Thursday March 15, 2007
Source: http://www.guardian.co.uk/crime/art...

Au rez-de-chaussée: la parfumerie, la papeterie et … les cellules


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Au rayon "chapeaux", ne ratez pas notre dernier modèle

Le ministère de l'Intérieur propose d'installer des cellules ("retail jails") dans les magasins et les centres commerciaux qui permettraient de détenir en garde à vue jusqu'à 4 heures d'affilée les voyous et autres suspects.

Des discussions sont actuellement en cours avec Selfridges, un grand magasin dans Oxford Street à Londres, pour mettre en place la première de ces cellules de détention provisoire. Les cinq pièces construites à cet effet seraient plus petites que la normale et en perspex, ce qui permettra de voir les suspects de l'extérieur.

Les pouvoirs de la police seraient également largement étendus car elle aurait la possibilité de prendre les empreintes digitales et des échantillons d'ADN de toute personne soupçonnée d'avoir commis un délit.

De plus, ces propositions semblent supprimer le cloisonnement existant entre les fichiers de la police contenant les empreintes digitales et les échantillons d'ADN et les informations contenues dans le nouveau fichier national d'identité. Ces nouvelles mesures ont été consignées dans un document de consultation publié aujourd'hui par le ministère de l'Intérieur dans le but de réviser le code "Police and Criminal Evidence Act" (PACE) de 1984, qui fixe les règles à observer par la police lors d'une enquête criminelle.

Le ministère de l'Intérieur indique que l'idée de mettre en place un réseau national de "centres de détention provisoire en Angleterre et au Pays de Galles dans les zones urbaines très fréquentées vient du fait que la police passe trop de temps dans les commissariats à s'occuper des petits délinquants ou à vérifier leur identité. Les policiers ne peuvent pas être sur le terrain pour accomplir leur mission principale", explique un porte-parole du ministère".
D'après le document de consultation, si les policiers peuvent utiliser des structures de détention provisoire dans les centres commerciaux et les centres-villes, cela leur permettrait peut-être d'agir plus efficacement contre la délinquance là où elle est très répandue. Le projet prévoit que les suspects gardés à vue dans les cellules comme ces prototypes à Selfridges ne seraient pas détenus plus de quatre heures, le temps de procéder à une vérification d'identité ou à une inculpation, de leur délivrer une assignation à comparaître ou de dresser un PV.

Mais les propositions du ministère vont plus loin en préconisant d'enregistrer les empreintes digitales, la photo et un échantillon d'ADN de tout inculpé, quelle que soit l'infraction qu'il est soupçonné d'avoir commise.

Actuellement, le relevé des empreintes digitales et de l'ADN ne peut être exigé que pour des infractions graves, celles qui sont en général passibles de peines de prison ferme. Le ministère de l'Intérieur précise qu'il veut élargir cette possibilité à tout type de délit, même s'il s'agit de comportement anti-social, d'incivilités mineures ou de vol à l'étalage.

Cette proposition de révision du PACE stipule que l'impossibilité de prendre les empreintes digitales et autres pour tout délit peut empêcher l'accès à une base de données globale destinée à indiquer quels délits ont été commis antérieurement ou à détecter ceux susceptibles de l'être. Ce dossier de consultation se pose ensuite la question de savoir s'il y a un risque de faire sauter les verrous de protection des autres fichiers automatisés destinés à la lutte contre la criminalité contenant les empreintes digitales, l'ADN et la photo de suspects.

Liberty, une organisation qui défend les droits humains, déclare que le gouvernement se prépare à relier les bases de données nationales comprenant l'ADN et les empreintes digitales au nouveau fichier d'identité nationale informatisé. Le gouvernement remplace au pas de charge les meilleures traditions du droit en Angleterre par la présomption de culpabilité. Il y a six ans, les prélèvements d'ADN ne concernaient que la lutte contre les crimes. Maintenant, jeter un papier par terre est un prétexte bancal à la constitution d'un fichier informatisé qui prend de plus en plus d'ampleur".

Nick Clegg, le porte-parole des Libéraux Démocrates sur les questions intérieures déclare que la révision du code PACE ne doit pas servir de prétexte à étendre les pouvoirs de la police.

PACE (Police and Criminal Evidence Act)

http://police.homeoffice.gov.uk/ope...

NOTES

La réussite flamboyante de Blair:

Les chiffres de la pauvreté à nouveau en augmentation en GB:

Blow for Brown as poverty figures increase after years of decline
http://politics.guardian.co.uk/econ...

La jeunesse aussi dans le collimateur. Et en danger:
http://www.courrierinternational.co...

http://www.guardian.co.uk/crime/art...

http://www.courrierinternational.co...

http://news.independent.co.uk/uk/th...

Immigration:
http://www.educationsansfrontieres....

