The Docile American

par Zbignew Zingh

de chez: www.dissidentvoice.org

13 février 2007

source: http://www.dissidentvoice.org/Feb07...

Un Américain bien docile

A la fois la faute à Dieu, aux syndicats, à l'assurance maladie et à la crainte de se mettre en grève


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Désolation et désespoir après "Katrina": Le cynisme des classes dirigeantes qui s'assurent l'impunité en dressant les citoyens les uns contre les autres.
Atteindrons-nous, nous aussi, ce stade un jour? Ou bien y aura-t-il un sursaut des citoyens?
Photo Eric Gay, trouvée sur le site: http://www.africamaat.com/index.php...


Une Européenne m'a demandé, perplexe: "Pourquoi n'y a-t-il pas eu de grève générale en Amérique pour faire cesser l'agression au Moyen Orient? Pourquoi les Américains sont-ils si peu enclins à obliger leur gouvernement à faire ce qu'il convient de faire?"

Ce n'est pas la première fois que ces questions se posent. Toute personne avec un soupçon de connaissances historiques et une légère idée de ce qui se passe au niveau international se rend compte que les Américains, en contradiction totale avec le mythe fondateur de la Révolution Américaine, sont incroyablement dociles. Cela fait mal, néanmoins, quand un étranger met le doigt sur cette faiblesse évidente.

Les citoyens d'autres pays industrialisés sont capables d'organiser des actions nationales avec des objectifs communs. Les Américains, que ce soit dans les universités, au travail, au niveau des classes moyennes ou ouvrières, cependant, semblent être complètement impuissants et systématiquement désorganisés quand il s'agit de coordonner sur le long terme toute action en dehors de la période électorale. Nous nous battons littéralement pour organiser des actions nationales coordonnées.

Une grève générale est un des outils de désobéissance civile non violente les plus puissants. Quand il y a grève générale, toute activité cesse, les entreprises ferment, les consommateurs ne dépensent pas, les professeurs et les élèves cessent les cours, les employés se mettent en maladie, les avocats ne plaident pas, les travailleurs à la chaîne arrêtent les machines, les avions, privés de pilotes, restent au sol, les médecins ne s'occupent que des urgences et le commerce cesse ses activités.

Les grèves générales sont non violentes, mais elles engendrent d'énormes pertes pour l'économie du pays. Quand elles sont bien organisées et bien préparées, elles sont très persuasives. Les grèves générales ont renversé des gouvernements, comme en Argentine, et ont empêché la mise en œuvre de législations qui portaient atteinte aux droits des salariés, comme, en particulier, en France et en Italie.

Certains disent que les Américains sont simplement trop gâtés pour se lancer dans une action plus pénible que de mettre une croix sur un bulletin de vote. Cela ne peut pas en être la raison.

En effet, l'idée que les Américains vivent mieux que partout ailleurs fait partie de notre mythologie. Même si les Américains habitent des grandes maisons (pour lesquelles ils remboursent des crédits phénoménaux) et, en s'endettant lourdement, possèdent des tas de biens matériels, les citoyens de plusieurs pays industrialisés ont, en moyenne, des vies plus faciles et plus saines et des horaires de travail inférieurs à la plupart des Américains. Certains pays asiatiques ne sont pas très loin derrière eux. Mais malgré leurs meilleures conditions de vie, les Allemands, les Français, les Italiens et les Espagnols, par exemple, sont plus disposés à se lancer dans une action concertée que les Américains.

Il y a plusieurs raisons à la docilité des Américains et au militantisme des Européens.

L'héritage de l'esclavage

Ce sont souvent les syndicats de travailleurs qui décident des actions en Europe. Pas en Amérique. L'histoire de l'esclavage en Amérique a favorisé la création d'une classe ouvrière d'autant plus malléable qu'elle est constituée de différents groupes ethniques. En exploitant des phénotypes raciaux superficiels, le patronat a développé l'hostilité entre ouvriers américains.

Au cours des cent premières années de la création de l'Amérique, l'esclavage a servi d'instrument permettant de contrôler la "main d'œuvre libre". Après l'émancipation, les esclaves libérés (bien que peu libres dans tous les sens du terme) étaient utilisés comme réserve de main d'œuvre bon marché, manipulée à la fois au Nord et au Sud pour peser sur les salaires dans toute la sphère industrielle, Noirs et Blancs réunis. En incitant les Blancs à la haine raciale contre leurs "concurrents" noirs, le patronat a réussi à empêcher la création d'un front ouvrier uni qui aurait profité à tous.

