Des millions d'enfants sans assurance aux Etats-Unis.
Par emcee le lundi 3 septembre 2007, 09:10 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
Encore "the American Way": il ne va pas de soi dans ce pays "riche"
et "démocratique" que tous les enfants doivent impérativement bénéficier d'une
couverture santé et être suivis médicalement.
D'après les études du Census Bureau, en six ans, aux Etats-Unis, le
nombre de personnes sans couverture santé n'a cessé d'augmenter.
Ces services de recensement américains indiquent que près de 47
millions d'Américains n'avaient pas de couverture maladie en 2006,
soit une augmentation de 2,2 millions de personnes par rapport à l'année
précédente. Et pour la deuxième année consécutive, le pourcentage d'enfants qui
ne bénéficient pas de couverture santé a augmenté, portant le chiffre à
8,7 millions d'enfants, soit 11,7 %.
Le taux de personnes non assurées oscille, selon les états, entre plus de 9% et
… 24% (au Texas,
d'ailleurs, où Doboliou a été gouverneur).
Ces chiffres terribles montrent le cynisme et la déchéance d'un monde
occidental donneur de leçons où la classe dirigeante n'a plus qu'un souci: le
pillage des richesses de la planète et leur distribution à une poignée de
complices.
Et ce sont encore les générations futures, entre autres, qui font les frais
de ces prédateurs.
Dans l'article d'Alternet qui suit, "On
the Right, Public Healthcare for Children is a Socialist Plot",
initialement paru dans le New York Times, le 27 août, 2007,
Paul Krugman explique comment les néo-cons justifient leur refus de créer une
assurance maladie universelle.
Pour la droite, la couverture santé pour tous les enfants est
un complot socialiste
L'opposition des conservateurs à offrir l'accès gratuit aux soins médicaux à
tous les enfants en Amérique est fondamentalement anti-américaine. Imaginez un
seul instant que la " ''Heritage Foundation''" …
fasse publier un communiqué dans la presse pour se livrer à une attaque
virulente contre les progressistes sur leur théorie selon laquelle même les
enfants dont les parents auraient les moyens de les envoyer à l'école privée
devraient avoir le droit à la gratuité de l'éducation.
Elle ferait mouche: beaucoup de familles en Amérique dont les revenus sont
confortables envoient en effet leurs enfants dans les écoles publiques, aux
frais de l'Etat, et donc les contribuables qui n'ont pas d'enfants scolarisés
paient pour ceux qui en ont. Ce qui, en conséquence, lèse le secteur privé,
car, si l'Ecole publique n'existait pas, beaucoup de familles payeraient pour
l'éducation de leurs enfants en les envoyant dans le privé.
Donc, mettons un terme à ce système anti-américain et faisons de l'Education
ce qu'elle devrait être ; une question de responsabilité individuelle et
d'économie de marché.
Oh et aussi, il ne faudrait pas non plus que l'Etat impose aux enfants d'aller
à l'école.
C'est ainsi que pourrait s'exprimer un candidat républicain à l'élection
présidentielle: l'avenir du système éducatif en Amérique se trouve dans
l'économie de marché, pas dans les modèles socialistes.
OK, au cas ou vous vous poseriez la question, je n'ai pas perdu la tête,
j'établis, en fait, un parallèle.
Le véritable communiqué de presse d'Heritage dont le titre est: "Ce gamin
de riches qui reçoit des aides de l'Etat est votre voisin" est une attaque
virulente contre les projets de créer un système de santé universel et gratuit
pour tous les enfants. Cet élargissement "supplantera(it) les assurances
privées au profit d'un système de santé financé par le gouvernement".
Et ce plaidoyer de Rudi Giuliani pour le système d'assurances privées contre
le "modèle socialiste" concernait non pas l'éducation mais la couverture
médicale.
Mais imaginer la façon dont nous réagirions s'ils disaient la même chose de
l'éducation aide à dissiper le brouillard épais qu'utilise la droite pour
occulter la véritable nature de leur position sur la santé des enfants.
La vérité c'est qu'il n'y a pas de différence de principe entre dire que chaque
enfant américain a droit à l'éducation et dire que chaque enfant américain a
droit aux soins médicaux.
