Population carcérale aux USA: les mécanismes légaux de la discrimination raciale
Par emcee le dimanche 21 octobre 2007, 01:37 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
Jena, en Louisiane, petite ville où les Noirs ne
représentent que 15% de la population, est devenue le centre du regain de la
lutte contre la discrimination raciale aux Etats- Unis.
Trop c'est trop.
Ils en ont assez d'être stigmatisés par la classe dominante blanche et assez
que la bourgeoisie noire, dont leurs élus, garde un silence complice.
Au lycée de Jena, il y a un arbre sous lequel se retrouvent des petits
Blancs. Exclusivement.

Un jour, des jeunes noirs s'y sont installés, sans doute par bravade et surtout
pour dire: "y a pas de raison!".
Le lendemain, trois nœuds coulants pendaient à l'arbre.

Symbole fort, s'il en est, rappelant les sombres heures du lynchage et
autres tortures infligées aux Noirs en d'autres temps pas si
lointains.
A la suite de cela, il y a eu représailles des deux côtés. Et finalement, un
groupe de six lycéens noirs a tabassé un des protagonistes blancs. Des
blessures superficielles mais spectaculaires (les coups de tatane dans la
figure, c'est moins facile à maquiller que les coups de bottin dans le bide ou
sur le crâne).
Résultat des courses:
les Blancs qui avaient installé les gibets ont été renvoyés de l'école trois
jours.
Les Noirs (tous mineurs), eux, ont été présentés devant un tribunal pour
adultes.
Pour tentative de meurtre.
Avec dix-vingt ans à l'ombre à la clé.
Vous allez me dire, c'est un peu ce qu'ils voulaient.
Se retrouver à l'ombre.
L'histoire aurait pu s'arrêter là: les Noirs en prison et les Blancs à
l'école, si un mouvement important n'avait donné lieu à des manifestations pour
demander la libération des "Six de Jena".

Je schématise, mais lisez donc l'histoire ici
Et voici encore des exemples de la justice établie par les Blancs.
La routine.
L'article qui suit, "Black Mass Incarceration is Now a Political Issue", de Bruce Dixon est tiré de Dissident voice: et initialement paru dans "Black Agenda Report"le 13 octobre 2007.
L'incarcération massive des Noirs est devenue une question
politique majeure
Sur le sujet épineux de la politique ethnoraciale en Amérique, courante mais
rarement reconnue, que ce soit en matière de maintien de l'ordre, de justice ou
de sanctions pénales, il y a de bonnes et de mauvaises nouvelles.
La bonne nouvelle, c'est que les membres de l'élite politique des deux
grands partis admettent enfin aujourd'hui que l'emprisonnement massif des Noirs
pauvres est une mauvaise politique publique, qu'elle est foncièrement injuste,
et qu'elle devrait faire partie des questions politiques majeures. Beaucoup
s'accordent également à dire que l'augmentation importante de la population
carcérale aux Etats-Unis et le déséquilibre "racial" inquiétant n'ont
absolument rien à voir avec les pourcentages de consommation de drogue ou les
crimes violents.
Le 4 octobre, lors de l'audience publique unique d'un comité réunissant
députés et sénateurs à propos de l'incarcération massive, Jim Webb (D),
sénateur de Virginie, a indiqué que la multiplication par sept de la population
carcérale sur une génération n'avait de lien avec le taux de criminalité
"que de nom". C'était si important qu'il l'a répété dans chacune des
phrases suivantes, citant un haut responsable du Département de la Justice qui
avait déclaré que l'augmentation de la population carcérale aux Etats-Unis
depuis 1975 "n'avait pas vraiment de rapport avec la criminalité. Il s'agissait
de ce que la solution que nous avions choisie pour répondre à la question de la
criminalité".
C'est une bonne nouvelle que les hommes politiques soient enfin prêts à
discuter du lourd tribut que doivent payer les familles et les communautés
noires à cause de l'incarcération massive des Noirs pauvres.