Ensuite, les pauvres immigrés européens, y compris des femmes et des enfants, ont été exploités aux Etats–Unis pour la même raison et de la même façon, exactement comme l'ont été les travailleurs venus de Chine et des Philippines au cours de l'expansion industrielle de la fin du XIX° siècle. Toute la politique d'immigration de l'Amérique a servi à contrôler les salaires en faisant venir de l'étranger la main d'œuvre bon marché, comme ils exploitent aujourd'hui la main d'œuvre "globalisée".

Au XXI°s, les travailleurs saisonniers originaires du Mexique, de Haïti et d'Amérique centrale permettent au gouvernement de jouer le rôle qu'on lui a assigné, à savoir de limiter les hausses de salaires des travailleurs dans les secteurs de l'industrie, des services et de l'agriculture. Au parti Républicain, contrairement aux infâmes xénophobes, les patrons, eux, préfèrent la légalisation d'un système de "travailleurs-invités". Ce système de "travailleurs invités" permettrait au patronat de faire venir temporairement la main d'œuvre étrangère bon marché, en se réservant la possibilité de renvoyer ces travailleurs s'ils sont blessés ou trop âgés ou s'ils réclament des salaires décents ou des avantages sociaux.

De plus, la mondialisation néo-libérale permet aux entreprises de se déplacer rapidement dans le monde entier à la recherche de pays où la main d'œuvre sera la moins chère et les réglementations les plus souples. Ce qui permet de peser encore plus sur les salaires.

Bien que la meilleure parade contre cette politique qui consiste à faire pression sur les salaires serait d'améliorer les conditions de travail à l'échelle mondiale, les salariés américains ont, au lieu de cela, été incités à protéger leur propre territoire en luttant à la fois contre l'immigration et les délocalisations.

Et finalement, cette réaction (suggérée d'en haut afin d'en affaiblir l'impact) a montré, ce qui est typique de la classe ouvrière ici, l'absence de cohésion de l'ensemble des travailleurs en Amérique. D'une certaine façon, la conscience de classe des travailleurs américains a été lobotomisée. Les mouvements de salariés tendent à être sectaires (les siècles de racisme qu'on leur a inculqué les ont poussés à fuir toute coordination avec les travailleurs de différentes parties du monde).

En somme, en se laissant leurrer par le racisme, les salariés américains se sont entravés eux-mêmes et ont tout fait pour affaiblir leur propre force politique ainsi que celle des autres mouvements de travailleurs.

Le complot contre la classe ouvrière

A la fin du XIX°s et jusqu'au milieu du XX°, certains syndicats actifs, comme le mouvement de Cesar Chavez pour les ouvriers agricoles (…), étaient capables de coordonner des actions sur tout un secteur industriel ou dans toute une région. Le sang-froid et les succès de ces syndicats militants terrorisaient les classes possédantes. (…). Le patronat s'est ainsi lancé dans un programme à long terme, un véritable complot pour "éduquer" la population américaine sur les bienfaits du capitalisme et les horreurs de la démocratie, du socialisme et du syndicalisme. C'était une campagne bien huilée, bien financée et, en partie, une riposte au réformisme des sociétés de plus en plus socialisées qui se développaient dans l'Europe d'après guerre.

Cette propagande, qui a duré des décennies, se poursuit encore aujourd'hui dans le secteur des services avec l'ISM (Institute for Supply Management). D'autres organismes s'investissent dans cette propagande pro-capitaliste comme les "groupes de réflexion"réactionnaires les plus connus en Amérique (l'American Enterprise Institute ou la Hoover Institution"…) et d'autres grandes institutions soit-disant philanthropes et dont dépendent financièrement tant d'organismes à but non lucratif.

Cette action concertée a réussi à dénaturer les programmes scolaires, les médias et la culture populaire américaine. Dès les années 50, une majorité d'Américains pensait qu'il était normal que le FBI intervienne au nom du patronat pour briser les grèves nationales. L'exemple le plus connu de ces manipulations, c'est quand Reagan a procédé au licenciement en masse de contrôleurs aériens en 1981, utilisant des contrôleurs de l'armée et des non grévistes pour briser le syndicat.

L'utilisation de la loi Taft-Hartley de 1947 – législation profondément hostile aux syndicats, encore en vigueur aujourd'hui – a été saluée par la majorité des Américains, qui grâce à des années d'endoctrinement, se sont davantage identifiés aux intérêts du patronat qu'avec ceux de leur classe.