Ce n'est qu'un accident de l'histoire si nous sommes convaincus que l'accès
à une éducation gratuite depuis la maternelle jusqu'à la fin des études
secondaires est un droit fondamental, et que celui aux soins médicaux
remboursés par l'Etat relève de "l'Etat providence" avec tout ce que ce terme
comporte de péjoratif.
Et, donc, le refus des conservateurs de permettre à chaque enfant d'avoir
accès aux soins médicaux gratuit est, fondamentalement, anti- américain. Je
m'explique: la grande majorité des Américains pense que tout le monde a le
droit de tirer le meilleur parti de sa vie. Même les conservateurs disent en
général qu'ils sont d'accord avec cela.
Par exemple, N. Gregory Mankiw, l'ancien directeur du conseil économique de
Bush, oppose la position des progressistes, qui, dit-il, croient en l'égalité
des résultats à celle des conservateurs qui, selon lui, pensent que le but de
la politique devrait être "de donner à chacun la même chance au départ et
de ne pas s'étonner ou se désoler si les résultats sont entièrement différents
à l'arrivée".
Cependant, un enfant qui ne reçoit pas les soins médicaux adéquats, comme
celui qui ne reçoit pas une éducation correcte, n'a pas les mêmes chances dans
la vie que ceux qui bénéficient des deux.
Et il est primordial d'avoir une couverture santé pour bénéficier de soins
médicaux adaptés.
Le président Bush pense peut-être bien que ne pas avoir de couverture maladie
n'est pas un problème (" Euh, les gens ont accès aux soins médicaux en
Amérique. Il suffit, après tout, de se rendre aux urgences") mais la
réalité, c'est que 9 millions d'enfants en Amérique qui n'ont
pas d'assurance maladie ne sont pas soignés quand ils ont des problèmes
médicaux ou dentaires, ne sont pas suivis médicalement, et doivent souvent
renoncer aux visites chez le médecin à cause du coût des soins.
Actuellement, la population réalise l'importance d'une couverture maladie
universelle, même si ce n'est pas le cas pour M. Bush.
Selon un sondage récent New York Times-CBS News, 94% de la population estime
que le fait que beaucoup d'enfants ne disposent pas de couverture maladie est
un problème "grave" ou "très grave".
Alors, comment les conservateurs peuvent-ils défendre l'indéfendable et
s'opposer à ce que des enfants bénéficient d'une couverture santé? En essayant
la stratégie du bon vieil "Etat–providence qui roule en Cadillac"
(selon l'expression de Ronald Reagan).
C'est-à-dire pour éviter la compassion vis-à-vis de ceux qui ont réellement
besoin d'aide de l'Etat, ils détournent l'attention sur les personnes censées
ne pas mériter les aides gouvernementales. D'où la focalisation sur les
allocations que percevraient indûment les classes aisées.
Ceux qui proposent une extension de l'assurance médicale à tous les enfants
ont, comme il se doit, riposté en s'appuyant sur des faits et des chiffres. Les
estimations du Bureau du Budget au Congrès montrent qu'une extension du
programme national sur la couverture santé des enfants de familles aux revenus
très modestes (State Children’s Health Insurance Program -
SCHIP) profiterait d'abord et surtout à ceux qui en ont le
plus besoin: la grande majorité des enfants qui bénéficieraient ainsi d'une
couverture santé et qui, dans le cas contraire, ne seraient pas assurés.
Mais la réponse la plus fondamentale devrait être: ET ALORS?
L'éducation est gratuite pour tous, et cela ne nous pose pas de problème de
savoir que les classes aisées bénéficient du système, alors qu'elles n'en ont
pas besoin, parce que c'est le seul moyen de s'assurer que chaque enfant en
Amérique puisse recevoir une instruction. Et de donner une chance à chaque
enfant, c'est ça qui est "américain". Et c'est pour les mêmes raisons que
chaque enfant devrait pouvoir bénéficier d'une bonne couverture
médicale.
Notes complémentaires:
Voir: "USA : Classes moyennes en péril" dans Contre
Info
http://contreinfo.info/article.php3...
En savoir plus sur le système de santé aux USA
http://www.ssp-vpod.ch/ssp/pdf/sa16...
En anglais:
Dans le Wall Street Journal
"Census Income Report Feeds Health-Care Debate"
http://online.wsj.com/article/SB118...
Et le NY Times: "A Sobering Census Report: Bleak
Findings on Health Insurance"
http://www.nytimes.com/2007/08/29/o...
