Tony, ta jeunesse fout le camp.
Par emcee le mercredi 29 août 2007, 01:20 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
A la une, la semaine dernière en Grande Bretagne:
Trois soldats britanniques Aaron James McClure, Robert Graham Foster et John
Thrumble, ont été tués en Afghanistan au cours d'une attaque aérienne US. Deux
d'entre eux avaient 19 ans. C'était leur première mission. Le troisième, lui,
un ancêtre, avait 21 ans.
Mais qu'est ce qu'ils foutaient là-bas?
Parallèlement, à Liverpool, Rhys Jones, était tué de trois balles dans la
nuque. Il revenait de l'entraînement de foot. Il avait 11 ans.
Dix-sept autres adolescents sont morts en Grande Bretagne (à Londres) cette
année, tués par balle ou poignardés. Par d'autres adolescents.
Gangs, alcool, drogue, armes, les adolescents exclus du système se font la
guerre en temps de paix. Ou supposé tel.
Pendant plus de dix ans, la seule solution du gouvernement Blair a été d'ôter
les marginaux de la vue des passants honnêtes.
Dans cet article,
paru dans "The Observer", le 26 août 2007, "Don't seek revenge
on violent gangs. Take responsibility", Mary Riddell démontre que la
politique répressive menée par Tony Blair depuis son premier mandat a été
inefficace et inutile pour lutter contre la criminalité, en particulier
juvénile.
Ne cherchez pas à vous venger des gangs violents. Prenez vos responsabilités.
Dix années de répression contre la jeunesse "sauvage" n'ont pas
réussi à rendre la société plus paisible. Gordon Brown a raison de chercher une
réponse plus appropriée.
Huit kilomètres et quatorze ans séparent les meurtres qui ont symbolisé la
déliquescence de l'enfance.
La mort de Rhys Jones, tué par balles alors qu'il rentrait chez lui après un
entraînement de foot, allait être inévitablement mise en parallèle avec le
meurtre de James Bulger. L'image floutée d'un petit enfant tenant la main du
plus grand garçon qui allait le tuer est gravée dans toutes les mémoires en
Grande Bretagne comme étant l'illustration de l'innocence trahie.
Aujourd'hui, d'autres images remplissent la galerie de photos du cauchemar
collectif: un enfant de 11 ans vêtu d'un maillot aux couleurs d'Everton, des
clips vidéo sur You Tube de jeunes voyous de Croxteth manipulant des armes à
feu, les fleurs qui s'entassent sur le parking du pub où le jeune Rhys est mort
dans les bras de sa mère. Le lien entre les deux garçons est, semble-t-il, plus
qu'un hasard de la géographie.
Rhys est né dans une société remodelée après le drame qui s'est déroulé dans
le Merseyside en 1993.
Le meurtre de James Bulger commis par deux enfants de 10 ans était un crime si
exceptionnel que rien de comparable ne s'était produit depuis.
Il y avait des leçons à tirer sur les racines de cette aberration, mais
beaucoup d'observateurs préféraient y voir un pays corrompu dans l'âme.
Plus de 270.000 personnes ont préféré signer une pétition pour exiger que les
meurtriers, Robert Thompson et Jon Venables, soient incarcérés à vie. Au
procès, certains spectateurs hurlaient: "Tuez ces salopards!"
A Westminster, au milieu des appels pour le rétablissement du fouet, John
Major, le Premier Ministre, exhortait la société à "condamner un peu plus et à
comprendre un peu moins".
Tony Blair traitait le meurtre de "coup de marteau contre la conscience
assoupie de la société" et prédisait l'avènement d'un "chaos moral".
Et c'est ainsi qu'un fait divers épouvantable allait servir de symbole à la
carrière de Tony Blair en tant que premier ministre, au cours de laquelle cette
descente imaginaire qui menait au "chaos" a été pavée de lois sur le droit
criminel et jonchée de décrets sur les comportements anti-sociaux.
Alors que les délits commis par les mineurs étaient passés l'année précédant
le meurtre de James Bulger de 140000 à 112000, le nombre d'enfants incarcérés
doublait presque en dix ans, faisant de la Grande Bretagne le pays d'Europe
occidentale où il y avait le plus grand nombre de mineurs derrière les
barreaux. La justice pour mineurs, dans le pire des cas de figure possible,
devenait le modèle de cette brutalité qu'elle était censée éradiquer. Dix-sept
détenus mineurs sont morts sous le gouvernement Blair, dont deux d'entre eux
dans les centres d'éducation surveillée dont la création avait été annoncée le
lendemain du meurtre de James Bulger. L'un d'eux, Gareth Myatt, 15 ans, est
mort asphyxié alors qu'il était maintenu par des policiers.
A quoi servait tout cela, cela n'a jamais été bien clair.
Les meurtres commis par des mineurs, comme pratiquement tous les crimes,
étaient en régression. En 1995, 63 enfants de moins de 15 ans étaient
assassinés. L'an dernier, ce chiffre était tombé à 31. Il n'y avait pas non
plus de preuve que la prison était la solution, les taux de récidive ayant
grimpé à plus de 80%. Quand Thompson et Venables sont ressortis, transformés,
semble-t-il, après 8 ans de détention dans une maison d'arrêt, ils ont montré
un exemple rare de rédemption à une société où beaucoup ne cessaient de
réclamer bruyamment leur tête.
