Etats-Unis: ces enfants qu'on jette en prison pour toujours
Par emcee le mercredi 8 août 2007, 13:41 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
Plus de 2000 prisonniers aux Etats-Unis, mineurs au moment des crimes qui
leur sont reprochés, sont incarcérés à vie sans possibilité de remise de peine
ni de libération conditionnelle.
J'ai bien dit: A VIE.
Un ENFANT.
Sans aucun espoir d'en sortir un jour vivant
Soixante, soixante-dix ans dans une cellule.
Entre quatre murs de violence.
Sans plus jamais revoir le monde extérieur.
C'est bouleversant.
Ah, ils la vendent bien leur "démocratie"!
Voici un article, un peu long certes, mais il n'y avait rien à
jeter.
"Life without hope"
Article: http://www.guardian.co.uk/usa/story...
Paru le 4 août 2007 dans le Guardian
Reportage d' Ed Pilkington
Toute une vie sans espoir
Aux Etats-Unis, il y a 2270 détenus condamnés à la prison à vie sans remise
de peine possible alors qu'ils étaient mineurs au moment des faits. Ils
mourront en prison. Ed Pilkington demande à cinq d'entre eux – de 21 ans à 70
ans - comment ils s'en sortent.
"On ferme!" hurle une gardienne de prison (…). Elle appuie sur un
bouton et une grille de métal se referme. Je suis à l'intérieur maintenant.
(…). Au parloir, se trouvent les familles des prisonniers (..) et les
prisonniers eux-mêmes vêtus de leurs uniformes bleu foncé. (…).
Et là devant moi se tient une jeune femme qui lève les yeux vers moi, un
sourire nerveux aux lèvres. Elle a les yeux bleus, des cheveux châtains et des
taches de rousseur. Son matricule est inscrit dans le dos: 599905.
Nicole Ann Dupure. Taille: poids: 70 kgs. date de naissance: 8
juillet 1986. Date de libération : perpétuité.
Avant sa condamnation, elle a passé 264 jours en préventive et ces jours-là
ne pourront même pas lui être défalqués puisque personne ne peut savoir la date
de sa mort.
Elle a été condamnée à passer sa vie entière à la prison Robert Scott, la
principale prison pour femmes dans l'état du Michigan. Elle n'aura jamais la
possibilité d'expliquer qu'elle regrette son geste ni de convaincre quiconque
qu'elle a changé: il est bien spécifié qu'elle n'a pas droit à une libération
conditionnelle.
Dupure avait 17 ans au moment du crime pour lequel elle est condamnée. Elle
fait partie des 2270 mineurs des Etats-Unis à avoir été condamnés à vie sans
possibilité de libération conditionnelle, la sanction pénale maximum juste
après la peine de mort.
Ils avaient tous moins de 18 ans quand ils ont commis les crimes.
Six d'entre eux avaient 13 ans, et 50 avaient 14 ans, un âge où, aux
Etats-Unis, ils sont légalement trop jeunes pour conduire, pour signer une
décharge à l'hôpital, pour voter, pour quitter l'école, pour signer un contrat,
pour boire de l'alcool dans un bar, pour faire partie d'un jury, pour s'engager
dans l'armée, pour quitter le domicile familial. Et pourtant, ils ont été jugés
comme des adultes dans un tribunal pour adultes et se sont vu refuser la
possibilité d'une seconde chance.
Dupure compte parmi les 307 détenus du Michigan dans le même cas qu'elle.
C'est un des chiffres les plus élevés de tous les Etats-Unis, après la
Pennsylvanie et la Louisiane.
Elle raconte sa journée en prison.
Elle se lève à 4h du matin pour travailler dans les cuisines. Elle effectue 40
heures par semaine pour 18 cents de l'heure. Quand elle a demandé aux
responsables de la prison l'autorisation de suivre un formation
professionnelle, ils ont rejeté sa demande, disant que, dans la mesure où elle
ne sortirait jamais de prison, cela ne servait à rien qu'elle suive un
enseignement destiné à une réinsertion.
Ce n'est pas exactement ainsi qu'elle avait imaginé son avenir quand elle
était adolescente, me dit-elle. A l'école, elle voulait faire des études de
technicienne de laboratoire médical, spécialisée dans le traitement des
malformations cardiaques. Son profil n'était pas du tout le profil typique d'un
condamné à perpétuité. Pas de casier judiciaire, pas de problème d'alcool ni de
drogue, de bons résultats scolaires. Après le lycée, elle comptait aller en
faculté.
Une rencontre fortuite à l'âge de 17 ans a bouleversé le cours des choses.
pour gagner de l'argent pour se payer son essence, elle travaillait pendant les
vacances dans une épicerie près de chez elle dans le comté de St Clair, dans le
Michigan. Il y avait un garçon de 19 ans William Blevins qui y travaillait
aussi; il était amusant et charismatique; ils ont commencé à sortir ensemble.
"Je ne voyais pas les signaux d'alarme. Ma mère oui. Elle m'a dit qu'il ne lui
plaisait pas et qu'il ne fallait pas que je le fréquente parce qu'il me ferait
plonger. Je ne l'ai pas écoutée. Je pensais, comme tous les adolescents,
qu'elle ne voulait pas que j'aie un petit copain".
Quand Blevins a été mis à la porte par ses parents, Dupure, qui était
enceinte, a quitté sa famille pour aller vivre avec lui. "Je ne voulais pas
qu'il reste seul", dit elle. Ils sont allés chercher une chambre dans un motel.
Le 23 avril 2004, ils s'arrêtaient à Big Boy, un fast food qu'elle connaissait
bien parce qu'il était à côté de l'appartement de Shirley Perry, la meilleure
amie de sa grand-tante. Perry, qui avait 89 ans, gardait Dupure quand elle
était toute petite, Dupure et Blevins étaient allés chez elle plusieurs fois,
pour lui ramener des courses et lui rendre divers services.
