Le capitalisme fait feu de tout bois
Par emcee le jeudi 5 juillet 2007, 08:38 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
La planète est en danger? Qu'à cela ne tienne: nous avons des solutions. Des
solutions pour les pauvres et pour les riches. Comme d'hab. Ca nous permet de
respirer, pour l'instant. Et d'ici vingt ans, on en reparlera.
Aux survivants.
"Shop 'Til the Earth Drops", article de Amy
Wolf, dans "Indypendent"
June 20, 2007, Printed on June 23, 2007
http://www.alternet.org/story/54208...
Achetez jusqu'à l'épuisement de la planète
Autrefois recommandé pour se remettre d'une journée de travail pénible, le
shopping est aujourd'hui présenté comme la panacée contre le réchauffement
climatique.
Soucieux de contrôler votre empreinte écologique? Le New York Times
a récemment publié un dossier sur les copropriétés de grand standing les plus
écolos.
Ennuyé pour acheter les vêtements du petit? Plenty, un
magazine dédié au mode de vie écolo, propose des vêtements écolos pour bébé en
coton bio et plastique non toxique.
Le shopping n'est apparemment pas la seule façon de sauver la
planète.
Wall Street est sur le coup, car il y a des pépettes à se faire
avec l'écologie. Le magazine SmartMoney donne des tuyaux sur "comment faire des
profits et sauver la planète en même temps".
Vous voulez vous faire du pognon grâce à la sècheresse provoquée par le
réchauffement de la planète? Investissez dans Monsanto, le leader
mondial du développement de la production de cultures qui résistent à la
sècheresse.
Vous vous demandez où acheter une résidence secondaire en fonction du
réchauffement climatique? L'Atlantic Monthly vous suggère d'investir
dans le sud du Canada.
Il n'est pas difficile de comprendre pourquoi les grands médias sont si
dépendants des achats des consommateurs. Deux tiers environ de l'économie US
concernent la consommation – maisons, voitures, vêtements, alimentation,
électronique, tourisme et plus encore. Et aucun de ces magazines n'existerait
s'il ne se constituait pas un lectorat avenant pour les publicitaires.
Mais cette fois-ci, nous ne pouvons pas échapper à cette catastrophe en
consommant ou en investissant.
"On ne peut pas résoudre les problèmes créés par la consommation de masse en
consommant davantage" dit Heather Rogers, réalisatrice de films et auteur de
"Disparues demain, La Vie secrète des Ordures."
"Il ne faut pas confondre consumérisme et engagement politique" ajoute Rogers.
L'engagement véritable implique une relation plus complexe avec le monde qui
nous entoure, alors que l'idée de donner de l'argent pour déterminer ses choix
simplifie et limite cette relation". En pensant que nous pouvons sortir de ce
désastre écologique et économique avec de l'argent, nous restons dans le cadre
du capitalisme où la consommation et la production entraînent davantage de
dégâts et de dégradations écologiques.
"La croissance économique est incompatible avec la protection de
l'environnement, la sécurité nationale et la stabilité internationale", dit
Brian Czech, docteur en biologie et président du Centre pour la Promotion d'une
Economie Nationale Stable".
Dans son livre, "Jeter du carburant dans un train en fuite", Czech, qui
travaille dans une réserve d'élans pour la tribu Apache de San Carlos, dans
l'Arizona, explique que "chaque dollar dépensé est un dollar qui part en
fumée".
En tant que directeur du Département de la Nature et des Loisirs, Czech
vendait aux enchères des permis de chasse à l'élan aux chasseurs de gibier. Ces
permis ont été emportés pour 43.000 dollars l'un, dont une partie de la somme
était destinée à l'amélioration de l'habitat naturel des élans. Deux de ces
permis ont été achetés par Aaron Jones, "chasseur de trophées" et propriétaire
de la plus grande scierie de l'Oregon, spécialisée dans la coupe d'arbres
matures.
Czech a constaté que "les améliorations que nous avons apportées à l'habitat
naturel des élans étaient une goutte d'eau dans l'océan par rapport aux dégâts
environnementaux occasionnés pour trouver un financement".
Il en va de même pour les projets de compensation volontaire destinés à
réduire les émissions de gaz carbonique, un marché qui pèse 40 millions de
dollars actuellement.
