Universités américaines: une cible privilégiée pour les tireurs d'élites
Par emcee le dimanche 13 mai 2007, 10:32 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
Moins des deux tiers des lycéens qui obtiennent un diplôme de fin d'études
secondaires vont ensuite à l'université aux Etats-Unis. Les études supérieures
coûtent cher, très cher. Droits d'inscriptions, logement, et autres dépenses
directes reviennent en moyenne (pour les étudiants qui font leurs études dans
une université de leur état et qui bénéficient alors d'une réduction) entre
$12.606 (public) et $34.698 (privé) par an pour un cursus de 4 ans.
C'est-à-dire, en fin de cycle entre 52.000 et 140.000 dollars. Pour une
université prestigieuse, ces frais atteignent près de 50.000 dollars par an
(200.000 pour 4 ans).
Ce système largement élitiste fait la part belle aux enfants de riches et
aux moins riches dont les parents ont mis de l'argent sur un compte spécial dès
leur naissance. Quant aux autres, les aides d'état et autres allocations étant
insuffisantes, ils travaillent pendant toute la durée de leurs études et font
des emprunts. S'ils sont pauvres, s'ils ne sont pas dotés de capacités
exceptionnelles, les études supérieures sont hors de leur portée.
En France, l'université dispose de moyens très
insuffisants. Le système devrait certes être revu et corrigé.
Hélas, l'ami-de-trente-ans du milliardaire breton vient de déclarer qu'il
allait s'attaquer à la "réforme" de l'université et la Recherche.
Gageons qu'il n'oubliera pas de lorgner du côté des US ou de la Grande
Bretagne. Il paraît qu'Allègre serait sur les rangs. C'est dire.
Après l'enseignement dans le primaire et dans le secondaire, encore un massacre
en perspective.
Cet article de Carolyn Baker, paru le 21 avril dernier,
développe les graves difficultés auxquelles sont confrontés à l'époque actuelle
ceux qui ont fait le choix d'une formation universitaire et les conséquences
qu'elles auront encore pendant de longues années quand ils seront entrés dans
la vie active.
101 façons de massacrer des étudiants
paru dans: www.dissidentvoice.org
Source de l'article:
http://www.dissidentvoice.org/Apr07...
Une fois de plus, une épouvantable explosion de violence aux Etats-Unis a,
sur toutes les chaînes de télévision du pays, viré au spectacle de "sang et de
cirque" de presse people. Bizarrement, aussi ubuesque et épouvantable que soit
ce carnage, il semble que les Américains ne s'émeuvent des bains de sang que
s'ils ont lieu dans leur propre jardin.
Juan Cole, dans son blog, "Information
Clearing House," explique: "Ce qui s'est passé à Virginia Tech devrait nous
permettre de concevoir ce que vivent les Irakiens actuellement. Ils subissent
tous les jours sans exception deux agressions comme celle qui a eu lieu à VT.
"Nous sommes, semble-t-il, incapables de nous livrer à une analyse des actes de
violence: soit nous nous tenons à l'écart de l'événement, comme s'il s'était
produit quelque part ailleurs, soit nous regardons avec délectation, 24h sur
24, 7 jours sur 7, de sordides reportages en direct d'une tuerie ou nous nous
repassons en boucle une vidéo réalisée par un criminel qui suinte la rage
psychotique par tous les pores. Ni dans un cas, ni dans l'autre, l'Amérique ne
semble prête à se pencher sur les graves questions que soulèvent de tels
phénomènes, préférant passer directement à la phase de "reconstruction"
(…).

Cagle Cartoons
Ma mère n'aime pas du tout qu'on s'habille tous comme le tueur de Virginia
Tech
Et pourquoi? C'est le seul mec qui passe à la télé en ce moment.
Les reportages que j'ai vus cette semaine sur le drame de VT m'ont rappelé
un autre massacre qui a eu lieu, il y aura 37 ans le mois prochain, à
l'université de Kent State. Ce jour-là, j'étais aspergé de gaz lacrymogène
alors que je participais à l'université de Michigan State à une manifestation
en solidarité avec mes camarades de Kent State qui avaient été massacrés par un
gouvernement qui, à ce moment même, assassinait des milliers de Cambodgiens, en
larguant sur eux des bombes qu'il jurait ne pas larguer et mentait éhontément
au peuple américain alors que se poursuivaient les atrocités de la guerre du
Vietnam. Aujourd'hui, j'ai un collègue enseignant qui, le 4 mai 1970, a été
victime d'une balle perdue à Kent State et qui est devenu handicapé à
vie.
