Voici, à ce propos, un témoignage envoyé par Dr Henry Tyne, professeur d'Université en Grande Bretagne:

N… S… (NDLR: Notre Saigneur), veut en finir avec la carte scolaire et il souhaite que les résultats de chaque établissement soient rendus publics afin d’aider les parents à « choisir » l’école de leurs enfants. C’est le système qui est en place en Angleterre depuis un certain moment. C’est un système injuste et dangereux, aussi bien sur le plan éducationnel que social.

Premièrement, ce système pousse les établissements vers un fonctionnement qui tourne autour des résultats des élèves – si on n’affiche pas d’amélioration d’année en année on risque de perdre des clients.

Deuxièmement, ce système fait que les « meilleurs » établissements, très demandés, pratiquent une sélection pour ne pas avoir de mauvais éléments (et donc pour pouvoir perpétuer les bons résultats), ce qui veut dire que certains élèves sont parfois obligés de se rendre dans un autre village ou quartier car l’école du coin ne les prend pas.

Troisièmement, pour les élèves qui ne sont pas casés dans les « bons » établissements, les conséquences peuvent être graves et la question qu’on leur posera plus tard dans la vie ne sera pas de savoir si oui ou non ils ont été à l’école mais plutôt ce sera de savoir dans QUELLE école, dans QUELLE université il ont été.

Quatrièmement, il y a un effet pervers de ce système qui fait que le prix des maisons aux abords des « bonnes » écoles augmente, ce qui ne fait que renforcer la sélection (par l’argent) dans celles-ci.

Dr Henry Tyne
Lecturer in French Linguistics
School of Humanities
University of Southampton%%…………………………………………………………………………………………………

Note perso

En vrac, quelques réflexions:

J'ajouterai que toutes ces manœuvres visent à laminer le système républicain pour nous imposer de force le système anglo-saxon.
C'est une atteinte irréversible à l'essence même de la France, à son Histoire, et à ses institutions.

Le "mérite"

Curieusement, pour la progéniture des familles riches, cette priorité ne semble pas exister. Au contraire, un des projets du prèze c'est de faciliter leur accession à l'intégralité des biens de leurs ascendants. Nés avec une cuiller en argent dans la bouche, ils récupèrent, tôt ou tard, toute la ménagère, en quelque sorte.
Pour l'école, c'est pareil: demande-t-on des résultats aux enfants des familles bourgeoises pour les inscrire dans quelque école huppée?
Non, on prend les sous. C'est l'enfant pauvre qui doit montrer qu'il "mérite" d'accéder à un peu du paradis sur terre des riches. Et on dit merci – et on baisse les yeux, siouplé!

Communautarisme

Détruire la carte scolaire, c'est aussi, à terme, favoriser la création d'écoles communautaires et confessionnelles, toujours sous prétexte d"'équité". Et voilà, on enferme la population dans des ghettos, on empêche l'intégration et, comme dans les pays anglo-saxons, on a des quartiers de Blancs et des quartiers de basanés. Des quartiers de chrétiens et des enclos pour musulmans. Et les vaches (sacrées) seront bien gardées.

Et ainsi, ce sont les communautés qui se chargeront de faire le ménage chez elles et la République se débarrassera de ses devoirs de protection du citoyen. Et comme les problèmes viennent plus souvent de familles pauvres (pour des raisons inhérentes à leur pauvreté, mais aussi parce que les riches, eux, ont les moyens d'éviter d'être punis. Y a qu'à voir le nombre d'impunis – partie émergée de l'iceberg - qui se pavanent devant nous), sur qui sera rejetée l'opprobre?
Qui sera le bouc émissaire et le dindon de la farce?
Toujours pas les riches, barricadés dans leurs ghettos dorés et qui paient en sonnantes et trébuchantes pour se défendre et pour se protéger.
Et qui, pourquoi pas, décideront un jour, comme aux US (voir les "gated communities"), qu'ils ne veulent plus payer pour ces fainéants de pauvres (ça a bien commencé avec les cadeaux fiscaux successifs).