La mauvaise nouvelle, c'est que beaucoup ont tendance à en rejeter la
responsabilité sur les Noirs pauvres eux-mêmes, évitant de parler des
entreprises privées qui font des bénéfices grâce à l'augmentation de la
population carcérale, des politiques qui ont construit leur carrière à nous
vendre leur boniment et du fondement de la société américaine blanche qui se
définit fondamentalement comme étant l'exact opposé de ses citoyens noirs
pauvres, méprisables et actuellement dangereux.
Comme l'a expliqué
Loïc Wacquant au cours de conférences au début de l'année, ce ne sont pas
les inégalités des chances à l'école dans les communautés noires qui
remplissent les prisons, ni le chômage, ni l'absence d'un des parents, ni le
manque de réseaux d'entraide communautaire appropriés.
La plupart de ces indicateurs sont restés relativement stables au cours des
générations. Au milieu des années 60, les hommes blancs constituaient la
majorité des détenus en Amérique, et le taux de criminalité est resté
relativement stable depuis. Mais pour 1000 crimes, l'Amérique incarcère 5 fois
plus de personnes qu'en 1975. Et la plus grande partie de ces nouvelles
incarcérations, comme nous le savons tous, touche les Noirs pauvres.
Les Noirs ont toujours été considérés comme différents, inférieurs et
méprisables, des acteurs marginaux de l'histoire de l'Amérique.
Au cours de ces 35 dernières années, les communautés noires ont été évincées du
monde du travail, ont vu leur population pauvre isolée, enfermée à nouveau dans
des ghettos, et redéfinie comme méprisable et foncièrement dangereuse. Le
gouvernement, l'état lui-même a été remodelé en machine carcérale répressive
dont la fonction principale est de maîtriser et de contrôler cette population
noire pauvre, méprisable, honteuse et dangereuse.
L'isolement géographique des populations noires pauvres permet des
opérations sélectives de maintien de l'ordre, de justice et de mise en
détention sans qu'il y ait besoin de créer des lois spécifiques qui
s'adresseraient explicitement aux Noirs. Et cette politique est rendue possible
à la fois parce que l'Amérique blanche s'estime intrinsèquement différente et
distincte des populations noires pauvres et méprisables et que les élites
politiques noires n'ont rien dit.
Il est grand temps que la question de l'incarcération massive des jeunes
Noirs pauvres devienne une préoccupation politique majeure et qu'elle le reste
jusqu'à ce que les choses aient changé.
C'est de cela qu'il s'est agi à Jena.
Il est temps qu'un nouveau mouvement de masse de nos communautés noires dénonce
le silence complice des élites politiques noires sur l'emprisonnement massif
des Noirs, un mouvement qui rendrait impossible la poursuite de ces politiques
publiques iniques.
Bruce Dixon est rédacteur en chef du "Black Agenda
Report".
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Dossier complémentaire:
Jena: les événements
(en anglais)
La gangrène vient des élites ...
Prix Nobel de Médecine et raciste de base
http://www.rfi.fr/actufr/articles/0...
Strange Fruit par Nina Simone
Nina Simone (Strange Fruit)
Strange Fruit (words and music by Lewis
Allan, 1946)
Southern trees bear strange fruit
Blood on the leaves and blood at the root
Black bodies swinging in the southern breeze
Strange fruit hanging from the poplar trees
Pastoral scene of the gallant South
The bulging eyes and the twisted mouth
Scent of magnolia sweet and fresh
Then the sudden smell of burning flesh
Here is a fruit for the crows to pluck
For the rain to gather, for the wind to suck
For the sun to ripe, for the tree to drop
Here is a strange and bitter crop!
Chanté initialement par Billie Holiday (1915-1959)
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Mona Chollet et Loïc Wacquant
Travail précaire, incarcération massive et ségrégation
ethnique
mona Chollet , 2004
http://1libertaire.free.fr/Wacquant...
et:
http://1libertaire.free.fr/Wacquant...