.........................................................................................................................................
Note perso
Attention! L'auteur de cet article parle de couverture universelle de
santé. On n'en est pas encore là. Loin de là. Ce n'est même pas clairement
au programme des candidats démocrates à la présidentielle.
Comment cela serait-ce possible, d'ailleurs, quand des grandes firmes
pharmaceutiques, des assureurs privés et autres acteurs du secteur de la
médecine privée soutiennent financièrement la campagne d'Hillary Clinton, par
exemple?
Les Démocrates, pour l'instant, cherchent seulement à
augmenter les sommes allouées à SCHIP (le programme gouvernemental d'assurance
médicale pour les enfants) afin que davantage d'enfants qui ne sont pas
couverts par une assurance puissent en bénéficier.
Ils sont dans leur rôle de gentils néolibéraux, qui accordent des miettes aux
démunis tout en ménageant les susceptibilités du big bizness.
Le Congrès américain doit rediscuter en septembre de SCHIP qui permet d'assurer
les familles dont les revenus –certes très modestes – sont encore trop élevés
pour qu'elles puissent bénéficier de Medicaid, la couverture de santé pour les
plus démunis.
Les Démocrates et une partie des Républicains élus au Congrès soutiennent un
élargissement du programme.
Double V, lui, menace d'y opposer son veto.
L'argumentation des bas du front: cela risque, à force de remonter les
plafonds, de faire entrer en concurrence le système de santé public et les
assurances privées – et représenter un manque à gagner pour ces dernières…
Bouhouhou!
Encore un exemple de l'arrogance, de l'ignominie et de la cruauté de ces
dirigeants fous qui se sont emparés du pouvoir dans les pays occidentaux.
Mais ils ne pourraient pas le faire s'il n'y avait des millions de gogos qui
pensent avec leurs pieds. Et qui relaient leur propagande sans
discernement.
Aux USA, on a convaincu la "middle class" que pour que tout aille bien pour
elle, il fallait baisser les impôts (qu'on baisse sur le revenu et qu'on
augmente sous forme de ponctions diverses).
Et que ce n'était pas juste quand on se levait tôt pour aller travailler de
payer pour les fainéants qui, eux, bayaient aux corneilles toute la
journée.
Ce n'était pas juste, non plus, quand on n'avait pas d'enfants, de payer pour
ceux des autres.
On a convaincu les gens que chacun devait se débrouiller et payer pour les
prestations qu'il voulait. Et tant pis pour les canards boiteux: c'est qu'ils
ne fournissaient pas les efforts nécessaires.
Résultat: les classes moyennes, sans aides
gouvernementales, devant tout payer (et au prix fort) de leurs propres deniers,
se retrouvent exsangues. Il ne leur reste plus qu'à travailler plus
pour payer plus de factures.
S'ils le peuvent, parce que, s'ils perdent la santé (ou leur boulot - ou les
deux), ils perdent tout, jusqu'à leur maison pour laquelle ils ont passé des
années à bosser pour rembourser les crédits.
Soit parce que leur assurance maladie ne couvre pas tout, soit, carrément,
parce qu'ils n'en ont pas.
Et leurs enfants non plus.
S'il y a de plus en plus de personnes sans assurance maladie, c'est que soit
leur employeur, soit eux-mêmes estiment que c'est trop cher et que les prix
augmentent chaque année.
D'autre part, il s'agit de personnes dont les revenus, même s'ils sont bas, ne
permettent pas de prétendre aux aides de l'Etat. Une frange de la population
qui augmente de plus en plus.
Ici et maintenant
C'est à cela qu'on vient, ici, en France (Vous
le savez depuis toujours ou vous faites partie des bas du front, vous
aussi?).
Ca commence par "travailler plus, pour gagner plus";
Puis on annonce des réductions d'impôts comme si on nous accordait une grande
faveur ;
Puis, on dit: "l'Etat ne peut pas tout" et il faut que chacun se
"responsabilise" (ce qui implique donc qu'il y a des profiteurs du système, que
ce sont nos assistés de voisins et qu'on va y mettre bon ordre);
Et donc, on s'empresse de nous imposer des franchises médicales, des TVA
"sociales", une journée non chômée supplémentaire, etc.;
Parallèlement, les services publics sont progressivement réduits à néant et les
prix de chaque prestation privée augmentent.
