Health Care Crisis: Number of US Uninsured Soars, Along with Big Pharma Profits

Par Adrianne Appel

Traduction:

La crise du système de santé: le nombre de personnes sans assurance en forte hausse, ainsi que les profits de "Big Pharma".

Les Etats-Unis ont la réputation d'avoir un système de santé en or, mais ce système étant le plus coûteux au monde, certains ici disent que seuls ceux qui se présentent avec un seau plein d'or ont accès à ces traitements.

Le prix des médicaments, de l'assurance maladie, des consultations et des séjours hospitaliers n'est pas à la portée des bourses de beaucoup d'Américains, alors que, parallèlement, les bénéfices des compagnies d'assurance et des firmes pharmaceutiques ne cessent de grimper.

De nombreux responsables politiques et spécialistes disent que le pays est actuellement à l'orée d'une crise grave du système de santé.
On estime à 46 millions le nombre de personnes qui n'ont pas de couverture médicale, faute de moyens, et les Etats-Unis ont le plus mauvais bilan de santé du monde développé.

Parallèlement, d'après le magazine "Fortune", Johnson and Johnson le géant de la pharmacie a réalisé en 2005 des bénéfices de 10 milliards de dollars et Pfizer de 8 milliards.

Les soins médicaux causent même la ruine de citoyens américains aisés, surtout s'ils ont la malchance de tomber gravement malades.
"Ce qui fait que notre système de santé soit si dément, c'est que partons du principe que les soins médicaux sont un bien de consommation. Cela ne marche pas vraiment comme ça. La plupart des pays considèrent qu'il est de leur ressort de prendre soin de la population" explique Meizhu Lui, directeur de "United for a Fair Economy" (Unis pour une Economie Equitable).

Le système de santé en Amérique est en grande partie privatisé, ce qui signifie que ce sont les particuliers, seuls ou par l'intermédiaire de leurs employeurs, qui doivent se charger de choisir sur le marché leur couverture médicale. Le gouvernement fournit la sécurité sociale aux personnes âgées et à une partie des pauvres et des handicapés.

Selon "Families USA", une association qui se consacre à la santé publique, les prix de nombreux services médicaux ont flambé ces dernières années et aujourd'hui, les particuliers et le gouvernement dépensent 2,3 trillions de dollars par an pour régler l'assurance maladie, les consultations, les médicaments, les séjours hospitaliers et les examens spécifiques.
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D'après Meizhu Lui, il y a aux Etats-Unis un taux élevé de personnes souffrant de diabète ou d'hypertension qui ne reçoivent aucun traitement, et la communauté noire est touchée de façon disproportionnée.

"Sauf si on est extrêmement riche, il est pratiquement impossible de souscrire à une assurance maladie. J'ai la cinquantaine et il me faudrait verser 6000 dollars par an; pour une famille, c'est 12000 dollars" dit Steffie Woolhandler, maître de conférence à la faculté de Médecine à Harvard. Le système américain actuel en est arrivé à promouvoir la possibilité de bénéficier d'une profusion de traitements ultra perfectionnés pour ceux qui peuvent payer, au lieu d'encourager les soins préventifs, comme, par exemple, permettre des bilans de santé annuels", dit Woolhandler.
"C'est ahurissant de voir que nous dépensons autant d'argent alors que tant de personnes n'ont pas de couverture médicale", fait remarquer Meizhu Lui.

Depuis des années, les associations pour la santé publique, celles qui défendent les personnes âgées et les syndicats de travailleurs demandent au Congrès américain de permettre aux citoyens et au gouvernement l'achat de médicaments en gros ou au Canada, au lieu d'avoir à les payer au prix fort sur le marché libre américain.

