L'époque du bourgeois romantique ("Bourgeois Romantic"): le masque de l'altruisme américain, l'industrie des biotechnologies et ceux qui y croient.

Que ceux qui sont pour la mondialisation des marchés lèvent la main! Vous en faites partie? Si c'est le cas, vous avez de grandes chances d'appartenir à la catégorie des bourgeois romantiques.

Qu'est-ce qu'un bourgeois romantique et pourquoi devriez-vous vous poser des questions?

A cette époque de mondialisation des entreprises, les bourgeois romantiques servent à promouvoir la corruption internationale tout en agissant sous couvert d'altruisme. L'ingéniosité du paradigme du bourgeois romantique est que l'individu n'est souvent pas conscient qu'il entre dans cette catégorie.

Depuis peu, le romantisme bourgeois est devenu une tendance de la société. Des stars d'Hollywood, des politiques, des travailleurs humanitaires et des citoyens de toutes sortes propagent le système sans se rendre compte du tout de ses effets nuisibles. Son succès résulte de la conciliation entre les mouvements hippies et les intérêts politico-financiers. Progressistes et conservateurs sont sensibles à sa séduction.

Alors, qu'est-ce exactement qu'un "bourgeois romantique"?

Et quels sont les signes révélateurs qui indiquent que vous pourriez bien en faire partie?

Examinons la définition de façon plus approfondie.

Les "bourgeois romantiques" sont des néo-libéraux qui soutiennent la logique de libre échange au lieu de plaider pour une société civile mondiale. Ils imaginent un marché mondial composé de différents groupes ethniques et culturels où tous pourront échanger et partager des ressources qui profiteraient à tous.
Ce sont les PDG qui reversent une partie de leurs bénéfices aux programmes d'aides aux pays du Sud.

Ce sont les industriels qui prétendent que le modernisme et la technologie vont améliorer les économies des pays du sud.
Ce sont même les soi-disant "humanitaires" qui forcent les pays pauvres à pénétrer dans l'arène du libre échange en leur assurant que c'est ce qui va les sortir de la pauvreté généralisée.
Ils sont partout. Ils existent sous toutes les formes, dans toutes les couleurs, les professions libérales, les métiers, les religions et les cercles politiques. En résumé, un bourgeois romantique est un capitaliste hypocrite: quelqu'un dont les intentions sont socialistes mais dont les priorités sont capitalistes. Ce sont les défenseurs "bien intentionnés" du libre-échange.

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Source: http://www.gho-englisch.de/Courses/...

Ce qu'ils refusent de reconnaître c'est que le libre-échange c'est tout sauf la liberté. Si le Nord mondialisé profite d'un large éventail de possibilités grâce au libre-échange, le Sud, lui, se retrouve pieds et poings liés.
Le libre-échange est un euphémisme moderne pour capitalisme mondial débridé.
On dit libre-échange quand les intérêts nationaux et ceux des groupes privés s'allient pour augmenter les marges bénéficiaires des uns grâce aux accords commerciaux internationaux élaborés par les autres.
On dit libre-échange quand des institutions telles que le Fonds monétaire international, ou la Banque Mondiale, dont l'unique objectif est d'aider les pays les plus pauvres, fonctionnent selon les critères partiaux des pays riches.

Le secteur de la biotechnologie

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http://geographyroom.blogspot.com/2...

Cependant, il n'y a pas que le FMI, l'OMC ou la Banque Mondiale qui cherchent à estomper la ligne de démarcation entre les intérêts privés et les préoccupations humanitaires.