C'est là que la version officielle diffère de celle de Dupure. Au tribunal,
l'accusation a estimé que les adolescents avaient décidé ensemble de tuer Perry
pour lui prendre son argent - 30 dollars qui serviraient pour payer le motel et
deux milk-shakes à Big boy. Dupure aurait activement participé au meurtre en
frappant la vielle femme sur la tête avec une casserole et en allant prendre le
couteau de cuisine que Blevins avait utilisé pour la tuerDupure affirme qu'elle
n'était pas dans l'appartement du tout, mais qu'elle attendait dans le
restaurant, faisant abstraction de ce qui se passait, Blevins y étant allé
seul.
Ce qui est certain, c'est que c'est Blevins qui a assassiné la vieille femme,
en lui donnant plusieurs coups de couteau et en l'étranglant. Durant
l'interrogatoire de police, il l'a avoué, disant qu'il avait agi seul. Mais peu
de temps avant de passer en jugement, il a changé sa déposition, déclarant que
Dupure était dans l'appartement avec lui au moment du crime. En échange,
l'accusation a convenu alors de l'inculper de meurtre sans préméditation
seulement, ce qui lui éviterait la perpétuité. Au cours d'un
contre-interrogatoire, il a admis devant le jury "je n'avais pas l'intention de
lui faire porter le chapeau, mais je n'avais pas d'autre choix."
Blevins a été condamné à 50 ans de réclusion assortie d'une peine de sûreté
de 20 ans, avec l'espoir d'obtenir une réduction de peine pour bonne conduite.
Dupure, elle, a été condamnée à la perpétuité sans possibilité de libération
conditionnelle, sans aucune preuve matérielle la reliant au meurtre et
entièrement sur la foi de la déposition de Blevins. Dupure vient d'avoir 21 ans
mais on dirait qu'elle en a toujours 17. On lui a expliqué ce qu'était la
perpétuité sans libération conditionnelle pour la première fois au moment où
elle est entrée en prison: "Tu ne retournes jamais chez toi".
Elle a passé la majeure partie de la première année en prison à pleurer,
dit-elle. Le médecin de la prison lui avait prescrit du Prozac, mais elle a
cessé d'en prendre, comme elle dit: "je suis déprimée parce que je suis ici,
pas parce que je suis déprimée ". A la place, elle rencontre un psychologue une
fois par mois. Parler avec un psychologue lui apporte du réconfort (elle ne
peut pas confier des peurs et ses angoisses aux autres détenues, car cela
serait pris pour de la faiblesse). En prison, "il faut faire semblant d'être
forte".
Le plus dur, c'est de refouler l'idée que je suis ici pour toujours. Cela ne
dure qu'un temps. Après, on craque encore". On se prend comme une décharge.
Quelqu'un dit: 'je suis contente de ne pas avoir pris perpète' et ça me rend
malade.
Ou alors, vous vous faites une amie et elle est libérée et ça, ça fait mal,
alors, vous cessez de vous rapprocher des gens.'
Elle a reçu récemment un questionnaire d'avocats qui réalisaient une étude
sur les prisonniers mineurs condamnés à vie sans libération conditionnelle.
Quand on lui a demandé ce qui était le plus difficile à surmonter: elle a
répondu"essayer de ne pas ressentir la solitude."
Le Michigan est l'un des 41 états qui autorisent la réclusion à perpétuité
pour les mineurs.
Les Etats-Unis font partie d'une infime minorité de pays (par ex la Somalie)
qui ont refusé de signer la Convention des Nations Unies sur les Droits de
l'Enfance qui interdit expressément cette pratique.
D'après Amnesty International et Human Rights Watch, seuls trois pays (Israël,
l'Afrique du Sud et la Tanzanie) infligent cette peine et, ensemble, ils n'ont
que 12 détenus condamnés à cette peine.
En théorie, il n'y a pas d'âge minimum pour être condamné à perpétuité pour
meurtre avec préméditation. Au-dessus de l'âge de 14 ans, les prévenus peuvent
être renvoyés directement devant le tribunal pour adultes.
Et là, même les juges n'ont aucune latitude. Si un enfant est condamné dans
un tribunal pour adultes pour un crime grave donné (participer à un hold-up qui
s'est terminé par un meurtre, par ex) il est automatiquement condamné à
perpétuité sans libération conditionnelle possible, même si le juge estime que
c'est inadapté.
C'est ce qui s'est passé pour Matthew Bentley. Matricule: 271014.
Taille: 1m,53. Poids: 65 kgs. Date de naissance: 4 oct 1982.
Bentley est entré par effraction dans une maison dans la commune de Colfax,
Michigan, le 2 sept 1997, cherchant à voler une voiture et de l'argent liquide.
Par malchance, il avait choisi une maison où le propriétaire était un passionné
d'armes et possédait 25 pistolets et fusils. Bentley n'avait aucune expérience
des armes à feu, mais, en les voyant dans le vestibule, il a attrapé deux
pistolets en même temps qu'une bouteille de coca.
Betty Bardell, la maîtresse de la maison, l'a pris par surprise quand elle est
entrée dans le vestibule en criant: "Mais qu'est-ce que vous foutez ici?
J'appelle la police!"
Bentley a alors dirigé un des pistolets sur elle et a tiré. La balle l'a
touchée à l'épaule gauche, et elle est tombée par terre, perdant beaucoup de
sang.
Il m'a raconté ce qui s'est passé ensuite: "Je me suis approché d'elle et je
lui ai dit 'je suis désolé. Si je pouvais appeler la police pour vous' … J'ai
un peu pleuré, puis je suis parti". Restée sur la moquette, elle est morte
d'une hémorragie.
