Invasion des OGM: après l'Inde, l'Irak?
Par emcee le dimanche 30 septembre 2007, 21:46 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
Les cultures OGM en Inde ont tellement grevé le budget des pauvres
agriculteurs en Inde que des milliers d'entre eux, ne voyant pas d'autre issue
au désastre économique dans lequel ils se sont retrouvés, se sont donné la
mort.
La directive 81 de Paul Bremer, émise prestement peu après
l'invasion de l'Irak et alors que le pays n'avait plus de gouvernement, fait la
part belle aux grands groupes agroindustriels et à leurs semences
transgéniques.
Article de Nancy Scola,
publié dans AlterNet le 19 septembre 2007
"Why Iraqi Farmers Might Prefer Death to Paul Bremer's Order
81"
Pourquoi les agriculteurs irakiens pourraient choisir la mort
plutôt que l'ordonnance 81 de Paul Bremer
Quiconque entend parler de
l'épidémie actuelle de suicides d'agriculteurs au centre de l'Inde, où les
cultivateurs se suicident à une allure terrifiante ne peut qu'être
effaré.
Mais parmi les plus troublés, se trouve sans doute Paul Bremer le diplomate
américain, l'ancien manitou de l'Irak après-invasion.
Pourquoi Bremer? Parce que les agriculteurs indiens préfèrent se donner la
mort quand ils se retrouvent pris à la gorge entre les mauvaises récoltes et
les dettes à cause des cultures OGM et des droits de propriété intellectuelle –
une agriculture conçue sur le même modèle que celui qui a été imposé en Irak
quand il était chargé d'administrer l'Autorité Provisoire de la Coalition (CPA,
Coalition Provisional Authority), l'organisme américain qui gouvernait le
nouvel Irak au tout début.
Pendant les 400 jours où il était administrateur de la CPA, Bremer a émis
une série de directives appelées communément les "100 ordonnances". Les
ordonnances de Bremer ont créé les fondations du nouvel Irak, et parmi eux,
l'ordonnance 81, mise en vigueur par Bremer le 26 avril 2004 et dont le titre
officiel est: "Amendements concernant les brevets, le design industriel, les
renseignements secrets, les circuits intégrés et la diversité des
plantes".
L'ordonnance 81 n'a pas suscité beaucoup de réactions dans la presse quand
elle a été publiée. Et le peu de couverture médiatique dont elle a bénéficié
contenait souvent des informations erronées.
Les articles affirmaient que ce qu'avait fait le représentant des US en Irak
équivalait à décréter qu'à partir de la mise en application de la directive,
chaque agriculteur irakien en personne (qui cultivait la terre de Mésopotamie
depuis des milliers d'années) n'aurait plus jamais le droit de réutiliser les
semences qui restaient sur leurs terres ou d'en échanger avec leurs
voisins, mais qu'il auraient l'obligation de les acheter à des grands groupes
semenciers américains comme Monsanto.
Cela n'est pas tout à fait exact. L'ordonnance 81 n'était pas aussi
intransigeante, et ce n'était pas non plus une injonction coloniale aussi
évidente. En fait, ce décret était un coup tordu juridique.

Le but de l'ordonnance 81 était de garantir de solides protections de la
propriété intellectuelle sur les semences et les plantes comme l'exigent les
compagnies telles Monsanto (groupe dont le siège social est à St Louis et qui
fournit des semences OGM et d'autres produits brevetés destinés à
l'agriculture) avant de s'implanter sur un nouveau marché comme celui du nouvel
Irak.
Ces nouvelles protections permettaient ainsi l'ouverture du marché en Irak.
En résumé, l'ordonnance 81 était la façon qu'avait trouvée Bremer de faire
savoir à Monsanto qu'on avait créé en Irak les mêmes conditions que celles qui
avaient conduit à la réussite époustouflante de Monsanto en Inde.
En publiant l'ordonnance 81, Bremer n'exigeait pas que tous les agriculteurs
partent en chœur s'approvisionner chez le premier commerçant qui vendait des
semences Monsanto. Mais si l'expérience en Inde était une référence, il n'avait
pas besoin de le faire.
En Inde
Voici comment cela fonctionne en Inde. Dans la région centrale du Vidarbha,
par exemple, les agents commerciaux de Monsanto vont de village en village pour
présenter les avantages extraordinaires et révolutionnaires du coton Bt, la
semence OGM de Monsanto vendue en Inde sous l'enseigne Bollgard. Ces
représentants parlent des fabuleuses récoltes dont ont bénéficié les
cultivateurs du Vidarbha grâce à ces produits, couvrant les villages d'affiches
sur lesquelles figurent des "histoires authentiques d'agriculteurs qui ont
utilisé les semences de Coton Bt". Selon ces représentants, les semences
traditionnelles ne soutiennent pas la comparaison avec les merveilleuses
semences brevetées de Monsanto, de la même façon qu'un vieux bœuf est ridicule
à côté d'une belle vache de Jersey.
Cette remarquable opportunité qu'offre le coton Bt est due en partie, disent
les représentants, au fait que le Bollgard a été modifié génétiquement pour
contenir le bacillus thuringiensis (Bt), une bactérie qui, prétend la
compagnie, réduit l'emploi de pesticides.
