Big Pharma: le profit à tout prix, même à celui de la vie d'un enfant
Par emcee le vendredi 5 octobre 2007, 16:25 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
Certains commencent à être (un peu) sensibilisés aux méthodes du lobby
pharmaceutique, mais les pigeons sont nombreux sur la planète et les grands
groupes n'hésitent pas à faire le forcing pour imposer leur camelote.
Aux Etats-Unis, les chaînes de télé diffusent à longueur de journée des pubs
pour leur poudre de perlimpinpin explosive.
Les enfants déclarés hyperactifs ou dépressifs sont une cible privilégiée,
puisqu'ils peuvent être clients à vie de ces labos sans foi ni loi. S'ils en
réchappent, évidemment. Mais tous les moyens sont bons pour fidéliser la
clientèle, même la distorsion des statistiques.
Article: Reviving Antidepressant Sales
Spinning Suicide Statistics
Source: CounterPunch
Relancer la vente des antidépresseurs en déformant les
statistiques sur le suicide
Par MARTHA ROSENBERG, 28 septembre 2007
Le lobby pharmaceutique n'a pas chômé, cette année, tant il était occupé à
inventer de nouvelles maladies pour forcer les gens en bonne santé à prendre
des médicaments, à modifier la formule des remèdes existants afin d'obtenir des
brevets "nouveaux! améliorés", à embaucher des démarcheuses à talons hauts pour
intercepter les médecins avant qu'ils ne voient leurs patients - et à semer
l'effroi avec les statistiques des suicides pour accroître les prescriptions
d'antidépresseurs en baisse.
Bien avant l'article du New York Times de ce mois-ci qui annonçait que le
taux de suicide des jeunes avait augmenté de 8% entre 2003 et 2004 et que les
spécialistes rendaient responsable de la situation "la prise insuffisante
d'antidépresseurs", Big Pharma oeuvrait à répandre l'idée que les
antidépresseurs étaient indispensables dans la prévention des suicides.
Il y a trop d'argent en jeu, d'abord à déceler des troubles psychiatriques
graves chez un enfant, puis à le maintenir sous traitement psychiatrique tout
au long de sa vie, pour qu'on accepte qu'un truc sans intérêt tel qu'une notice
d'avertissement sur les boîtes d'antidépresseurs imposée par la FDA (Food and
Drug Administration) en 2004 vienne ruiner le chiffre d'affaires.
Après tout, nous sommes dans un pays où on est persuadé que les enfants
naissent avec un déficit en Ritaline , que l'insomnie
est due à un manque d'Ambien et que la vieillesse est
synonyme de manque d'hormones. Pourquoi la pharmacologie ne devrait-elle pas
l'emporter également sur la biologie dans le cadre des statistiques sur le
suicide?
L'an dernier, un article dans le numéro de juin de PLoS Medicine préparait le
terrain.
Le docteur Julio Licinio, principal rédacteur de la revue et consultant pour
Eli Lilly, qui fabrique le Prozac, déclarait que le taux de suicides diminuait
régulièrement depuis quatorze ans, au fur et à mesure qu'augmentaient les
ventes de l'antidépresseur (le Prozac)".

