La démocratie des mensonges
Par emcee le jeudi 8 novembre 2007, 00:49 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
Le sachet de sucre en poudre de Powell, les armes de destruction massive de
Saddam, le terroriste armé jusqu'aux dents prêt à bondir dans nos villages les
plus reculés, le nucléaire iranien, les menaces sur Israël, Dieu et Satan, Dieu
et Mahomet, le Bien et le Mal, le rétablissement de la démocratie, la "liberté"
d'entreprendre et la liberté d'expression, les mérites de la torture, les
massacres de populations…. La liste est longue.
Voici un autre article intéressant de William Blum
"Reality No Longer Matters", tiré de Dissident
Voice paru le 6 novembre 2007.
Dans une société où seules comptent les petites phrases, la
vérité n'a plus d'importance
Le mois dernier, Tzipi Livni, la ministre israélienne des affaires
étrangères déclarait aux Nations Unies devant les chefs d'état du monde entier
qu'il était temps d'agir contre l'Iran. "Tout le monde s'accorde à
dire ", a-t-elle dit, "que l'Iran nie l'holocauste et parle
franchement de son ambition de *balayer de la carte un état membre, le mien en
l'occurrence*. Et tout le monde s'accorde à dire que, en violation des
résolutions du conseil de sécurité de l'ONU, il se consacre activement aux
moyens de parvenir à ses fins. Trop de gens voient le danger mais continuent de
passer tranquillement à côté, en espérant que quelqu'un d'autre s'en chargera.
Il est temps que l'ONU et les états du monde entier tiennent les engagements
qu'ils ont pris, à savoir que cela ne se reproduira plus jamais. Qu'ils disent
trop, c'est trop, qu'ils agissent tout de suite et défendent leurs valeurs
fondamentales".
Pourtant, un peu plus tard, dans le courant du même mois, on apprend par
Haaretz, journal souvent décrit comme le "New York Times israélien",
que cette même ministre Tzipi Livni avait déclaré quelques mois auparavant dans
une série d'entretiens privés que, d'après elle, "les armes nucléaires
iraniennes ne constituaient pas une menace tangible pour Israël".
Haaretz ajoute: "Livni critiquait également l'importance exagérée que le
premier ministre israélien, Elmud Olmert, portait à la question du nucléaire
iranien, affirmant qu'il cherchait à rallier la population autour de lui en
jouant sur ses peurs les plus fondamentales".
Que sommes nous en nous contredisant à ce point pour faire étalage d'une telle
hypocrisie?
Et voici ce que dit Fareed Zakaria, rédacteur en chef de Newsweek
International: "La seule fois où les Etats-Unis ont discuté avec Téhéran,
c'était vers la fin de la guerre en Afghanistan dans le but de créer un nouvel
ordre politique dans le pays".
James Dobbins, le représentant de Bush à la conférence de Bonn avait déclaré
que les 'Iraniens s'étaient montrés très professionnels, francs, fiables et
pleins de bonne volonté. Ils avaient également émis des réserves quant à notre
réussite. Ils ont su convaincre l'Alliance du Nord (les ennemis afghans des
Taliban) d'accepter les derniers compromis que nous leur demandions'."
James Dobbins explique que les Iraniens avaient cherché à améliorer leurs
relations avec les Etats-Unis par son intermédiaire et par celui d'autres en
2001 et plus tard.
Même après le discours sur l'Axe du Mal, se souvient-il, ils ont proposé de
coopérer en Afghanistan.
Quand Dobbins a annoncé cette proposition à une réunion à Washington, celle-ci
a été accueillie par un silence de mort. Donald Rumsfeld, le ministre de la
Défense de l'époque, rapporte-t-il, a baissé les yeux sur ses notes, faisant
semblant de chercher quelque chose. Ils n'ont jamais donné de réponse aux
Iraniens. Pourquoi se fatiguer? Ils sont cinglés."
Dobbins a rajouté "la version initiale des accords de Bonn avait omis
d'invoquer la démocratie et la lutte contre le terrorisme. C'est le
représentant iranien qui avait constaté ces deux oublis et qui était parvenu à
faire spécifier que le nouveau gouvernement afghan devait s'engager à les
mettre en œuvre".
Or, c'est à peine quelques semaines plus tard, quand Hamid Karzai avait été
installé dans ses fonctions de dirigeant provisoire en Afghanistan, que le
président Bush faisait figurer l'Iran sur la liste des pays de l'Axe du Mal –
drôle de remerciement en retour de l'aide de Téhéran à Bonn. Un an plus tard,
peu après l'invasion de l'Irak, toutes les relations bilatérales entre Téhéran
et Washington étaient suspendues. Depuis lors, la partie de bras de fer au
sujet du programme nucléaire en Iran est de plus en plus acharnée.
