Aide alimentaire US contre la famine: c'est encore Big Business qui se gave
Par emcee le dimanche 14 octobre 2007, 21:00 - Continents à la dérive - Lien permanent
L'organisation humanitaire CARE a refusé les subventions de l'Aide Alimentaire américaine (US Food Aid) au prétexte que les dés sont pipés et que ceux qui devraient en profiter passent après les intérêts d'agrobizness et consort.
On ne peut pas faire plus mesquin.
Quand on sait combien les "Bushites" se préoccupent du sort des pauvres dans leur pays et à l'échelle planétaire.
En réorganisant leurs services publics indigents, en leur offrant des semences au-dessus de tout soupçon, élaborées par des petites mains dans des laboratoires irréprochables.
Evidemment il y a les dommages collatéraux, mais vous savez ce que c'est les pauvres, vous leur donnez ça et aussitôt ils veulent ça.
Les US, il est vrai, en profitent pour fourguer en douce leur surplus de produits alimentaires GM et faire du dumping sur les marchés locaux des pays pauvres.
Binquoi, vous ne voulez tout de même pas que les Ricains se forcent à finir les restes, alors que, déjà, ils font de gros efforts pour ingurgiter plus que leur part?
Et puis, à cheval donné, on ne regarde pas les dents.
Voici un article de Megan Tady "Why U.S. Food Aid Benefits Big Business and Not Starving People" initialement publié dans In These Times le
18 septembre 2007.
Source alternet
Pourquoi l'aide alimentaire US profite au Big business et pas aux populations touchées par la famine.
Les adversaires des politiques d'aide alimentaire des Etats-Unis les accusent d'être inefficaces, voire peut-être nuisibles.

Le mois dernier, à la surprise générale, CARE, une des organisations humanitaires les plus importantes au monde,
a annoncé qu'elle avait pris la décision de refuser 45 millions de dollars d'aide alimentaire américaine, mettant sous les feux des projecteurs une pratique que l'association estime être probablement plus préjudiciable qu'utile aux populations frappées par la famine.
En disant que la politique d'aide alimentaire US est inefficace, peu cohérente, voire nuisible, pour lutter contre l'insécurité alimentaire, CARE signifie que "trop, c'est trop!", dit Bob Bell, directeur de l'équipe de coordination des ressources alimentaires de CARE.
Cette décision arrive au moment où d'autres organisations humanitaires demandent que le Congrès américain réécrive le texte sur l'aide alimentaire avant de reconduire la "Farm Bill 2007" (loi agricole) ce mois-ci afin que cette aide bénéficie en premier lieu aux populations qui souffrent de la famine.
Les Etats-Unis sont le pays qui fournit le plus d'aide alimentaire à l'étranger dont plus de la moitié est destinée à lutter contre la famine, un total d'environ 4 millions de tonnes de nourriture par an.
Telle qu'elle est gérée actuellement, l'aide alimentaire américaine tombe d'abord dans l'escarcelle des grands groupes agroalimentaires et des compagnies maritimes. Selon la législation actuelle, au moins 75% de cette aide doit avoir été produite et conditionnée aux USA, puis acheminée sur des bateaux sous pavillon américain.
Contrairement à la plupart des autres pays qui distribuent gratuitement la nourriture, les Etats-Unis en vendent une partie aux gouvernements à qui elle est destinée, ou bien permettent qu'elle soit monétisée, système qui consiste à récupérer l'argent de la vente de l'aide alimentaire pour financer les projets de développement. De plus, alors que la plupart des pays donnent de l'argent pour financer l'aide alimentaire, les US exigent de faire des dons en nature.
En 2002, Richard Lee, porte-parole du Programme alimentaire mondial des Nations Unis (le PAM), disait à Greenpeace que pour lutter contre la famine il était préférable de donner de l'argent plutôt que de la nourriture.