Puis, acheter à crédit, devenir propriétaire … Etc. Etc. Toutes les ficelles se
mettent en place.
Et c'est ainsi qu'on se retrouve enserré dans un étau. Pris à la gorge. Et sans
aides de l'Etat.
Et la prospérité et la "justice", elles, sont réservées au sommet de la
hiérarchie. Entre gens de bonnes compagnies.
(Tiens, par ex, alors qu'on veut enfermer de plus en plus de mineurs, la
marionnette du médèfe a annoncé à leur rassemblement la fin de "la pénalisation
du droit des affaires". Pourquoi ils se gêneraient, d'ailleurs quand ils ont
tant d'imbéciles pour gober leurs explications).
Je comprends que ce système ait fonctionné aux Etats-Unis. Ils sont tombés
dedans quand ils étaient tout petits: l'"American Dream ", l'effort
individuel, le mythe du milliardaire parti de rien et tout ce qu'on leur a
inculqué sous le drapeau.
Alors, qu'ils se soient laissé endormir progressivement, c'est
compréhensible.
Mais que NOUS, en France, on accepte sans broncher la
destruction de tout notre tissu social, bâti depuis des générations, cela
dépasse l'entendement.
Il y a des cons aujourd'hui pour admettre dans la même phrase que nous avons
les meilleurs services d'éducation et de santé au monde mais qu'il faut changer
tout cela, parce que "ça marche pas".
Et que "ce n'est plus possible de continuer comme ça".
Bercé par la propagande politique et médiatique, le crétin répète les
âneries qu'on lui assène sans se poser de questions.
Même les plus simples.
Comme, par exemple: pourquoi baisse-t-on les impôts des plus riches alors
qu'on pourrait les utiliser justement pour l'Education ou la Santé?
Pourquoi l'Etat supprime-t-il des milliers de postes d'enseignants quand
les jeunes qui entrent dans la vie active ne trouvent pas de boulot?
Et pourquoi veut-on faire travailler les gens jusqu'à 65 ans, quand on sait
que, souvent, dans le privé, quelqu'un de 50 ans est déjà un has been et qu'il
a de fortes chances d'être licencié?).
Et il paraît qu'il y en aurait 71% comme ça en France. Qui
ne se posent aucune question. Heu-reux.
Arrgh. Chaque jour nous éloigne un peu plus du siècle des lumières.
Commentaires
comme d'hab ...
je suis en train de ramer comme un malade ( y a des jours ou ça vient pas ... ) sur la dernière en date des bourdes de notre locataire de bercy ... noyée depuis sous les mises au point des uns et des autres ...
une mise en oeuvre de cette idéologie qui veut qu'il faille détruire l'état pour laisser le renard libre ... et qui va être gravée dans le marbre des statuts d'un parti de "gôche" ...
c'est pas des cons , eux, les petits bourgeois gestionnaires, juste de sombres salauds et salopes ...
long et interessant billet.
Tu sais une raison majeure de l'opposition de beaucoup de sénateurs et autres élus us à la sécu universelle, c'est que le lobby des assurances donne beaucoup d'argents aux élus et qu'une campagne us coute cher.Seules les personnes âgées et invalides peuvent bénéficier du programme fédéral Medicare, conçu par l’administration du démocrate Johnson pour assurer la prise en charge des hospitalisations et des prestations supplémentaires.
merci à tous les deux.
En effet, les lobbies. Ce sont eux qui font les lois.
Plus les citoyens.
Aux US, plus de 80% trouvent inadmissible que des enfants n'aient pas de couverture médicale: mais si on leur dit qu'on va faire payer le contribuable, ils sont une petite majorité à dire encore oui.
Eh oui, l'impôt, c'est devenu l'épouvantail. A force de pilonner leur crédo. Et qu'est-ce qu'ils en font, de nos impôts? des cadeaux aux riches et des guerres.
Et on refuse à tout le monde des prestations nécessaires pour qu'une poignée de gens censés profiter du système ne se sucrent pas au passage.
Et qui se sucre généreusement quand ce n'est pas le service public qui est en charge?
Il y a aux US des assurances privées subventionnées par l'Etat (comme plein d'autres sociétés privées, d'ailleurs, à commencer par big pharma).
C'est vrai qu'elles sont indigentes et altruistes, en général!