Peu après l'invasion de l'Irak en 2003, l'Iran avait tenté de se rapprocher de
Washington par l'intermédiaire de l'ambassadeur de Suisse qui contactait par
fax le Ministère des affaires étrangères US.
Le Washington Post disait que, dans ce message, "l'Iran proposait un
dialogue ouvert avec les Etats-Unis, en mettant tout sur la table (comme par
exemple, une complète coopération sur les programmes nucléaires, la
reconnaissance d'Israël et l'arrêt du soutien iranien aux activistes
palestiniens)".
"Méprisant cette initiative, l'administration Bush faisait officiellement
part, en revanche, de ses griefs à l'ambassadeur suisse qui avait envoyé le
fax".
Richard Hass, responsable de l'organisation politique au ministère des
affaires étrangères à l'époque, et actuellement président du conseil des
relations extérieures, a déclaré que la démarche de l'Iran avait été repoussée
d'emblée parce qu'au gouvernement on "penchait pour un changement de
régime".
Donc, nous avons bien confirmation. Les Israéliens le savent et les
Américains aussi. L'Iran ne constitue aucune menace pour les autres pays.
Avant l'invasion de l'Irak, je posais cette question dans un article:
"Quelle raison valable Saddam Hussein aurait-il eue d'attaquer les Etats-Unis à
part une irrésistible envie de suicide national collectif? Il n'avait aucune
raison. Les Iraniens non plus. Parmi les nombreux mensonges utilisés pour
légitimer l'invasion de l'IraK, le plus énorme de tous est que si, en fait,
Saddam Hussein avait eu ces armes de destruction massive, cette invasion aurait
été justifiée.
Les Etats-Unis et Israël ont longtemps cherché à dominer le Moyen-Orient,
considérant l'Irak et l'Iran comme les obstacles les plus importants à leurs
ambitions. Irak est à l'heure actuelle en pleine déroute. Et l'Iran est en
attente de subir le même sort. Et ensuite, peut-être, les bases militaires
américaines omniprésentes, en comblant le vide entre l'Irak et l'Afghanistan
permettront à Washington de réaliser leur l'objectif d'encercler totalement la
Chine, cela, pour mieux surveiller la circulation du pétrole entre le Golfe
Persique et la région de la mer Caspienne.
Il fut un temps où je pensais que l'unique but de la politique hostile des
Etats-Unis envers l'Iran était d'empêcher les Iraniens d'acquérir l'arme
nucléaire, qui priverait Israël et les Etats-Unis du monopole sur le
Moyen-Orient et de leur ultime outil d'intimidation.
Mais aujourd'hui, il semble que détruire les installations militaires de
l'Iran, nucléaires ou autres, les détruire au point qu'elles seraient
inutilisables ni en défense ni en attaque, c'est l'objectif de l'administration
Bush, ainsi que, peut-être, un quelconque changement de régime. L'empire laisse
le moins de place possible au hasard.

Cuba et le péché originel
Depuis le tout début de la révolution cubaine, les divers anti-communistes
et les capitalistes purs et durs du monde entier se sont acharnés à rendre
compte des échecs, réels ou présumés, de la vie à Cuba, chaque faiblesse
présumée étant attribuée aux faiblesses présumées du socialisme. C'est
simplement un système qui ne marche pas, nous dit-on, étant donné la nature
humaine, particulièrement dans ce monde de consommation, moderne, compétitif et
mondialisé.
En réponse à ces nombreuses attaques, les défenseurs de la société cubaine
ont régulièrement rappelé que les nombreuses sanctions draconiennes imposées à
Cuba par les Etats-Unis depuis 1960 sont largement responsables de la plupart
des problèmes signalés par les détracteurs.
De leur côté, les détracteurs, affirment que c'est juste un bon prétexte qu'ont
trouvé les défenseurs de Cuba pour excuser tous les échecs de leur système
socialiste.
Il serait bien difficile aux détracteurs de prouver leurs dires. Il faudrait
pour cela que les Etats-Unis renoncent à toutes les sanctions et ensuite, il
faudrait attendre suffisamment longtemps pour que la société cubaine se soit
remise de ses pertes pour qu'elle puisse démontrer ce que vaut son système
quand il n'est pas soumis aux attaques incessantes du pays le plus puissant du
monde.
Les sanctions (que Cuba appelle blocus économique), destinées à générer le
mécontentement envers le gouvernement cubain, ont été aggravées sous le
gouvernement Bush, à la fois par leur nombre et par leur côté vindicatif.