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En anglais: le sénateur démocrate Webb sur l'incarcération
massive en Amérique
Virginia
Senator Webb Hosts Hearing on Mass Incarceration in America
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AUTRES ARTICLES
Des chiffres qui parlent

New York City Is Hell for Pot Smokers
Traduction libre
New York, l'enfer pour les fumeurs de
cannabis
Une étude du National Development Research Institute (NDRI) – un
groupe de réflexion indépendant spécialisé sur la question de toxicomanie,
publiée au début de l'année 2007 et intitulée "les disparités ethniques
dans les arrestations pour possession de marijuana à NYC", analyse les
données entre 1980 et 2006.
Cette étude s'intéresse plus particulièrement au nombre effarant de
contrevenants arrêtés pour avoir fumé de la marijuana en public. Si la
possession de moins de 25 grs de marijuana n'est sanctionnée par l'état de NY
que d'une amende, à NY city, ce délit mineur peut valoir jusqu'à 5 jours de
prison.
Cette étude montre bien que la classe sociale et l'appartenance ethnique
déterminent largement qui est visé dans la guerre contre la consommation de
cannabis.
Parmi plus de 395,000 suspects arrêtés à NYC pour avoir
fumé ou avoir été en possession de cannabis, près de 336.000
(85%) étaient soit noirs soit
latinos.
Or, noirs et latinos réunis ne constituent qu'environ la moitié de
la population de New York.
Et cette discrimination n'est pas seulement limitée aux interpellations: le
rapport indique que les Noirs ont 2,66 fois et les latinos près de 2
fois plus de chances d'être présentés devant un juge que les
Blancs.
Les deux groupes ont, de plus, deux fois plus de chances d'être
condamnés (avec inscription dans le casier judiciaire) pour possession
de cannabis.
Et les Noirs ont 4 fois plus de chances (3 fois pour les
Latinos) de prendre de la prison ferme.
D'après les statistiques des services de Justice criminelle de l'état de NY
(NYS CJS), dans les années 1980, il y avait en moyenne 2000
arrestations par an pour possession de cannabis.
Ces arrestations étaient tombées à 774 en 1991 avant de
remonter en flèche (34.000 en 1999) sous le règne du maire
Rudolf Giuliani (NDLT: celui de la "tolérance zéro" et des bavures
policières, grand gourou de la répression violente qu'est allé consulter en son
temps notre président qu'on a).
C'est en 2000 qu'il y a eu le plus d'arrestations (51.269),
mais le nombre avait connu une baisse après 9/11.
Et, après une remontée progressive, en 2006, près de 32.000
personnes étaient arrêtées pour possession de cannabis, parmi lesquelles
87% étaient latinos ou noirs.
Et depuis 2000, on en arrive au chiffre effarant de
265.738 arrestations.
Pire encore, les chiffres du NYS CJS montrent que parmi ceux qui ont été
arrêtés en 2006, il y a eu beaucoup plus de condamnations à de la prison ferme
que dans les années précédentes, ce qui montre que les juges condamnent plus
sévèrement les délits mineurs concernant les drogues douces.
Cependant, l'enquête du NDRI n'apporte aucun élément permettant de conclure que
l'augmentation des arrestations ou la sévérité des peines a contribué à la
baisse des crimes et de la violence.
En revanche, l'étude affirme que cette augmentation des arrestations a eu un
impact important et disproportionné sur les communautés noires et latinos qui
sont injustement sanctionnées et stigmatisées.
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Article 3
Crack Users Do More Time Than People Convicted of
Manslaughter By Jessica Pupovac, AlterNet
Posted on October 17, 2007
Traduction libre
Les consommateurs de crack font davantage de prison que les
auteurs d'homicides involontaires.
La mort d Alva Mae Groves le 9 août cette année est passée
totalement inaperçue sauf pour sa famille et ses co-détenues de la prison
fédérale de Tallahassee, où elle résidait depuis ces 13 dernières années. Avec
très peu d'instruction, une vie de misère, elle avait élevé ses 9 enfants,
souvent sans l'aide de son mari violent.
C'était son fils qui se livrait à une activité que sa famille et les voisins
désapprouvaient mais certains de ses clients ont prétendu qu'elle leur
apportait la marchandise quand le fils n'était pas là.
