Un président monté de toutes pièces par le Capital est appelé à régner. Araignée? Oui, c'est ça.

C'est le café du Commerce qui gagne sur la raison, la tolérance et la pensée dont nous nous prévalions naguère.

La propagande et le matraquage ont gagné. Une propagande soigneusement orchestrée jour après jour par les médias, les politiques et les pseudo-penseurs de ce siècle.

La France va enfin être le laboratoire du néo-libéralisme. Avec sa cohorte de victimes. Comme aux Etats-Unis, comme en Grande Bretagne et ailleurs. L'Italie s'est débarrassée de Berlusconi, la GB en a ras le bol de Blair, les US commencent à comprendre les méfaits de Bush et la France élit triomphalement B&B&B.

Dont toi qui, hier, allais sans réfléchir déposer ton bulletin dans l'urne; Toi qui n'as écouté que les discours lénifiants sans comprendre que c'était à TOI qu'on en voulait et pas à ton voisin;

Dont toi, le jeune demandeur d'emploi, qui imagines qu'il va y avoir désormais pléthore de créations d'emplois alors que, déjà, un fonctionnaire sur deux va être rayé de la carte;

Dont toi, le salarié, qui penses qu'en travaillant plus tu gagneras plus; Dont toi, le petit commerçant, qui crois que ton sort va être amélioré, alors que la vocation des libéraux, c'est d'absorber les petits;

Dont toi, l'ouvrier, qui seras obligé d'accepter des baisses de salaires drastiques et des horaires pléthoriques si tu veux que ton usine reste dans le pays;

Dont toi, le retraité, qui te retrouveras avec un revenu indigent qui ne te permettra pas de vivre;

Dont toi, qui cotiseras pour les fonds de pensions américains;

Dont toi, qui devras verser des sommes indécentes aux assurances privées pour avoir un droit minimum aux soins;

Dont toi, dont les enfants n'auront plus accès qu'à une éducation de base et dont il te faudra financer les études;

Dont toi, la Planète, dont les ressources seront pillées sans vergogne;

Mais ce n'est pas à TOI d'abord que j'en veux de cette catastrophe, même si tu aurais pu te poser les bonnes questions, au lieu de te laisser berner par les mensonges et les ficelles grossières.

J'en veux aux partis censés représenter le peuple qui ont laissé faire cette ascension par calcul sordide.

D"abord au PS, qui a occulté les aspirations de ses électeurs traditionnels, et qui a choisi - stupidement ou délibérément - par pure spéculation électoraliste, de mettre en avant une égo-centriste néo-libérale dont la vocation n'était pas de rassembler la gauche et dont l'ambition est de réaliser - malgré une déculottée historique infligée par un gouvernement sortant - une OPA sur le parti.

J'en veux aussi à tous les partis et factions anti-libéraux de n'avoir pas cherché à s'unir contre les dangers auxquels la France et ses habitants étaient exposés pour privilégier des querelles de chapelle et de préséance.

Je leur en veux d'avoir abandonné le travail de pédagogie et d'entraide sur le terrain pour rabâcher à l'envi les mêmes antiennes misérabilistes.

Je leur en veux d'avoir oublié les combats menés, il y a peu, en commun pour ne songer qu'à diviser en stigmatisant les autres– cela afin de préserver leur pré carré.

Décidément, aujourd'hui, je ne suis pas dans mon assiette.

Mais peut-être que ce n'est qu'un cauchemar. Peut-être que je dors encore.

Je vais essayer de me relever.