Bentley n'a rien d'un innocent. Il n'a jamais contesté ce qu'il a fait. Il a
tout de suite su au moment où il a tiré qu'il avait fait quelque chose de
terrible. "Si j'ai ressenti du remords? J'ai regretté mon geste à la seconde
même et je le regrette toujours".
Les seules circonstances atténuantes étaient son âge et son milieu familial.
Quand il a tué Bardell, Matthew Bentley avait 14 ans. Son dossier contient des
indications sur sa famille.
Père: en prison pour agression sexuelle sur une parente.
Mère: alcoolique; pasible de prison pour recel.
Demi-frère: en prison pour avoir violé un membre de la famille.
Sœur K.: alcoolique;
Sœur T.: série d'arrestations pour violence domestique;
Demi-sœur C.: en hôpital psychiatrique.
Les parents de Bentley, Terry et Debra, sont des multi-divorcés. Ils se sont
mariés en 1975 et ont divorcé deux ans plus tard. Terry a ensuite épousé Grace,
en 1978. Ils ont divorcé un an plus tard. Terry a épousé à nouveau Debra en
1980, et elle a donné naissance à Matthew en 1982. Ils ont divorcé une deuxième
fois en 1989. Terry a épousé Grace une seconde fois en 1991, époque à laquelle
il était déjà en prison comme délinquant sexuel.
L'enfance de Matthew a été telle que vous pouvez l'imaginer en ces
circonstances. Il avait des résultats scolaires épouvantables. Il était
régulièrement exclu pour avoir manqué l'école et il avait souvent eu maille à
partir avec la police.
Il a commencé à fumer de la drogue à l'âge de 10 ans. Il allait régulièrement
dans des foyers pour enfants et à l'époque où il a tué Bardell, il était sous
antidépresseurs et prenait de la Dexédrine qui traite
l'hyperactivité.
Il n'a pas fallu plus d'une heure aux jurés pour le déclarer coupable en
juillet 1998. Il avait alors 15 ans. Un des jurés a dit au journal local que
"deux des dames âgées du jury ont fondu en larmes quand elles sont entrées dans
la salle des jurés. Elles ont expliqué qu'elles avaient de la peine pour le
jeune Bentley et qu'elles avaient des petits-enfants de son âge. La juge
Richard Knoblock a prononcé la seule peine possible dans la législation du
Michigan. Mais il a clairement exprimé sa pensée: "Je ne suis pas d'accord avec
cette loi qui veut qu'il soit envoyé en prison pour le reste de son existence,"
a déclaré le juge. Il a certes commis un crime atroce et il méritait une peine
très sévère. Simplement, je ne crois pas qu'il faille le mettre derrière les
barreaux pour toujours".
Bentley a 24 ans aujourd'hui. Il dit qu'il a passé ces neuf dernières années
d'abord à refuser d'admettre la réalité, puis à plonger dans un profond
désespoir. Maintenant, il a, dans une certaine mesure, accepté son sort. Il a
cessé de se battre en prison. Il a également réfléchi sur les raisons qui l'ont
poussé à faire ce qu'il a fait à l'âge de 14 ans."J'étais un enfant qui voulait
se comporter en homme. J'essayais d'accéder aux rôles qui manquaient chez moi.
Je pensais que je m'en tirerais. Même cela c'était puéril."
Dans son dossier pénitentiaire, il y a un autre document, un poème qu'il a
écrit sur sa peine de prison.
En voici un extrait:
"Chaque jour qui passe,
Tu sais qu'il faut que tu meures
Pour arriver au bout de ta peine.
Soudain, tu es tout seul
Et 50-60 ans c'est une éternité
Seul dans un monde devenu froid"
Il n'y a que trois possibilités pour que les détenus mineurs incarcérés à
vie puissent espérer revoir le monde extérieur.
Ils peuvent gagner en appel en prouvant qu'il y avait un vice de procédure (ils
ne peuvent pas contester la peine elle-même).
Ils peuvent être graciés par le gouverneur de l'état (sauf que le gouverneur
n'a jamais gracié aucun mineur condamné à perpétuité).
Ou bien l'assemblée de l'état pourrait voter une loi qui rende cette pratique
illégale avec effet rétroactif.
Les juristes qui travaillent sur une majeure partie des 307 cas ont élaboré
un projet de loi qui permettrait cela justement, et ils espèrent pouvoir le
soumettre aux législateurs de l'état du Michigan cet automne.
Deborah LaBelle, avocate éminente qui présente ce projet de loi au nom de
l'Union des Libertés en Amérique (American Liberties Union) dit qu'elle a
actuellement bon espoir que cette loi soit votée. "Quand on envoie quelqu'un en
prison, il s'agit, d'une part, de préserver la sécurité publique et, d'autre
part, d'appliquer une peine.
"On commence à réaliser qu'un mineur incarcéré devrait avoir la possibilité de
démontrer devant un jury qu'il ne représente plus un risque pour la
société.
Et pour ce qui est de la peine, que quelqu'un passe plus d'années en prison que
le temps qu'il a passé à l'extérieur quand il était enfant, cela devrait
suffire, même pour les plus impitoyables"
LaBelle a pris soin d'impliquer dans le débat sur le projet de loi les
victimes de crimes commis par des mineurs et leurs familles, et plusieurs
familles de victimes ont, à titre personnel, apporté leur soutien. "Ils disent
que ce qui s'est passé était atroce et que cela les a démolis, mais ils ne
veulent pas avoir sur la conscience que le jeune criminel soit emprisonné
jusqu'à la fin de sa vie."
Kevin Boyd. Matricule: 251328. Taille: 1m54. Poids: 85kgs. Date de
naissance: 26 sept 1977.
Il avait seize ans quand, le 6 août 1994, il a aidé sa mère à assassiner son
propre père. Comme Matthew Bentley, Boyd est issu d'un milieu défavorisé. Sa
mere, Lynn, prenait des cachets et de la drogue; son père, Kevin était
alcoolique et le battait souvent.