Aujourd'hui, les prisons sont pleines, un autre enfant est mort dans le
Merseyside et nous revoilà à la case départ. Cette fois–ci, il y a peut être
des raisons de s'alarmer de la perte des valeurs morales.
Jusqu'à présent, 18 enfants ont été tués par balle ou par arme blanche,
cette année, et les pistolets, les couteaux et l'alcool constituent un écheveau
de menaces qui sont plus réelles que d'obscurs phantasmes. Une fois encore, les
journaux de la semaine dernière ont publié la liste des victimes de meurtres et
la photo de leurs visages juvéniles et pleins d'espoir. Cette vague de meurtres
anormale et inexpliquée ferait quasiment figure d'accomplissement d'une
malédiction comme si ceux qu'on diabolise se conformaient soudain au stéréotype
dans lequel on les a enfermés. La vie humaine, semble-t-il, ne coûte pas plus
cher que la location d'une arme à feu.
A Croxteth Park, la mère de Rhys Jones pleure son fils et son père n'arrive
pas à s'imaginer que l'uniforme tout neuf de l'école où il allait entrer ne
sera jamais porté.
Quel progressiste oserait leur souffler les statistiques rassurantes sur la
rareté d'une telle douleur?
Et pourtant l'hystérie, parmi les responsables locaux ou les leaders
politiques, est absente ou peu manifeste. Certes, David Cameron (NDLT: leader
du parti conservateur) parle d'"anarchie", mais cela prouve l'état de désespoir
du Parti Conservateur plutôt que la société au sens large.
La politique de Gordon Brown, le nouveau Premier Ministre, sera peut-être bâtie
sur cette réaction à la mort de Rhys Jones, tout comme la stratégie Blair s'est
construite à partir du meurtre de James Bulger.
Jusqu'à présent, Brown s'est montré prudent et Jacqui Smith (NDLT: nouvelle
ministre de l'intérieur) n'a pas sorti les boniments apocalyptiques des
ministres de l'intérieur précédents. Aucun n'a cédé au mythe qu'on ne peut
avoir une société meilleure qu'avec une justice à coup de poing.
Environ 30.000 enfants quittaient le lycée sans diplôme le lendemain même de la
mort de Rhys Jones.
Un Britannique sur cinq n'a ni diplôme, ni travail, ni formation.
Aucun déterminisme brut ne décrète que les pauvres, surtout ceux qui n'habitent
pas à la bonne adresse, finissent meurtriers ou morts, mais seul un imbécile
refuserait d'admettre qu'il y ait un lien de cause à effet entre le dénuement
et le risque de détention d'armes – d'armes à feu pour jouer au dur, ou d'armes
blanches pour se protéger.
On peut essayer de réduire le nombre d'armes à feu, on peut augmenter le prix
de l'alcool, mettre plus de présence policière dans les rues et enfermer à
double tour les quelques délinquants vraiment violents. Mais rien de tout cela
n'aboutira si le gouvernement ne convient pas que l'arme la plus mortelle,
c'est la désespérance.
Comme le dit Richard Garside, directeur du Centre d'études juridiques: "la
violence naît dans les sociétés inégalitaires et la Grande Bretagne est devenue
bien plus inégalitaire au cours de ces vingt, trente dernières années". Blair
le savait, Cameron aussi.
Brown semble disposé à approfondir la question. Il veut améliorer
l'enseignement professionnel et encourager des programmes de formation
conséquents et avec des moyens importants.
Il ne devrait pas hésiter. Ce ne sont pas des effets d'annonce et les résultats
n'ont pas de portée immédiate. Cela ne va pas faire cesser les cris de
vengeance ou sécher les larmes des mères. Cela ne va pas empêcher d'autres
enfants, dans les mois ou les années à venir, de mourir dans des flaques de
sang à l'endroit même où ils sont tombés.
Mais c'est la meilleure et la dernière solution possible.
Plus de dix ans de répression n'ont pas réussi à rendre la société plus
paisible, plus heureuse ou plus rassurée.
Le meurtre de James Bulger a marqué le début d'une époque de représailles.
Maintenant, au beau milieu de l'indignation que soulève la perte de la vie d'un
autre jeune garçon, des voix s'élèvent pour reconnaître que ces monstres de la
société sont souvent également des enfants effrayés, qu'on a laissé s'enfoncer
depuis la petite enfance jusqu'à ce qu'ils découvrent le pouvoir terrifiant de
détruire la vie des autres en ruinant la leur.
On lit des articles sur les 'Nogzies' et les 'Crockies, des gangs du Merseyside
comme si nous étions tombés sur une nouvelle espèce animale inconnue, mais la
société connaît ces tribus plus qu'elle ne les admet. Le gangsta rap ou
l'"Hollywood swagger" sont peut être infâmes, mais derrière cette façade, il y
a des parents malades ou en difficulté, des exclusions scolaires et tout le
contexte triste de cette jeunesse "sauvage".
Ce sont les enfants qui sont nés dans cette société qui pleurait James Bulger
et qui a choisi, au nom de l'humanité, de privilégier le châtiment plutôt que
la prévention. Les résultats de cette politique sont omniprésents.
Actuellement, au beau milieu de l'horreur que provoque la mort inutile d'un
jeune garçon on commence timidement à admettre que les enfants marginalisés ne
font pas partie d'une race étrangère odieuse. Ils sont notre responsabilité et
notre création.
mary.riddell@observer.co.uk
Notes:
Merseyside:
http://www.universalis.fr/corpus-en...