Washington a alourdi les sanctions contre ceux qui commercent avec Cuba ou
établissent des relations avec le pays en matière d'échanges culturels ou
touristiques; par ex, le Trésor Public américain a gelé les comptes de la
Banque Caraïbe des Pays-Bas aux USA parce qu'elle a une agence à Cuba et
interdit aux compagnies américaines et aux particuliers de traiter avec la
banque hollandaise.
Le Trésor Public a infligé une amende de 34000 $ à L'Alliance des Baptistes,
accusant certains de ses membres et des fidèles d'autres cultes d'avoir fait du
tourisme à Cuba lors d'une visite pour des motifs religieux ; càd, qu'il
leur reproche d'y avoir dépensé de l'argent. (Comme l'a dit G. Bush: "la loi
interdit aux Américains de voyager à Cuba pour leur plaisir").
Les tribunaux américains et les agences gouvernementales ont aidé les
compagnies américaines à bannir les marques célèbres de cigares "Cohiba" et de
rhum Havana Club.
L'administration Bush a envoyé aux fournisseurs de services Internet une note
leur enjoignant de ne pas faire de commerce avec six pays spécifiques, dont
Cuba. Faire limiter l'accès à Internet fait partie des mesures diverses prises
par Washington ces dernières années; mais les détracteurs de Cuba prétendent
que les problèmes de connexion sont dus au contrôle exercé par le gouvernement
cubain.
Aux Etats-Unis, les Cubains n'ont le droit d'envoyer qu'une somme d'argent
limitée à leur famille à Cuba, une restriction qui n'est imposée par Washington
à personne d'autre, qu'il soit étranger ou ressortissant américain. Même
pendant les pires moments de la guerre froide, il n'y avait pas eu de
restriction sur les sommes d'argent que ceux qui habitaient aux Etats-Unis
pouvaient envoyer à leur famille vivant dans les pays satellites de l'URSS en
l'Europe de l'est.
En 1999, Castro poursuivait en justice les Etats-Unis, demandant une
indemnisation de 181 milliards de dollars pour les pertes économiques et
humaines subies pendant les 40 premières années de cette agression. Les
plaignants accusaient Washington d'être responsable de la mort de 3478 Cubains
et d'en avoir blessé ou rendu infirmes 2099. Dans les cinq années qui ont
suivi, évidemment ce bilan s'est encore alourdi.
En effet, les sanctions diverses et variées, importantes ou minimes, rendent
difficile, voire impossible, l'obtention de toutes sortes de produits et de
services, et à un prix plus élevé, de surcroît - qu'il s'agisse de produits de
base indispensables pour la pratique de la médecine, pour les transports ou
l'industrie cubaines ou de conférences entre professionnels auxquelles
Américains et Cubains ne peuvent pas assister ensemble.
Ce qui est cité ci-dessus ne sont que des exemples parmi tant d'autres des
souffrances qu'infligent les Etats-Unis aux Cubains sur le plan physique,
psychologique et économique.
Pendant des années, les dirigeants américains et les médias se complaisaient
à appeler Cuba le "paria international". On ne l'entend plus beaucoup
dire actuellement.
L'une des raisons en est peut-être l'adoption d'une résolution à l'Assemblée
Générale de l'ONU appelant à la levée sans condition de l'embargo économique
imposé par les Etats-Unis sur Cuba.
Voici les résultats du vote:
OUI-NON
1992 59-2 (US, Israël)
1993 88-4 (US, Israël, Albanie, Paraguay)
1994 101-2 (US, Israël l)
1995 117-3 (US, Israël, Ouzbékistan)
1996 138-3 (US, Israël, Ouzbékistan)
1997 143-3 (US, Israël , Ouzbékistan)
1998 157-2 (US, Israël )
1999 155-2 (US, Israël)
2000 167-3 (US, Israël, îles Marshall)
2001 167-3 (US, Israël, îles Marshall )
2002 173-3 (US, Israël, îles Marshall)
2003 179-3 (US, Israël, îles Marshall )
2004 179-4 (US, Israël, îles Marshall, Palau)
2005 182-4 (US, Israël, îles Marshall, Palau)
2006 183-4 (US, Israël, îles Marshall, Palau)
2007 184-4 (US, Israël, îles Marshall , Palau)
Le péché de Cuba, que l'Amérique ne peut pas absoudre, c'est d'avoir fondé
une société qui peut servir d'exemple à une alternative au modèle capitaliste,
et, qui plus est, de l'avoir fait à la barbe même des Etats-Unis. Et en dépit
des épreuves infligées par les Etats-Unis, Cuba a, il est vrai, inspiré un
nombre incalculable de populations et de gouvernements dans le monde
entier.
Karen Lee Wald, qui écrit depuis longtemps sur Cuba a dit; "Les
Américains ont plus de stylos, de crayons, de bonbons, d'aspirine, etc. que la
plupart des Cubains. Eux, en revanche, ont un bien meilleur accès aux soins
médicaux, à l'éducation, au sport, à la culture, aux crèches, aux services pour
les personnes âgées, à la fierté et à la dignité que la plupart d'entre nous
aux Etats-Unis.