Ses parents se sont séparés le lendemain de Noël quand Boyd avait onze ans et
sa mère est partie vivre avec une autre femme.
Boyd a fréquenté 10 écoles différentes avant d'abandonner l'école
définitivement à l'âge de 15 ans. Il était régulièrement sous traitement
psychiatrique et été hospitalisé après une tentative de suicide.
Le soir du meurtre, la mère de Boyd, sous l'effet de la drogue, l'a rejoint
dans un Burger King et lui a demandé les clés de l'appartement de son père. Il
lui a donné les clés. Le lendemain, Boyd s'est rendu dans l'appartement de son
père et, en n'entendant pas de bruit à l'intérieur, il a dû forcer la porte
pour entrer. Kevin senior était affalé dans son fauteuil. Il avait été assommé
avec une batte de baseball et avait reçu 23 coups de couteau.
Boyd a subi un interrogatoire de police pendant 8 heures. Il leur a expliqué
qu'il avait donné les clés et que c'était tout.
C'est alors qu'une deuxième équipe de policiers est venue l'interroger. Ils ont
arrêté le magnéto et n'ont cessé de répéter: "la vérité te libèrera".
"Chaque fois que j'essayais de leur dire ce qui s'était passé, ils hurlaient
pour me faire taire: "Non, ce n'est pas ce que tu as fait!".
Cela peut paraître complètement aberrant, je sais, mais après des heures de ce
traitement, j'ai pensé que si je leur disais ce qu'ils voulaient que je leur
dise, ils me laisseraient sortir et que tout serait fini".
Il a avoué avoir donné les 23 coups de couteau, et a été condamné à
perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle.
Boyd a beaucoup réfléchi à ses actes et à leurs conséquences au cours de ces
douze années passées en prison. Il écrit actuellement un récit sur son enfance,
le meurtre et l'incarcération qui s'en est suivie. S'il dit qu'il n'a pas tué,
il se considère entièrement responsable d'avoir donné les clés à sa mère et il
pense que c'est normal qu'il ait été envoyé en prison pour de longues années.
Je ne suis pas innocent. Je suis responsable de sa mort. J'aurais pu dire non à
ma mère. J'aurais pu appeler mon père pour l'avertir. Faire quelque chose, au
moins. Mais je ne l'ai pas fait, et j'en supporte les conséquences
maintenant."
Il dit qu'il a donné ce coup de fil à son père "un million de fois". "J'y
pense tous les soirs avant de m'endormir".
Depuis six ans, sa conduite en prison est exemplaire et il mène une vie
assez solitaire. Il a eu un animal avec lui: un oiseau blessé qu'il avait
trouvé dans la cour, qu'il a soigné puis relâché. Cela fait dix ans qu'il n'a
pas eu de visite, bien qu'il corresponde avec sa mère, qui purge sa peine de
réclusion à perpétuité dans la même prison que Dupure.
Il trouve du réconfort en jouant de la guitare, en faisant du jogging dans
la cour de promenade et en écrivant ses mémoires.
Dans un des chapitres, il demande pardon à son père. "Si je pouvais changer le
cours des choses, je mourrais à ta place, juste pour entendre une dernière fois
ton rire, rare mais contagieux. Papa, je suis désolé, profondément désolé. Cela
vaut ce que cela vaut, mais je t'ai toujours aimé. Je vous ai toujours aimés
tous les deux".
Donald Logan. Matricule: 132850. Taille: 1m,54. Poids: 68 kgs. Date
de naissance: 23 juin 1954.
Il a été jugé et condamné deux fois pour le meurtre de Thomas Eldridge, un
jeune livreur de journaux qui fréquentait son école. Ils avaient 16 ans tous
les deux.
Au premier procès, Logan, qui est noir, a été déclaré coupable par 12 jurés
blancs. Ses avocats ont fait appel, disant que la composition du jury était
préjudiciable à l'accusé, et il a été décidé de rejuger l'affaire.
Au cours du second procès, il y avait 11 jurés blancs, dont deux faisaient
partie d'organismes réservés aux Blancs. La douzième jurée était noire, mais au
cours de l'audition, il s'est avéré qu'elle était la tante du témoin principal
de l'accusation qui déposait contre Logan en échange d'une réduction de
peine.
Le cas de Logan est l'illustration de deux statistiques importantes sur la
réclusion à perpétuité des mineurs sans liberté conditionnelle.
Parmi les 307 détenus du Michigan condamnés à cette peine, 69% sont noirs,
alors que l'ensemble de la population ne compte que 15% de Noirs. D'autre part,
une étude réalisée par Human Rights Watch et Amnesty montre que plus d'un quart
des mineurs incarcérés à vie sont condamnés pour "felony murder" – c'est-à-dire
pour un crime grave au cours duquel quelqu'un est assassiné mais où le mineur
n'a pas directement ou personnellement participé au meurtre.
L'acte d'accusation contre Logan consistait à ce qu'il avait désigné le
livreur de journaux à un groupe d'amis de son frère aîné qui avaient volé
Eldridge la semaine précédente et qui voulaient l'empêcher de témoigner contre
eux. Logan était censé, d'après la justice, avoir fait le guet pendant que les
deux membres du gang lui ont tiré dessus.
Il n'a jamais été question qu'il ait tiré lui-même, voire qu'il ait eu une arme
à feu sur lui. "Je n'ai tué personne", dit Logan. Les gars m'ont demandé que je
leur montre le livreur de journaux. Et c'est moi qui leur ai dit qui c'était.
C'est tout ce que j'ai fait."
Au procès, un psychologue qui l'a examiné Logan a déclaré qu'à 17 ans, il
avait le niveau de compréhension d'un gamin de douze ans.
