Ce système largement élitiste fait la part belle aux enfants de riches et aux moins riches dont les parents ont mis de l'argent sur un compte spécial dès leur naissance. Quant aux autres, les aides d'état et autres allocations étant insuffisantes, ils travaillent pendant toute la durée de leurs études et font des emprunts. S'ils sont pauvres, s'ils ne sont pas dotés de capacités exceptionnelles, les études supérieures sont hors de leur portée.

En France, l'université dispose de moyens très insuffisants. Le système devrait certes être revu et corrigé.
Hélas, l'ami-de-trente-ans du milliardaire breton vient de déclarer qu'il allait s'attaquer à la "réforme" de l'université et la Recherche.

Gageons qu'il n'oubliera pas de lorgner du côté des US ou de la Grande Bretagne. Il paraît qu'Allègre serait sur les rangs. C'est dire.
Après l'enseignement dans le primaire et dans le secondaire, encore un massacre en perspective.


Cet article de Carolyn Baker, paru le 21 avril dernier, développe les graves difficultés auxquelles sont confrontés à l'époque actuelle ceux qui ont fait le choix d'une formation universitaire et les conséquences qu'elles auront encore pendant de longues années quand ils seront entrés dans la vie active.

101 façons de massacrer des étudiants

paru dans: www.dissidentvoice.org
Source de l'article:
http://www.dissidentvoice.org/Apr07...

Une fois de plus, une épouvantable explosion de violence aux Etats-Unis a, sur toutes les chaînes de télévision du pays, viré au spectacle de "sang et de cirque" de presse people. Bizarrement, aussi ubuesque et épouvantable que soit ce carnage, il semble que les Américains ne s'émeuvent des bains de sang que s'ils ont lieu dans leur propre jardin.

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''Cagle cartoons''

Juan Cole, dans son blog, "Information Clearing House," explique: "Ce qui s'est passé à Virginia Tech devrait nous permettre de concevoir ce que vivent les Irakiens actuellement. Ils subissent tous les jours sans exception deux agressions comme celle qui a eu lieu à VT. "Nous sommes, semble-t-il, incapables de nous livrer à une analyse des actes de violence: soit nous nous tenons à l'écart de l'événement, comme s'il s'était produit quelque part ailleurs, soit nous regardons avec délectation, 24h sur 24, 7 jours sur 7, de sordides reportages en direct d'une tuerie ou nous nous repassons en boucle une vidéo réalisée par un criminel qui suinte la rage psychotique par tous les pores. Ni dans un cas, ni dans l'autre, l'Amérique ne semble prête à se pencher sur les graves questions que soulèvent de tels phénomènes, préférant passer directement à la phase de "reconstruction"
(…).

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Cagle Cartoons
Ma mère n'aime pas du tout qu'on s'habille tous comme le tueur de Virginia Tech
Et pourquoi? C'est le seul mec qui passe à la télé en ce moment.

Les reportages que j'ai vus cette semaine sur le drame de VT m'ont rappelé un autre massacre qui a eu lieu, il y aura 37 ans le mois prochain, à l'université de Kent State. Ce jour-là, j'étais aspergé de gaz lacrymogène alors que je participais à l'université de Michigan State à une manifestation en solidarité avec mes camarades de Kent State qui avaient été massacrés par un gouvernement qui, à ce moment même, assassinait des milliers de Cambodgiens, en larguant sur eux des bombes qu'il jurait ne pas larguer et mentait éhontément au peuple américain alors que se poursuivaient les atrocités de la guerre du Vietnam. Aujourd'hui, j'ai un collègue enseignant qui, le 4 mai 1970, a été victime d'une balle perdue à Kent State et qui est devenu handicapé à vie.

Mais, alors que ce qui s'est passé dans les universités de Kent State et de Virginia Tech concerne des agressions physiques, pratiquement personne n'a conscience de la multitude d'occurrences où, sans qu'il y ait d'effusion de sang, les étudiants sont massacrés.

Un autre article cette semaine a attiré mon attention, c'est "la crise chez les étudiants", de Danny Schechter.
Schechter explique que "les prêts étudiants sont devenus un tel fardeau pour toute une génération d'étudiants que nos universités pourraient bien servir à nouveau de cadre à la prochaine édition d'une scène de carnage".