Dans un discours devant l'Assemblée générale prononcé en 1996, le vice
président cubain, Carlos Lage a déclaré: "Chaque jour, dans le monde il y a
200 millions d'enfants qui dorment dans les rues. Pas un seul n'est
cubain."

Le 6 avril 1960, L.D. Mallory, haut responsable du ministère des Affaires
étrangères américain a écrit dans un document interne annuel: "La majorité
des Cubains soutiennent Castro … le seul moyen envisageable de détruire ce
soutien interne, c'est d'installer la désillusion et l'amertume en créant du
mécontentement et des difficultés économiques … tous les moyens possibles
devraient être utilisés rapidement pour affaiblir la vie économique à
Cuba.
"Mallory proposait 'une ligne d'action radicale en refusant des aides
financières et des denrées à Cuba, en faisant baisser la monnaie et le salaire
réel, afin de provoquer la famine et la détresse et de renverser le
gouvernement".
Plus tard la même année, l'administration Eisenhower avait instauré
l'embargo.
Hugo, le dictateur diabolique a encore
frappé

http://www.handsoffvenezuela.org/vi...
Les toutes dernières preuves qu'Hugo Chavez est bien un dictateur, nous
dit-on, c'est qu'il veut faire ajouter un amendement à la constitution pour
supprimer la règle qui limite le nombre de mandats présidentiels.
C'est la proposition la plus controversée de son train de réformes, approuvées
récemment au sénat vénézuélien et qui seront soumises aux citoyens par
référendum le 2 décembre.
Les législateurs ont sillonné le pays pour débattre de ces propositions avec
des groupes locaux au cours de plus de 9000 réunions publiques, comportement
plutôt insolite pour une dictature - comme l'est, d'ailleurs, une autre des
réformes proposées, à savoir instaurer une journée de travail de 6 heures
maximum afin que les travailleurs puissent avoir davantage de temps pour leur
"épanouissement personnel".
Les medias américains et l'opposition au Venezuela laissent entendre que Chavez
veut pouvoir rester en place tant qu'il veut. Ce qu'ils oublient de souligner,
s'ils en parlent, c'est qu'il n'y a rien d'automatique dans cette démarche,
Chavez devra chaque fois se faire réélire.
On ne précise pas non plus que ce n'est pas le seul pays où le nombre de
mandats présidentiels ne serait pas limité. C'est le cas pour la France,
l'Allemagne, le Royaume Uni, si ce n'est tout le reste de l'Europe et une
grande partie du monde. Et il n'y avait pas de limite au nombre de mandats
présidentiels aux USA au cours des 175 premières années de son existence,
jusqu'à ce que soit ratifié, en 1951, le 22° Amendement.
Les présidents américains avant cette période étaient-ils tous des
dictateurs?
Et, est-ce un hasard, je me demande, si les deux pays de l'hémisphère
occidental dont les USA tiennent le plus à renverser le gouvernement (le
Venezuela et Cuba) sont ceux où le baseball est le plus populaire en dehors des
Etats-Unis?
Motif numéro 3467 d'avoir des doutes sur notre système de
libre-échange transmis par Dieu.
J'ai acheté récemment mon premier téléphone portable et je l'ai emporté avec
moi à Burlington, Vermont, tout ça pour m'apercevoir qu'il ne fonctionnait pas
là-bas. Apparemment, AT&T/Cingular n'a pas installé de relais dans la
région. Mais les autres opérateurs ont bien des relais et les téléphones de
leurs clients fonctionnent. C'est pas futé comme système, ça?
Avoir un système de téléphonie national unique avec des relais utilisables par
tout le monde contrarierait, je suppose les partisans de la "liberté" et ceux
qui se prosternent au sanctuaire de la concurrence.
Alors, au lieu de cela, on nous propose une "autre solution commerciale" et,
ainsi, les joies de la concurrence sont préservées.
Pourquoi s'arrêter en si bon chemin? Imaginez simplement les avantages que vous
tireriez si vous pouviez téléphoner un peu partout pour trouver la caserne de
pompiers qui vous fera le meilleur prix si votre maison était brusquement la
proie des flammes.
Un importun assis à la table de l'opinion
respectable
Dans l'édition de septembre de cet bulletin, j'ai présenté une critique du
nouveau livre de Tim Weiner, journaliste au New York Times, "Un héritage de
cendres: histoire de la CIA".