Tony Blair:
Premier mandat (1997-2001); Deuxième mandat (2001-2005); Troisième mandat
(2005-2007)
Départ Le 27 juin 2007, le Premier ministre britannique se rend au palais de
Buckingham pour présenter officiellement sa démission à la reine Elisabeth II.
Son successeur, Gordon Brown, intronisé chef du Labour le 24 juin, est
automatiquement désigné Premier ministre.
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Complément d'info: voir l'article de paysan
bio sur le sujet.
http://paysan-bio.blogspot.com/2007...
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Note perso et précisions:
Une étude parue en janvier dernier indiquait que 20 enfants entre 5 et 15
ans avaient été tués en 2005/6 et 19, l'année précédente.
Et 236 personnes entre 16 et 29 ans avaient été tuées en 2005/6.
Les homicides avec arme à feu n'ont pas augmenté, mais il y aurait
recrudescence de port d'arme blanche. Cela, ajouté à la consommation de
substances …
Les gangs
Voir: http://www.guardian.co.uk/crime/art...
Apparemment, les membres des gangs seraient employés par des sociétés
privées de surveillance qui se chargent de "protéger" les entreprises des
agressions de gangs.
Tout un monde parallèle de violence, de racket et de crime.
L'alcool, la drogue, les gangs, les bandes rivales, le manque d'éducation et,
donc, l'absence d'avenir autre que dans l'illégalité: le sort de bien trop de
jeunes britanniques.
La politique spectacle de Tony Blair
Tous les ingrédients d'un film de série B sont réunis.
Misère, inculture, culpabilisation des parents, stigmatisation des pauvres,
glorification de la réussite rapide et de l'argent facile.
Spéculateurs à la bourse de Londres qui empochent des fortunes en un jour,
sociétés privées de surveillance qui se livrent à du racket, petits voyous
incultes appâtés par l'argent facile.
Tony Blair et ses adeptes ont privilégié le glamour des fortunes indécentes
vite faites;
Exalté la société de consommation (qui chasse tout particulièrement sur les
terres juvéniles pour fourguer les derniers gadgets ou les fringues
tendance);
Préféré la com' et le coup par coup aux mesures cohérentes et à long
terme;
Et surtout, réduit l'instruction de masse à sa plus simple expression
(allègement des programmes, ciblage des savoirs, délégation de l'Education à
des groupes privés, confessionnels et / ou mercantiles– qui se débarrassent
bien vite des trublions pour maintenir les standards, etc.). Et c'est ainsi que
de nombreux enfants se retrouvent finalement à la rue. Sans bagage.
Mais tout ce beau monde a pourtant le culot de s'exonérer de toute
responsabilité: si des enfants s'entretuent, c'est à cause des armes, de
l'alcool, de la drogue, des jeux vidéos, du rap, d'Internet. Que sais-je
encore. On va interdire tout ça, mettre ces sauvageons hors d'état de nuire et
la solution est toute trouvée.
Sauf que …
Sauf que ... interdire sans proposer d'alternative, c'est permettre le
développement d'un monde parallèle, d'une économie occulte et d'un univers de
violence.
Sauf que …mettre en prison systématiquement, c'est exacerber les problèmes sans
les résoudre.
Et qu'on ne vienne pas me chanter la chanson "moi, je pense aux
victimes, gnagnagna …".
Ca c'est la version populiste et démagogique de ceux qui veulent endormir les
gogos avec une argumentation simpliste, des larmes de crocodile et un discours
dégoulinant de fausse compassion.
Bien sûr qu'on y pense aux victimes, nous aussi. On y pense même bien plus que
ceux qui s'en glorifient.
Car, une fois que le mal est fait, hélas, et qu'éventuellement, le coupable est
enfermé à double tour, c'est aux victimes potentielles qu'il faut penser.
Or, ceux qui prétendent "penser aux victimes" sont ceux qui, par leur
inconséquence, vont laisser se perpétrer d'autres crimes similaires.
D'autres crimes atroces qui vont une nouvelle fois soulever la vindicte
populaire et entraîner des mesures encore plus répressives.
Enfermer le criminel ne réduit à l'impuissance (momentanément) que cet individu
et ne résout pas la question de tous les criminels potentiels (tous ces alibis
aux lois liberticides à venir) qu'on laisse proliférer et se radicaliser par
idéologie malsaine.
Et la France, me direz-vous, dans tout ça?
Avec la multiplication de lois sur la délinquance en cinq ans, au coup par
coup, à la faveur de faits divers ou de visées électoralistes, élaborées sans
concertation, sans étude d’impact préalable, sans allocation de moyens,
l'ex-ministre de l'intérieur devenu Mani(pul)tou aux manettes, a battu tous les
records de démagogie.
Où est la cohérence quand la même personne ne cesse de revoir sa copie à
intervalles rapprochés, et avant même que tous les décrets d'application des
précédentes aient été publiés?
Avant même de savoir si les changements donnent des résultats tangibles.
Par qui sommes-nous gouvernés? Par une girouette?
(Et il paraît que les trois-quarts des Français seraient "satisfaits". Il y
aurait donc tant de gens en France qui ne voient pas les ficelles grossières,
qui se laissent berner par cet imposteur? J'y crois d'autant moins qu'ils
n'étaient pas 50% à avoir voté pour lui. Et brusquement, ils auraient été
touchés par la grâce présidentielle? Allons, un peu de sérieux, les sondeurs!