En 1994, Alva Mae "Granny" Groves a été incarcérée pour avoir cherché à
échanger du crack contre des bons de nourriture.
"Le seul argent que je recevais venait de SSI (Supplementary Security
Income) et du petit revenu que je tirais de la vente d'œufs de mes poules
(j'avais environ une centaine de poulets)", racontait Alva Mae dans une
lettre écrite peu de temps avant sa mort, pour solliciter une grâce afin de
pouvoir finir ses jours auprès de sa famille.
"Je faisais également des ménages quand je pouvais et je vendais des
bonbons et des boissons aux enfants qui revenaient de l'école l'après
midi".
Parce qu'elle avait refusé de témoigner contre son propre fils, parce qu'elle
avait des économies à la banque, et plus particulièrement à cause du système
pénal actuel, elle avait été condamnée à 24 ans de prison ferme à l'âge
de 72 ans.
Le crack est puni actuellement beaucoup plus sévèrement que les autres
drogues, principalement à cause de la réaction face à l'engouement qu'il y
avait eu au début de son arrivée sur le marché.
Cette mesure, expliquait le Congrès, était destinée à "protéger la
communauté noire".
Et c'est la communauté noire (où, par ex, en 2006, plus de 4/5ième des
contrevenants étaient noirs) qui souffre le plus de cette législation qui
perdure depuis 20 ans.
Les lois de 1986 pour lutter contre la drogue ont eu un effet dévastateur sur
le système judiciaire US, où les incarcérations pour détention de drogue sont
passées depuis 1980 de 41 000 à près de 500 000, une augmentation de
1100%.
Près de 6 personnes sur 10 détenues dans les prisons de l'état pour possession
drogue n'ont commis aucun acte de violence ou ne se sont pas livrées à une
activité intense de revente de drogue mais sont souvent condamnées à des peines
bien plus lourdes que les gros dealers.
Des personnes prises en possession de drogue en 2004 ont été
condamnées à 10 ans de prison en moyenne alors que, par ailleurs, la moyenne
était 2,9 ans pour homicide, 3,1 pour agression et 5,4 ans pour abus
sexuel.
De nombreuses voix se sont élevées pour critiquer cette loi et parmi elles, des
législateurs, des membres de la police et même des juges fédéraux mais, comme
le dit Monica Pratt, porte-parole pour l'association "Familles contre les
peines planchers obligatoires:" Parce que les peines planchers ont été
essentiellement appliquées à la communauté noire et aux pauvres, il n'y a pas
eu de volonté politique pour changer les choses".
Jusqu'à présent.
Les mobilisations massives à Jena le mois dernier ont mis en lumière les
disparités persistantes qui existent dans le système judiciaire américain.
Actuellement, diverses actions entreprises au Congrès, entre autres, pourraient
conduire à une réforme prochaine.

Les adversaires de cette législation dénoncent tous la disparité des peines
entre le crack et la poudre de cocaïne, deux drogues de composition identique.
La seule différence, disent-ils, c'est qui les fabrique et dans quels quartiers
on les trouve.
Un dealer de cocaïne doit être pris avec plus de 500 gr de poudre
(deux tasses) pour se voir condamné à la même peine que celui qui est
arrêté avec 5 gr de crack (l'équivalent de 2 sachets de sucre en poudre -
aux USA).
Puisque le crack s'obtient en faisant chauffer de la poudre de cocaïne
mélangée avec du bicarbonate de soude et une autre base avant d'arriver dans la
rue, ce produit sert à infliger des peines plus lourdes aux petits revendeurs
qu'aux gros dealers qui vendent le produit brut.
Et ainsi, d'après les chiffres de l'USSC, les petits dealers sont punis
300 fois plus sévèrement que les gros trafiquants de cocaïne
internationaux si on s'en tient au nombre de grammes saisis.
Une nouvelle législation, censée prendre effet le 1° novembre, devrait
aligner les peines pour possession de crack sur celles de cocaïne pure. Si elle
est appliquée, cela veut dire que l'effet rétroactif réduirait les peines
d'environ 19500 détenus actuellement en prison.