Mais, alors que ce qui s'est passé dans les universités de Kent State et de
Virginia Tech concerne des agressions physiques, pratiquement personne n'a
conscience de la multitude d'occurrences où, sans qu'il y ait d'effusion de
sang, les étudiants sont massacrés.
Un autre article cette semaine a attiré mon attention, c'est "la crise
chez les étudiants", de Danny Schechter.
Schechter explique que "les prêts étudiants sont devenus un tel fardeau pour
toute une génération d'étudiants que nos universités pourraient bien servir à
nouveau de cadre à la prochaine édition d'une scène de carnage".
En outre, ce qu'on a appris ces dernières semaines sur la corruption qui
entoure les prêts étudiants, comme les pots de vin, les cadeaux, les voyages,
et d'autres avantages dont bénéficieraient les responsables des universités ne
serait que la partie émergée de l'iceberg. George Miller, membre du Congrès
pour la Californie compare la corruption et les abus qui sévissent dans le
secteur de prêts étudiants à ce qui se passe à Halliburton. Les enquêtes de
Miller ont également révélé que non seulement ce secteur était gangrené par la
corruption, mais qu'ils s'appropriaient des dossiers confidentiels des
étudiants pour déterminer s'ils allaient leur accorder un prêt.
Parallèlement, toujours selon Schechter, Sallie Mae, la plus grande
société de prêt pour étudiants en Amérique, a annoncé hier qu'elle allait être
rachetée par un groupe d'investisseurs privés pour 25 milliards de dollars, ce
qui pourrait bien rendre difficile tout contrôle public sur l'organisme prêteur
à un moment où le secteur de prêts étudiants est particulièrement
convoité.
Ce contrat énorme montre bien les bénéfices potentiels que Wall Street
pressent dans le secteur du prêt étudiant - qui représente un chiffre
d'affaires de 85 milliards de dollars par an – au moment même où le Congrès
envisage de supprimer des milliards de dollars d'allocations des prêts fédéraux
et qu'une enquête au niveau national révèle de nouveaux conflits d'intérêt dans
le secteur du prêt aux étudiants".
Schechter, dans son excellent documentaire "In debt we trust",
démontre d'une part la faillite du système de prêt étudiant et d'autre part,
les dettes abyssales que contractent les étudiants de première année
inexpérimentés avec leur carte de crédit – une dette qui atteint 20 000 dollars
en moyenne par étudiant à l'issue d'un cycle universitaire.
(…)
Dans son livre "Generation Debt" et dans ses articles parus dans
"Village Voice", Anya Kamenetz analyse la question de la dette et du prêt
étudiants et explique les difficultés sans fin que le système leur
impose.
Que Dieu nous en préserve, mais ces graines qui ont été semées au cours
l'offensive économique actuelle menée contre les étudiants risquent fort un
jour de générer un nouveau carnage, au sens littéral du terme, sur un campus
universitaire, perpétré par un diplômé de l'université qui plie encore, bien
des années plus tard, sous une montagne de dettes.
Mais la guerre économique engagée contre les étudiants n'est qu'un des
aspects du massacre.
Encore plus violent, mais silencieux et d'apparence anodin, c'est le
massacre de la pensée. Les étudiants arrivent à l'université pour y faire des
études, et même s'ils sont inscrits dans un "community college", ils
sont censés avoir acquis un certain bagage. Or, tous ceux qui enseignent à
l'université depuis une vingtaine d'années s'accordent à dire que seule une
infime partie des étudiants de première année sait rédiger une phrase en
anglais. Le plus affligeant c'est que les étudiants étrangers non anglophones,
eux, en sont souvent capables, contrairement à ceux qui ont fait leurs études
aux Etats-Unis.
Je constate, hélas, que, dans l'ensemble, les étudiants n'aiment pas lire et
ont du mal à se concentrer sur leurs manuels et autres lectures obligatoires.
