Achetez jusqu'à l'épuisement de la planète

Autrefois recommandé pour se remettre d'une journée de travail pénible, le shopping est aujourd'hui présenté comme la panacée contre le réchauffement climatique.

Soucieux de contrôler votre empreinte écologique? Le New York Times a récemment publié un dossier sur les copropriétés de grand standing les plus écolos.

Ennuyé pour acheter les vêtements du petit? Plenty, un magazine dédié au mode de vie écolo, propose des vêtements écolos pour bébé en coton bio et plastique non toxique.

Le shopping n'est apparemment pas la seule façon de sauver la planète.

Wall Street est sur le coup, car il y a des pépettes à se faire avec l'écologie. Le magazine SmartMoney donne des tuyaux sur "comment faire des profits et sauver la planète en même temps".

Vous voulez vous faire du pognon grâce à la sècheresse provoquée par le réchauffement de la planète? Investissez dans Monsanto, le leader mondial du développement de la production de cultures qui résistent à la sècheresse.
Vous vous demandez où acheter une résidence secondaire en fonction du réchauffement climatique? L'Atlantic Monthly vous suggère d'investir dans le sud du Canada.

Il n'est pas difficile de comprendre pourquoi les grands médias sont si dépendants des achats des consommateurs. Deux tiers environ de l'économie US concernent la consommation – maisons, voitures, vêtements, alimentation, électronique, tourisme et plus encore. Et aucun de ces magazines n'existerait s'il ne se constituait pas un lectorat avenant pour les publicitaires.

Mais cette fois-ci, nous ne pouvons pas échapper à cette catastrophe en consommant ou en investissant.
"On ne peut pas résoudre les problèmes créés par la consommation de masse en consommant davantage" dit Heather Rogers, réalisatrice de films et auteur de "Disparues demain, La Vie secrète des Ordures."
"Il ne faut pas confondre consumérisme et engagement politique" ajoute Rogers. L'engagement véritable implique une relation plus complexe avec le monde qui nous entoure, alors que l'idée de donner de l'argent pour déterminer ses choix simplifie et limite cette relation". En pensant que nous pouvons sortir de ce désastre écologique et économique avec de l'argent, nous restons dans le cadre du capitalisme où la consommation et la production entraînent davantage de dégâts et de dégradations écologiques.
"La croissance économique est incompatible avec la protection de l'environnement, la sécurité nationale et la stabilité internationale", dit Brian Czech, docteur en biologie et président du Centre pour la Promotion d'une Economie Nationale Stable".
Dans son livre, "Jeter du carburant dans un train en fuite", Czech, qui travaille dans une réserve d'élans pour la tribu Apache de San Carlos, dans l'Arizona, explique que "chaque dollar dépensé est un dollar qui part en fumée".

En tant que directeur du Département de la Nature et des Loisirs, Czech vendait aux enchères des permis de chasse à l'élan aux chasseurs de gibier. Ces permis ont été emportés pour 43.000 dollars l'un, dont une partie de la somme était destinée à l'amélioration de l'habitat naturel des élans. Deux de ces permis ont été achetés par Aaron Jones, "chasseur de trophées" et propriétaire de la plus grande scierie de l'Oregon, spécialisée dans la coupe d'arbres matures.
Czech a constaté que "les améliorations que nous avons apportées à l'habitat naturel des élans étaient une goutte d'eau dans l'océan par rapport aux dégâts environnementaux occasionnés pour trouver un financement".

Il en va de même pour les projets de compensation volontaire destinés à réduire les émissions de gaz carbonique, un marché qui pèse 40 millions de dollars actuellement.
L'idée, c'est qu'on peut réduire les émissions de gaz à effet de serre en permettant à un pollueur qui n'utilise pas tout son quota de dioxyde de carbone de revendre le surplus à une usine chauffée au charbon, par exemple, lui permettrant ainsi de dépasser son propre quota.

Et tant pis s'il n'est pas démontré que ce système fonctionne et s'il y a chaque année davantage d'émissions de gaz à effet de serre.
D'après marketwatch.com, le site économique en ligne, les plus grandes banques d'investissement de Wall Street comme JP Morgan jouent des coudes pour pénétrer un marché qui, selon les estimations, s'élèvera à trois mille milliards de dollars d'ici 20 ans – somme qui correspond actuellement à l'ensemble des marchés de l'énergie.

