Des croissants industriels au beurre ou décroissant aux épinards?
Par emcee le dimanche 3 juin 2007, 11:56 - Lien permanent
"Travailler plus, pour gagner plus": être mieux loti, en quelque sorte.
C'est l'idée que cherche à véhiculer ce slogan racoleur.
Mais quelle est la réalité?
D'abord, il faut savoir que pour celui qui aura droit à ce "privilège", ce
sera pour payer plus de factures. Il n'y a pas d'illusions à se faire
là-dessus. Plus on travaille, plus on a besoin de services ou plus on se crée
des besoins dont on pourrait largement se passer. Des besoins éphémères qui
finiront automatiquement à la poubelle à court terme. (J'ai découvert récemment
qu'il était moins cher de racheter une imprimante que de remplacer l'encre.
Voilà une des aberrations de cette société du tout-jetable, que les crétins
appellent "société de progrès". Beurk).
Et pour ceux qui n'auront toujours pas de travail – pris par ceux qui
effectueront des heures supplémentaires - ou ceux qui n'auront qu'un travail
précaire et mal payé, ce sera toujours la misère.
Mais qui voit la misère des autres? On a déjà bien assez de mal à comprendre
d'où vient la sienne par les temps qui courent.
Ce qu'on veut nous imposer, à très brève échéance à droite (et à un peu plus
longue, pour la "gauche" '"socialiste") c'est, en quelque sorte, de nous
aligner sur le "modèle" américain.
Oui, mais de quels Américains s'agit-il?
Ceux dont la fortune insolente va directement à la descendance
assistée?
Ceux qui ne bénéficient de rien, qui, souvent, ont un emploi, mais ne peuvent
pas se payer le minimum vital?
Ou bien la classe moyenne qui se paupérise de plus en plus, qui est dans les
dettes jusqu'au cou, et dont le sort est de ne jamais s'arrêter de travailler
au risque de tout perdre?
Allons-nous un jour nous réveiller de ce
cauchemar?
Voici un article tiré de "AlterNet", écrit par Dara Colwell et paru le 21 mai 2007
Why Working Less is Better for the Globe
Pourquoi travailler moins c'est mieux pour la
planète
Les Américains travaillent plus que jamais. La course effrénée pour avoir un
salaire à la fin du mois alliée à une économie qui tourne 24h/24, 7j sur 7 a
précipité beaucoup d'entre nous dans une routine sans fin. Mais parmi les
victimes de plus en plus nombreuses de cet acharnement à travailler sans
relâche, la plus importante a été négligée: la planète.
"Nous sommes, semble-t-il, plus déterminés que jamais à travailler plus pour
produire plus, ce qui mène à un étrange paradoxe: nous sommes fiers de nous
épuiser à réduire la capacité productive biologique de la planète" explique
Conrad Schmidt, militant et fondateur du "Work Less Party" ("Parti pour
Travailler Moins"), un Mouvement né à Vancouver qui milite pour la semaine de
32H - un virage à 180° par rapport à l'engrenage auquel nous nous sommes
progressivement habitués, à savoir: "arriver tôt au travail et en repartir
tard".
"Faire le choix de travailler moins, c'est la grande question environnementale
dont personne ne parle"
S'élevant contre le surmenage au travail, le Work Less Party fait partie du
nombre croissant de collectifs qui militent pour la réduction du temps de
travail qui permettrait à la fois de traiter le problème du chômage, de limiter
les activités nuisibles à l'environnement et de consacrer du temps aux loisirs.
Pour Schmidt, auteur de "Travailleurs du monde entier DETENDEZ-VOUS", qui se
livre à une analyse économique de la réduction de l'activité industrielle,
travailler moins nous permettrait de produire moins, de consommer moins, de
polluer moins et de (et, là, personne ne proteste) vivre plus longtemps.
"En tant que société, nous travaillons de plus en plus à réduire la durabilité
de la planète et cela nous rend dépressifs – il n'y a qu'à voir l'augmentation
de la consommation d'anti-dépresseurs.", dit-il, "Si nous voulons réduire notre
empreinte écologique, nous devons prendre très au sérieux la réduction du temps
de travail."