"Nous préférons les dons en espèces car ils offrent davantage de souplesse – l'argent nous permet d'acheter la nourriture localement, de bénéficier d'une marge de manœuvre plus importante et également de réagir plus rapidement", expliquait Lee à Greenpeace. "L'argent, nous permet de tirer davantage de profit de l'aide envoyée. On peut aller plus vite en besogne car l'argent nous permet d'acheter ce dont on a besoin au moment où on en a besoin".
L'Institut pour une Politique Agricole et Commerciale (Institute for Agriculture and Trade Policy – IATP - –organisme de défense des petits exploitants agricoles, déclare que la politique d'aide alimentaire américaine est semée d'embûches.
Sophia Murphy, conseillère à l'IATP dit que, si toute aide alimentaire a ses défauts, l'aide américaine est bien plus contraignante que la plupart des autres systèmes à cause d'une série de restrictions qui servent les intérêts du pays et non pas les populations au nom desquelles ces programmes sont financés.
Parce que la plupart de l'aide alimentaire doit provenir des Etats-Unis, il faut parfois des mois pour qu'elle parvienne, parfois trop tard, jusqu'aux populations en crise, ou comme l'indique Murphy, à un moment où cette aide peut venir concurrencer la production locale, au lieu de faire la soudure entre deux récoltes".
De plus, le fait que l'aide alimentaire soit tenue d'être acheminée par des compagnies maritimes américaines augmente encore son coût.
Un rapport récent du GAO (Government Accountability Office – cour des comptes US) constate que l'augmentation du prix du transport et des activités commerciales a réduit les livraisons d'aide alimentaire de près de la moitié. Pour l'un des programmes d'aide, l'étude du Gao montre que le coût du transport des marchandises engloutit 65% de l'ensemble des dépenses.
Si l'arrivée de l'aide à un moment inopportun peut contribuer à l'effondrement des économies locales, il en va de même pour la monétisation. Avec ce système, les ONG qui interviennent pour distribuer l'aide alimentaire d'urgence vendent la production agricole américaine abondamment subventionnée souvent à des prix inférieurs aux coûts de production, ce qui exclut toute concurrence locale.
"Si on ne prend pas les précautions nécessaires, la vente de produits agricoles américains fait baisser les prix de la production locale sur les marchés locaux, ce qui entraîne une baisse de la production agricole alors que l'objectif est de l'encourager", explique Murphy.
Yifat Susskind, directrice de la communication de l'association humanitaire "Madre", pense que cette pratique est extrêmement préjudiciable. "Cela a entraîné à une très grande échelle le démantèlement des économies locales, la ruine et l'exode de millions d'agriculteurs dans le monde".
Yifat Susskind affirme que ce résultat catastrophique est "exactement l'inverse de ce qui se passerait si la nourriture était achetée à des producteurs installés près du lieu où l'aide alimentaire est à apporter d'urgence".
Madre, IATP et d'autres organismes préconisent que l'aide alimentaire provienne de productions locales ou d'endroits plus proches des populations en situation critique.
De plus, ajoute Susskind, mettre sur le marché des produits subventionnés, c'est injuste parce que les gouvernements de la plupart des pays "n'ont pas le droit, par le biais d'accords commerciaux instaurés par d'autres pays riches, d'accorder les mêmes subventions que celles que reçoivent les gros producteurs aux US".
Ces mêmes accords commerciaux de libre-échange restent souvent en vigueur même quand les populations sont frappées par la famine.
"On pense à tort que l'aide alimentaire c'est de l'aide humanitaire, mais l'aide alimentaire est structurée de façon à répondre à l'ensemble des objectifs de la politique étrangère américaine" dit elle.
"Ce qui se passe, entre autres, c'est que l'aide alimentaire en tant qu'aide humanitaire est en totale contradiction avec la politique économique globale et, c'est ainsi que les politiques néolibérales et les accords commerciaux existants contraignent les pays à cesser la culture de produits destinés à la consommation locale et à passer à une agriculture destinée à l'exportation".