L'idée, c'est qu'on peut réduire les émissions de gaz à effet de serre en
permettant à un pollueur qui n'utilise pas tout son quota de dioxyde de carbone
de revendre le surplus à une usine chauffée au charbon, par exemple, lui
permettrant ainsi de dépasser son propre quota.
Et tant pis s'il n'est pas démontré que ce système fonctionne et s'il y a
chaque année davantage d'émissions de gaz à effet de serre.
D'après marketwatch.com, le site économique en ligne, les plus grandes
banques d'investissement de Wall Street comme JP Morgan jouent des coudes pour
pénétrer un marché qui, selon les estimations, s'élèvera à trois mille
milliards de dollars d'ici 20 ans – somme qui correspond actuellement à
l'ensemble des marchés de l'énergie.
Les bénéfices potentiels sont énormes. Même si on pouvait gagner de l'argent
en réduisant les émissions de gaz à effet de serre, comme l'a récemment écrit
dans The Nation Doug Henwood, rédacteur en chef de la lettre
économique Left Business Observer, cet argent pourrait encore être
dépensé à fabriquer des produits qui vont plus encore contribuer à l'épuisement
des ressources naturelles.
Au fond, l'argent pollue plus que les émissions de gaz elles mêmes.
Ce qui ne veut pas dire que les choix n'ont pas d'importance. On ne peut pas
avoir une planète plus propre en donnant de l'argent mais on peut décider de
consommer bien moins.
Czech explique: " Il faut qu'une prise de conscience importante sur la façon
dont nous consommons aux US touche les consommateurs les plus
ostentatoires."
"Le problème, ajoute–t-il, c'est que même si beaucoup de gens s'engagent dans
la préservation de la planète, cette action peut être annihilée par un seul
consommateur qui s'achète un Hummer ou une maison gigantesque ". Roger pense
que pour résoudre véritablement cette crise environnementale, il faut un
système économique qui ne soit pas fondé sur l'accumulation de
richesses".
On peut trouver des solutions individuelles en adhérant à des mouvements
comme "Church of Stop Shopping" (Eglise pour cesser de consommer) ou
le "freeganism" (voir notes), qui, avec de plus en plus
d'adeptes, prône la consommation de produits locaux bio et végétariens, la
suppression progressive de tous les produits ménagers toxiques, et l'achat de
vêtements dans des friperies plutôt que dans les centres commerciaux.
Par exemple si vous avez besoin de vêtements pour bébés, la meilleure
solution pour la planète c'est d'habiller votre gamin dans les magasins de
vêtements d'occasion, qu'on trouve partout puisque les vêtements pour enfants
sont vite trop petits et qu'ils n'ont donc pas le temps de s'user.
Même les pyjamas les plus écolos, fabriqués en coton bio, pompent plus de
ressources naturelles que ceux qu'on achète à peine portés et meilleur marché
dans un dépôt vente.
La popularité et la rentabilité de la mode écolo préfigurent un changement
dans les mentalités et indiquent un important désir de changement.
Rogers propose: "Beaucoup de gens comprennent de par leur expérience
personnelle que la production de masse et la société de consommation actuelles
engendrent un énorme gaspillage. Ils constatent cela tous les jours. Il y a
bien d'autres possibilités entre la façon dont nous consommons actuellement et
une conception esthétique pure et froide. Il n'est donc pas irréaliste de
penser que nous pouvons imaginer des façons innovantes et qui auraient plus
d'impact pour résoudre ces problèmes"
http://www.alternet.org/environment...
Notes:
LA TRIBU APACHE SAN CARLOS
http://iowa.chez-alice.fr/azItcasan...
Church of Stop Shopping (visitez le site, intéressant
et drôle)
http://www.revbilly.com/about_us/
Freeganism
http://fr.wikipedia.org/wiki/Freega...
(en fr)
en anglais: http://en.wikipedia.org/wiki/Freega...
Le principe de compensation volontaire des émissions de CO2
http://www.generationsfutures.com/c...
Et aussi ici:
http://www.amisdelaterre.org/Pour-c...
…………………………………………………………………………………………….
Note perso
Mais voilà, entre autres, ce que cela donne:
Les "compensations volontaires d'émissions de CO2" qu'on paie pour avoir la
conscience tranquille, comme autrefois les indulgences, et qui permettent, par
exemple, d'acheter un hypothétique arbre dans une contrée lointaine chaque fois
qu'on a un peu trop tiré sur le 4X4. Encore une affaire qui roule.
