Angleterre: ces chères universités
Par emcee le lundi 5 février 2007, 00:10 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
Mais encore pas assez chères pour les présidents d'université et autres
responsables. Ils estiment que le plafond de 3000 livres fixé par le
gouvernement pour les frais d'inscription sera sans doute revu à la hausse
d'ici trois ans, après la période probatoire de mise en application du
programme gouvernemental.
Traduction d'un article du Guardian, "University heads warn of
£10,000-a-year tuition fees", paru le 18 janvier 2007
(by James Meikle, education correspondent)
Les présidents des Universités annoncent des frais d'inscription à 10000 livres par année d'études
L'enquête du Guardian auprès des présidents d'Université révèle
également les menaces qui pèsent sur les prêts étudiants.
D'après une enquête réalisée par le "Guardian" auprès des présidents
d'université et des cadres de l'enseignement supérieur en Angleterre, les frais
d'inscription à l'université devront être fixés à un minimum de 6000 livres
(9000€) par année d'études pour financer tous les frais de scolarité. L'enquête
révèle un malaise croissant concernant les moyens de financement des études mis
en vigueur à l'automne dernier et certains évoquent la possibilité que les
étudiants aient à débourser jusqu'à 10000 livres par an (15000€) pour certaines
sections scientifiques une fois que le bilan sur les dispositions actuelles
aura été effectué.
La plupart des présidents de plus de 40 universités (sur les 100 que compte
le pays) qui ont répondu à l'enquête signalent que les frais d'inscription
seront alors vraisemblablement revus à la hausse. Beaucoup pensent également
que le ministère de l'économie prendra la décision de relever les taux
d'intérêts des emprunts étudiants, en partie parce que le non-remboursement de
ces prêts coûterait actuellement à l'Etat près d'un milliard de
livres.
Les présidents de certaines des universités les plus cotées, dont le groupe
d'élite Russell (qui regroupe les 20 grandes universités qui réalisent les
travaux de recherche les plus pointus et les plus onéreux), pensent que les
frais d'inscription, actuellement plafonnés à 3000 livres, vont doubler à
l'issue du bilan du programme actuel prévu en 2009.
Ils supposent que le ministère de l'économie exigera également, alors, des
modifications dans les conditions de prêts étudiants consentis par l'état.
Cette enquête a été réalisée grâce à un questionnaire envoyé à toutes les
universités du pays. Dans la grande majorité d'entre elles, les frais
d'inscription s'élèvent à 3000 livres, la somme-plafond actuellement en
vigueur.
La plupart des présidents ont répondu au questionnaire sous couvert
d'anonymat, car c'est un sujet très sensible qui, d'une part, provoque déjà des
tensions énormes au sein du gouvernement, et, d'autre part, inquiète les
étudiants et leurs familles.
Un président d'université du groupe*Russel laisse entendre que les familles
doivent s'attendre à épargner bien davantage pour les études supérieures de
leurs enfants car le pays tend actuellement à s'inspirer du modèle
universitaire américain, avec des frais d'inscription à l'avenant. Si
l'Angleterre veut des universités d'élite, il lui faut trouver des moyens. Rien
ne peut se résoudre du jour au lendemain. Les frais d'inscription des
universités aux Etats-unis sont intégrés dans le budget familial d'une vie
entière.
Le président explique que le dispositif actuel des prêts étudiants offre en
fait "une aide financière énorme aux classes moyennes aisées parce que les
étudiants bénéficient de prêts généreux à faibles taux d'intérêts tout en se
destinant à des métiers qui offrent des revenus qui se situent nettement
au-dessus de la moyenne nationale" .
"Ils veulent que leurs enfants aient tous les avantages d'un système
éducatif au niveau international mais sans bourse délier, ou pour un prix
modique, tout cela financé par les impôts et aux dépens des pauvres. Aucune
université ne se risquerait à perdre des étudiants brillants en demandant des
frais d'inscription trop élevés. Si le plafond devait être relevé, disons à
5000 livres (7500 €), cela deviendrait la somme systématiquement demandée par
chaque université.
Un autre président du groupe Russell a déclaré qu'il y avait un lien direct
entre les ressources dont dispose une université et la qualité des diplômés qui
en sortent. En Amérique les universités disposent en moyenne de 11500 livres
par an pour chaque étudiant. En Angleterre, cette somme atteint à peine 7300
livres.
"Il n'y a que deux façons de combler ce fossé" déclare ce président
d'université, 'Soit augmenter les financements publics, ce qui semble peu
probable dans l'état actuel des choses, soit augmenter les droits
d'inscription".
Ces inquiétudes ne se limitent pas, loin de là, au seul groupe Russell: les
présidents d'université en poste depuis ces 15 dernières années estiment que le
système actuel n'est pas viable. Ils soulignent les énormes efforts budgétaires
que les prêts étudiants imposent aux finances publiques. En Angleterre, les
étudiants ont emprunté plus de 22 milliards de livres depuis 1991 mais le
gouvernement n'a encaissé que 5 milliards de livres de cette somme, soit grâce
aux remboursements d'emprunts soit en confiant le recouvrement des dettes à des
organismes privés.