Cependant, d'après Hampton, officier de police à la retraite , le problème
du crack qui empoisonne de nombreuses communautés pauvres dans toute l'Amérique
ne sera pas réglé si on n'admet pas qu'il faut apporter des solutions autres
que la répression.
S'ils voulaient vraiment faire quelque chose, ils choisiraient de traiter
l'addiction des consommateurs de crack de la même façon qu'ils le font pour
ceux de cocaïne. Il faut considérer ce type de toxicomanie comme une maladie.
C'est un autre problème inhérent à la disparité, il n'y a pas que les peines de
prison mais aussi les traitements à disposition".
"Et finalement, si on se préoccupait des problèmes systémiques de notre
société: le manque de logement, la pénurie d'emplois, le manque d'instruction,
il y aurait moins de dealers dans les rues".
Jessica Pupovac is an adult educator and independent journalist living
in Chicago.
http://www.alternet.org/drugreporte...
…………………………………………………………………………………………………
Note perso
Tout cela parle de soi-même, non?
Et , il est loin ce temps où toute une population opprimée vivait dans
l'espoir que donne l'enthousiasme de la lutte convergente et solidaire.
Mais, ce qu'on te donne d'une main, on finit par te l'arracher de l'autre. Rien
n'est jamais acquis et définitif .
Et la revanche est terrible.
Parce qu'ils sont sans pitié.
Les symboles des illusions perdues.

MLK.
Discours à Washington devant 250.000 personnes après une longue marche pour
rallier la capitale.
"I have a dream".

Et Rosa Parks, dont la légende veut qu'elle ait servi
de catalyseur au mouvement pour les droits de citoyens des Noirs. Et dont
l'acte de rébellion isolé dans un bus aurait déclenché à lui seul une longue
grève des transports à Montgomerry.
En fait, sans rien enlever au courage ni au mérite de Rosa Parks, cette action
dans le bus était prévue depuis des mois, comme les actions non-violentes de
résistance antérieures et postérieures à celle-ci.
Rosa Parks , une femme remarquable.
Comme beaucoup d'autres dont le nom n'est pas passé à la postérité.
Commentaires
Et en France?
L'autre soir sur France 3, il y avait un documentaire sur les avocats commis d'office. L'action se déroulait à Paris.
Le sujet était bien fait et intéressant, il n'y a qu'un seul "détail" qui m'a mis très mal à l'aise. Les accusés étaient tous noirs...Ce qui laissait supposer que les voleurs, violeurs, assassins etc...ne pouvaient être que des noirs...
Avec les peines planchers, c'est cette amérique là qui débarque chez nous: pas difficile de deviner qui seront nos noirs pauvres à nous, la karchèrisation promise à la "racaille" va pouvoir commencer. Et pourtant, utilisés judicieusement, les gibets ne sont pas une si mauvaise idée...
Merci pour ces témoignages.
La France? c'est justement là que je veux aussi en venir.
Les conclusions s'imposent.
Surtout actuellement, où la justice s'annonce sans complexe à deux vitesses. Avec surmutipliée pour les sans-grade et indulgence pour les nantis.
Dans un entretien sur Democracy Now!, Paul Krugman explique la prégnance de la discrimination raciale aboutissant à des décisions politiques aberrantes tout au long de l'histoire des Etats-Unis. Ainsi, à la fin de la deuxiéme guerre mondiale, quand le président Harry Truman à voulu mettre en place la sécurité sociale, les blancs des états du Sud ont mis le veto car ils ne voulaient pas d'hopitaux publics où les blancs auraient dù cotoyer les patients noirs!
Paul Krugman : ""You go through US history, try to understand US political history, and race always comes back, and even the rise of the conservative movement in the Republican Party, the victories. It’s almost embarrassing. I talk a lot to political scientists, and you go through the numbers and the polls, and it all boils down -- almost everything else goes away, except for five words: Southern whites started voting Republican. The backlash against the Civil Rights Movement explains almost everything that’s happened in this country for the past forty-five years.""