Les Américains font plus d'heures que tous les autres travailleurs des pays
industrialisés. D'après l'Organisation Internationale du travail (OIT) des
Nations Unies, nous effectuons 250h de travail, c'est-à-dire 5 semaines de plus
que les Britanniques, et 500 h, c à d 12 semaines et demie de plus que les
Allemands. Alors, comment les dégâts écologiques se chiffrent-ils pour une
semaine de 40h et plus?
Faites le calcul: en effectuant un temps de travail plus long, allié aux
progrès technologiques, on arrive à une productivité en augmentation constante.
Si la croissance annuelle n'est pas assez élevée par rapport à la productivité,
il y a chômage. Maintenir la croissance, cela veut dire utiliser davantage
d'énergie et de ressources, à la fois en main-d'œuvre et en matières premières,
avec pour résultat une augmentation des déchets et de la pollution.
Et naturellement, ce sont les Etats-Unis qui polluent le plus au monde.
D'après le Sierra Club, une organisation environnementale à but non lucratif,
avec à peine 5% de la population mondiale, ils représentent 22% de la
consommation d'énergies fossiles, 50% des déchets solides et,en moyenne, chaque
citoyen consomme 53 fois plus qu'un Chinois.
Quand on travaille plus, on est de plus en plus dépendant de produits prêts à
l'emploi, comme la restauration rapide, les couches jetables, ou l'eau en
bouteilles plastique.
L'obsolescence
programmée est devenue la règle dans les pratiques commerciales – on jette
à la poubelle et on en en fabrique d'autres – et, ce faisant, on laisse des
montagnes de déchets derrière soi.
"Gagner de l'argent signifie le plus souvent acheter des produits qui
détruisent l'environnement. On constate que pour compenser le manque de temps,
on a besoin en fait de davantage d'argent pour pouvoir travailler plus"
explique Tilford, directeur du "Centre for a New American Dream", une
association du Maryland qui lutte pour une consommation responsable socialement
et environnementalement.
Quand on court après le temps, on ne le prend pas pour chercher à être un
consommateur responsable.
L'objectif premier de notre organisation est de rappeler aux Américains que
chaque dollar dépensé a un impact sur l'empreinte carbone."
Si le monde entier se mettait à travailler autant que les Américains, ce
serait, alors, préjudiciable à la planète.
D'après un rapport publié par le Centre de Recherche économique et politique
(Economic and Policy Research - CEPR) à Washington, si l'Europe calquait son
modèle économique sur les Etats-Unis, elle consommerait 15 à 30% de plus
d'énergie d'ici à 2050. Cela aurait des conséquences sur les prix du carburant
dans le monde et augmenterait les émissions de carbone, et la planète se
réchaufferait de 1 à 2 degrés supplémentaires.
Toute tentative de réduction d'émissions de gaz à effet de serre grâce à la
conservation, à des énergies plus propres ou aux technologies vertes serait
anéantie par l'augmentation de la production industrielle.
"La productivité augmente naturellement tous les ans mais nous n'avons pas
constaté que nos horaires de travail entraînent d'énormes gains de
productivité" dit Mark Weisbrot, CEPR's co-director, auteur également de
l'enquête "La réduction du temps de travail est-elle un facteur bénéfique pour
l'environnement?". "Parce qu'il n'y a pas de limite à ce qu'on peut consommer,
il faut penser autrement si on veut que la planète aie une quelconque chance de
survie.
Le problème, c'est que la France a déjà commencé à emboîter le pas à
l'Amérique en augmentant la charge de travail. En 2005, la France a de fait
supprimé sa loi sur les 35 heures pour lutter contre le chômage (qui atteint
environ 10%, le taux le plus élevé en Europe) bien qu'un rapport du Fonds
monétaire international sur l'impact de cette mesure ait conclu qu'il n'y avait
eu aucune augmentation notable.
Et ce mois-ci, Nicolas Sarkozy, le président nouvellement élu, dont le slogan
"travailler plus pour gagner plus" a contribué à l'élection, a promis
d'exonérer largement d'impôts les heures supplémentaires. Son objectif:
renforcer le pouvoir d'achat des consommateurs et galvaniser l'économie.