L'enquête préliminaire l'a décrit comme "en situation d'échec dans tout ce
qu'il a entrepris" et il a été déclaré "débile".
Sitôt après son arrestation, à l'âge de 16 ans, on l'a mis dans une cellule
pour adulte où il a subi des violences physiques et des abus sexuels de la part
des autres détenus.
"Ca, c'est un truc pour lequel je me battrai si je sors un jour: ne jamais
incarcérer un adolescent avec des adultes. C'est comme un petit animal qui se
fait dévorer à l'instant même où il s'approche", me dit-il.
Au début des années 90, Logan a appris tout seul à lire et à écrire et a
découvert, à sa grande surprise, qu'il n'était, après tout, pas "débile" du
tout. Il est également devenu témoin de Jéhovah et, grâce à la Bible, il a
appris à vivre sereinement en prison. La dernière fois qu'il a eu un
avertissement pour discipline, c'est en 1996.
"Je comprends maintenant que j'ai gâché ma vie. Mais j'ai également appris
quelque chose au cours de ces longues années en prison: à devenir un homme, à
respecter les gens, à ne pas prendre la vie à la légère." Et pourtant, d'après
les conditions de sa peine, il n'aura jamais la possibilité d'expliquer qu'il a
changé devant le conseil qui décide des libérations conditionnelles. Son appel
le plus récent (et le dernier) a eu lieu en octobre 2001. Ses avocats ont
affirmé que le laisser encore en prison, c'était empiler les gens. Ils ont
expliqué qu'il s'était avéré fiable, très religieux et métamorphosé.
La décision finale figure dans son dossier: Appel rejeté.
Et alors, qu'est-ce que ça peut faire si perpétuité veut encore dire à
vie?
Qu'est-ce que ça peut faire si le projet de loi de cet automne tombe à
l'eau?
Qu'est-ce que ça peut faire si Donald Logan et tous les autres restent dans une
cellule jusqu'à la mort?
Je comptais interviewer un homme, aujourd'hui âgé de 70 ans, qui sait qu'il
ne se retrouvera jamais à l'extérieur d'une prison.
Allen Smith. Matricule: 085017. Taille: 1m80. Poids: 80 kgs. Date de
naisance: 6 décembre 1936.
Il m'a envoyé un mot me disant qu'il était d'accord pour me rencontrer mais
me prévenait qu'il avait eu des problèmes de santé récemment et qu'il avait
passé pas mal de temps à l'infirmerie de la prison. Il m'appellerait,
disait-il, à l'étude de son avocat.
En attendant le coup de fil, j'ai lu son dossier. Smith avait eu des rapports
difficiles avec son beau-père, se retrouvait régulièrement dans des foyers, et
était sujet, disait-on, à des accès de colère.
Il avait 16 ans quand, le 2 décembre 1953, il s'est rendu chez Robert and
Celeste Holton, un couple âgé qu'il connaissait bien. Il a déclaré qu'il
pensait seulement voler mais ça a mal tourné. Il a attrapé un fusil posé à coté
du réfrigérateur. Et après cela, il a déclaré qu'il ne sait pas ce qui lui est
passé par la tête, pourquoi il a vidé le chargeur sur eux et les a tués tous
les deux.
Il a été arrêté le jour même et incarcéré. L'avocat commis d'office lui a
conseillé de plaider coupable. De cette façon, il sortirait au bout de 10 ans.
"Ecoute-le, petit", lui a dit le sheriff. "Il te conseille bien ". Smith a donc
fait ce qu'on lui disait de faire et le 19 décembre, 17 jours à peine après le
meurtre, il a été condamné à perpétuité sans possibilité de liberté
conditionnelle.
Le juge a expliqué qu'il n'avait pas le choix. "C'est dur pour la cour, c'est
dur pour toi et dur pour tout le monde, et trop dur pour les deux personnes qui
sont mortes, mais le crime ne paie pas."
Smith a passé plusieurs années en isolement cellulaire et été condamné aux
travaux forcés. Il écrit dans son dossier qu'aussitôt après le meurtre il avait
été pris d'un profond sentiment de remords. "J'avais espéré qu'ils m'ôteraient
la vie, et je n'arrivais pas à comprendre comment j'avais pu faire une telle
chose à des gens si formidables, parce que c'était des gens formidables. Cela
m'a longtemps obsédé.
Les renseignements dans le dossier sont sommaires, mais il est clair qu'il a
subi d'autres périodes d'accès de colère et de désespoir, interrompus par des
moments d'espoir et de bonheur. Ce n'est qu'après quelques années de prison
qu'il a réalisé qu'il allait passer sa vie entière derrière les
barreaux.
En 1976, il a essayé de se construire une vie meilleure en prison et a
épousé une visiteuse de prison. A l'époque, il avait espoir qu'on étudierait
son cas pour la mise en liberté conditionnelle. Quand il a été clair que ses
espoirs étaient vains, il a dit à la femme qu'il voulait divorcer, pour lui
rendre sa liberté. Ils s'écrivent toujours.
Puis, en 1982, il s'est échappé de prison, et a été arrêté à nouveau
quelques jours plus tard. Il a été condamné, inutilement, à 5 années de peine
de prison supplémentaires.
Il est, depuis peu, plus apaisé. Il a donné des cours sur la Bible et des
cours d'alphabétisation. Il s'est également qualifié en droit, et, jusqu'à ce
qu'il tombe malade, il servait de conseiller juridique aux jeunes prisonniers,
les aidant à préparer leurs appels. Dans un texte écrit il y a quelques mois,
il dit qu'il n'en a probablement plus pour longtemps à vivre. Il dit que la
religion l'a beaucoup aidé:"Je sais que j'ai été pardonné".
J'ai passé la majeure partie de la journée à l'étude de son avocat, à
attendre son coup de fil. Mais il n'est jamais venu.