J'ai formulé pas mal de critiques sur ce livre, surtout en ce qui concerne les
omissions sur les opérations de la CIA et leurs conséquences sur les
populations étrangères. Le résultat, c'est que ces nombreuses omissions
permettent de brosser un portrait de la politique étrangère des Etats-Unis
minimisant les actions les plus destructrices pour la paix, la prospérité et le
bonheur dans le monde.
C'est toujours la même histoire – les médias décident quels sujets traiter en
priorité, puis, c'est eux qui jugent du nombre de facettes que comporte un même
sujet; et enfin, c'est encore eux qui décident quelle couverture médiatique
sera la plus "équitable". Le problème idéologique essentiel des médias
américains c'est qu'ils pensent qu'ils n'ont pas d'idéologie.
Mais je me suis demandé si je n'étais pas un peu injuste avec Weiner dans un
cas ou dans plusieurs; peut-être avait-il des raisons valables d'avoir omis
certains points; peut-être que dans les 700 pages de son livre, dont 155 pages
de notes en petits caractères, j'avais raté quelque chose qui n'avait pas été
oublié comme je le croyais. J'ai donc envoyé un exemplaire de ma critique,
espérant une réaction de sa part, et j'ai écrit au NYT pour avoir son
mail.
J'ai reçu une réponse par mail de Weiner directement où il disait; " Cher
monsieur Blum, j'ai lu votre critique il y a plusieurs jours. Et j'ai lu tous
vos livres. Cordialement. Tw".
Aucune réaction sur ce que j'avais écrit. Pas de mises au point. Je serais
surpris d'apprendre qu'il ait fait plus que feuilleter quelques pages d'un seul
de mes livres. Sa lettre c'est sa façon de me dire: "Je ne souhaite pas du
tout que vous me contactiez à nouveau. Nous n'appartenons pas au même monde.
Nos vérités ne sont pas les mêmes, et ni mon éditeur ni le New York Times ne me
paient pour propager les vôtres."
William Blum
(Voir notes de références de l'auteur dans l'article original)
Note:
- Ce qui est entièrement faux, d'ailleurs,
Ahmadinejad n'a jamais dit cela, mais les médias se sont plu à propager
cette traduction erronée d'une de ses phrases
(NB: les illustrations ont été ajoutées par mes soins)
Quelques liens:
D’autres signes d’une guerre américaine contre l’Iran, par Peter
Symonds
7 novembre 2007, le Grand Soir
Dedaj: Cuba
pour les nuls |
Autres articles de William Blum sur ce blog:
Bush sème la panique
http://blog.emceebeulogue.fr/post/2...
Hillary, la guerre et l'Empire
http://blog.emceebeulogue.fr/post/2...
Les anti-Empire américain attaquent
http://blog.emceebeulogue.fr/post/2...
…………………………………………………………………………………………………
«La vérité et la justice sont souveraines, car elles seules assurent la
grandeur des nations.»
Emile Zola
«Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour te sentir en sécurité,
tu ne mérites ni l’une ni l’autre.»
Thomas Jefferson et/ ou Benjamin Franklin

Guerre Iran-Irak 1980-1988
Arrêtez les massacres!

........................................................................................................................................
ADDENDA
Dernière minute
Quelques niouzes sur les pitres mondiaux:
Dessin de Steve Bell
http://www.guardian.co.uk/cartoons/...
Mouhaha! Ca commence! Albion, dont nous n'avons pas épargné le PM, Tony Blair,
Bliar le menteur, ne va pas nous faire de cadeau pour notre Napoléon de
caniveau. Juste retour des choses, finalement, entre deux nations qui se sont
toujours cordialement mal entendues.
Article en anglais: The French Berlusconi
http://www.guardian.co.uk/commentis...
Et Bush, sur l'Irak, le 8 nov. 2007
Bush: If I Were Iraqi, I'd Support My Endless, Illegal Occupation
http://www.alternet.org/blogs/video...
(voir la courte vidéo; transcription ci-dessous)
... Bush insisted that "freedom's happening" and Iraq isn't in a "quagmire":
"I don't -- you know quagmire is an interesting word. If you lived in Iraq
and had lived under a tyranny, you'd be saying: God, I love freedom, because
that's what's happened.
And there are killers and radicals and murderers who kill the
innocent to stop the advance of freedom. But freedom's
happening in Iraq. And we're making progress".
Qu'est-ce qu'on disait plus haut? Même pas peur!
Et puis, je vous remets la vidéo:
http://www.youtube.com/watch?v=ZYUf...
Casting de rêve, non?




Commentaires
Merci bien.
D' autres articles de William Blum (livres en français en lien dans articles)
Pourquoi les appels de l’Iran seront ignorés, par William Blum.
http://www.legrandsoir.info/article...
Israël, Liban, Irak : Deux ou trois choses à connaître avec la fin du monde, par William Blum.
http://www.legrandsoir.info/article...