Seulement, si les conclusions de l'enquête de Weisbrot sont exactes,
l'augmentation de la productivité en France créerait des problèmes encore plus
importants qu'en Amérique, avec un PIB par heure de 37 dollars, 01 contre 33
dollars, 77. La tendance actuelle à augmenter le temps de travail est, de
diverses manières, sans précédent.
A la fois aux Etats Unis et en Europe, les horaires de travail ont connu des
réductions progressives depuis le début de la révolution industrielle jusqu'à
la deuxième guerre mondiale, quand les syndicats luttaient pour la réduction du
temps de travail. C'est après la guerre qu'a été instituée la semaine de 40 H
et les gouvernements parlaient de croissance économique pour expliquer cette
mesure.
Mais depuis les années 70, avec les progrès de la technologie et
l'automatisation, la plupart des gouvernements européens ont continué à réduire
le temps de travail alors que les US, eux, ont préféré réduire les salaires. A
la fin des années 60, les futuristes pensaient que nous allions entrer dans une
ère de loisirs, imaginant que le problème majeur qu'allaient rencontrer les
Américains à la fin du siècle serait qu'ils auraient trop de temps libre.
C'est le genre de problème auquel je me voyais bien faire face – en fait,
j'attendais cela avec impatience", explique John de Graaf, producteur du
documentaire avant-gardiste "Affluenza: l'épidémie du
tout-consommation " sorti en 1997, et qui s'élève régulièrement contre la
surcharge de travail et la surconsommation. "Evidemment, il ne m'est pas venu à
l'esprit que tous nos gains de productivité serviraient à produire toujours
plus".
En se basant sur l'analyse qu'il a effectuée pour sa campagne de
sensibilisation actuelle, "Et de toute façon, à quoi ça sert l'économie", sur
les politiques économiques en Amérique par rapport à la qualité de la vie, de
Graaf déclare qu'il est clair que nous ne sommes pas mieux lotis. "C'est
hallucinant. Les Etats-Unis sont en recul par rapport à tous les autres pays
industrialisés dans pratiquement tous les critères de qualité de la vie: la
santé, l'égalité, l'épargne individuelle ou le développement durable. Seules
exceptions: le PIB et le nombre de milliardaires" dit-il. "Et pourtant on ne
cesse de nous dire que nous sommes mieux lotis".
Et malgré cela, si on suggère des alternatives à cette prosternation
sempiternelle devant le dieu PIB, comme réduire la semaine de travail, on se
heurte à une très forte résistance.
"Ici, le milieu des affaires est farouchement opposé à tout mandat sur le temps
de travail" indique De Graaf, qui explique que contrôler et en réglementer le
temps de travail leur permet de garder le dessus. "Ce qui s'est passé en Europe
c'est que les gens ont découvert que c'était agréable d'avoir du temps de libre
pour eux, et quand ils en ont acquis un peu, ils en ont demandé davantage.
Tandis qu'ici, le milieu des affaires a refusé toute ouverture."
Mais, même parmi les Américains qui ont une charge de travail considérable,
beaucoup craignent qu'un changement ne les contraigne à un sacrifice
supplémentaire – principalement une réduction de salaire". "Mais le fait est
que nous sacrifions déjà notre temps et notre vie actuellement" dit de
Graaf.
De Graaf organise également la journée "Take Back Your Time"
("Récupérez votre temps") une journée nationale prévue pour le 24 octobre, date
à laquelle la semaine de 40 heures a été introduite aux US.
Organisation nationale comptant 100.000 adhérents, "Take Back Your Time"
réclame que soit votée une loi fédérale garantissant un minimum de 3 semaines
de congés payés - une question que l'organisation espère voir figurer dans la
campagne présidentielle de 2008.
Actuellement, les Etats-Unis sont le seul pays industrialisé qui n'offre pas un
régime de protection légale pour les congés. En moyenne, d'après le Bureau des
Statistiques, les congés aux US ne consistent actuellement qu'en un long
week-end et 25% des travailleurs américains n'ont pas de congés payés. En
Suède, par exemple, les travailleurs ont droit à 32 jours de congés par an. Le
président Bush, cependant, connaît bien les bienfaits des vacances. En 2005, il
a passé 5 semaines de vacances dans son ranch au Texas, le plus long congé pris
par un président en 36 ans.