Mais le président d'une université plus récente du nord de l'Angleterre a
déclaré:"Les étudiants et leurs familles accepteraient une légère dégradation
des conditions actuelles pour les prêts étudiants, mais des dispositions de
plus grande ampleur pourraient démotiver, en particulier, les familles à bas
revenu, plus réticentes à contracter des crédits".
Wes Streeting, le vice-président du Syndicat National des Etudiants a
déclaré: "les sentiments exprimés dans cette enquête montrent la nécessité d'un
véritable débat sur le financement des études supérieures". Bill Rammell, le
ministre de l'Enseignement Supérieur indique: "les frais d'inscription sont
fixés jusqu'en 2010. Avant cette date, une commission indépendante du parlement
effectuera le bilan des trois années de mise en application de ce programme et
évaluera les éventuelles modifications à apporter au plafond des frais
d'inscription et aux aides aux étudiants'"
Note: *Russell: Russell Group of Universities: un
réseau de grandes universités de Recherche en GB.
Notes complémentaires:
Une "génération perdue" ?
http://www.lalibre.be/article.phtml...
Sur un site très intéressant, LIRE:
Angleterre : l'Université confrontée à l'attaque
libérale.
http://www.assises-univ-recherche.o...
Et aussi: L'enseignement supérieur canadien :
pour une petite idée de ce qui nous attend
http://www.assises-univ-recherche.o...
………………………………………………………………………………………………….
Note perso:
Et voilà: la porte de l'Université, déjà à peine entrouverte, se refermera
ainsi définitivement au nez de l'immense majorité de la jeunesse britannique.
Les élites auront accès à l'enseignement supérieur et les autres à ce qu'elles
leur diront de faire ou de ne pas faire. En gros: travailler et ne pas les
empêcher de faire des ronds.
J'ai déjà dû le dire … mais un pays qui n'investit pas dans sa jeunesse est
un pays de vieux cons.
Curieux, ça: Tony Blair, dont la politique fait l'admiration de nos deux
libéraux de droite et de droite, le tandem inénarrable de l'UMPS, ne semble pas
s'en sortir si bien que cela, finalement.
Quand il partira (ce qui aurait déjà dû être fait), il laissera un pays où
la majorité de la population aura été tirée vers le bas. Les pauvres vers la
misère et les classes moyennes vers la pauvreté. Une jeunesse sans avenir et
des retraités obligés de faire des petits boulots pour survivre. Entre deux,
des familles qui bossent comme des bêtes pour conserver leurs logements
modestes achetés à crédit à des prix ahurissants. Avec une sécurité sociale
moribonde, un système éducatif élitiste et discriminatoire et des retraites
indigentes, toutes les couches de la population sont, ainsi, bien
servies.
Ceux qui pourraient sortir les mouchoirs à son départ (bien qu'ils préfèrent
toujours le produit authentique à son ersatz), ce sont les riches, qui eux, se
sont encore plus rempli les poches sans vergogne et au-delà de toute
espérance.
Et de ce côté de la Manche, me direz-vous? Pareil et cela va encore empirer.
En ce moment, tout le monde est lancé dans une campagne sordide et obscène mais
on ne perd rien pour attendre. Ca non!
A moins que. ..
RENDEZ-VOUS:
JOSE BOVE: MEETING LE 7 FEVRIER A AUBAGNE,
Bouches-du-Rhône
Commentaires
A moins que cesse ce cirque entre le diviseur, la manipulatrice et le bouffon, et qu'on se souvienne que la victoire du non à l'Europe libérale est due à l'union de leurs partisans et de la majorité des membres et sympathisants de l'organisation d'une candidate à l'étiquette controversée !
@ Laoussa
Je ne comprends pas bien qui sont ces personnages cachés derrière ces pseudos.
Il est même possible que nous mettions des visages différents derrière ces noms ...
1) Besancenot
2) Buffet
3) Bové
4) Royal
Le rêve est certes nécessaire, mais je préfère ne pas me tromper moi-même.
Bon courage pour le réveil !
Et merci pour le AU tendance, je ne le connaissais pas.
Sourire.
Salut, Laoussa,
Je ne "rêve" pas. J'ai vu suffisamment défiler d'illusionnistes pour garder les pieds sur terre.
Je me dis, donc, simplement que le mouvement actuel d'alternative unitaire, c'est la seule option pour sortir de la spirale infernale dans laquelle on nous enferme, qui repose solidement sur la haine de l'autre et la stigmatisation.
La seule option pour que les partis soient contraints de tenir compte de la "vox populi", ce qu'ils s'acharnent à ne pas faire depuis des lustres, en les ignorant superbement quand ils n'ont pas besoin de soutien ou les insultant quand ils n'ont pas adhéré à leurs délires néo-libéraux.