Les plantes de coton Bt sont "Roundup® Ready", un terme inventé par
Monsanto qui signifie que les plantes peuvent être aspergées de leur pesticide
maison sans crainte, ce qui finalement n'est pas si mal que ça. (le Roundup®
extermine sans pitié toutes les plantes non modifiées génétiquement).
Ca paraît génial, non? Le hic, c'est que le Bollgard® et le Roundup® coûtent
une fortune. Et c'est ainsi que les agriculteurs du Vidarbha, quelque peu
désespérés de ne réaliser qu'une maigre marge bénéficiaire avec leur production
de coton dans cette région aride et sèche, se sont précipités à la banque ou
dans les organismes prêteurs locaux afin d'emprunter l'argent liquide
nécessaire pour s'embarquer avec Monsanto. Sur 3000 dollars empruntés à une
banque, un producteur du Vidarbha peut en débourser jusqu'à la moitié pour
l'achat de semences de coton Bt pour un seul semis.
Et c'est la même chose pour la saison suivante et celle d'encore après. Dans
l'agriculture traditionnelle, les agriculteurs peuvent recycler les semences
d'une récolte pour les planter la fois suivante, ou bien échanger des semences
avec leurs voisins à peu ou pas de frais. Mais s'il s'agit de semences OGM
comme le coton Bt, Monsanto a les droits exclusifs de la minuscule graine à
l'intérieur de chaque enveloppe et contrôle donc le brevet. Et un agriculteur
qui souhaite réutiliser les graines d'une plante Monsanto doit repayer à chaque
saison une licence à la compagnie. Mais les agriculteurs qui choisissent,
littéralement, de jouer leur exploitation en pariant sur le coton Bt et
d'autres OGM ne sont pas forcément fous ou mystifiés. Les cultures OGM
détiennent bien la promesse extraordinaire de récoltes plus abondantes (ce qui
est terriblement important pour des agriculteurs qui nourrissent leur famille
et la population locale avec des terres et de la main d'œuvre
limitées).
Mais quand il s'agit d'OGM, tout va bien quand tout va bien.
L'agriculture est un jeu de hasard et le revers de cette grande gratification
possible qu'offrent les OGM, c'est, bien sûr, de grands risques. Quand tout
tourne mal, les cultivateurs qui ont investi des sommes importantes pour
acheter les produits Monsanto, se retrouvent au fond d'un trou bien plus
profond que ceux qui s'en sont tenus à une agriculture traditionnelle. Après
une mauvaise récolte, les cultivateurs peuvent se retrouver pratiquement dans
l'impossibilité d'obtenir un nouveau prêt soit de la banque soit d'un organisme
prêteur. Sans argent pour se sortir de là, le trou dans lequel ils sont tombés
se creuse de plus en plus.
Et c'est précisément dans ce trou que se sont retrouvés les agriculteurs de
la région du Vidarbha en Inde, où les mauvaises récoltes (surtout celles de
coton Bt) ont atteint un niveau épidémique.
Peut-être est-ce parce que le coton BT n'est pas adapté aux méthodes
agricoles de l'Inde centrale qui dépendent de l'irrigation; le Bollgard et
l'aridité de la région du Vidarbha peuvent être aussi peu compatibles que les
bottes de combat et les costumes classiques de chez Brooks Brothers de Bremer.
C'est peut-être dû aux périodes de mousson anarchiques et inhabituellement
sèches qui ont empoisonné l'Inde récemment.
Mais dans tous les cas, le résultat, c'est que de plus en plus
d'agriculteurs en Inde se retrouvent criblés de dettes, sans grand espoir de
s'en sortir. Et la solution radicale que tant d'entre eux - des milliers et des
milliers - ont trouvée c'est de se donner la mort.
Il est difficile d'établir des statistiques fiables mais même les prévisions
les plus basses sont carrément effarantes. Le gouvernement indien et les ONG
estiment que jusqu'à présent, cette année, plus d'un millier d'agriculteurs se
sont suicidés dans le seul état du Maharashtra.
Le New York Times en fait état dans son article "''17,000
Indian farmers in 2003 alone''"
Et une émission spéciale de PBS "''The Dying
Fields''" , diffusée le mois dernier affirme qu'un agriculteur se suicide
dans le Vidarbha toutes les huit heures.
Mais, l'espace d'un instant, essayons de ne pas être pessimistes.
Et disons plutôt que les agriculteurs irakiens se rendent compte des risques
qu'il y a à investir dans des semences OGM aux bénéfices aléatoires.
Disons qu'ils rejettent l'idée que la propriété intellectuelle qui se cache
dans les semences qu'ils plantent appartient non pas à la nature mais à
Monsanto.
Disons qu'ils préfèrent s'en tenir aux méthodes d'agriculture sans OGM et sans
licence d'exploitation.
Le fait est qu'ils n'ont peut-être pas le choix.
Et c'est là que l'ordonnance 81 commence à ressembler fort à une obligation
d'adopter des pratiques agricoles basées sur l'utilisation des OGM, comme l'ont
annoncé les cyniques dès la parution de la directive.

