cette plante peut être cultivée par les petits agriculteurs, elle sera vite remplacée par des grandes exploitations, ce qui chassera automatiquement les agriculteurs de leurs terres.
Là aussi, je ne sais pas pourquoi, mais j'ai tendance à le croire!
On peut toujours se dire que non, ça n'arrivera pas, et que les agrocarburants ne changeront rien au pb, mais la logique de profit et les expériences passées et présentes ne plaident pas en pas en faveur d'un statu quo (si ce n'est d'une amélioration). On a vu ce que donnent les OGM pour les agriculteurs pauvres.
Quant aux bénéfices pour les pays concernés, nous sommes d'accord, ils n'iront pas dans la poche de ceux qui en auraient besoin, mais dans ceux de la caste dirigeante.
Pour ce qui est de la misère et la famine, malgré les moulinets de Bob G et des autres, elles ne sont pas près d'être éradiquées. Au contraire.
Je te remercie de ta contribution à ce billet, ainsi que de celle de Coco. Il permet d'éclaircir certains points et d'élargir le débat.
je ne vais pas élargir le débat, parce que comme d'habitude j'apprécie énormément ce billet: la traduction et ton apport personnel.
merci
Non je ne suis pas un expert en agrocarburant. Ni même en agriculture. Par contre je sais qu'au Swaziland on bouffe surtout du mais et du sorgho, donc j'avais tout de même un tout petit quelque chose à apporter à ton blog!
Sinon j'avais déjà lu cet article du monde diplo sur les agrocarburants. Ils n'y parlent pas du jatropha.
Et pour ce qui est de l'huile de palme je suis un peu perdu. Parceque quand j'avais lu cet article j'en étais ressorti avec l'idée que l'indonésie bousillait ses forets pour produire du biocarburant. Alors qu'en fait actuellement les forets sont effectivement détruites, mais pas pour faire du biofuel, c'est pour de l'alimentaire surtout.
C'est assez troublant de comparer la version du MD et celle de l'autre document que tu donnes:
Le monde diplo : http://www.monde-diplomatique.fr/20...
"En Indonésie, les plantations de palmiers à huile destinés à la production de biodiesel – appelé « diesel de la déforestation » – sont la principale cause du recul de la forêt. Vers 2020, ces surfaces y auront triplé, pour atteindre 16,5 millions d’hectares"
L'autre doc : http://www.amisdelaterre.org/-Huile...
"En ne tenant compte que de la hausse de la demande mondiale en huile de palme pour un usage alimentaire, la superficie des plantations de palmier à huile en Indonésie pourrait avoir triplé et atteindre 16,5 millions d’hectares d’ici 2020 selon le Programme des Nations Unies pour l’Environnement."
D'un côté c'est l'usage alimentaire qui est mis en valeur, et de l'autre l'usage biofuel, avec le même chiffre. Hum. Pour aller dans ton sens je concluerais cependant que dans tous les cas ca prouve qu'il y a un sérieux problème, quelles que soient les manipulation de chiffres opérées par les uns ou les autres on se dirige vers une destruction des forêts primaires, et tout geste de chacun pour diminuer sa consommation de petrole et de margarine ne pourra qu'être benefique.
ps comment on fait pour passer à la ligne dans les commentaires?
au précédent
Essaie voir la touche "entrée" ("return").
Bon, je donne encore un lien sur l'huile de palme, mais après, il faudra chercher par soi même. Les renseignements ne manquent pas sur le ouèbe.
http://www.greenpeace.org/france/ne...
Quant aux pbs du blog, je n'en sais pas plus. Régulièrement, tout part en vrac et comme je ne suis pas spécialiste, je suis obligée de faire avec.
Je voudrais changer, mais je ne sais comment faire.
pour plus de détails
"Selon l’ONU, environ 60 millions de personnes dans le monde courent le risque d’être expulsées de leurs terres pour faire de la place aux cultures nécessaires aux agrocarburants."
est-ce qu'on court ce risque en ouvrant le marché?
avant de trancher,je vous conseille de lire le blog de Nicolino qui a écrit un très bon bouquin sur la question.
http://fabrice-nicolino.com/biocarb...
pascal
merci paysan bio pour cette remarque...
et merci pour le lien, très fourni et plein d'infos
L'exemple du pétrole montre que nos pays développés energivores n'ont aucune retenue, qu'ils ne savent pas adapter leur comportement et veulent toujours plus de croissance. Comment dans ce contexte imaginer un seul instant que les laisser utiliser ces agrocarburants ne va pas profondément aggraver des problèmes existants et en créer d'autres ?
Au fait, une info made in AFP... ça vaut ce que ça vaut ...
http://fr.news.yahoo.com/afp/200711...
Merci à tous les deux de votre contribution.
On est bien d'accord: les agrocarburants, c'est la nouvelle arnaque. Et planétaire! C'est l'horreur.
Bon, là, je suis encore méga-énervée.
Tous les jours, ils avancent encore plus dans l'ignominie.
Hier, c'était sucrer l'exonération de la taxe audiovisuelle aux personnes âgées non imposables.
Nouvelle étape: casser le code du travail.
Vu, entre autres, chez Olivier Bonnet: http://olivierbonnet.canalblog.com/
Il dit qu'il va falloir réagir.
Pôvre!Quand on voit ce qui s'est passé avec les cheminots et la fonction publique (pilonnage médiatique sur les otages et tout le reste), on a du souci à se faire.