En outre, ce qu'on a appris ces dernières semaines sur la corruption qui entoure les prêts étudiants, comme les pots de vin, les cadeaux, les voyages, et d'autres avantages dont bénéficieraient les responsables des universités ne serait que la partie émergée de l'iceberg. George Miller, membre du Congrès pour la Californie compare la corruption et les abus qui sévissent dans le secteur de prêts étudiants à ce qui se passe à Halliburton. Les enquêtes de Miller ont également révélé que non seulement ce secteur était gangrené par la corruption, mais qu'ils s'appropriaient des dossiers confidentiels des étudiants pour déterminer s'ils allaient leur accorder un prêt.

Parallèlement, toujours selon Schechter, Sallie Mae, la plus grande société de prêt pour étudiants en Amérique, a annoncé hier qu'elle allait être rachetée par un groupe d'investisseurs privés pour 25 milliards de dollars, ce qui pourrait bien rendre difficile tout contrôle public sur l'organisme prêteur à un moment où le secteur de prêts étudiants est particulièrement convoité.

Ce contrat énorme montre bien les bénéfices potentiels que Wall Street pressent dans le secteur du prêt étudiant - qui représente un chiffre d'affaires de 85 milliards de dollars par an – au moment même où le Congrès envisage de supprimer des milliards de dollars d'allocations des prêts fédéraux et qu'une enquête au niveau national révèle de nouveaux conflits d'intérêt dans le secteur du prêt aux étudiants".

Schechter, dans son excellent documentaire "In debt we trust", démontre d'une part la faillite du système de prêt étudiant et d'autre part, les dettes abyssales que contractent les étudiants de première année inexpérimentés avec leur carte de crédit – une dette qui atteint 20 000 dollars en moyenne par étudiant à l'issue d'un cycle universitaire.

(…)

Dans son livre "Generation Debt" et dans ses articles parus dans "Village Voice", Anya Kamenetz analyse la question de la dette et du prêt étudiants et explique les difficultés sans fin que le système leur impose.

Que Dieu nous en préserve, mais ces graines qui ont été semées au cours l'offensive économique actuelle menée contre les étudiants risquent fort un jour de générer un nouveau carnage, au sens littéral du terme, sur un campus universitaire, perpétré par un diplômé de l'université qui plie encore, bien des années plus tard, sous une montagne de dettes.

Mais la guerre économique engagée contre les étudiants n'est qu'un des aspects du massacre.

Encore plus violent, mais silencieux et d'apparence anodin, c'est le massacre de la pensée. Les étudiants arrivent à l'université pour y faire des études, et même s'ils sont inscrits dans un "community college", ils sont censés avoir acquis un certain bagage. Or, tous ceux qui enseignent à l'université depuis une vingtaine d'années s'accordent à dire que seule une infime partie des étudiants de première année sait rédiger une phrase en anglais. Le plus affligeant c'est que les étudiants étrangers non anglophones, eux, en sont souvent capables, contrairement à ceux qui ont fait leurs études aux Etats-Unis.

Je constate, hélas, que, dans l'ensemble, les étudiants n'aiment pas lire et ont du mal à se concentrer sur leurs manuels et autres lectures obligatoires. Il n'est pas rare qu'ils déboursent 150 dollars pour des manuels qu'ils n'ouvriront pratiquement jamais. Les professeurs disent souvent qu'ils ne peuvent pas faire cours plus de 15 à 20 minutes et qu'ils doivent ensuite passer à la création d'une présentation avec Power Point ou au visionnage d'une vidéo ou d'un DVD de façon à continuer à capter l'attention des étudiants. En d'autres termes, la génération actuelle de ceux qui entrent à l'université considère souvent que les concepts sans le clinquant des effets spéciaux, c'est monotone et peu captivant.

Dans les écoles publiques, les enfants sont soumis à de plus en plus de violence au quotidien. En effet, ils subissent les agressions verbales et physiques de la part d'autres élèves et se heurtent à l'impuissance de l'administration à qui on ne donne pas les moyens nécessaires pour intégrer les perturbateurs et leurs parents dans des structures qui permettraient de traiter ce grave problème.