Le rapport Anti-Empire. Certaines choses que vous devez savoir avant la fin du monde, par Wiliam Blum.
http://www.legrandsoir.info/article...
Guerre contre le terrorisme ou expansion de l’Empire Américain ? par William Blum.
http://www.legrandsoir.info/article...
Livre: Les guerres scélérates : interventions de l’armée US et de la CIA depuis 1945, par William Blum.
http://www.legrandsoir.info/article...
Merci aussi.
Je ne me prive pas de citer le Grand Soir chaque fois que possible (dans ce billet aussi, d'ailleurs), car les articles divers et variés qui y paraissent sont une mine d'informations de toutes sortes.
Quant à William Blum, je connais depuis longtemps ses textes, que j'ai la chance de pouvoir lire en VO. C'est la raison pour laquelle je n'ai pas vu tous ceux-là sur le site.
Superbe, votre défense du paradis cubain ! Vous me ramenez à l'époque de mes 17 ans : merci pour ça... Et, surtout, continuez à aller de l'avant, sans vous laisser impressionner par la réalité, toujours si trompeuse.
A la réflexion, estimant que vos idées doivent avoir la plus large diffusion possible, je vous ai fait une petite pub chez moi.
(Non, ne me remerciez pas, c'était le moins que je pusse faire.)
Fidel-ment vôtre...
Cela tombe bien, je n'avais nullement à l'esprit de vous remercier.
Quant à la pub, il semblerait que vous cherchiez plutôt à la faire pour votre petit blog insignifiant ...
Croyez que je n'ai aucune intention de laisser traîner vos messages haineux et insultants ici même. Donc, vous n'y ferez pas de vieux os. Et vos clones non plus.
Restez entre vous et tenez vous chaud.
Moi, je n'ai nul besoin de vous pour exister.
Quant à Castro, il vous emmerde. Suis-je claire?
Chavez aussi, d'ailleurs.
Adieu.
emcee, ton blog est précieux, une référence...
tu nous permets d'avoir accès à une autre voix, venue d'Amérique, l'autre Amérique, celle qui ne fait pas bling bling avec Sarkozy, celle qui souffre
l'article précédent sur la mort du jeune homme m'a tellement frappée que je ne suis pas arriver à commenter, au delà d'un certain degré d'horreur, je suis paralysée
merci, céleste. Mais je peux te retourner mille fois le compliment.
J'ai lu soigneusement l'histoire des roms, mais moi aussi, je ne suis pas intervenue. Latcho Drom, il ya un bon groupe qui s'appelle comme cela.
Quant à ce malheureux Martin, je reconnais qu'on en reste sans voix. Une telle cruauté! Quand on pense que certains diront qu'il l'avait bien mérité!
Mais si ces gens se révoltent devant tant d'injustice, c'est encore sur eux que cela retombe.
Le Venezuela, sous Chavez, est le seul pays su Sud qui utilise la rente pétrolière pour financer la santé, l'éducation et la nourriture des couches les plus pauvres de la population. Il veut aussi mettre en place une décentralisation importante des pouvoirs de décision et de financement vers les conseils communaux pour donner le pouvoir aux structures politiques de base les plus proches de la population. C'est une démarche révolutionnaire pour la réappropriation par le peuple de la politique, de la citoyenneté et un outil tranchant contre la corruption de l'administration.
Par contre, la suppression de la règle qui limite le nombre de mandats présidentiels me pose problème. Le fait que des pays Occidentaux n'ont pas de limite de mandats n'est pas un argument valable, dans une vision politique progressiste.
Si après 12 ans (2 mandats) de transformation sociale sous Chavez, il ne peut y avoir de renouvellement politque à la tête de l'Etat, mais aussi dans tout l'appareil politique, c'est qu'il y a un vrai problème de démocratie. Pareil à Cuba, où Fidel et son frére Raoul auraient dû laisser le pouvoir à d'autres générations depuis fort longtemps!
Une autre facette de Chavez qui me pose problème, c'est son refus de l'indépendance du mouvement syndical vis-à-vis de son parti pour le socialisme.
Dans ses discours, on a l'impression que Chavez a compris les raisons de l'échec en URSS, mais quelle sera sa pratique future du pouvoir?
@ Aniéry: réflexion très intéressante. merci beaucoup de ta contribution.
Je mettrai un bémol quant au renouvellement en Occident. le système fait que nous n'avons, nous aussi, pas vraiment le choix. La preuve, Chirac, qui d'une façon ou d'une autre s'est toujours retrouvé dans les plus hautes instances (pendant combien de temps? Je ne risque pas de chiffre ...). Et l'alternance avec la gauche qui n'en est pas une (économie de marché et tous les flonflons).