"Nous considérons que la surcharge de travail est une question sociale et
légale qui nécessite une réponse politique" explique De Graaf.
"Nous sommes absolument les seuls à rejeter l'idée que nous avons besoin de
temps libre et à nier les coûts environnementaux, sans parler de l'énorme prix
à payer pour notre santé et pour notre vie familiale ". Mais en ignorant cette
notion de temps libre, nous continuons à être victimes de surmenage,
d'endettement et de stress, et nous nous résignons à être prisonniers d'une
compétition acharnée engendrée par un besoin de consommation croissant. Alors,
qu'est-ce donc qui alimente ce besoin d'amasser au détriment de notre
liberté?
Kim Kasser, maître de conférences en psychologie à l'université de Knox, et
auteur du "Prix élevé du Matérialisme", qui a consacré sa carrière aux raisons
qui poussent au matérialisme, a réalisé une étude scientifique pour établir le
rapport qui existe entre matérialisme et équilibre psychologique.
"Le matérialisme provient d'un sentiment d'insécurité intrinsèque", explique
Kasser, qui a étudié le comportement de sujets qui avaient reçu pour consigne
d'écrire sur la mort pour les uns et sur la musique, pour les autres.
Selon Kasser, les premiers ont montré un besoin accru de consommation et une
plus grande "cupidité". "La mort est l'ultime moment du temps qui nous est
imparti; elle représente l'idée qu'on n'a plus assez de temps. Ces dix
dernières années, les politiciens ont joué avec l'insécurité. Cela les aide à
se faire élire, mais cela nous amène également à penser qu'il nous faut
travailler de plus en plus," dit-il, ajoutant que les signes d'insécurité sont
nombreux autour de nous: nous ne connaissons pas nos voisins et nous avons des
taux de divorce élevés; nos filets de protection sociale ont été démantelés,
nous n'avons pas de législation sur les heures supplémentaires ou sur les
congés payés. "Tous ces éléments concourent à créer un sentiment d'insécurité
et il faut que nous sortions de ce cycle".
Kassser, a réalisé une étude empirique où il comparait les réactions de 200
adhérents de "Simplicité Volontaire" à celles d'un groupe témoin de 200
Américains typiques. Les résultats de cette étude ont montré que le groupe de
SV "était plus heureux tout en ayant moins de ressources" et que ce bonheur
résultait d'objectifs moins matérialistes et plus fondamentaux, comme la
réalisation sur le plan personnel, la famille et l'environnement humain". Même
si le groupe de SV était encore terriblement loin d'avoir une attitude
écologique, Kasser estime que c'est un bon début."Le bonheur du groupe SV qui
découle de ces valeurs fondamentales non tournées vers la consommation entraîne
automatiquement une attitude plus écologique".
C'est précisément ce genre d'attitude que Schmidt a essayé d'encourager avec
Work Less Party. Schmidt, un ancien programmeur informatique, a commencé à se
débarrasser de sa voiture pour se rendre au travail à vélo, puis a profité de
ses économies pour réduire sa semaine de travail, ce qui lui a laissé assez de
temps pour écrire son livre, réaliser deux documentaires et monter un groupe de
théâtre local – tout cela ces trois dernières années.
"Les gens passent tellement de temps à travailler qu'ils ne s'imaginent pas le
potentiel de créativité qu'ils ont en eux, mais quand on a goûté à la liberté
de l'esprit, on en veut encore plus. Cela devient une explosion de créativité"
dit Schmidt, qui ajoute aussitôt: "Je suis un bourreau de travail, mais c'est
le type de travail à effectuer qui est le problème. Notre société ne
s'intéresse qu'au travail qui permet de fabriquer des produits qui partent
directement à la décharge. Le véritable travail, comme la création artistique,
la musique, l'environnement humain, tout ce qui est nécessaire pour créer une
société et une planète en bonne santé, est rejeté pour favoriser le
précédent.
S'il y a une quelconque solution pour améliorer notre qualité de vie ainsi
que la bonne santé de la planète, Schmidt donne des conseils aux antipodes de
la société de consommation. "Si vous voulez protéger l'environnement, vous
devez moins consommer, ce qui veut dire moins produire, et travailler moins. Il
faut que ce message soit positif – notre style de vie s'améliorera de façon
considérable. Je pense que les gens commencent à s'en rendre compte.
http://www.alternet.org/environment...