Sait-on où ira notre obole? On s'en fiche un peu, non? Puisqu'on peut continuer
tranquillement à polluer.
Moi, mon idée, c'est que chacun plante son propre arbre, sa propre
chlorophylle, plutôt que de déléguer les responsabilités à des intermédiaires
plus ou moins sincères.
Et planter son arbre, cela veut dire: se responsabiliser individuellement et
militer collectivement contre l'hypocrisie du système qu'ils veulent instaurer.
Tout cela pour se remplir les poches. Différemment, mais sûrement.
"Consommer intelligent"
http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/pa...
Les médias polluent l'information sans se gêner
http://carnetsdenuit.typepad.com/ca...
Et, ainsi, les riches pourront continuer à polluer, laissant la culpabilité aux
pauvres.
Y a qu'à voir comme les responsables politiques, le prez en tête ont vite fait
de sauter dans un avion - privé, de préférence, question de ne pas se mêler à
la populace.
Voir, à ce sujet:
Groupe Nada Toulon
http://groupenadatoulon.lautre.net/...
et aussi dans:
http://www.profbof.com/bestbof/trav...
Et, une intéressante réflexion de Céleste sur les voyages en avion.
Ici:
http://celestissima.blog.20minutes....
Sans compter la pollution des rivières et des eaux, même que Bruxelles
compte pénaliser grave la France. (Bon, je retrouve pas où je l'ai lu pour
l'instant, je crois que c'est dans le Canard)
Elevage du bétail: chiffres.
http://desmotscratie.net/post/2007/...
Et pendant ce temps-là, les OGM ont toujours pignon sur rue. Et on va finir
par nous les fourguer de plus en plus. Et si tu fais de la résistance, tu
craches ton ADN et direct en taule!
Le monde à l'envers.
http://fr.news.yahoo.com/fc/biotech...
Alors, il sert à quoi le grand ministère de l'écologie?
D'abord, à mon humble avis, à caser ceux qu'on veut neutraliser (vous le
trouviez crédible, Juppé en défenseur de l'humanité?) et ensuite, à faire
passer la pilule "Ministère de l'Immigration et
d'identité nationale".
Hypocrisie toujours
Moi, il y a un truc tout bête qui me fait hurler: c'est l'élimination des
sacs plastique dans les grandes surfaces.
Cela faisait des décennies que les supermarchés pleurnichaient que cela leur
coûtait cher, qu'ils ne pourraient plus tenir avec tous ces frais (déjà qu'ils
devaient payer grassement des caissières, on les comprend!).
Alors, ils nous ont trouvé le coup de l'écologie. Plus de sacs plastique qui
polluent nos verts coteaux. Et le gogo marche dans la combine.
Certes. Dans l'absolu, c'est vrai.
Mais ils servaient à quoi, les sacs plastique? A mettre les déchets dans les
poubelles. Et on trouve quoi dans les supermarchés? Des rayons entiers de
rouleaux de sacs plastiques. Payants. Et le tour est joué. Ce n'est plus la
grande distribution qui pollue mais toi, pauvre con, qui achètes des sacs
plastique pour jeter tes déchets.
Et pourquoi donc n'ont-ils pas décidé de remplacer ces sacs qui polluent par
des emballages biodégradables? Et pourquoi une fois que tu es dans le magasin
tu as tout d'enrobé de polystyrène et d'autres trucs polluants? Ce ne serait
pas parce, là, c'est TOI qui paies?
Ca c'est pareil pour les caissières.
Trop de caissières nuit. C'est bien connu.
Ce n'était pas suffisant de les payer au lance-pierre, de leur imposer des
temps partiels et de les faire venir à des horaires inhumains. La solution, ils
l'ont trouvée: supprimer un max le nombre de caissières et laisser le client se
dépatouiller avec ses achats.
Toi, client, tu fais passer ce qu'ils t'ont fourgué à coups de promotion sur le
tapis tiroir caisse, tu remets tout en vrac dans le caddie, tu te charries ton
truc jusqu'à ton véhicule et tu te débrouilles pour tout caser.
Ils n'ont pas encore pensé à faire systématiquement payer le parking. Ca va
venir. Il suffirait qu'ils trouvent une raison écolo pour faire cracher le
client au bassinet.