Le Département de l'Agriculture aux USA (USDA) et USAID (United States Agency for International Development), les agences qui ont la charge d'organiser l'assistance alimentaire, n'ont pas souhaité répondre à notre demande d'interview. Mais le site Web d'USAID confirme les déclarations de Susskind selon lesquelles la politique d'aide alimentaire est conçue pour servir les intérêts américains. Un document publié en 2006 par USAID spécifie que l'aide américaine aux pays étrangers "doit chercher à utiliser l'aide bilatérale aux pays étrangers pour construire un monde plus sûr, plus démocratique et plus prospère qui permette d'améliorer notre propre sécurité nationale".
Et, ironie du sort, il est fort probable que la politique d'aide alimentaire aux Etats-Unis crée actuellement de la famine à cause des coûts environnementaux de ce programme. Cette politique s'appuie sur l'agriculture et l'élevage industriels, énormes sources de pollution qui contribuent au réchauffement climatique.
Comme le fait remarquer Susskind, les premiers effets du changement climatique "se font sentir dans les endroits où les populations ont le moins de ressources pour s'adapter. Or, ce sont ces mêmes pays qui sont candidats à l'aide alimentaire".
Comme si l'instabilité environnementale ne frappait pas suffisamment fort, l'aide alimentaire américaine joue avec la santé des populations en leur distribuant d'office des produits alimentaires GM .
Le programme alimentaire mondial annonçait en 2002 qu'il livrait secrètement depuis sept ans des produits OGM en provenance des USA à destination des pays en difficulté.
De même que les grands groupes industriels empochent des bénéfices sur le dos des populations frappées par la famine, les ONG qui s'occupent des populations locales profitent du système mis en place aux Etats-Unis. L'argent encaissé grâce à la revente de l'aide alimentaire sert de revenu aux ONG.
"Il y a un conflit d'intérêt évident dans cette politique" dit Susskind.
En refusant les 45 millions de dollars d'aide, CARE vide complètement ses caisses. Mais Bell (NDLT: de "CARE") dit que si l'organisme a bénéficié de la monétisation, "la philosophie de notre organisation consiste à nous efforcer d'utiliser l'aide alimentaire de la façon la plus efficace possible".
Après l'annonce de CARE, l'Alliance pour l'Aide Alimentaire (Alliance for Food Aid), une coalition d'ONG comprenant World Vision, Feed the Children, et La Croix Rouge américaine, a pris la défense de la monétisation.
Ellen Levinson, directrice de l'Alliance a déclaré dans une conférence de presse: "Si une organisation a décidé de refuser ces programmes d'aides, il reste de nombreux autres organismes qui estiment que cette aide alimentaire est un outil primordial dans la lutte contre la famine".
L'Alliance n'a pas souhaité répondre à nos questions.
D'après Murphy, beaucoup d'ONG défendent le système "parce qu'il est une source de revenu importante pour le développement qui ne serait vraisemblablement pas remplacée en cas de révision de ces programmes; personne ne s'attend à ce que le Congrès accepte de compenser les fonds obtenus grâce à la vente de l'aide alimentaire. Même si l'aide alimentaire telle qu'elle est utilisée actuellement est largement inefficace, de nombreux projets de développement dépendent maintenant, pour fonctionner, des fonds générés par cette aide".
Bell explique que même si CARE comprend le dilemme des ONG, étant donné la longue liste de problèmes liés à l'aide alimentaire, "il faut se poser la question:"Est-il possible de fonctionner différemment?".
Pour Bell et pour d'autres organismes, cela voudrait dire ne plus imposer que l'aide alimentaire provienne des surplus de production en Amérique, mettre fin à la monétisation et adopter un système de donations en espèces.
En mars dernier, parmi ses diverses propositions concernant la Farm Bill, l'administration Bush suggérait que 25 % du budget de l'aide alimentaire soient affectés à l'achat de la production locale et régionale, en lieu et place des livraisons de produits alimentaires en provenance des Etats-Unis.
Mais même si la Chambre des Représentants n'a pas retenu cette condition dans sa version de la Farm Bill, les associations continuent de tenter d'influencer les membres du Congrès pour qu'ils l'incluent dans la loi qu'ils vont voter le mois prochain.