Dara Colwell is a freelance writer based in Amsterdam.
....................................................................................................................................
Notes annexes:
Une initiative de Conrad Schmidt en Colombie
Britannique
http://www.voir.ca/actualite/actual...
Get Busy Living, or Get Busy Dying
http://www.thenation.com/doc/200706...
AUTRES NOTES:
La préhumanité passera-t-elle le 3ème millénaire ?
http://www.mutations-radicales.org/...
Pacte contre Hulot
http://www.pacte-contre-hulot.org/
La décroissance
http://www.ladecroissance.net/
Dans le Grand Soir:
Biocarburants : pleins d’essence ou ventres pleins ? par
François Iselin.
http://www.legrandsoir.info/article...
Affamer les pauvres. L’éthanol et le prix de la tortilla mexicaine,
par Noam Chomsky
http://www.legrandsoir.info/article...
…………………………………………………………………………………………………
Mon bloc perso:
Et voilà: les ultralibéraux ont réussi à laisser croire aux gens qu'ils se
réaliseraient par le travail. Les adeptes de la méthode "travailler plus pour
gagner plus" ont gobé les mensonges évidents de ceux qui s'évertuent à diviser
la population pour prendre le pouvoir et se partager les richesses de
l'Etat.
Avez-vous seulement réfléchi, avant de mettre votre bulletin dans l'urne à
ce qu'était pour vous la "qualité de la vie" en France dont on
vante tant les mérites tout en s'acharnant à détruire sa spécificité?
EST-CE:
La somme au bas du bulletin de salaire
Le travail répétitif, stressant et abrutissant
Les trajets aller et retour
Acheter tout, tout de suite, quitte à s'en lasser aussitôt
Pouvoir se payer des plats tout préparés pour se débarrasser de la "corvée"
cuisine
Avoir la possibilité de faire des courses à tout moment de la journée, voire de
la nuit, sept jours sur sept
Voir le dernier jeu télévisé sur un écran plat à cristaux liquides avec son
dolby
Aller dans un hypermarché remplir le caddie et arriver à une caisse désertée
où, cocu mais content, on paie son addition tout seul comme un grand
Faire le tour des grandes surfaces et des grandes enseignes le dimanche
Aller dans un complexe de cinémas et finir au Mac Donald's attenant avec un
billet couplé
Se vautrer les jours de congé dans un canapé en cuir devant un programme pour
cerveau disponible
OU BIEN:
Sortir entre amis au cinéma, au théâtre, à un concert ou ailleurs et
discuter du spectacle autour d'un plat de pâtes improvisé et d'un verre de
vin.
Echanger des recettes de cuisine avec les amis ou les voisins
Partir en pique-nique en famille ou entre amis
Se promener sur le marché en choisissant ses légumes et ses fruits
Se prélasser à la terrasse d'un café avec un livre ou un journal
Faire les courses pour le vieux monsieur du quatrième et lui apporter un peu de
présence et de réconfort
Partir à pied ou à vélo faire une promenade dans la nature
Regarder pousser les géraniums et le basilic sur son balcon
Retourner bosser avec plus d'entrain parce qu'on se sera vraiment
détendu
Et bien d'autres choses encore …
Quelqu'un a écrit dans un commentaire sur mon blog: les Indiens
"revendiquent leur droit à vivre aussi bien que les Français ("become
another France"), qui se permettent des minima sociaux (RMI) environ 10 fois
supérieurs au salaire moyen ici, des soins médicaux du meilleur niveau, des
infrastructures de grande qualité permettant un niveau de pollution bas
(mettez-vous en perspective de Calcutta…)?"
Mais QUI a réalisé tout cela?
Les minima sociaux, la sécu, les infrastructures et la réglementation sur la
pollution (même si elle est bien trop timide et peu appliquée, à mon gré)? OUI,
QUI?
QUI, également, a organisé les transports publics – dont ce remarquable réseau
ferroviaire?
QUI a apporté l'eau, la lumière et le téléphone dans tous les foyers?
QUI a permis que tous les enfants sans exception aient une instruction?
QUI a entretenu les hôpitaux et modernisé l'équipement?