Lisez la lettre de la loi, et l'ordonnance 81 semble se borner à utiliser
l'administration publique pour créer une structure tout bonnement favorable à
une compagnie comme Monsanto. Cette loi favorise l'adoption d'une industrie
agroalimentaire sur le modèle des Etats-Unis aujourd'hui, mais n'impose pas
véritablement que Monsanto soit aux manettes.
Donner effectivement les clés à Monsanto c'est plutôt l'affaire du secteur de
la biologie.
La biologie? Et comment ça?
C'est une bonne question pour Percy Schmeiser, le cultivateur du Saskatchewan
qui apparaît dans le documentaire « ''The future of
food'' » de Deborah Koons Garcia , où l'agriculteur s'est retrouvé
embarqué dans un procès houleux concernant la présence de Roundup® Ready dans
des plantes de canola en bordure de son exploitation.
L'agriculteur canadien affirmait n'avoir jamais acheté de semences de canola
à Monsanto, n'avoir jamais planté de semences Monsanto et était proprement
atterré que des OGM se soient retrouvés sur ses terres agricoles.
Peut-être, suggérait-il, les plantes en question étaient-elles le produit de
quelques semences échappées d'un camion qui était passé le long de son
exploitation.
Monsanto ne voulait rien savoir de l'hypothèse suggérée par Schmeiser sur la
façon dont les semences avaient atterri là. Pour la compagnie, Schmeiser était
en possession d'un produit agricole dont la propriété intellectuelle
appartenait à Monsanto. Peu importait comment cela s'était produit. Cette
interprétation de Monsanto sur l'impact de la contamination de semences est,
bien entendu, sensée si son objectif est de finir par posséder les droits de la
vente mondiale des semences. Et cette ambition pourrait bien se réaliser dans
un avenir proche.
En fait, une enquête réalisée en 2004
par un syndicat de scientifiques ( The Union of Concerned
Scientists ) montre qu'une grande partie des semences aux Etats-Unis est
déjà contaminée par les OGM. Si cette contamination perdure sans qu'il on y
mette le holà, une grande part des semences du monde entier finiront par être
sous patente de l'un ou l'autre grand groupe agroalimentaire.
Dans un territoire agricole comme celui de l'Irak, la contamination par les
OGM pourrait à court terme donner à Monsanto l'emprise sur le marché. Les
agriculteurs irakiens d'après ordonnance 81 qui veulent résister à
l'utilisation d'OGM et s'en tenir aux méthodes agricoles traditionnelles n'en
auront peut-être pas la possibilité.
Les générations futures de producteurs irakiens découvriront peut-être qu'un
revendeur de semences à Karbala vend les mêmes produits brevetés que tous les
autres magasins de la ville.
Et quand ce sera le cas, ce qui était naguère une collectivité d'agriculture
traditionnelle (où les risques financiers sont partagés et où la diversité
génétique est multipliée grâce aux échanges entre agriculteurs voisins) finira
par devenir le berceau de producteurs isolés, prisonniers des grands groupes
privés mondiaux de l'agroalimentaire aux enjeux économiques importants.
C'est un monde qui n'est pas étranger à Bremer, l'ex ponte de l'Autorité
Provisoire de la Coalition, si ses fréquentations constituent une quelconque
indication.
Robert Cohen, auteur du livre
Milk A-Z (Le lait de A à Z) appelle le gouvernement de Bush le "Cabinet
Monsanto".
Parmi les nombreux liens entre cette compagnie et la Maison Blanche
actuelle: l'ex ministre de l'Agriculture, Ann Veneman, a fait partie du Conseil
d'Administration de Calgene, filiale de Monsanto; Don Rumsfeld, qui fut
ministre de la Défense a été pendant huit ans président de Searle, autre
filiale de Monsanto; Clarence Thomas était conseiller juridique dans le secteur
des pesticides et de l'agriculture chez Monsanto avant d'être nommé à la Cour
Suprême par George Bush père.
Ces liens, plus que tout, pourraient expliquer le zèle et l'opportunité du
moment qui ont motivé l'ordonnance 81.
Supposons un instant qu'une agriculture transgénique mondialisée soit ce qui
servirait à long terme le mieux les intérêts du nouvel Irak. Même dans le
meilleur des cas, un changement de politique important dans un secteur
économique clé provoquerait à n'en pas douter de la détresse à court
terme.
Quand Bremer a publié son ordonnance, on ne peut pas dire que l'Irak était en
bonne posture: il venait d'être envahi et son gouvernement avait été démantelé.
Si on tient compte du besoin pressant de stabilité immédiate qu'avait l'Irak en
avril 2004, l'Ordonnance 81 commence à ressembler à la victoire de la
connivence et de l'idéologie sur une politique réfléchie.
En Inde, les militants écologistes, comme Vandana Shiva ,
cherchent activement à défaire le lien entre ce monde des grands groupes
industriels de l'agroalimentaire US et les agriculteurs dans les villages et
petites villes en Inde. Shiva, dans le documentaire de PBS, "Dying Fields",
(les champs qui se meurent) supplie les agriculteurs de cesser de donner leur
argent à des semenciers privés et de revenir aux semences produites localement.