Il n'est pas rare qu'ils déboursent 150 dollars pour des manuels qu'ils
n'ouvriront pratiquement jamais. Les professeurs disent souvent qu'ils ne
peuvent pas faire cours plus de 15 à 20 minutes et qu'ils doivent ensuite
passer à la création d'une présentation avec Power Point ou au visionnage d'une
vidéo ou d'un DVD de façon à continuer à capter l'attention des étudiants. En
d'autres termes, la génération actuelle de ceux qui entrent à l'université
considère souvent que les concepts sans le clinquant des effets spéciaux, c'est
monotone et peu captivant.
Dans les écoles publiques, les enfants sont soumis à de plus en plus de
violence au quotidien. En effet, ils subissent les agressions verbales et
physiques de la part d'autres élèves et se heurtent à l'impuissance de
l'administration à qui on ne donne pas les moyens nécessaires pour intégrer les
perturbateurs et leurs parents dans des structures qui permettraient de traiter
ce grave problème.
Des incidents dramatiques éclatent régulièrement, comme à Columbine ou à
Virginia Tech, perpétrés soit par celui qui harcèle les autres soit par un de
ses souffre-douleur. Et alors, personne n'étant disposé à rechercher les causes
profondes de ce mal, on s'empresse de "refermer les blessures et de passer à
autre chose".
Depuis la mise en application de la Loi "No Child left Behind' ("NCLB" -
Aucun enfant ne doit rester à la traîne), on constate qu'en grande majorité,
les élèves qui viennent d'un lycée public excellent dans les tests, mais n'ont
pratiquement aucun sens critique. J'ai observé que les étudiants apprécient la
pensée critique une fois qu'ils sont formés à cette nouvelle compétence car ce
concept n'existe pas en Amérique.
Cette loi NCLB est une atteinte non seulement à la réflexion des élèves et
des étudiants mais de la société toute entière. C'est, à mon avis,
principalement à cause de cela, et à cause du sentiment de peur adroitement
entretenu, qu'on a pu mystifier les Américains sur les raisons de déclarer la
guerre à l'Irak.
Quand Colin Powell a présenté son argumentation bidon devant les Nations
Unies pour justifier la guerre en Irak en 2003, une société à l'esprit critique
aurait haussé les sourcils et posé des questions plus poussées. D'ailleurs, une
chaîne d'infos britannique avait annoncé que plusieurs pages déterminantes du
rapport de Powell avaient été plagiées mot pour mot dans la thèse d'un étudiant
(les étudiants sont souvent bien utiles aux élites dirigeantes, n'est-ce
pas?).
Quand, au cours de cette présentation, Powell a brandi une fiole de poudre
blanche, en disant que c'était de l'anthrax, des Américains à l'esprit critique
ne seraient pas devenus blancs comme cette poudre mais auraient demandé si
cette fiole ne contenait pas plutôt du bicarbonate de soude.
Quand Condolezza Rice a déclaré que si nous n'envahissions pas l'Irak, il y
aurait un champignon atomique au-dessus de l'Amérique parce que l'Irak était
soi-disant sur le point de fabriquer une bombe atomique, un peuple à l'esprit
critique aurait exigé immédiatement des preuves autres que ces photos
publicitaires montrant celle qui a fait partie du conseil d'administration de
Chevron, l'air faussement affligé.
Mais comme me l'a dit naïvement un de mes étudiants: "si ce n'était pas
vrai, pourquoi, ils ont dit ça à CNN?"
J'ai répondu: parce que CNN est un media qui appartient à un grand groupe et
que sa fonction, c'est de prendre note de ce que veut le gouvernement et de
"vendre" son programme à un peuple incapable de se livrer à une analyse
critique - et en 2003, le bidouillage a réussi au delà des espérances les plus
folles des néo-cons qui l'ont élaboré.
Je suis très bien placée pour constater que, dans les établissements
secondaires publics, l'enseignement de l'histoire est devenu superficiel et
inadapté. La plupart des étudiants n'en ont aucune notion et racontent que les
cours d'histoire au lycée étaient si mortellement ennuyeux que soit ils
séchaient les cours, soit ils s'envoyaient des textos soit ils
s'endormaient.
De plus en plus, les moyens pour enseigner l'histoire, comme pour les arts
plastiques ou la musique, sont réduits à peau de chagrin dans les lycées et les
facultés au bénéfice de l'informatique et des sciences de l'ingénieur. Il y a
quelques années, John
Judge , affirmait qu'un "peuple qui n'a aucune connaissance de son
histoire est facilement manipulé et dominé".