On comprend ainsi dans quel contexte se sont produits les événements à Jena, et à quel point les états du sud sont revanchards contre le mouvement civique d'émancipation des Noirs.
http://www.democracynow.org/article...
bah, l'autre enfoiré l'a bien dit ... présomption d'innocence, y z'ont pas ça dans leur vocabulaire, les kailleras ... c'est juste un truc pour les cols blancs ...
et pendant ce temps, le 372 comité théodule préconise l'encellulement individuel , les alternatives à l'incarcération et autres conneries mainte fois rabachées ... sans demander les moyens qui vont avec ... au bal des faux-culs ...
racistes les américains ? non, ils ont Powells et Rice ...
racistes, les français , non ils ont Rachida and co ...
Les ricains ont même plus un MLK ... et nous on a plus un Zola ...
Anièry, certes, le Sud américain a une culture du racisme chevillée au corps. Il n'en reste pas moins que sous des dehors plus policés, le Nord n'a pas non plus les mains propres.
Les méthodes sont différentes. Les ghettos, par exemple, ont été créés d'abord insidieusement après l'arrivée massive des Noirs affranchis dans le Nord, quand les populations blanches ont quitté massivement les quartiers où les Noirs s'installaient.
Actuellement, c'est dans toute l'Amérique que les populations pauvres (et les Noirs, en particulier) sont expulsées des centres-villes qui sont rénovés à grands frais et leur sont donc devenus inaccessibles. Cela se passe à Washington comme à la Nouvelle Orléans.
(C'est d'ailleurs le même phénomène qui se produit aujourd'hui dans les centres-villes en France).
D'autre part, les lois en Amérique sont votées conjointement (Nord-Sud), et le Sud seul n'aurait pas pu imposer ses lois iniques et revanchardes.
Quant aux Démocrates, ils ont toujours joué sur les deux tableaux.
Pour dire vite.
Les Marques, je ne connaissais pas l'expression "comité Théodule". Encore la patte du grand Charles!
Pour ceux que cela intéresse, voici la clé.
http://www.ina.fr/archivespourtous/...
Ni MLK ni Zola, en effet. Mais il y a des gens qui émergeront.
Quand c'est trop, c'est trop. Pour l'instant, ici, ce n'est pas encore assez.
Et le terrain médiatique est occupé exclusivement par les illusionnistes et les camelots.
yeah!
cool votre blog, je connaissais pas...
sympa de tomber sur des références et des centres d'intérêt qui sont aussi les miens par ces temps de désert intellectuel.
Continuez, continuez à diffuser ces évidences si bien analysées par L.W. le désormais incontournable.
Les peines plancher en France et le karcher, déploiement de la politique ultrasécuritaire et antisociale développée aux States, bien sûr.
Ils dansent tous avec le diable, c'est une évidence...
Bon.
On fait quoi pour que ça change, sinon, à part lire la prose de ceux qui pensent comme nous et écrire des trucs que ne liront que ceux qui pensent comme nous ? (n'y voyez pas de mauvais esprit, je salue votre travail, mais plutôt un petit brin - euphémisme, quand tu nous tiens - de désespoir).
A bientôt.
On fait quoi pour que ça change?
Bonne question. Pour l'instant, on est mal barrés.
Je suis tout à fait d'accord, notre activité ne doit pas se limiter aux blogs où on se tient un peu chaud et où on s'indigne beaucoup de ce qui se passe.
Même si cela permet de faire circuler un tant soit peu l'information. Sans les blogs, on aurait du mal à pêcher des infos.
En dehors de cela, il faut trouver des structures pour militer. Assoces, syndicats ou partis politiques (ce qu'il en reste, pour la gauche). Mais c'est pas gagné.
D'abord, parce qu'encore là, on se retrouve entre nous à se tenir chaud, etc.
Mais il faut le faire.
Ce qui serait nécessaire, ce serait d'aller à la rencontre des gens, ceux qui ne vont nulle part et qui sont désinformés. Là non plus, ce n'est pas facile.