Cet article était suivi d'un autre, publié en avril dans les "Archives
of General Psychiatry", où quatre représentants d'une compagnie privée,
Quintiles Transnational, spécialisée dans les "services de
développement des médicaments", et quatre autre rédacteurs s'inquiétaient du
fait que le nombre d'enfants et d'adolescents sous antidépresseurs avait baissé
sensiblement, soulignant qu'il était important d'assurer à chaque partie une
couverture médiatique équitable et équilibrée.
Et en février, un article de MedPage Today grillait le New York
Times sur le poteau en titrant: "Il y a un lien entre le suicide des
adolescents et la notice d'avertissement sur les flacons d'ISRS ".
Les avertissements empêchent l'accès au traitement car ils "font fuir les
jeunes et leurs parents" explique le professeur David Shern, président de
Mental Health America ("Santé mentale en Amérique"), dont on dit qu'il aurait
accepté de compagnies pharmaceutiques un versement de 3,8 millions de dollars
en 2005 à la suite de la parution de l'article.
Le professeur Charles Nemeroff, de l'école de Médecine d'Emory (Atlanta) est
allé encore plus loin.
"Les avertissements concernant la prise d'antidépresseurs chez les mineurs ont
conduit paradoxalement à une diminution de leur utilisation, ce qui a contribué
à une augmentation du taux de suicides", a-t-il déclaré à la presse. D'après
certains articles, le docteur Nemeroff est en relation avec Eli Lilly,
Pfizer, Wyeth-Ayerst, Pharmacia-Upjohn et cinq autres compagnies
pharmaceutiques.
Hélas pour Big Pharma, quand le NYT a publié l'histoire elle n'est pas
restée longtemps d'actualité.
L'augmentation des suicides parmi les jeunes entre 10 et 24 ans entre 2003 et
2004 était exacte. Mais l'accusation que cette aggravation était due à une
diminution de la prise d'antidépresseurs, surtout d'ISRS comme le Prozac,
lancée dans l'édition de septembre de l'American Journal of Psychiatry , a vite
capoté.
Il s'est avéré que la baisse de prescriptions d'ISRS, qui était soi-disant la
cause de l'augmentation des suicides, s'est produite l'année suivante.
Au cours de la majeure partie de l'année en question, il se trouve que, d'après
" Psychiatric News", les prescriptions d'ISRS avaient en réalité augmenté en
moyenne d'un peu plus de 10% pour les jeunes jusqu'à 18 ans, le nombre le plus
important ayant été enregistré en mars 2004".
Parallèlement les études préliminaires effectuées par les Centres pour le
Contrôle et la Prévention des maladies (Centers for Disease Control and
Prevention) à partir de l'année censée avoir été influencée par une baisse des
prescriptions d'ISRS, l'année 2005, ne montrent pas une augmentation des décès,
sans distinction de catégories, cependant.
Interrogé sur ce revirement à 180° concernant le fait que l'augmentation des
suicides n'était pas due à une baisse de prescription d'ISRS et qu'elle était
peut-être due à la prise des ISRS eux mêmes, ce qui légitimait les notices
d'avertissement de la FDA, l'auteur principal de l'article, le professeur
Robert D. Gibbons, spécialiste de biostatistique et de psychiatrie à
l'Université de l'Illinois à Chicago, n'avait rien d'un statisticien.
"Cette enquête n'était qu'une suggestion, c'est ce que nous disons" a expliqué
le docteur Gibbons au NYT dans un article suivant - "Preuves de la corrélation
entre les avertissements sur les antidépresseurs et le suicide des mineurs".
Simple suggestion, ça? Dites plutôt assertion péremptoire.
Il y avait d'autres points d'interrogation concernant l'article de
l'American Journal of Psychiatry – hormis la contribution financière de Pfizer
et les liens du docteur Gibbons avec Wyeth Pharmaceuticals.
Et si les suicides n'avaient rien à voir avec les ISRS si ce n'est la tendance
croissante de prescrire des antipsychotiques à des enfants?
"Je suis absolument certain que l'augmentation des suicides n'est pas due au
fait que les enfants n'ont pas reçu de traitement", dit David Healy, psychiatre
à l'Université de Cardiff et un des premiers détracteurs des ISRS. " Ils ne
prennent peut-être pas des ISRS mais on leur donne des psychotropes".
Or, ces "stabilisateurs d'humeur" représentent des facteurs de risques de
suicide tout aussi élevés que les antidépresseurs – si ce n'est plus.
Big Pharma doit être à l'heure actuelle en train de concocter une nouvelle
série d'articles sur ce sujet.
Martha Rosenberg is the Staff Cartoonist for the Evanston RoundTable.
She frequently writes about health care topics.

Vous avez bien mis vos médicaments dans le chargeur?
Source
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En savoir plus
BIG PHARMA:
Big Pharma », ou la corruption ordinaire
http://www.monde-diplomatique.fr/20...
L’Afrique, cobaye de Big Pharma
http://www.monde-diplomatique.fr/20...
Big Pharma: SANTE et PROSPERITE!
http://blog.emceebeulogue.fr/post/2...
l'Effexor
vidéo:
http://fr.youtube.com/watch?v=xL0g3...

Et pour une vision plus romanesque et plus … rock'n roll, mais
efficace, de la Santé bizness allez voir "SICKO" de Michael Moore. Si l'auteur
est subjectif et parfois outrancier, il se fonde sur des éléments avérés et
offre une bonne base de réflexion. Un choc pour des
profanes.
Et en anglais
The Truth About the Drug Companies
http://www.nybooks.com/articles/172...

popcorn offert avec du Risperdal. NO COMMENT.
Source, un excellent site:
http://ahrp.blogspot.com/2007/05/ph...
VIDÉOS:
Battage publicitaire
Big Bucks, Big Pharma: Marketing Disease & Pushing
Drugs
http://fr.youtube.com/watch?v=_--xn...
Des enfants placés en famille d'accueil traités avec toutes sortes
de drogues.
http://media.putfile.com/DruggingFo...
Et d'autres références, ICI:


Commentaires
Addenda
DobolZiro vient d'opposer son véto à une rallonge de 35 milliards d'euros à SCHIP (State children's health insurance program - programme d'assurance d'Etat pour la santé des enfants), votée par le Congrès, pour étendre la couverture à 4 millions d'enfants supplémentaires.
Voir des précisions ici:
"Des millions d'enfants sans assurance" ..., publié le 3 sept.
http://blog.emceebeulogue.fr/post/2...
Et un article antérieur: Sécurité, oui, sociale non
http://blog.emceebeulogue.fr/post/2...
chez nous, c'est plus ... artisanal , dirons nous ... de toute façon, les toubibs lisent pas la presse spécialisée ... Mais un bon visiteur peut arriver à des choses étonnantes avec quelques pacotilles ...
Par contre, je m'interroge, on soignait les sales gosses hyperactifs au prozac , dans les années 60-70 à neuilly ??
"on soignait les sales gosses hyperactifs au prozac, dans les années 60-70 à neuilly"?
Apparemment, non. Cela aurait été un grand pas pour l'humanité, pourtant. ;-D
Et les problèmes de concentration et de voracité quand on prend des antidépresseurs, sans compter les effets complètement léthargiques des neuroleptiques, ça, ils n'en parlent pas j'imagine chez Lilly... Merci le Zyprexa pour les 20 kg en trop et les heures de sommeil abrutissant, même éveillé...
Je suis horrifiée par tout cela !
Cet article m'aide d'abord à comprendre les causes du suicide d'une amie proche. Ensuite, l'Effexor m'a été prescrit par un médecin généraliste (à se demander si le tempérament anxieux doit être considéré comme une tare...) mais la lecture attentive de la notice m'a fichue une peur bleue et la boîte est partie directement à la poubelle.
Il est effroyable de voir le nombre de généralistes se faire acheter par les gros labos !
Tant pis si le patient est traité n'importe comment, servant de cobaye. Et il faut cracher au bassinet car le coût de ces poisons est élevé. L'exercice de la médecine occidentale est gangrené par les interêts financiers.
Encore la preuve que le fric est au-dessus de tout !
D'ailleurs je suis sûre que les emm***** de l'humanité ont commencé avec l'apparition du sacro-saint pognon...
Les psychotropes sont de mon avis et de mon expérience personnelle de la psychose, très utile en cas de crise et pour stabiliser un état. Sans eux comme beaucoup actuellement je serais une épave au fond d'un hôpital, mort ou en prison pour je ne sais quoi fait sous le coup de la folie. Mais si j'avais continué d'en prendre, probablement aussi.
Ce dont il est question avec ce matraquage, Martin Winlker en a souvent parlé (le sulfureux Michel Bounan également) : la surmédicalisation des femmes, des vieillards et des enfants. Le caractère immonde ici se situe vraiment dans ce qu'on tord les nerfs de ces gamins et qu'on modifie in vivo leur psyché. Un enfant hyperactif, c'est un pléonasme, c'est comme parler d'un oiseau volant.
Donc ne mélangeons pas tout, ne souscrivons pas à l'escroquerie marchande pour la critiquer, qui voudrait que le savoir, la science et ses découvertes soient de son seul fait. Henry Labory était un paria et un original à sa découverte des neuroleptiques, et si on doit critiquer leur usage (répugnant comme celui-çi), n'oublions pas qu'ils ont aussi libéré beaucoup de gens et permettent à d'autres de retrouver une vie équilibrée.
Je me permet ce petit "troll" car les résultats de la technicité marchande, de la sur-médicalisation, de l'industrialisation des corps fait qu'en réaction évidente de rejets à cette société artificielle, beaucoup ont tendance à se réfugier dans "la pensée magique" et de rejeter tout forme de rationnalité.
C'est bien du pouvoir médical et pharmaceutique dont il est question, et non de la médecine et de la pharmacie. Il s'agit vraiment d'une guerre des mots et des concepts, cette société, sa médecine et sa science qui se présente comme rationnelle ne l'est pas du tout, c'est une pure dénégation de ses fondements.
Merci pour ces témoignages passionnants.
Il est évident que l'auteur ne remet pas en cause tous les remèdes, mis au point par des spécialistes, à utiliser dans le cas de pathologies véritables et à admininistrer avec les précautions d'usage.
Ce qui est dénoncé, c'est le forcing des labos pour les imposer à des éléments sains, et en particulier sur les enfants taxés d'"hyperactivité", à des fins purement mercantiles. Cela, en soudoyant les médecins. La vidéo sur des enfants placés en famille d'accueil est, en ce sens, effrayante.
La santé est aussi une marchandise pour ces marchands du temple mondiaux. Et c'est là qu'on veut nous mener, ici, en France, à brève échéance.
Détruire le système pour donner la manne aux copains. Mais les concitoyens qui ont voté pour le président actuel n'ont pas voulu entendre et ne veulent toujours pas, préférant croire que ce type va nous sauver d'on ne sait quelle gabejie. Alors que le pire est devant nous.
Absolument d'accord, un médicament doit rester un médicament, personne ne remet ça en cause, et les gens qui veulent s'en passer totalement et opter pour une santé disons plus naturelle le font en conscience, je ne pense pas à les blâmer non plus.
L'industrie pharmaceutique est proche de l'industrie de l'armement, il lui faut entretenir son propre buziness ...
errrk
merci pour l'article !
Big Pharma:
Un monde ou l'argent a ça place pas l'homme.
merci pour l'article !
Industrie pharma = $$$$$$
Ca craint et les pouvoirs publics sont toujours trés complices...
De l'odre d'abord chez nos politiques !