Les bénéfices potentiels sont énormes. Même si on pouvait gagner de l'argent en réduisant les émissions de gaz à effet de serre, comme l'a récemment écrit dans The Nation Doug Henwood, rédacteur en chef de la lettre économique Left Business Observer, cet argent pourrait encore être dépensé à fabriquer des produits qui vont plus encore contribuer à l'épuisement des ressources naturelles.
Au fond, l'argent pollue plus que les émissions de gaz elles mêmes.
Ce qui ne veut pas dire que les choix n'ont pas d'importance. On ne peut pas avoir une planète plus propre en donnant de l'argent mais on peut décider de consommer bien moins.
Czech explique: " Il faut qu'une prise de conscience importante sur la façon dont nous consommons aux US touche les consommateurs les plus ostentatoires."
"Le problème, ajoute–t-il, c'est que même si beaucoup de gens s'engagent dans la préservation de la planète, cette action peut être annihilée par un seul consommateur qui s'achète un Hummer ou une maison gigantesque ". Roger pense que pour résoudre véritablement cette crise environnementale, il faut un système économique qui ne soit pas fondé sur l'accumulation de richesses".

On peut trouver des solutions individuelles en adhérant à des mouvements comme "Church of Stop Shopping" (Eglise pour cesser de consommer) ou le "freeganism" (voir notes), qui, avec de plus en plus d'adeptes, prône la consommation de produits locaux bio et végétariens, la suppression progressive de tous les produits ménagers toxiques, et l'achat de vêtements dans des friperies plutôt que dans les centres commerciaux.

Par exemple si vous avez besoin de vêtements pour bébés, la meilleure solution pour la planète c'est d'habiller votre gamin dans les magasins de vêtements d'occasion, qu'on trouve partout puisque les vêtements pour enfants sont vite trop petits et qu'ils n'ont donc pas le temps de s'user.
Même les pyjamas les plus écolos, fabriqués en coton bio, pompent plus de ressources naturelles que ceux qu'on achète à peine portés et meilleur marché dans un dépôt vente.

La popularité et la rentabilité de la mode écolo préfigurent un changement dans les mentalités et indiquent un important désir de changement.
Rogers propose: "Beaucoup de gens comprennent de par leur expérience personnelle que la production de masse et la société de consommation actuelles engendrent un énorme gaspillage. Ils constatent cela tous les jours. Il y a bien d'autres possibilités entre la façon dont nous consommons actuellement et une conception esthétique pure et froide. Il n'est donc pas irréaliste de penser que nous pouvons imaginer des façons innovantes et qui auraient plus d'impact pour résoudre ces problèmes"

http://www.alternet.org/environment...

Notes:

LA TRIBU APACHE SAN CARLOS
http://iowa.chez-alice.fr/azItcasan...

Church of Stop Shopping (visitez le site, intéressant et drôle)
http://www.revbilly.com/about_us/

Freeganism
http://fr.wikipedia.org/wiki/Freega... (en fr)
en anglais: http://en.wikipedia.org/wiki/Freega...

Le principe de compensation volontaire des émissions de CO2
http://www.generationsfutures.com/c...

Et aussi ici:
http://www.amisdelaterre.org/Pour-c...
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Note perso

Mais voilà, entre autres, ce que cela donne:
Les "compensations volontaires d'émissions de CO2" qu'on paie pour avoir la conscience tranquille, comme autrefois les indulgences, et qui permettent, par exemple, d'acheter un hypothétique arbre dans une contrée lointaine chaque fois qu'on a un peu trop tiré sur le 4X4. Encore une affaire qui roule.
Sait-on où ira notre obole? On s'en fiche un peu, non? Puisqu'on peut continuer tranquillement à polluer.
Moi, mon idée, c'est que chacun plante son propre arbre, sa propre chlorophylle, plutôt que de déléguer les responsabilités à des intermédiaires plus ou moins sincères.
Et planter son arbre, cela veut dire: se responsabiliser individuellement et militer collectivement contre l'hypocrisie du système qu'ils veulent instaurer. Tout cela pour se remplir les poches. Différemment, mais sûrement.