La biotechnologie constitue un risque majeur pour la population mondiale et il faut impérativement s'en inquiéter.
Il n'est, cependant, pas surprenant qu'il y ait très peu de débats sur cette question en Amérique. Cela est largement dû au fait que les efforts humanitaires servent à masquer les manœuvres destinées à augmenter les bénéfices des investisseurs privés.
Les groupes financiers estiment que les pays en développement sont un marché "inexploité", et leur dépendance aux aides extérieures en fait des consommateurs intéressants demandeurs de produits dont ils ont absolument besoin. De nombreux programmes d'aide au développement, sous couvert de décision prise par le pouvoir fédéral, s'alignent sur les intérêts de projets privés.
Monsanto, l'entreprise transnationale de produits chimiques, investit des millions de dollars chaque année pour produire des denrées alimentaires contenant des OGM qui résistent à leur herbicide vedette le Round-Up. L'objectif suprême de Monsanto serait de généraliser l'utilisation de pesticides dans la production agricole afin d'augmenter les ventes de ses produits.
Le problème aujourd'hui, c'est que Monsanto a trouvé un créneau grâce à la malnutrition et la famine. Afin de faire taire les pulsions humanitaires des autres pays et des simples citoyens, Monsanto avait lancé en Europe en 1998 une campagne publicitaire offensive avec pour slogan:"Que la récolte commence!".
Cette campagne encensait la recherche et l'utilisation des OGM pour nourrir les pays d'Afrique touchés par la famine.
Les pays du sud ont répondu par l'indignation.
Pourquoi? Après tout, du point de vue d'un bourgeois romantique, de la nourriture, c'est de la nourriture! Surtout pour les peuples africains pauvres et qui ont faim!

Ah, mais un examen plus approfondi de la portée véritable qu'ont ces multinationales sur les pays en développement explique la résistance farouche aux cultures OGM.

L'IFDP (Institute for Food and Development Policy, l'Institut pour la politique d'alimentation et du développement) cite 3 facteurs déstabilisants qui démontrent que les OGM constituent une menace pour le Sud:
1. les programmes d'aides sociales des entreprises
2. l'interdiction d'accès à l'information
3. une réponse inappropriée au problème de la famine.

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http://www.sos-arsenic.net/english/...

Les programmes d'aides sociales des entreprises sont des aides financières destinées à aider les pauvres, mais qui, en fin de compte, servent à remplir les caisses des groupes transnationaux.

L'IDFP affirme qu'"'on se sert de l'argent du contribuable pour transformer les pays du Sud en marchés alternatifs afin d'écouler les produits génétiquement modifiés, principalement par le biais des programmes d'aides aux pays étrangers".

Alors que l'US-AID (l'Agence des Etats-unis pour le développement international) et le Programme Alimentaire Mondial (World Food Program) continuent de se pavaner derrière le masque de l'altruisme, ils s'opposent énergiquement à l'étiquetage des produits OGM.
En 2004, les sanctions commerciales abusives infligées par les Etats-Unis à la Thaïlande ont coûté à cette dernière 8,7 milliards de dollars US – cela, pour la forcer à accepter des produits OGM sans étiquetage.

Les énormes quantités de produits alimentaires importés ne portent pas la mention "bio" ou OGM", ce qui menace la survie des agriculteurs et des populations respectueuses de l'environnement.
Les droits de la propriété industrielle de la culture des OGM rend les états dépendants économiquement.
Si un agriculteur essaie de planter des semences OGM sans accord préalable, il viole les droits de la propriété industrielle des semences OGM de Monsanto.
Dans certains cas, les graines OGM, disséminées par le vent, ont pollinisé les cultures d'agriculteurs indépendants qui se sont retrouvés juridiquement astreints à dédommager les détenteurs de brevets.
Et non seulement le système entraîne pour les agriculteurs des préoccupations d'ordre juridique et économique, mais il provoque la pollution des cultures biologiques traditionnelles. Et, donc, les droits de la propriété industrielle seraient les ennemis du développement durable et de la stabilité économique dans les pays en développement. Cette théorie (sur les OGM) s'appuie sur deux arguments erronés: que la famine est provoquée par le défaut de nourriture et que les bienfaits potentiels des OGM l'emportent sur les risques qu'ils comportent.
Cependant, les statistiques montrent que le monde produit bien plus de nourriture par personne que jamais auparavant. Ce n'est donc certainement pas une question de manque de nourriture. Ce n'est pas la production de nourriture qui est en cause, mais la possibilité pour les pauvres de s'en procurer.

Les programmes de développement continuent à exploiter les pays pauvres touchés par la famine en les forçant à agir contre leur volonté: accepter des "aides" qui sont en contradiction avec le processus de développement durable. Une fois que les OGM ont franchi les frontières, les pays en développement ne peuvent pas échapper au pouvoir économique qu'exerce l'impérialisme des groupes privés sur leur économie agricole.

L'Afrique est fait partie des territoires où un collectif de pays en développement s'est constitué pour s'opposer à l'industrie biotechnologique et à son exploitation des pays en difficulté.