Ici, pareil. Le citoyen vote ou refuse à une écrasante majorité et les lobbies (dont les partis politiques) disposent.
Voir le référendum, voir les OGM, etc.
""Aux Etats-Unis, l'Economic Policy Institute dénonce une situation inédite. Depuis 2001, le rapport s'est inversé dans la redistribution de la croissance et des fruits de l'entreprise: de 3/4, la part des salariés est aujourd'hui descendue à 1/4, abandonnant les 3/4 aux actionnaires! En France, on constate la même tendance et les lois fiscales en cours d'élaboration vont permettre de rattraper le retard que subissent "nos" riches. Devoir s'exiler en Belgique, pensez-donc, les pauvres!""
Source: "l'âge de faire", numéro 12, septembre 2007:
http://www.lagedefaire.org/
Merci pour l'info.
Terrible! Rien ne les arrête.
Il serait souhaitable de ne pas entretenir l'amalgame bureaucratie = fonction publique.
Le système de santé état-unien est certainement la plus grosse machine bureaucratique qui existe, de surcroit très très cher, du Kafka puissance dix ... et pourtant il n'est pas géré par une administration publique mais par des sociétés d'assurance et des cabinets d'avocat dont la frénésie concurrentielle était initialement censée diminuer les coûts de gestion.
Désolée d'avoir enlevé à l'affection de tous l'auteur du post précédant celui de Jan, mais il est persona non grata sur ce blog pour diverses raisons dont la moindre n'est pas de venir proférer des insultes à mon égard et à celui des autres (voir billet "le bobo, le bio etc.").
Je suis d'accord, Jan, que donner des chiffres sur le coût de la fonction publique hors contexte et sans éléments de comparaison est absurde. Et le privé coûte bien plus cher que le public, ce qui forcément impose aux plus démunis de faire des choix. Ce qui se passe aux US, justement pour la santé.
Et répéter comme un perroquet qu'il faut éliminer les "fonctionnaires" ne montre pas une grande subtilité d'analyse.
Quand on parle de l'argent que l'Etat investit dans les services publics, on oublie de rappeler que ces gens qui sont payés (et dûment formés) par l'Etat sont des enseignants, des agents hospitaliers et tous les autres qui oeuvrent pour servir le public à égalité de traitement dans des secteurs essentiels de la société.
Evidemment, si on est rentier, ou parasite ayant hérité de la fortune familiale, ou exploiteur de chair humaine, ces considérations sont nulles et non avenues.
Et on préfère que l'Etat fasse des cadeaux somptuaires à sa caste plutôt que de se préoccuper de l'ensemble de ses citoyens.
@ Emcee ... envisages tu un truc sur l'ouverture au marché de la sécurité (surtout dans ses déclinaisons guerrières ) ? c'est un sujet qui me titille depuis déjà longtemps ...
entre autres parce qu'il est un magnifique exemple de ce cout exhorbitant du "service" rendu par le "privé"
les marques
Je n'ai pas d'article sous la main qui en parle. Je me demande s'il y a un récap de tout cela quelque part.
C'est vrai que c'est très intéressant.
Aux US, il y aurait une mine à explorer, puisqu'ils ont des agences privées pour tout. En Irak, ils paient des mercenaires, par ex.
En GB, en travaillant mon billet sur les enfants, j'ai trouvé que des sociétés de sécurité faisaient payer les commerçants pour leur assurer la "protection" vis-à-vis de gangs qu'elles payaient également, en shit, par ex. Ca c'est de la combine!
Tu parles de la France ou de l'Europe? ou du monde?
Je vais voir ce que je trouve. Si c'est en anglais, je le traduirai.
En ce moment, je termine un truc sur la fête du Travail aux US, entre autres. Que je mettrai en ligne sous peu.
Jusrtement, puisqu'on en parle: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=HAS20070905&articleId=6691
je pensais à l'exemple irakien, au recours croissant des états au marché pour assurer ce que l'on estimait , il y a encore peu, etre du ressort des forces spéciales ( style les suisses qui emploient des mercenaires pour protéger leur ambassadeur ) ... avec un raisonnement en sous main : le marché est au dessus des lois pénales locales et internationales ...
avec le cortège de dérives qui ne seront jamais dites puisque axiome n°1, le marché ne se juge pas ...