Le Congrès n'a rien fait, ni pour répondre à cette attente, ni pour d'autres questions qui permettraient de réformer le système de santé.
Dans les coulisses, selon Opensecrets, organisme qui contrôle les financements en politique, les firmes pharmaceutiques, les centres hospitaliers, les compagnies d'assurance, et les organismes de défense des médecins ont dépensé 400 millions de dollars en 2005 et 2006 pour faire pression sur le Congrès et les candidats au niveau fédéral pour qu'ils légifèrent en faveur des compagnies privées.
"Au lieu d'aider la population, le gouvernement est pris en otage par ces sociétés à but lucratif" déclare Meizhu Lui.

D'après le "Centre for Public Integrity", les compagnies pharmaceutiques ont fait récemment pression pour empêcher la mise en place d'une réglementation sévère sur la sécurité, et sont parvenues à faire imposer la protection des brevets dans les négociations avec d'autres pays.

Les groupes pharmaceutiques bénéficient également d'avantages fiscaux consentis par le gouvernement américain. "Ils arrivent à déduire de leurs revenus leurs dépenses de matériel. Et ils ont droit à un dégrèvement important sur tout ce qui peut être considéré comme de la recherche" explique Bob McIntyre, président de "Citizens for Tax Justice" (Citoyens pour la Justice fiscale).

Tout ceci s'ajoute aux énormes profits des compagnies concernées. En 2005, d'après le magazine Fortune, les groupes pharmaceutiques Proctor & Gamble, Merck, Amgen, Abbot et le groupe d'assurance santé UnitedHealth Group faisaient partie des 50 compagnies qui font le plus de bénéfices parmi les 500 figurant dans le classement Fortune.

Beaucoup de grandes compagnies pharmaceutiques offrent des salaires et des primes mirobolants à leurs PDG. En 2006, le PDG de "Johnson and Johnson" a perçu, d'après le Dow Jones, un salaire et des primes d'un montant de 28 millions de dollars. Et Richard Clark, le PDG de Merck, a touché, d'après AFL-CIO Corpwatch, 10 millions de dollars en indemnités. Selon AFL-CIO Corpwatch toujours, l'ancien PDG de Pfizer, Henry McKinnel, qui a quitté la compagnie en 2006, est parti avec la somme de 180 millions de dollars - entre sa retraite, les actions en bourse et autres avantages.

Mais William McGuire, le PDG d'UnitedHealth Group, une compagnie d'assurance privée, se détache nettement du lot.
Son salaire annuel en 2005, d'après Forbes.co, s'est élevé à 124 millions de dollars et il a reçu des stock options d'une valeur de plus de 1,7 milliards de dollars. Et quand il partira à la retraite, il est prévu, entre autres, que lui et son épouse bénéficieront d'une couverture maladie à vie, indique AFL-CIO Corpwatch.

Ce n'est pas le cas pour la famille américaine moyenne, note Woolhandler. Si un des deux membres du couple devient trop malade pour travailler, il peut perdre son revenu et se retrouver dans l'impossibilité de payer son assurance maladie.
"Notre enquête conclut que les trois quarts des personnes qui ont été ruinées à cause d'une maladie avaient, au début, une assurance " dit Woolhandler.

Ceux qui souffrent d'une maladie chronique, comme l'asthme, paient le double du tarif normal, si on ne refuse pas carrément de les assurer, d'après Woolhandler fondateur de l'association Médecins pour une sécurité sociale nationale, qui demande que le pays passe à un système de santé géré par l'Etat, comme au Canada.

Peter Rost, ancien directeur adjoint chez Pfizer et auteur du livre "Wistleblower" ("celui qui tire la sonnette d'alarme") raconte qu'un certain nombre de compagnies ont fait les gros titres des journaux récemment quand elle ont tenté d'accroître leurs bénéfices en appliquant des programmes de commercialisation illégale de médicaments, en fraudant le fisc ou en lésinant sur la sécurité.

Notes

Assurance santé aux USA:
http://www.europusa.com/?ID=FRc89f3...

Et aussi - en anglais - un excellent rapport, très documenté, sur un excellent site à visiter et explorer.
http://www.epi.org/content.cfm/bp17...