"Consommer intelligent"
http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/pa...

Les médias polluent l'information sans se gêner
http://carnetsdenuit.typepad.com/ca...
Et, ainsi, les riches pourront continuer à polluer, laissant la culpabilité aux pauvres.
Y a qu'à voir comme les responsables politiques, le prez en tête ont vite fait de sauter dans un avion - privé, de préférence, question de ne pas se mêler à la populace.

Voir, à ce sujet:
Groupe Nada Toulon
http://groupenadatoulon.lautre.net/...

et aussi dans:
http://www.profbof.com/bestbof/trav...

Et, une intéressante réflexion de Céleste sur les voyages en avion. Ici:
http://celestissima.blog.20minutes....

Sans compter la pollution des rivières et des eaux, même que Bruxelles compte pénaliser grave la France. (Bon, je retrouve pas où je l'ai lu pour l'instant, je crois que c'est dans le Canard)
Elevage du bétail: chiffres.
http://desmotscratie.net/post/2007/...

Et pendant ce temps-là, les OGM ont toujours pignon sur rue. Et on va finir par nous les fourguer de plus en plus. Et si tu fais de la résistance, tu craches ton ADN et direct en taule!
Le monde à l'envers.
http://fr.news.yahoo.com/fc/biotech...

Alors, il sert à quoi le grand ministère de l'écologie?

D'abord, à mon humble avis, à caser ceux qu'on veut neutraliser (vous le trouviez crédible, Juppé en défenseur de l'humanité?) et ensuite, à faire passer la pilule "Ministère de l'Immigration et d'identité nationale".

Hypocrisie toujours

Moi, il y a un truc tout bête qui me fait hurler: c'est l'élimination des sacs plastique dans les grandes surfaces.
Cela faisait des décennies que les supermarchés pleurnichaient que cela leur coûtait cher, qu'ils ne pourraient plus tenir avec tous ces frais (déjà qu'ils devaient payer grassement des caissières, on les comprend!).

Alors, ils nous ont trouvé le coup de l'écologie. Plus de sacs plastique qui polluent nos verts coteaux. Et le gogo marche dans la combine.
Certes. Dans l'absolu, c'est vrai.

Mais ils servaient à quoi, les sacs plastique? A mettre les déchets dans les poubelles. Et on trouve quoi dans les supermarchés? Des rayons entiers de rouleaux de sacs plastiques. Payants. Et le tour est joué. Ce n'est plus la grande distribution qui pollue mais toi, pauvre con, qui achètes des sacs plastique pour jeter tes déchets.
Et pourquoi donc n'ont-ils pas décidé de remplacer ces sacs qui polluent par des emballages biodégradables? Et pourquoi une fois que tu es dans le magasin tu as tout d'enrobé de polystyrène et d'autres trucs polluants? Ce ne serait pas parce, là, c'est TOI qui paies?

Ca c'est pareil pour les caissières.
Trop de caissières nuit. C'est bien connu.
Ce n'était pas suffisant de les payer au lance-pierre, de leur imposer des temps partiels et de les faire venir à des horaires inhumains. La solution, ils l'ont trouvée: supprimer un max le nombre de caissières et laisser le client se dépatouiller avec ses achats.
Toi, client, tu fais passer ce qu'ils t'ont fourgué à coups de promotion sur le tapis tiroir caisse, tu remets tout en vrac dans le caddie, tu te charries ton truc jusqu'à ton véhicule et tu te débrouilles pour tout caser.

Ils n'ont pas encore pensé à faire systématiquement payer le parking. Ca va venir. Il suffirait qu'ils trouvent une raison écolo pour faire cracher le client au bassinet.

Remarquez, j'dis ça, mais les supermarchés n'ont pas souvent ma visite.
J'achète local autant que faire se peut.
Et si on fait ses comptes, en faisant quelques concessions alimentaires, on s'y retrouve. Pour tout et pour la qualité de la vie.
C'est à ça qu'il faut viendre. Pas à donner des sous toujours des sous pour continuer à vivre comme des cons dans une planète de plus en plus pourrie.

C'est mon opinion et je la partage volontiers.