Catherine Bernini, qui dirige le WPF (World Food program), illustre l'idéal capitaliste: "La nourriture, c'est le pouvoir. Nous nous en servons pour changer les mentalités. Certains diraient que c'est de la corruption. Nous n'en sommes pas désolés". Et pendant ce temps, nous autres, nous restons tranquillement chez nous, nous réjouissant béatement à l'idée que l'argent de nos impôts fait ce que nous ne pouvons pas faire, à savoir aider ceux qui en ont réellement besoin.

Le fait est qu'il y a 2 catégories de victimes dans cette vitrine de l'"aide aux pays étrangers", les unes étant les économies exploitées des pays pauvres et les autres, nous les citoyens.
Cependant, nous ne sommes blessés que dans nos convictions (en étant tout autant exploités pour servir de promoteurs, nous aussi, de ces programmes "d'aide aux pays étrangers" et d'"assistance").
Comment échapper à ces convictions erronées?
Les Américains, qui se complaisent dans leur vision isolationniste du monde, sont persuadés que leur gouvernement (celui du peuple par le peuple et pour le peuple … du moins c'est ce qu'ils répètent) se charge des grandes questions universelles. Il serait temps maintenant que nous revoyions notre éducation. Pas seulement sur les questions concernant notre propre gouvernement ou sur des sujets comme la guerre et les conflits, mais même sur notre rôle à l'étranger en tant qu'"humanitaires".

Les programmes d'aide à l'étranger ne sont rien de plus que des appellations trompeuses qui, tout en déchargeant les citoyens de leur culpabilité capitaliste, servent à s'emparer subrepticement de marchés entiers en exploitant les conflits dans le Tiers Monde.

Vous vous demandez encore pourquoi le reste du monde éprouve autant de mépris pour l'Amérique?

Le romantisme bourgeois a dépassé le cadre de l'aide aux pays étrangers pour s'implanter, mine de rien, dans nos organisations à but non lucratif et dans les missions religieuses. Aussi, avant de vous reposer sur votre bonne conscience vis-à-vis de la mondialisation, demandez-vous si vous avez échappé à l'aveuglement du Bourgeois Romantique. Ou si vous êtes, comme beaucoup d'autres, simplement l'un de ceux-là.

Jessica Long is not a fan of corporate globalization. She can be reached at jessimarie12@hotmail.com.

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Documents complémentaires

DES ORGANISATIONS D'AFRIQUE ET D'AMERIQUE LATINE CONDAMNENT LES PROJETS DE BIOSECURITE DE LA BANQUE MONDIALE
http://www.grain.org/nfg/?id=417

Voici un rapport très complet et très intéressant sur les relations Nord-Sud:
http://webeleves.emse.fr/~respire/D...

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Et en France, me direz-vous? Voilà, voilà. J'y arrive.
Je dévie un peu du sujet initial, mais tout se recoupe. Les attaques menées par le prez de la rep' contre les Africains dans son discours du 26 juillet 2007 à Dakar s'inscrivent bien dans l'idéologie malsaine qu'instillent les Pays du Nord pour perpétuer leur pillage de la planète.

Allocution à l'Université de Dakar.

Le roitelet vient sermonner ces grands enfants que sont les Africains, toujours prompts à entamer une danse païenne, à courir pieds nus comme des dératés et à se multiplier comme des léporidés, bien sûr.
http://www.ldh-toulon.net/spip.php?...

Bon, moi, je me désolidarise de ce type (c'était déjà fait, mais j'aime à le répéter). Mais euh, il va falloir s'y mettre à beaucoup si on veut stopper la gangrène.

Les intellectuels africains s'indignent de l'arrogance du petit homme pervers. Et l'écrivent. Bien. TRES bien.
Ici, Ibrahima Thioub
http://www.ldh-toulon.net/spip.php?...
là, Achille Mbembe:
http://www.ldh-toulon.net/spip.php?...
Et là, Raharimanana:
http://www.ldh-toulon.net/spip.php?...

Voir aussi cet excellent texte rédigé par des historiens:
La mémoire partisane du président, par C. Coquery-Vidrovitch, G. Manceron et B. Stora
ttp://www.ldh-toulon.net/spip.php?a...

On attend, évidemment une réaction de nos penseurs autoproclamés autant que médiatisés, comme on le lit dans cet autre excellent commentaire de Thomas Heams, paru dans Libération et repris dans le Grand Soir.
http://www.legrandsoir.info/article....

Et le péhesse, me direz-vous?
Le quoi?