Quand on refuse à des étudiants la possibilité de lire, d'écrire, de
développer leur esprit critique et d'étudier l'histoire, on se retrouve avec un
peuple de carpettes qui ne se posent aucune question et qui gobent pratiquement
tout ce qu'on fait passer au nom du patriotisme ou de la sécurité nationale,
comme ils vont probablement le faire quand on leur vendra la propagande du
régime concernant la loi sur l'identité nationale et le projet du gouvernement
américain d'y inscrire les dispositions en 2009.
Après tout, qui parmi eux accepterait de se voir refuser le privilège d'obtenir
son permis de conduire ou de le faire renouveler, d'ouvrir un compte bancaire,
ou de monter dans un avion?
Alors, quel est l'avenir de cette génération d'étudiants? Comment vont-ils
finir, à part être endettés jusqu'au cou? Un avenir, hélas, également menacé
par le réchauffement de la planète, l'épuisement des ressources énergétiques
mondiales et l'effondrement de l'économie mondiale.
Ils sortiront frais émoulus de l'université et s'ils n'ont pas de
connaissance, ils prendront les emplois qu'ils trouveront. Ces diplômés qui
entreront sur un marché du travail touché par les délocalisations, seront
contraints d'accepter des postes inintéressants pour des salaires insuffisants
et peu d'avantages sociaux, voire aucun. Ceux qui sont spécialisés dans les
nouvelles technologies seront peut-être mieux lotis que les autres. Je ne
m'avancerai pas à parier que d'ici dix ans ils auront une vie professionnelle
bien exaltante.
Beaucoup d'entre eux, épris d'idéal, choisiront d'enseigner, déterminés à
dispenser un enseignement différent de celui qu'ils auront reçu, mais d'après
l'enquête réalisée en 2005, la moitié des professeurs interrogés envisage de
quitter le métier d'ici 2010.
Ces étudiants en instituts de formation des maîtres feront le serment de donner
aux élèves un véritable enseignement, et refuseront de les préparer
exclusivement aux tests prévus par la loi NCLB. Mais à moins d'enseigner dans
une école privée - où la NCLB n'est pas obligatoire mais où les salaires sont
inférieurs - ils seront découragés et démoralisés en moins d'une dizaine
d'années.
Dans les écoles publiques, ils apprendront, qu'ils adhèrent ou non à la NCLB,
que leurs salaires seront fonction des résultats qu'ils obtiennent aux tests,
et dans ce cas, pourquoi ne pas faire du "bachotage" plutôt que de chercher à
enseigner quelque chose aux élèves?
Ils apprendront peut-être à s'accommoder d'un système qui rend pratiquement
impossible l'apprentissage de savoirs, et dans ce cas, ils deviendront les
parties mobiles de robots dans un système qui engendre l'appauvrissement
culturel de tout un peuple, ou, s'ils décident de ne pas l'accepter, ils
abandonneront le métier pour lequel ils ont été formés, préférant rester fidèle
à leur vocation d'éducateurs.
De plus en plus, les écoles de commerce et celles des technologies nouvelles
seront privilégiées par beaucoup de bacheliers, et faire des études supérieures
ne sera plus, faute de moyens, accessible aux classes moyennes et ne sera plus,
non plus, la garantie d'avoir, à la clé, un poste intéressant.
Sachant que la récession actuelle dans l'immobilier touche le secteur du
crédit et les taux d'intérêt, sachant que l'administration Bush envisage de
supprimer les réductions d'impôts sur les intérêts des crédits immobiliers, de
nombreux diplômés de l'université se verront dans l'impossibilité d'acheter un
logement. Sachant, également, que, d'après les nouvelles lois de 2005 sur les
faillites, il ne sera plus possible de recourir à la faillite quand on croule
sous les dettes, cette génération de diplômés de l'université ne sera plus
jamais libérée du poids de la dette qui pèse sur ses épaules.
Donc, d'une part, le carnage qui a eu lieu à Virginia Tech est comparable à
ce que subissent les Irakiens innocents et la plupart des troupes américaines
au moins deux fois par semaine, et ramène, ainsi, sur notre territoire les
horreurs des tueries en masse. Mais en même temps, si nous faisons partie des
Américains dotés d'un sens critique, alors il nous faut nous interroger sur
toute la série d'attaques menées contre les élèves et les étudiants actuels de
tous les lycées et de toutes les universités du pays, et nous devons réfléchir
aux conséquences de ces agressions en ce qu'elles renferment de misère, de
désespoir, voire d'une violence qui a de fortes chances d'éclater dans les
années à venir.