Des incidents dramatiques éclatent régulièrement, comme à Columbine ou à Virginia Tech, perpétrés soit par celui qui harcèle les autres soit par un de ses souffre-douleur. Et alors, personne n'étant disposé à rechercher les causes profondes de ce mal, on s'empresse de "refermer les blessures et de passer à autre chose".

Depuis la mise en application de la Loi "No Child left Behind' ("NCLB" - Aucun enfant ne doit rester à la traîne), on constate qu'en grande majorité, les élèves qui viennent d'un lycée public excellent dans les tests, mais n'ont pratiquement aucun sens critique. J'ai observé que les étudiants apprécient la pensée critique une fois qu'ils sont formés à cette nouvelle compétence car ce concept n'existe pas en Amérique.

Cette loi NCLB est une atteinte non seulement à la réflexion des élèves et des étudiants mais de la société toute entière. C'est, à mon avis, principalement à cause de cela, et à cause du sentiment de peur adroitement entretenu, qu'on a pu mystifier les Américains sur les raisons de déclarer la guerre à l'Irak.

Quand Colin Powell a présenté son argumentation bidon devant les Nations Unies pour justifier la guerre en Irak en 2003, une société à l'esprit critique aurait haussé les sourcils et posé des questions plus poussées. D'ailleurs, une chaîne d'infos britannique avait annoncé que plusieurs pages déterminantes du rapport de Powell avaient été plagiées mot pour mot dans la thèse d'un étudiant (les étudiants sont souvent bien utiles aux élites dirigeantes, n'est-ce pas?).
Quand, au cours de cette présentation, Powell a brandi une fiole de poudre blanche, en disant que c'était de l'anthrax, des Américains à l'esprit critique ne seraient pas devenus blancs comme cette poudre mais auraient demandé si cette fiole ne contenait pas plutôt du bicarbonate de soude.

Quand Condolezza Rice a déclaré que si nous n'envahissions pas l'Irak, il y aurait un champignon atomique au-dessus de l'Amérique parce que l'Irak était soi-disant sur le point de fabriquer une bombe atomique, un peuple à l'esprit critique aurait exigé immédiatement des preuves autres que ces photos publicitaires montrant celle qui a fait partie du conseil d'administration de Chevron, l'air faussement affligé.
Mais comme me l'a dit naïvement un de mes étudiants: "si ce n'était pas vrai, pourquoi, ils ont dit ça à CNN?"

J'ai répondu: parce que CNN est un media qui appartient à un grand groupe et que sa fonction, c'est de prendre note de ce que veut le gouvernement et de "vendre" son programme à un peuple incapable de se livrer à une analyse critique - et en 2003, le bidouillage a réussi au delà des espérances les plus folles des néo-cons qui l'ont élaboré.

Je suis très bien placée pour constater que, dans les établissements secondaires publics, l'enseignement de l'histoire est devenu superficiel et inadapté. La plupart des étudiants n'en ont aucune notion et racontent que les cours d'histoire au lycée étaient si mortellement ennuyeux que soit ils séchaient les cours, soit ils s'envoyaient des textos soit ils s'endormaient.

De plus en plus, les moyens pour enseigner l'histoire, comme pour les arts plastiques ou la musique, sont réduits à peau de chagrin dans les lycées et les facultés au bénéfice de l'informatique et des sciences de l'ingénieur. Il y a quelques années, John Judge , affirmait qu'un "peuple qui n'a aucune connaissance de son histoire est facilement manipulé et dominé".

Quand on refuse à des étudiants la possibilité de lire, d'écrire, de développer leur esprit critique et d'étudier l'histoire, on se retrouve avec un peuple de carpettes qui ne se posent aucune question et qui gobent pratiquement tout ce qu'on fait passer au nom du patriotisme ou de la sécurité nationale, comme ils vont probablement le faire quand on leur vendra la propagande du régime concernant la loi sur l'identité nationale et le projet du gouvernement américain d'y inscrire les dispositions en 2009.
Après tout, qui parmi eux accepterait de se voir refuser le privilège d'obtenir son permis de conduire ou de le faire renouveler, d'ouvrir un compte bancaire, ou de monter dans un avion?