Exclus de l'école

Ceux qui ne seront acceptés nulle part seront jetés hors du système scolaire: c'est prévu, c'est l'"apprentissage" à 14 ans (Loi de QUI? Loi Fillon, vous savez, notre premier ministre qu'on a et qui s'est acharné contre les retraites également, sous prétexte d'"équité".).
Mais qui voudra se charger de ceux qui auront été rejetés du système scolaire? Certainement pas les patrons dont la vocation n'est pas de faire dans l'humanitaire, ni dans la pédagogie.

Il feront comme en GB, rejetés de toutes parts, montrés du doigt, ils traîneront dans la rue, puis dans les bars, puis entreront et sortiront de prison pour y rester finalement très longtemps et, en fin de compte, ils coûteront bien plus à la société que si on les avait intégrés dans le système scolaire.
C'est pourtant évident, non? Même un enfant de l'école primaire pourrait faire le calcul.
Alors pourquoi ne pas chercher des solutions pour intégrer tout le monde dans des structures adaptées?
Eh bien, pour que la société libérale fonctionne, il lui faut des épouvantails. Il lui faut des rejetés et des non rejetés, des riches et des fainéants, des qui se lèvent dès potron-minet et des qui n'ont à aller nulle part (et d'ailleurs, où iraient-ils sans pognon?), etc.

Il n'y a pas de société libérale sans binarisme. Sinon, le couillon - qui se lève à l'aube le matin pour travailler toujours plus pour gagner toujours moins et payer des factures toujours plus élevées pendant que le fils du patron vient faire crisser le gravier avec sa Porsche dans la cour de l'usine - il ne se révolterait pas contre celui à qui le patron refuse un emploi mais contre le patron lui-même et sa progéniture assistée.

Equité

L"équité", cela veut dire, grosso modo, que les riches doivent rester riches tout en donnant un peu aux pauvres parce que s'ils gardaient tout pour eux, ce serait injuste.
L"Egalité", c'est autre chose. C'est ce qui est inscrit sur le fronton des édifices officiels, voire de certaines églises, avec ses copines Liberté et Fraternité.
Souvenez-vous.
Prenez des photos.
C'est complètement obsolète.
Par la grâce d'une poignée de fifres adoubés par une palanquée de couillons.
C'est tout ce que j'ai à dire.

Approfondir avec: "Carte scolaire, les enjeux d’un débat mal posé". Jean-Christophe François et Franck Poupeau. Monde Diplo.
http://www.monde-diplomatique.fr/20...

Articles intéressants en anglais (si j'ai le temps et la demande, je m'attellerai à la traduction).

Article paru dans le New York Times: "How the Young Poor Measure Poverty in Britain: Drink, Drugs and Their Time in Jail"
http://www.nytimes.com/2007/03/10/w...

En gros, ça dit:
L'alcool, la drogue et la prison sont le lot des jeunes défavorisés en GB.
La GB, derrière le glamour: Quatrième puissance économique mondiale
Un des taux de pauvreté les plus élevés du monde industrialisé avec 3,4 millions d'enfants (plus d'un quart) qui vit dans la pauvreté et un million (1 sur 10) qui vit dans une extrême pauvreté.
D'après une étude de l'UNICEF menée dans 21 pays industrialisés, ce sont les jeunes en GB qui sont les plus mal lotis, précédés par, devinez … les USA.
Au temps pour B&B: qu'avez-vous donc fait de votre jeunesse, messieurs?

Et la bande de moutons qui a veauté le 6 mai, elle le sait, ça? De toute façon, elle s'en FOUT. Il lui suffit d'être du côté des manches!

Ne manquez pas non plus cet article du Guardian:
"Goodbye to la belle France?"
http://www.guardian.co.uk/france/st...

Mais je me demande pour qui je parle ...

Quand on voit qu'ils vont tous, dans les hautes sphères, toute honte bue, en rangs serrés, à la soupe libérale de la pire espèce, comment atteindre le citoyen ordinaire?