Calcul mental ou les maux à la Bush
Par emcee le mardi 13 février 2007, 10:16 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
Ceux qui ont le plus besoin d'aide psychologique ne trouvent pas à se faire
soigner, faute de structures. Parallèlement, le rêve (le plus fou?) de Bush est
de faire déceler les bobos mentaux des Américains pour les gaver de
psychotropes. Psychotropes qui sont vendus par les copains de l'industrie
pharmaceutique, évidemment.
Voici un article paru le 11 février 2007 dans: www.dissidentvoice.org
Let’s Go Crazy de Heather Woksuch
Traduction:
Soyons fous
La dégradation des soins psychiatriques du régime
Bush
Les vecteurs de maladies mentales (comme la pauvreté, l'absence de domicile,
la violence et l'incertitude sociale) se sont multipliés alors que,
parallèlement, les structures qui permettaient de soigner les troubles
psychologiques ont disparu.
Et ce phénomène est plus particulièrement flagrant (et bouleversant) pour
les victimes du cyclone Katrina et les vétérans des guerres de Bush. Les taux
de suicides à la Nouvelle Orléans ont augmenté de 300% dans les quatre premiers
mois qui ont suivi le passage du cyclone Katrina, et les troubles mentaux
provoqués par cette catastrophe sont encore actuellement très courants.
Seulement, les hôpitaux ne sont toujours pas remis en état et les centres de
soins psychiatriques ont fermé, et donc, ceux qui souffrent de troubles mentaux
chroniques, ou de dépression à la suite de Katrina et de troubles
psychologiques post-traumatiques ont peu de moyens de s'en sortir. Selon une
enquête réalisée par les centres de contrôle et de prévention des maladies, 26%
des personnes interrogées déclarent qu'au moins un des membres de leur famille
a besoin d'un suivi médico-psychologique après Katrina, or, moins de 2% sont
actuellement pris en charge.
Cette recrudescence des troubles psychologiques à la Nouvelle Orléans
aggrave encore le taux de criminalité affligeant; la police signale que depuis
Katrina, elle doit faire face à une augmentation de 15% des appels d'urgence
pour des troubles du comportement. Mais au lieu de recevoir des soins, beaucoup
de malades se retrouvent dans les prisons des environs, situation qu'on
retrouve également partout ailleurs aux Etats-Unis.
En Floride, par exemple, plus de 250 prisonniers qui auraient dû être
transférés dans des hôpitaux psychiatriques croupissent dans des prisons qui ne
sont pas équipées pour traiter leur pathologie.
Comme l'a révélé le "St. Petersburg Times" le mois dernier, les malades
mentaux en prison "jouent aux cartes avec des fantômes, grimpent aux barreaux
comme des chauves-souris, ou jettent leurs plateaux-repas dans les toilettes et
mangent tout ce qu'on leur donne comme si c'était de la soupe. Ils se cognent
la tête contre les murs, se tailladent avec des rasoirs ou plongent de leur lit
la tête la première sur le sol en béton".
Les coupes budgétaires ayant entraîné une pénurie de lits en hôpital
psychiatrique, ceux qui sont incarcérés pour des petits délits seulement voient
leur santé mentale s'aggraver dans des prisons qu'un haut responsable de
Floride qualifie de "décharges pour les malades mentaux".
Les vétérans, aussi, sont confrontés à l'insuffisance de structures d'aide
médico-psychologique. D'après les estimations, un soldat sur cinq de retour
d'Irak souffre de troubles psychologiques et, avec sur les bras 400 000
dossiers encore en souffrance, le Ministère des Anciens Combattants s'est avéré
incapable de faire face au déluge de demandes. Et c'est ainsi que les vétérans
doivent attendre en moyenne 5 mois et demi que leur dossier soit enfin examiné
pour avoir droit à des indemnités d'invalidité. Et en cas d'appel, il y a
encore des années d'attente.
Ce n'est pas ce qu'on appelle soutenir le moral des troupes.
Actuellement, le nombre de vétérans qui cherchent à bénéficier d'un suivi
médico-psychologique a doublé: ils ont été 9.103 entre octobre 2005 et juin
2006. Un récent rapport du GAO (*Government Accountability Office) indique que
la plupart de ceux qui présentent des symptômes du syndrome de stress
post-traumatique (SSPT) n'ont toujours pas l'aval pour bénéficier d'un suivi
médical, à cause, indubitablement, de l'incapacité de l'Association des Anciens
Combattants à répondre à la demande.