Pour Castro, mon idée, c'est que sa longévité est due à son charisme et à son intelligence. Aucun chef d'état (même le pire dictateur, avec répression, assassinats, etc) n'a tenu aussi longtemps - et lui, c'est avec l'approbation, tout de même et quoi qu'on en dise, d'une majorité de la population.
Pour Chavez, j'attends de voir. Il est en train de réaliser de grandes choses qui nous mettent du baume au coeur, mais c'est vrai que rien n'est joué. Et que seul le temps nous dira. De plus, il a à faire face à un blitz de la part des libéraux et surtout des US. Il faut avoir les épaules sacrément larges, surtout qu'il les nargue avec son pétrole privatisé.
Si la haine pour Castro provient de ce qu'il les ridiculise depuis des décennies, à quelques encâblures de leurs côtes, celle pour Chavez sera encore plus tenace, parce que là, il s'agit de gros sous qu'ils n'auront pas - et qui vont, qui plus est, aux pauvres. Du jamais vu chez ces gens-là.
Je respecte votre foi, par ailleurs proche de celle du SWP US. Mais d'autres antilibéraux, je pense en particulier au SWP britannique, semblent considérer le castrisme comme un répugnant exemple de capitalisme d'Etat.
Merci pour ce renseignement intéressant qui permet une réflexion supplémentaire sur le sujet.
J'avoue qu'en général ces querelles de clochers (occidentaux) me passent au-dessus de la tête parce qu'elles me semblent dérisoires.
Je n'ai d'ailleurs pas mis d'étiquette au phénomène cubain (et je ne suis pas sûre que Castro se revendique clairement d'un mouvement ou d'un autre).
Justement parce que je pense que l'extrême gauche de paroisse passe un peu trop de temps à se triturer les neurones, à accorder ou pas des satisfecit, à se livrer à des querelles sémantiques avec d'autres groupuscules, à s'enthousiasmer pour tel ou tel mouvement naissant pour ensuite le jeter avec l'eau du bain et, finalement, à oublier le terrain accidenté.
Pire encore, à se diviser tellement qu'elle rend toute union durable impossible et laisse une brèche béante au capitalisme.
Pour moi, qu'on l'appelle comme on veut, le résultat est que, dans ce pays pauvre et aux ressources limitées (dont le tourisme, élément de convoitise, s'il en est, pour les malfrats internationaux), le régime a réussi à conserver sa dignité et sa fierté, toutes ces années passées (et malgré les attaques brutales incessantes), à cette population dont ce n'était pas, à l'instar des populations pauvres de la planète, le destin. Et que ce résultat est dû essentiellement à la personnalité de Fidel Castro, pour des tas de raisons. Ce n'est pas de la "foi", c'est ce que je conclus.
Que le système ait des failles, je le sais bien, mais comment passer d'une certaine forme d'accès aux besoins essentiels pour tous à la prospérité pour tous sans tomber dans le système capitaliste, totalement inégalitaire?
Je ne pense pas que quiconque ait une réponse concrète. Et c'est sans doute la raison pour laquelle on a beau jeu de nous rétorquer qu'il n'y a "pas d'alternative".
Hum... On m'a déjà fait le coup avec l'Albanie et beaucoup d'autres pays... je ne suis pas près d'acheter de nouveau chat en poche. "Ô vous les arracheurs de dents..." (Brassens)
@ Melchior G-L
Je vous trouve bien pessimiste.
On peut quand même légitimement s'interroger sur la diversité des appréciations du régime castriste, au sein même de la mouvance anti-libérale ou même de sa seule composante (en France) bovétienne. C'est quand même le signe que les choses ne sont pas si simples et qu'une approche objective et "scientifique" (dans la mesure du possible) s'impose, sans manichéisme et sans parti-pris simpliste. N'est-ce pas votre sentiment ?
qu'est-ce que cela veut dire "mouvance bovétienne"? De qui parle -t-on?
C'est pas un peu simpliste aussi?
@ D. Gutierrez
Et moi, je vous trouve bien naïf.. L’auteure de ce blog, au demeurant une excellente personne, n’est pas prête à se défaire de sa « foi », comme vous dites si bien vous-même. Elle s’en tient, pour des raisons qui lui appartiennent, et qui sont de bonnes raisons pour elles et que nous n’avons donc pas à discuter, à un schéma très cohérent psychologiquement: (1) les USA ont tort (ontologiquement: ça ne se discute pas), (2) le mal absolu qu’ils incarnent se promet de débarquer chez nous, (3) leurs adversaires les plus anciens dans le monde ont forcément raison, au moins « quelque part », comme on dit. Et tout ce qui pourrait aller contre ces trois postulats pris ensemble, ce noyau dur, ce credo, est frappé de nullité, rejeté comme insignifiant, anecdotique ou marginal, voire inspiré par le Grand Satan, constitue un argument douteux par nature puisque contraire au dogme. C’est étonnant que vous n’ayez pas vu cela, sans doute croyez-vous encore à la toute puissance de la Raison… De ce point de vue, peu lui chaut qu’une composante minoritaire de la minorité bovétienne de la LCR puisse penser pis que pendre de la dictature des frères Castro... Cela n’empêche pas qu’elle publie des documents qui, d’une manière ou d’une autre, donnent à réfléchir (qu'elle en soit remerciée); mais n’espérez pas qu’elle en vienne à prendre vraiment en compte vos objections. Du moins c'est ce que je crois (je peux me tromper, ça m'arrive même assez souvent).