La preuve, j'ai lu par ailleurs que Fillon rassemblait .sur sa seule tête ...
49% d'opinion favorable. Fillon! Pour l'instant, à part aller aux enterrements
et aux commémorations, on ne l'a pas beaucoup vu à l'oeuvre - même si c'est
tant mieux. Mouhaha! DONC, si le taux zéro de satisfaction est à 49%, 71 moins
49, je pose zéro et je retiens deux ... ça fait 22%. Eh bien, VOILA! ... That's
more like it!) )
Mais je m'égare.
Voyons quels sont les projets de cette nouvelle fine équipe gouvernementale,
le chef suprême en tête:
Entre autres:
Réduire les postes d'enseignants;
Réduire les heures de cours et le nombre de disciplines;
Réduire l'éducation professionnelle et abandonner la formation au privé (qui,
comme chacun le sait est philanthrope dans l'âme);
Supprimer des milliers de postes de fonctionnaires (c-à-d, ne l'oublions pas,
d'enseignants, d'éducateurs, d'agents hospitaliers, d'assistantes sociales, de
co-psy … de tous ces personnels au service des citoyens et en particulier de la
jeunesse);
Alourdir les peines;
Construire des prisons,
Construire des centres d'éducation surveillée,
Construire des hôpitaux fermés pour pédophiles en fin de peine.
Et enfermer les mineurs.
Enfermer les mineurs
Enfermer les mineurs
Tiens, cela ne vous rappelle rien?
Justement ce qu'a fait pendant dix ans Tony Blair avec les bonheurs qu'on
lui connaît.
ALORS: prévention ou répression?
L'ex-ministre de l'Intérieur, qui ne voulait pas que la police joue au foot
avec les jeunes des quartiers, a remplacé les ballons par des balles en
caoutchouc, à l'usage exclusif des policiers, cette fois.
Comme il est dit dans l'article, s'il y a des criminels irréductibles, il y a
aussi une immense majorité d'enfants et d'ados qui ont besoin seulement d'un
peu d'éducation, d'attention, de valorisation et de respect de la part
d'adultes, fussent-ils des policiers.
Un encadrement.
De la prévention, quoi.
Mais voilà, la répression, l'incarcération (y compris des mineurs), les lois
sur la récidive, les effets d'annonce, l'apparence d'inflexibilité, c'est bien
plus gratifiant en matière de com' que les mesures de prévention qui
nécessitent un travail pédagogique, une action de longue haleine, peu visible,
et en coordination avec différents services.
Et c'est pourquoi, même si les études prouvent le contraire, le démagogue
préférera la riposte à chaud, dans la foulée du fait divers opportun, même si
elle est inadéquate, voire contre-productive.
Vidéosurveillance
Depuis une semaine, ils recherchent activement le meurtrier du petit Rhys
Jones qui a été filmé par une des nombreuses cameras de surveillance autour du
pub.
Mais, l'image est floue, le gars porte une capuche et les vêtements de
"djeun's" interchangeables. Pas reconnaissable, donc.
Au temps pour les caméras-miracles.
Encore une lubie de notre neoconducator: faire installer des caméras
partout. Alors, voyons ce qui se passe en GB, le pays européen le plus équipé
en caméras et autres mouchards.
Quand le petit James Bulger a été emmené par ses meurtriers pour être
torturé et finalement tué, ceux-ci ont été repérés et identifiés par les
caméras de surveillance.
Mais les meurtriers, dans ce cas précis, avaient à peine dix ans à l'époque des
faits. Donc, bien jeunes pour avoir conscience des chausse-trappes placées sur
leur parcours.
Dans le cas du meurtre de Rhys Jones, il y avait sur le lieu du crime des
caméras partout. Qui ont filmé le meurtrier. Mais, avec sa capuche et sans
doute des vêtements passe-partout, il n'est pas identifiable.
Et donc, non seulement les caméras ne peuvent, évidemment pas empêcher un
crime (mais simplement témoigner éventuellement d'une situation donnée), mais
elles n'aident même pas à identifier à coup sûr les criminels (qui, on le voit,
savent, au besoin, se rendre anonymes).
D'ailleurs, les policiers le disent: seul le travail de fourmi sur le terrain
est payant.
Vous allez me dire, mais pourquoi alors engager tant de frais pour un truc
bidon, alors que la présence sur le terrain de police de proximité,
d'éducateurs et autres travailleurs sociaux s'avère être non seulement bien
plus efficace, mais la seule solution, par ex. dans le cadre de la
prévention?
Bin, oui, POURQUOI?
Je ne voudrais pas faire du mauvais esprit, mais l'installation des caméras
dépend de sociétés privées. Hum.
On finirait presque par se demander: à qui profite le crime?
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Les prisons
finlandaises: un modèle à suivre.
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Et puis, je me tue à le répéter:
La City de Londres croule sous le poids des bonus:
http://www.liberation.fr/actualite/...
C'est CA la politique glamour de Tony: tout pour la vitrine!
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Commentaires
merçi emcee,
ce sujet me tient particulièrement à coeur.
l'Angleterre n'est pas loin.