Ces derniers mois j'ai eu le plaisir d'apprendre que des sections du SDS
(Students for a Democratic Society) s'ouvraient dans les facultés américaines.
Parallèlement aux manifestations contre la guerre en Irak, certaines de ces
sections ont également organisé des actions pour demander une hausse des
salaires et des avantages sociaux pour les salariés des campus. Espérons
qu'elles militeront également, si ce n'est déjà fait, contre la guerre
économique que livre aux étudiants le secteur du prêt.
Carolyn Baker, Ph.D. is author of a forthcoming book, Coming Out from
Christian Fundamentalism: Affirming Life, Love and The Sacred. Her recent book,
U.S. HISTORY UNCENSORED: What Your High School Textbook! Didn’t Tell You, is
available at her website: www.carolynbaker.org.
NOTES
Le massacre à VT
En français:
http://tf1.lci.fr/infos/monde/ameri...
En anglais
http://en.wikipedia.org/wiki/Virgin...
Kent State shootings
http://en.wikipedia.org/wiki/Kent_S...
(Politique répressive de Richard Nixon menée aussi bien au Vietnam qu'à
l'intérieur du pays :
Le 4 mai de la même année, 4 étudiants manifestant contre l'invasion du
Cambodge sont tués par la Garde Nationale de l'Ohio, épisode connu sous le nom
de Kent State shootings.)
No Child Left Behind Act. La loi NCLB
http://en.wikipedia.org/wiki/No_Chi...
Critique
"No Child's Behind Left”, Greg Palast:
http://www.gregpalast.com/no-childs...
"Community colleges": établissements post-lycée
qui préparent à un niveau inférieur à la licence et qui coûtent moins
cher.
Système universitaire aux US. Dossier très
complet:
http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/ac...
En anglais:
Retour à la servitude
http://carolynbaker.org/archives/in...
Article intéressant où il est dit (entre autres):
Quand un titulaire d'un diplôme d'études secondaires vient s'inscrire en
première année de faculté, on lui propose une multitude de cartes de crédit, si
bien que certains finissent par jongler avec 3 ou 4 cartes. Et c'est ainsi qu'à
la fin du cycle universitaire, ils se retrouvent avec en moyenne 20.000 dollars
à rembourser pour les achats effectués avec leurs cartes. À cela s'ajoute le
montant des remboursements du prêt étudiants, qui peut s'élever à plus de
30.000 dollars. Donc, un diplômé de l'université dont les parents n'ont pas des
revenus suffisants (classes moyennes et ouvrières) entre dans le monde du
travail avec une dette de 50.000 dollars.
Une fois dans la vie active, il lui faut encore contracter des crédits pour
acheter une voiture et un logement (et tout l'équipement que cela implique).
Sans parler de la couverture santé et autres dépenses obligées.
Et ainsi, des diplômés de l'université, censés accéder à des emplois
rémunérateurs, se retrouvent à passer leur vie à tenter d'éponger ses dettes
tout en étant contraints d'en contracter de nouvelles.
Ce système, à la base du système économique américain et mis en place depuis
des décennies, non seulement rapporte de plus en plus aux banques et aux
organismes de prêts mais permet au pouvoir politique de s'assurer la docilité
de la population.
Le reste est à lire …
Autres liens
En anglais: Louer une maison c'est plus économique que de
devenir propriétaire:
http://www.lifeaftertheoilcrash.net...
Et:
__ceux qui achètent des maisons surdimensionnées dans les banlieues éloignées
sont des imbéciles.Explication.
__http://www.violentacres.com/archi...
..........................................................................................................................................
Dimanche 20 mai
Complément d'information:

Ta bourse et à vie!
Le prêt étudiants aux US: votre argent nous intéresse
BEAUCOUP
Scandale aux US : Les responsables administratifs des
établissements d'enseignement supérieur et certains hauts fonctionnaires du
Département de l'Education sont soupçonnés d'aider les compagnies de prêt à
démarcher les étudiants.