Aux US:

Le ras-le-bol des élèves new-yorkais excédés par les fouilles à l'entrée des écoles
http://www.lemonde.fr/web/article/0...

Et en France, me direz-vous?

Voir les excellents dossiers de la LDH-Toulon:

ADN:
http://www.ldh-toulon.net/spip.php?...

Et la rubrique "BIG Brother":
http://www.ldh-toulon.net/spip.php?...

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NOTE PERSO:

EUROPE. On en est là:

Protéger les biens privés et les marchandises.
Pour les êtres humains, laissons-les entre les mains de la police et de la justice (qui serait toujours plus laxiste, vous avez remarqué?). Les mettre au pilori, les désigner à la vindicte populaire, d'abord, puis les balancer en prison et jeter la clé.
Par "êtres humains", je veux dire: les pauvres, les paumés, ou tous ceux qui ont peur de perdre leur emploi du jour au lendemain, tous les laissés pour compte du libéralisme décomplexé, évidemment. Pour les autres, ce sera la réélection ou le parachute doré, quelles que soient l'incompétence et la culpabilité.
Alors, pour protéger les puissants, il faut asservir les autres, de loin plus nombreux – et donc plus dangereux potentiellement.
Et c'est ainsi qu'on accepte de se laisser traquer et assujettir, en pensant stupidement que les sanctions ne nous concerneront pas.

Et, finalement, Big Brother, c'est nous qui le laissons entrer à grands pas dans notre vie.
En acceptant, pour des raisons de commodité ou sous prétexte de "sécurité", qu'on nous mette entre les mains, jour après jour, des dispositifs qui permettent de recouper chaque instant de notre vie. Beaucoup pensent: "De toute façon, je n'ai rien à me reprocher!". Ah oui? Et pourquoi entreprises, commerces, banques, organismes privés et publics peuvent-ils se constituer des banques de données qui regroupent des renseignements, mis en mémoire éternellement et souvent à notre insu, comme:
Ce que vous achetez, où, quand;
Si vous partez en voyage, où, pour combien de temps, avec quel budget;
%%Ce que vous avez - ou n'avez pas – sur votre compte en banque;

A qui vous téléphonez, à quelle heure et pour dire quoi;

Ce que vous écrivez dans votre courrier électronique et à qui;

Les maladies vous avez eues et celles auxquelles vous êtes sujet;

Sans parler des caméras, des téléphones et autres gadgets qui vous filment à votre insu. Et où vont ces images volées? A quelles fins?

Quid, également, des cartes d'identité et autres passeports biométriques qu'on veut nous fourguer sous prétexte de "sécurité" et de "commodité" (moins d'attente dans les aéroports, nous dit-on) dont il est pourtant dit: " Hormis les fraudes et délits affectant déjà les documents d'identité, les chercheurs du FIDIS rappellent que les DVLA comportent des menaces additionnelles. Les passeports biométriques RFID présenteraient ainsi des risques pour la sécurité et la protection de la sphère privée des utilisateurs et pourraient accroître les vols d'identité.
En effet, selon le FIDIS, les données contenues dans les DVLA peuvent être interceptées et lues jusqu'à une distance de 10 mètres du porteur, et ce de manière totalement invisible. Le comité rappelle également que les informations biométriques pourraient être employées à d'autres fins par les secteurs publics et privés. Enfin, la biométrie n'est pas infaillible et peut être source d'erreur d'authentification". (Extrait tiré du Site: http://solutions.journaldunet.com/0...).

Mais tout cela ne semble pas faire peur à grand monde. Ce serait dans l'ordre des choses. La société moderne et tout le bla bla.

Non! ce n'est pas dans l'ordre des choses "justes" dont se gargarisent les libéraux.
Nos aînés se sont battus pour nos libertés et, nous, nous nous laissons emprisonner dans un système de fichage irréversible. Quand toutes ces données seront toutes recoupées, elles seront accessibles à votre employeur, votre mairie, votre préfecture, les commerçants, le fisc, la police, la justice, que sais-je encore.
Un dossier complet bien utile pour nous faire tenir tranquilles. Et nous faire payer. Payer.
Parce que nous sommes coupables. Forcément coupables.
Et si nous ne le sommes pas suffisamment, si nous avons des chances d'être absous, on chargera un peu plus le dossier. De toute façon, nous sommes prêts à tout gober.
Voyez les incidents montés en épingle ces dernières années. Voyez un petit fraudeur devenir un délinquant multi-récidiviste et sans papiers dans la bouche même du ministre de l'Intérieur.

Quand les ministres de l'Intérieur successifs mentent éhontément pour faire coller des faits mineurs à leur idéologie nauséabonde, on n'est plus protégés par personne. Et on n'a pas intérêt à se trouver dans leur ligne de tir. Qu'on ait ou non "quelque chose à se reprocher".