Alors, quel est l'avenir de cette génération d'étudiants? Comment vont-ils finir, à part être endettés jusqu'au cou? Un avenir, hélas, également menacé par le réchauffement de la planète, l'épuisement des ressources énergétiques mondiales et l'effondrement de l'économie mondiale.

Ils sortiront frais émoulus de l'université et s'ils n'ont pas de connaissance, ils prendront les emplois qu'ils trouveront. Ces diplômés qui entreront sur un marché du travail touché par les délocalisations, seront contraints d'accepter des postes inintéressants pour des salaires insuffisants et peu d'avantages sociaux, voire aucun. Ceux qui sont spécialisés dans les nouvelles technologies seront peut-être mieux lotis que les autres. Je ne m'avancerai pas à parier que d'ici dix ans ils auront une vie professionnelle bien exaltante.
Beaucoup d'entre eux, épris d'idéal, choisiront d'enseigner, déterminés à dispenser un enseignement différent de celui qu'ils auront reçu, mais d'après l'enquête réalisée en 2005, la moitié des professeurs interrogés envisage de quitter le métier d'ici 2010.
Ces étudiants en instituts de formation des maîtres feront le serment de donner aux élèves un véritable enseignement, et refuseront de les préparer exclusivement aux tests prévus par la loi NCLB. Mais à moins d'enseigner dans une école privée - où la NCLB n'est pas obligatoire mais où les salaires sont inférieurs - ils seront découragés et démoralisés en moins d'une dizaine d'années.
Dans les écoles publiques, ils apprendront, qu'ils adhèrent ou non à la NCLB, que leurs salaires seront fonction des résultats qu'ils obtiennent aux tests, et dans ce cas, pourquoi ne pas faire du "bachotage" plutôt que de chercher à enseigner quelque chose aux élèves?

Ils apprendront peut-être à s'accommoder d'un système qui rend pratiquement impossible l'apprentissage de savoirs, et dans ce cas, ils deviendront les parties mobiles de robots dans un système qui engendre l'appauvrissement culturel de tout un peuple, ou, s'ils décident de ne pas l'accepter, ils abandonneront le métier pour lequel ils ont été formés, préférant rester fidèle à leur vocation d'éducateurs.

De plus en plus, les écoles de commerce et celles des technologies nouvelles seront privilégiées par beaucoup de bacheliers, et faire des études supérieures ne sera plus, faute de moyens, accessible aux classes moyennes et ne sera plus, non plus, la garantie d'avoir, à la clé, un poste intéressant.

Sachant que la récession actuelle dans l'immobilier touche le secteur du crédit et les taux d'intérêt, sachant que l'administration Bush envisage de supprimer les réductions d'impôts sur les intérêts des crédits immobiliers, de nombreux diplômés de l'université se verront dans l'impossibilité d'acheter un logement. Sachant, également, que, d'après les nouvelles lois de 2005 sur les faillites, il ne sera plus possible de recourir à la faillite quand on croule sous les dettes, cette génération de diplômés de l'université ne sera plus jamais libérée du poids de la dette qui pèse sur ses épaules.

Donc, d'une part, le carnage qui a eu lieu à Virginia Tech est comparable à ce que subissent les Irakiens innocents et la plupart des troupes américaines au moins deux fois par semaine, et ramène, ainsi, sur notre territoire les horreurs des tueries en masse. Mais en même temps, si nous faisons partie des Américains dotés d'un sens critique, alors il nous faut nous interroger sur toute la série d'attaques menées contre les élèves et les étudiants actuels de tous les lycées et de toutes les universités du pays, et nous devons réfléchir aux conséquences de ces agressions en ce qu'elles renferment de misère, de désespoir, voire d'une violence qui a de fortes chances d'éclater dans les années à venir.