Si on considère que la guérison de troubles psychologiques post-traumatiques
peut prendre des années et que plus d'un million de soldats sont partis au
front, on peut annoncer sans craindre de se tromper que les Etats-Unis vont
bientôt devoir affronter un problème de santé mentale aux proportions
alarmantes.
Après la guerre du Vietnam, des dizaines de milliers d'anciens combattants
soit se sont suicidés, soit sont devenus toxicomanes, soit se sont retrouvés à
la rue. Actuellement, L'Alliance Nationale pour les Vétérans Sans–Abri affirme
que près de 200 000 vétérans n'ont pas de toit pour dormir, ce qui représente
approximativement un sur trois SDF de sexe masculin âgés de plus de 18 ans. La
moitié des vétérans sans abri aujourd'hui ont des problèmes de dépendance et
45% souffrent de troubles mentaux. Pourtant, le gouvernement continue de
financer le déploiement de troupes au lieu de consacrer cet argent à donner aux
soldats la possibilité d'avoir un toit et une assistance médicale.
Les besoins en aide psychologique des militaires du service actif n'ont pas
non plus été pris en compte comme l'illustre l'histoire tragique de Steven
Green, l'ancien soldat accusé de l'assassinat en mars 2006 d'une famille
irakienne et du viol et du meurtre de leur fille de 14 ans.
En décembre 2005, Green a demandé de l'aide auprès de la cellule de soutien
psychologique de l'armée, expliquant qu'il était exalté et qu'il voulait tuer
des Irakiens. Les médecins ont décrété que Green souffrait d'"idéation
homicidaire", lui ont prescrit des psychotropes, lui ont dit de prendre du
repos … et l'ont renvoyé au front. Les responsables de la cellule d'aide
psychologique n'ont repris contact avec Green que trois mois plus tard (plus
d'une semaine après le meurtre de la famille irakienne) quand ils ont appris
qu'il avait jeté un chiot du haut d'un toit et avait ensuite mis le feu à sa
dépouille. On peut dire sans se tromper que beaucoup d'autres militaires
américains sont, comme Green, des bombes à retardement ambulantes qui ont un
besoin impératif de soins psychiatriques dont ils ne bénéficieront peut-être
jamais.
Bush n'a, malheureusement, été proactif en matière de santé mentale que dans
un domaine: la promulgation du dépistage de troubles psychiatriques obligatoire
pour tous les citoyens américains.
En avril 2002, Bush a créé Commission de la Nouvelle Liberté sur la Santé
Mentale, officiellement pour "supprimer les inégalités que subissent les
Américains handicapés" mais qui préconise, entre autres, le dépistage à grande
échelle des troubles mentaux de la population américaine adulte et infantile et
la prescription de psychotropes. Les militants pour les droits des citoyens
s'inquiètent de la portée qu'auront ces tests psychologiques obligatoires et
exhaustifs et les thérapeutes mettent en cause l'importance accordée par la
commission aux psychotropes en lieu et place de toute autre forme de
traitement.
En clair, les groupes pharmaceutiques, qui sont de très généreux donateurs,
sont épinglés pour chercher à faire des bénéfices au mépris des droits des
citoyens américains.
David Oaks, directeur de l'organisme Mind Freedom International (NDLT: qui
milite contre les abus en matière de psychiatrie) a déclaré, sur les projets de
dépistage des maladies mentales du gouvernement: "Le président Bush veut faire
procéder au dépistage des maladies mentales sur tous les sujets américains.
Nous exigeons que le président commence par lui-même. Nous fournirons les
spécialistes en maladie mentale pour effectuer ce dépistage". Patch Adams, un
thérapeute de Virginie s'est même porté volontaire pour procéder aux tests sur
Bush, ajoutant: "Il a bien besoin d'aide. Je suis prêt à la lui apporter
gratuitement".