Remarquez, j'dis ça, mais les supermarchés n'ont pas souvent ma
visite.
J'achète local autant que faire se peut.
Et si on fait ses comptes, en faisant quelques concessions alimentaires, on s'y
retrouve. Pour tout et pour la qualité de la vie.
C'est à ça qu'il faut viendre. Pas à donner des sous toujours des sous pour
continuer à vivre comme des cons dans une planète de plus en plus
pourrie.
C'est mon opinion et je la partage volontiers.
Commentaires
Pareil ma chère, je commente peu mais je lis beaucoup ...
Et puis comme tu dis, quand on est vraiment d'accord, on a pas tellement de trucs à ajouter
Je crois en effet que tant que nous n'aurons pas de dirigeant fort qui réussira à imposer un discours alternatif sur la sacro sainte croissance, nous n'aurons rien d'autre que du rafistolage à base de commerce équitable (gavons nous de chocolat, en plus on aide les africains), à base en effet de coton bio et autres conneries.
Les gens confondent deux choses qu'il convient à mon avis de séparer :
- Atteintes à notre intégrité, avec des produits bourrés de saloperies, additifs, viande de merde aux antibiotiques, pesticides, pollution du mode de production etc
- Atteintes à l'environnement, avec surproduction, surconsommation, gaspillage, non recyclage, emballages etc etc
Il est donc totalement inutile de conserver le même mode de consommation frénétique même si on pense faire du bien avec du bio, il suffit de voir des discusssions d'amateurs de voitures quand ils parlent de "biocarburants"... ils n'ont rien compris.
Comme dis Bruce Willis dans Fast Food Nation : "il y a des milliers de morts en voiture chaque année, faut-il pour autant cesser de produire des voitures ?" ... la réponse est peut être plus complexe que "non".
Encore merci pour toutes ces infos et ces liens !
merci pour cet intéressant commentaire et ces précisions.
Encore une fois: d'accord.
Il faut en effet un rassemblement autour d'un leader fort (voire une femme, bien sûr), avec une nouvelle conception de l'économie et de la société. Y a pas de raison qu'on ne trouve pas, bon sang.
Pour l'instant, on est tous en vrac. un peu écolos, un peu sociaux, alters mais sans savoir ce que cela peut impliquer et si on va finalement s'entendre avec les autres, etc.
Tant qu'on n'arrivera pas à se mettre d'accord sur ce qu'on veut - et non pas ce qu'on ne veut pas, on va ramer, je crois.
Quant au commerce équitable, c'est aussi une belle invention pour écolo bobo tendance néolibéral, style PS centre gauche (y a pas plus loin de ce côté).
Viens donc mon petit bonhomme que je me donne une bonne conscience. Mais à mes conditions, une fois encore.
Et pendant ce temps, à côté, tout le reste des terres agricoles est envahi par les OGM à Mon...to (pas de pub inutile), et toutes ces cochonneries de biocarburants dont on nous rebat les oreilles.
Si les paysans des pays pauvres produisent des trucs bio pour les bobos occidentaux et des biocarburants pour les néocons, ils vont bouffer quoi, ces malheureux?
J'ai lu que les Anglais (supermarchés et autres), qui ont plus ou moins renoncé à cultiver chez eux, achetaient les petits légumes bio en Afrique, au Kenya en particulier.
Non seulement, cela demande beaucoup d'eau - précieuse, évidemment, mais ensuite, il faut transporter tout cela en avion.
Elle est pas belle, la vie?
Je ne sais pas si je prends de plus en plus conscience des absurdités de la mondialisation ou si les choses se sont brusquement accélérées ces derniers temps, mais j'ai comme l'impression qu'on nous prend de plus en plus pour des imbéciles.
Quand je vois sur les autoroutes de France les camions bourrés de tomates d'Espagne qui croisent les camions bourrés de tomates de Hollande, j'ai envie de hurler.
Paraît même que ça a un nom en économie. Ils pensent vraiment à tout.
Néo-libéral égale ps centre gauche...pas d'accord. regarde ce que j'écris, c'est centre-gauche, c'est ps mais trés néo-libéral
Néo-libéral égale ps centre gauche...pas d'accord. regarde ce que j'écris, c'est centre-gauche, c'est ps mais pas trés néo-libéral