Alors que beaucoup de syndicats de travailleurs en Europe ont des sympathies socialistes ou communistes, les syndicats actuels en Amérique ont été domptés par le tir de barrage incessant et richement doté de la propagande pro-capitaliste. Et donc, ils se gardent de s'allier à des partis politiques plus radicaux que le Parti Démocrate à peine moins axé sur le monde de l'entreprise. Et c'est ainsi que les classes possédantes, grâce à une campagne d'"éducation" et de désinformation ont réussi à détourner le peuple américain de la tentation de syndicalisme actif à l'européenne.
Mais l'héritage de l'esclavage et le complot contre les travailleurs ne peuvent pas, seuls, expliquer le manque de conscience politique des Américains.

La religion, antidote de la politique

C'est la religion qui exerce le contrôle le plus important sur les populations qui n'ont pas de conscience politique. Ce n'est pas par hasard. Cette atmosphère particulière empreinte de religion qui règne aux Etats-Unis exhorte en général au pacifisme, à la soumission à l'autorité et est essentiellement orientée vers la félicité de la vie après la mort. Elle encourage une culture de résistance laïque minimale et de résignation laïque maximale.

Avec les discours incessants sur la vie éternelle, la passivité et la soumission, rien d'étonnant à ce que la culture américaine et la politique de classe favorisent les institutions religieuses. En violation absolue avec les interdits énoncés dans le 1° Amendement, les cultes obtiennent des arrangements fiscaux, reçoivent des aides fédérales grâce à des programmes reposant sur la religion et sont, de façon générale, subventionnés car ils sont tenus pour être la principale structure sociale de la société américaine.

Curieusement, malgré sa piété manifeste, la société américaine est extrêmement violente dans le domaine du sport, des relations sexuelles et de la criminalité. Plus bizarrement encore, sous le vernis religieux fait de soumission, d'abnégation, de sacrifice et de spiritualité se dissimule un système économique capitaliste qui favorise la violence, l'agression, le matérialisme, le colonialisme, l'auto-glorification, l'égoïsme et la duplicité. Les mouvements religieux "musclés"qui se sont manifestés à l'occasion au cours de l'histoire rassemblent tous les maux de la société décrits plus haut, le racisme érigé en patriotisme en plus, en même temps que la soumission religieuse traditionnelle à l'autorité laïque. Ces mouvements religieux "musclés" oeuvrent souvent en partenariat tacite pour les intérêts des possédants dans les milieux financiers et politiques, souvent au détriment de ceux mêmes qui constituent la majorité des membres de ces mouvements.

Toutes les institutions religieuses ne sont pas sur le même modèle. Depuis l'époque des mouvements contre la guerre du Vietnam, l'influence de mouvements religieux modérément "progressistes" a marqué les actions "militantes" aux US. Bien qu'il n'y ait rien à redire contre les manifestations courtoises, les actes discrets de désobéissance très civile et les pétitions cordiales adressées au gouvernement pour lui rappeler ses devoirs, ces actions ont été, la plupart du temps, inefficaces. Le mythe qui consiste à croire que l'on peut remettre gentiment des pétitions au gouvernement pour solliciter un changement de politique se porte plutôt bien au sein de la communauté religieuse dominante en Amérique et a complètement éclipsé le concept de l'agent de l'Etat au service du peuple.

En d'autres termes, la contestation civile menée par les mouvements religieux modérément progressistes adresse des prières au gouvernement pour se faire entendre, exactement comme on prierait pour implorer l'aide de Dieu, à genoux. Ils n'imposent rien, n'auraient jamais l'idée d'organiser une grève générale, pas plus qu'ils ne profèreraient des menaces à l'encontre de leurs ministres du culte ou de Dieu lui-même.

Malheureusement, des pays comme les USA qui sont fortement influencés par la religion sont également plus disposés à entendre des arguments guidés par la religion que par la raison. Si un peuple est éduqué à prendre au pied de la lettre les miracles et les mystères, il est alors également prêt à croire les mystères et les miracles du 11 septembre, les versions officielles (qui changent souvent) données pour justifier les guerres américaines destinées à s'emparer du Moyen-Orient et l'autorité politique en général.