En échange de cadeaux: argent, actions, croisières, voyages et autres petits
avantages entre amis.
Les élus démocrates enquêtent à grande échelle pour traquer ceux qui se sont
rendu coupables de corruption et/ ou de collusion.
Quant aux hauts fonctionnaires du ministère, eux, non seulement il s'est
avéré que certains avaient (ou avaient eu) des intérêts dans Sally Mae mais
encore qu'ils ont laissé les compagnies de prêts fouiner dans la base de
données de 60000 étudiants. Voir, à ce sujet, l'article de la LDH-Toulon .
Certaines têtes sont tombées. Combien d'autres subiront le même sort? A
moins que ce ne soit que pour mieux étouffer l'affaire.
Bah, ils trouveront bien un autre moyen. Pas à court de ressources, les
requins de la finance.
Article: Une responsable du service du prêt aux étudiants
démissionne
By JONATHAN D. GLATER
Karen W. Arenson, Jim Rutenberg and Diana Jean Schemo contributing
reporting.
NY Times, May 9, 2007
Attaqué pour n'avoir pas su faire respecter les lois dans le secteur du prêt
étudiant – dont le chiffre d'affaires s'élève à 85 milliards de dollars – le
Département de l'Education américain a annoncé hier la démission de la
responsable chargée de superviser le programme des prêts étudiants. La
démission de Theresa S. Shaw a été rendue publique deux jours avant la
déposition de la secrétaire d'Etat à l'Education, Margaret Spellings, devant
une commission du Congrès.
Mme Spellings devrait avoir à expliquer quel contrôle a été exercé sur les
pratiques des organismes de prêts et quelles mesures ont été prises pour faire
appliquer les lois sur les conflits d'intérêt.
Des responsables du Département ont indiqué que le départ de Mme Shaw en
tant que directrice du service de l'aide aux étudiants n'était pas lié aux
révélations selon lesquelles les organismes de prêt avaient offert des cadeaux
aux responsables des universités et des aides financières fédérales pour
s'attirer leurs faveurs et gagner des parts de marché.
M. Cuomo, en revanche, a déclaré devant la commission Education de la
Chambre des représentants que le secrétariat d'état avait oublié de réglementer
les pratiques des organismes de prêt.
Les enquêtes menées par les membres du Congrès et les ministres de la
justice, présidées par M Cuomo, ont révélé que les organismes de prêt
rétribuaient les établissements d'études supérieures en échange d'un certain
nombre de contrats et offraient aux responsables de l'aide financière fédérale
des cadeaux, des voyages ou des actions.
Dans de nombreux établissements, les organismes de prêt figuraient sur la
liste des sociétés recommandées aux étudiants.
Les enquêteurs ont déclaré que le ministère avait été trop complaisant avec
les compagnies de prêt en n'envoyant pas des directives aux responsables des
universités.
Mme Spellings a déclaré que Mme Shaw lui avait annoncé, fin février, qu'elle
comptait partir en juin.
C'était après que Andrew M. Cuomo, ministre de la justice de New York eut
annoncé qu'une enquête serait menée pour déterminer les liens existant entre
les universités et les organismes de prêt. (..).
Nommée en 2002 par Rod Paige, le secrétaire d'Etat à l'Educ, Mme Shaw avait
travaillé pdt 22 ans dans le secteur du prêt, principalement à Sally Mae,
l'organisme de prêt étudiants le plus important.
Ms Spellings dit de Shaw qu'elle "s'est attachée à défendre inlassablement
les intérêts des étudiants et de leurs familles" et ajoute que le programme
d'aide aux étudiants "offre actuellement davantage d'aide à davantage
d'étudiants pour un coût d'exploitation inférieur et une plus grande
rigueur."
Le Département est également mis sur la sellette par le Congrès américain
pour n'avoir pas su prendre des mesures contre les centaines de millions de
dollars de subventions douteuses encaissées par les compagnies de
prêt.
Terry W. Hartle, vice-président de l'American Council on Education, a
déclaré que beaucoup des problèmes qui ont été soulevés n'étaient pas
considérés comme des problèmes précédemment il y a à peine trois mois en
arrière.
Les Démocrates ont demandé combien de membres du personnel qui occupent des
postes importants dans le Département avaient des liens avec le secteur du
prêt.