Ces derniers mois j'ai eu le plaisir d'apprendre que des sections du SDS (Students for a Democratic Society) s'ouvraient dans les facultés américaines. Parallèlement aux manifestations contre la guerre en Irak, certaines de ces sections ont également organisé des actions pour demander une hausse des salaires et des avantages sociaux pour les salariés des campus. Espérons qu'elles militeront également, si ce n'est déjà fait, contre la guerre économique que livre aux étudiants le secteur du prêt.

Carolyn Baker, Ph.D. is author of a forthcoming book, Coming Out from Christian Fundamentalism: Affirming Life, Love and The Sacred. Her recent book, U.S. HISTORY UNCENSORED: What Your High School Textbook! Didn’t Tell You, is available at her website: www.carolynbaker.org.

NOTES

Le massacre à VT

En français:

http://tf1.lci.fr/infos/monde/ameri...

En anglais
http://en.wikipedia.org/wiki/Virgin...

Kent State shootings
http://en.wikipedia.org/wiki/Kent_S...
(Politique répressive de Richard Nixon menée aussi bien au Vietnam qu'à l'intérieur du pays :
Le 4 mai de la même année, 4 étudiants manifestant contre l'invasion du Cambodge sont tués par la Garde Nationale de l'Ohio, épisode connu sous le nom de Kent State shootings.)

No Child Left Behind Act. La loi NCLB
http://en.wikipedia.org/wiki/No_Chi...

Critique
"No Child's Behind Left”, Greg Palast:
http://www.gregpalast.com/no-childs...

"Community colleges": établissements post-lycée qui préparent à un niveau inférieur à la licence et qui coûtent moins cher.

Système universitaire aux US. Dossier très complet:

http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/ac...

En anglais:
Retour à la servitude http://carolynbaker.org/archives/in...
Article intéressant où il est dit (entre autres):

Quand un titulaire d'un diplôme d'études secondaires vient s'inscrire en première année de faculté, on lui propose une multitude de cartes de crédit, si bien que certains finissent par jongler avec 3 ou 4 cartes. Et c'est ainsi qu'à la fin du cycle universitaire, ils se retrouvent avec en moyenne 20.000 dollars à rembourser pour les achats effectués avec leurs cartes. À cela s'ajoute le montant des remboursements du prêt étudiants, qui peut s'élever à plus de 30.000 dollars. Donc, un diplômé de l'université dont les parents n'ont pas des revenus suffisants (classes moyennes et ouvrières) entre dans le monde du travail avec une dette de 50.000 dollars.

Une fois dans la vie active, il lui faut encore contracter des crédits pour acheter une voiture et un logement (et tout l'équipement que cela implique). Sans parler de la couverture santé et autres dépenses obligées.

Et ainsi, des diplômés de l'université, censés accéder à des emplois rémunérateurs, se retrouvent à passer leur vie à tenter d'éponger ses dettes tout en étant contraints d'en contracter de nouvelles.

Ce système, à la base du système économique américain et mis en place depuis des décennies, non seulement rapporte de plus en plus aux banques et aux organismes de prêts mais permet au pouvoir politique de s'assurer la docilité de la population.

Le reste est à lire …

Autres liens

En anglais: Louer une maison c'est plus économique que de devenir propriétaire:

http://www.lifeaftertheoilcrash.net...

Et:
__ceux qui achètent des maisons surdimensionnées dans les banlieues éloignées sont des imbéciles.Explication.
__http://www.violentacres.com/archi...

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Dimanche 20 mai

Complément d'information:

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Ta bourse et à vie!


Le prêt étudiants aux US: votre argent nous intéresse BEAUCOUP

Scandale aux US : Les responsables administratifs des établissements d'enseignement supérieur et certains hauts fonctionnaires du Département de l'Education sont soupçonnés d'aider les compagnies de prêt à démarcher les étudiants.

En échange de cadeaux: argent, actions, croisières, voyages et autres petits avantages entre amis.

Les élus démocrates enquêtent à grande échelle pour traquer ceux qui se sont rendu coupables de corruption et/ ou de collusion.

Quant aux hauts fonctionnaires du ministère, eux, non seulement il s'est avéré que certains avaient (ou avaient eu) des intérêts dans Sally Mae mais encore qu'ils ont laissé les compagnies de prêts fouiner dans la base de données de 60000 étudiants. Voir, à ce sujet, l'article de la LDH-Toulon .