Croire à une influence divine, c'est croire à l'autorité politique, croire aux élections et au système judiciaire et refuser de croire que les leaders politiques ne sont ni sensés ni bien intentionnés. La foi peut mener l'individu à accepter aveuglément les mystères de la religion et quand celle-ci est hissée au rang de chauvinisme, elle peut amener à croire sans discernement aux mystères de la politique extérieure et intérieure.

Donc, la religion, telle qu'elle est pratiquée aux USA, même si elle peut servir à enrichir l'esprit, est fréquemment un frein aux activités politiques et ne constitue pas la moindre menace pour l'ordre établi. Elle tend à réprimer toute résistance à l'autorité en prônant les bienfaits de prières non polémiques à l'adresse des âmes plutôt noires du camp adverse.

Avec le temps, l'approche spirituelle de la politique peut faire oublier à la population sa faculté de réaction, la laisser sans force et lui faire complètement perdre l'habitude de se rebeller contre l'autorité (toujours de façon non violente). Et finalement, à force de se cogner vainement la tête contre les murs institutionnels, les aspirations des citoyens et leur aptitude à s'organiser peuvent s'émousser, ils peuvent perdre leur mémoire sociale collective, perdre leur énergie et perdre la maîtrise qu'exige la lutte pour le contrôle de leurs propres destinées.

Souvent, dans les manifestations courtoises, ce sont les groupes religieux qui prennent l'initiative de l'organisation. Dans une grève générale en Europe, les cultes jouent rarement un rôle, même secondaire.

La peur du chômage

Bien que les causes ci-dessus expliquent en partie le manque d'audace politique des Américains, probablement la raison fondamentale qui incite les Américains à ne pas se lancer dans des actions comme une grève générale, c'est leur peur légitime de perdre tout moyen de subsistance.

Dans les pays européens où les citoyens sont le plus engagés politiquement, c'est aussi là que la population jouit de protections sociales importantes. Alors que les salariés américains, eux, dépendent de leur employeur pour leur retraite, pour les indemnités chômage et l'assurance maladie, les citoyens européens, en général, ont l'assurance de bénéficier de tous ces avantages. Et ces garanties rendent les Européens plus libres d'exprimer leur opinion et de revendiquer auprès du patronat et de l'Etat.

Les couvertures sociales en Europe (l'assurance maladie, les études supérieures gratuites ou largement subventionnées, les transports publics et les indemnités chômage élevées, entre autres) sont garanties grâce à la compression de l'échelle des salaires entre les classes ouvrières et dirigeantes, en taxant les revenus élevés des particuliers et des entreprises, en imposant une TVA sur les produits manufacturés ou industrialisés vendus dans le commerce (en faisant donc peser la charge la plus importante sur ceux qui consomment le plus) et en ne consacrant pas un budget trop élevé aux dépenses militaires.

Ce n'est pas une coïncidence si (au début des mouvements syndicaux) les travailleurs américains étaient les plus virulents: ils avaient aussi les conditions de travail les plus pénibles et le moins à perdre en matière d'indemnités chômage s'ils étaient licenciés. Actuellement, un travailleur américain qui participe à une grève doit s'attendre à perdre son emploi dans une économie où beaucoup d'emplois sont des postes dans le secteur des services qui paie peu et offre de maigres avantages sociaux. Le gréviste américain non seulement risque de perdre son emploi, mais également ses droits à la retraite et plus important encore toute couverture sociale pour lui et sa famille. Les travailleurs européens n'ont pas à prendre ce risque. Qu'ils aient ou non un emploi (et leur couverture sociale est bien plus importante qu'aux USA), les Européens ont souvent des indemnités chômage longue durée et une couverture sociale qui tempère la peur du chômage.

Il est logique de payer une assurance quand on a choisi de conduire une voiture ou de posséder une maison. Avoir une assurance, c'est également nécessaire si on veut laisser de l'argent à sa famille après sa mort. Mais ce ne sont pas des obligations vitales, car on peut vivre sans voiture, on peut très bien vivre sans assurance sur la vie et on peut louer un logement si on ne veut pas devenir propriétaire. L'assurance maladie, cependant c'est différent. Tôt ou tard, on vieillit, on est malade et on a besoin de soins médicaux. Quand vous aurez besoin de soins, c'est là que vous aurez le moins les moyens de le faire. Pourquoi cela devrait-il être l'affaire des assurances privées? Et pourquoi cette assurance devrait-elle être liée à votre emploi? Pourquoi les Américains allient-ils couverture sociale et employeur alors que ce n'est pas ce qui se pratique ailleurs dans le monde?