En 2005, à l'injonction de l'agrobusiness, des compagnies maritimes et des ONG, le Congrès avait rejeté cette même proposition.
Murphy indique qu'il faut définir les priorités sur le long terme pour garantir la sécurité alimentaire dans les régions touchées.
Parallèlement, Madre attire l'attention sur ce que Susskind appelle une politique d'aide alimentaire "corrompue et nuisible".
"Il est véritablement criminel que la bureaucratie et des motivations vénales fassent obstacle à l'assistance à ceux qui souffrent de la famine".
Megan Tady is a National Political Reporter for InTheseTimes.com. Previously, she worked as a reporter for the NewStandard, where she published nearly 100 articles in one year. Megan has also written for Clamor, CommonDreams, E Magazine, Maisonneuve, PopandPolitics, and Reuters.
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NOTES
Voir une analyse intéressante:
L'Afrique au-delà de la famine
Famine, maladies et pauvreté en milieu rural : de nouvelles stratégies s'imposent

Distribution de vivres au Niger

Suivi nutritionnel
2 photos tirées du blog:
http://www.u-blog.net/niandouibrahi...
Note perso
Tout ce qu'ils touchent, ces pourris, c'est pour faire du beurre sur le dos des pauvres. Et rien, mais alors vraiment RIEN ne passe entre les mailles de leur filet.
En Afrique, en Inde, des voix s'élèvent, mais elles sont encore bien timides.
Et puis, chapeau, CARE, pour avoir refusé de participer au système.
Combien d'autres vont le faire?

Commentaires
Care ... tout un programme ...
rien n'a changé depuis que les femmes des maitres de forge allaient , avec leur directeur de conscience, distribuer les fripes usagées de leur valetaille aux pauvres méritants ...
s'assurer de la soumission des bons pauvres et leur distribuer les restes de ses propres esclaves ....
Je suis complètement d'accord avec toi.
Et le Charity Bizness a encore de longues, très longues années de prospérité.
Le fait que CARE ait refusé de perpétuer cette imposture est en soi suffisamment remarquable pour être souligné.
Maintenant, je reste circonspecte, évidemment avec toutes ces assoces qui prospèrent sur le dos des pauvres, qui choisissent leurs pauvres "méritants" et qui servent de caution aux pouvoirs, voire qui relaient leur idéologie et même leur folie, comme pour la lutte contre le SIDA.
http://blog.emceebeulogue.fr/post/2...
bonjour,
vous avez suivi l'histoire de Hirsh contre l'interdiction d'acceuil des sans papiers dans les centres d'hébergement?
l'argument de hisch n'est pas que c'est "dégueulasse" pour les sans papiers
l'argument de hirsh est que c'est dégeulasse pour les membres des associations.
cet argument a été entendu.
en France on protège les associations
mais on ne protège pas les gens qu'elles sont sencées protéger.
il y a,à mon avis,un décalage dans l'ordre des valeurs qui est très dangereux.
moi je demande la disparition des associations:
ça voudrait dire qu'on a réussi à sortir les gens de la misère.
qu'en pensez-vous?
pascal
D'abord, toutes les assoces ne sont pas à jeter avec l'eau du bain.
Certaines défendent les droits fondamentaux des citoyens et non-citoyens et servent de porte-parole à ceux et celles qui ne pourraient pas s'exprimer individuellement (je pense par ex à la LDH, Amnesty et bien d'autres). Elles servent de contre-pouvoir également et permettent d'instaurer un débat démocratique qui, s'il n'existait pas, laisserait les mains libres aux gouvernements en place (ou à d'obscures coalitions), avec les dérives que l'on peut imaginer.
Le problème, c'est que nombre d'assoces fonctionnent de façon sectaire et, finalement, sont sujettes aux mêmes dérives.
De plus, en étant dépendantes du pouvoir, elles servent souvent de couvercle pour étouffer toute rébellion spontanée.
