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Soyons fous

La dégradation des soins psychiatriques du régime Bush

Les vecteurs de maladies mentales (comme la pauvreté, l'absence de domicile, la violence et l'incertitude sociale) se sont multipliés alors que, parallèlement, les structures qui permettaient de soigner les troubles psychologiques ont disparu.

Et ce phénomène est plus particulièrement flagrant (et bouleversant) pour les victimes du cyclone Katrina et les vétérans des guerres de Bush. Les taux de suicides à la Nouvelle Orléans ont augmenté de 300% dans les quatre premiers mois qui ont suivi le passage du cyclone Katrina, et les troubles mentaux provoqués par cette catastrophe sont encore actuellement très courants. Seulement, les hôpitaux ne sont toujours pas remis en état et les centres de soins psychiatriques ont fermé, et donc, ceux qui souffrent de troubles mentaux chroniques, ou de dépression à la suite de Katrina et de troubles psychologiques post-traumatiques ont peu de moyens de s'en sortir. Selon une enquête réalisée par les centres de contrôle et de prévention des maladies, 26% des personnes interrogées déclarent qu'au moins un des membres de leur famille a besoin d'un suivi médico-psychologique après Katrina, or, moins de 2% sont actuellement pris en charge.

Cette recrudescence des troubles psychologiques à la Nouvelle Orléans aggrave encore le taux de criminalité affligeant; la police signale que depuis Katrina, elle doit faire face à une augmentation de 15% des appels d'urgence pour des troubles du comportement. Mais au lieu de recevoir des soins, beaucoup de malades se retrouvent dans les prisons des environs, situation qu'on retrouve également partout ailleurs aux Etats-Unis.

En Floride, par exemple, plus de 250 prisonniers qui auraient dû être transférés dans des hôpitaux psychiatriques croupissent dans des prisons qui ne sont pas équipées pour traiter leur pathologie.

Comme l'a révélé le "St. Petersburg Times" le mois dernier, les malades mentaux en prison "jouent aux cartes avec des fantômes, grimpent aux barreaux comme des chauves-souris, ou jettent leurs plateaux-repas dans les toilettes et mangent tout ce qu'on leur donne comme si c'était de la soupe. Ils se cognent la tête contre les murs, se tailladent avec des rasoirs ou plongent de leur lit la tête la première sur le sol en béton".

Les coupes budgétaires ayant entraîné une pénurie de lits en hôpital psychiatrique, ceux qui sont incarcérés pour des petits délits seulement voient leur santé mentale s'aggraver dans des prisons qu'un haut responsable de Floride qualifie de "décharges pour les malades mentaux".

Les vétérans, aussi, sont confrontés à l'insuffisance de structures d'aide médico-psychologique. D'après les estimations, un soldat sur cinq de retour d'Irak souffre de troubles psychologiques et, avec sur les bras 400 000 dossiers encore en souffrance, le Ministère des Anciens Combattants s'est avéré incapable de faire face au déluge de demandes. Et c'est ainsi que les vétérans doivent attendre en moyenne 5 mois et demi que leur dossier soit enfin examiné pour avoir droit à des indemnités d'invalidité. Et en cas d'appel, il y a encore des années d'attente.

Ce n'est pas ce qu'on appelle soutenir le moral des troupes.

Actuellement, le nombre de vétérans qui cherchent à bénéficier d'un suivi médico-psychologique a doublé: ils ont été 9.103 entre octobre 2005 et juin 2006. Un récent rapport du GAO (*Government Accountability Office) indique que la plupart de ceux qui présentent des symptômes du syndrome de stress post-traumatique (SSPT) n'ont toujours pas l'aval pour bénéficier d'un suivi médical, à cause, indubitablement, de l'incapacité de l'Association des Anciens Combattants à répondre à la demande.

Si on considère que la guérison de troubles psychologiques post-traumatiques peut prendre des années et que plus d'un million de soldats sont partis au front, on peut annoncer sans craindre de se tromper que les Etats-Unis vont bientôt devoir affronter un problème de santé mentale aux proportions alarmantes.

Après la guerre du Vietnam, des dizaines de milliers d'anciens combattants soit se sont suicidés, soit sont devenus toxicomanes, soit se sont retrouvés à la rue. Actuellement, L'Alliance Nationale pour les Vétérans Sans–Abri affirme que près de 200 000 vétérans n'ont pas de toit pour dormir, ce qui représente approximativement un sur trois SDF de sexe masculin âgés de plus de 18 ans. La moitié des vétérans sans abri aujourd'hui ont des problèmes de dépendance et 45% souffrent de troubles mentaux. Pourtant, le gouvernement continue de financer le déploiement de troupes au lieu de consacrer cet argent à donner aux soldats la possibilité d'avoir un toit et une assistance médicale.

Les besoins en aide psychologique des militaires du service actif n'ont pas non plus été pris en compte comme l'illustre l'histoire tragique de Steven Green, l'ancien soldat accusé de l'assassinat en mars 2006 d'une famille irakienne et du viol et du meurtre de leur fille de 14 ans.

En décembre 2005, Green a demandé de l'aide auprès de la cellule de soutien psychologique de l'armée, expliquant qu'il était exalté et qu'il voulait tuer des Irakiens. Les médecins ont décrété que Green souffrait d'"idéation homicidaire", lui ont prescrit des psychotropes, lui ont dit de prendre du repos … et l'ont renvoyé au front. Les responsables de la cellule d'aide psychologique n'ont repris contact avec Green que trois mois plus tard (plus d'une semaine après le meurtre de la famille irakienne) quand ils ont appris qu'il avait jeté un chiot du haut d'un toit et avait ensuite mis le feu à sa dépouille. On peut dire sans se tromper que beaucoup d'autres militaires américains sont, comme Green, des bombes à retardement ambulantes qui ont un besoin impératif de soins psychiatriques dont ils ne bénéficieront peut-être jamais.