On le fait. Mais cela reste ponctuel, par manque de temps et de bras.
En tous cas, il faut être visibles pour pouvoir gagner du terrain petit à petit.
Et puis, la belle unité de droite va s'effilocher. Obligé. Ca commence à grogner.
Voilà. On verra. Pour l'instant, le combat continue.
mouais...
j'aurais pas vraiment fait mieux comme réponse, même si des précisions sont nécessaires.
Ainsi - tu t'en doutes - mon commentaire n'est pas celui de quelqu'un qui s'estime complètement inactif. Pour ce qui est d'aller à la rencontre des désinformés, je m'estime même particulièrement impliqué à ma toute petite échelle et c'est précisément là que le désespoir s'enracine...
tu t'es déjà braqué avec des connaissances plus ou moins proches juste en leur tenant un discours lucide et en relevant, même avec subtilité, les incohérences dans la vision du monde qu'ils acceptent d'adopter ?
perso, j'ai l'impression d'y passer ma vie (j'exagère, mais à peine).
Si t'as une recette rhétorique pour arriver à convaincre quelqu'un de "bien inséré" (boulot régulier, emprunt immobilier à rembourser, nouvelle bagnole/bicyclette à choisir) qu'il a quelque chose à gagner à se poser davantage de questions que n'en formule PPDA ou son double de F2, je suis preneur. Le drame, c'est que le problème ne se pose pas uniquement avec les "bien insérés".
En fait, d'expérience, au mieux parviens-je à générer de l'angoisse chez celui qui m'écoute ce qui, neuf fois sur dix au moins, l'amène à faire machine arrière à toute vapeur et à se réfugier encore plus qu'auparavant dans les poncifs prédigérés. Du coup, on a l'impression de renforcer les rangs de ceux qui dénient toute légitimité à ceux qui (comme nous ?) mettent en doute le discours de l'establishment (du PPA dirait le plan B).
Désolé pour le roman, mais il me semble que même au sein d'une population de contestataire de plus en plus nombreuse, l'ego de chacun constituera un frein redoutable à toute dynamique de restauration de l'intérêt général...
Mais faut pas lâcher pour autant, là-dessus on est d'accord (même si j'ai perso un gros bémol à mettre quant aux assos, mais bon, je m'exprimerai là-dessus à une autre occas').
bonne route,
K.
Oui, bin, pareil. Et pas mieux.
Il se trouve que moi, mes relations "bien insérées" sont toutes de gauche et même pas PS. Alors, on s'empeigne éventuellement sur des détails, mais on s'indigne du reste.
Mais en dehors de ça, par ailleurs, c'est le néant.
Petite ville, petites gens. Des frileux, des trouillards et donc, des adeptes et des victimes de l'autre "poudre aux yeux et paillettes".
Pas de solution, non plus, donc. Que des constats d'échecs.
Quant à la gauche actuelle, elle est assez pitoyable et c'est sans doute la raison pour laquelle personne n'est prêt à écouter notre discours.
Trop rebattu par certains qui ont contribué à cette gabegie en allant de compromis en compromis.
Tant que nous ne serons pas prêts à nous asseoir autour d'une table tous et à définir des bases concrètes, des principes incontournables, on en restera là.
Les partis de gauche, même exsangues, continuent de tirer la couverture à eux pour être celui qui parviendra à rafler la mise. C'est bien petit tout ça dans un monde qui s'écroule.
Quant aux assoces, bien d'accord, ce n'est pas le pied, loin de là, dans bcp de cas mais je pensais à la LDH et RESF (et à qqs autres) qui font, vaille que vaille, avec leurs moyens, le boulot de contre-pouvoir que les partis politiques, les syndicats et les médias ne font pas.
Il y a tout de même ça qui est rassurant: [http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=5825] paru dans le Grand Soir.
Il y a des gens de la société civile qui résistent un peu partout. Des gens à qui il reste des valeurs républicaines et qui ne sont pas tous tétanisés par Mickey et la nouvelle Daisy des ratés!
Un petit lien vidéo
http://www.dailymotion.com/relevanc...