Mme Shaw dirigeait un service où un autre responsable, Matteo Fontana, a été
mis mis à pied en conservant son salaire après qu'on eut révélé qu'il détenait
pour au moins 100.000 dollars d'actions d'une compagnie de prêt alors qu'il
était en fonction au service du ministère. Lui aussi avait travaillé à Sally
Mae. L'inspecteur général du Département, John P. Higgins Jr, a annoncé au
groupe Démocrate qu'il comptait enquêter sur d'éventuels conflits
d'intérêts.
Le sénateur organismes de prêt, Edward M. Kennedy, parti démocrate, qui
préside la commission Education, a exigé qu'on lui remette les dossiers
complets de 27 employés.
"Un certain nombre de questions importantes se posent sur la capacité de
l'agence d'aide fédérale aux étudiants à garantir l'intégrité du système de
prêt étudiant, à s'assurer que les hauts fonctionnaires n'entretiennent pas des
relations douteuses avec les compagnies de prêts qu'elles sont censées
contrôler et à empêcher que les données personnelles des étudiants soient
exploitées par les compagnies de prêt" a déclaré M Kennedy.
"La secrétaire d'Etat doit mettre tout en oeuvre pour garantir aux
Américains que le prochain responsable de l'aide fédérale aux étudiants va
s'atteler à corriger ces problèmes et à sauvegarder au mieux les intérêts des
étudiants et de leurs familles."
(…) Barmak Nassirian, de l'Association Américaine des Administrateurs de
l'Université, a déclaré que la démission de Shaw ne mettra pas fin aux
problèmes d'application des lois. S'il s'agit de désamorcer la crise en
désignant une victime expiatoire, cela ne va pas suffire."
Le ministère a pris des mesures pour répondre à ces attaques. Le mois
dernier, craignant que la base de données ne serve à des fins commerciales, il
a limité temporairement l'accès au fichier électronique qui contient des
informations confidentielles sur les comptes financiers de millions d'étudiants
emprunteurs. L'accès au site est progressivement rétabli, avec des mesures de
sécurité renforcées.
Mme Spellings a également nommé une commission pour proposer d'ici la fin du
mois un contrôle des listes de compagnies de prêt favorites et elle a durci les
contrôles sur la situation financière des hauts fonctionnaires.
......................................................................................................................................
Le New York Times; A Cruise, and in Turn, Perhaps a
Loan? raconte:
(Je ne peux pas mettre uniquement le lien, c'est un article
payant)
By JONATHAN D. GLATER
Published: May 9, 2007
Oh, to be a university financial aid administrator on the loose in
Manhattan. JPMorgan Chase & Company invited more than 200 officials in town
for the National Association of Student Financial Aid Administrators’ meeting
two years ago on a July 4 dinner cruise up the East River to see the
fireworks.
“Along with the big show, dinner and premium beer, there will be dancing, a DJ,
giveaways, and a whole lot of fun,” a brochure advised. The menu included
artichoke and Parmesan torte, filet mignon with a port sweetened demi-glace,
truffle mashed potatoes and a Valrhona chocolate torte with caramel ice
cream.
The event cost more than $70,000, according to invoices obtained by Congress
in its investigation of the ties between student loan companies and university
financial aid advisers, who recommend lenders to students. Investigators have
documented gifts, travel and other benefits from lenders to financial aid
officials and universities.
“It is wrong for lenders to pick up the tab for lavish cruises held under
the guise of a financial aid conference,” Representative George Miller,
Democrat of California and chairman of the House education committee, said
yesterday. Tom Kelly, a spokesman for Chase, said it would not plan such an
event today.
The bank recently signed a code of conduct with the New York attorney
general, Andrew M. Cuomo, barring lenders from giving financial incentives to
universities, or payments or trips to university officials, to win favor for
the lender. …………………………………………………………………………………………………
Commentaire perso:
Deux-cents responsables de la gestion des finances d'universités américaines
invités par JPMorgan Chase & Company à participer à une balade en
bateau sur l'East River (Manhattan) il y a deux ans le 4 juillet pour admirer
les feux d'artifice et participer à un dîner dansant.
Coût de l'opération: $70,000.
Pas cher, finalement. Il y avait quand même DEUX-CENTS invités, pas une
poignée de parasites.
Au fait, le 8 mai, c'est pas le jour de la fête nationale à Malte, par
hasard?