Nicole Dupure n'en est qu'au début du parcours et elle a encore à faire
l'expérience du désespoir et de l'apaisement. Elle a commencé à réfléchir à ce
qui lui est arrivé et pourquoi. "Je voulais grandir trop vite".
Sa mère et son père viennent la voir régulièrement. "Je fais des efforts pour
ne pas montrer quand je suis mal. Surtout pour mon père. Il a 70 ans et il
pense qu'il sera mort avant que je sorte". L'enfant qu'elle a eue avec Blevins
a deux ans maintenant et a été adopté par la mère de Nicole. La petite fille
est venue voir sa mère une seule fois, au mois d'avril. Nicole a été surprise
parce qu'elle avait pensé que sa fille ne se souviendrait pas d'elle, mais
celle-ci s'est jetée dans ses bras en criant: "Maman!"
Il est l'heure de partir et je pose les toutes dernières questions à Dupure.
Si ce projet de loi est rejeté cet automne, si elle devait rester en prison
jusqu'à la fin de sa vie, quel prix donnerait-elle à la vie? "Je vais rester
positive, répond-elle. "Je ne vais pas essayer de me suicider ou autre. Je suis
en prison, certes, mais c'est quand même la vie. Je suis juste dans un autre
monde actuellement."
Et ses regrets?
" Je regrette de n'avoir pas écouté ma mère. Elle rit quand je dis ça. Elle me
dit: c'est un peu tard, non, Nic?
Je me lève pour partir, et j'entre dans le sas où se trouvent les portes
coulissantes en métal. La gardienne de prison s'avance à ma rencontre et crie,
"on ferme!".
……………………………………………………………………………………………
Notes:
'felony murder": quiconque présent au moment d'un meurtre peut être
accusé de meurtre au même titre que le meurtrier.
http://www.cbsnews.com/stories/2003...
Rapport d'Human Rights Watch
http://hrw.org/french/docs/2005/10/...
...................................................................................................................................
Note perso:
Ca décoiffe, non?
Comment une société peut-elle être assez cruelle pour accepter qu'un enfant
(ou quiconque à peine sorti de l'enfance) soit enfermé à double tour jusqu'à SA
MORT?
Comment des êtres humains peuvent-ils refuser tout espoir, toute
réhabilitation à d'autres êtres humains?
Comment une nation de bigots et de béni-oui-oui peut-elle refuser le pardon
à celui qu'elle a engendré?
Comment une société "démocratique" peut-elle n'envisager que la répression
comme solution à ses problèmes de société?
Comment une société qui se prétend "juste" peut-elle incarcérer
essentiellement les pauvres (et en particulier les "minorités") qui n'ont pas
les moyens de se défendre?
Et comment une société qui se veut responsable peut-elle mettre des armes à
portée de main de tous et se scandaliser qu'ils les aient utilisées?
C'est pourtant ce qui se passe dans la "plus grande démocratie
au monde".
Ca, la peine de mort, la torture (légalisée ou non), le délit d'opinion, les
traitements barbares dans les prisons, le port d'armes, la bigoterie: une
société de violence et de haine comme nulle part ailleurs.
C'est quoi, la non-démocratie?
Commentaires
"La loi du talion", on en est là! Et après il y en a qui voudraient qu'on crie à pleins poumons "nous sommes tous américains". La "démocratie" la plus nase de tous les temps. Décoiffé, je le suis.
Cet article n'est nouveau que pour qui ne connait pas la situation carcérale aux USA. Ce mouvement vers des peines incompressibles date de Reagan et de son ministre de la justice (Ed Mesee) actionnaire maintenant de firmes qui construisent et opèrent des prisons, au niveau des états, pas le fédéral....Je construit des prisons amenez des prisonniers..!!!! Sur-représentation des pauvres et surtout des noirs, 40 % des noirs de - de 25 ans ont fait un séjour en prison...avocats commis d'office et qui dorment pendant les procès, etc.
La population américaine comprend plus ou moins 2,5 millions de gens en prison et près de 2.5 millions en plus soumis à d'autres mécanismes, bracelets électroniques, etc soit 1.5 % de la population totale en situation carcérale, à des degrés divers. Appliquer ceci à la France voudrait dire 300.000 personnes...il y en a actuellement 60.000 !!!!! Sarko pourra t-il faire mieux avec ses peines plancher, etc....?
Il faudrait ajouter les ados ou les handicapés mentaux et débiles légers condamnés à la peine de mort dont certains attendent depuis 8 ou 10 années leur exécution.
Une des raisons de cette situation est le résultat direct de l'élection des juges par le public et ceci comprend la hiéarchie judiciaire (shériff, juge locaux, au niveau de l'état, etc.) d'ou la démagogie et les dérives (toujours plus de peines, plus longues, etc...)
Amen, vive le capitalisme et la répression.....
Merci pour ces commentaires.
Je suis entièrement d'accord avec ces analyses. J'ai moi-même rappelé certains chiffres à plusieurs reprises. Dont ici: http://blog.emceebeulogue.fr/post/2....
Et bien d'accord que cette politique est exacerbée par le fait que les juges, sheriffs et autres sont élus par la population. Evidemment, ce ne sont pas des juges progressistes - qui prôneraient des peines de substitution ou la relaxe - qui auraient les faveurs du public. Non, il faut du sang, de la sueur, des larmes, de la violence et de la haine.
Ce qui est nouveau, ce sont ces témoignages rares côté prisonniers et en particulier ces interviews de détenus qui n'auront connu que l'univers carcéral à l'âge adulte. Les statistiques ne font frémir que des gens comme nous: les bas du front, eux, pensent comme le prez qui nous est tombé dessus et comme les Ricains du même acabit qu'il faut enfermer et punir encore et encore.
C'est valable aussi, dans une moindre mesure, pour les Démocrates qui, comme le PS poltron ici, ont peur de se faire traiter de laxistes et fuient donc le débat de fond.