Sarko a une vénération pour les méthodes de Bush et de Blair.
en France c'est 25 000 jeunes qui sortent du système scolaire sans aucun diplôme.
leur seule solution pour en avoir un:
la formation professionnelle où pendant la durée de leur formation,ils seront royalement payés par l'état 130,34 euros par mois.
bien entendu,ce sont les fils d'ouvriers ou de chômeurs qui ont le plus de risques de sortir du système scolaire sans diplôme.
il manque un pillier pour que tout celà explose:
une société encore plus inégalitaire avec un peu plus de misère et une stigmatisation des jeunes de la part du pouvoir.
regardez le parallèle:
"Environ 30.000 enfants quittaient le lycée sans diplôme le lendemain même de la mort de Rhys Jones.
Un Britannique sur cinq n'a ni diplôme, ni travail, ni formation.
Aucun déterminisme brut ne décrète que les pauvres, surtout ceux qui n'habitent pas à la bonne adresse, finissent meurtriers ou morts, mais seul un imbécile refuserait d'admettre qu'il y ait un lien de cause à effet entre le dénuement et le risque de détention d'armes – d'armes à feu pour jouer au dur, ou d'armes blanches pour se protéger.
On peut essayer de réduire le nombre d'armes à feu, on peut augmenter le prix de l'alcool, mettre plus de présence policière dans les rues et enfermer à double tour les quelques délinquants vraiment violents. Mais rien de tout cela n'aboutira si le gouvernement ne convient pas que l'arme la plus mortelle, c'est la désespérance.
Comme le dit Richard Garside, directeur du Centre d'études juridiques: "la violence naît dans les sociétés inégalitaires et la Grande Bretagne est devenue bien plus inégalitaire au cours de ces vingt, trente dernières années". Blair le savait, Cameron aussi."
comme je n'ai aucune envie de retrouver mes enfants,un jour,baignant dans une marre de sang,je crois qu'il est de notre responsabilité d'empêcher le sabordage de la jeunesse Française à l'image de ce qui a été fabriqué par les politicars Anglais.
si on ne s'occupe pas de nos enfants?sarkozi s'en chargera.
pascal
la violence nait dans des sociétés inégalitaires ou le lien social a été volontairement détruit ... ou l'espoir a été volontairement détruit ... ou l'on a détruit tout ce qui n'est pas du ressort de l'animalité, de cette animalité si pratique pour tous les Pavlov ...
mais pascal, tu parles du naboléon, on peut en servir autant aux dames du marais, aux Valls et consorts ... Tony est un modéle ...
accompagner la destruction, c'est ce qu'ils font depuis si longtemps, en s'assurant que celà profite à leurs amis ...
je suis d'accord Marques.
je mets les socialos dans le même pannier.
surtout depuis que ségo y rêgne en mère fouettarde.:-))
je pense juste que dans cette histoire sarko a plus de pouvoir de nuisance:
pour 5 ans,c'est lui qui tient les manettes.
pascal
tout à fait d'accord avec vous deux.
Un pays qui abandonne sa jeunesse est un pays de vieux cons égoïstes et acariâtres. Et c'est ce qu'a fait TB et ce qu'ont commencé à faire les gouvernements en France, de façon plus évidente depuis 5 ans. Avec des pans entiers de l'Education qui vont être démolis et des milliers de jeunes qui seront sacrifiés. On n'en constate pas encore les effets, mais cela ne saurait tarder.
Ne les laissons pas détruire la jeunesse.
Les marques: bien d'accord que ces mesures ne sont pas l'apanage de la droite. Je voulais en toucher un mot dans mon billet, mais c'était trop long.
Les camps pour les sauvageons et toute cette sorte de choses ont bel et bien germé dans la tête des socio-dèmes - qui emboîtent volontiers le pas de la droite dans le système répressif.
TB s'est bien fait élire au départ sous l'étiquette "travailliste" et non pas "conservateur".
D'ailleurs, il en a tellement fait que les conservateurs en GB ne savent plus quoi inventer pour paraître plus à droite.
Quant aux socio-dèmes ici, non seulement il y a ceux qui se sont ralliés à la pire droite qui puisse exister mais ceux qui n'ont pas franchi le pas ne sont pas beaucoup plus fiables, à commencer par la caricature qu'ils nous ont trouvée pour contrer le rase-mottes du Marais.
Sur les sociétés privées qui gagnent du fric avec radars, cameras, bracelets électroniques et tutti quanti, on a pas d'infos plus précises?
Bonne question. Faudrait faire des recherches. Mais ce sont souvent des secrets bien gardés.
Plus que la vie privée du citoyen lambda.
libé d'aujourd'hui :
La City de Londres croule sous le poids des bonus
Du jamais-vu. Les primes records des courtiers ont atteint le montant astronomique de 20 milliards d'euros. Soit plus que l'ensemble des bonus reçus par les salariés du reste de l'économie britannique.
et
«Ces inégalités sont la honte de notre société, ajoute Martin Narey, directeur de Barnardo’s, réseau œuvrant auprès des enfants déshérités. L’espérance de vie d’enfants nés près de Glasgow est plus basse que celle d’enfants de la bande de Gaza.»
http://www.liberation.fr/actualite/...
l'Orwellisation du monde est un immense reservoir de croissance. d'un point de vue entropique, c'est beaucoup moins clair.
(et content de retrouver MC dans ses oeuvres...)
Pourtant, pour la majorité des français qui ne s'informent que par la TV (que faire pour que ça change?), ce pays est magnifique, moins de chômeur, la création d'entreprise est un véritable bonheur, the City is wonderful... Entre caniches on s'entend bien.