La réponse, c'est que, justement, emploi et assurance maladie sont couplés et avec cette alliance, ils sont également pieds et poings liés. Les Américains ont peur de mettre en danger leur employabilité parce qu'ils ont bien plus à perdre qu'un simple salaire. Cette crainte exclut les revendications auprès des employeurs, elle interdit de risquer la honte d'être arrêté ou poursuivi et elle exclut évidemment la possibilité d'une grève générale. Les Américains ont été enchaînés à leur emploi par la crainte de perdre la couverture sociale pour eux-mêmes et pour leur famille, tout comme les paysans du Moyen-âge étaient liés à la terre qu'ils étaient contraints de cultiver pour les autres. Le système a été ficelé, et magistralement, de façon à ce que les salariés américains soient pour toujours asservis et à jamais entravés politiquement.

Les sondages montrent qu'un immense majorité de la population en Amérique est favorable à une couverture de santé universelle. Cependant, les responsables politiques évitent soigneusement le sujet. Le maximum que la majorité des politiques soient prêts à lâcher, ce sont de minuscules aménagements au système d'assurance privée actuel. Et pour cela, ils attendent des félicitations, mais n'en méritent point. Il ne s'agit pas uniquement de conserver la structure d'assurance maladie actuelle afin de conserver au secteur des assurances la manne juteuse. C'est bien davantage, c'est un système politique bien ficelé, conçu pour garder les salariés américains en état de servitude et d'insécurité constante, ligotés à leur bulletin de salaire et muselés politiquement. Pour ces raisons mêmes, ce système, nul doute, intéresse ceux qui dans d'autres parties du monde visent à affaiblir, voire à démanteler, leur propre système de sécurité sociale, dans le but de rendre leurs citoyens aussi dociles que les Américains.

Le patronat s'accommodera de l'abandon du système de sécurité sociale actuel basé sur l'assurance privée de l'employeur si, en agissant ainsi, il peut se débarrasser des frais d'assurance payés par l'employeur tout en mettant une autre contrainte financière à ses employés. (…).

Le modèle européen montre que la sécurité sociale est primordiale dans une société démocratique. Ce modèle montre également qu'il est réalisable aux Etats-Unis si, comme en Europe, on resserre l'échelle des salaires entre les classes ouvrières et les classes dirigeantes et / ou possédantes, si on supprime les coûts liés à la gestion privée de l'assurance maladie, si on procède à des prélèvements équitables et appropriés sur les revenus des particuliers et des entreprises, surtout en haut de l'échelle, si on impose une TVA sur les produits de consommation, si on supprime les aides insidieuses de l'Etat à des organismes comme les conglomérats des ressources énergétiques, l'agroalimentaire et Wall Street, et, plus important encore, si on réduit radicalement les dépenses militaires.

Tant que leurs besoins vitaux seront tributaires de leur emploi, les Américains resteront dociles et il n'y aura jamais de grève générale nationale en Amérique. Tant que les Américains s'avèreront incapables d'organiser une grève générale nationale, ils seront privés de l'outil démocratique non-violent le plus précieux pour faire plier leur gouvernement. Pour la bonne raison que, le système actuel perpétuant le statu quo, ceux qui en profitent le plus se battront bec et ongles pour le conserver. Mais pour cette seule raison, afin de lancer le processus de libération du peuple américain de cette tradition de servilité politique, tous les autres devraient se battre bec et ongles pour obtenir l'assurance maladie et les autres besoins fondamentaux, entièrement et sans équivoque indépendants de l'emploi.

NB: voir notes et références dans l'article original

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PERSO:

Vous voyez où veut nous emmener (lui et ses laquais) le caporal verticalement désavantagé, avec ses polygames, ses moutons égorgés dans les baignoires, ses "ceux qui se lèvent pour travailler", ses fainéants de Rmistes, ses "travailler plus pour gagner plus", ses "service minimum en cas de grève" et tout le bastringue?

A nous haïr entre nous afin qu'ils aient les mains libres pour nous réduire au silence et à l'esclavage.

C'est effrayant.

Et pourtant, nous les Français arrogants et champions du Café du Commerce, ne voyons rien venir. Enfin, presque tous, si on en croit les sondages.

Tiens, j'ai envie de hurler. AHAHAHAHAHAHAHAHaHAHAHAHAHAHAHAHARGH!

Ah, si ça n'arrange rien, ça fait du bien. Un peu.