@ les Marques
Outre celui cité plus haut, j'ai trouvé cet article intéressant et effrayant:
http://sfgate.com/cgi-bin/article.cgi?file=/c/a/2004/03/28/MNGHC5SKQS1.DTL
Qqs notes, pour ceux qui ne lisent pas l'anglais:
La sécurité en chiffres
25 agences de sécurité qui emploient des agents en Irak
15.000 agents en Irak.
1,5 millions de dollars par mois versés à l'agence Executive Outcomes pour réprimer 10.000 rebelles en Sierra Leone in 1995-96.
40 millions de dollars par an versés à Executive Outcomes pour réprimer 50.000 rebelles en Angola in 1993-95.
100 millions de dollars qui seront dépensés par les forces d'occupation US pour assurer la sécurité de la région de Bagdad dans les 14 mois à venir.
100 milliards en dollars: ce que pèse annuellement le secteur de la sécurité dans le monde (dont le client le plus important est le gouvernement US, mais aussi l'ONU et d'autres). C'est le secteur qui s'est développé le plus rapidement ces dix dernières années sur le marché mondial.
Les agents sont recrutés pour protéger des personnes, des groupes, des (cadres d') entreprises (les vautours de la finance qui se déplacent en Irak, par ex), pour entraîner des troupes ou faire le coup de poing à la place d'une armée régulière (et pourquoi pas? renverser un chef d'Etat, comme à Haïti). etc. Ils ne sont pas soumis aux lois qui régissent les militaires et peuvent s'en sortir impunis. C'est la porte ouverte à tout.
Actuellement, les grandes agences américaines de sécurité privées font pression auprès du gouvernement pour obtenir les missions de maintien de la paix.
Le monde entier est en train de devenir une immense pétaudière où la loi, la justice et la diplomatie, généralement réservées à des responsables élus sont sous-traitées à des marchands sans foi ni loi.
t'as bien fait de linker l'article canadien, il a miraculeusement disparu du rezo ...
encore un miracle ...
Oh, il doit être qqpart ds les rubriques. "Amériques", peut-être?
Après, ils les classent. Je vais voir.
Bin, non, je ne l'ai pas retrouvé. Pour l'instant.
@ les marques et @ emcee (comm. 8 et suiv.)
article trouvé grâce à Rezo, portail qui m'a également conduite à ton billet, emcee. Les mercenaires privés en Iraq :
http://www.mondialisation.ca/index....
merci beaucoup
Vous avez mérité un intermède musical: http://www.youtube.com/watch?v=Jz8w...
Nombre d'étasuniens sont conscients du problème...
Très bien, la vidéo, cyclomal.
"Nombre d'Etats-uniens": je crains fort qu'il ne s'agisse d'une partie marginale de la population, hélas.
Pour cause de propagande médiatique inverse omniprésente et d'absence d'accès à une véritable information, de méfiance culturelle vis-à-vis des intellectuels, de culpabilisation de la population (si vous n'y arrivez pas, vous n'avez qu'à vous en prendre à vous-mêmes), de ghettoïsation des catégories ethniques ou sociales (qui empêche la prise de conscience collective et l'empathie vis-à-vis des autres), de soucis financiers personnels quotidiens vus comme une fatalité.
Un peu ce qu'on cherche à faire chez nous pour tenir tranquilles les masses et marginaliser les "rouges" en les jetant en pâture aux gogos.
Et nous, malheureusement, malgré notre passé de luttes et de victoires sociales, notre culture de républicains laïques, notre organisation traditionnelle de la société avec des services publics forts, nous plongeons inexorablement dans le néant culturel. Avec l'aide de charlatans qui sont présentés comme intellectuels ou penseurs "décomplexés" et qui servent aux politiques de caution de "moralité".
Jusques à quand?
On est mal partis, pour l'instant.
La France risque malheuresement de glisser dans un système à l'américaine, pays où certaines personnes en sont réduites à faire semblant de vivre avec un canadien pour bénéficier des soins pas chers au Canada ( voir Sicko) mais la France a un gros avantage sur ce point par rapport aux states: le pays est plus petit et si les soins médicaux deviennent trop onéreux , on pourra toujours aller se faire soigner ailleurs, en Hongrie par exemple ; )
pas bête, la Hongrie!
Et en plus, on est sûr de ne pas y trouver qui-vous-savez!
Ca nous reposera ... pendant notre convalescence