Merci avril, mais j'avais mis l'info en lien
j'en avais également parlé précédemment, entre autres, dans: "Nouveaux super-riches en GB: la culpabilité en moins, l'arrogance en plus"
http://blog.emceebeulogue.fr/post/2...
@ areuh: pour ça, oui, on nous l'a bien vendue la GB, autant à droite qu'à "gauche", d'ailleurs. Et, bien sûr, dans les médias aux ordres.
Et TB a l'air tellement "propre sur lui".
Mais TB n'a pas cessé de prendre des mesures pour vendre les services publics - dont les services d'éducation - aux prédateurs tout en réinjectant de l'argent public quand les disparités étaient trop criantes.
La GB est un pays en ruines.Sauf pour les riches. Voir le dossier GB dans les tags. C'est à hurler.
Hélas, c'est ce ce qui nous attend, si, comme les Britanniques, nous laissons faire en nous laissant berner par la propagande capitaliste.
les anglais sont ils politiquement aussi passif face à l'injustice qu'ils en ont l'air ?
Pour ceux qui cherchent a savoir a qui profite (en france) le marche du pucage, de la surveillance (etc.), je vous conseille d'eplucher le site du collectif grenoblois "pieces et main d'oeuvre" ou de vous renseigner sur les activites du "gixel" et de son fameux livre bleu. Ici, tout n'est pas cache : il suffit souvent de savoir ou regarder.
@ emcee ... y a juste un truc qui m'inquiète ...
quand j'aurais vendu ma maison à des anglais qui viennent chez nous pour fuir le modèle TB ... moi il me reste ou pour aller me réfugier ? ( sans compter que si j'attends trop longtemps pour vendre, les anglais seront plus intéressés ... notre modèle social aura plus rien à envier au leur ... )
si vous avez une idée ...
sur le mythe TB-GB, ma camarade avait en son temps pndu un truc qui a pas trop pris de ride ... http://soumission.sociale.over-blog...
pfff si de temps en temps elle ecrivait un peu plus ...
On s'emporte, on s'offusque, et il paraît que ça fait le jeu de la droite au pouvoir: ses électeurs ne supportent pas toute cette bien-pensance, ils se renferment encore plus dans la priorité aux victimes qu'on voit souffrir à la télé, la faute aux immigrés, aux feignants et aux soi-disants pauvres, ces trop gâtés qui osent se plaindre mais d'où vient tout le mal...
Et le spray anti-sdf? "pourquoi pas?" disent-ils, et pas de nouvelles prisons, on tassera un peu plus toute cette lie, c'est pas des vacances qu'on leur paye, et pas de remise de peine, même la remise en liberté ne devrait plus être automatique ...
Voilà ce que j'entends autour de moi, beaucoup reprochent au président sa tiédeur dans les mesures, ils veulent du sang, de la confrontation, le blairisme c'est trop mou encore, la preuve, même la ségolène en veut.
Quand ça va leur péter à la figure ou mieux, quand ce sera leur tour d'être désignés à la vindicte, il sera temps de présenter la facture aux victorieux d'aujourd'hui avec leurs évidences à deux sous. Evidemment, l'attente va paraître longue aux plus précaires, placés en première ligne: alors, pourquoi ne pas remplacer par la solidarité au quotidien toute déclaration rebelle contre-productive?
@ Les Marques
Excellent article d'Eva, que je recommande. Il faut bousculer les mythes qu'on nous rebat constamment.
En effet, si les Britanniques viennent en France, c'est parce qu'ils ont un capital énorme avec leur "Sam'suffit" et pas de perspective autre (retraite misérable). Ils y viennent (venaient?) pour la qualité de la vie, les services publics et toute cette sorte de choses dont on nous dit que c'est archaïque. Et qu'il faut SUPPRIMER.
Maintenant, nous ne sommes pas le pays qui accueille la population active Brit parce qu'ils ont des opportunités d'emploi bien plus importantes dans les pays anglophones (Australie, etc) ou au Proche Orient (Arabie saoudite ...)ou en Asie.
On les trouve aussi en Espagne où ils avaient à une époque des opportunités pour acheter à bon prix.
Maintenant, les Marques, venons-en au problème immobilier que tu te poses.
Qu'ils soient britanniques ou français: pas question de revendre ton "cottage" à qui que ce soit. Tu peux, si tu veux fuir le modèle français actuel, essayer de t'installer dans un pays encore abordable et accueillant (si si, il y en a), et tu loues ta maison pour cinq ans. Bail non renouvelable. Et dans cinq ans, tu verras, l'herbe sera plus verte ici et l'air plus respirable.
Bin, quoi? J'ai dit une connerie?
Blair est paradoxal:ila fait des conneries sur pas mal de trucs (Irak, droits des handicapés) mais a en meme temps sauvé l'hopital public et fortement augmenté le budget de l'éducation.
Blair n'a rien "sauvé" du tout! Il a juste réinjecté de l'argent, contraint et forcé, au coup par coup, là où ça faisait vraiment désordre. Le sort des hôpitaux publics et de l'Education sont loin d'être réglés.
contrairement à ce que tu penses, ils sont nombreux les jeunes (30-40 balais )"upper-class" bobo à résider en france ... voir le succés des vols régulier low-cost du sud-ouest sur Heathrow ... ( et en prime, ils viennent aussi pour le rapport qualité prix de notre système éducatif ) ...
par contre, il faut que je vende cette p$ù^$ù£ de maison ... aprés, je pars m'exiler en bolivie ou sur le larzac ... quoique, le larzac, c'est plus comme en 73 ... pfff vla que je vire vieux moi :-)))
@ les Marques:
Difficile de connaître des chiffres même seulement approchants de Brits chez nous et de Français chez eux.