QUI a favorisé la Recherche ?
L'ETAT, en utilisant nos impôts pour le bien de tous.
C'était AVANT, il y a longtemps.
Et que va-t-il rester de tout cela?
CAR, actuellement …
QUI s'acharne à démanteler nos services publics qui font l'admiration des
autres pays?
QUI supprime les services de proximité (hôpitaux, maternités, postes,
transports ferroviaires, etc.)?
QUI veut détruire encore et toujours plus le paysage pour ouvrir des
autoroutes où passeront des centaines de milliers de camions, de 4X4 et
d'autres véhicules à moteur? Et QUI va donner le péage - donc les profits - à
une entreprise privée bien en cour?
QUI compte donner incessamment le marché des semences aux grandes
entreprises chimiques américaines, et introduire à grande échelle les OGM, au
mépris des questions de santé, de l'irréversibilité du processus et de
l'opposition de la majorité de la population?
QUI laisse se créer les produits polluants qui vont partir illico à la
décharge (quand ils ne sont pas cyniquement envoyés dans les pays pauvres –
dont l'Inde)?
QUI veut réduire les prestations sociales tout en faisant des cadeaux
somptuaires aux patrons?
QUI va faire payer le contribuable pour la pollution industrielle?
QUI baisse les impôts directs au seul profit des riches?
QUI a décidé que les fonctionnaires – et assimilés - étaient des fainéants
et qu'il fallait les remplacer par des employés jetables et
corvéables?
QUI accepte les délocalisations, restructurations, plans sociaux et autres
et fustige l'ouvrier qui n'a plus de travail?
QUI va donner aux riches la possibilité de se reproduire
intégralement?
QUI veut réduire l'Ecole à un service minimum?
QUI va privatiser les universités?
ETC.
LE BRAS ARME DU MEDEFE: ceux que les imbéciles heureux
enrégimentés ont porté au gouvernement.
Il ne sert à rien de se gargariser de la douce vie que nous avons en France.
Bientôt, ce ne sera plus qu'un lointain souvenir.
Peut-être qu'un jour l'Inde aura-t-elle le "droit de vivre aussi
bien" que les Français naguère.
Elle ne pourra y parvenir qu'avec la volonté de responsables politiques
soucieux du bien-être de chaque citoyen et la détermination de tout un peuple
rassemblé derrière la devise "Liberté, Egalité,
Fraternité".

Commentaires
oui sauf que le temps de travail moyen aux US est de 33,7 h, valeur sans doute due aux temps partiels généralisés non voulus.
le temps de travail est important mais plus forcement le bon critère de mesure de la production. Avec les gains de productivité hallucinants depuis le 19eme, la production et la valeure ne se mesure plus avec le temps 'équivalent travail', comme la prodction agricole n'a plus rien à voir avec le nombre d'agriculteurs
Merci, pseudo, pour ces précisions.
En effet, le temps de travail des Américains varie selon qu'ils sont à temps complet ou à temps partiel, ce qui fait chuter le temps de travail moyen.
Tout cela relève de l'idéologie ultra-libérale: la répartition inégale du travail, avec certains qu'on presse comme des citrons et qui travaillent comme des bêtes pour maintenir leur niveau de vie (et payer des factures toujours plus élevées) et ceux qu'on fait trimer pour trois fois rien pour quelques heures par semaine dans des emplois pourris et à des heures indues pour masquer les chiffres du chômage et culpabiliser les pauvres.
Il n'empêche que ce système favorise la production de gadgets jetables et maintient toute la population dans un état de dépendance et de soumission - au mépris de la qualité de la vie de tout un peuple et du reste de la planète.
C'est cela qu'on veut institutionnaliser en France: non pas le "travailler plus" pour tout le monde, mais le "travailler" quand les patrons ont besoin de bras et pour un salaire de misère, puisque ce système vise à baisser de fait les salaires et les prestations sociales et supprimer le maximum horaire et le minimum salarial .
TVA sociale, franchise pour les soins médicaux et autres ponctions feront le reste pour mettre la population sous haute surveillance.
Pendant ce temps, les nantis pourront nous faire rêver à un monde meilleur en nous offrant sur papier glacé des photos de leurs vacances dans un yacht de milliardaire.