Même si Monsanto vend également en Inde des semences pour la culture du maïs,
du riz, des tomates et des pommes de terre, c'est avec le coton que Monsanto
s'impose, comme le sait bien Shiva. "Vous êtes accros au coton Bt, " dit-elle,
en réprimandant les agriculteurs. Mais, si le fait que perdure le cycle OGM /
mauvaise récolte peut servir d'indication, peu d'agriculteurs indiens font cas
de ses propos.
Les agriculteurs en Irak à l'époque de la nouvelle agriculture
d'après-ordonnance 81 s'en sortiront-ils mieux? Peut-être.
Peuvent-ils parvenir à engranger les bénéfices des cultures OGM en troquant
leur dépendance à Monsanto ou à d'autres grands groupes privés au bénéfice de
récoltes plus importantes promises par leurs semences brevetées et dont la
propriété intellectuelle est protégée?
Espérons-le.
Mais il est possible que les agriculteurs en Irak connaissent bel et bien
les mêmes épreuves que celles que subissent les agriculteurs en Inde - un monde
où les cultivateurs ne comptent plus sur leurs terres agricoles et la
population locale pour répondre à leurs besoins, un monde où, quand arrivent
les temps difficiles, la seule issue semble être l'issue finale.
Un monde où, dans un coup d'éclat digne d'un drame shakespearien peut-être,
le cultivateur emprunte quelques roupies une toute dernière fois à une banque
ou à un usurier, achète un ultime flacon de Round up et (comme cela s'est
produit tant de fois en Inde) en finit une bonne fois pour toutes en avalant
tout son contenu.
Nancy Scola is a Brooklyn-based freelance writer. Nancy has
worked on Capitol Hill and on the prepresidential campaign of former Virginia
Gov. Mark Warner, and is currently a blogger at the political blog
MyDD.
....................................................................................................................................
Spéciale dédicace à Céleste qui nous raconte si bien l'Inde en nous faisant
partager ses voyages et ses rencontres
http://celestissima.blog.20minutes....
.....................................................................................................................................
Notes annexes:
Ordonnances de Paul Bremer
L’Amérique n’a pas à vendre l’Irak, par Naomi
Klein
http://www.paxhumana.info/article.p...
''Les Etats-Unis imposent à l’Irak leurs semences génétiquement
modifiées par F. William Engdahl''
http://www.horizons-et-debats.ch/29...
De la reconstruction à la privatisation de l’Irak
http://www.cetim.ch/fr/intervention...
INDE
Echec du coton Bt
http://www.merid.org/fs-agbiotech/f...
Étude : Échec du Coton Bt dans le Vidarbha
Date: 3/2/2007
http://www.merid.org/fs-agbiotech/f...
Et aussi: Comment Monsanto vend les OGM (Monde Diplo)
http://www.monde-diplomatique.fr/20...
Note perso
Les OGM: Imposés par les gouvernements à la solde des multinationales, dans
les pays pauvres dès que l'occasion s'en présente, ils sont peu à peu
introduits subrepticement en Europe.
Si on les laisse faire, bientôt les terres cultivables de la planète seront
tributaires de quelque grand groupe semencier comme Monsanto, sans espoir de
retour en arrière.
La guerre, les OGM les collusions avec les multinationales nous sont imposés
par des gouvernements qui se font élire en caressant l'électeur primaire dans
le sens du poil.
C'est TERRIFIANT, MAIS CE N'EST PAS
TOUT.
Sournoisement, ces mêmes multinationales de l'agroalimentaire sont en train
de dévaster la planète et de piller les populations pauvres pour produire les
agrocarburants censés remplacer le pétrole qui va
se raréfier. Les pays pauvres sont désormais contraints de rouler pour que les
pays riches continuent de rouler.
OGM, agrocarburants, exploitation éhontée des ressources des pays pauvres et
invasion des pays récalcitrants assortie du massacre de populations civiles qui
souvent ne profitent même pas de loin de la manne dont dispose leur pays, voilà
les réponses des prudes pays occidentaux. Ces pays occidentaux qui s'efforcent,
avec des cris d'orfraie, de rejeter de chez eux les miséreux et les opprimés
qu'ils ont contribué à produire, année après année, siècle après siècle,
directement ou indirectement, sur la terre entière.
Ces pays occidentaux qui donnent d'une main l'aumône aux pays pauvres d'un air
condescendant alors qu'ils leur reprennent au centuple de l'autre
main.
Et VOUS, là-bas, qui répétez bêtement ce qu'on vous serine
à longueur de médias, allez-vous un jour utiliser votre cerveau de piaf pour
réfléchir un tant soit peu?
Renseignez-vous un peu au lieu de jouer les perroquets des pilleurs cyniques
de votre planète et de celle de vos enfants.
ALERTE! LES AGROCARBURANTS ENVAHISSENT LA
PLANETE!
Voir dans le Grand Soir (une mine)
''Non à la folie des agrocarburants ! par Grain''
''Le marché : « trou noir » de l’énergie ! Un nécessaire
débat, par Charles Barbey''.
''Les agrocarburants présentent un bilan écologique médiocre, Hervé
Kempf''.
Diplo: Les cinq mythes de la transition vers les
agrocarburants
http://www.monde-diplomatique.fr/20...