Pareil pour les syndicats.
Donc, supprimer toutes les assoces serait une erreur, mais le système est entièrement à revoir et à assainir.
Trop d'organismes caritatifs se constituent sous des prétextes, disons, farfelus et imposent une idéologie parfois peu compatible avec le but annoncé.
Voir le coude à coude des assoces lors du tsunami qui n'a souvent pas réglé les pbs des populations locales.
j'ai mal précisé: c'est vrai que je ne parlais que des associations qui "viennent en aide" aux plus démunis,les associations de charity bysness.
et c'est vrai aussi que j'ai poussé un peu loin la provoc.
mais derrière je trouve que se pose la question de la finalité de l'aide apportée à ceux qui n'ont pas assez.
est-ce qu'on les aide à sortir de cette situation?
ou est ce qu'on les aide juste pour rendre le minima dans lequel on les maintient acceptable éthiquement,au nom d'un équilibre social?
est-ce que pour être financée une association de ce type ne doit pas implicitement choisir la seconde solution?
et dans ce cas,l'intervention de l'association est-elle selon vous un bien ou un mal?
pascal
""Au bout du compte – sur une plus petite échelle, mais de manière plus insidieuse –, le capital mis à la disposition des ONG joue le même rôle dans les politiques alternatives que les capitaux spéculatifs qui entrent et sortent des économies des pays pauvres. Il commence par dicter l’ordre du jour. Il transforme ensuite la confrontation en négociation. Il dépolitise la résistance et interfère avec les mouvements populaires locaux, qui sont traditionnellement indépendants. Les ONG manient des budgets leur permettant d’employer des personnels locaux, qui auraient autrement été des militants dans les mouvements de résistance, mais qui désormais peuvent sentir qu’ils font le bien de manière immédiate et créative (et tout cela en gagnant leur vie). La réelle résistance politique n’offre pas ce genre de raccourcis.""
Une très bonne analyse d'Arundhati Roy sur les dérives de certaines ONG:
http://www.monde-diplomatique.fr/20...
Les assos, les ONG, notre bonne conscience, celle qui permet aux occidentaux de se goifrer la conscience tranquille, qui leur fait croire qu'on "agit" pour les pauvres, que finalement ces pauvres sont pauvres par leur faute et qu'on est déjà bien sympa de les aider. Alors qu'il faudrait ouvrir les yeux sur notre responsabilité collective dans les désatres majeurs d'aujourd'hui. Mais ça serait tirer une balle dans le pied de notre culte de l'argent et du profit.
Arrêter de vouloir nourir les pauvres et les laisser régir leur économie, leur production, leur autonomie, rien ne nous fait plus peur.
Attention à ne pas verser dans le diabolisme non plus. Le systeme pue l'arnaque mais à beaucoup d'endroits c'est mieux que rien. En effet programe peut également marcher à certains endroits et avoir des effets positifs annexes. Je pense au programmer "mid day meal" en place dans certaines écoles en inde grace aux US, ou certes la bouffe est pleines de GMO, arrive à la bourre, fade et toujours la meme (pourige anyone ?), mais permet à certaines écoples de convaincre des parents d'envoyer leurs gosses à l'écoles, plutot que de les faire taffer (vu que ca devient économiquement plus rentable pour eux). C'est vrai que le top ce serait que cet argent aille directe à ces familles (qui 'vivotent' de l'agriculture)... C'est compliqué...
Salut, snoop,
Ce sont justement des initiatives de ce genre qui sont carrément à vomir. D'abord, parce qu'ils sont pauvres, on leur fourgue des trucs infâmes à bouffer. Binquoi, entre rien bouffer et bouffer de la m., les pauvres ne devraient tout de même pas hésiter, non? Ca sert à quoi qu'on se décarcasse, alors?
Quel mépris!
L'Occidental bouffi qui s'achète une bonne conscience sur le dos de gamins, en plus, et en humiliant leurs parents qui, eux, ne peuvent pas leur donner à manger à leur faim, ni les envoyer à l'école.