Mais, on ne peut pas comparer, dans notre cas, il s'agissait de l'invitation
d'un ami. Si on ne peut même plus se rendre chez ses amis en vacances
sans que cela fasse une affaire d'Etat!
De toute façon, s'il y avait conflit d'intérêts, le (peu qui reste au) PS
diligenterait une enquête sans tarder.
Nous, on n'a vraiment rien à craindre!

Commentaires
Ce que tu dis sur la violence et la perception qu'en ont les gens (via les médias) est vraiment terrible mais vrai. Les dommages collatéraux ne sont jamais vraiment imputables, en tout cas le citoyen ne se sent pas responsable, et même si son gouvernement l'est, on y peut rien...
Tous les jours notre mode de vie se nourrit de la mort aux 4 coins du globe, mais on continue à nommer violence ce qui n'est que de la poudre aux yeux. Enfin c'est comme ça que je le vois.
Merci pour ton analyse de la situation aux USA, comme tu dis, avec Allègre, peut être un avant gout de ce qui nous attend en France ?
Je suis bien d'accord. Les massacres ponctuels perpétrés dans le monde occidental servent à intoxiquer l'opinion et à les détourner des véritables coupables.
Et à priver les citoyens chaque jour de leurs libertés. Liberté d'expression, liberté de mouvement, liberté de penser...
Passeports et cartes d'identité biométriques, prélèvements d'ADN, dossiers électroniques, caméras, etc. tout cela au nom d'une factice "sécurité".
Pendant ce temps, les gouvernements occidentaux se partagent les richesses du monde sur le dos des populations pauvres et opprimées - dans le monde occidental ou dans les pays pauvres.
Quand on voit les gogos que la France a produits, on se doute de l'étendue du désastre aux US, avec le patriotisme aveugle qu'on leur inculque depuis des décennies, voire des siècles.
Quant à Allègre, il n'a jamais oublié de se faire le chantre du système universitaire et de la Recherche américains. Il va sûrement beaucoup plaire aux néocons de ce gouvernement.
Quand on sait que la Recherche en Amérique est organisée par les grands groupes privés, on peut dire adieu à l'impartialité de la recherche publique dans l'intérêt commun.
Ps: J'ai essayé de poster un commentaire chez toi, mais impossible: il ne passe pas. J'ai beaucoup apprécié ton dernier article.
@ Emcee:
Ce qui est très inquiétant aussi c'est qu'il y a des "non-gogos", disons des gens qui savent mais qui ne mouftent pas !
Je m'en rends compte lorsque je diffuse des infos par mail à des ami-e-s du même bord que moi, concernant par exemple les risques de violation de notre vie privée: jamais aucune réaction.
Peut-être est-ce l'incrédulité, la peur, la raillerie (quelle parano celle-là !), le désir de ne pas savoir ou de repli sur soi, le je-m'en-foutisme (ça n'arrive qu'aux autres), le défaitisme (il ne sert à rien de signer des pétitions), je ne sais pas mais ça me fait vraiment râler !
Je me demande si cela vaut la peine de continuer de tranférer des infos... Comment susciter des résistances dans cette situation d'avachissement mental ?
Je me torture les méninges tous les jours avec cette question ! :o)
Carambole,
Je constate aussi la même chose autour de moi.
Il y a certainement une certaine lassitude d'avoir à lutter sur tous les fronts et constamment.
Une lassitude, aussi, à ne pas être entendu, même dans ses propres rangs. (Il n'y a qu'à voir comment les syndicats s'emploient à marginaliser les plus radicaux d'entre nous).
Alors, à force, on baisse les bras. Afin de se préserver.
Et il y a d'autre part, l'idée chez certains que cela n'est "pas si grave", que c'est la "modernité", et qu'on leur brosse un portrait intentionnellement apocalytique.
Moi aussi, je noie de mails mes connaissances sur les privations de libertés, sur le fichage des individus, etc.
J'ai peu de réactions.
Mais je continue quand même. Pour que chacun prenne conscience de ce que cela implique, et reste en éveil.
Pour l'instant, comme aux US, chacun se préoccupe de payer ses factures.
Et puis, nous sommes en attente de ce qui va se passer après ces élections.
Avant les manifestations de mai 68, la France semblait calme et soumise.
Alors, peut-être bien ... Peut-être bien.