Amis de la terre: Les agrocarburants :
solution ou futur problème environnemental ?
http://www.amisdelaterre.org/Les-ag...
"Agrofuels", dans Grain (en anglais)
http://www.grain.org/nfg/?id=502
Socialist worker
Biofuels are not an eco solution
http://www.socialistworker.co.uk/ar...
En France:
Une usine d’éthanol à base de maïs en Aquitaine
http://www.amisdelaterre.org/Une-us...
AGROCARBURANTS : nourrir l’homme ou la machine ?
jeudi 30 août 2007 par Sylvie CARDONA
http://www.aves.asso.fr/article.php...
Dans Politis, un article très intéressant (hélas, pas en ligne: on
se demande ce qu'ils font de leurs archives. Si c'est pour les garder dans un
coin poussiéreux …).
« La contamination par les OGM est inéluctable »
PAR Patrick Piro; jeudi 6 septembre 2007


Commentaires
merci, monsieur Allégre qui souhaitait débarasser les études scientifiques de toute trace d'intelligence , en virant des programmes des choses comme la philo , histoire de produire de parfaits biotech capables de croire ...
de ceux qui te racontent, partout ou l'on les invite, que les tomates hors sol, c'est délicieux ...
raser les écoles de commerce, et les uer de formation aux biotech ?
la posture du fonctionnaire allemand version 1930-1940 est confortable ...
Exact, ce cher Allègre qui hurle avec les multinationales et les "bushits" que le réchauffement climatique, ça n'existe pas. Et qu'on s'inquiète pour rien.
Alors, continuons à dévaster la planète avec entrain, continuons à pourrir tout ce qui arrive dans notre assiette, continuons à déforester à tour de bras et à acculer les agriculteurs locaux dans le fin fond de terres arides et improductives.
Tant que les ploutos peuvent poursuivre leurs activités, tant que les "scientifiques" pourront se nourrir à leur table avec une petite prime en plus, on peut dormir tranquilles. Y a pas le feu au lac.
Très bon article et notes plus que criantes de vérité et d'urgence.
Il faut ajouter à ça la brevetisation intensive que mènent les américains, l'appropriation pure et simple des ressources génétiques de la planète et des techniques, en Inde mais partout ailleurs, et souvent face à des population qui ont des techniques millénaires. Est-ce l'absence d'histoire des USA qui leur donne cette arrogance inouie et cette capacité à piller le monde ? Bon, avouons que nous n'avons pas tellement à leur envier, mais on est encore loin derrière.
La biotechnologie est un des désastres actuels que nous allons léguer à nos enfants, une atrocité de l'ampleur du nucléaire, tout y passe, nourriture, carburants, santé, "sécurité" ...
Vous faites quoi demain ? Demain c'est l'anniversaire de gandi, avec une grosse manif pour soutenir les 700 millions d'agriculteurs indiens!
http://agri.aidindia.org/
Un entretien vidéo très pédagogique de Vandana Shiva sur les OGM:
http://local.attac.org/93sud/spip.p...
Un article sur l'Inde et les OGM:
http://www.pondichery.com/french/og...
Un aperçu succinct sur Vandana Shiva:
http://www.altermonde-sans-frontier...
Un très bon site qui sur les suicides des paysans en Inde à cause des cultures OGM:
http://www.indiatogether.org/agricu...
Merci à tous pour vos contributions et ces liens.
Super, le lien sur l'Inde, Snoop. Cela fait plaisir de voir qu'il existe une véritable mobilisation contre ce scandale.
Oui, Coco, certes, ce n'est pas seulement l'Inde. L'Amérique latine est aussi particulièrement touchée et si certains pays d'Afrique tentent de résister à l'invasion des OGM, le forcing (voire le chantage) est considérable.
J'ai aussi traité de la mondialisation en Inde dans ce billet (où il était déjà question des agriculteurs):
http://blog.emceebeulogue.fr/post/2...
Une conférence vidéo sur les suicides des paysans en Inde par l'un des meilleurs journalistes indiens; P.Sainath :
http://video.google.ca/videoplay?do...
merci emcee, je suis très touchée.
et encore plus ce texte, qui relate cette terrible vérité.
de plus j'ai ouvert tous les liens, très intéressants, avec un petit faible pour celui de Snoop;
quand je voyage en Inde je lis chaque journal (Hindu ou Indian express) dans les versions locales. les suicides de fermiers y sont signalés, mais rarement leur cause,on parle de pauvreté, mais pas d'OGM.
pour trouver des infos moins superficielles, il faut lire des magazines comme Frontline ou Telhelka, qui sont introuvables dans les campagnes.
les paysans indiens n'ont donc aucune information par le biais des médias .
c'est pourquoi ce qu'accomplit Vandana Shiva est particulièrement précieux (j'allais écrire remarquable et je me suis arrêtée en plein vol)
Namaste emcee
Bonjour Emcee,
Merci pour cet article. Au sujet des agrocarburants, il existe
le site d'un militant, très intéressant aussi:
http://fabrice-nicolino.com/biocarb...
Nous voilà face à l'horreur scientifique, la biotechnologie au service de l'économie.
Merci pour les liens et les précisions.