Il y a aux US des détenus non dangereux auxquels on fait nettoyer le bord des routes (ou autre activité), habillés de couleur vive et attachés avec des chaînes, comme les forçats d'antan. Des gens qui sont en prison pour des délits mineurs, souvent.
http://en.wikipedia.org/wiki/Chain_...
En Alabama et également, en Arizona, où le sheriff Jo Arpaio http://www.grands-reporters.com/Les...
, avec un taux de satisfaction de près de 85% de la population, a aussi mis les prisonniers sous des tentes (en plein désert), les force à porter des sous-vêtements roses et un uniforme rayé de forçat.
Interdiction de fumer, de regarder la télé, d'avoir des repas chauds, du café, etc. On leur sert des sandwichs peu comestibles à la place.
Le but avoué: réduire au maximum les coûts pour le contribuable. En réalité, c'est bien plus pervers. C'est le plaisir d'humilier, de se sentir fort.
Une de ces phrases favorites: "Ils sont là pour payer. Je veux leur rendre la vie tellement infernale qu'ils ne recommenceront plus".
Et voilà, un gros primaire soutenu par une majorité écrasante d'abrutis.
(en anglais) http://www.cnn.com/US/9907/27/tough...
Tout ça ramène à Watkins et ce film que CSP m'a fait découvrir, Punishment Park. Contrairement à ce que dit le premier commentaire, ça n'a rien à voir avec la loi du Talion, rien du tout, c'est une politique d'enfermement des pauvres, traitement pénal de la misère... lire Loic Wacquant Les Prisons de la Misère.
Pour revenir plus près de nous, on peut constater que nous avançons doucement vers un état pénal, c'est l'orientation.
http://www.latribune.fr/info/La-hau...
François Fillon a annoncé mardi une progression de 4,5% du budget du ministère de la Justice en 2008 et la création de 1.600 emplois, afin notamment de couvrir la construction de neuf nouvelles prisons. AP
Mais à part ça, pas de sous pour la sécu, ni pour les retraites... seulement pour le "paquet fiscal"... vive Nain 1er.
Ben oui, nous y voilà, multiplication de prisons pour y caser les pauvres, puis, sans doute, privatisation desdites, création de camps pour mineurs et voilà la société qu'on nous concocte.
Je suis même surprise que cela n'ait pas encore été fait depuis cinq ans.
Plus, stigmatisation de la justice (va savoir s'il ne va pas prendre l'idée auprès de son idole pour les avoir à sa botte).
Nous entrons dans une société d'humiliation et de répression.
C'est affligeant.
NON MAIS vous pensait jamais aux victimes !!?!??
(nan je rigole, c'etait une blague pour faire comme sur le site de Libe, le journal maoiste. Faut bien deconner de temps en temps)
> (nan je rigole, c'etait une blague pour faire comme sur le site de Libe,
> le journal maoiste.
... dont les forums sont envahis par les trolls sarkozystes
Quand je pense que Maurice Papon n'a même pas fait ses quatre ans de prison ferme.
Maurice était vieux !
Merde un peu de respect pour les vieux !
Sans déconner !
:|
juste de passage (je suis encore très loin), pour lire ce bouleversant, non, terrifiant article...
le pays des cow boys a bien fini de nous faire rêver....
je ne sais pas grand chose de la justice indienne, à part que la peine de mort y est pratiquée, mais il est aussi possible que les enfants y soient emprisonnés dans de très mauvaises conditions....je vais essayer de trouver des infos...
bisous emcee et merci pour tous ces articles
Il faut faire attention à ce monde, surtout qu'on ne peut pas le changer.
... vieux ...ET MALADE, le pauvre!
Salut, céleste, je viens de publier ton com' qui s'était caché.
Oui, ce serait intéressant de savoir ce qui se passe en Inde à ce propos.
Mais apparemment, il y a très peu de pays qui appliquent cette peine.
Je passe souvent lire tes chroniques de voyage et elles m'enchantent .
Bonne continuation.
Et envoie nous encore tes belles histoires qui nous font rêver.
Bisous
Invraisemblable ... Franchement, là j'ai plus très envie d'aller dormir ... Y a de quoi être dégouté. A croire qu'on est vraiment rentré dans une société qui punit les gens à répétition : une fois pour leur crime, et ensuite on s'acharne en ne leur donnant ni chance de pardon, ni de réinsertion correcte. Au lieu d'investir dans des prisons et de multiplier le parc (ahaha parc, ça fait vraiment promenade de santé) carcéral, on favorisait une réinsertion correcte. Si, lorsqu'un guss sort de prison, au lieu de le stigmatiser, on lui donnait une chance de recommencer. Si on ne lui fermait pas la porte à tout : parce que, de nos jours, rien ne se fait sans certificat de bonne vie et moeurs (compte en banque, job, louer un appart) Si pas de seconde chance, à quoi bon? Enfin ici, c'est pire, ils peuvent même plus faire partie de la société. Gageons que leur crasse de système ne s'exporte pas; en tout cas, faisons en sorte que notre société ne vire pas comme ça ...
Le plus affligeant n'est pas l'article, qui ne fait que relater des faits en y ajoutant quelques commentaires partisans, mais plutot les commentaires... Quand l'angelisme va-t-il cesser ?
Alors oui forcément , je ne suis qu'un connard de droite, un facho qui ne pense qu'aux victimes que ces gens ont violentés (tués) parce que ces deux futurs assistés avaient la légitime envie d'un milk shake... De toute façon, ce n'etait qu'une grand mère, une vieille, un truc ringard et inutil, incapable de nous divertir, qui coute de l'argent à la société ... on devrait, a la limite, remercier cette future maman et son cow boy de nous en avoir débarassé...
bande de mouches asceptisées bouffées par la pensée unique ...