Apparemment,selon BBC News, la grande majorité des Britanniques en France (env 500.000) y possèderait une résidence secondaire (ce qui expliquerait peut-être les mouvements à Heathrow et que ce soit des gens aisés). Et environ 100/200.000 autres y résident de façon permanente. A la retraite ou pour y travailler, éventuellement. Il y en a peut-être aussi d'autres qui gèrent des entreprises britanniques en Fr. et qui font la navette?
Il n'y a pas beaucoup d'indications là-dessus. Ceux que je connais (un nombre peu significatif, cependant) qui se sont installés dans ma région prennent des petits boulots (bâtiment), ou enseignent l'anglais dans des instituts. Ou encore ouvrent des petits commerces pour anglo-phones et philes.
Certains finissent par repartir. Parce qu'ils ne maîtrisent pas le français et qu'ils ont du mal à s'intégrer.
Mais il y a aussi beaucoup de Britanniques qui, une fois à la retraite, décident de revendre leur maison, dans le sud-est de Londres en particulier où les prix sont pharamineux, et rachètent une maison en France pour une somme bien inférieure. Ce qui leur permet de se constituer un petit pécule pour subvenir à leurs besoins.
Je ne sais pas comment cela se passe dans l'ouest et le sud de la France, côté P-O, par ex, où il y a des communautés importantes.
Le Larzac? Mais c'est encore la France, ça!
La Bolivie? pourquoi pas?
c'est peut-être parce que je suis paysan(pourtant pas installé dans ma région d'origine) mais j'ai du mal à comprendre cette réaction de fuite face aux problèmes.
ce n'est pas du tout une attaque personnelle,j'ai remarqué cette réaction chez plusieurs amis.
cette réaction intervient en général dans la discussion quand on parle d'un problème grave qui va survenir prochainement
par contre ele n'apparait pas quand on parle d'un problème grave déjà avéré.
j'ai l'impression que ce n'est pas le problème lui-même qui fait peur mais "la sensation de processus inéluctable".
j'appelle ça la peur de la force du "c'est comme ça" pour les gens qui ont le bon sens d'être des "plus jamais ça".
pour comprendre mieux,lire Cardonnel.
je me trompe?
pascal
euh ... comment dire, ça fait 23 ans que je parle de cet exil ... et j'ai jamais pris l'avion ni le bateau ...
faut aussi dire que parfois, tenter de démolir les bunkers à coup de tronche , ça finit par filer un de ces mal de tronche ...
surtout quand tu vois la tronche de ceux qui se sont même pas rendu compte qu'ils étaient en face d'un bunker ...
@ emcee
je connais, ( c'est pas significatif, mais selon eux ils sont plus nombreux que ce qu'on pense ) des anglais qui navettent ...
trés "upper-middle-class" ... trés bien intégrés ... en partie à cause des gamins ... mais le sud charente limite dordogne est une sorte de comté britannique ... les échecs sont surtout le fait de retraités pour qui l'intégration est plus que difficile ... Les enfants scolarisés aident ou poussent à l'intégration, et les difficultés d'apprentissage des parents sont atténuées par l'intégration des gamins et les bagages scolaires et universitaires importants des parents ...
Les parents travaillent à domicile ( journalistes ou assimilés ) ou sont cadres dans des entreprises multinationales ( souvent en poste dans des pays "à risques" ) ... ils ont fait des choix économiques rationnels... basés sur un cout de vie bien plus faible en France pour leur famille ...
en fait le larzac, chuis pas sur que ça ait été un jour en france ...
OUI, les bobos cosmopolites. C'est tout à fait vraisemblable et en effet, grâce aux enfants, qui vont à l'école et qui apprennent vite le français, ils s'intègrent bien plus facilement que ceux qui viennent juste pour s'installer à la retraite.
Mauvais calcul, souvent, parce qu'on se déracine à un moment où on n'a pas toujours la possibilité de se faire de nouvelles relations, a fortiori si on ne parle pas le vernaculaire. Ce qui est souvent le cas pour cette génération qui n'a vécu qu'en milieu anglophone et n'a pas appris, ne serait-ce que les rudiments d'autres langues.
Le Larzac, bin oui, pas en France complètement, comme tous ces régions rudes, mais il est, hélas, gouverné par la même engeance qu'à Paris ou ailleurs.
Jamais pris l'avion? Pas une grande perte. Il y a des voyages accessibles en train (ou bateau) qui sont bien plus agréables.
Mais, partir au loin, si c'est une fuite, on ne profite pas plus... mèfi!
Justice pénale des mineurs
un magistrat poignardé par une mère de famille suite à la décision de placement de son enfant,...
le rapport de l'Institut National des Haute Etudes de Sécurité sur la dégradation des relations police/population en Seine St Denis inacessible...
Autant de questions complexes sur les réponses de notre societé face à la délinquance et à la misère sociale...
La justice pénale des mineurs en Europe et au Canada a fait l'objet d'une analyse dans le cadre d'un programme coordonné par Yves Cartuyvels, professeur aux facultés universitaires St Louis de Bruxelles, et Francis Bailleau, directeur de recherches au CNRS:
"La justice pénale des mineurs en Europe.entre modèle Welfare et inflexions néo-libérales-Edts Hartmattan-2007".