Céleste, encore un petit retard à l'allumage pour ton com' qui était resté coincé dans la boîte à rétention. Désolée.
Merci pour ces explications intéressantes sur ton expérience sur le terrain. En quelle langue sont écrits les journaux que tu lis?
L'information, hélas, c'est ce qui circule le moins bien.
En Inde, évidemment, la question doit être encore plus cruciale (éloignement des états, hétérogénéité des populations, rareté des déplacements, illettrisme, diversité des problèmes selon la géographie et l'économie propre à chaque état, etc.) que dans les pays occidentaux.
Mais ici aussi (intox des grands médias qui ne laissent passer que ce qu'ils veulent bien), et à fortiori aux Etats-Unis, l'information (et son accès) est réservée à une élite.
@emcee
les journaux que je lis sont en anglais, mais majoritairement les Indiens lisent les journaux locaux en langue locale (tamil, malayalam, tegulu....).
langues qui me sont totalement indéchiffrables, donc je ne connais pas le réel contenu des ces journaux
les journaux en anglais étant réservé à qui a suffisamment étudié pour les comprendre, donc une audience limitée.
Céleste, merci pour les précisions. Je me demandais si ,en plus du français, de l'italien et de l'anglais, tu étais capable aussi de lire les journaux en langue locale!
J'entends bien que ces journaux en anglais ne sont pas accessibles à tous, loin de là.
http://marialerouxi.aceboard.fr/270...
DOCUMENT CHOC!!! QUI NOUS MONTRE TOUTE LA MAGOUILLE MISE EN PLACE PAR LES LOBBYS ET LE GOUVERNEMENT AMÉRICAIN AFIN DE METTRE EN PLACE CES SEMENCES DE MORTS, À TRAVERS LE MONDE.
L'ASIE SERA LE PROCHAIN PÔLE DE LA RECHERCHE AGRICOLE AUX OGM
UN AUTRE PROJET CRIMINEL CONTRE LES POPULATIONS, CAR CETTE CULTURE MET GRANDEMENT NOTRE VIE EN DANGER EN PLUS D'ÊTRE COMPLÈTEMENT DÉPENDANT DE MONSATO. AUCUN GOUVERNEMENT NE SE LÈVE CONTRE CE GENRE DE CULTURE. AU CONTRAIRE, ILS GARDENT TOUS LE SILENCE, ET CE MALGRÉ LES GROUPES QUI COMBATTENT CE GENRE DE CULTURE.
OGM
POUR VOTRE SANTÉ - PRODUITS À BOYCOTTER
http://www.greenpeace.ca/guideogm/b...
COMMENTAIRE DE MARIA
Le gouvernement des États-Unis parle dans le présent article que l'Asie sera le prochain pôle de la recherche agricole aux OGM. Il devient évident juste par le titre que le gouvernement des États-Unis nous ment sur cette «supposé recherche», alors que la grande majorité de nos terres sont maintenant contaminés par ses semences OGM, et que les différentes études sur le sujet ont été tenus délibéremment cachés au grand public.
Les nouveaux seigneurs féodaux ne se contentent pas de contaminer la terre mais revendiquent maintenant des droits compensatoires sur les brevets des animaux ayants été contaminés par ces modifications génétiques. Aujourd'hui, les porcs, demain tous les autres animaux ayants été nourris aux OGM? Nous verrons jusqu'à quel point ces personnes ne se soucient aucunement des agriculteurs qui risquent d'en payer le gros pris, ni des risques pour la santé animale et humaine, sans compter le contrôle sur les populations qui deviennent de plus en plus sous le contrôle TOTAL de criminels en blouse blanche.
Pour ceux qui ont écouté le reportage «BREVET POUR LE PORC», les agriculteurs ont sonné l'alarme sur ce qui se passe présentement. Voici quelques notes et commentaires d'agriculteurs, d'anciens de la FDA ou d'anciens employés de chez Monsato, qui ont pris part au documentaire, afin que vous puissiez avoir une idée juste sur la situation catastrophique qui sévit maintenant à la surface de la planète.
Les ruses et mensonges employés par l'administration américaine n'ont pour but que de soutenir une industrie alimentaire afin d'en prendre complètement le contrôle. Les Nations-Unies sont aussi à blâmer, puisque celle-ci, via Vision Mondiale et différentes ONG sont grandements utilisés comme organisme humanitaire pour promouvoir ces cultures, qui comme vous le verrez ne règle en rien le problème de la pauvreté.
Slogan de Monsato «MAKE SAFETY A WAY TO LIFE.» MONSATO - entreprise américaine - St-Louis, Missouri. Le but : série de nouveaux brevets - dominer l'industrie alimentaire mondial. Demande de brevets dans 160 pays.
Andrew Kimbrell - center of food Safety «Monsato ne veut pas changer leur technologie pour l'adapter à la vie mais modifier la vie pour l'adapter à leur technologie et à leur profit.»
Bill Witherspoon, ancien cadre du génie génétique a assisté à la présentation génétique de Monsato. Il dit «qu'en contrôlant les droits de propriétés intellectuelles dans le monde entier, ils n'auraient plus à se soucier de la part du marché car il n'y aurait plus personne pour lui faire concurrence.»