Mesdames et messieurs,
la mouche aseptisée bouffée par la pensée unique va vous faire part d'une pensée elle-aussi unique en son genre : "ceci n'est pas un débat gauche-droite". Et oui, ici, on parle de règles qui datent d'un autre âge : en Europe (du moins à ma connaissance), il n'y a pas de perpet pour les mineurs au moment des faits. Alors, il est légitime, et cela sans poser de jugement de valeurs sur le bienfondé ou non de voler un milkshake à la banane ou d'acheter un à la fraise, de dire : NON, la société ne peut juger un mineur aussi cruellement parce qu'il est insensé de penser qu'à 16 ans on est aussi responsable qu'à 30 ans ... Personne, ici, n'a dit qu'il fallait buter une vieille pour siroter son milkshake : on est juste partisan d'un système plus humain (si la mouche que je suis, peut se permettre d'interagir au niveau de l'humanité ...)
On ne peut pas avoir plus de visiteurs sans tomber sur le décérébré de service. C'est dommage.
Et c'est pitoyable que des nains acéphales se permettent de venir intervenir sur un sujet grave pour vomir des âneries.
N'ayant pas la vertu des femmes de marins, je supprimerai désormais tout commentaire débile.
Il y a assez de forums où on peut déverser impunément des torrents d'ignorance crasse pour que je les accepte chez moi.
Merci, Dissidence danse pour tes com' pertinents.
gaffe ... on y va doucement mais surement vers un système de ce type ...
avec des arguments ( qui commencent à s'énoncer ...) du genre " une juste condamnation ( sous-entendu "estimée juste par la victime" ) est indispensable à la reconstruction de la victime ... ce qui fait basculer la "justice" dans un role de "thérapeute" qui n'est pas le sien ...
ben vi, c'est moi :-))
"Quand l'angleisme va t'il cessé?" c'est enorme ce genre de question toute faite c'est un peu comme "la france ne peut pas accueillir toute la misere du monde" et apres c'est nous la pensée unique...hum
L'angelisme ej ne sais meme pas si il a deja existé aux USA, en GB, et ca fait plus de 5 ans qu'on a un maniac de la tolérence zéro au pouvoir en France je crois pas qu'au niveau de l'insecurité ou des atteintes physiques aux personnes ca soit vraiment super efficace. Le fait de s'interesser aux delinquants ou aux criminels c'est aussi comprendre pour eviter de nouvelles victimes. Ca sert a rien de mettre de centaines de milliers de gamins en tole sans jamais chercher à comprendr epourquoi ils partent en vrille et ca sert a rien a mettre des gens en tole si ils ne ressortent jmais? Autant les tuer ca serait limite plus humains. Quant à la proximité entre les gouvernants et les entreprises qui construisent des prisons c'est proprement anti democratique
Je n'ai même pas pu aller jusqu'au bout du premier témoignage, c'est insoutenable.
Mais j'ai un doute à propos du lien entre l'élection des juges et des shérifs et le niveau de la répression. Regardez chez nous, ça monte aussi, et les juges sont des professionnels.
Les classes dirigeantes ont décidé d'enfermer les pauvres et les révoltés, c'est tout. On peut m'accuser d'être simpliste, rien à f...
Oui, THC2, on laisse croire que le mal sera éradiqué si on enferme les gens. Comme aux US.
Mais il est vrai aussi que les prisons privées, c'est plus juteux pour les groupes privés que des services sociaux compétents.
Et ce traitement simpliste de la justice permet de maintenir la population dans la crainte. Et d'empêcher toute révolte de masse.
C'est ce qui va aussi se passer en France avec le clone.
@ Patrice, certes les juges dans les deux cas appliquent des lois, mais les juges aux US ont toutes les chances d'être plus répressifs, puisque tous ont été élus sur ces critères-là.
Il est évident, d'autre part, qu'à l'heure actuelle, avec la politique menée en France, les juges, élus ou pas, auront moins de marge de manoeuvre (peines planchers etc.) et seront comme aux Etats-Unis contraints d'appliquer un "tarif".
C'est une des raisons des mensonges qui ont été formulés à l'encontre les juges soi-disant "laxistes".
Tout cela à des fins purement électoralistes. Et pour organiser la répression et la division de la population française.
Comme aux US.
je trouve ca lamentable ! cmt pe ton toléré ca encore aujourdui et dans une osi grande nation ke els états unis ! g 18ans et je trouve c gens tré courageux car je noré jms la force de vivre ca. chacun a le droit a une seconde chance surtout lorsk celui ci regrette profondemment c acte. c ihumain, sa me degoute ! jsper ke cet loi debile poura changer....
c'est gentil, Laeti de venir poster un commentaire intéressant. Un truc: à 18 ans, il est certainement possible de faire mieux question orthographe, non?
je pense kil y a plus importan ke ca non?? pff on laisse un commentaire avec skon pense et tout skon retien c kon a mal ecri ! ben sa va bone continuation
Moi, j'ai toujours défendu une éducation pour tous et je pense que c'est une des priorités, avec la couverture sociale. Donc, si on a reçu une éducation libre et gratuite - ce qui n'est pas le cas de la grande majorité des pays, même dits "développés", comme par exemple aux Etats-Unis - on se doit d'en être reconnaissant (e) et fier (e) et de transmettre ces valeurs aux autres. Point.
C vrai que la justice est parfois trop dure !
daccord ya des mineurs qui ont fait des choses pas tres bien mais au point de les enfermer pour leur reste de leur vie...
les jeunes criminels n'ont pas toujours conscience de leurs actes. Mais les punir d'une telle maniere...
PS j'ai que 12 ans bientot13 mais je comprends deja l'injustice! Je vote pour un monde meilleur !!!!!!!!!!!!!!!
que ce qui sont tous avec moi viennent me lacher leurs coms sur mon blog !!! MERCI d'avance