L'Alliance Nationale pour la Santé Mentale a réalisé récemment une étude des
programmes de soins psychiatriques dans tous les Etats-Unis, en prenant
également en compte des facteurs comme l'accès aux infrastructures et à
l'information. La note moyenne nationale a été de 6/20, un record honteux pour
un pays si riche. Si on réfléchit à l'impact à long terme qu'aura l'aventurisme
militaire de Bush sur la santé mentale de la population, l'avenir semble encore
plus sombre. Pour tout le monde, à l'exception de l'industrie
pharmaceutique.
NOTES:
Le "Government Accountability Office" (GAO) est une agence
qui veille sur la politique américaine, qui détermine si les fonds publics sont
utilisés de façons appropriées, qui entreprend des recherches sur la politique
actuelle et les tendances émergeantes.
En anglais: New Freedom Commission on Mental
Health
http://en.wikipedia.org/wiki/New_Fr...
… et en français: http://www.mensongepsy.com/fr/?page...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Eli_Li...
MindFreedom International (en anglais)
http://en.wikipedia.org/wiki/MindFr...
Source de l'article: http://www.dissidentvoice.org/Feb07...
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Note perso:
Ca n'arrive qu'aux autres?
Bin, pas tout à fait.
Les cadeaux somptuaires dispensés généreusement depuis 5 ans à la même
industrie pharmaceutique et à ceux qui en dépendent (sous prétexte de combler
le trou de la sécu, qui, on s'en doute, est encore plus béant aujourd'hui) ne
profitent pas à ceux qui en auraient besoin.
Les centres de jour, les hôpitaux psychiatriques et la majorité des
structures ont subi des coupes budgétaires (Jospin, encore lui, avait bien
commencé le travail, rappelez-vous) telles que les malades sont laissés à errer
dans la nature ou à croupir dans les prisons, où ils ne bénéficient pas de
suivi médical adéquat, bien sûr (on ne va quand même pas dépenser des sous pour
des "criminels", hein, quand dehors les autres sont mal lotis. Equité,
équité!).
Le Canard du 7 février raconte que le détenu cannibale qui a été mis en
cellule avec deux autres co-détenus alors qu'il demandait instamment (ainsi que
sa famille) à être placé à l'isolement a fini par en massacrer un et se
cuisiner une partie de son corps. Pas très ragoûtant, ça non. Et qui c'est qui
est embêté, me direz-vous? C'est le troisième larron, accusé de "complicité
d'assassinat". Et voilà! Même pas mal!
Quand je vois qu'en France tant de pipoles, plus ou moins lobotomisés mais
beaucoup médiatisés, servent la soupe et font acte d'allégeance à des
congénères du fou furieux de la Maison Blanche, je me demande bien où sont
passés la sacro-sainte "exception française" et le fameux sens critique qu'on
nous attribuait.
Les cours de philo et d'économie actuels, dispensés par des serviteurs de la
pensée unique dans les universités et autres antres de la culture (comme les
grands médias), y seraient-ils pour quelque chose?
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Dernière minute: le chanteur franco-belge qui voulait être
belge, puis suisse, sera finalement … belge! Avant de devenir monégasque,
s'entend. Pas grave, les cons n'ont pas de patrie. Ils sont bien répartis
partout.
Alors, tant qu'ils partent de chez nous, ça fait toujours ça de moins. D'autres
amateurs?
Eh! les pauvres bougres qui allez à ses concerts lui remplir les poches
pendant que les vôtres se vident: continuez de soutenir cet ami du peuple.
Sinon, il va se retrouver sur la paille, le pôvre.
Et à Monaco, ça fait désordre.
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TIENS! juste après avoir mis sous presse, j'ai trouvé
ça:
Hôptal entreprise:
EDIFIANT. http://www.legrandsoir.info/article...
Commentaires
Intéressant!
Mais d'ailleurs, je crois qu'un psychotrope souvent utilisé est l'opium, ou ses dérivés. Et où est-ce que l'on trouve le plus d'opium? mmm?
Décidement "ya pas de petit mangement" chez les néocons. Tout est bon pour se remplir les poches.
@ Wallaye
Tout à fait.
Parallèlement, également, incroyable mais vrai: la culture de la marijuana aux US rapporte bien davantage que celle des céréales ...
Avec le renforcement des contrôles à la frontière mexicaine, les trafiquants ont installé leur production aux US directement... dans des parcs nationaux!
Que font la police, le FBI, la CIA? On se demande.
Lire:
http://news.bbc.co.uk/2/hi/americas... (en anglais)