La discution a surtout porté sur les moyens à prendre pour supprimer la concurrence. Car c'est la seule manière pour prendre le contrôle pour dominer une chose aussi importante que l'industrie alimentaire.
«Pas question d'accaparer des parts du marché mais de s'approprier le tout.»
Au cours d'un déjeuner, voulant qu'on voulait aider les gens pauvres et les pays pauvres dans le monde a fait rire, d'un rire cynique et a même fait l'objet de plaisanteries.
Plus grande fraude commise par un gouvernement dans toute l'histoire
Paroles du président Georges W. Bush
«Au nom d'un continent menacé par la famine, je presse les gouvernements européens de mettre un terme à leur opposition à la biotechnologie.»
Steven Druker - activiste «Mais les analyses n'ont jamais été effectués et les notes de services de la FDA n'ont jamais été rendues publiques. Monsato avait réussi à placer un de ces hommes à un poste clé dans l'un des services de réglementation et la technologie génétique a reçu le feu vert»
Kirk Azevedo - ex-employé Monsato «Lorsque j'ai commencé à parler des idéaux à mon arrivée chez Monsato. un des vices-président Nous ne sommes pas là pour nécéssairement pour faire toutes ces choses louables réduire les déchets et nourrir le monde, mais pour faire de l'argent.»
Bill - «Le mot d'ordre était la coopération avec le gouvernement et les services réglementaires, mais il faut savoir ligne entre les lignes. Qu'est ce qu'on entend par coopération? Coopérer ça veut dire se serrer les mains»
Monsato qui jouissait d'un accès d'un accès prévigégié au corridor du pouvoir a réussi à maintes reprises à placer des employés à des postes d'influences. De nombreux cadres de l'entreprise sont passés par la porte tournante de Washington et ont été nommés à des postes dans les services de réglementations avant de revenir occuper des postes d'administrateurs très bien rénumérés.
Au début des années 90 , un scandale s'est déroulé dans les coulisses de la capitale du pays. Il s'agissait de prendre la décision fondamentale d'autoriser ou non l'introduction d'organisme génétiquement modifié dans la prodution alimentaire
Plusieurs inspecteurs de la FDA avaient exprimés de sérieuses inquiétudes après avoir étudié les résultats des analyses. Mais le gouvernement a retenu les documents où ceux-ci faisaient états de leur réserve.
Steven Druker - activiste dit que :«Que d'après eux, ils soulevaient des inquiétudes uniques pour la sécurité des animaux et des humains.»
Il a précisé «qu'une même une légère modification pourrait entraîner des problèmes majeurs chez l'animal et par la suite chez les humains. Ils considéraient que l'affaire était sérieuse et nécéssitait d'être analysé soigneusement.»
Jeffrey Smith «L'idée selon laquelle les cultures transgéniques sont nécéssaires pour nourrir le monde, non seulement est un terrible mensonge, elle constitue enfin un obstacle. Tout d'abord elle donne l'impression que c'est la production qui constitue le principal problème, alors qu'en réalité nous avons plus de nourriture par personne que jamais auparavant dans l'histoire, pourtant nous avons 30 000 personnes qui meurent de faim par jour. Comment puis-je être contre la technologie si elle sauve des gens qui meurent de faim.»
POUR ATTEINDRE LES OBJECTIFS :
-- Dépendre complètement de la firme Monsato ;
-- Engrais et insecticides achetés seulement chez Monsato ;
-- Interdit aux agriculteurs de se servir de leurs propres récolte l'année suivante ;
-- Contrat - Monsato décide du type de semence ;
-- Inspecteurs peuvent pénétrer chez eux à tout moment ;
-- Clause dans le contrat : interdit aux agriculteurs d'intenter des poursuites si les semences OGM ne donnent pas les résultats attendus ;
LES CONSÉQUENCES :
-- Extinction de la race animale et des humains ;
-- Appropriation des ressources appartenants à tous ;
-- Asservissement financer des populations ;
-- Contamination délibérée des terres ;
-- Récolte mauvaise - insecte nuisible réapparaissent, donc plus de pesticides achetés chez Monsato ;
-- Persécuter les agriculteurs qui, à cause des vents, se retrouvent avec des semences OGM sur leur terre.
-- 129 procès $$ dollars contre des agriculteurs - mensonges utilisés par Monsato afin de gagner les procès ;
-- Gerry Rosman, canadien a fait faillite. Dit que les femelles nourries aux OGM sont stériles, donc 0 ou très peu de reproduction. Imaginez maintenant sur les humains! ;
-- Porc stérile - maïs transgénique - manque d'argent aux agriculteurs ;
-- Danger pour les humains qui servent de cobayes humains : allergie, et nouvelles maladies ;
-- Suède, en Norvège abandon du porc par les agriculteurs ;
STATISTIQUES :
USA : 95 % aliments modifiés
BRÉSIL 70 %
ARGENTINE 100 %
pour ne nommer que ceux mentionnés dans le reportage, mais nous savons que les cultures OGM se pratiquent maintenant à grande échelle. D'autres pays sont nommés dans le présente article.
Je vous laisse maintenant lire tout le côté positif de notre cher gouvernement américain qui n'a que des bons mots pour cette culture de la mort.