Quand la gôche au pouvoir a fait jouer la corde sensible pour expliquer aux fonctionnaires qu'ils ne pouvaient pas les augmenter parce qu'il fallait aider les plus pauvres, je les ai crus bêtement et je m'y suis résolue par solidarité. On a vu qui en a profité. (Il y a encore plus de pauvres, de sans-abri, de précaires. Les fonctionnaires sont en voie de disparition, remplacés par des esclaves, et ceux qui vont partir à la retraite vont voir leurs revenus encore amputés. Ce qui n'empêche pas les patrons, compétents ou pas, de se remplir les poches et les ministres de la République de se livrer à des dépenses somptuaires avec l'argent de l'Etat).
Quand la même gôche nous a dit, la main sur le coeur:" Votez pour nous, et l'Europe sociale, on vous la fera, vous verrez". On a vu comment cela s'est terminé.
Et quand les mêmes ont poursuivi avec entrain et application les basses oeuvres de la droite et leur ont ouvert un boulevard pour les privatisations et le traitement des immigrés (entre autres), on a vu ce qui s'est passé: 5 ans de malheur avec le chantre de la fracture sociale et du bruit et l'odeur.
Ont-ils pour autant protesté, ces pantins? Que nenni! Et ils s'apprêtent à faire la même chose sitôt arrivés sur la première marche du podium.
Et encore! Chirac nous a, au moins, épargné la honte et la douleur d'aller massacrer tout un peuple et d'anéantir tout un pays sous des prétextes cousus de fil blanc. Il n'est pas dit qu'eux, ne nous engagent pas dans une guerre impérialiste sitôt assis dans les fauteuils de la République.
Alors ces guignols, niet, fini,finito! Qu'ils aillent faire les funambules ailleurs.
Aussi, plutôt que de voter blanc, je préfère m'exprimer avec tous ceux qui n'ont plus droit à la parole depuis bien longtemps.
Et si cela fait bouger les choses au niveau hexagonal, voire européen, tant mieux. Sinon, j'aurai au moins tenté. Une dernière fois, peut-être.
Hé dis emcee,
Moi j'ai fort envie de voter moustache (non par dépit), mais je SAIS (I know!!) que nous ne sommes pas si nombreux, que de toutes façons ça n'aura été que pour le plaisir de m'être anonymement exprimée parmi les 2 autres %...
Alors KEUFER, mais KEUFER?? On sait que SuperTeigneux est en bonne place, on n'est même pas sûrs pour Royale... En tous cas nous SAVONS qu'à partir du PC et tout ce qui est plus à gauche ya aucune chance d'accéder à la présidence.
Ce que je sais aussi, c'est que je ne VEUX pas (je crois que je m'exile si c'est le cas) que Sark soit président... C'est un enjeu international en plus d'être national.
Alors KEUFER?? ça me trouerais le ... de voter Royaaaal.
argh
@ Elle,
Bin, PAREIL!
Je n'arrête pas de me poser les mêmes questions et de n'y trouver pour l'instant aucune réponse. Et les sondages qui ne cessent de nous pleuvoir dessus, avec leur lot de mensonges et d'intox quotidiens!
J'en ai marre de cette "démocratie" où on nous met, nous les citoyens, au centre des jeux du cirque - et pas côté gladiateurs!
La ségo, voyant que ça se bouscule trop à droite, fait un petit virage à gauche, flattant son électorat traditionnel. Fabius fait le tour des popotes pour signifier: "le Péhesse a changé". Plus tous les autres qui ressortent de leurs îles ...
Le cirque, quoi.
Mais c'est sûr, on est devant un problème gravissime: si c'est "l'autre" qui passe, on est vraiment mal. Blair à côté, il ferait figure d'amateur petits bras.
Pour ce qui est de "moustaches", il faudrait s'y mettre tous avec un peu plus de conviction. Sinon, ce sera le libéralisme de tous poils qui triomphera. On n'a pas fait toute cette campagne contre l'Europe libérale pour, une fois dans un débat franco-français, accepter sans broncher de n'être même pas représentés de façon significative.
Pas simple, certes, et ce sont les partis anti-libéraux qui nous ont amenés là. Et je ne voterai plus pour eux. Ils ont fait le choix de la division au nom de je ne sais quel calcul.
Alors, que les appareils rouilllent dans un coin: ils ne méritent pas qu'on les écoute et qu'on les respecte.
En parlant de libéralisme:
Là, on vient d'inaugurer une ligne ferrovière privée: les rentrées pour le privé, les sorties pour le public, évidemment. Le B-A BA du libéralisme.
Ironie: cela se passe juste au moment où il y a encore un accident de train mortel en GB à cause du défaut d'entretien (ou de surveillance) des rails. Et dire qu'on nous rebat les oreilles avec les mérites du privé!
Alors, va bien falloir dire haut et fort que leurs salades, on n'en veut pas!