Certaines têtes sont tombées. Combien d'autres subiront le même sort? A moins que ce ne soit que pour mieux étouffer l'affaire.

Bah, ils trouveront bien un autre moyen. Pas à court de ressources, les requins de la finance.


Article: Une responsable du service du prêt aux étudiants démissionne

By JONATHAN D. GLATER

Karen W. Arenson, Jim Rutenberg and Diana Jean Schemo contributing reporting.

NY Times, May 9, 2007

Attaqué pour n'avoir pas su faire respecter les lois dans le secteur du prêt étudiant – dont le chiffre d'affaires s'élève à 85 milliards de dollars – le Département de l'Education américain a annoncé hier la démission de la responsable chargée de superviser le programme des prêts étudiants. La démission de Theresa S. Shaw a été rendue publique deux jours avant la déposition de la secrétaire d'Etat à l'Education, Margaret Spellings, devant une commission du Congrès.

Mme Spellings devrait avoir à expliquer quel contrôle a été exercé sur les pratiques des organismes de prêts et quelles mesures ont été prises pour faire appliquer les lois sur les conflits d'intérêt.

Des responsables du Département ont indiqué que le départ de Mme Shaw en tant que directrice du service de l'aide aux étudiants n'était pas lié aux révélations selon lesquelles les organismes de prêt avaient offert des cadeaux aux responsables des universités et des aides financières fédérales pour s'attirer leurs faveurs et gagner des parts de marché.

M. Cuomo, en revanche, a déclaré devant la commission Education de la Chambre des représentants que le secrétariat d'état avait oublié de réglementer les pratiques des organismes de prêt.

Les enquêtes menées par les membres du Congrès et les ministres de la justice, présidées par M Cuomo, ont révélé que les organismes de prêt rétribuaient les établissements d'études supérieures en échange d'un certain nombre de contrats et offraient aux responsables de l'aide financière fédérale des cadeaux, des voyages ou des actions.

Dans de nombreux établissements, les organismes de prêt figuraient sur la liste des sociétés recommandées aux étudiants.

Les enquêteurs ont déclaré que le ministère avait été trop complaisant avec les compagnies de prêt en n'envoyant pas des directives aux responsables des universités.

Mme Spellings a déclaré que Mme Shaw lui avait annoncé, fin février, qu'elle comptait partir en juin.

C'était après que Andrew M. Cuomo, ministre de la justice de New York eut annoncé qu'une enquête serait menée pour déterminer les liens existant entre les universités et les organismes de prêt. (..).

Nommée en 2002 par Rod Paige, le secrétaire d'Etat à l'Educ, Mme Shaw avait travaillé pdt 22 ans dans le secteur du prêt, principalement à Sally Mae, l'organisme de prêt étudiants le plus important.

Ms Spellings dit de Shaw qu'elle "s'est attachée à défendre inlassablement les intérêts des étudiants et de leurs familles" et ajoute que le programme d'aide aux étudiants "offre actuellement davantage d'aide à davantage d'étudiants pour un coût d'exploitation inférieur et une plus grande rigueur."

Le Département est également mis sur la sellette par le Congrès américain pour n'avoir pas su prendre des mesures contre les centaines de millions de dollars de subventions douteuses encaissées par les compagnies de prêt.

Terry W. Hartle, vice-président de l'American Council on Education, a déclaré que beaucoup des problèmes qui ont été soulevés n'étaient pas considérés comme des problèmes précédemment il y a à peine trois mois en arrière.

Les Démocrates ont demandé combien de membres du personnel qui occupent des postes importants dans le Département avaient des liens avec le secteur du prêt.

Mme Shaw dirigeait un service où un autre responsable, Matteo Fontana, a été mis mis à pied en conservant son salaire après qu'on eut révélé qu'il détenait pour au moins 100.000 dollars d'actions d'une compagnie de prêt alors qu'il était en fonction au service du ministère. Lui aussi avait travaillé à Sally Mae. L'inspecteur général du Département, John P. Higgins Jr, a annoncé au groupe Démocrate qu'il comptait enquêter sur d'éventuels conflits d'intérêts.