Ce dernier commente cette recherche qui vient d'être publiée: je vous livre ici un résumé des principales idées de ce commentaire de Francis Bailleau :
Les politiques socio judiciaires à l’égard de la jeunesse n’échappent pas à l’influence des mutations sociales plus larges …
influence des forces économiques qui installent en Europe un modèle néolibéral où les politiques judiciaires en direction des mineurs suivent le même chemin.
L’homme néolibéral est un homme responsable de sa propre trajectoire, et il doit l’assumer seul.
Dans cette vision, les situations sociales individuelles ne comptent pas et il n’y a pas de mutualisation du risque.
Le modèle de justice pénale des mineurs classique de « Welfare », c'est-à-dire « protectionnel », paternaliste, est en train d’être remis en cause ;
c’est le principe de la responsabilité partagée
Or, l’inflexion néolibérale se traduit par l’abandon de la responsabilité partagée pour se constituer autour de la seule notion de responsabilité individuelle comme de la crainte des jeunes, une sorte de corpus,partagé par l’ensemble des pays à des degrés différents mais dans un mouvement semblable…
Historiquement, c’est l’ordonnance du 2 février 1945 qui a marqué la rupture en remplaçant le principe de discernement,lié à la notion de responsabilité individuelle, par celui d’éducabilité des mineurs coupables, posant alors la dialectique entre responsabilité individuelle et collective
face à un mineur délinquant, le juge des enfants est en effet obligé de faire la liaison entre l’acte posé-qui réfère, comme pour les adultes, à un code d’incriminations, à un système de sanctions- et les conditions de vie du jeune. Le jugement,les mesures, doivent tenir compte de cette responsabilité partagée,les jeunes étant perçus comme des « produits » de dysfonctionnements sociaux dont les comportements découlent d’inégalités structurelles :
ce système « protectionnel » a fonctionné jusqu’au milieu des années 80.
L’ordonnance de 1945 n’a cessé d’être modifiée ; en 2002, une seule chose importante demeurait :
le préambule, où était affirmé le principe d’éducabilité ; la loi Perben l’a supprimé.
La transformation des systèmes mondiaux et économiques a provoqué la montée d’un sentiment d’insécurité sociale, laquelle s’est focalisée sur la délinquance, en particulier des jeunes, ceux-ci étant les plus fragilisés et ayant le plus fort temps d’inoccupation, ce qui a produit un effet immédiat sur le fonctionnement de la justice des mineurs.
Au nom de l’augmentation de l’insécurité des français, les politiques justifient de durcissement des textes de loi et des comportements policiers, alors que ces derniers alimentent la croissance des chiffres de la délinquance des mineurs : on en fait un système d’auto- alimentation où la justice est alors perçue comme inefficace et où les autorités politiques locales sont de plus en plus chargées de la fonction régulatrice et normative assignée au juge des enfants…
Nous développons une société disciplinaire où la matérialisation des normes ne se fait pas via les murs de la prison mais aussi à l’intérieur de chacun :
de plus en plus, dans les politiques sociales, interfère l’appareil scolaire avec une focalisation des mesures judiciaires sur un petit noyau qui représenterait le potentiel de la délinquance ;
cette « base dure » bénéficie d’un traitement : éloignement ,enfermement, surveillance constante, où l’objectif n’est plus la réintégration, l’éducation, mais la neutralisation
le mode d’appréhension de la déviance sociale a changé,priorisant l’évitement des situations à risque plutôt que les causes et les conséquences de cet évitement…
L’Etat ne régule plus, via la procédure pénale, des relations sociales, mais répare un ordre, perçu comme naturel, troublé par le comportement individuel de tel ou tel.
La plupart des juges pour enfants sont encore sur un mode « protectionnel », car, avec les travailleurs sociaux, ils forment un monde peu désireux de s’engager dans des nouveaux systèmes de sanctions issus des textes modifiant la loi de 45, dont la loi de 2007 sur la prévention de la délinquance.
Ces mesures sont une négation complète des notions d’apprentissage (essais/erreurs), de retours en arrière, de temporalité erratique qui est propre à l’adolescence ;
La conditionnalité a un sens quand sa vie a un sens, lorsqu’on a quelque chose à perdre, ce qui n’est pas le cas des jeunes adolescents précarisés.
Bonsoir,
Je me suis permise d'avoir pris "un peu de place" car, suite à ton (votre ?)billet très interessant, j'ai pensé que cette note que j'ai écrite il y a quelques semaines pouvait apporter un complément à ce sujet si vaste et préoccupant...
j'espère que tu (vous) ne m'en voudrez pas trop!
Cat, je ne t'en veux certes pas: cette analyse est passionnante. Elle explique clairement ce que l'on sent confusément sans pouvoir le verbaliser.
Lors de réunions contre le projet de loi sur la "prévention de la délinquance" (magie des mots détournés allègremement!), j'ai discuté avec des éducateurs qui travaillaient dans les quartiers un peu sensibles. Ils sont désormais tenus de remettre un rapport à la police sur les jeunes qui ont posé problème.
Hélas, si certains restent vagues, d'autres remplissent consciencieusement leur fiche. Pas des collabos, non, mais des gens, comme beaucoup, qui ne voient pas plus loin que l'ordre administratif.
C'est triste.
'tous ces alibis aux lois liberticides a venir' comment ça ?