D'autre part, ce qu'ils donnent d'une main, ils reprennent au centuple (je me suis renseignée: "cent-milluple" n'existe pas, on est obligé de rester en-dessous de la vérité, donc) d'une autre. Avec Monsanto et toutes les multinationales qui ont fondu sur l'Inde pour faire toujours plus de profits. On sait ce qu'il advient de milliers d'agriculteurs tombés entre leurs griffes.
Alors, au lieu d'aller nourrir les enfants pour les attirer à l'école, on ferait bien d'aider les parents véritablement de façon à ce qu'ils puissent nourrir leur famille et envoyer les enfants à l'école. EUX-MEMES.
Et, donc, les aider, non pas en donnant une aumône ponctuelle, mais en leur donnant les moyens de se relever définitivement. C'est la différence entre la solidarité et la charité.
Mais ce n'est pas la vocation du prédateur capitaliste. Il lui faut des pauvres pour les exploiter, les saigner ou s'acheter ses "indulgences".
Cette histoire m'en rappelle une autre que j'ai lue sur le ouèbe il y a longtemps.
Je ne sais quelle communauté de jeunes avait décidé de faire une soupe pour la distribuer aux SDF de leur ville. Etant végétariens, ils avaient décidé que c'était bien meilleur pour la santé (mouhaha!) des sans-abri de faire une soupe sans matière animale.
Et la nana qui écrivait racontait comme ils étaient contents, tous ces gentils SDF, de recevoir cette manne et de venir leur manger dans la main.
Et combien tout le groupe de joyeux bénévoles avait été heureux de leur faire plaisir et qu'ils avaient eu une journée épuisante mais tellement gratifiante (peut-être pensaient-ils se faire mordre?). Ils étaient tellement contents de cette expérience qu'ils allaient la renouveler ... la semaine suivante.
Le reste du temps, les sans-abri pouvaient toujours rêver de la bonne soupe de légumes qu'ils avaient touchée la semaine précédente grâce à des petits bourges en mal de grand frisson.
On me dira, vaut mieux ça que d'aller aux raves.
L'un n'empêche pas l'autre. Il y a 6 autres jours dans une semaine.
Tres interessant comme toujours. Merci pour la traduction!
merci
passionnant comme toujours merci emcee;
oui, j'avais déjà lu l'article d'Arundhati Roy que cite aniery.
il ne faut pas généraliser, mais souvent dans les grosses associations il y a aussi des frais de fonctionnement énormes.
les marques parle des vielles fripes jadis données aux pauvres.
aujourd'hui, les vêtements que nous mettons dans le container en pensant qu'il seront utilisés pour vêtir gratuitement quelqu'un, seront en fait achetés des fripiers (par lots), puis acheminés dans les pays pauvres et vendus sur les marchés, j'en ai vu de pleins étals en Indonésie
déjà, c'est dégueulasse (comme dirait...), mais pire encore, les prix demandés sont plus bas que les prix des productions locales.
en Afrique par exemple, les femmes faute de moyens renoncent au boubou en tissu africain, pour porter nos vieilles jupes, ce qui tue la production.
monde pourri
En effet, céleste, j'avais vu un reportage là-dessus à la télé sur Capital ancienne mouture, je crois, sur ce que deviennent les pelures que les gens donnent aux assoces (parce qu'il ne faut pas se faire d'illusions, ce qui est mettable, reste sur place). C'était effarant et très intéressant, d'autant plus que je n'avais aucune idée de cela. Ca part en container dans les pays pauvres, là, des intermédiaires les achètent au poids, si je me souviens bien, et les remettent sur les marchés.
Et, comme tu dis, c'est moins cher que la production locale, qui, comme le coton, leur reste sur les bras.
Et encore une chance de moins de se sortir de la misère. Et toujours la patte de l'Occident qui pousse des cris d'orfraie en disant qu'on ne peut pas accueillir toute la misère du monde.
monde pourri, assurément.