Le sénateur organismes de prêt, Edward M. Kennedy, parti démocrate, qui préside la commission Education, a exigé qu'on lui remette les dossiers complets de 27 employés.

"Un certain nombre de questions importantes se posent sur la capacité de l'agence d'aide fédérale aux étudiants à garantir l'intégrité du système de prêt étudiant, à s'assurer que les hauts fonctionnaires n'entretiennent pas des relations douteuses avec les compagnies de prêts qu'elles sont censées contrôler et à empêcher que les données personnelles des étudiants soient exploitées par les compagnies de prêt" a déclaré M Kennedy.

"La secrétaire d'Etat doit mettre tout en oeuvre pour garantir aux Américains que le prochain responsable de l'aide fédérale aux étudiants va s'atteler à corriger ces problèmes et à sauvegarder au mieux les intérêts des étudiants et de leurs familles."

(…) Barmak Nassirian, de l'Association Américaine des Administrateurs de l'Université, a déclaré que la démission de Shaw ne mettra pas fin aux problèmes d'application des lois. S'il s'agit de désamorcer la crise en désignant une victime expiatoire, cela ne va pas suffire."

Le ministère a pris des mesures pour répondre à ces attaques. Le mois dernier, craignant que la base de données ne serve à des fins commerciales, il a limité temporairement l'accès au fichier électronique qui contient des informations confidentielles sur les comptes financiers de millions d'étudiants emprunteurs. L'accès au site est progressivement rétabli, avec des mesures de sécurité renforcées.

Mme Spellings a également nommé une commission pour proposer d'ici la fin du mois un contrôle des listes de compagnies de prêt favorites et elle a durci les contrôles sur la situation financière des hauts fonctionnaires.


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Le New York Times; A Cruise, and in Turn, Perhaps a Loan? raconte:
(Je ne peux pas mettre uniquement le lien, c'est un article payant)
By JONATHAN D. GLATER
Published: May 9, 2007

Oh, to be a university financial aid administrator on the loose in Manhattan. JPMorgan Chase & Company invited more than 200 officials in town for the National Association of Student Financial Aid Administrators’ meeting two years ago on a July 4 dinner cruise up the East River to see the fireworks.
“Along with the big show, dinner and premium beer, there will be dancing, a DJ, giveaways, and a whole lot of fun,” a brochure advised. The menu included artichoke and Parmesan torte, filet mignon with a port sweetened demi-glace, truffle mashed potatoes and a Valrhona chocolate torte with caramel ice cream.

The event cost more than $70,000, according to invoices obtained by Congress in its investigation of the ties between student loan companies and university financial aid advisers, who recommend lenders to students. Investigators have documented gifts, travel and other benefits from lenders to financial aid officials and universities.

“It is wrong for lenders to pick up the tab for lavish cruises held under the guise of a financial aid conference,” Representative George Miller, Democrat of California and chairman of the House education committee, said yesterday. Tom Kelly, a spokesman for Chase, said it would not plan such an event today.

The bank recently signed a code of conduct with the New York attorney general, Andrew M. Cuomo, barring lenders from giving financial incentives to universities, or payments or trips to university officials, to win favor for the lender. …………………………………………………………………………………………………
Commentaire perso:

Deux-cents responsables de la gestion des finances d'universités américaines invités par JPMorgan Chase & Company à participer à une balade en bateau sur l'East River (Manhattan) il y a deux ans le 4 juillet pour admirer les feux d'artifice et participer à un dîner dansant.

Coût de l'opération: $70,000.

Pas cher, finalement. Il y avait quand même DEUX-CENTS invités, pas une poignée de parasites.

Au fait, le 8 mai, c'est pas le jour de la fête nationale à Malte, par hasard?

Mais, on ne peut pas comparer, dans notre cas, il s'agissait de l'invitation d'un ami. Si on ne peut même plus se rendre chez ses amis en vacances sans que cela fasse une affaire d'Etat!

De toute façon, s'il y avait conflit d'intérêts, le (peu qui reste au) PS diligenterait une enquête sans tarder.
Nous, on n'a vraiment rien à craindre!