Je ne suis pas sûre d'avoir tout bien compris, mais je vous remercie de votre soutien.
Et, en effet, je l'ai dit clairement: les querelles de tendances de partis m'intéressent fort peu et je refuse catégoriquement qu'on me colle une quelconque étiquette selon telle ou telle de mes opinions.
Mon seul souci, c'est de lutter, comme je peux, contre les injustices, la cruauté et l'asservissement que les puissants de ce monde font subir à une majorité des populations avec les mensonges, la désinformation, la manipulation, les mesures d'extorsion et les armes.
Si d'autres sont dans ce même état d'esprit, c'est parfait.
Point.
(Commentaire supprimé. Aucun intérêt)
je suis en phase avec le post 16 par Emcee,
même si j'élargis la notion de lutte contre les injustices à d'autres niveaux que celui des puissants.
c'est la lutte contre tous ceux qui ont le choix et qui agissent pour le garder en empêchant d'autres de l'avoir.
en tant qu'habitant d'un pays riche qui exerce une prédation sur les pauvres (notemment Africains),je suis aussi coupable d'injustices.
mais pour rester cohérent je suis prêt à accepter un autre partage mondial des ressources qui serait basé sur l'équité.
pascal
@ Paysan Bio
Coupable ou responsable ? (Le coupable doit être puni, le responsable doit réparer).
Suffit-il d'être habitant d'un pays riche pour être coupable ou responsable ?
Vous devinez l'objection que vous ferait Brice Hortefeux...
"Autre partage(...) basé sur l'équité": établi par qui et comment ?
@ Pascal
je ne pense pas qu'on doive se sentir coupable (ni reponsable) de qqchose dont on n'a aucune maîtrise soi-même, basé justement sur l'"équité" et où nous sommes enfermés comme les autres.
Quant à l'"équité" , dont on nous rebat les oreilles, elle sert aujourd'hui à justifier le nivellement par le bas ou à maintenir un statu quo plus ou moins vivable pour une situation établie arbitrairement au départ.
http://www.inegalites.fr/spip.php?a...
il faudrait 3 terres au moins pour que tous les humains puissent vivre comme les Français.
je crois que si nous refusons de nous remettre en question,nous acceptons que d'autres vivent mal pour que nous vivions bien;
quelque part,je suis coupable de ne pas m'opposer à Total qui VOLE le pétrole au Africains pour 3 raisons:
-son bénéfice
-un max de taxes pour l'état Français
-un prix de l'essence pas trop élevé pour moi l'automobiliste
pour répondre,je me sens responsable et coupable,
mais surement moins qu'un riche et qu'un décideur.
la seule différence que je fais est que je suis d'accord pour changer et revenir sur les avantages acquis.
je reconnais que c'est moins difficile pour moi qui suis pauvre;j'ai moins à perdre que les riches.
je pense que ce n'est pas parce que la notion d'équité est usurpée par le gouvernement actuel qu'elle n'a aucune valeur,
au contraire,il nous faudra bien lui redonner du sens si on veut vivre tous en bonne intelligence sur notre planête.
pour moi on n'assiste pas à un nivellement par le bas mais à une élimination en rêgle du modèle social Français créé par le CNR à la fin de la Guerre.
une "élite" a lavé un affront qui a existé pendant 50 ans:le peuple avait osé décider par lui-même ce qui était bon pour lui,rognant par cette action des bénéfices que les puissants auvaient mieux vu dans leurs poches.
(retraites par capitalisation,assurances sociales privées etc...)
je suis d'accord pour dire que nous sommes nombreux à réféchir à une autre voie que celle qui nous est imposée,
nous sommes à des niveaux différents sur l'échelle du changement et ça nous empêche souvent de nous comprendre.
pascal
quand je parle "d'équité et de justice sociale",je me réfère à ce texte:
http://paysan-bio.blogspot.com/2007...
pascal
et sur le comportement de l'homme face à l'équité,
que penses-tu de ce texte?
http://paysan-bio.blogspot.com/2007...
pascal