Bush n'a, malheureusement, été proactif en matière de santé mentale que dans un domaine: la promulgation du dépistage de troubles psychiatriques obligatoire pour tous les citoyens américains.

En avril 2002, Bush a créé Commission de la Nouvelle Liberté sur la Santé Mentale, officiellement pour "supprimer les inégalités que subissent les Américains handicapés" mais qui préconise, entre autres, le dépistage à grande échelle des troubles mentaux de la population américaine adulte et infantile et la prescription de psychotropes. Les militants pour les droits des citoyens s'inquiètent de la portée qu'auront ces tests psychologiques obligatoires et exhaustifs et les thérapeutes mettent en cause l'importance accordée par la commission aux psychotropes en lieu et place de toute autre forme de traitement.

En clair, les groupes pharmaceutiques, qui sont de très généreux donateurs, sont épinglés pour chercher à faire des bénéfices au mépris des droits des citoyens américains.

David Oaks, directeur de l'organisme Mind Freedom International (NDLT: qui milite contre les abus en matière de psychiatrie) a déclaré, sur les projets de dépistage des maladies mentales du gouvernement: "Le président Bush veut faire procéder au dépistage des maladies mentales sur tous les sujets américains. Nous exigeons que le président commence par lui-même. Nous fournirons les spécialistes en maladie mentale pour effectuer ce dépistage". Patch Adams, un thérapeute de Virginie s'est même porté volontaire pour procéder aux tests sur Bush, ajoutant: "Il a bien besoin d'aide. Je suis prêt à la lui apporter gratuitement".

L'Alliance Nationale pour la Santé Mentale a réalisé récemment une étude des programmes de soins psychiatriques dans tous les Etats-Unis, en prenant également en compte des facteurs comme l'accès aux infrastructures et à l'information. La note moyenne nationale a été de 6/20, un record honteux pour un pays si riche. Si on réfléchit à l'impact à long terme qu'aura l'aventurisme militaire de Bush sur la santé mentale de la population, l'avenir semble encore plus sombre. Pour tout le monde, à l'exception de l'industrie pharmaceutique.

NOTES:

Le "Government Accountability Office" (GAO) est une agence qui veille sur la politique américaine, qui détermine si les fonds publics sont utilisés de façons appropriées, qui entreprend des recherches sur la politique actuelle et les tendances émergeantes.

En anglais: New Freedom Commission on Mental Health

http://en.wikipedia.org/wiki/New_Fr...

… et en français: http://www.mensongepsy.com/fr/?page...

http://fr.wikipedia.org/wiki/Eli_Li...

MindFreedom International (en anglais)
http://en.wikipedia.org/wiki/MindFr...

Source de l'article: http://www.dissidentvoice.org/Feb07...

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Note perso:

Ca n'arrive qu'aux autres?

Bin, pas tout à fait.

Les cadeaux somptuaires dispensés généreusement depuis 5 ans à la même industrie pharmaceutique et à ceux qui en dépendent (sous prétexte de combler le trou de la sécu, qui, on s'en doute, est encore plus béant aujourd'hui) ne profitent pas à ceux qui en auraient besoin.

Les centres de jour, les hôpitaux psychiatriques et la majorité des structures ont subi des coupes budgétaires (Jospin, encore lui, avait bien commencé le travail, rappelez-vous) telles que les malades sont laissés à errer dans la nature ou à croupir dans les prisons, où ils ne bénéficient pas de suivi médical adéquat, bien sûr (on ne va quand même pas dépenser des sous pour des "criminels", hein, quand dehors les autres sont mal lotis. Equité, équité!).

Le Canard du 7 février raconte que le détenu cannibale qui a été mis en cellule avec deux autres co-détenus alors qu'il demandait instamment (ainsi que sa famille) à être placé à l'isolement a fini par en massacrer un et se cuisiner une partie de son corps. Pas très ragoûtant, ça non. Et qui c'est qui est embêté, me direz-vous? C'est le troisième larron, accusé de "complicité d'assassinat". Et voilà! Même pas mal!

Quand je vois qu'en France tant de pipoles, plus ou moins lobotomisés mais beaucoup médiatisés, servent la soupe et font acte d'allégeance à des congénères du fou furieux de la Maison Blanche, je me demande bien où sont passés la sacro-sainte "exception française" et le fameux sens critique qu'on nous attribuait.

Les cours de philo et d'économie actuels, dispensés par des serviteurs de la pensée unique dans les universités et autres antres de la culture (comme les grands médias), y seraient-ils pour quelque chose?

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Dernière minute: le chanteur franco-belge qui voulait être belge, puis suisse, sera finalement … belge! Avant de devenir monégasque, s'entend. Pas grave, les cons n'ont pas de patrie. Ils sont bien répartis partout.
Alors, tant qu'ils partent de chez nous, ça fait toujours ça de moins. D'autres amateurs?

Eh! les pauvres bougres qui allez à ses concerts lui remplir les poches pendant que les vôtres se vident: continuez de soutenir cet ami du peuple. Sinon, il va se retrouver sur la paille, le pôvre.
Et à Monaco, ça fait désordre.

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TIENS! juste après avoir mis sous presse, j'ai trouvé ça:

Hôptal entreprise:
EDIFIANT. http://www.legrandsoir.info/article...