Maria
L'ASIE SERA LE PROCHAIN PÔLE DE LA RECHERCHE AGRICOLE AUX OGM
(L'Inde, la Chine et le Vietnam sont en train de prendre la tête des travaux.) (790)
Par Kathryn McConnell
Rédactrice de l'USINFO
Nous donnons ci-après le second article que nous consacrons à la recherche dans le domaine de la biotechnologie agricole.
Washington - Au cours de la prochaine décennie, la recherche sur des plantes améliorées par la biotechnologie accordera un rôle grandissant à l'Asie, du fait des nombreux projets qui y ont été entrepris.
Les pays asiatiques investissent en effet de plus en plus dans la recherche en biotechnologie agricole afin d'être en mesure de pourvoir à leurs besoins croissants en aliments humains et animaux, en fibres et en carburants, a déclaré M. Clive James, président de l'International Service for the Acquisition of Agri-biotech Applications (ISAAA).
L'ISAAA est un réseau international sans but lucratif dont le siège est à l'université Cornell de New York et qui a des antennes aux Philippines et au Kenya.
Les produits végétaux issus de la biotechnologie, aussi connus sous le nom d'organismes génétiquement modifiés (OGM), se répandent dans les pays asiatiques, qui en font notamment une importation croissante à mesure que les autorisations d'importer se multiplient, a affirmé M. James lors d'un récent entretien accordé à l'USINFO.
Ce chercheur s'est récemment rendu dans plusieurs pays d'Asie. Il affirme que les agriculteurs indiens, chinois, pakistanais, japonais, vietnamiens, sud-coréens et philippins acceptent bien les OGM parce que les plantes traditionnelles sont souvent détruites par les insectes et des conditions climatiques ingrates. Ces agriculteurs ont tout à gagner sur le plan financier de l'augmentation de récoltes améliorées par la biotechnologie, notamment celles qui résistent aux insectes, parce que cela réduit l'utilisation d'insecticides.
Au fur et à mesure que les scientifiques cherchent des moyens d'améliorer les plantes afin de mieux contrer l'érosion des sols et l'évaporation, le développement de la biotechnologie déclenchera une évolution majeure dans l'ensemble de l'agriculture, a affirmé M. James.
Les plantes dotées de gènes leur conférant un certain degré de résistance à la sécheresse, par exemple, devraient arriver sur le marché entre 2010 et 2011. Cela aura une importance particulière pour les pays en développement, parce que la sécheresse est l'obstacle le plus répandu aux rendements agricoles dans le monde.
L'Inde est en train de devenir un chef de file de la biotechnologie en Asie puisque, pour la première fois, elle a dépassé la Chine en surface cultivée en semences génétiquement modifiées.
En 2006, l'Inde a en effet triplé par rapport à l'année précédente ses surfaces de culture du coton génétiquement modifié. Elle a désormais 3,8 millions d'hectares de cultures biotechnologiques, alors que la Chine n'en a que 3,5 millions.
Selon un rapport publié par l'ISAAA en janvier, les autres pays qui comptent parmi les huit premiers en surfaces cultivées en OGM sont les suivants : États-Unis (54,6 millions d'hectares) ; Argentine (18 millions d'hectares) ; Brésil (11,5 millions d'hectares) ; Canada (6,1 millions d'hectares) ; Paraguay (2 millions d'hectares) et Afrique du Sud (1,4 million d'hectares).
Après le coton, la principale plante génétiquement modifiée commercialisée par l'Asie sera vraisemblablement le riz renforcé en vitamine A, qui a des vertus intéressantes pour la vue et les appareils respiratoire et digestif, a déclaré M. James. Une carence en vitamine A entraîne souvent une cécité prématurée chez les enfants.
La Chine devrait investir 200 millions de dollars dans la biotechnologie en 2007. «La Chine a décidé d'investir dans la biotechnologie parce qu'elle ne veut pas dépendre d'autres pays pour ses aliments, ses fibres et ses carburants.»
L'Inde a prévu d'investir 80 millions de dollars en 2007 afin de développer un réseau national de laboratoires de recherche.
Elle a déjà, grâce à l'aide de l'Agence des États-Unis pour le développement international et à l'université Cornell, mené des recherches sur les principaux légumes consommés dans le pays, à savoir l'aubergine, la pomme de terre et le riz.
Le Vietnam est en train d'investir 70 millions de dollars dans de nouveaux laboratoires de recherche en biotechnologie.
Selon le rapport de l'ISAAA, les pays en développement auraient tout intérêt à créer des partenariats entre secteurs public et privé des pays industrialisés et des pays en développement avancés, comme le Brésil, qui ont acquis une expérience considérable dans le domaine de la production de biocarburants.
Les récoltes biotechnologiques peuvent également contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, a souligné M. James, parce qu'elles nécessitent moins de produits chimiques. Or la réduction des carburants utilisés pour épandre ces produits chimiques réduit les montants de gaz carbonique relâchés dans l'atmosphère.
Les auteurs du rapport estiment en outre que d'ici à 2015, le nombre d'hectares cultivés en OGM continuera d'augmenter pour atteindre 200 millions dans au moins 40 pays.
(Les articles du «Washington File» sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/fr/)
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